Il est temps de maitriser Bédié, le père sévère, qui persévère dans l’erreur ! M. Frindéthié

bedie

L’allégorie la plus illustrative qu’inspire Bédié, timonier inamovible du PDCI en ces moments tempétueux de l’histoire de la Côte d’Ivoire, est celle d’un « Wali », un père sévère et transcendant qui, au gouvernail d’un bateau ivre livré aux caprices des vents naufrageurs, se refuse à entendre tout conseil, interdit même à ses matelots l’énonciation de la moindre recommandation susceptible de sauver l’équipage, alors qu’avance vers les cruels écueils l’esquif désorienté.

Bédié, ce « capitaine » qui a perdu le cap, mais qui, mû par un nombrilisme et une vanité exceptionnels, s’obstine, contre tout bon sens, à mener le bateau PDCI à sa perte, a des antécédents dans l’histoire. Comme lui, des capitaines des temps moyenâgeux, habités d’une logique antédiluvienne, faisant fi des avertissements de leurs « conseillers », s’étaient, dans un entêtement suicidaire, obstinés à jeter leurs navires sur les pointes acérées des récifs. Mais l’histoire nous enseigne aussi que n’eurent pas raison de la raison collective tous ces opiniâtres timoniers, et que souventes fois, leurs ardeurs destructrices furent arrêtées par des membres d’équipage révoltés, qui, prenant en main leur destin, les maîtrisèrent, les ligotèrent, les abandonnèrent sur un canot au milieu du grand bleu tumultueux, afin qu’ils réalisassent seuls leurs appétences autodestructrices.

Bédié, pareil à ces capitaines de l’antiquité, est dans une logique de sabordement dans laquelle nous l’aurions laissé volontiers accomplir son destin si ses coquetteries avec Ouattara alors qu’il est au gouvernail du PDCI ne risquaient pas de faire sombrer toute la Côte d’Ivoire, n’avaient pas déjà tant déchiré la Côte d’Ivoire ; car, après tout, de même que c’est son droit à Bédié d’aimer la vie, c’est aussi son droit de désirer sa propre mort. Or Bédié n’est pas seul sur cet océan rendu hasardeux depuis l’arrivée du dictateur Ouattara. Il y est avec les occupants du bateau PDCI, mais aussi avec tous les autres navires ivoiriens qui, se cherchant un passage assuré entre les innombrables périls antidémocratiques plantés çà et là par l’autocrate Ouattara, voyagent dans ces eaux incertaines. Le « driving while texting to Ouattara » est donc un danger pour tous.

Mais nous, observateurs externes de la vie ou de la mort du PDCI, pouvons-nous intervenir ? Devons-nous intervenir ? Oui et oui ! Car il serait criminel de notre part, d’abord, de ne point porter assistance à ce bateau en péril qu’est le PDCI, et ensuite, de le laisser causer notre mort à nous aussi. La conduite aventureuse et narcissique de Bédié, son flirt dangereux avec le plus grand dictateur depuis Idi Amin Dada, menace la survie de la mère patrie.

Bédié doit être maitrisé. Il est, au même titre que Ouattara, le bourreau des Ivoiriens. S’il est permis à Bédié d’offrir à Ouattara une troisième extension de sa dictature, ce qu’il restera aux Ivoiriens demain, ce sera rien ! Ce sera le couronnement de l’abus des droits humains et la consécration de l’expropriation.

C’est pourquoi ce débat sur le parti unifié nous interpelle tous. C’est pourquoi nous encourageons les militants du PDCI, aussi bien pour le salut de leur parti que pour la survie de la Côte d’Ivoire, à faire usage de la sagesse qui dicte aux enfants de retirer la clé de la voiture à un père sénile et déliquescent ou qui commande aux amis de ne point laisser conduire un ami sous influence, pour tenir Bédié, ce père sévère qui persévère dans l’erreur, loin du gouvernail du PDCI. Ce qu’il faut au PDCI à un moment où Bédié n’entend plus aucune autre voix que celle du dictateur Ouattara, c’est une mutinerie du genre qu’opéraient les marins contre les capitaines capricieux. Il est temps qu’au PDCI, les militants qui désirent vivre et voir vivre leur parti ainsi que la Côte d’Ivoire toute entière aient le courage de destituer Bédié et de l’isoler dans son petit royaume de Daoukro, afin que se fasse la politique autrement qu’en suivant les borborygmes inassouvis d’un « leader fondamental » aux ordres d’un dictateur impénitent.

