FESPACO: Le Burkina en mérite-t-il l’organisation?

"Patron, votre cravate est déplacée"

Le Burkina Faso mérite-t-il d’organiser un festival de films panafricains ? Non. Pas plus que le Sénégal ne mérite d’organiser un festival mondial des arts nègres. Le Burkina Faso et le Sénégal sont deux pays africains qui, en ce début du nouveau millénaire, s’illustrent par la part belle qu’ils font au matraquage de la pensée noire, à la collaboration à la pourriture, au morcellement et à l’assaisonnement de la liberté du Noir, à la participation à la grande folie circulaire qu’est la francopholie. La célébration au Burkina Faso ou au Sénégal d’un quelconque événement qui prétend se prévaloir de l’épithète « panafricain » est une insulte à l’Afrique libre. Le Burkina Faso et le Sénégal sont les aires de lancement de la reconquête de l’Afrique par un Occident nostalgique de son histoire impérialiste ; et les despotes burkinabé et sénégalais sont les rabatteurs d’esclaves des temps modernes.  Je les ai vus fagotés dans leurs redingotes noires, tels des choucas autour de la même mangeoire, attendant transpirant et essoufflés sous l’impardonnable canicule et les sempiternelles balayures burkinabé, se bousculer autour de quelque grand blanc, qui les juge et les jauge et leur tapote le crâne, tel le bon maîmaître et ses dogues obéissants, qui leur jette de petites friandises, qu’ils se fauchent pour saisir au vol. Je les ai vus prêts à monnayer leur génitrice pour un sourire du grand maître blanc. Je les ai vus japper, frétiller de la queue et se rouler par terre, sous l’impardonnable canicule dakaroise, sortir leurs bongos, s’égosiller et battre des mains, pour offrir au grand maître blanc un folklore dû à son rang. Le Burkina Faso et le Sénégal, les pays de la francopholie ne méritent pas d’organiser un seul événement qui se veut « panafricain ».

The “international community,” led by France and the United States, is perpetrating a crime against humanity in Cote d’Ivoire and we ought to speak out, M. Frindéthié

In their resolve to install a puppet government in Cote d’Ivoire, President Sarkozy of France and President Obama of the United States of America are using against 20 million people humiliating coercive methods that would not be acceptable in any civilized society: President Sarkozy and Obama have decided to precipitate the deaths by hunger of thousands of children, women, and elderly people, hoping that it would cause the inhabitants of Cote d’Ivoire to turn against President Laurent Gbagbo and drive him out of office, so as to open up the possibility of installing his rival Alassane Ouattara in the presidential palace. And so, in a move whose logic defies the oft-spoken-about self-righteous principles of globalization, France and the United States have set about to financially constrict the tiny West African country of Cote d’Ivoire until its tortured populations give in to the contemptible international blackmail and, out of starvation, accept to be governed by a man of France and America’s choosing. After compelling European Union and American coffee and cocoa traders to halt any business transactions with Ivorian planters, Sarkozy and Obama have successfully pressured French and American banks in Cote d’Ivoire to indefinitely close their doors to their customers. Within hours of intervals, and without any due warning, City Bank and Paribas closed their branch banks in Abidjan, leaving the thousands of private customers who have entrusted them with their savings in distress and with no where to turn to. In a country where ten years of a savage rebellion led by Ouattara have already weakened the social structure and driven thousands of refugees from the rebel-held north to the south, for these banks to prevent citizens access to their lawful savings is criminal, as it will indubitably further deteriorate the health of the numerous weak (many of whom are children, women and elderly) who depend on these banks’ clients for their daily sustenance and care. It is unconceivable that at the dawn of the New Millennium, when sanctimonious speeches about self-determination, the greatness and unity of mankind, compassion, and  global connectedness abound, world leaders can still engage is such petty politics reminiscent of school yard bullying. It is not by causing the deaths of twenty million Ivorians that Sarkozy and Obama should hope to put their buddy in power. A post-electoral crisis is not a sufficient enough reason to wish hell on a country. At one time, America, too, had its post-electoral crisis, and the rest of the world did not stand by and wish that the sky should fall on America. In the name of what can a country thousands of miles away think that it has right of life and death on another country? What is that “thing,” that extraordinary essence, that makes the people of one country believe that it is intellectually and morally more beautiful than the people of another country? What is that wisdom that makes the people of one country think that it is closer to “God” than the people of another country? Where does that presumptuousness, that self-righteousness, that big complex of superiority, come from? Before we set about to starve children, women and elderly people elsewhere in the world in the name of politics, perhaps it would be enlightening that we stop and think about how we would feel if our own children, women and elderly were starved to death because of political disagreements. America should not do onto others as it would not have others do onto it.   

