Burkina Faso : cette tentative d’« évasion » qui n’en a pas l’air !

soro

L’inculpation de Diendéré et de Bassolé par les autorités burkinabè augure des jours sombres pour dramane wattra et soro kigbafori Guillauame. Au-delà des crimes qu’ils ont commis dans leur propre pays, Bassolé et Diendéré sont aussi profondément impliqués dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire par la rébellion de dramane, qui s’est soldée par des centaines de milliers d’assassinats extrajudiciaires, de réfugiés et d’expropriations. C’est l’armée du Burkina, sous la houlette d’officiers fidèles à Blaise Compaoré, qui a prêté mains forte à la rébellion ivoirienne dans son objectif de faire chuter vaille que vaille le gouvernement du président Gbagbo. D’ailleurs, c’est toujours cette armée burkinabè qui assure en premier la garde de dramane wattra.

Diendéré et Bassolé en savent beaucoup, un peu trop même, sur les rôles directs qu’ont joués soro et wattra dans la déchirure de la Côte d’Ivoire. Si jusqu’à très récemment, et malgré les confidences interceptées de soro, il semblait encore très peu probable que Diendéré et Bassolé passent à table et dévoilent au monde le rôle explicite des patrons de la rébellion ivoirienne dans les assassinats politiques et les cambriolages de banques, le mandat d’arrêt lancé contre Compaoré et l’insistance des autorité burkinabè à entendre soro dans l’affaire du putsch manqué ne laissent plus aucun doute quant à la volonté des burkinabè de faire chanter les généraux Diendéré et Bassolé.

Or, il suffirait que nos deux putschistes malheureux passent à table pour que soro et dramane voient s’ouvrir pour eux la voie de la CPI. Si jusque-là l’équipe de Fatou Bensouda a su faire la passe à soro et à dramane, prétextant le manque de moyens et surtout de preuves pour inculper les tenants de la dictature d’Abidjan, Bensouda ferait difficilement la sourde oreille si Diendéré et Bassolé venaient confirmer l’authenticité des écoutes interceptées. Dans quel cas, Soro serait, non pas seulement un co-auteur indirect – comme le serait le Président Gbagbo – mais plutôt un auteur direct de crimes contre l’humanité, qui avoue lui-même son implication directe dans les assassinats de Tagro et d’IB. Or, soro à la CPI ne serait que la sentinelle avancée de Dramane à la CPI.

Dans de telles circonstances, où une « évasion » des prisonniers Diendéré et Bassolé pourrait se conclure par la bévue d’un garde un peu trop zélé tirant plusieurs balles dans le dos des « fugitifs », il est de bon ton de se demander à qui profiterait vraiment cette « erreur » ; à soro et dramane, qui ont tout intérêt à ce que soient enterrées avec diendéré et bassolé les preuves de leur culpabilité et qui ont toujours des fidèles dans l’armée burkinabè ? A Roch Kaboré, qui préférerait se débarrasser de ces patates chaudes que lui a léguées la transition burkinabè, afin d’ouvrir une nouvelle page avec dramane, le bon ami de papa ? à la « communauté internationale » qui a tout intérêt à ce que certaines révélations soient tues? Que de questions sur cette tentative d’« évasion » qui n’en est pas une du tout !

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