Les avocats du président Gbagbo contestent la compétence de la CPI; le rapport de Me Altit

LISEZ LE RAPPORT COMPLET DE L’AVOCAT DE GBAGBO

Me Altit, avocat du président Laurent Gbagbo

 

Adama Bictogo ou le symptôme d’une dégénérescence morale pernicieuse au sein de la Rattrapocratie, M. Frindéthié

Adama Bictogo

Suite à la dénonciation des médias ivoiriennes  et au malaise généré dans les chancelleries étrangères par l’escalade de la pandémie de corruption au sein de l’administration de la Rattrapocratie, Alassane Dramane Ouattara s’est vu contraint de se séparer d’un de ses plus fidèles lieutenants, Adama Bictogo, qui lundi encore occupait la fonction de ministre de l’intégration africaine. Bictogo se serait rendu coupable de faux et usage de faux et de détournement de plus de 4 milliards de francs Cfa destinés à l’indemnisation des victimes de déchets toxiques déversés en août 2006 à Abidjan par le Probo Koala, et qui avaient fait des milliers de victimes. On rapporte aussi qu’au Mali, où il était mandaté par la CEDEAO pour négocier une issue à la crise malienne, Bictogo se serait compromis dans des transactions personnelles sur des mines d’or avec la junte militaire qui a renversé le président ATT. Bictogo a donc été lâché par Ouattara pour, dit-on, sa violation de la charte d’éthique imposée aux membres du gouvernement.

Le problème de Ouattara, et qui crève l’œil tel un abcès manifeste, c’est que Bictogo n’est que le symptôme de la moralité crépusculaire, qui foisonne depuis son entrée en politique ivoirienne, et qui a phagocyté une partie de la jeunesse ivoirienne, convaincue qu’elle est de ce que la mobilité sociale doit d’abord plonger ses racines dans la fange de l’insolence, du mensonge, du vol, de la corruption, du rançonnage, du pillage et de l’assassinat. L’entourage de Ouattara est pourri, qui ne peut se condenser dans le seul « nom propre » de Bictogo.

Bictogo s’en va vers d’autres horizons poursuivre ses tripotages ténébreux. Mais l’essentiel du dispositif de décrépitude morale demeure, avec à sa tête, un chef, qui, en contradiction avec ses propres prétentions d’honnêteté, n’a pas encore su trouver le moyen le plus amène d’expliquer sa subite fortune colossale et celle de son épouse, encore moins d’honorer à l’obligation constitutionnelle de déclaration de biens, à laquelle Macky Sall et François Hollande, arrivés bien après lui, ont satisfait.

Bictogo s’en va – peut-être ! -, mais il n’est que la manifestation extérieure de l’immense avilissement intérieur de la Rattrapocratie ; un avilissement à écraser !

Ministère des droits de l’homme : un écran de fumée derrière lequel opèrent les escadrons de la mort, M. Frindéthié

Dans les fables qu’enfants nous dévorions avec émerveillement, comment arrivait Bouki la hyène dans la bergerie ? Naturellement, en se dissimulant sous la fourrure de ses précédentes victimes. Et quand le loup de faim traqua le Petit Chaperon Rouge, n’est-ce pas de l’accoutrement de sa grand-maman qu’il s’affubla après l’avoir dévorée ?

Alassane Dramane Ouattara, comme Bouki et le Grand méchant loup s’est inventé un artifice : un ministère des droits de l’homme, qui devrait, l’espère-t-il, faciliter la dissimulation de ses crimes passés et présents. Derrière la ténébreuse fumée de son ministère des droits de l’homme, les escadrons de la mort de Ouattara s’adonnent à moult crimes, afin que, lorsque viendra le temps de rendre compte, le boucher d’Abidjan puisse s’exclamer : « Moi, le concepteur du Ministère des droits de l’homme ? Moi criminel ? Pourquoi donc mon ministère des droits de l’homme ne m’a-t-il pas dénoncé, si criminel j’étais ? »

Or, les dissimulateurs ne sont pas toujours les plus intelligents ; car n’est-ce pas le museau de compère Bouki aligné de crocs acérés qui déborde de ses oripeaux d’emprunt ? Ne sont-ce pas les oreilles de compère Loup qui dépassent du foulard de grand-mère ? Ne sont-ce pas les morts de Duékoué qui saillissent des fosses communes de compère Ouattara ? Le crime est trop voyant ; aucun artifice ne saurait le camoufler ; pas même un ministère des droits de l’homme installé pour entortiller l’opinion publique.

