Lettre d’un ancien esclave à son ancien maître, traduction de M. Frindéthié

En août 1865, un certain colonel P.H. Anderson de Big Spring (Tennessee) écrivit une lettre à son ancien esclave Jourdan Anderson, lui demandant de revenir travailler sur sa plantation. Jourdan Anderson, qui avait fui son maître, s’était entretemps émancipé et vivait depuis dans l’Ohio, où il s’était trouvé un emploi rémunéré qui lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille. Voici quelques extraits de la réplique de Jourdan Anderson publiée dans l’édition du 22 août 1865 du New York Daily Tribune. Nous avons voulu traduire cette lettre, dont les circonstances ressemblent étrangement à celles d’un certain dictateur africain qui implore des populations réfugiées de retourner dans son étreinte meurtrière.    

Monsieur : J’ai reçu votre lettre. Je suis heureux de constater que vous n’avez pas oublié Jourdan et que vous voudriez que je revienne travailler pour vous, me promettant de me traiter mieux que quiconque ne saura jamais me traiter. J’ai toujours douté de votre sincérité. J’ai cru que les Yankees vous avaient pendu depuis longtemps pour avoir hébergé des rebelles. Je présume qu’ils ignorent que vous êtes allé chez le colonel Martin assassiner un soldat blessé de l’Union qui se rétablissait dans la grange. Bien que vous m’ayez tiré dessus par deux fois avant que je ne m’enfuie, je ne vous ai jamais voulu de mal, et je suis content de vous savoir en vie. Cela me ferait vraiment du bien de revoir la chère maison, de revoir Mlle Mary et Mlle Martha, et Allen, Esther, Green et Lee. Dites-leur que je les embrasse tous. Dites-leur que j’espère que nous nous reverrons dans un monde meilleur, à défaut de nous revoir dans celui-ci. Je serais revenu volontiers vous voir tous lorsque je travaillais à l’hôpital de Nashville si l’un des voisins ne m’avait dit qu’Henry n’attendait que cette occasion pour m’éliminer. . . .

Je suis particulièrement curieux de savoir ce qu’est cette unique opportunité que vous tenez tant à m’offrir. Je ne me plains pas ici. Je gagne vingt-cinq dollars par mois, avec des victuailles et des vêtements. J’ai une maison confortable pour Mandy – tout le monde l’appelle Madame Anderson – et les enfants – Milly, Jane et Grundy – vont à l’école et sont très studieux. L’institutrice dit que Grundy a tous les atouts pour être un bon pasteur. Ils vont au catéchisme et Mandy et moi allons régulièrement à l’église. Nous sommes respectés. Parfois, nous surprenons certaines personnes dire de nous : « ces hommes de couleur étaient esclaves au Tennessee ». Les enfants en sont blessés; mais je leur explique qu’au Tennessee, ce n’est pas une honte d’être l’esclave du colonel Anderson. De nombreux Noirs en auraient été fiers, comme je l’étais moi-même.

Si dans votre prochaine lettre vous vouliez bien me dire quel traitement vous entendiez me proposer, je serais mieux placé pour décider si oui ou non je devrais revenir travailler pour vous. . . . Pour ce qui est de la liberté que vous me promettez, je n’en ai pas besoin. J’ai obtenu mes papiers d’émancipation en 1864 du Provost-Marshal-General du Département de Nashville. Mandy me dit qu’elle ne retournerait jamais sans la preuve de ce que vous êtes disposé à nous traiter de façon juste et bien ; Aussi, avons-nous décidé de vous mettre à l’épreuve de la sincérité en vous demandant de nous envoyer la rétribution du travail que nous avons fait pendant ces nombreuses années où nous étions à votre service. Cela nous ferait oublier et pardonner les vieilles humiliations pour ne voir que votre justice et votre amitié à venir. Je vous ai fidèlement servi pendant trente-deux ans, et Mandy vous a servi pendant vingt ans. A raison de vingt-cinq dollars le mois pour moi et de deux dollars par semaine pour Mandy, nos avoirs s’élèveraient à onze mille six cent huit dollars. Ajoutez à cela les intérêts et déduisez-en ce que vous avez dépensé pour nous en vêtements, pour mes trois visites chez le docteur, pour la dent arrachée à Mandy, et envoyez-nous le reliquat qui nous revient. Veuillez nous faire parvenir l’argent par  Adams’s Express, à l’attention de l’honorable V. winters de Dayton (Ohio). Si vous refusez de nous payer pour des services fidèlement rendus dans le passé, alors, nous ne pourrons pas croire à votre promesse de bonne foi prochaine. Nous voulons bien croire que le Bon Créateur vous a ouvert les yeux aux souffrances que vos pères et vous avez infligées à mes pères et à moi en nous faisant travailler sans rémunération pour vous pendant des générations. Ici, je reçois mes gages chaque samedi, alors qu’au Tennessee, jamais aucun Nègre n’a reçu un jour de paie de plus qu’une vache ou un cheval. Il y aura certainement un jour de jugement pour celui qui gruge ses travailleurs de leurs paies.                          

Mes Questions aux Tirailleurs Sénégalais, M. Frindéthié (30 janvier 2012)

Pour vous, prétendues élites africaines, tirailleurs sénégalais des temps modernes, qui hier encore vous réjouissiez des interventions occidentales en Libye et en Côte d’Ivoire, j’ai ces questions : vos peuples sont-ils mieux lotis qu’ils l’étaient avant l’assassinat de Kadhafi et la déportation de Gbagbo ? Vos rues en sont-elles plus certaines et vos nuits plus paisibles ?  Vos écoles en sont-elles mieux équipées et vos enfants mieux instruits ? Vos femmes en sont-elles mieux soignées et vos marchés plus fournis ? Votre presse en est-elle plus affranchie et la parole plus émancipée ? La démocratie en est-elle plus expansive et vos prisons moins suffocantes ? Vos peuples en mangeront-ils mieux ce soir ? En boiront-ils mieux ce soir ? En verront-ils mieux ce soir ? Ou bien, pis que naguère, chercheront-ils à tâtons, dans l’obscurité et les frayeurs de la nuit, un point d’eau qui n’existe pas, une pitance qui n’arrive pas, pendant que vous, auguste bouffon d’un gala, soupant à la table du « Grand Blanc », continuez d’exhiber à votre hôte votre sourire imbécile de Nègre insoucieux, repu et satisfait ?

Comprendre les origines de la crise ivoirienne, M. Frindéthié (première partie)

crise

Crises et possibilités: la mondialisation à la française

Le général Charles de Gaulle, ce président aimé des Français, figure emblématique de la résistance et de la morale française, a formulé une pensée dont l’hideuse véracité n’a d’égale que l’ardeur avec laquelle la France l’a pratiquée à travers toute son histoire. « La France n’a pas d’ami ; elle n’a que des intérêts ». Cet idéal  gaulliste de désinformation philosophique, d’étranglement économique, de persécution militaire et de déstabilisation politique, qui a immensément enrichi la France au détriment de ses anciennes colonies, est aujourd’hui combattu par certains pays francophones. Il ne serait pas excessif d’affirmer qu’en ce nouveau millénaire, la résistance la plus farouche que connaît l’hégémonie française en Afrique est celle qui a lieu en Côte d’Ivoire depuis 2002, et que le cinéaste ivoirien Sidiki Bakaba a documentée dans son film La victoire aux mains nues. C’est une mobilisation des patriotes ivoiriens contre le néocolonialisme français déguisé sous les accoutrements de la mondialisation. L’objectif de la résistance ivoirienne est d’exposer et de tuer dans l’œuf la politique de génocide économique et politique de la France, qui, par un artifice séditieux perfectionné au cours des ans en Afrique, allume des feux multiples, les active, afin de s’inviter ensuite comme pompier par la manipulation des Nations Unies et des institutions financières internationales.

