M’manfô ? Martial Frindéthié

"M'manfô?"

Commission Electorale Indépendante (?) corrompue, liste électorale fricotée, électeurs suppliciés, suffrages de trépassés, vols d’urnes, scores électoraux au-delà du mathématiquement possible, toutes ces anomalies, le président Gbagbo les avaient dénoncées comme faisant partie du bazar de falsification du RDR d’Alassane Dramane Ouattara. Et pour avoir osé le dire, Ouattara fit pleuvoir sur la Côte d’Ivoire moult menaces, embargos sur médicaments, blocus sur denrées alimentaires, mainmises sur comptes bancaires, incendies de villages, massacres de civils, et abondantes averses de bombes françaises. Pour avoir osé dénoncer ce qui crevait l’œil, le président Gbagbo fut déporté au pays des Blancs et incarcéré entre les murs froids d’une prison blanche, alors que jubilait l’assemblage d’inconscients qui, sous le pseudonyme de RHDP, avait aliéné tout son bon sens au RDR.

Or voilà que, peu à peu, à la lumière d’élections législatives qu’ils avaient entre eux-mêmes organisées, et qui étaient censées les conduire à une gouvernance accaparée commune de la Côte d’Ivoire, les membres non RDR du RHDP, si jouissifs hier, découvrent aujourd’hui la farce dont ils n’ont été que les imbéciles dindons. Le RDR, égal à lui-même, qui n’est pas le RDR à moins qu’il n’organise filouteries et barbaries, voulant gagner par tous les moyens, s’est vu prendre la main dans le sac. Ici, ce sont Anaki (MFA) et Toikeusse (UDPCI) qui crient à la triche ; là, c’est KKB (PDCI) qui, parce que dénonçant l’arnaque dont son parti a été l’objet, se fait bastonner par les barbares du RDR. Et là encore, à Bonon – ô cruelle ironie, faut-il que tu sois si malicieuse ?- c’est l’ONUCI itself qui, escortant des urnes apparemment défavorables au RDR, devient la cible des tireurs d’élite de Ouattara.

Dans sa cellule froide de la Haye, le président Gbagbo aurait pu, avec la gestuelle qui va avec, s’écrier : « M’manfô ?  (Ne vous avais-je pas prévenus ?). Mais c’est plutôt de l’amertume que le président Gbagbo, qui aime la Côte d’Ivoire à l’excès, doit éprouver dans sa cellule glaciale de la Haye.

L’amertume de voir son pays livré au gang d’affairistes et d’assassins que dirige Dramane Ouattara.

(Vidéo) Médiation Obansanjo : La tentative de falsification de Ouattara rejetée, M. Frindéthié

 Arrivé au Sénégal en « observateur » des élections présidentielles prévues pour ce 26 février, Obasanjo n’a pas pu dissimuler longtemps  son rôle d’intermédiaire tendancieux des crises africaines, comme celle que connut la Côte d’Ivoire en 2010-2011. La lettre de Deby et de Ouattara qu’Obasanjo portait à Wade attestait d’abord au président sénégalais sa victoire inéluctable au soir du 2 mars, et lui demandait ensuite d’accepter de se retirer après deux ans, afin que le Sénégal aborde une transition sans lui. Pour le politologue sénégalais Latif Coulibaly, qui a dénoncé la lettre, elle participe de l’imposture du dictateur ivoirien qui cherche à récompenser son parrain. Comment Ouattara et Deby ont-ils pu déterminer l’issue des éléctions sénégalaises en faveur de Wade avant même qu’elles n’aient eu lieu? Pour Latif Coulibaly, comme pour bien d’autres observateurs, Dramane Ouattara et Deby sont des références plus nocives qu’affirmatives pour l’Afrique.

Côte d’Ivoire : Attention ! Poudrière Identitaire, M. Frindéthié

Depuis l’installation martiale d’Alassane Dramane Ouattara au Palais Présidentiel d’Abidjan par les troupes françaises, nous n’avons pas cessé d’interpeller le monde sur les dérives identitaires de son régime. Convaincu qu’il jouit d’une immunité internationale, Alassane Dramane Ouattara encourage personnellement une politique d’épurement ethnique qu’il théorise sans apologie aucune comme « politique de rattrapage ethnique ». Cette politique hitlérienne de purification déguisée en des termes si peu adroits – devrait-on s’en étonner ? – Ouattara la justifie de ce que, de tous les temps, les Nordistes auraient été mis en marge de la société ivoirienne. Ah ! Si mensonge avariait bouche !     

Dans son application la moins monstrueuse, la « politique de rattrapage ethnique » de Ouattara consiste à épurer aussi bien les entreprises de l’Etat que les entreprises privées, les associations culturelles, les associations sportives et les organisations non gouvernementales des ressortissants des régions où le président Gbagbo a enregistré une majorité de votes pendant les dernières élections présidentielles, afin de les remplacer par des ressortissants du Nord, où Ouattara a enregistré des scores suspicieusement immesurés. Ainsi, des milliers de travailleurs sudistes sont-ils allés augmenter la pléthore de chômeurs occasionnée par la guerre importée de Ouattara, alors que des milliers de Nordistes les remplaçaient ou décrochaient des contrats publics sans en démontrer les compétences nécessaires.

Dans son application la plus barbare, la « politique de rattrapage ethnique » consiste à laisser faire l’escadron de la mort et les milices armées de Ouattara, de tourner le dos de l’indifférence pendant qu’ils assassinent et commettent des horreurs de toutes sortes sur les populations du Sud. Ainsi, ne se passe-t-il pas un seul jour sans que des civils non armés soient criblés  de balles dans le silence de l’impunité.

Aujourd’hui, la politique d’épurement ethnique de Ouattara semble avoir réussi à pousser la colère des souffre-douleurs à son paroxysme. Les nombreux foyers de tensions qui ont surgi ces derniers mois sont l’évidence que les populations du Sud ont décidé de ne plus se résigner à la mort que leur offre Ouattara. La Côte d’Ivoire est d’autant plus assise sur une poudrière identitaire que Ouattara n’a aucune intention de réviser sa politique ethnocentrique.

Pendant l’épuration nazie, alors que montaient des hauts fourneaux d’Auschwitz les fumées chargées d’effluves de souffrance, de nombreuses populations des villages environnants prétendaient ne rien sentir ni ne rien voir. Aujourd’hui aussi, en Côte d’Ivoire, nombreux sont ceux qui, bénéficiaires de la politique d’épuration ethnique de Ouattara, prétendent ne rien voir ni ne rien entendre … jusqu’au moment inévitable.

Alassane Dramane Ouattara à la “tête” de la CEDEAO: qu’est-ce qui changera? M. Frindéthié

 Le 17 février dernier, Alassane Dramane Ouattara a été « choisi » par ses pairs pour « piloter » la CEDEAO. Que faut-il attendre de cette nomination ? Quelles nouvelles impulsions l’homme de Sarkozy infligera-t-il à cette organisation africaine ? Ici, même le plus optimiste des observateurs aura beaucoup de mal à déceler la moindre perspective affirmative pour les Africains. En vérité, Ouattara ne fera pas que continuer la politique de dépression de ses prédécesseurs. Il l’empirera.

 

En fait, la plupart des « leaders » d’Afrique francophone n’ont jamais eu d’autorité. Un tout petit coup de téléphone du Grand Maître de l’Elysée a toujours suffi pour que ces dirigeants complexés révisent toute posture adoptée précédemment sur des questions africaines ; par conséquent, les organisations africaines ne sont que de piteux satellites de l’Union Européenne, qui leur prescrit l’acquiescement de la politique européenne de pillage de l’Afrique. Les organisations africaines, parce que constituées de membres impotents, demeurent toujours des organisations impotentes. La nomination de Ouattara est celle du « président » le plus impotent de la CEDEAO, une CEDEAO qui a désormais à sa tête un pantin installé illégalement et de façon musclée par la France, et qui est tout disposé à servir ses maîtres français en premier. Avec Ouattara à la tête de la CEDEAO, la France est bien engagée sur la voie de conquête de l’Afrique entière par l’imposition à la tête des pays forts d’hommes impotents et obligeants. Grâce à la nouvelle marionnette de la CEDEAO, France pourra assurément continuer son écrabouillement de l’Afrique francophone en se hissant sur le dos de l’éléphant ivoire.

Alassane Dramane Ouattara to “lead” ECOWAS: What Will Change? M. Frindéthié

On February 17, 2012, Alassane Dramane Ouattara was selected by his peers to “lead” ECOWAS (Economic Community of West African States) for the next few years. How is this important? What new direction will Sarkozy’s man in Cote d’Ivoire inscribe to this African economic organization? Here, even the most optimistic observer will be hard-pressed to find anything affirmative for Africans in Ouattara’s nomination. To be honest, Ouattara will not just carry on the politics of gloominess of his predecessors; he will even take it too its most depressing frontier.

 

Indeed, Francophone African “leaders” have never had any authority of their own. A simple telephone call from the Great White Master at the Élysée has always been a compelling enough stimulus to spur these African heads of state, full of inferiority complexes, toward amending their initial stand on any issue of great repercussion for their continent. The contradictory positions adopted by African leaders over military and economic takeovers or attempts at takeovers in places like Côte d’Ivoire, Chad, Central African Republic, Mauritania, and Guinea, for instance, show the extent to which the African organizations are weak and pitiable satellites of the European Union and how pathetically African leaders can bow to their European masters, placing the economic interests of those masters above all other considerations, making their countries twenty-first-century protectorates of Western states.

 

African regional integrations have been successfully blackmailed by Western leaders because these integrations have always been weak on their own. A bunch of weak countries getting together does not produce any less weak organizations. What is worse in Ouattara’s nomination is that Ouattara is the weakest African leader today at the head of a weak African organization. France’s illegal, martial installation of Ouattara at the helm of the richest country in Francophone Africa makes of Ouattara a morally and politically impotent leader for Africans, but an excellent hit man for France’s economic genocide in Africa. With Ouattara’s nomination, France’s vision of submitting the African continent by installing local marionettes at the helm of Africa’s richest states is well in progress.

KKB aurait-il compris – enfin? M. Frindéthié

Depuis les dernières élections législatives qui se sont soldées par des fraudes massives par les candidats du RDR, élections boudées par la grande majorité des Ivoiriens et au cours desquelles les morts eux-mêmes se sont rendus aux urnes pour les candidats du RDR, des voix discordantes se font entendre au sein de la coalition RHDP. La plus rugissante de ces voix est celle de KKB (Kouadio Konan Bertin), président de la JPDCI, qui dénonce sans langue de bois la politique tribaliste d’Alassane Dramane Ouattara.

Pourquoi ce réveil tardif de KKB ? D’où vient à KKB cette hardiesse subite à s’en prendre au régime de Dramane, alors que bien avant les élections présidentielles de 2010, bien avant le contrat de dupes que son parti avait signé avec Dramane, le mentor du RDR avait démontré sa propension à la politique de l’émotion plutôt qu’à celle de la raison ainsi que son penchant pour la gouvernance tribale et revancharde plutôt qu’à celle du rapprochement et de la concertation ?

Ce pourrait-il que KKB ait compris – enfin ! – que dans sa quête hystérique de la revanche, Dramane Ouattara, ce prosélyte de la politique du « rattrapage ethnique », ce concepteur de la « Charte du Nord », ce promoteur du coup d’état de 1999 et de la rébellion de 2002, n’a pas oublié – ne peut pas oublier – qu’en 1993, le PDCI faisait échec à son ambition présidentielle par l’invention d’un néologisme, « l’Ivoirité », et qu’après avoir anéanti le FPI et décimé les populations qui supportent le président Gbagbo, Dramane Ouattara, ce vengeur hystérique, s’attellera à l’anéantissement du PDCI et à la décimation des populations fidèles au président Bédié ?