Déclaration de biens: Macky Sall vs François Hollande, M. Frindéthié

Aujourd’hui le président nouvellement élu de France, François Hollande, a dévoilé son patrimoine. Un peu avant lui, le nouveau président sénégalais Macky Sall s’était plié à cette exigence républicaine dans son pays. Comparons. 

Macky Sall, président sénégalais François Hollande, président français
Géologue ; né en 1961 d’Amadou Abdou Sall (manœuvre à la fonction publique) et de Coumba Thimbo (vendeuse d’arachides) Enarque, conseiller à la cour des comptes ; né en 1954 de Nicole Frédérique Marguerite Tribert (assistante sociale) et de Georges Gustave Hollande (médecin)
Plusieurs biens fonciers situés dans les quartiers les plus chics de Dakar (nombre pas précis) ; plusieurs biens fonciers à Fatick, sa ville natale (nombre imprécis) ; un appartement de 300 m² à Houston dans l’Etat du Texas, aux Etats-Unis ; un parc automobile de trente-cinq (35) véhicules ; nombre de comptes bancaires imprécis ; nombre et valeur d’actions en bourse imprécis. 1 maison à Mougins (Alpes-Maritimes) d’une valeur de 800.000 euros ; 2 appartements à Cannes, valeur estimée à 370.000 euros ; divers meubles pour 15.000 euros ; pas de valeurs cotées en Bourse ; pas non plus de collection, pas de bijoux de valeur. 3550 euros déposés sur une assurance-vie à la Société générale ; trois comptes courants créditeurs de 4960,73 euros, 508,20 euros et 2790,65 euros ; a contracté cinq prêts depuis 2000, et doit encore rembourser plus de 255.000 euros à ses créanciers ; ne possède pas de voiture.

 

« Massa ! We sick? » La lamentation du Nègre fanonien, M. Frindéthié

Nous avons connu Bokassa et sa niaiserie légendaire. Nous avons connu Bongo et sa forfanterie maladive. Nous connaissions Ouattara pour sa propension à l’illégalisme. Or, voici qu’alors que nous croyions avoir tout vu de tout ce qu’il y a à voir de plus outrageux et de plus ignominieux, Alassane Dramane Ouattara nous sert l’une des plus grandes vaillances de servilité en prêtant un visage et un patronyme, les siens, aux emblématiques Nègre de maison de Malcom X et névrosé abandonnique de Frantz Fanon. Car, en vérité, quelle impulsion voudrait pousser Alassane Dramane Ouattara à abandonner les prétendues responsabilités en Côte d’Ivoire, pour lesquelles il fit trucider des milliers d’Ivoiriens, pour s’exiler en France depuis le 4 mai, veiller au chevet d’un Nicolas Sarkozy mourant, mourant, et finalement mort le 6 mai ? Quelle impulsion, sinon une pathologique ordonnance à l’esclavage mental, pousserait-elle Ouattara à se griser du plaisir d’être le prostitué fondamental d’un souteneur trépassant, comme l’esclave qui voyant son maître agoniser, se penche sur lui, et lui versant des larmes de douleur, lui chuchote : « Massa ! We sick ? » ?

Mali : la junte dénonce la duplicité de la CEDEAO, M. Frindéthié

Le poisson pourrit toujours par la tête. La CEDEAO est une organisation pourrie ; et sa pourriture, il faut le reconnaître, découle du pourrissement moral de ceux-là même qui la dirigent. Pouvait-on s’attendre d’une cohorte de faiseurs de coups d’état, qu’elle résolve les questions de la déficience démocratique en Afrique sans passer par les voies tortueuses du mensonge, des virevoltes, et des magouilles ? Cette question, la CEDEAO d’Alassane Dramane Ouattara vient d’y répondre par la négative, lorsque, dans son désir de s’inaugurer pourvoyeur de solutions à la crise Malienne, Ouattara appose sa signature sur un accord cadre signé avec la junte malienne, et, le lendemain même, renie sa propre signature, comme il sait si bien le faire et l’a souventes fois fait.

