Côte d’Ivoire – De l’inopportunité de la présidentielle 2015, la transition politique la seule solution crédible

Ado_gbagbo_19

Etats-Unis le 20 avril 2015

Mesdames/messieurs
Responsables des partis politiques,
Responsables des syndicats,
Responsables et leaders des organisations de la société civile,
Citoyennes et citoyens ivoiriens,

Le Comité d’Actions pour la Côte d’Ivoire (C.A.C.I-USA) saisit l’occasion de la commémoration du 11 avril 2011 pour rendre hommages aux victimes et aux familles des victimes de la rébellion et de la guerre qui a suivi l’élection présidentielle de 2010. Le 11 avril 2011 marque la chute des valeurs de l’état de droit et des acquis du multipartisme qui ont fait la fierté des Ivoiriens sous le régime du Président Laurent Gbagbo.

La disparition de ces valeurs et acquis est imputable uniquement à la rébellion qui aidé M. Alassane Dramane Ouattara à prendre le pouvoir et aux forces françaises et onusiennes qui les ont soutenus, bombardé Abidjan, tué de nombreux jeunes et enlevé M. Laurent Gbagbo, que le Conseil Constitutionnel a déclaré vainqueur de l’élection présidentielle de 2010 et investi comme président.

Depuis le 11 avril 2011, la Côte d’Ivoire est sous le diktat d’un régime illégitime, perfide, violent, répressif, chauviniste ; un régime qui endette et appauvrit les Ivoiriens, viole les principes de l’état de droit et des libertés individuelles, obstrue le dialogue, approfondit la fracture sociologique, et prépare inexorablement la Côte d’Ivoire à de nouveaux affrontements.

Face à un tel régime, la seule alternative qui mérite considération, afin d’assurer la renaissance politique de la Côte d’Ivoire, est une transition politique. Dès lors, l’élection présidentielle de 2015 qui fait l’objet de débats depuis le dernier trimestre de l’année 2014, les candidatures annoncées, l’indépendance des organes chargés du scrutin, et l’éligibilité de M. Alassane Dramane Ouattara sont des questions secondaires.

Le C.A.C.I-USA reconnait que la Constitution ivoirienne exige que des élections libres, transparentes et ouvertes à tous se tiennent tous les cinq ans pour permettre aux citoyens ivoiriens d’élire souverainement leurs représentants, consolider la république et la démocratie, et maintenir la cohésion nationale. Cependant, il est bon de constater premièrement que la Côte d’Ivoire ne remplit pas les conditions minimales constitutionnelles pour organiser une élection présidentielle en 2015 et deuxièmement qu’une élection va provoquer de nouvelles violences et anéantir l’idéal démocratique auquel le peuple de Côte d’Ivoire aspire.

L’élection présidentielle de 2015 est inopportune parce que :
Le contentieux électoral de 2010 et les raisonsde l’intervention militaire meurtrière de la France et des Nations Unies contre le Président Laurent Gbagbo restent inexpliqués,
la question :« qui a gagné l’élection de 2010 ? » reste sans réponse,
une élection légitimerait le régime d’Alassane Ouattara, condamnerait le Président Laurent Gbagbo, et approuverait la prise du pouvoir par les armes,
la Constitution et le Code électoral rendent M. Alassane Dramane Ouattara inéligible
le nouveau code électoral est frauduleux,
la Commission Électorale et le Conseil Constitutionnel ne sont pas indépendants,
la liste des électeurs n’est pas représentative de l’électorat ivoirien,
la réconciliation nationale a échoué et les tensions politiques demeurent vives,
la dictature de M. Alassane Dramane Ouattara réprime les partis, les leaders d’opinion et sur les citoyens qui osent défier son imposture,
le désarmement des combattants des forces rebelles n’est pas effectif.

Pourtant, les Ivoiriens ont le droit de s’exprimer librement et renaitre politiquement. C’est un droit que garantissent la Constitution ivoirienne et la Charte Universelle des Droits de l’Homme et qui exige le boycott de l’élection présidentielle de 2015 et la contestation civile pour demander ouvertement le départ du dictateur Alassane Dramane Ouattara et installer une « transition, » qui s’inspire des leçons du désastre électoral de 2010. Le C.A.C.I-USA exhorte les forces de l’opposition ivoirienne à orienter leurs discours et actions politiques sur cette exigence.

Si hier, des partis politiques et des organisations de la société civile ont mis fin à la dictature de Blaise Compaoré au Burkina Faso et ont reçu les accolades des démocrates du monde, il n’y a aucune raison de croire que ces démocrates condamnent la mobilisation par la rue des Ivoiriens. La contestation civile est un devoir qui nous incombe. Nous n’avons pas le droit de nous en dérober. Le retour au multipartisme, le boycott actif de 1995, la fuite du Général Guéi Robert en 2000, l’échec de la rébellion, la mise en déroute de l’armée française en 2004, la mobilisation exceptionnelle pour exiger la libération du Président Laurent Gbagbo et l’intransigeance contre le régime d’Alassane Ouattara illustrent que les Ivoiriens ont les moyens de mettre fin à l’imposture.

Cette fin a sonné. Le C.A.C.I-USA est prêt à mener des actions diplomatiques et médiatiques pour appuyer la contestation civile et démocratique contre M. Alassane Dramane Ouattara.

La transition politique permettra : (1) la restauration de la Constitution ivoirienne, (2) la restauration des Forces de Défense et de Sécurité, (3) la dissolution et le désarmement des forces et groupes militaires issus de la rébellion et de la crise post-électorales de 2010, (4) la libération totale de l’arène politique pour permettre aux acteurs et partis politiques d’exercer leurs droits et devoirs constitutionnels.

La transition politique aura pour priorité la réconciliation en mettant sur pied un nouvel organe dont l’agenda comprendra : la libération du Président Laurent Gbagbo et des prisonniers politiques, le retour des exilés et des refugiés et leur réinsertion dans le tissu social et professionnel, la restitution des biens mobiles et immobiles et le dégel des avoirs des acteurs de la crise post-électorale de 2010, l’audit du cycle électoral de 2010 et l’ouverture d’un dialogue républicain pour établir la vérité, situer les responsabilités, et rétablir la cohésion sociale. La transition conduira àune réconciliation nationale effective pour garantir des élections libres, transparentes et démocratiques.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Pour le C.A.C.I–USA,
Le Secrétariat Exécutif,

Eric Edi, PhD

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