Côte d’Ivoire : Enlèvements d’enfants, défense de se lamenter ! M. Frindéthié

anne-oulotoPar la voix d’Anne Oulotto, Dramane Ouattara interdit aux mères et pères ivoiriens d’exprimer leur courroux contre les multiples enlèvements et mutilations d’enfants. « Silence ! Personne ne pleure son désarroi sans l’autorisation des Imams du gouvernement des Rattrapés ! ».

En interdisant la marche prévue par les Ivoiriens indignés des actes ignominieux de la Côte d’Ivoire version Dramane sous prétexte que cette marche n’a pas reçu l’onction des religieux, c’est en substance ce que vient de leur dire Anne Oulotto, notre peintre en bâtiment, notre distributrice d’enveloppes à Ivosep, la pileuse de foutou attitrée de Dame Dominique. En d’autres termes, en Rattrapocratie, tout baigne, et l’on ne pleure son infortune que sur autorisation de Dramane lui-même, grand imam de la République des rattrapés. Les Ivoiriens savent depuis 2011 à quoi revient l’euphémisme « religieux ».

Dans cette Côte d’Ivoire du tonitruant Children of Africa, où les griots et les danseurs de goumbé ne cessent de nous rabattre les oreilles des efforts qu’ils entreprennent pour, disent-ils « sortir les enfants de la misère, de l’illettrisme, de la maladie, des champs de café et de cacao », dans cette Côte d’Ivoire des « 1000 cadeaux de Noël », dans cette Côte d’Ivoire des grands discoureurs, des faroteurs et des brouteurs, dans cette Côte d’Ivoire des politiciens qui dès l’annonce d’un drame en France courent à l’ambassade de France pleurer à chaudes larmes au-dessus du cahier des doléances, qui dès l’annonce d’un décès en Arabie Saoudite y volent consoler les princes, dans cette Côte d’Ivoire qui aime l’autre plus qu’elle ne s’aime elle-même, les rapports sur les nombreux enlèvements d’enfants ont eu bien de mal à se frayer un passage dans le tintamarre du culte de la personnalité pour enfin confirmer que depuis des mois un incapable ministère de la sécurité, plus occupé à traquer des opposants politiques que d’assurer la sécurité des Ivoiriens, regarde dans un silence complice opérer des commerçants d’organes humains.

Et tant que Dramane n’aura pas sifflé le début des lamentations, interdiction formelle de pleurer.

Chère Oulotto, quand vous aurez fini de cuisiner le dernier pain de foutou de dame Dominique, allez donc dire à l’historienne Henriette Diabaté qu’elle l’a écrit faux, et que le 24 décembre 1949 les femmes n’ont pas marché sur Grand-Bassam pour exiger la libération de leurs époux ; car elles n’ont jamais reçu des missions coloniales l’autorisation de manifester leur ras-le-bol.

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