Dégoutée du déficit d’honnêteté des dirigeants de la CEDEAO, qui samedi dernier ont tenté de désavouer un texte qu’ils avaient signé, et qui limitait la transition de Diancounda à 40 jours, la junte malienne, par la voix du capitaine Sanogo a fait une sortie posée mais déterminée le même jour pour dire ceci aux falsificateurs de la CEDEAO : «Je tiens à réaffirmer à tous que la junte s’en tiendra uniquement à l’accord (antérieur, sur les 40 jours) signé avec la CEDEAO. Il n’est pas possible de le modifier … Après les 40 jours, nous déciderons quels organes de l’Etat continueront, c’est ce qui a fait l’objet d’un accord et ne peut être changé ».

La démocratie, nous ne cessons de le dire, est comme la charité bien ordonnée ; elle commence par soi-même. Il est tout à fait absurde d’attendre d’une organisation gérée par des personnes qui n’ont de vertus que celles de la pègre mafieuse qu’elle infuse une morale considérée à l’Afrique. Pour restaurer la démocratie au Mali, il aurait d’abord fallu que les arbitres de la crise malienne fussent habités d’un élan démocratique. Or, ce qui manque le plus à la CEDEAO, c’est la démocratie et le respect de la parole donnée. Alassane Dramane Ouattara et sa clique viennent de le démontrer au Mali … avant de se lancer dans une autre aventure de menteries en Guinée Bissau.  

http://www.youtube.com/watch?v=NbWffeuP6kU&feature=player_embedded   

La culpabilité de Taylor interpelle Ouattara, M. Frindéthié

Charles Taylor a été reconnu coupable d’onze chefs d’accusation par la Court Pénale Internationale en ce jour de jeudi 26 avril 2012, après un long et tortueux procès. La Cour ayant établi que les rebelles RUF de Bokari avaient effectivement commis des crimes contre l’humanité en Sierra Leone entre décembre 1998 et janvier 1999, la procédure d’aujourd’hui était de démontrer en quoi la responsabilité de Taylor serait impliquée dans ces crimes.

Dans cette perspective, la Cour a pu prouver les faits suivants : a) Charles Taylor était en communication directe avec les rebelles du RUF. b) Charles Taylor a aidé et incité les rebelles à commettre leurs crimes c) Charles Taylor a approvisionné les rebelles en armes, en munitions et en nourriture. Par conséquent, la Cour déclare Charles Taylor coupable de faits suivants, qui ne sont pas des actes directement commis par lui, mais par les rebelles qu’il a supportés, aidés, incités et approvisionnés. Les crimes de Taylor nous semblent comparables en tous points à ceux de Ouattara. Voici ce qui motive cette comparaison succincte : La Cour retient contre Taylor les 11 charges suivantes :

1. Actes de terrorisme (les rebelles que Ouattara a aidés, incités, approvisionnés, et armés ont, comme les RUF, terrorisé les populations ivoiriennes de l’Ouest, du Centre et du Nord de 2002 à 2010 et continuent, sous la bannière des FRCI, à terroriser les populations sur tout le territoire ivoirien)

2. Meurtre (Les meurtres des rebelles de Ouattara sont bien documentés aussi bien par des témoins particuliers que par des organismes de droits de l’homme).

3. Violence contre la vie en violation de l’article 3 de la Convention de Genève (les rebelles de Ouattara, aujourd’hui FRCI, commettent chaque jour des violences documentées contre les populations ivoiriennes).

4. Viol (Les viols des rebelles de Ouattara contre les enfants, les femmes et les vieillards sont documentées par des témoins particuliers et par des organisations de défense des droits de l’homme).

5. Esclavage sexuel (Dans les zones occupées pendant 10 ans par les rebelles de Ouattara, des enfants et des jeunes filles ont été forcés de servir d’esclaves sexuels aux rebelles de Ouattara).

