D’Abobo à Kiev, même stratégie? La Russie demande une enquête sur l’affaire des snipers à Kiev

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A l’instar des événements d’Abobo (Côte d’Ivoire), où des manifestations politiques contre le pouvoir du Président Gbagbo se sont soldées par de mystérieuses victimes dont ni l’ONU, ni la France, ni l’Union européenne, ni la CPI ne désirent vraiment investiguer la mort, à Kiev aussi, selon une conversation téléphonique (fuitée) entre un diplomate estonien et Catherine Ashton (minitre des affaires étrangères de l’Union Européene),  des tireurs d’élite membres de l’opposition hostile à Yanukovych auraient froidement abattu des manifestants pour émouvoir l’opinion internationale. Dans une conférence de presse tenue ce samedi, le ministre des affaires étrangères russe, Sergeï Lavrov, a estimé qu’une enquête sur les morts de Kiev s’avère nécessaire; le monde, dit-il,  doit savoir la vraie vérité. 
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a demandé une de l’OSCE sur les
responsables de la , le mois dernier, de dizaines de personnes à Kiev, tuées dans des attaques de snipers, arguant qu’on ne pouvait continuer à « dissimuler » la vérité.
M. Lavrov a tenu ces propos après la divulgation, cette semaine, d’une conversation téléphonique entre la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, et le chef de la diplomatie estonienne, au de laquelle celui-ci confie que l’opposition ukrainienne au président Viktor Ianoukovitch avait pu être impliquée dans ces attaques.
« Les dernières informations sur cette affaire de prétendus snipers ne peuvent plus être dissimulées », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse avec son homologue tadjik.
« Nous avons proposé que l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) fasse une enquête objective sur cette affaire, et nous ferons en sorte que justice soit faite » a-t-il précisé.
« Il y a eu trop de mensonges, et qui ont été utilisés trop longtemps afin de diriger l’opinion publique européenne dans la mauvaise direction, allant à l’encontre des faits objectifs », a encore ajouté M. Lavrov.
Les pays occidentaux ont imputé à la police anti-émeute de Viktor Ianoukovitch, aujourd’hui destitué, la majorité des violences qui se sont soldées par des dizaines de morts en février à Kiev.
Néanmoins, la Russie a utilisé cette conversation téléphonique piratée, entre le chef de la diplomatie estonienne Urmas Paet et Catherine Ashton, pour étayer son argumentation voulant que le nouveau gouvernement ukrainien soit composé d’extrémistes dangereux.
La demande d’enquête de M. Lavrov indique que la Russie ne laissera pas tomber cette affaire.
Dans cet entretien téléphonique, qui a eu lieu le 26 février, le ministre estonien a déclaré à Mme Ashton que selon ses sources à Kiev, « c’étaient les mêmes tireurs embusqués qui ont tué des gens des deux côtés », aussi bien parmi les manifestants que les policiers.
Des dizaines de manifestants et environ 15 policiers ont été tués dans les violences.
M. Paet, qui avait eu à Kiev des entretiens avec le nouveau gouvernement provisoire le 25 février, a ajouté: « C’est assez troublant que la nouvelle coalition ne veuille désormais plus enquêter sur ce qui s’est vraiment passé », a-t-il ajouté.
AFP
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