 La logique de l’intervention française en Afrique

Quel que soit le regard que l’on pose sur les interventions françaises en Afrique, l’on se rend compte que celles-ci n’ont jamais été motivées par un élan philanthropique. Les intrusions françaises en Afrique ont toujours été gouvernées par une logique du gain maximum par l’effort minimum. Historiquement, la France n’a jamais gagné de guerre. En fait la France a même perdu les guerres qu’elle a déclarées avec assurance à ses voisins. Et toutes les fois que la France se faisait humilier, c’était vers l’Afrique et les Caraïbes qu’elle se tournait, armée de projets destructeurs, pour restaurer son orgueil meurtri et renflouer son économie en désarroi. Afin d’appréhender la politique française en Côte d’Ivoire aujourd’hui, il convient de comprendre la politique de mondialisation à la française, cette exception française, qui prescrit la déstabilisation en Afrique comme remède à toute calamité politique et économique en Hexagone.

                En 1871, au soir de la guerre franco-allemande, une guerre que la France, certaine de sa victoire, avait déclarée au royaume de Prusse, la  France n’était plus qu’un pays physiquement diminué, moralement brisé, et financièrement asphyxié. L’alliance allemande avait donné une bonne raclée militaire à la France, lui avait arraché ses territoire d’Alsace et de Lorraine, et lui avait présenté une facture de réparation équivalente à un milliard de dollars de nos jours, que la France était sommée de payer dans un délai de trois mois. En dépit de ses réserves épuisées, la France ne perdit pas de temps pour payer à l’Allemagne cette facture honteuse, passant le plus clair de son temps à ruminer sa défaite et son humiliation. La promptitude avec laquelle la France a payé sa dette à l’Allemagne ne serait qu’une occurrence bien banale si, presque 50 ans auparavant, cette même France n’était allée en guerre contre un pays africain, l’Algérie, qui lui demandait de s’acquitter d’une dette restée trop longtemps due.

                En effet, les conséquences immédiates de la Révolution française de 1789 étaient catastrophiques. Au lendemain de la Révolution, les méthodes agricoles en France étaient demeurées archaïques, et, contrairement aux agriculteurs britanniques, les fermiers français n’arrivaient pas à développer des exploitations adéquates pour approvisionner les marchés locaux. Les prix des produits de première consommation étaient hors de portée pour la majorité des Français. Le pain, la nourriture quintessentielle des Français, se fit rare. La famine s’installa. Pire encore, en Italie et en Espagne, l’armée affamée de Napoléon grognait et menaçait de se révolter. Aussi, la France se tourna-t-elle vers deux maisons commerciales algériennes Bacri et Busnach, afin qu’elles lui prêtent de l’argent et des grains pour pallier sa catastrophe économique et sociale. Cependant, Bacri et Busnach devaient, eux aussi, de l’argent au souverain algérien, le Dey Kodja Hussein, qu’ils espéraient rembourser dès que la France leur aurait payé sa dette. En 1815, à la fin de la guerre perdue de Napoléon, la dette de la France envers l’Algérie s’élevait à 18 millions de francs, que Bacri et Busnach implorèrent le Dey Hussein de les aider à recouvrer. En 1827, au cours d’une conversation qu’il avait à ce propos avec M. Pierre Deval, le consul français en Algérie, le Dey fut excédé par l’insolence de celui-ci à son égard, et le souffla de son chasse-mouche. Le roi Charles X, qui n’était d’ailleurs pas disposé à régler la dette de la France, saisit cette belle occasion pour s’élever contre un geste qu’il interpréta comme un manque de respect à la couronne française. Et, malgré les explications du Dey Hussein, qu’il n’avait fait que répondre à une insolence personnelle faite à lui par M. Deval, 600 navires français débarquèrent 37.000 soldats en Algérie le 14 juin 1830, qui s’adonnèrent à des actes de vandalisme, de viols, de meurtres et d’exécutions sommaires. Le 5 juillet de la même année, le Dey fut destitué. Dès février 1831, l’Algérie devint une colonie française de peuplement. Les autorités françaises y invitèrent donc 4500 colons français à exploiter les terres fertiles des côtes algériennes. Cependant, l’occupation française de l’Algérie ne fut pas sans heurts. L’Algérie opposa à la France une résistance farouche, qui, en 1962, tendit à l’Hexagone l’une de ses défaites les plus humiliantes. L’Allemagne de 1870 n’était pas l’Algérie de 1830. C’est pourquoi la France paya rapidement sa dette à l’Allemagne et passa les années qui suivirent à ruminer sa revanche . . . ailleurs qu’en Europe. De nombreux ingénieurs sociaux en France suggérèrent que la France devrait penser à redorer son blason en se construisant un empire d’outre-mer, qui étendrait sa civilisation, ses idéaux et sa gloire chez les « races inférieures ».

                La France, il convient de le noter, avait été présente en Afrique depuis 1642 et avait participé au commerce triangulaire qui vendit plus de 28 millions de Noirs aux Amériques entre 1650 et 1800. En ce temps-là, les objectifs de l’Hexagone en Afrique étaient ouvertement pécuniaires, et personne ne parlait d’étendre aux races supposées inférieures la civilisation d’une prétendue race supérieure. Dès années 1804, cependant, un vent abolitionniste, initié par le Danemark, se mit à souffler sur l’Europe et l’Amérique. En 1848, la France abolit aussi la pratique officielle de l’esclavage. Parmi les personnes qui s’étaient opposées à l’esclavage, l’on notait aussi Olaudah Equiano, un ancien esclave, lui-même propriétaire d’esclaves, qui avait compris que la bonne foi seule ne pouvait pas arrêter la pratique de l’esclavage. Il fallait proposer aux esclavagistes une alternative économique. Aussi, Equiano suggéra-t-il aux esclavagistes que la pratique de l’esclavage les avait détournés des vraies richesses de l’Afrique ; qu’il y avait plus à gagner à exploiter les matières premières africaines et à transformer les Africains en civilisés consommateurs de produits manufacturés européens et  américains qu’à les maintenir en esclavage. La paire sémantique était ainsi lancée : commerce et civilisation. Suivant donc les conseils d’Equiano, les pays européens s’engagèrent à mondialiser autrement, se lançant dans une course effrénée vers les matières premières africaines. L’ivoire, l’or, le bois, le café, le cacao, le caoutchouc, l’huile de palme, les noix, les fruits tropicaux, et non plus les esclaves—bien que certains renégats continuèrent le commerce des esclaves 70 ans au-delà de l’abolition officielle de l’esclavage par les Danois en 1792—devinrent les nouvelles marchandises du commerce intercontinental. Vers la fin des années 1800, l’Afrique grouillait tellement de chercheurs de fortune que les conflits entre Européens devinrent monnaie courante. Afin de mieux réguler le commerce africain et d’éviter que n’éclate une guerre intereuropéenne, les puissances européennes tinrent une conférence à Berlin du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, sous la présidence du chancelier allemand Otto Von Bismarck. La conférence de Berlin qui fut présentée au monde comme un colloque pour discuter de questions relatives à l’humanité, la paix, la civilisation et le bien-être des populations africaines, était en fait une réunion des grandes puissances occidentales pour se partager l’Afrique. La conférence de Berlin résolut la question des conflits en stipulant que toute nation européenne qui la première préviendrait les autres nations de son occupation d’un territoire africain serait officiellement reconnue comme propriétaire de ce territoire. Ayant donc défini les règles du jeu, les nations européennes se ruèrent sur le gâteau Afrique pour en mordre le plus gros morceau possible.