6. Violation de la dignité de personnes (les rebelles de Ouattara ont dépossédé des familles entières du fruit de longues années de labeur, les réduisant à l’indigence. Des enfants et des pères de famille ont été forcés, le fusil sur la tempe, à assister aux viols de leurs mères ou épouses ou à commettre des actes d’inceste.

7. Traitements cruels (de nombreux prisonniers politiques subissent encore des tortures mentales et physiques dans les prisons de Ouattara, où il leur est refusé les soins les plus primaires, alors que s’amenuisent leurs conditions mentales et physiques).

8. Actes inhumains (la rébellion de Ouattara n’a d’égale que celle de Bokari en inhumanité)

9. Enrôlement d’enfants comme soldats (la rébellion de Ouattara a enrôlé des filles et des garçons. Ces faits sont documentés).

10. Esclavage (Dans les zones occupées pendant 10 ans par les rebelles de Ouattara, des enfants et des jeunes filles ont été forcés de servir d’esclaves sexuels aux rebelles de Ouattara).

11. Pillage (Bien que les pillages des habitants de Duékoué par les rebelles de Ouattara soient les plus décriés, depuis 2002, de nombreuses familles ont été dépossédées du fruit de leur travail et réduites à l’indigence par les rebelles de Ouattara. Aujourd’hui encore, de nombreux Ivoiriens sont réfugiés au Ghana alors que leurs habitations et leurs terres sont occupées par les rebelles de Ouattara).

Charles Taylor n’avait jamais pensé qu’il répondrait de ses crimes. Il fut un temps où il était le chouchou de la « communauté internationale ». Aujourd’hui aussi, les suiveurs de Ouattara sont convaincus que jamais le boucher d’Abidjan ne répondra de ses crimes. Il est le chouchou de la « communauté internationale ».

The Twareg Malaise, M. Frindéthié

The origin of the Twareg rebellion in Mali is in great part religious; and it traces back to the 14th Century.  Indeed, when, in 1352, Moroccan scholar Ibn Battuta first entered Walata, the city of  the Old Mali Empire, which he called “the first district of the Blacks,” the conservative Muslim was shocked by what he qualified as the “strange and outlandish manners” of its inhabitants. Though Muslim, the inhabitants of Old Mali had very loose interpretation of the guidelines of the Holy Book. Ibn Battuta recalled that, like unbelievers, men did not get their genealogy from their fathers, but rather from their maternal uncles; sons did not inherit from their fathers, but from their mothers’ brothers; women lacked modesty, did not veil their faces, and were not required to follow their husbands in their trips; women could have male companions without their husbands showing any jealousy, and men could, likewise, have female companions without stirring any suspicion in their wives. Ibn Battuta offered an impressive anecdote of what he perceived as the Blacks’ immoral lifestyle.

One day I entered upon Abu Muhammad Yandakan…. I found him sitting on a mat and in the middle of his house was a bed with a canopy. On it was a woman and with her a man was sitting, and the two were conversing. I said to him, “Who is this woman?” He said, “She is my wife.” I said, “What is [the relationship of ] the man with her to her?” He said, “He is her companion.” I said, “Do you accept this when you have lived in our country [with the Arabs] and have known the matters of the shar [divine law]?” He said to me, “Women’s companionship with men in our country is honourable and takes place in good way: There is no suspicion about it. They are not like the women in your country.” I was astonished at his thoughtless answer and I went away from him and did not go to him after this. Though he invited me many times, I did not respond.6

This bigoted impression about matriarchal black Muslim societies by fundamentalist Almoravids from North Africa is at the source of the Twareg rebellion in today’s Mali. The Twareg’s main claim is a religious fundamentalist claim: the creation of an Islamic State governed by Charia. The Twaregs’ capture of Northern Mali today, in 2012, is the completion of an enterprise that started centuries ago in the Old Mali Empire. 