Publicités

L’église catholique de Côte d’Ivoire a-t-elle perdu sa voie/voix ? M. Frindéthié

lezoutie 

En 1883, lorsque Léopold II, roi des Belges envoya ses premiers prêtres catholiques en Afrique endormir la méfiance des Congolais avant que n’arrivent ses armées et ses intérimaires achever le travail d’assujettissement et d’exploitation des Africains, voici ce qu’il leur enjoignit :

Révérends Pères et mes Chers Compatriotes,

La tâche qui vous est confiée est très délicate à remplir et demande du tact. Prêtres, vous allez certes pour l’évangélisation, mais cette évangélisation doit s’inspirer avant tout des intérêts de la Belgique. Le but principal de votre mission au Congo n’est donc point d’apprendre aux Nègres à connaître Dieu, car ils le connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent à UN MUNDI, UN MUNGU, UN DIAKOMBA et que sais-je encore ; ils savent que tuer, voler, coucher avec la femme d’autrui, calomnier et injurier est mauvais. Ayons donc le courage de l’avouer. Vous n’irez donc pas leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle essentiel est de faciliter leur tâche aux Administratifs et aux Industriels. C’est dire donc que vous interpréterez l’Évangile d’une façon qui serve à mieux protéger nos intérêts dans cette partie du monde. Pour ce faire, vous veillerez entre autre à désintéresser nos sauvages des richesses dont regorgent leurs sols et sous-sols, pour éviter qu’ils s’y intéressent, qu’ils ne nous fassent pas une concurrence meurtrière et rêvent un jour de nous déloger. Votre connaissance de l’Évangile vous permettra de trouver facilement des textes recommandant aux fidèles d’aimer la pauvreté, tel par exemple : « HEUREUX LES PAUVRES CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX. IL EST DIFFICILE AU RICHE D’ENTRER AU CIEL » (…) Votre action doit se porter essentiellement sur les jeunes afin qu’ils ne se révoltent pas (…) Insistez particulièrement sur la soumission et l’obéissance. Évitez de développer l’esprit critique dans vos écoles. Apprenez aux élèves à croire et non à raisonner. Ce sont-là, Chers Compatriotes, quelques-uns des principes que vous appliquerez. Vous en trouverez beaucoup d’autres dans les livres qui vous seront remis à la fin de cette séance. Évangélisez les Nègres à la mode des Africains, qu’ils restent toujours soumis aux « colonialistes blancs ». Qu’ils ne se révoltent jamais contre les injustices que ceux-ci leur feront subir. Faites leurs méditer chaque jour : « HEUREUX CEUX QUI PLEURENT CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX ».