                Cependant, toujours hantée du spectre de sa défaite cuisante de 1870, la France hésitait à se lancer dans un autre aventure internationale. Par ailleurs, les colonies algériennes n’avaient pas généré les gains escomptés comme l’avaient fait l’Inde pour la Grande Bretagne, et de nombreux politiciens français disaient ouvertement qu’ils préféraient servir à leurs électorats un bon pot au feu plutôt que le pain rassis auquel ils eurent droit pendant le siège allemand de Paris. D’autre part, cependant, les plaies de l’humiliation infligée par les Allemands devaient se cicatriser. Il était nécessaire que la France brillât de nouveau en Europe et sur l’échiquier mondial. Cinq mois après la conférence de Berlin, se tint à l’Assemblée Nationale française un débat entre les opposants et les partisans de l’expansion coloniale. Les deux protagonistes mémorables de ce débat étaient Jules Ferry et Georges Clémenceau. Le 28 juillet 1885, cinq mois après s’être fait destituer de son poste de premier ministre pour avoir lamentablement perdu la guerre sino-française, Jules Ferry prenait la parole à l’Assemblée en faveur du colonialisme.

                Pour Ferry, la France gagnerait à se construire un empire d’outre-mer pour trois raisons principales : économiquement, la France devait se trouver de nouveaux marchés en dehors de l’Europe et des Etats-Unis, précisément à un moment où l’Amérique et l’Allemagne se faisaient de plus en plus protectionnistes en même temps qu’elles inondaient les marchés européens de produits agricoles et industriels bon marché. Dans leur élan d’enthousiasme, des économistes comme Leroy-Beaulieu, estimaient que la France s’enrichirait autant de ses colonies que la Grande Bretagne s’est enrichie des siennes. D’un point de vue humanitaire, arguait Ferry, en tant que membre de la « race supérieure », la France avait le devoir divin de civiliser les « races inférieures », de les parfaire, en leur apportant sa moralité supérieure. Finalement, d’un point de vue politique et patriotique, la France devait s’assurer une place honorable dans le monde en posant des actes de grandeur. A l’instar de toutes les grandes nations, la France devait exporter son drapeau, sa langue, sa civilisation et son génie dans toutes les contrées du monde. Répondant à Ferry, Clemenceau s’insurgea contre la dichotomie race supérieure/race inférieure. Cette distinction avait été aussi faite par les scientifiques allemands lors de la guerre franco-allemande, qui avaient maintenu que les Allemands battraient les Français parce qu’ils leur étaient ontologiquement supérieurs. Pour Clémenceau, il fallait se garder de répéter cet axiome allemand, qui servait de prétexte aux sociétés scientifiquement et militairement avancées pour déguiser la violence sous l’appellation charmante de civilisation. Les excuses de devoir et de droit divins de civiliser n’étaient, selon Clémenceau, rien de plus qu’un droit à la brutalité. Clémenceau conclut que justifier la colonisation par la civilisation revenait à adjoindre l’hypocrisie à la violence. En tout état de cause le début des années 1890 vit se développer des groupes de pressions pour le colonialisme, tels que Comité de l’Afrique française, le Comité de l’Égypte, le Comité de l’Asie française, ou le Comité de Madagascar, tous derrière le parti colonial, et qui revendiquaient que soit redoré le blason de la France dans le monde. Dès 1890, un consensus colonial fut établi en France, qui entendait moins vendre une entreprise africaine à des hommes d’affaires qu’un empire africain à l’Etat, et qui recommandait plus la voie de l’occupation forcée des territoires africains que celle de signature de traités avec les chefs locaux.

                Contre toute appréhension, la mondialisation martiale de l’Afrique subsaharienne par la France s’avéra bien fructueuse. Quand la poussière de la ruée vers l’Afrique se fut enfin tassée, le continent était parcellé en 50 territoires répartis entre les puissances européennes. La France, l’Allemagne, la Grande Bretagne et le Portugal s’offrirent les plus gros morceaux. La France se saisit d’un grand territoire comprenant la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Benin, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Togo, le Gabon, la république démocratique du Congo, la Centrafrique, le Cameroun, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, les iles Maurice, la Réunion, les Seychelles, Madagascar, les Comores, et Mayotte ; des territoires qui n’avaient pas tous le même statut et étaient, selon leur statut, régis par des lois différentes. Les territoires des Caraïbes étaient principalement des colonies d’esclaves. En Afrique subsaharienne, ces territoires constituaient des colonies d’exploitation dont la France tirait le maximum de profit des matières premières générées. La Tunisie était un protectorat avec un souverain local, le Bey ; et l’Algérie était une colonie de peuplement avec un Dey. Quel que soit le statut de ces diverses colonies, leurs populations locales devaient se soumettre à la juridiction d’un consul ou d’un gouverneur nommé par la France. L’injustice française révolta les populations locales qui combattirent l’envahisseur jusqu’à l’obtention de leurs indépendances politique au début des années 1960.

                Cependant, l’impulsion hexagonale pour le gain était si impérative que la France devisa des schémas biaisés de « coopération » pour rester le spéculateur privilégié des nouvelles nations indépendantes de l’Afrique francophone. Dans le système colonial, dans un emportement protectionniste, la France avait décidé d’imposer des tarifs élevés aux produits coloniaux qui entaient en métropole ; une décision qui appauvrissait les colonies tout en enrichissant la France. Cependant, dans les années 1930, la grande récession obligea la France, pour sa survie économique, à transformer les colonies en des marchés de consommation pour la vente de produits manufacturés français. La France relâcha donc un peu son système tarifaire, permettant ainsi aux colonisés de vendre facilement leurs produits sur les marchés français, de gagner de l’argent pour acheter des produits français et pour aussi payer des intérêts sur leurs dettes. Mais en même temps, afin d’éviter la compétition des autres puissances, la France imposa des quotas sur certains produits étrangers entrant en France et dans les colonies françaises. La France interdit aussi à ses colonies d’exporter certains produits chez ses compétiteurs, les forçant ainsi à n’acheter qu’à l’Hexagone des produits qui étaient pourtant disponibles dans les colonies. En plus de ces mesures protectionnistes déjà excessives, la France imposa des taxes sur les produits des colonies non françaises entrant en France. Ces taxes allaient de 11% pour la banane à 110% pour le cacao, en passant par 34% pour l’arachide, les graines de palmier et 91% pour le café. Bien que certains observateurs aient voulu attribuer à ce système économique préférentiel la résistance de l’Afrique francophone à la crise économique des années 1930, et le miracle économique de la Côte d’Ivoire des années 1980, il n’en est rien. En fait, l’économie de marché qu’a générée ce système colonial a pourvu les colonies françaises de capitaux qu’elles ont été obligées de retourner à la France au centuple. En outre, cette économie de marché que la France s’activa à maintenir dans ses anciennes colonies longtemps après leurs indépendances fut la source de nombreux chocs économiques ; elle plaça les pays francophones à la merci des spéculateurs internationaux.

                Le système préférentiel établi unilatéralement par la France, et plus tard avec la collaboration de la Communauté Européenne (qui deviendra plus tard la Communauté économique européenne), entendait en réalité, maximiser les profits de la France en jugulant ses pertes dans les colonies. Déjà en 1959, le système commercial français forçait les colonies africaines de la France à consommer 28,2% des exportations françaises, alors que les exportations de ces colonies vers la France ne constituaient que 20% des produits exportés en France. Ces chiffres sont passés 7,8% contre 5,9%. Les différentes conventions (Lomé, Yaoundé, Lomé 2) renforçant la « coopération » entre la France et ses anciennes colonies, et qui inclurent plus tard les pays anglophones et les pays ACP, ne créèrent pas de vraies conditions de développement dans les pays non européens. En fait, la France manœuvra pour exclure les anciennes colonies asiatiques des ACP, sous prétexte qu’elles pourraient être des concurrentes dangereuses en ce qui concerne un certain nombre de produits, et le petit état de l’île Maurice fut exclu par la France pour être un compétiteur sérieux en produits textiles. Les états de la C.E., et la France particulièrement, ne firent aucun effort pour développer l’activité de production en Afrique. Pour la C.E., l’Afrique devait demeurer éternellement le fournisseur de matières premières de l’Europe. Vers la fin des années 1980, le Consensus de Washington, avec son long menu de dépolitisation unilatérale de l’Etat, hostile à l’investissement de l’Etat dans le secteur social, dans la création de l’emploi, dans la protection de l’environnement, dans l’éducation, dans la santé et dans la réduction de la pauvreté, donna à la France la bénédiction officielle des institutions de Bretton Woods afin qu’elle continue son exploitation de l’Afrique.

                La mondialisation économique, telle que conçue par le Consensus de Washington, présuppose une violence internationale. Elle assume, parfois sur le fondement d’un sixième sens bureaucratique et sur aucune base scientifique, qu’afin d’améliorer le sort de leurs populations, les pays du Tiers Monde doivent adapter leurs économies aux conditions dictées par les multinationales européennes et américaines en libéralisant leurs marchés. Le résultat de cet exercice philosophico-économique est que, comme cela fut le cas pendant la colonisation, les crises économiques sont déplacées des pays du nord vers les pays du sud.

L’insistance de la Banque mondiale et du Fonds que les pays en développement ouvrent leurs économies aux investissements directs étrangers a favorisé la recolonisation des pays qui cinquante ans plus tôt avaient lutté pour leurs indépendances. Dans la plupart des cas, la mondialisation a réussi à installer l’impérialisme euro-américain en permettant aux capitalistes des pays industrialisés de devenir les nouveaux propriétaires de compagnies d’Etat (eau, électricité, communication) des pays en développement. Ce plan fonctionne parfaitement lorsque l’état impérial ‘achète’ les banques et les spéculateurs et exerce des pressions sur les états pour  ouvrir les marchés, et envoie des expéditions mercenaires et militaires pour réprimer toute résistance.

Dans ce grand design de recolonisation déguisée en mondialisation, toute opposition est impitoyablement réprimée par une variété de méthodes coercitives : Pour les pays en développement dont les gouvernants, s’opposant à l’exploitation occidentale, mènent une politique populiste et préconisent le contrôle des ressources nationales et qui, attentifs aux besoins de leurs peuples, refusent la corruption et le style de vie promis par les pays industrialisés, les tireurs à gage économiques possèdent tout un menu de dissuasion : la subversion du processus politique, le corruption des administrateurs, des officiers de l’armée, des médias, des syndicats, des universitaires, l’incitation à la guerre ethnique et religieuse ; un menu tiré tout droit du guide de la colonisation, et qu’illustrent les cas du Congo, d’Haïti et de la Côte d’Ivoire, ces pays qui ont osé s’opposer à la coalition tripartite des pays du nord, des Nations Unies et des institutions financières internationales.

                En Côte d’Ivoire, cette conspiration tripartite fonctionne grâce à un ancien fonctionnaire du Fonds, Alassane Dramane Ouattara, dans ses oripeaux de collaborateur, et à ses associations avec le gouvernement français et les multinationales françaises, qui mettront en place une nouvelle marque de mondialisation que nous baptiserons ici la mondialisation à la française.

La Côte d’Ivoire : de la prospérité économique à l’austérité

                Les années 1970 étaient une période de prospérité pour la Côte d’Ivoire. La hausse des prix du café et du cacao sur le marché mondial avait positionné la Côte d’Ivoire comme la première puissance économique de l’Afrique de l’ouest dont les signes de croissance étaient visibles dans tous les secteurs. Les observateurs n’hésitaient pas à comparer le miracle ivoirien au miracle japonais –nous nous souvenons encore que notre sujet de géographie au baccalauréat était ainsi libellé : « comparez le miracle ivoirien au miracle japonais ». Cette comparaison n’était nullement pas exagérée. Le taux de croissance ivoirien était le deuxième du monde après celui du Japon. Cependant le boom économique ivoirien dépendait énormément de capitaux étrangers, étant donné qu’il était amarré aux caprices des spéculateurs internationaux qui décidaient du prix des matières premières. Dans sa volonté de diversifier l’économie et de lancer des programmes de développement, la Côte d’Ivoire emprunta de l’extérieur des capitaux qu’elle manqua souvent de gérer avec sagesse. En outre, la chute des prix du café et du cacao du début des années 80 amplifia la dette extérieure du pays ; ce qui emmena le président Houphouët à se tourner vers la Banque mondiale et le Fonds monétaire pour des prêts de stabilisation de l’économie de son pays.

                La période s’étendant des années 80 aux années 90 fut un temps économiquement mouvementé. L’exploitation de nouveaux gisements de pétrole offshore aida le pays à parer à certaines difficultés économiques. Cependant, l’incertitude économique persistait toujours et des rumeurs de compression des fonctionnaires mirent des manifestants dans la rue pour protester contre le contrôle absolu du pouvoir par le parti unique (le PDCI-RDA). Afin de sauver son pouvoir, Houphouët se plia aux exigences de ses créanciers (principalement la Banque et le Fonds) et nomma un économiste du FMI, Alassane Ouattara, en avril 1990 comme président du Comité Interministériel de Coordination du Programme de Stabilisation et de Relance Economique, un comité chargé de trouver des solution à la crise économique—mais entendez plutôt un comité chargé de trouver des moyens des rembourser à la Banque et au FMI ce que lui devait la Côte d’Ivoire, en dépit de la crise. 5 mois plus tard, un président Houphouët agonisant nommait Alassane Dramane Ouattara premier ministre de Côte d’Ivoire. Ce qui se passa à partir d’avril 1990 est une série d’événements dignes d’un roman.