Ibn Battuta’s Mali was not modern-day Mali, with its capital in Bamako. It was an ancient empire that existed between 800 and 1550 C.E. Its original founders were Mande-speaking people (Bamana, Senoufo, Dogon), ethnic groups that are present in almost every country in West Africa today. At its peak (1200–1300 C.E.), the Mali Empire covered most of today’s Mali as well as western Mauritania and Senegal. However, it did not have categorically defined boundaries by Western standards. The Mali Empire conformed instead to the pre-colonial African notion of a state as a political organization of people whose cohesion was based less on the boundaries within which they lived than on the languages they spoke, the cultural rituals and the economic activities they practiced, and the sovereign to whom they pledged allegiance, paid excises, and from whom they consequently expected protection. The Mali Empire rose to prominence as a consequence of the fall of another great African state, Wagadu (or Ghana as it is often referred to by historians).

One hundred years before the birth of Mali, in 700 C.E., the Wagadu or Ghana Empire, located more than 1000 miles north of today’s Ghana, was the most important state in Sub-Saharan Africa. Arab travelers who wrote about the empire referred to it as the land of gold. Yet, the precious metal was not mined in the land of Old Ghana, but in a territory southwest of the empire. The people of Old Ghana were farmers, fishermen, herdsmen, and warriors; but they were mainly dealers who traded salt brought from up North against gold from the South. The well-traveled Moroccan legal scholar, Ibn Battuta, noticed during his 1352 trip to West Africa that salt was as expensive in the south as gold was costly in the North. He reported that “[A] camel load of [salt] was sold in Iwalatan [Walata] for from eight to ten mithquals, and in the town of Malli from twenty to thirty mithquals, perhaps the price reaches up to forty [mithquals].” People who were fortunate to have salt would even cut it in pieces and use the pieces as currency. On the other hand, gold was so abundant in the south that traders would often give equal weight in gold for the salt they obtained. Other products traded against gold were copper, dried fruits, cowry shells, and cloth.

 After several raids on Ghana, whose people the light-skinned North African saw as too liberal on the precepts of the Koran, the Moroccan Almoravids succeeded in submitting Ghana in 1076. Though short, the Almoravids’ reign in Ghana heavily taxed the empire, weakened it cohesion, and disbanded its army. Frail, Ghana fell under the influence of King Sumanguru Kante from the neighboring Susu Empire, who had been coveting the riches of Ghana for many years. Later, around 1250 C.E., Sumanguru was himself defeated and executed by Sundiata, the King of Old Mali.

With the collapse of Ghana, Mali Empire progressively asserted itself as the major power in the Niger Delta region. By incorporating the territories of former Ghana and Susu into the provinces under its administration, Mali also grew in size and population, and it diversified its exchange commodities. Around the 14th century, the population of Mali was said to be between 40 and 50 million people living on 439,400 square miles of land. Not only did traders in Mali pick up the commercial exchanges of salt and gold as they were practiced in the former Ghana Empire, but also, the highly itinerant trading actors, by traveling southward, mixed with populations of the coastal rain forests. They expanded the trade of kola nuts, shea butter, textile, while converting a few communities to the Muslim religion brought to them by the Almoravid invasion; and they disseminated products of the forest to the northern parts of the empire, and even beyond.

The reign of Sundiata Keita, which, from Old Mali to modern-day Mali established the preeminence of Blacks in politics and strengthened the practice of a form of Islam born out of the syncretism of imported Muslim beliefs and traditional African pagan values, did not, nevertheless, erase the desire of light-skinned fundamentalist from North Africa—now integrals of the Malian populations since the Almoravid invasion—who dreamt of the return to a pure form of Islam until the final assaults on Timbuktu, Kidal and Gao this past month. Correcting what Battuta saw as anomalies of faith, the fundamentalists in Northern Mali have now ordered the veil for women, the replacement of all imams (judged too moderate on religious precepts), the prohibition of alcohol and amusement spaces; in a word, the instauration of an Islamist state ruled by the Charia.      