Que Léopold II ait vraiment prononcé ces mots ou pas importe peu. Ce qui importe ici, c’est la collusion observée entre l’église et le pouvoir politique dans l’exploitation de l’Afrique ; plus tragique encore, ce qui importe ici, c’est le fait qu’en Côte d’Ivoire l’église catholique semble s’être donné pour rôle d’influencer ses paroissiens dans le sens de l’indolence, d’abêtir ses ouailles pour la perpétuation de l’autocratie d’Alassane Dramane Ouattara. L’appel à l’action de la théologie de la libération, qui, des décennies plus tôt, dans les dictatures latino-américaines (Colombie, Brésil, Pérou, Nicaragua, Chili, Guatemala, etc.), défia les despotes pour, au nom du Christ, redresser les maux sociaux, alors qu’il retrouve un regain de détermination au Congo ou au Togo pour les nouveaux défis de l’Afrique, vient au contraire s’asphyxier sur les rives de la lagune ébrié, où se développe la plus grande dictature africaine depuis l’ère d’Amin Dada. Ici, à part le courage d’une poignée d’hommes en chasubles, dont Mgr Marcellin Kouadio et Mgr Jean-Pierre Kutwa, qui osèrent dénoncer la dictature de Ouattara, la plupart des prêtres catholiques se sont murés dans un silence coupable. Ici, il m’en souvient la verbosité labyrinthique de Mgr Lézoutié, qui, le 10 janvier 2011, après avoir mélangé analogies footballistiques à allégories théologiques et presque comparé Alassane Dramane Ouattara à Jésus, demandait à Gbagbo de démissionner pour alléger la souffrance des Ivoiriens. Notre Lezoutié qui, curieusement, à part quelques bafouillages, est resté brutalement silencieux aujourd’hui ! Ici, il m’en souvient les pyrotechnies de Mgr Ahouana dans la CONARIV, cette « connerie » qui n’a servi à rien d’autre qu’à donner bonne conscience au despote Ouattara, et qui, sa mission accomplie, fut fermée sans ménagement par Koné Mariatou. Notre Ahouana qui est demeuré brutalement silencieux aujourd’hui ! Tout porterait à croire que l’église catholique ivoirienne a perdu sa voie/voix, se faisant de plus en plus la voix du dictateur Ouattara. L’église catholique ivoirienne, plutôt que d’enseigner inlassablement aux Ivoiriens à tourner l’autre joue aux abus de Ouattara, gagnerait à s’inspirer de l’église catholique congolaise, une église à l’écoute des préoccupations du peuple, catéchisant une théologie de la délivrance.

Concertation sur le parti unifié : A Quel jeu de dames Ouattara a-t-il invité Bédié ? M. Frindéthié

Le damier

Le cinéaste congolais Balufu Bakupa Kanyinda a produit un film très réaliste, Le damier: Papa National oye, dans lequel Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga est représenté comme un despote qui aime à inviter ses critiques à un jeu de dames dont le résultat est connu d’avance : la victoire de Mobutu ou la potence. A la vue de Ouattara et Bédié attablés devant des « dossiers », engagés dans ce que l’on voudrait faire passer pour d’âpres et civiles discussions sur le processus du parti unifié, je ne pus m’empêcher un petit sourire et une évocation des bouffonneries de l’ex-dictateur de Kinshasa.

A quel jeu de dames Ouattara a-t-il invité Bédié ? Surtout lorsqu’à la révélation du communiqué final de cette « récréation » privée, qui se veut nécessairement publique, Ouattara et Bédié ne se sont « convaincus » que d’une tautologie : s’accorder en principe sur un accord de principe précédemment affirmé ?

Pour l’observateur lucide de la politique ivoirienne, Il y a quelque chose de fondamentalement dérangeant, d’absolument licencieux, de vraiment mobutuesque dans les rapports qu’entretient Ouattara avec son « aîné » Bédié, lorsqu’à la moindre incartade du PDCI ou au moindre écart d’une voix dissidente au PDCI, Bédié est sommé par Ouattara à une « partie de dames » au palais, et en revient tout discipliné, tout dompté, tout calme, comme sous l’effet de forte sédation. Quel est donc ce jeu de dames qu’impose Ouattara à Bédié, et dont le résultat est toujours déjà connu, et pour lequel Bédié ignore les stratégies et les recommandations que lui prodiguent ses jeunes conseillers au PDCI, pour lequel Bédié ignore tout, jusqu’à la survie du PDCI, acceptant de fondre ce vieux parti dans une structure, dans un surnom, le RHDP, qui pour les Ivoiriens, dans leur majorité, dénote désormais de l’autocratie, du clanisme, de l’injustice, de l’incompétence, de la corruption, de la mort ?