En effet, il semble que KKB ait compris. Mieux vaut tard que jamais, surtout lorsque le président Bédié, le jugement embrumé dans les caves de bons vins et les interminables galas – cheval de Troie – que Ouattara, employé à installer sa dictature, lui offre généreusement, regarde impassible le massacre et l’expropriation des peuples du sud par les francs-tireurs de la politique du « rattrapage ethnique ». Espérons seulement que les dinosaures du PDCI, qui pendant 10 ans se sont employés à saboter la politique de développement du président Gbagbo en s’alliant à la chose la plus politiquement et moralement asthénique que la Cote d’Ivoire ait jamais importée (cette chose venue de Sindou), sauront entendre le cri de cœur de KKB pour sauver, avec les Ivoiriens consciencieux, ce qui reste encore de notre chère Côte d’Ivoire.                         

En Côte d’Ivoire : la révolte paysanne donnera le coup d’envoi de la fin de la dictature ouattariste, M. Frindéthié

Aboisso, Arrah, Bassam, Bonoua, Béoumi, Dabou, Duékoué, Guiglo, Kouibly, Man, etc. la meute armée de Ouattara, aidée des populations allogènes, tue les villageois, brûle leurs biens et s’approprie ensuite leurs patrimoines terriens. Ce schéma, qui depuis quelques mois a fait des centaines de morts et des pertes en biens estimées à des centaines de millions de francs,  est beaucoup trop récurrent pour être relégué au registre de l’occasionnel. Il n’y a absolument rien de fortuit ici. Les partisans d’Alassane Ouattara, ayant entièrement souscrit à la politique discriminatoire que le boucher d’Abidjan nomme sentencieusement « rattrapage ethnique », dépossèdent stratégiquement les communautés villageoises du sud dans l’impunité totale.

La méthode utilisée est très simple : Les soldats de Ouattara installés comme une force d’occupation dans les villages du sud excèdent les communautés autochtones par des provocations répétées (rançonnages, larcins, invectives, etc.). Lorsque ces villageois exaspérés répliquent exigeant le départ des rustres en tenue, alors, rappliquent les communautés allogènes, qui, encadrées par les FRCI, les massacrent et les pillent. De cette tragédie, les journalistes ivoiriens, qui sous la dictature de Ouattara se voient quotidiennement soumis à la censure et à la persécution, parlent très peu. Les populations villageoises du sud de la Côte d’Ivoire se font trucider dans le silence de la grande partie de la presse nationale.

Cependant, Ouattara, qui retarde l’ouverture des campus universitaires afin d’éviter que les étudiants ne s’organisent contre sa dictature, semble oublier que ces étudiants-là ont rejoint leurs parents dans les campagnes depuis sa suspension insensée de l’éducation en Côte d’Ivoire. Mis le dos au mur, ces étudiants-là n’assisteront pas impassibles au massacre quotidien de leurs parents. Les symptômes sont bien là. C’est des campagnes ivoiriennes que sera donné le coup d’envoi de la fin de la dictature ouattariste par une alliance des forces estudiantines et paysannes.                             

Les Larmes d’Incubus, M. Frindéthié

Pour avoir vu se briser son rêve d’instrumentaliser une victoire des Eléphants à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de 2012, Ouattara a versé des larmes profuses au Gabon. Entretemps, en Côte d’Ivoire, l’on continue de se demander quand les glandes lacrymales de Ouattara libéreront leurs vannes pour un seul petit filet de compassion à l’endroit des milliers de morts qu’a occasionnées sa guerre de positionnement. Oh, bien sûr, Ouattara a sangloté d’émotion à la naissance de la petite fille de Sarkozy et de Carla Bruni ; il a été secoué de lamentations à Paris, lors du dépôt de gerbes à la mémoire de soldats français tombés à Abidjan pour son installation musclée. Mais lorsqu’il s’agit des nombreux civils ivoiriens fauchés par ses rebelles et ses amis français, les sources lacrymales de Ouattara, si pourvues hors de la Côte d’Ivoire, se tarissent soudain. Ouattara, le président Gbagbo s’évertuait à nous le dire, n’a d’attaches que pécuniaires en Côte d’Ivoire ; aucune attache émotionnelle. D’ailleurs, Ouattara l’a prouvé en allant faire le deuil de sa déconfiture gabonaise à Ouaga, chez son frère Blaise Compaoré, pendant que sa meute armée (FRCI) s’adonne à un carnage sur les populations d’Arrah.                    