Origine religieuse du “malaise” touareg, M. Frindéthié

L’origine de la rébellion touareg au Mali est en partie religieuse; et elle date du XIVe siècle. En effet, lorsqu’en 1352 le savant marocain Ibn Battutta arriva à Walata, ce territoire qu’il qualifiait de « premier arrondissement des Noirs », le Musulman conservateur fut choqué par ce qui était pour lui « le manque de savoir-vivre » des populations. Bien qu’ils fussent musulmans, les habitants de l’Empire du Mali avaient une interprétation très laxiste du Coran. Ibn Battuta se lamenta de ce que les hommes du Mali, tels des mécréants, ne tenaient pas leur lignée de leurs pères, mais plutôt de leurs mères ; les fils n’héritaient pas de leurs pères, mais plutôt de leurs oncles maternels ; Les femmes manquaient de modestie, ne se voilaient pas la face, et n’étaient pas obligées d’accompagner leurs maris dans leurs voyages lointains ; en outre, les femmes pouvaient avoir des hommes pour amis sans que leurs maris n’en soient jaloux. Voici ce que nous dit Ibn Battuta du mode de vie « immoral » des Noirs du Mali :

 Un jour, je suis allé chez Abu Muhammad Yandakan sans m’annoncer. Je le trouvai assis sur une natte. Au milieu de la pièce se trouvait un lit surélevé. Sur le lit, un homme et une femme étaient assis, qui conversaient. « Qui est cette femme ? »  M’enquis-je. « C’est ma femme » me répondit-il. « Et qui est cet homme pour elle ? » insistai-je. « C’est son compagnon » me répondit-il. « Et vous acceptez cela, bien que vous ayez vécu chez nous (les Arabes) et que vous connaissiez la Charia ? » Et voici ce qu’il me donna comme explication : « Chez nous l’amitié entre les femmes et les hommes est innocente ; elle n’est pas déconseillée. C’est même chose honorable. Nous n’en sommes pas jaloux. Nos femmes ne sont pas comme les femmes de ton pays ». Sa réponse irréfléchie me laissa abasourdi. Je m’éloignai de lui et ne répondis plus jamais à ses invitations.

C’est cette intolérance des fondamentalistes venus d’Afrique du Nord qui est au fondement de la rébellion touareg aujourd’hui au Mali. La revendication principale des rebelles maliens est la création d’un Etat islamiste régi par la Charia. La prise du Nord du Mali aujourd’hui, en 2012, est l’achèvement d’une entreprise qui a commencé il y a des siècles dans l’Empire du Mali.

 Le Mali d’Ibn Battuta n’est pas le Mali actuel, avec sa capitale à Bamako. C’est un empire qui a existé entre 800 et 1550. Les fondateurs de l’Empire du Mali étaient mandé (Bamana, Sénoufo, Dogon). A son apogée, entre 1200 et 1300, l’Empire du Mali couvrait la plupart des terres du Mali actuel, l’Ouest de la Mauritanie et le Sénégal. Cependant, l’Empire du Mali n’avait pas de frontières définies, au sens occidental du terme. Ce qui définissait vraiment le royaume étaient plutôt son organisation politique, la cohésion de ses populations basée sur l’origine linguistique, les rituels culturels, les interactions commerciales des peuples, et le souverain que ces peuples reconnaissaient comme leur guide, à qui ces peuples payaient des impôts et de qui ces peuples attendaient justice et protection. L’Empire du Mali devint important avec la chute d’un autre grand empire, le Wagadou ou Ghana.

En effet, 100 ans avant la naissance de l’Empire du Mali, en 700, le Wagadou ou Ghana, situé à près de 1600 kilomètres au nord du Ghana actuel, était le plus important des royaumes au sud du Sahara. Les voyageurs arabes qui l’ont visité l’appelaient la terre de l’or. En vérité, les habitants du Ghana ancien étaient des cultivateurs, des pêcheurs et des bergers, mais principalement des pêcheurs de sel, qui troquaient le fruit de leur labeur avec de l’or que des habitants de territoires plus au sud du Ghana rapportaient de mines secrètes. Au cours d’un de ses nombreux voyages en Afrique de l’Ouest, Ibn Battuta remarqua que le sel était aussi cher dans le sud que l’or dans le nord. « A Walata, un chargement de sel se vendait de huit à dix mithquals (1 mithqual=3,5 grammes d’or) et dans la ville de Mali, de vingt à trente mithquals, voire quarante mithquals ». Ceux qui avaient abondamment de sel le cassaient en morceaux, qu’ils utilisaient comme monnaie. Cependant, l’or était si abondant dans le sud que les marchands le troquaient pour son équivalent en sel, en tissus, en cauris, en fruits secs et en cuivre.

