On ne change fondamentalement rien si on ne gouverne, Pourquoi et comment le FPI se doit de gouverner en 2015, M. Frindéthié (publié initialement le 23 août 2013)

pascal-affi-n-guessan-laurent-gbagbo2015 sera l’année qui libérera la Côte d’Ivoire ou la plongera dans une irréversible décomposition. Laisser la Côte d’Ivoire à Dramane Ouattara pour 5 années supplémentaires, équivaudrait à se laver les mains et abandonner le pays à une gouvernance qui à mi-chemin condense une insécurité en accroissement exponentiel, une barbarie indomptée, une détérioration  inédite du respect du droit de l’homme, un pillage sauvage des ressources naturelles, un saccage insolent des deniers publics, un enrichissement illicite grossier, un chômage et une cherté de la vie en augmentation absolue, une expropriation autorisée des terres des autochtones par des déferlantes étrangères,  une indiscipline primitive,  le crépuscule du penser et l’éloge de la décrépitude intellectuelle, une dévastation ahurissante des infrastructures sociales, la mort programmée de la démocratie, et l’érection graduelle mais sure  d’une islamisation effrontée de la vie politique.

De la bourbe de son bilan présidentiel  calamiteux, Alassane Dramane Ouattara, annonce, sans vergogne aucune, son intention de briguer un second mandat présidentiel en 2015. Et jusqu’à tout récemment, Dramane Ouattara était persuadé qu’en 2015 il accéderait à la magistrature suprême de la Cote d’Ivoire sans coup férir, comptant sur une opposition pourchassée et décapitée, sur une population harcelée et terrée, sur une « Assemblée nationale » lobotomisée, et sur un PDCI déserteur, à la direction narcissique, déliquescente et abandonnique. Laisser la Côte d’Ivoire entre les mains de Dramane Ouattara, de son RDR et du PDCI de Bédié, c’est l’abandonner à une agonie dont aucun bouche-à-bouche ne la ramènera. C’est pourquoi, le FPI qui aujourd’hui incarne la conscience collective des Ivoiriens amoureux de leur pays doit gouverner en 2015.

Or comment le FPI peut-il se présenter aux échéances de 2015 alors que le Président Gbagbo demeure emmuré dans les geôles de la Haye ? Se préparer pour la bataille électorale de 2015 à ce moment ne reviendrait-il pas à diluer la lutte pour la libération du Président Gbagbo, à légitimer son arrestation, et à disculper l’autocratie barbare de Dramane Ouattara en Côte d’Ivoire ?

Je dis, moi, qu’il faut faire de la politique comme l’on marche et mâche de la gomme en même temps. Et c’est pourquoi, au risque de causer une apoplexie à certains patriotes de la mère patrie, je dis qu’il faut la faire, cette politique, jusqu’au pénultième de la contradiction. Après tout, « la politique du futur », comme nous l’enseignait Nietzsche, n’est-elle pas l’art de la compossibilité ? Celui de dire « oui » à la vie en lui opposant ce perpétuel « non » ? De marier deux contraires possibles mais compatibles sur le terrain de la résolution des revendications sociales ? Le FPI n’a-t-il pas déjà compris et joué à ce jeu de la compossibilité en répondant « oui » la semaine dernière à l’invitation des chancelleries de ces pays-là même qui ont soutenu et installé le despote d’Abidjan ?

Afin de sauver la Côte d’Ivoire de l’anémie sociale et morale qui la ronge sous le régime des génocidaires, le FPI doit gouverner en 2015. Afin d’avoir la chance de gouverner en 2015, le FPI doit se mettre en position d’infléchir à un coefficient très élevé la politique ivoirienne. Le FPI, comme l’a fait le MPCI en 2002, doit, dans l’attente de 2015, et surtout en préparation de 2015, exiger le poste de Premier Ministre dans un gouvernement de « réconciliation nationale ».  Les signes de l’affaiblissement du régime des génocidaires sont évidents. Dramane Ouattara est sous la pression de ses maîtres, qui supportent difficilement ses écarts dictatoriaux et la conséquente réduction de leurs dividendes. Si Dramane n’a jamais été maître du jeu, aujourd’hui, tout porte à croire qu’il l’est encore moins. C’est pourquoi le FPI doit saisir l’occasion de l’affaiblissement d’un « chef d’Etat » qui n’existe que pour faire figure de proue, pour exiger la primature, assainir le gouvernement des cancres qui l’assiègent, introduire ses hommes et se donner les moyens financiers et la visibilité nécessaires pour 2015. Pour 2015 et pour arrêter la chute libre de la Côte d’Ivoire, toute en luttant pour la libération du Président Gbagbo, le FPI doit exiger que les pouvoirs du « chef de l’Etat » soient entièrement versés au Premier Ministre dans un gouvernement de « d’union nationale », un Premier Ministre qui soit du FPI. 2015 est au coin de la prochaine rue ; le temps est essentiel, et la Côte d’Ivoire continue de saigner ; et le FPI doit gouverner pour arrêter l’hémorragie.

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One Response to On ne change fondamentalement rien si on ne gouverne, Pourquoi et comment le FPI se doit de gouverner en 2015, M. Frindéthié (publié initialement le 23 août 2013)

  1. okheno says:

    Analyse très édiffiante le FPI doit maitenant après avoir résisté à la stratégie de décapitatoon doit se donner les moyens d’être présent dans les instances de décision pour exister et contraindre le RDR à la démocratie.

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