Le « Syndrome de Mamadou » joue son va-tout en Côte d’Ivoire, M. Frindéthié (publié le 16 décembre 2010)

dramane

Que dire des intellectuels africains, membres des organisations internationales qui cherchent à systématiser l’assujettissement de l’Afrique ? Ils sont tout simplement affectés du « syndrome de Mamadou ». Qu’est donc ce syndrome ?

Le cinéaste Robert Nugent a fait un documentaire, The End of the Rainbow, sur les opérations industrielles d’une multinationale minière en Guinée et leurs conséquences économiques et sociales sur le peuple de Guinée ainsi que sur la physiographie du pays. Ce film montre la fin de la Guinée idyllique de la Guinée de l’abondance, des forgerons et des griots aux connaissances mythiques que, jeunes, nous apprenions à connaitre dans l’autobiographie de Camara Laye. Dans le documentaire de Nugent, une population de cultivateurs et de mineurs traditionnels est délogée de sa terre ancestrale pour faire place à une multinationale minière qui a payé de gros dividendes à la classe dirigeante. Ainsi, alors que s’installe la compagnie, la population locale est refoulée vers des champs arides ; la végétation est détruite, la faune disparait, et la terre et la petite rivière où s’approvisionne la population en au potable sont contaminées par le mercure qu’utilise la compagnie d’exploitation. Bien que quelques jeunes itinérants se réjouissent d’avoir trouvé un emploi stable à la compagnie, pour la plupart, l’arrivée de la compagnie minière sonne le tocsin du village ; et la multinationale devient bientôt une force antagoniste contre laquelle va lutter une population locale désillusionnée qui, dès la tombée de la nuit, descendra dans les carrières de la multinationale prospecter de l’or en dépit des injonctions contraires de la classe dirigeante. Ce que révèle pour moi ce documentaire, et qui pourrait être tout à fait tangentiel aux objectifs du cinéaste, c’est cette sorte de nouvelle mondialisation à laquelle participe l’intermédiaire local, et qui maintient l’Afrique dans un état de pauvreté abjecte. Cette mondialisation qui chez l’Africain sème cette graine de dépendance, cette affliction, que j’appellerai ici le « Syndrome de Mamadou ».

Dans le documentaire de Nugent, de tous les Africains qui travaillent pour la multinationale, seul Mamadou porte le casque rouge réservé ordinairement aux Blancs. Mamadou est un jeune Guinéen au français approximatif, choisi et entraîné par la compagnie pour représenter ses intérêts auprès des villageois hostiles aux opérations destructrices de la multinationale. En signe de distinction, et pour insister sur le rang qui lui est désormais conféré, Mamadou portera, comme les Blancs de la compagnie, un casque rouge ; signe qu’il n’est plus tout à fait comme ses frères Noirs ; signe qu’il a pris de l’altitude par rapport à eux, et que de ce fait, son attitude par rapport à eux doit aussi changer. Cependant, il est ordonné à Mamadou, qu’afin de se fondre dans la foule de ses frères noirs, qu’afin de n’éveiller aucune suspicion, il ne devrait jamais porter son casque rouge en présence des villageois. Pour Mamadou, qui aurait bien aimer exhiber son casque rouge, cela est un petit désappointement. Mais qu’importe le désappointement quand la récompense pécuniaire est considérable ? Qu’importe le désappointement quand ses frères blancs lui assurent qu’il est l’un des leurs ? Aussi, Mamadou parcourt-il les villages interprétant gracieusement à ses pairs les prétendus bénéfices des opérations de la compagnie, lorsqu’il n’est pas occupé à chasser les quelques Guinéens audacieux qui osent encore enfreindre les lois de la compagnie et prospecter dans ses carrières. Et lorsque Mamadou tombe sur un de ces outlaws, ô avec quel zèle ne les insulte-t-il, ne les malmène-t-il avant de les remettre à la compagnie, qui à son tour les réglemente pour les ensuite remettre à la police locale, qui les brutalise avant de les enfermer dans des conteneurs surchauffés par le soleil guinéen !

Mamadou est le symbole du déserteur africain prêt à retarder la croissance africaine pour un peu de jouissance blanche. Le « syndrome de Mamadou », c’est la mentalité d’esclave qui sévit dans une trop grande partie de notre élite africaine pour qui, tant pis si l’Afrique brûle, car ce qui compte le plus, ce sont les chaussures cirées, les trois-pièces chatoyants, et la promesse d’une jouissance isabellienne. Cette élite-là, malgré ses extérieurs scintillants, en dedans, n’est rien d’autre qu’une classe d’esclaves des temps modernes. Pour elle, la mesure de l’émancipation est l’approbation de l’Occident à tout prix. Pour elle, ce qui importe est de participer au jeu, même si l’enjeu de ce jeu revient à l’annihilation du peuple noir. Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, une élite atteinte du « Syndrome de Mamadou », avec à sa tête le Nègre de service ; Alassane Dramane Ouattara, joue son va-tout.

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