Imbroglio, M. Frindéthié

Les Etats-Unis ne savent plus où donner de la tête. Ayant soutenu militairement et financièrement pendant trois décennies la dictature de Mubarak, empêchant le peuple égyptien de se forger un état fort fondé sur des institutions fortes, l’Amérique s’est laissé surprendre par une révolte populaire dont la revendication principale est le départ immédiat de Mubarak. Après avoir dansé une valse périlleuse, ne sachant plus très bien s’il fallait continuer de soutenir l’ami Mubarak ou les manifestants déterminés à marcher jusqu’à son départ, le président Obama a, bon gré mal gré, et bien après quelques déclarations très ambigües, finalement décidé de couper ses amarres avec Mubarak. Mais les choses se révèlent beaucoup plus compliquées pour la diplomatie américaine. Il se trouve que la Grande manifestation populaire était en fait organisée et financée dans l’ombre par la confrérie musulmane, une organisation illégale dont sont nés les groupes terroristes  comme Al Qaida et Aqmi. D’où le dilemme américain. Et pourtant, ils avaient l’air bien inoffensif, ces manifestants, avec leur jeans à l’Américaine, leurs Iphones et leurs techniques bien inspirées des manifestations occidentales. L’on était presque gaga devant eux. Et voilà qu’on leur découvre des appétences islamistes. Faut-il observer passif  l’avancée des manifestants et la conséquente chute de Mubarak, le président du seul pays tampon entre l’état hébreu et les états arabes qui réclament son éradication du globe ? Du coup, le président Obama, qui est déjà accusé de ne pas porter l’état hébreu dans son cœur – souvenons-nous qu’en mars dernier le président Obama avait fait attendre le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans les salons de la Maison Blanche pendant qu’il s’était retiré dîner en privé – se met à dos le lobby juif qui l’accuse de mettre en péril l’intégrité d’Israël. La menace est sérieuse ; une prise du pouvoir en Egypte par les islamistes mettrait quotidiennement Israël à rude épreuve. Il n’y a pas de doute que les politiques hasardeuses des puissances de ce monde produisent souvent des résultats contraires à ceux qu’elles auraient souhaités. Cela est dû au fait que plutôt que d’examiner les événements de façon claire et objective pour en tirer des conclusions lucides, les grandes puissances se font relayer des informations erronées par des diplomates qui, surtout dans les pays du Tiers monde, se comportent comme des affairistes, tissant ici des relations compromettantes et là des amitiés peu recommandables, qui brouillent tout leur sens de l’objectivité, jusqu’à ce qu’arrive le pire par leur déréliction du devoir. Pendant que l’on s’active depuis quelques jours à éteindre le feu islamiste qui ravage l’Egypte, l’on oublie que cette menace n’est plus localisée. L’agenda extrémiste est désormais global. Les extrémistes islamistes ont décidé d’appliquer, contre la mondialisation à l’américaine, leur propre mondialisation religieuse. Ils recrutent de tous les bords. Rien ne les distingue plus des « autres ». Ils sont en veste, en jeans ou en boubous, barbus ou bien rasés, dans les bars, les maquis ou sur les plages. La fin justifie les moyens. Pourvu qu’à la fin le monde soit indistinctement islamisé et que s’installe la charia pour tous. Comme le conseillait Ben Laden à ses kamikazes du 11 septembre, « habillez-vous comme eux, allez dans leurs bars, buvez, dansez, couchez avec leurs filles, mêlez-vous à eux. Allah comprendra que c’est pour la lutte suprême ». En Côte d’Ivoire aussi, aux premiers jours de la rébellion – et peut-être même aujourd’hui – de nombreuses mosquées ont servi de caches d’armes et de nombreux imams de porte-voix aux rebelles. Si l’on n’y prend garde, la France et les Etats-Unis, par une énième bavure politique, serviront aux Ivoiriens un gouvernement Ouattariste redevable aux islamistes extrémistes : « On ne veut pas que je sois président parce que je suis musulman et du nord ».

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2 Responses to Imbroglio, M. Frindéthié

  1. Humm, cher Martial,

    Rejoindriez-vous Sarah Palin and Glenn Beck?

    Attention à ne pas faire le jeu des réactionaires…

    Bien à vous,

    Gilles d’Aymery

  2. libropinion says:

    Je presume, mon cher Gilles, que vous faites allusion a mon article sur l’Egypte? Je voulais juste mettre le doigt sur le tatonnement de ces derniers jours. C’est a croire qu’on ne sait vraiment pas ce qu’on veut.

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