Essy Amara, tel quel, M. Frindéthié

AmaraAu cours d’une conférence de presse qu’il a animée à Abidjan vendredi dernier, monsieur Essy Amara, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle ivoirienne, s’est prêté volontiers aux questions de plusieurs journalistes nationaux et internationaux présents à l’occasion. Interpellant dramane wattra sur son refus de discuter directement avec l’opposition ivoirienne, Essy Amara a exhorté les griots qui continuent de flatter l’orgueil surdimensionné de dramane et lui font croire qu’il est au-dessus des candidats de l’opposition à s’inspirer de l’histoire récente qui a enregistré la chute d’autres dictateurs qui, enivrés par le pouvoir, se croyaient invulnérables : « J’ai un recul avec le pouvoir. Dans ma carrière j’ai vu et j’ai eu à travailler avec des présidents puissants comme Kadhafi (Libye), Hosni Moubarak (Egypte), Ben Ali (Tunisie). Mais quand j’ai vu Ben Ali en exil, Kadhafi pleurer et demander pardon, Moubarak en prison, je me dis que le pouvoir est une illusion. (…) Quand on veut la paix, il faut laisser tomber l’orgueil et les honneurs ; c’est ce qui est important ».

Aux batteurs de darbouka du RDR, qui estiment qu’après dramane personne d’autre n’a travaillé dans aucune institution internationale pour avoir des connexions démonstratives avec des acteurs influents dans la sphère de la politique internationale, Essy Amara a répondu qu’il est assez connu et respecté dans les grands milieux pour avoir son portrait affiché dans les halls où se prennent les grandes décisions : « J’ai ma photo à Addis Abbeba, au siège de l’Union africaine ; j’ai ma photo à New York au siège de l’Onu ; j’ai ma photo à San Francisco, là où a été signée la charte des Nations Unies puisque j’étais le président des festivités du 50e anniversaire ; j’ai ma photo à Bandoeng, en Indonésie, au siège des Non-alignés ».

Et Essy Amara de relever une nuance ; que de tout cela, c’est moins la photo qui est importante que ce qui est mentionné au bas de la photo : Dans toutes les grandes institutions internationales qu’il a marquées de son sceau, et où trône son image, ce qui est mentionné au bas de ses photos, insiste ce bon fils du Zanzan, c’est « Essy Amara, from the Ivory Coast » (Essy Amara, de la Côte d’Ivoire).

Pour comprendre cette boutade d’Essy Amara, il faut savoir, comme nous, marcher et penser gangasrotogati, c’est-à-dire, avec la fluidité du Gange. En d’autres termes, la question que nous pose Essy est la suivante : pourrait-on en dire de même de dramane, ce fils de Sindou, qui n’eut sa première carte d’identité ivoirienne que dans les années 90 dans les conditions conjecturales que nous connaissons ? Qui n’eut son premier certificat de nationalité ivoirienne qu’en septembre 1999, grâce à la fripouillerie d’un juge corrompu ? Et qui, de sa bourse américaine et son diplôme de l’Université de Pennsylvanie à ses fonctions d’économiste à la BCEAO et au FMI marqua son passage par la mention « alassane dramane ouattara, from Upper Volta » (alassane dramane ouattara, de la Haute Volta) ?

Aussi, Essy Amara rappelle-t-il les conditions qui ont fait de ce renieur de patrie un candidat exceptionnel aux élections de 2010, et insiste-t-il que, l’exception de 2010 ne faisant pas jurisprudence, il est primordial que soit respectée la Constitution de la Côte d’Ivoire dans toute son entièreté, y compris son article 35 qui, dès qu’il est cité, semble donner l’apoplexie aux rattrapés qui aimeraient voir le concepteur de la politique de « rattrapage ethnique » se maintenir au pouvoir par la fraude : « ’Il n’existe pas d’autre voie que le respect de la constitution et l’affirmation de son primat sur les lois et règlements. (…) tant qu’une loi n’est pas amendée ou abrogée, elle doit s’appliquer à tous et pour tous. Les dispositions de l’article 35 de notre constitution restent valables ».

D’ailleurs, à l’endroit de ces incultes, partisans du moindre effort, qui fourmillent dans l’administration ivoirienne en surfant sur le seul concept aberrant de préférence ethnique, Essy Amara dit ceci : «le rattrapage ethnique est une aberration. Le ministère ne doit pas être le nid d’une ethnie ».

Nous qui marchons et pensons avec la fluidité du Gange continuerons de vous le dire : il n’y aura pas d’élection présidentielle en octobre 2015. Et les élections présidentielles ivoiriennes, lorsqu’elles auront lieu, se feront sans l’apatride. Allons-y seulement !

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