Coupe d’Afrique des Nations : Pourquoi les Ivoiriens ne se lamenteront pas ! M. Frindéthié

De Port-Bouët à Yopougon, en passant par Koumassi, Marcory, Treichville, et Cocody, les Ivoiriens ont célébré la défaite, pardon, la victoire, des éléphants dans la ferveur. Insolite ?  Probablement pas pour qui est familier du théâtre politique ivoirien. En effet, cette finale de la CAN, si elle était gagnée, serait la victoire d’un imposteur venu de Sindou, qui, après avoir fait massacrer des dizaines de milliers d’Ivoiriens pour assouvir sa soif du pouvoir, entendait instrumentaliser le ballon rond ivoirien pour ankyloser le peuple, pour l’anesthésier de son hypocrisie, de sa politique ethnocentrique, de son nettoyage ethnique, de ses exécutions extrajudiciaires quotidiennes, de ses licenciements en masses, de son clientélisme, de sa corruption et de sa déportation d’un des plus dignes fils de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique.

Et ce n’est pas seulement le dictateur d’Abidjan qui entendait récupérer une éventuelle victoire des éléphants. Ce sont tous ses exécutants corrompus qui ont offert aux Ivoiriens l’absurde zoologie du Stade Félix Houphouët Boigny. C’est aussi un président d’une pseudo Commission de Réconciliation amorphe, qui, sans vraiment ne faire aucun effort pour rapprocher les Ivoiriens, espérait que cette CAN lui accomplirait la tâche à lui confiée par son maître, comme par un enchantement merveilleux. Ce sont aussi ces milliers de louangeurs qui attendaient de lire dans une éventuelle victoire des éléphants les signes d’un prétendu choix divin du despote venu de Sindou.

Mais ce n’est pas par hasard que le boucher d’Abidjan tentait sa récupération politique du sport. Aux jeux olympiques de 1936, Adolf Hitler, dont Ouattara affectionne tant les méthodes, avait lui aussi tenté une récupération du sport pour la rationalisation du régime nazi; il se vit infliger un échec cinglant par la domination noire américaine, que figèrent dans l’histoire les poings levés de Tommie Smith et John Carlos. En gagnant la défaite, Drogba et les éléphants retournent au football sa dimension purement ludique et font échec au dessein séditieux du boucher. 

Merci à Drogba pour ce geste hautement patriotique !           

Le courage de dire “non” au fascisme, M. Frindéthié

En 1936, au temps fort du nazisme, au moment où, soit par conviction soit par instinct de survie, les Allemands acclamaient en grand nombre la politique meurtrière d’Adolf Hitler, un homme, seul dans une foule euphorique au port de Hambourg, garda la tête froide, et sut dire « non ». Aujourd’hui la photo d’August Landmesser, les bras croisés, refusant de faire le salut nazi, redécouverte 76 ans plus tard, fait le tour du Net sous le titre de « courage ». Le courage de faire usage de sa propre raison est, comme l’a si perceptiblement souligné Kant, ce qui caractérise l’homme de la modernité. Et ce courage est ce qui manque le plus à la clique bêlante qui, aujourd’hui en Côte d’Ivoire, insouciante de sa place dans l’histoire de l’humanité, mais plutôt emportée dans un élan de folie circulaire et de réponses aux borborygmes du moment, fait sa circonfession à Alassane Dramane Ouattara et ovationne des mains, des pieds, et des lèvres sa politique de nettoyage ethnocentrique. Heureusement qu’ici, encore plus qu’en 1936, la technologie numérique arrête la course du temps, et fige les images de cette anomalie humaine.

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