Dominique Nouvian Folleroux : femme fatale

                Le fait d’être proche du président Houphouët permit aussi à Ouattara d’être très proche de Mlle Nouvian Folleroux, la femme qui devint plus tard son épouse et son associée la plus écoutée dans l’intrigue rocambolesque qui se tissa au détriment du peuple ivoirien. Les circonstances dans lesquelles Dominique fut introduite à l’épicentre du pouvoir ivoirien demeurent encore floues. Ce qui est clair, cependant, c’est qu’elle devint la maîtresse officielle du président Houphouët et la gestionnaire exclusive de son immense domaine personnel et d’une grande partie du patrimoine ivoirien. Son nouveau titre donna à Mlle. Folleroux d’immenses pouvoirs financiers, alors même que déclinaient la sante et la popularité du président Houphouët en Côte d’Ivoire. En effet, au début des années 1990, le président Houphouët fut confronté à une opposition politique farouche, qui l’obligea, pour la première fois, à desserrer son contrôle du pouvoir. Sous la pression des institutions de Bretton Woods, le président Houphouët nomma Ouattara premier ministre, légalisa les partis d’opposition et promis des élections législatives ouvertes à toutes les tendances. Les élections présidentielles d’Octobre confirmèrent la force des partis d’opposition, et principalement l’influence du parti du plus grand opposant d’Houphouët, le Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo. Les observateurs internationaux estimèrent à 30% les votes pour Gbagbo (seulement 18,3% contre 81% pour Houphouët selon les chiffres officiels). Le 26 novembre 1990, 18 partis d’opposition se présentèrent aux législatives contre le PDCI d’Houphouët. Le parti d’Houphouët retint 163 des 175 sièges parlementaires. Une histoire s’écrivait : le pouvoir du PDCI n’était plus absolu. Houphouët, le Vieux comme l’on l’appelait affectueusement, était désormais un homme physiquement et politiquement diminué.

                Qu’à cela ne tienne, les affaires de Mlle. Nouvian Folleroux, quant à elles, marchaient à merveille : Elle sépara le président Houphouët de quelques uns de ses domaines français pour un montant de 19 millions d’euros, une transaction qui, bien que trouble, lui ouvrit les portes du business international. Elle acquit les salons Desanges aux Etats-Unis. L’Agence Internationale de la Commercialisation Immobilière qu’elle s’offrit grâce à sa nouvelle fortune lui attirait de gros clients dont Martin Bouygues, roi du béton français, Vincent Bolloré (partenaire de Bouygues) et roi des médias français et du papier d’emballage de tabac—c’était bien Bolloré qui avait payé des vacances de félicitations à Sarkozy à l’Ile de Malte sur son luxueux yacht après les présidentielles françaises de 2006 ; c’était encore lui qui avait prêté son avion privé à M. Sarkozy pour qu’il impressionne sa nouvelle girlfriend d’alors, Carla Bruni, pour leurs vacances de décembre 2007 en Egypte—et Dominique Strauss-Khan, ex-ministre des finances de Mitterrand et président du Fonds monétaire international depuis 2007, le président Bongo du Gabon, qui lui aussi confia la gestion d’une partie de son patrimoine à la branche gabonaise d’AICI, dirigée par le frère Philippe Nouvian, le président Blaise Compaoré du Burkina Faso, et le président Kadhafi de la Lybie. Tel est le réseau que Mlle. Folleroux se tissa depuis le jour où elle atterrit dans la chambre du président Houphouët. Et cette femme-là, Dominique Nouvian Folleroux, est la femme dont Alassane Ouattara, le premier ministre d’Houphouët, s’enticha.

« Ouattara ! Ouattara! C’est notre homme! S’il ne peut le faire, alors nul autre ne peut le faire! »

                Tel semblait être le chant des institutions de Bretton Woods, créancières de la Côte d’Ivoire depuis la mort du président Houphouët en décembre 1993. Excellent élève du FMI où il travailla de 1968 à 1973 avant d’occuper divers postes à la BCEAO, Ouattara était très attentif à la politique d’ajustement structurel prônée par le FMI en Afrique, bien que cette politique ait des conséquences catastrophiques pour l’Afrique. En tant que premier ministre de Côte d’Ivoire, ses solutions pour le redressement de l’économie firent plus de mal que de bien. Comme le lui avait recommandé l’O.M.C., M. Ouattara élimina les subsides aux planteurs ivoiriens, alors que l’Amérique et l’Union Européenne subventionnaient généreusement leurs agriculteurs. Il mit à la retraite anticipée plus de 10.000 fonctionnaires ; ceux qui avaient encore la chance de conserver leur emploi virent leur salaire chuter de 40% ; M. Ouattara réduisit l’accès à l’éducation en réduisant de moitié le salaire des enseignants ; il élimina la subvention aux restaurants universitaires, le transport des bus universitaires, la couverture médicale universitaire, et il imposa aux populations des frais d’accès aux premiers soins ; il initia la dévaluation du CFA et institua la carte de résidence très controversée qui fut à la base du harcèlement des étrangers. Ces échecs, comme il fallait s’y attendre, frustrèrent les populations, qui manifestèrent leur mécontentement par des marches de protestation. M. Ouattara réprima ces marches dans le sang, la torture et la mort ; et malgré les appels répétés pour une enquête indépendante, M. Ouattara demeura inflexible. Ouattara était un bon ami des institutions financières internationales et des multinationales. Etait-il aussi un ami de la Côte d’Ivoire ? Pour la Banque mondiale et le Fonds Monétaire international, cette question-là importait peu.

                Aussi, les institutions financières insistèrent-elles davantage pour que le premier ministre eût plus d’autorité. M. Ouattara cumula donc les postes de premier ministre, ministre des finances et président par intérim pendant la longue hospitalisation du président Houphouët en Europe en 1993. Il ordonna que toutes les recettes publiques lui soient versées directement à la primature dans un compte spécial, plutôt qu’au trésor, comme cela était de coutume. Ce style de gestion atypique mélangea très vite les comptes personnels du premier ministre aux comptes de l’Etat, et des millions de dollars disparurent des caisses de l’Etat, alors que M. Ouattara, en raison de deux vols internationaux par semaine, mettaient des fortunes à l’abri dans des comptes étrangers, intégrant prématurément le club des hommes les plus riches du monde. La fortune subite de Ouattara n’émut aucun des moralisateurs de la Banque mondiale et du Fonds si prompts pourtant à sermonner les dirigeants africains sur la sainteté et la « bonne gouvernance ». Pourquoi devraient-ils s’émouvoir que Ouattara fût l’un des plus grands acteurs de la fuite des capitaux ? N’était-il pas seulement juste qu’il fût récompensé, ce bon agent du Fonds ?

                Et pourtant la fuite des capitaux dont Ouattara était l’un des principaux acteurs constituait l’une des plus grosses sources d’appauvrissement de l’Afrique. En effet, les capitaux africains maintenus légalement ou illégalement dans les banques en dehors de l’Afrique s’élèvent à 22 milliards de dollars américains. Cette somme à elle seule constitue plus de la moitié de la somme dont l’Afrique a besoin pour ses programmes de développement. Si cet argent était investi en Afrique, il constituerait 64% du stock de capitaux privés de l’Afrique. Il n’y a pas de doute que de par sa participation à la fuite de capitaux, et proportionnellement au peu de temps qu’il a passé au pouvoir (3 ans et 1 mois), Alassane Dramane Ouattara fut l’un des dirigeants qui ont le plus siphonné les richesses du continent africain.