Contestation dans le monde arabe : Gbagbo ne pouvait pas être plus chanceux, M. Frindéthié

Les contestations populaires dans le monde arabe arrivent à point nommé pour le camarade Gbagbo dont les supporters et particulièrement les patriotes ont donné le ton à Abidjan par leur opposition farouche à l’attentat de coup d’état constitutionnel de Sarkozy et d’Obama. Quand le peuple  dit non, c’est non ! Voici en termes très simples la leçon à tirer de ces contestations. Et à moins de le comprendre, Sarkozy et Obama en feront les frais, qui perdront des partenaires importants en Afrique. A deux niveaux,  Gbagbo a bien de la chance que ce message qu’il essaie de relayer pacifiquement depuis près de dix ans aux pays occidentaux, leur arrive de façon plus brutale par les révolutions du monde arabe. D’abord, il faut espérer que les Occidentaux comprendront qu’à supporter les dictateurs et les autocrates, l’on finit toujours par se brûler les doigts. Quoi que l’on dise, et malgré les contorsions par lesquels ils essaient de nous prouver le contraire, la fuite de Ben Ali et la chute de Moubarak sont des échecs cuisants pour Sarkozy et Obama. Ce sont une illustration de la faillite de la politique de confortation des autocrates africains par les pays occidentaux. Les événements du monde arabe refroidiront certainement l’ardeur des occidentaux qui savent lire l’histoire à vouloir vaille que vaille installer en Côte d’Ivoire un président vomi du peuple et qui a perdu aux urnes (Ouattara) ce qu’il a naguère recherché par la rébellion. Ensuite ce sont les autocrates africains, qui à l’occasion de la crise ivoirienne se sont inaugurés autorités morales (les Wade, les Kadhafi, les Compaoré, les Biya, les Nguesso, les Eyadema, les Bongo, etc.), qui devront craindre pour leur lendemain. La bourrasque de contestations risque de les emporter avant la fin de cette année ; car si Gbagbo, lui, a l’appui de la majorité de son peuple, eux, par contre, sont loin de jouir d’une popularité nationale en dépit du fait que nombreux d’entre-eux sont élus et réélus par des scores ahurissants (70-80%). L’on comprendra donc pourquoi Sarkozy veut précipiter les choses en Côte d’Ivoire en ordonnant la fermeture des banques françaises. Il lui faut absolument avoir raison sur Gbagbo avant la chute de ses pantins. Les choses avancent vite. La Lybie est déjà en feu. La prochaine étape pourrait bien être le Sénégal, le pays du plus gros pantin français.        

L’Ivoirien est-il psychologiquement préparé à boycotter les produits français ? M. Frindéthié

La France livre une guerre économique à la Côte d’Ivoire, qui mérite que lui soit appliquée une réplique réciproque. Si l’Ivoirien en avait vraiment la volonté, il saurait mettre l’économie de la France, certainement pas totalement à genoux, mais au moins en péril. En dépit de ce que la France annonce à tout bout de champ que l’Afrique ne lui est pas indispensable, l’essentiel de l’économie française repose sur la relation abusive que la France entretient avec l’Afrique, et l’Afrique francophone en particulier. Le plus grand marché des industries françaises se trouve en Afrique ; et sur le continent africain, l’ivoirien est le plus gros consommateur de produits français. L’industrie française ne produit rien de compétitif qui puisse se vendre ailleurs que sur les marchés africains dont la France a fait depuis des décennies sa chasse gardée. La France n’exporte ni en Europe ni en Amérique encore moins  en Asie autre chose qui ne soit de la « bouffe ». L’on peut rouler sur des milliers de kilomètres en Amérique, en Asie et en Australie sans voir une seule voiture de marque française. C’est tout simplement parce que les automobiles françaises, connues pour leurs anémies technologiques ne se vendent nulle part ailleurs qu’en Afrique où la France, de par une publicité agressive et coercitive, fait croire aux Africains qu’elles sont conçues pour l’Afrique. La France n’a jamais rien su construire d’elle-même qui puisse se vendre sur un marché compétitif. Si aujourd’hui, pour donner une leçon de réciprocité à la France, l’Ivoirien, le plus gros consommateur africain du « made in France », se mettait à boycotter les produits français, il ferait plier l’échine à la France. Pour que cela se fasse vraiment il faudrait que l’Ivoirien, qui aime son assujettissement à la France, qui chaque jour supplie la France afin qu’elle le mette davantage en esclavage, qui n’est heureux que dans sa soumission à la France, qui cultive sa propre victimophilie par sa francophilie maladive, pour que cela se fasse dis-je, il faudrait que l’Ivoirien à la mentalité d’esclave se mette d’abord à boycotter sa propre mentalité d’esclave pour se concevoir en dehors de la France.