Assurément, le « damier » de Ouattara, comme celui de Mobutu, est régi par la violence. Le jeu de dame de Ouattara est dictatorial, codifié sur des règles rigides et imposées par Ouattara à Bédié, des règles censées contrôler toute idiosyncrasie qui viendrait à contredire le discours autocratique de Ouattara. Malheureusement pour Ouattara, un jeu de dames est une émulation d’invectives entre les joueurs, de railleries, de vérités dites sous le couvert de la distraction. Ouattara a beau museler Bédié dans son jeu imposé avec ses règles unilatérales, malheureusement pour lui, aucune volonté autocratique de contrôler le flux du discours ou de restreindre le mouvement des citoyens ne peut résister à la variabilité de directions dans le jeu de dames.

D’ailleurs, dans le film de Kanyinda, un acteur, un poète, un champion du peuple osa battre Mobutu à son propre jeu de dames, avec tout ce que suppose cette partie de railleries, d’invectives, de dévoilement des excès du dictateur. Et pendant que le trainaient les gardes de Mobutu vers la potence, il fit cette révélation prophétique : « Tu ne perds rien pour attendre ! Le changement viendra ! Tu ne perds rien pour attendre ! Le changement viendra coûte que coûte ! » Question : Mobutu fait-il toujours la pluie et le beau temps au Congo ?

L’avertissement de Méité Sindou à Ouattara : Soro pourrait réparer ce qu’il a gâté, M. Frindéthié

sindou

La rébellion de 2002 – revendiquée par Guillaume Soro, mais en réalité commanditée, par Ouattara – a conduit, après moult transactions et tergiversations, à son but ultime en avril 2011, la déposition du président Laurent Gbagbo. Depuis la prise du pouvoir du RHDP, un constat crève les yeux : Le RHDP n’avait pas de programme de société. La seule cohérence organisatrice du RHDP était la haine viscérale de ses différentes composantes envers le président Gbagbo. Une fois Gbagbo déporté à la Haye, une fois l’ennemi commun mis « hors d’état de nuire », le RHDP se révéla être une « famille » dysfonctionnelle en dedans et, en dehors, une épouvantable machine d’oppression pour les Ivoiriens.

En dedans, une lutte fratricide a vu les partisans de Soro ainsi que les partis mineurs expulsés à la périphérie du pouvoir, alors que le PDCI, humilié, s’est retrouvé à grappiller de petits morceaux insolemment jetés par le RDR. En dehors, toutes les libertés civiles des Ivoiriens, jusqu’à leur simple droit de marcher et de protester, qui sont les voies les plus pacifiques qu’ont les sociétés civilisées d’évacuer leurs frustrations, leur ont été enlevées.

Pour Soro, la frustration est d’autant plus grande qu’en plus de subir l’ingratitude de Ouattara, c’est lui qui, pour avoir accepté d’être le visage de la rébellion par laquelle tout le déchirement de la Côte d’Ivoire a commencé, est le premier des victimaires montrés du doigt. Pour de nombreux Ivoiriens, Soro est le fils qui a trahi la mère et permis qu’elle soit violée par des hordes étrangères. En même temps qu’il est déterminé à régler des comptes avec Ouattara  Soro est conscient qu’il a une dette de réparation envers les Ivoiriens; celle d’abréger leurs peines, au moment où toutes les voies de négociation sont désespérément obstruées par Ouattara. Il l’a suggéré par ses récents appels à la réconciliation, qui peinent à trouver preneurs dans un peuple encore plein de ressentiments. Le régime Ouattara n’a l’intention de discuter avec personne sur aucun sujet, et est convaincu qu’il en sera ainsi dans les dix années à venir, grâce à une constitution qu’il s’est offerte, comme un cadeau empoisonné dont le donateur ignore lui-même les effets éventuels.