                Pendant qu’Alassane Dramane Ouattara passait de ses fonctions de premier ministre à celles de businessman et vice versa, mélangeant ainsi ses comptes personnels à ceux de l’Etat de Côte d’Ivoire, Madame Dominique Folleroux—que M. Ouattara avait alors épousée au cours d’une cérémonie officiée par le maire de Neuilly d’alors, M. Nicholas Sarkozy—sans aucune décence éthique, faisait du lobbying afin qu’il soit vendu à Bouygues et Bolloré les compagnies d’état que son cher époux privatisait (EECI, SODECI, etc.). Ce qui fut fait. Ces compagnies d’état, stratégiques pour l’indépendance de tout pays, furent cédées parfois même au coût d’1 franc symbolique. En ce temps-là, même des leaders du parti de Ouattara (le PDCI) avait crié au scandale sans rien pouvoir faire. Henri Konan Bédié qui était président de l’Assemblée Nationale s’était farouchement opposé à la libéralisation sauvage et choquante de Ouattara. La libéralisation de Ouattara fit de la Côte d’Ivoire un pays économiquement assiégé par la France : 27% des actifs des entreprises ivoiriennes appartenaient à des français. 240 filiales et plus de 600 compagnies en Côte d’Ivoire étaient détenues par des Français. Les investissements louches que permirent monsieur et madame Ouattara firent couler beaucoup d’encre et de salive (à suivre)                                         

30 Years from Today, Africa, as a Bloc, Will Become the World Third Economic Power Behind the US and China, Provided… (Part 12), M. Frindéthié

Africa Ought to Enfranchise itself from Greedy Cosigners

The World Bank, the IMF, the Club of Paris and the Club of London are not philanthropic organizations. There are in the business of making money, and especially of producing maximum dividends out of minimum, and preferable no, investment. These financial organizations are the loudspeakers of the core states. It is in the interest of the core states and their multinational corporations that the peripheral states, which in the international division of labor have been slated as raw material providers, remain undeveloped; and the core states do work hard for the role of the peripheral states to remain unchanged. It is a mistake for African leaders to believe that when France or Great Britain, for instance, sponsors African countries for an IDA loan, these countries do it for the simple reason of world courtesy. These sponsorships are nooses around the neck of the African states that the core states tighten or loosen given the direction of the political wind, that is, given their own interests.

The core states are usurers. Their friendship is always interested and conditional, and their loans and aid packages are poisoned gifts that African countries ought to collectively reject.

It is understandable that foreign investors should seek to draw maximum profits from their investments in Africa. On the other hand, it should also be expected that African states would demand the maximum earnings for the exploitation of their resources by foreign multinationals. These two positions are not irreconcilable, and they should constitute the foundations upon which foreign investors and African governments conduct their negotiations. However, when multinational corporations from Western countries operate in Africa, they tend to bully African states to submission through economic blackmailing and threats of military invasions; for indeed,

whenever a powerful state intervenes to invade a weak state, one can be sure that some private investors from the powerful state, unhappy about their returns in the weak state, have directly or indirectly triggered the military intervention. Western multinational corporations have often blindfolded, gagged, and tortured African leaders in the dungeons of Western jouissance. Though, for some inexplicable reasons, most African leaders seem to have enjoyed their servitude, their unexpected proclivities have been depressing for the African masses. For the welfare of the people they are accountable to, African governments ought to get out of their losing rapport with the West.

This can only happen if African nations first place themselves in propitious conditions for rejecting Western countries’ poisoned gifts of aid and loans. African states have to develop their own investment funds and enfranchise themselves from the abusive and exploitative “friendship” that they have maintained with the core states since their very first encounters with the latter. African states should make it their mid-term objective to leave the Bretton Woods institutions, these rapacious organizations that prosper by cultivating misery in Africa. To enfranchise themselves from the usurers that the World Bank and the IMF are, African states, along with other developing countries, should agree to apportion a small part of their annual commodity export revenues to a collective development account from which member states could be loaned money for their development projects. Such an account could also help member states establish strong credit for getting loans, no longer from the core states, which have given enough proof of their insincerity, but this time from such transitional states as China. This idea is not novel. President Gbagbo of Côte d’Ivoire is an indefatigable herald for the creation of what he calls Fonds de Garantie et de Souveraineté, which is essentially the same concept.

The reader will certainly notice that in the solutions that we have just proposed to the development problems of Africa, we have avoided mentioning the dwelt-on question of Africa’s overpopulation, except to recognize that African cities are being overburdened by an exodus from the rural centers. Let it be known that we do not believe that Africa is overpopulated, and therefore we do not believe in the solutions often propounded by Western experts, which demand that African countries reduce their population size. Overpopulation is not what has kept Africa lagging behind. Lack of genuine exchange of technology and of industrialization is. From this perspective, we concur with Chinweizu who writes that [W]hen on the excuse of saving the environment, it is suggested that we perhaps ought not to industrialize, when on the excuse of reducing pressure of population on resources we are urged to control our populations, we ought to be thoroughly skeptical and have not just second, but even tenth thoughts on the advice we are given … the world may be overpopulated as a whole; but is Africa overpopulated with respect to what its resources, if used entirely in Africa, could support at some decent but not wasteful level of consumption? Africa’s poverty ought to end, and it can if the global discrepancy is readjusted in such a way that, instead of giving the West a monopoly on the “ingredients of survival,” those who have actually been at the source of the supremacy of the West are given control over the resources that they produce to that effect. The West should not be afraid of Africa’s success. It is not a matter of taking away from the West what it has. It is just a matter of allowing Africa to use whatever resources nature has granted it to genuinely pull itself out of poverty. A strong Africa is necessarily in the interest of the West, too. Nevertheless, whether the West approves of it or not, a strong Africa is coming of age in the next thirty years.

Self-Flagellation or Why (some) Africans Hate African Nationalists, M. Frindéthié

For centuries, Western Europe and its offspring, America, have organized the various scientific, political, economic, bureaucratic and ethical-religious disciplines that govern the lives of their peoples around a central order of discourse, a fundamental ideology that subsumes the primacy of individual interests over collective welfare: capitalism. Overvalued as the essential organizing principle in Western societies, capitalism successfully established the tyranny of the few that birthed it over the majority that endured it, mythologizing the rise to power of these few as epic and grandiloquent and mystifying their callous authority, their voracious appetite for profit accumulation and their take-no-prisoner moral code as measures of accomplishment. The greedier the progenitors of capitalism got, the more capitalism itself became a state of grace to be arrived at, and the more its principles were propagated in all ideological institutions—family, school and church being the preponderant ones—as honorable principles.

As the seventeenth-century slave traders grew prosperous in Europe and America from their dishonorable commerce, their sullied views and morals progressively became the standards to uphold, and it did not take long for their distorted sense of ethics to become the object of desire for most Europeans. The first capitalists of Western European and American societies established a center lodging a prominent minority, a center to which the marginalized majority could hope to belong someday only by surrendering its principles to the values of capitalism. For many on the periphery of capitalism, the way to reach out to the center of Euro-American capitalism was to voluntarily marginalize themselves geographically. Thus, in the aftermath of the Berlin 1885 Conference, many of them joined the crews of commercial ships toward the colonies; many enrolled in the foreign legions that would crush indigenous resistances in the colonies; many joined the colonial administrations that were to organize the power structure of the metropole in the colonies; and many others just packed their few belongings and left for the colonies, betting everything on good fortune. All, however, were resolute to strike gold and return in a few years to the center as nouveaux riches.