Nanan Houphouët aurait-il lancé un sort à Ouattara? M. Frindéthié

Nanan Houphouët aurait-il, de sa tombe, lancé une malédiction à Ouattara ? Tout porte à le croire, étant donné l’errance politique et émotionnelle dans laquelle est balloté le président du RDR depuis qu’il a matériellement et sentimentalement spolié « le Vieux » qui lui a offert gîte et sécurité lorsque Sankara l’a limogé de la BCEAO. C’est comme si Nanan Houphouët, de sa tombe, avait prononcé cette sentence à l’encontre du mentor du RDR : « Je t’ai ramassé dans la rue, t’ai nettoyé, t’ai donné le gîte et l’amour d’un père. En retour, tu m’as payé en me chapardant ma bourse et en me dépouillant de tout amour. Va avec tout ce que tu as pu me ravir ; mais jamais tu n’auras la paix. Tu erreras dans le désert de tes illusions et serviras mille maîtres sans être jamais maître de ton destin ». Et depuis, Alassane Ouattara gémit dans le désert d’un désir inassouvi. Esclave moderne de mille maîtres blancs, dont il s’est rempli la tête des prescriptions impérialistes, il lance, depuis sa ratière du Golf, fulminations et menaces à un peuple qui chaque jour le rejette comme une excrétion malodorante, qui chaque minute veut se défaire de lui comme d’une tumeur carcinomateuse.

Some day, there will be another black president in the US … besides Clinton, M. Frindéthié

Yes, some day, there will be another black president in the US; and this will be the second black president, Bill Clinton being the first. It is neither about skin color or pulpit-like stuttered speeches nor about swaggering down the stairs of Air Force One. It’s about caring, and designing a politics that carries out a development vision that creates equal opportunity. Clinton was a president that really took black issues at heart inasmuch as he integrated the expansion of black living areas in the general domestic policy of the United States. Clinton’s Southern working-class roots, coupled with his genuine concern for human suffering made him really “get it.” He understood, without any apology, that the best way to help Blacks in America was to help them without frustrating Whites; for the fear of frustrating the white majority can make any president freeze. How did Clinton help Blacks without frustrating Whites? He did it by governing from the middle, as a centrist. The results spoke for themselves: black unemployment dropped drastically; black home ownership and black business ownership surged; black access to education and job pitched; the American administration became relatively more representative of the American demographics with the appointment of Blacks in so many areas of the administration.

Clinton had style. Let’s call it the Clinton Style, the style of the man-cat. His style was that of a man who could easily enter relationships of friendship and/or enmity with his alterities (remember Arsenio Hall? But remember Sister Soldier, too?). Clinton was the philosopher/politician who was not afraid of saying “perhaps”; perhaps tradition should be put on its head; perhaps politics ought to be done with the “calculation of this conceptual purification one can wage war on one’s friend, a war in the proper sense of the term, a proper, clear and merciless war. But a war without hatred.”  Clinton, the philosopher/politicians did establish connections in a way that bewildered his friends (or those who could still dare to take pride in such appellation) as well as his foes— are there any foes? Has not, in reply to the dying sage who advised us that “friends, there are no friends,” the living fool uttered for us these profound words that “foes, there are no foes”? Clinton’s style, as his own persona, was disconcerting. It was anti–Oedipal, antigenealogical. It evaded all ideological footprints known of political engineers and proposed a new covenant, a supple and living contract to be tuned up along the way, as often as necessary. It was unheard of. Was not the sempiternal dualism of American politics meant to remain accentuated in the name of ideological loyalty and party affiliation? Against the logic of appurtenance, came Clinton, the man-cat, a maverick politician, of whose technique a foe/friend (a faux-friend), Dick Morris, once said: “He tacks. He doesn’t sail with the wind. He tacks. So if the wind is blowing in one direction, he aims just a little to the left of his destination. When the wind switches, he aims just a little to the right. But always going toward his objectives, not just sailing with the wind.”

I would not suggest that the kind of the political-social management that the world witnessed under the leadership of the man-cat was the best ever. Nevertheless, it is just human to be amazed by the results it yielded. So much effort spent at alleviating the suffering of the world and bringing human communities together could not leave one unmoved. The man-cat seemed to derive some positive intoxication in being interpellated by the other’s anguish; he seemed to be possessed by a drive to always make somebody’s day, to lend a helping hand across seas and deserts. His style was certainly not the best management technique. It was, nonetheless, management at a high degree of production and distribution of welfare.

