En attendant la dévaluation du CFA, bienvenue à la dépréciation, Martial Frindéthié

La dévaluation du CFA annoncée par les observateurs économiques et démentie par les gouvernements de la zone CFA est bien une réalité. Elle a commencé bien avant la date du 1er janvier 2012 sous la forme de la dépréciation progressive du CFA par rapport à l’euro, au fur et à mesure que la monnaie européenne elle-même se déprécie par rapport aux autres monnaies dans la tourmente de la crise financière européenne. Cette dépréciation  progressive est censée atteindre son seuil programmé où 1000 CFA équivaudront à 1 euro d’ici la fin du premier trimestre 2012. Dans le cas où l’euro vient à disparaitre et que la France renoue avec le franc, comme le prévoient de nombreux économistes de renom, dont Jacques Attali, la dépréciation du CFA sera éventuellement traduite en sa forme plus agressive et immédiate de dévaluation pour se positionner à 1000 CFA pour 1 franc français. Les Africains ont certainement déjà senti cette dépréciation de la monnaie coloniale par les coûts inexplicablement élevés des produits d’importation (le riz, la farine, le lait, les produits manufacturés, les engrais, les machines agricoles, les médicaments, etc.) et par l’effondrement mystérieux des prix des produits d’exportation comme le café, le cacao, etc. En Côte d’Ivoire, par exemple, le paysan a vu la chute continue du prix du café, du cacao, et du palmier à huile.

En quoi la dépréciation diffère-t-elle de la dévaluation ? La dévaluation est une manipulation contrôlée, opérée dans les laboratoires financiers de l’autorité gouvernementale d’une nation qui décide de réduire la valeur de sa monnaie, lui donnant une valeur fixe mais inférieure à la valeur d’autres monnaies, afin de stimuler ses exportations et faire rentrer des devises étrangères, même si cela revient à en payer un prix lourd dans les produits d’importation. La dépréciation, par contre, est une dévalorisation fluctuante de la monnaie d’un état par rapport à d’autres monnaies, une dévalorisation qui est la conséquence de l’économie de marché qui la contrôle. Dans ces deux cas de figure, ce qui est primordial, c’est la notion de contrôle ; or, dans ces deux cas de figure, précisément, les manettes de contrôle sont manipulées par les pays du nord. Aussi longtemps que dureront les tergiversations de la zone euro, Les pays de la zone CFA continueront de connaître une dépréciation de leur monnaie pour accommoder l’euro, et surtout pour sauver la France. Dès que mourra l’euro, une dévaluation immédiate et brutale du CFA se fera pour sauver un franc français lui-même affaibli. En attendant la dévaluation, c’est la dépréciation qui prévaudra.

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