Aujourd’hui, Ouattara tient en main sa constitution lui donnant droit à un troisième mandat. Mais il hésite ; il atermoie ; il louvoie ; il ajourne ; il guette ; il menace ; il prie, il mendie ; il courtise. Ouattara fait toutes sortes de contorsions pour coopter le PDCI. Pourquoi ? Parce que cette constitution qu’il tient dans ses mains est nulle sans l’approbation du PDCI, de même que le RDR n’a jamais rien pesé sans le PDCI. Ouattara vise un troisième mandat. Mais il sait aussi qu’une telle approche sans l’acquiescement d’un PDCI de plus en plus frustré le mettrait dans une posture dangereuse par rapport à tout soulèvement populaire. KKB en est conscient, qui nargue joyeusement Ouattara d’oser faire usage de sa constitution votée à 88% avec tambours et balafons pour se présenter en 2020.

Et alors que Ouattara hésite, c’est encore Méité Sindou, ancien ministre éjecté de Ouattara, mais surtout, conseiller de Soro, qui, insinuant les effets de cette constitution-poison, offre à Ouattara cet avertissement : essayer de briguer un troisième mandat en brandissant cette fausse constitution serait pour Ouattara « une erreur très grave » à ne pas commettre. Cela est une claire mise en garde. Le message du conseiller de Soro à Ouattara est très limpide : Essayez ce forcing et vous nous trouverez sur votre chemin. Pour qui sait que Bouaké est une vraie poudrière à la disposition de Soro, et pour qui a entendu Soul de Soul déclarer pour sa défense qu’il n’est pas le seul détenteur de poudrières privées, cet avertissement de Sindou n’augure rien de bon pour la dictature en place.

Une tentative d’un troisième mandat pourrait constituer une erreur de la part de Ouattara qui conduirait Soro à croire que l’occasion est bonne pour lui de solder la faute que lui reprochent les Ivoiriens, tout en faisant payer à Ouattara son ingratitude. D’ailleurs, aujourd’hui, alors que le mépris de Ouattara pour l’opposition et la société civile a bloqué toutes les voies de négociation, et ue les Ivoiriens ne perçoivent pas d’issues de sortie de la fournaise dans laquelle ils se trouvent, Soro pourrait gagner en popularité – même parmi les « jamais Soro » – et se positionner, plus facilement qu’il y a seulement quelques mois, comme l’homme dont le coup de force « salvateur » rebattrait les cartes et donnerait une chance à la démocratie après un moment de transition. A moins que Ouattara ne mette de l’eau dans son vin – et l’image est intentionnée – et n’ouvre de franches discussions avec l’opposition, c’est ce scénario ou, comme au Burkina, un coup de balai de la rue, qui remettra la Côte d’Ivoire sur les rails de la démocratie.

De l’avenir des partis politiques ivoiriens, M. Frindéthié

Kandia-Camara

Les partis politiques dont les voix les plus stridentes et les plus passionnées partagent avec la nation une vision et un rêve limpides, exprimés intelligiblement et intelligemment, à travers des valeurs sociales affirmatives, survivront aux partis qui failliront à ces exigences. En Côte d’Ivoire, quelles sont les voix les plus stridentes dans chaque parti, que disent-elles, comment disent-elles ce qu’elles disent, et surtout, que présagent leurs postures sur l’avenir de leurs partis

Nul ne doute que le RDR regorge d’intelligences. Cependant, ce parti semble avoir arrêté ses grilles d’appréciation aux antipodes du bon sens. De ce fait, les vraies compétences, les vraies valeurs, y sont garrottées par les militants qui lèvent plus de poussière qu’ils ne besognent dans l’intérêt national. Une certaine « sagesse » au RDR semble associer l’efficience à la capacité de descendre dans la fange ; car de toute évidence, ce ne sont ni la compétence ni la probité qui ont valu à ceux qui passent pour les « grands communicateurs » du parti de la case leurs postes « respectables » dans le mouvement. A la lumière du débat sur le « parti unifié » au RHDP, Adama Bictogo et Kandia Camara se sont distingués comme, non seulement les grands communicateurs, mais aussi, et surtout, les « étoiles montantes » du parti de la case. Or, si l’on retire de leurs discours tout ce qu’ils contiennent de réverbérations bruyantes, d’idolâtrie, et de discourtoisies, il n’y a rien qui propose une vision, un rêve, un programme ; mais surtout, il n’y a rien qui éduque le citoyen au véritable exercice de la négociation, fondement de la vie en société.

   Si les jactances de ces communicateurs semblent calquer le style d’Amadou Soumahoro, surnommé « cimetière » pour sa propension à menacer de mort quiconque ose critiquer Ouattara, c’est précisément qu’il ne s’agit pas de piratage, mais plutôt du déploiement d’un style, le style « propre » du RDR ; un style puncheur, griffeur, agressif, belliciste, amoureux des batailles livrées dans la gadoue, qui ne laisse à l’interlocuteur aucune possibilité de placer un mot ni ne fait aucune concession. Les insuffisances de Kandia sont monumentales et ne se comptent plus. Ses carences sont parodiées, même par les écoliers. De nombreux Ivoiriens sont convaincus que sa nomination à l’éducation est censée exprimer tout le dédain du pouvoir Ouattara pour l’école ivoirienne. Quant à Bictogo, il est l’allégorie d’une certaine dégénérescence morale au sein du RDR. Que de forfaitures ne porte-t-il à ses épaulettes, du détournement des 4 milliards de francs Cfa destinés à l’indemnisation des victimes de déchets toxiques à sa transformation d’une mission de sortie de crise au compte de la CEDEAO au Mali en un voyage d’affaires personnelles sur des mines d’or contrôlées par la junte militaire qui a renversé le président ATT ! Impétueux, impatient, affairiste impénitent, prête-nom, selon certaines personnes, adepte du clinquant, du scintillant, du lumineux, et du « m’as-tu vu ? » des nouveaux riches surpris par une fortune infondée, il est, avec Kandia Camara, étonnamment, le visage du futur du RDR, là où d’autres militants, plus éduqués, moins marqués, mais malheureusement aussi pour eux, moins tapageurs – moins « nordistes », peut-être ? – auraient apporté plus de respectabilité. Si le style de Soumahoro, de Bictogo, de Kandia, peuvent haranguer des foules déjà conquises à la cause du RDR, avalant doux comme lait le moindre souffle de Ouattara, et qui ne demandent pas que leur soient précisés une vision, un rêve, un programme pour un futur national, devant l’électorat du futur, un électorat assurément plus sophistiqué, moins partisan du culte de la personnalité, et qui exigera plus de substance, plus de responsabilité, et plus d’intelligibilité, cette posture-là signera indubitablement l’acte de décès du RDR.

Le PDCI possède des atouts inestimables dans sa jeunesse. Le charisme d’un Koffi Konan Bertin (KKB) ou d’une Yasmine Ouegnin est marquant. Les compétences administratives d’une Véronique Aka, d’un Thierry Tanoh ou d’un Jean-Louis Billon sont mondialement exportables. Malheureusement cette jeunesse du PDCI est très rarement écoutée et trop vite cooptée. Le militantisme affirmé de la jeunesse du PDCI aux côtés des pourfendeurs de la république au moment où la Côte d’Ivoire avait besoin que soit défendue sa souveraineté, ainsi que sa cogestion d’une dictature de sept longues années, seront difficilement expiés. KKB, qui au sein de son parti eut trop vite raison (pour avoir, avant tout le monde au PDCI, perçu la duplicité de Ouattara) a aussi contribué au complot contre la république, s’est même félicité de la déportation de Gbagbo, avant de s’assagir. Quant à Billon, qui est annoncé à la Haye pour une visite à Gbagbo, il demeure l’architecte historique de la désobéissance fiscale qui, au sein du complot international contre la Côte d’Ivoire, visait à faire fléchir le gouvernement de Gbagbo ; une faute hautement capitale, étant donné le mutisme qui l’a si soudainement frappé durant toutes ces années de violations de droits humains de l’autocratie de Ouattara à laquelle il a participé. Mais que semblent dire aujourd’hui ces jeunes voix du PDCI ? Qu’est enfin arrivé – et mieux vaut tard que jamais – le temps du retour aux règles sacrées de la démocratie trop longtemps méprisées par le RDR. Et les Billon et les Ouegnin et les KKB le disent avec un langage qui tranche avec la balourdise du RDR, dans une gestuelle qui indique que point n’est besoin de vociférer pour convaincre. De ce fait, ici, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, sans lancer de boules de merde. Ici, descendre dans le purin est plus une anomalie que la norme. Adjoumani l’a appris à ses dépens, qui peut-être ira-t-il retirer sa carte de membre au RDR, tant il en a adopté le mode opératoire.

