Côte d’Ivoire : Amnesty International Confirme : Etat voyou, Arrestations arbitraires, enlèvements illégaux, rançonnements, tortures, exécutions extrajudiciaires

ABIDJAN, Plus de 200 personnes, dont des partisans de l`ex-président Laurent Gbagbo, ont été « arbitrairement détenues et torturées » en Côte d`Ivoire, a affirmé vendredi Amnesty International, appelant le pouvoir à « aller au-delà des promesses » sur le respect des droits de l`Homme. L`ONG publie ces informations alors que le gouvernement du président Alassane Ouattara est confronté depuis août à une vague d`attaques armées, notamment à Abidjan, qui ont accru les tensions comme jamais depuis la fin de la crise postélectorale (décembre 2010-avril 2011) ayant fait quelque 3.000 morts.

Ces attaques ont été attribuées par le pouvoir à des fidèles de l`ex-président, ce que l`opposition récuse, et suivies d`arrestations de figures du camp Gbagbo. « Plus de 200 personnes, dont des membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l`ancien président Laurent Gbagbo, ont été arbitrairement détenues et torturées et beaucoup croupissent toujours derrière les barreaux », déclare l`ONG dans un communiqué, au retour d`une mission d`un mois dans le pays. « Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous ont raconté comment ils avaient été torturés à l`électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu, deux d`entre eux ont été victimes de sévices sexuels », explique Gaëtan Mootoo, chercheur sur l`Afrique de l`Ouest à Amnesty, cité dans le texte.

« Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats », ajoute-t-il. Jusqu`à 400 personnes seraient ou auraient été récemment détenues de façon arbitraire, des dérives qui ont conduit des chancelleries à adresser officieusement des mises en garde au pouvoir, ont affirmé à l`AFP des sources diplomatiques et sécuritaires.

« Vengeance »

Certains prisonniers placés dans « des lieux de détention non-reconnus comme tels à Abidjan » ont été remis en liberté après le versement de « rançons » à des militaires des Forces républicaines (FRCI), rapporte l`organisation de défense des droits de l`Homme. Amnesty mentionne notamment le cas d`un policier arrêté par les FRCI en août à San Pedro (sud-ouest), « interrogé sur de récentes attaques » et « décédé des suites de torture ». L`ONG souligne également la lenteur des instructions visant des personnalités du régime déchu – notamment l`ex-Première dame Simone Gbagbo -détenues depuis un an et demi dans le nord du pays. « Nous craignons fortement que les arrestations et la répression en cours ne découlent d`une volonté de représailles et de vengeance », souligne M. Mootoo. « Il est grand temps » pour M. Ouattara d`aller au-delà des promesses et de placer le respect des droits humains au sommet des priorités de son gouvernement »,  conclut-il.

La réforme de l`appareil sécuritaire se fait toujours attendre, alors que l`armée est aujourd`hui largement dominée par les ex-rebelles pro-Ouattara, régulièrement accusés d`abus. Amnesty revient aussi sur l`attaque perpétrée en juillet contre le camp de déplacés de Nahibly, voisin de la ville de Duékoué (ouest) et qui abritait des membres de l`ethnie guéré, considérés comme pro-Gbagbo. L`attaque a fait officiellement six morts. Mais six corps ont été retirés mi-octobre d`un puits, qui selon des habitants sont ceux d`autres victimes. Une autopsie a été réalisée, dont les résultats n`ont pas encore été publiés. De nombreux témoins ont rapporté des « détentions arbitraires, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires » après l`attaque menée « par des +dozos+ (chasseurs traditionnels qui sont une milice soutenue par l`Etat) et des membres des FRCI » contre ce camp gardé par l`ONU, souligne l`ONG. Après la découverte des six nouveaux corps, des mandats d`arrêt ont été lancés contre deux FRCI. Des habitants et des sources onusiennes soupçonnent l`existence d`autres fosses communes.

Source : AFP

Publicités

One Response to Côte d’Ivoire : Amnesty International Confirme : Etat voyou, Arrestations arbitraires, enlèvements illégaux, rançonnements, tortures, exécutions extrajudiciaires

  1. Badstuber says:

    AMNESTY reçoit de l’argent volé des pro-gbagbo ! Faut-il alors s’étonner de ces déclarations « éclairées » et éclairantes !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :