Elections municipales: le cirque des dinosauriens, M. Frindéthié

Ces bâtiments qui faisaient la fierté de Port-Bouët dans les années 70/80 ne sont plus que la triste métaphore d’une commune administrée par une équipe intellectuellement anémique (photo de Scott Nelson)

Ces bâtiments qui faisaient la fierté de Port-Bouët dans les années 70/80 ne sont plus que la triste métaphore d’une commune administrée par une équipe intellectuellement anémique (photo de Scott Nelson)

Les Ivoiriens iront bientôt voter à des « élections municipales » opposant les alliés du RHDP. A cet effet, les différentes campagnes électorales offrent déjà leurs spectacles de grossièretés dignes d’un cirque forain. Sans vouloir faire de l’âgisme, force m’est de constater que la plupart des candidats sont d’un autre temps : que font encore les Aka Angui, les Djédjé Mady, les Aka Aouélé, les Adama Toungara et les Fanny Ibrahima et compagnie dans une élection du 21e siècle ? C’est tout comme si des dinosauriens, et les plus incompétents d’entre eux,  avaient ressuscité de l’ère glaciaire.

Au moment où Hortense Aka Angui, la maire actuelle de Port-Bouët, par exemple, prenait en main la destinée de cette commune, c’est-à-dire, en 1980, son opposant actuel, le Dr Emmou Sylvestre, était à peine né. Après s’être fait réélire une pléthore de fois par une machine électorale au fonctionnement problématique, Aka Angui revient pour une ixième victoire assurée. Et je ne crois pas que ses victoires lui viennent des urnes ; à moins que les habitants de la commune de Port-Bouët ne soient de grands masochistes qui adorent s’auto-flageller.

En trente-trois (33) ans « d’administration Angui », qu’a gagné la commune de Port-Bouët ? Quiconque cherche la réponse à cette question n’a qu’à jeter un coup d’œil sur la « Mairie de Port-Bouët », le centre névralgique de Madame, où se prennent toutes les « grandes décisions ». La mairie est un îlot de délabrement posé au milieu d’un océan de mille décompositions.

Au nord des bureaux de Madame la maire, ce sont les puanteurs d’un abattoir débordé d’immondices, de déjections, et d’anarchies de tous genres, que la brise de l’Océan, déjà chargée des effluves nauséeux du marché marécageux, peine à refouler vers les violentes exhalaisons marneuses de la lagune Ebrié. Au sud-ouest, ce qui était autrefois la belle plage de Petit-Bassam, est nue. Plus aucun cocotier. Et le petit lac de Petit-Bassam, naguère si grouillant de baigneurs, où j’avais bu la tasse, où j’avais fait l’école buissonnière, où Maman était venue plus d’une fois me chercher la chicotte à la main, n’est plus qu’une flaque d’eau verdâtre. La cellule de réflexion de Madame la maire n’a jamais su comment préserver ce joyau de la nature ! D’ailleurs, le tunnel qui autrefois alimentait le petit lac en eau de la lagune s’est bouché depuis fort longtemps; et, de l’autre côté de la route, la lagune elle-même, a été transformée en un gros dépotoir, un berceau d’infections, un centre de contaminations. On y déverse tout; on y jette tout. Les centaines de latrines construites le long de la lagune s’y vident directement, et les excréments vont alimenter les poissons qu’on pêche ensuite pour nourrir les familles et approvisionner les maquis locaux. Et le cimetière qui gagne du terrain, qui avance dangereusement vers la lagune; et nos morts qui s’infiltrent dans le sous-sol et qui viennent nous tuer pendant que nous les pleurons. A l’est des bureaux de Madame la maire, c’est la cacophonie des wrowros, c’est le sauve-qui-peut de Gonzagueville, c’est le désespoir de Jean-Foly, c’est la répétition de la misère et de la décadence générales d’une commune qui est pourtant la plus riche du territoire ivoirien avec sa zone industrielle et sa raffinerie de Vridi et son aéroport international. Et au sud, ce sud qui disparait, c’est le village Alladian que la mer grignote, grignote, grignote chaque jour un peu plus sans que la moindre solution ne puisse être envisagée.

Pour aimer la commune de Port-Bouët telle qu’elle est aujourd’hui, il faut ne pas l’avoir connue telle qu’elle était auparavant. La commune continue de dépérir. Mais Madame la maire n’en a cure, car elle, elle mange et dort loin de tout cela. Elle a tellement de mépris pour la commune qu’elle gouverne, qu’elle n’y a jamais élu domicile. Qu’a gagné Port-Bouët en 33 ans d’Aka Angui? Sinon que le reflux, sinon que le dépérissement, sinon que l’anémie ?

Et n’allez pas me dire que les habitants de Port-Bouët sont de grands masos qui ne demandent qu’à être enchaînés à leur propre vomi. Si Madame la maire est réélue tous les 5 ans, c’est moins pour sa compétence que pour la « bonne huile » qui graisse la machine électorale.

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2 Responses to Elections municipales: le cirque des dinosauriens, M. Frindéthié

  1. Salut cher frère,

    Merci beaucoup! C’est une très belle analyse qui doit interpeller Madame Aka Anghui… J’ai également fait toute mon enfance dans cette commune de Port-Bouet et je comprends très bien ce que vous ralater parce que j’ai connu la commune depuis les années 80 avec Madama Aka Anghui à la tête. Ce que vous dites est on ne peut plus juste!
    Je l’ai aussi critiqué sur le site http://www.abidjan.net.
    Mais je sais qu’elle n’a pas honte parce qu’elle porte en elle les gènes d’Houphouet-Boigny. Et ces gènes poussent à s’éterniser au pouvoir! Malheureusement!
    Mais cela ne doit pas être l’affaire des habitants de la commune de Port-Bouet qui a le droit d’exiger du maire un cadre de vie meilleur. Donc, quelque soit l’idée de cette élection municipale, il faudra donner des signaux forts à Madame Aka Anghui pour qu’elle se bouge le derrière! Il faudra lui faire savoir que les temps ont changé! 33 ans de stagnation, de médiocrité, ca suffit!
    Merci encore pour ton article éclairant.

    Merci!

  2. Anonyme says:

    Salut cher frère,

    Merci beaucoup! C’est une très belle analyse qui doit interpeler Madame Aka Anghui… J’ai également fait toute mon enfance dans cette commune de Port-Bouet et je comprends très bien ce que vous ralater parce que j’ai connu la commune depuis les années 80 avec Madame Aka Anghui à la tête. Ce que vous dites est on ne peut plus juste!

    Je l’ai aussi critiqué sur le site http://www.abidjan.net.
    Mais je sais qu’elle n’a pas honte parce qu’elle porte en elle les gènes d’Houphouet-Boigny. Et ces gènes poussent à s’éterniser au pouvoir! Malheureusement!

    Mais cela ne doit pas être l’affaire des habitants de la commune de Port-Bouet qui a le droit d’exiger du maire un cadre de vie meilleur. Donc, quelque soit l’idée de cette élection municipale, il faudra donner des signaux forts à Madame Aka Anghui pour qu’elle se bouge le derrière! Il faudra lui faire savoir que les temps ont changé! 33 ans de stagnation, de médiocrité, ca suffit!
    Merci encore pour ton article éclairant.

    Merci!

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