There is a degree to which, human beings, having finally come to terms with their finitude, wish to do something positive before passing. Some people may find this jumpstart early, others late, and yet a lot of people may never find it at all. It is not a jumpstart that lies necessarily in religion or philosophy. The cat-man made true these Rortyian words that one needs not be religious or philosophic to have a conscience and that “the fact that one … gets [one’s] premises in church and the other in the library is, and should be of not interest to … audience in the public square.” So, this “happy Jeffersonian compromise” the cat-man made his, sending religion back to where it should belong, to the private sphere rather than the public one, all without trivializing religious conviction, but just advising that one not ask us to reveal our most intimate, most private, moments, and one shall not be offended by our responses on the grounds of one’s religious moral beliefs. Is it not opportune that political projects have no other important tests to pass but the ability to rally people with radically opposing views on the meaning of human life and the way to individual excellence? The man-cat has passed this test beyond all expectations, and in a daring way, “by getting citizens to rely less on tradition and to be more willing to experiment with new customs and institutions,” to organize anew, to build new communities of interest, communities of isolation built on no sacred contract, but resolute to dissolve in order to connect imaginatively, holistically, and polyformously to other communities again, before they fossilize.

When Clinton, the man-cat, the philosopher-politician, left the White House, Clinton left the black community with a great sense of bereavement, which in 2008, they tried to conjure up by voting on colorism. A black man was running for election and they thought that he could be a black president. To day, the issues that matter to Blacks in the United States (access to education, jobs, access to capitals, decreasing incomes, commoditization in the incarceration industry) are yet to be addressed. For fear of bruising the white majority, Obama has frozen.

Elles auraient au moins pu prévenir les Ouattaristes, M. Frindéthié

Les banques françaises en Côte d’Ivoire ont décidé de fermer boutique ; et comme les arnaqueurs qui sévissent sur internet, elles ont plié bagage, ces banques françaises, « provisoirement », nous dit-on, sans rembourser à leur clientèle ses économies qu’elle a été mal inspirée de leur confier. Après une première arnaque ratée en décembre, les institutions financières françaises en Côte d’Ivoire ont attendu d’inspirer à nouveau confiance et de partir au bon moment, au moment où leurs coffres étaient bien remplis des économies des Ivoiriens. Et le pire, c’est que ces voyous-là n’ont même pas pris la peine d’envoyer un « p’tit mot », ne serait-ce qu’un SMS aux supporters de Ouattara pour leur dire « Hé les gars, on se tire ! Venez retirer vos sous ». Ce n’est vraiment pas gentil tout ca ! Et pourtant, c’est bien Ouattara qui leur a inspiré cette escroquerie. Ils auraient pu au moins ménager ses supporters. Que non ! Ils ont préféré « baiser » tout le monde, Ouattaristes et Gbagboïstes à la fois. Bon ! Espérons au moins que lorsque les soldats de l’ECOMOG arriveront, s’ils arrivent jamais, ils prendront la peine d’envoyer un « p’tit SMS » aux amis de Ouattara, afin que ceux-ci se tirent avant que ne pétaradent les Kalashs. Faut quand même pas faire comme les banques françaises ! Faut pas que ça devienne une habitude, voyons !

La muséumification politique du Tiers Monde, M. Frindéthié

Washington, D.C, Etats-Unis

En plus de l’amour « certifié » qu’ont tous les présidents américains pour la « démocratie » et leur souhait que cette forme de gouvernance prenne pied partout dans le monde, la crise égyptienne, qui s’est, pour le moment, soldée par le départ du président Moubarak, m’apprend une autre chose du président Barak Obama : le président Obama adore les « révolutions » ; ou bien, peut-être, est-ce seulement que dans la pharmacie du président américain les expressions « révolution » et « démocratie » reviennent au même ?! L’Amérique, est-on donc en droit de se persuader, souhaite la « démocratie », ou son autre surnom la « révolution », pour tous les peuples du Tiers Monde de la même façon qu’elle le souhaiterait pour elle-même. Et j’en ris à me casser en deux. D’abord, la « révolution » égyptienne avait pour prétexte premier le coût du pain, un euphémisme heureux pour la pauvreté. Or, sans parler du chômage grimpant aux Etats-Unis, sans parler de la chute vertigineuse des salaires aux Etats-Unis, sans parler des millions de maisons perdues à la forclusion pendant la crise immobilière aux Etats-Unis, sans parler des millions d’épargnes de retraites perdues à la crise financière de Wall Street, les milliers de petites pauvretés en Alabama, au Texas, en Louisiane, à Washington, DC, en Virginie de l’Ouest, au Tennessee, au Mississippi, en Caroline du Sud, et j’en passe, pourraient aussi interpeller une foule de désabusés qui prendraient la rue pour demander sine die, sans attendre les prochaines élections, un changement à la tête du pays ? le président américain, si amoureux des « révolutions » se plierait-il à une telle exigence de la vox populi ; ou bien ce scénario n’est-il réservé qu’aux insignifiants, microscopiques, et menus « autres », c’est-à-dire, aux Tiers-mondistes ? Et même si cela l’était, pourquoi donc m’esclaffé-je tant à me plier à l’idée que l’Amérique souhaiterait la démocratie dans le Tiers Monde ? Est-ce parce que j’ai vu l’Amérique, si amoureuse de l’expression populaire, permettre à Moubarak de déférer son départ jusqu’à ce que l’armée soit persuadée de coopter la belle « révolution » populaire à relents islamistes pour lui donner enfin une saveur plus avenante – et tant pis si cette saveur est fortement relevée d’épices prétoriennes ? Est-ce aussi parce qu’en Palestine, j’ai vu l’Amérique si amoureuse de la « révolution » ou de son autre surnom, la « démocratie », refuser au Hamas une victoire, pourtant très démocratique, parce que cette démocratie-là n’était pas la « démocratie » que souhaitait l’Amérique ? Pourquoi donc ris-je à me casser en deux quand j’entends dire que le président Obama souhaite la démocratie dans le Tiers Monde ? est-ce parce qu’en Cote d’Ivoire, j’ai vu le président Obama proposer à un président démocratiquement élu un poste de professeur dans une université américaine pour que soit assis à sa place une marionnette de l’Amérique, tout simplement parce que la démocratie qui a élu ce président-là et la révolution populaire qui le soutient ne sont ni la « démocratie » ni la « révolution » que souhaite l’Amérique ? Enfin, je comprends. Je comprends pourquoi je ris à me casser en deux quand j’entends dire que l’Amérique souhaite pour le Tiers Monde un système démocratique : c’est parce que je sais que ce que souhaite vraiment l’Amérique pour le Tiers Monde, ce n’est pas la démocratie, mais plutôt la museumification politique : un réseau politique d’antiquité, dirigé par des chefs malléables à la mentalité d’esclave, qui feront toujours leurs génuflexions aux puissances occidentales boulimiques des ressources agricoles et géologiques du Tiers Monde.

Should President Obama “prendre la balle au bond” in every world crisis? M. Frindéthié

Lately, on the occasion of the Egyptian crisis, we’ve seen a very tentative President Obama oscillating between mild support for President Hosni Mubarak, empathy for the protesters and outright injunction to the Egyptian leader to step down; all this incomprehensible tango mired in faltering intelligence reports. Which begs the question: Should president Obama really jump with both feet in every crisis in the world, especially when he seems to be sending either mixed messages or injunctions to world leaders that, by their degrading and humiliating nature, force these leaders to tune him out? President Hosni Mubarak’s main reason for not stepping down seems to be his characterization as supreme shame for him to be dictated an order from an outside force, manifestly indexing the American president, even as the CIA director was certain that Mubarak was going to quit. Perhaps the American president should be less interventionist, so as to make his injunctions, when they come, more powerful, because founded on compelling support.           

Moubarak: "moi pas bouger!" Martial Frindéthié

Dans un discours fortement attendu tard ce mardi, le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé au monde qu’il ne voyait aucun inconvénient à quitter le pouvoir ; mais qu’il n’accepterait jamais l’humiliation de se voir dicter la conduite à suivre par des puissances extérieures. Par conséquent, le président égyptien entend rester à son poste jusqu’aux prochaines élections présidentielles de septembre. Rappelons qu’après une valse acrobatique dont on ne savait pas très bien quelle serait l’issue, le président Barak Obama avait finalement insisté que son homologue égyptien se soumette à une transition « paisible et immédiate » ; ce qui sous-entendait qu’il quitte le pouvoir. D’ailleurs, jusqu’à quelques minutes près du discours de Moubarak, reprenant les convictions du directeur de la CIA, et avant un communiqué inopiné du ministre égyptien de la communication, les chaînes de télévision américaines relayaient que le président égyptien annoncerait sa démission. Bien qu’ayant délégué l’essentiel de son pouvoir à son vice-président, Moubarak a promis qu’il demeurerait à son poste jusqu’en septembre. Fierté arabe oblige!

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