 Les Almoravides marocains, qui trouvaient les habitants du Ghana trop laxistes dans leur pratique de l’Islam, finirent par s’emparer du Ghana en 1076 après de nombreux raids sur le royaume. Le règne almoravide, bien que de courte durée, affaiblit l’Empire du Ghana, qui tomba plus tard sous la conquête du roi Sumanguru Kanté de l’Empire Susu. En 1250, Sumanguru fut lui aussi vaincu par le roi du Mali, Sundiata Keita, qui l’exécuta.

En s’appropriant les terres du Ghana et du Susu, le Mali devint le plus grand empire dans la vallée du Niger. Autour du XIVe siècle, la population du Mali atteignit 50 millions et la superficie du royaume s’estima à plus d’un million de km2. Les populations du Mali continuèrent les activités commerciales initiées par les populations du Ghana. En descendant plus au sud, les commerçants du Mali se mêlèrent aux habitants des forêts,  formèrent une population plus hétérogène, introduisirent dans l’empire et dans les royaumes des forêts des produits plus variés, et surtout, ils convertirent les populations du sud à l’Islam. Mais un Islam toutefois modéré, que les fondamentalistes à peau claire d’Afrique du Nord considéraient comme une falsification du Coran.

La dynastie de Sundiata Keita, qui, du Mali ancien au Mali d’aujourd’hui, consolida la prépondérance des Noirs et renforça la pratique d’un Islam dilué aux croyances africaines, n’effaça pas le désir des fondamentalistes à peau claire, désormais populations à part entière du Mali depuis l’invasion des Almoravides, de retourner à un Islam dit pur. L’Assaut des Targui sur la partie nord du Mali participe d’une volonté de corriger ce qu’Ibn Battuta décrivait au XIVe siècle comme une anomalie spirituelle. Aujourd’hui, les fondamentalistes au nord du Mali ont institué le port du voile pour les femmes, remplacé les imams jugés trop permissifs, interdit l’alcool et les aires de jeux ; ils ont en un mot institué un Etat islamiste régi par la Charia. L’Etat rêvé d’Ibn Battuta.                   

(Vidéo) Un Nègre, assis sur un rocher au bord de l’Atlantique, les coudes sur les genoux, le menton dans les mains, les yeux rivés sur un hypothétique Occident qu’il imagine loin au-delà de l’horizon, s’exclame pitoyable, M. Frindéthié

http://www.youtube.com/watch?v=fuEKtX8J-R8&feature=player_detailpage

Un Nègre, assis sur un rocher au bord de l’Atlantique, les coudes sur les genoux, le menton dans les mains, les yeux rivés sur un hypothétique Occident qu’il imagine loin au-delà de l’horizon, s’exclame pitoyable : « y a-t-il quelqu’un là-bas qui m’aime ? » Ce cri, cet appel de détresse, cette incertitude, est le mode primordial d’expression du névrosé abandonnique. Et à ce supplice, répond une voix du « là-bas », qui lui fait la fausse promesse d’un salut universel. Là où l’amour était naguère interdit au Nègre, là où les portes du « paradis blanc » étaient fermées à l’égo nègre, désormais, le Nègre abasourdi se voit promettre par l’Occident la possibilité d’une « jouissance blanche », à condition que l’égo nègre abandonne à l’Occident l’objet d’échange pour un peu d’amour opalin ; à condition que l’égo nègre abandonne à l’Occident ce qu’il aurait dû garder pour l’échange commercial. Et voilà que, pour l’assurance d’une amitié lactescente, où l’amour ne présuppose aucun échange d’objet, le Nègre, désormais névrosé abandonnique, abandonne tout objet d’échange ; pire, s’abandonne lui-même, dans sa course effrénée vers l’accumulation des signata de l’autre ; l’expérience de ceux qui l’ont précédé ne lui ayant jamais rien appris.         

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