In the colonies, this heteroclite body of Euro-American adventurers, outfitted with the distorted moral principles of the rapacious center, rehearsed the center. The center’s attitudes became their attitudes, its values their values, and its suppositions their suppositions; but worst of all, the other, the colonized, became the object on which these mystified fortune-hunters would test their efficiency. The colonies became the site of evident racism, a racism whose preponderant organizing principle was profit accumulation. In the European scramble for unbridled wealth accumulation, racism was merely a means to the end. Racism allowed elimination of the dark other in the capitalist quest for profit; but above all, in that quest, racism allowed and rationalized commoditization of the other. A racist ideology developed in Europe and in America by a center eager to confuse the marginalized European and American masses on the real source of its economic and political power was transferred in the colony by the bamboozled adventurers and applied with expert efficiency. In the metropole, it was convenient for the center that the masses should believe that political and economic powers were attainable by any constituent of “God’s chosen race,” provided this constituent would abide by the center’s order of discourse as a natural ideology come down from the divine authority. A crooked clergy fattened by rapacious capitalists rationalized the supposed link between the gospel and the capitalist discourse of uncontrolled wealth accumulation. While the milky skin of the European was a virtual authorization to paradise, the colonized’s dark complexion was the divine declaration of his eternal damnation; but above all, it was the sign of the colonized’s divine assignation: He was to slave for the white. The black colonized became the other’s other, the other of the Euro-American capitalistic center’s other.

The various independence struggles in the colonies had profound meaning for the colonized as well as for the colonizer. Colonization, be it direct as the one instituted by the French or indirect as the English model, intended to deprive the native both materially and mentally. The primary aim of colonization was to siphon resources from the colonies toward the metropole; however, for this dispossession to take place without any hitch, the native had to be placed in a frame of mind to accept the ideology of domination. In the colonies, the colonial school—usually run by the colonial clergy—the colonial administration, and the colonial armies either persuasively or repressively produced and maintained the subaltern conditions of the native and even went so far as to teach the native to reproduce these conditions in the absence of supervision. In this context, the independence movement, sought to restore the native to himself by demythologizing the white and by demystifying his power. These movements were considered subversive by the colonizers, who resisted them and went to great length to undermine them with the help of some native informants trained in the art of self-mortification. Africa’s biggest challenge today is to grow in spite of the sabotaging acts of the nostalgic former colonizers assisted by their swarm of self-destructive native informants.

This challenge is significant, as it amounts to displacing the frame of reference that informs the judgments of the African elites. Colonization was not just about draining off wealth from Africa; it was also about physically beating the African in the fields and on the worksites, and mentally beating his brain to pulp in the colonial schools and churches in order to outfit him for the maintenance and perpetuation of the ideology of Western dominance. This enterprise of alienation worked so successfully that the first leaders of the newly independent African countries—many of whom are still in power today—govern their nations in the interest of the former colonizers. Whenever the Western frame of reference has been challenged by a few farsighted nationalists, whenever these nationalists have rallied enough support to imperil the Western influence on their countries, they have been simply eliminated by native hit men on the payroll of the rapacious Western interests, when their programs have not been sabotaged and their countries literally sacked and set on fire to confirm the propagated notion by a racist and self-centered West of the inability of blacks to govern themselves.

Despite the danger of obliteration, a few audacious African intellectuals have not hesitated to challenge the presumed natural center of globalization with its implied hegemonic agenda. Their task is daunting, as they face opposition both from within as well as from without. From within, they are targeted by the petite bourgeoisie that has prospered through destructive collaboration with the West. From without, they face opposition with a greedy West resolute to maintain its exploitation of Africa. In the daunting task that faces them every single day, the African nationalists deserve our admiration and utmost support

(Dec. 1, 2010) The United Nations, the IMF, and the “Unholy Trinity of Waste, Fraud and Abuse”, M. Frindéthié

It is under kofi Annan, when he was Secretary General of the United Nations, that the split of Cote d’Ivoire between a rebel North and a constitutional South got sanctified. At the time, Kofi Annan was under pressure by the Bush administration to show patte blanche on the “oil for food” program and France needed to regain control of the richest French-speaking African country that was progressively distancing itself from Paris under President Gbagbo’s leadership. Chirac and Annan had something to give each other: Annan needed Paris’s support to fend the American onslaught and Chirac needed the United Nations to weaken Gbagbo. Annan’s/the UN’s sanctification of the Northern rebellion in Cote d’Ivoire tells a compelling story: While Africa should be proud of its sons of daughters who have “made it” on the global stage, on the other hand, Africa should remain extremely wary of the petite bourgeoisie that has been reared in the nurseries of such organizations as the United Nations, the World Bank, and the IMF, a petite bourgeoisie whose interests lie in the maintenance and continuance of Africa’s enslavement. In 1997 the world and Africa in particular greeted with much elation the appointment of the first sub–Saharan African, Ghanaian Kofi Annan, as head of the United Nations. Annan even received some praise and enthusiastic wishes of success from very unlikely supporters. Then senior vice president of the American Enterprise Institute, John R. Bolton, who would later become one of Annan’s fiercest critics, had this to say of Annan’s “win” over Tanzanian Salim A. Salim. “The winner, Kofi Annan, was certainly preferable to Salim. Virtually all Annan’s career has been within the UN system, frequently in management and personnel positions. Few know the “system” better than Annan. He is therefore in the best possible position to deliver on reform, for bureaucratic trials, jargon and obfuscation are not likely to distract him if he is engaged. From January 1, 1997, forward, the world can judge his performance.” Could it be that the “system” to which Bolton was referring was what Stefan Halper named the United Nations’ “unholy trinity of waste, fraud, and abuse,” for indeed the world got to judge Annan and the verdict was resoundingly depressing? Truly, “a kleptocratic culture of non-accountability at home was transferred to the world body.” Annan managed the United Nations as a traditional Ghanaian village chief would manage his family plantation, that is, with no regard to transparency and good governance, but rather with particular propensity for nepotism, dereliction, and corruption. Under Annan’s predecessor, Boutros Boutros-Ghali, corruption, which was rampant in the United Nations, was thought to have reached its peak. However, Annan, who had been waiting for years in the antechamber of power, in the shadow of Boutros-Ghali as under-secretary general of the United Nations, was going to prove the critics of his boss wrong even before he had his chance to preside over the destiny of this most money-hungry institution. In a feat of pathological perfectionism Annan was going to take corruption to its uppermost eruption and claim for himself the palm of the world’s shadiest official. For Annan, how better could he claim the center of capitalism than to accumulate capitalism’s most valued assets, that is, money? So, when under his auspices the United Nations had the opportunity to administer the Oil-for-Food program, a program with a capital five-fold the United Nations’ own budget, Annan sought illegal means to hoard as much as he could of these funds either directly or indirectly. Indeed, in the aftermath of the 1991 Gulf War, the United States had imposed a series of trade embargoes on the Saddam regime. However, as is well known, sanctions imposed on despots have generally been circumvented by the governing classes they are meant to squeeze and have usually brought hardships on the ordinary people. To prevent this pattern from repeating itself in Iraq, the sanctioning authority allowed Iraqi oil to be sold, provided that the takings of the sale should be managed by the United Nations and utilized to buy food and humanitarian supplies for the people of Iraq and to fix the destroyed infrastructures of the country. In 1996, Kofi Annan was charged by Boutros-Ghali to administer the Oil-for-Food program, which was spasmodic at the time. Among the expert brokers that Annan brought in to make the program effective were his own son Kojo Annan and infamous Robert Mugabe’s nephew Leo Mugabe. Within seven years, the Annan dream team for the management of the Oil-for-Food program was able to reorient and embezzle billions of dollars with the complicity of Saddam, and this grand theft “would have succeeded without a hitch had not Saddam Hussein’s regime been overthrown and the Oil-for-Food program been transferred in all its mysterious splendor to the U.S.-led coalition in Iraq.”Of the 67 billion dollars that the export of oil generated between 1996 and 2003, Annan’s head of humanitarian program, Benon Sevan, before retiring to his 1.5-million-dollar mansion in New York, was able to report “31 billion in supplies of food and medicine delivered to the Iraqi people, leaving $8.2 billion in humanitarian goods still to be delivered…. $3 billion had gone in development funds to rebuild Iraq.” What of the rest? Well, in this age of digitized information, the United Nations internal managers/investigators for the Oil-for-Food program were sorry to inform the world that with the bombing of Baghdad by the coalition troops, important documents pertaining to the program got lost—as if the headquarters of the United nations were located in Saddam’s personal palaces; as if the United Nations, this over-budgeted institution, were still keeping records on first-century scrolls. In fact, “[t]he Oil-for-Food scandal is a potent indictment of the way business is done at the UN Secretariat. It represents the ongoing impeachment of the UN system, a symbol of continuing massive corruption involving the theft of close to $11 billion in revenues…. In fact, this recent scandal is not an aberration at the UN. It forms part of a pattern that can be considered the norm.” Where else than at the United Nations, the World Bank, and the IMF, these cradles of world corruption, could the black slaver fulfill his dream of tending exponentially toward the glittering center of white bliss? Where else than there could he accumulate the fastest possible that which allows him to mark his difference from the bottom billion crouching in the rural poverties of Africa and Asia? Where else than there could he amass the necessary assets that would make him a modern man in the urban space, in the company of the white? Annan’s attitude is symptomatic of the black elites’ perfectionist superfluity. The African petite bourgeoisie reared within such world organizations as the UN or the IMF, affected by inferiority complex, and that “pander[s] to Western opinion.” is on a binge for praise. Alassane Ouattara belongs to that class of approval seekers, and he would do anything to please the West and to avoid the West’s reprimand. Laurent Gbagbo does not fit the mold of France’s black governors as represented by Bokassa, Bongo I, Compaoré, Biya, Nguesso or Ouattara. The latter has been exposed as a vile politician that is more concerned about protecting the interests of his imperialist masters than ensuring and safeguarding the welfare of the Ivorian people, a people that has vowed never to bend to the imperialist pressure. His multiple calls for a popular uprising since 2002 and his attempts at coups d’état have repeatedly failed. His Occidental masters, however, are resolute to put him on the throne in spite of the people’s resistance. This sets the stage for another African calamity.

Read more in K. Martial Frindéthié’s Globalization and the Seduction of Africa’s Ruling Class: An Argument for a New Philosophy of Philosophy (McFarland, 2010)

Let’s Not Forget Alassane Ouattara’s Victims: On April 10, 2011, Alassane Dramane Ouattara’s Militiamen Slaughtered 800 Civilians in five days in Duekoue (West Cote d’Ivoire) / Une pensée pour les victimes: Il y a un an, la milice d’Alassane Dramane Ouattara massacrait 800 civils en cinq jours à Duekoué

18 Months Ago, Alassane Dramane Ouattara’s Militiamen Slaughtered 800 Civilians in five days in Duekoue (West Cote d’Ivoire) / Une pensée pour les victimes: Il y a 18 mois, la milice d’Alassane Dramane Ouattara massacrait 800 civils en cinq jours à Duekoué

This man is a war criminal/Cet homme est un criminel de guerre

Le CFA pour « garantir la garantie » de la France au Mécanisme européen de stabilité, Martial Frindéthié

L’Europe vient de se munir de son propre fonds monétaire, le Mécanisme européen de stabilité, présenté par les économistes européens comme l’équivalent du Fonds monétaire international ; un mécanisme financier censé gérer les crises financières au sein de la zone euro. Pourquoi donc, l’Europe, qui depuis la création du FMI en assume la présidence, éprouve-t-elle soudain le besoin de se doter de son propre fonds monétaire ? Tout simplement parce que le Fonds monétaire international, géré de mains de père sévère par l’Europe, n’est qu’un mécanisme de contrôle des économies du Tiers Monde, et plus précisément des économies africaines.

Le tout nouveau Mécanisme européen de stabilité sera financé à 700 milliards, dont 190 milliards venant de l’Allemagne et 143 milliards de la France. En réalité, de sa contribution de 143 milliards, la France, éprouvée par la crise financière,  ne versera que 16 petits milliards, le gros de la somme, c’est-à-dire les 127 milliards restants, seront en garanties.

De quelle garantie est-il donc question ? C’est ici que le dernier voyage d’Alassane Dramane Ouattara à Paris trouve son explication. Seul chef d’état sommé par la France d’être à Paris à l’occasion de l’énigmatique célébration des 40 ans de la zone CFA, Ouattara est allé se faire expliquer la décision de Paris, qui entend utiliser les recettes des pays de la zone CFA déposées au Trésor français pour garantir sa contribution au Mécanisme européen de stabilité.

En effet, en vertu de « l’accord » entre la France et les pays de la zone CFA, 85% des recettes de ces pays sont permanemment déposées dans des comptes d’opérations contrôlés par le Trésor français, qui en dispose comme il l’entend, sans qu’aucun rapport comptable ne soit fourni aux pays de la BEAC et la BCEAO concernant l’utilisation qui en est faite ni les intérêts qui en sont générés.  De leurs recettes déposées au Trésor français, les pays de la BEAC et de la BCEAO ne peuvent théoriquement retirer que 20% ; théoriquement puisque toute demande de retrait est soumise à l’approbation d’un club restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français qui, historiquement, ont rarement accepté de prêter aux pays africains plus de 15% de leur propre argent.

Afin de garantir la garantie de la France au tout nouveau Mécanisme européen de stabilité, les pays membres de la BEAC et de la BCEAO devraient gérer leurs besoins de sorte à ne pas soumettre de demande de retrait au-dessus de 10% de leurs recettes déposées au Trésor français. Ils devraient se serrer la ceinture afin que la France desserre la sienne et mange à sa faim. Alassane Dramane Ouattara est à Paris pour recevoir cette consigne, qu’il s’attellera ensuite à relayer à ses pairs.

La Cote d’Ivoire des génocidaires parmi les derniers en Afrique: 46e sur 53 pays selon l’Indice Ibrahim

http://www.moibrahimfoundation.org/en/media/get/20111009_2011-West-Africa.pdf

Whatever happened to 5,800 students in Cote d’Ivoire? M. Frindéthié

Students rounded up by Ouattara’s soldiers: Many of them never saw their families again

When the gates of the various universities in Cote d’Ivoire open in the next few months, many students, precisely 5,800 students, will not be returning. The official narrative put forth by the Ivorian dictatorship about those students’ nonappearances is that they have been expelled from higher education for failure to graduate on time, for some, and for others, for dealing in unlawful activities on campus.

The fact of the matter is that the great majority of those 5,800 students are no longer on this earth. They are the victims of Nicolas Sarkozy’s bombing and of Alassane Dramane Ouattara’s death squads. We shall recall that on April 10, 2011, thousands of unarmed students camping on the ground of the Ivorian Presidential Palace as human shields to prevent the capture of President Gbagbo were indiscriminately targeted and killed by French army helicopters. In the mayhem of April 10, 2011, and since then, Dramane Ouattara’s death squads have been hunting and executing hundreds of students believed to be supporters of President Gbagbo.

As schools are set to reopen after a two-year postponement, what better way for Ouattara’s genocidal government to explain the absence of the slaughtered scholars than with the argument of a large-scale banishment of “undeserving” students from the temple of higher learning!

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