Cependant, l’un des grands défauts du PDCI, c’est d’osciller au gré des vents ; c’est de vouloir une place à toutes les soupes ; c’est de manquer de convictions politiques ; c’est d’être trop souvent réactionnaire ; c’est de réagir seulement lorsque ses intérêts mesquins sont menacés plutôt que d’agir pour la sauvegarde de la nation et de ses acquis démocratiques ; c’est de ne jamais percevoir la nécessité d’un travail de pédagogie auprès de ses militants, se contentant de suivre aveuglément le dictat d’un patriarche dont les décisions sont indiscutables et ont force de loi. Contrairement à la configuration sectaire et communautariste du RDR, le PDCI est un vieux parti, bien implanté dans l’inconscient collectif d’une frange importante et relativement diverse du (point de vue ethnique et religieux) de la population ivoirienne. Le PDCI est loin de disparaître. Cependant, à moins de se réformer et de se défaire de l’odeur œdipienne de ses dinosaures égocentriques, mais surtout, à moins de prendre ses distances du RDR et de dénoncer les dérives du RDR, le PDCI, qui est déjà tenu comptable de la politique nocive du RDR, risque de s’amenuiser au point de devenir insignifiant.

Lorsqu’il est évoqué, le nom du FPI renvoie inéluctablement à l’image de Laurent Gbagbo ; à l’image d’un géant africain incarcéré dans une prison blanche pour avoir, comme Louverture, comme Béhanzin, ou comme Mandela, défendu la souveraineté de son peuple. Aujourd’hui, alors que le nom de Gbagbo semble rimer avec celui d’un surhomme, il est important de noter que Gbagbo reste un homme ordinaire, qui s’est toujours conduit ordinairement, que la chose la plus ordinaire qu’il ait su offrir à la politique ivoirienne est de lui avoir insufflé une tradition démocratique de formation politique des masses et la formation d’une relève, incorruptible, forgée aux principes de la souveraineté nationale. Pour le FPI, un parti politique doit être d’abord un outil pédagogique pour inculquer aux masses leurs droits et leurs devoirs dans la perspective d’un bien-être social. Et c’est fort de cette conviction que Gbagbo consigna ses idées pour une nouvelle Côte d’Ivoire dans plusieurs livres, et que patiemment, méthodiquement, pendant de longues années, il parcourut des milliers d’agglomérations partager son programme de développement avec les populations, quelles que soient leurs appartenances ethniques et religieuses, et quelles que soient leurs classes sociales.

Si les légataires du FPI, Sangaré, Oulaï, Odette Lorougnon, Assoa Adou, Agnès Monnet, Akoun, Don Mello, Demba Traoré, etc. séduisent par leur engagement désintéressé et par leur attachement aux idéaux démocratiques du FPI, ceux qui forcent encore plus l’admiration et qui sont la preuve que le FPI a devant lui un avenir indestructible, ce sont les plus jeunes, les Justin Koua, les Koné Katinan, les Damana Picasse, les Nestor Dahi, les Marie-France Mariam Cissé, les Samba David, etc., qui, avec une intelligence démocratique et une persévérance exceptionnelle, continuent l’éducation des masses. Les efforts de cette relève paient, car le FPI possède aujourd’hui, non seulement la masse électorale la plus vaste et la plus hétérogène, mais aussi l’électorat le mieux formé sur les enjeux de la politique ivoirienne. C’est le travail de pédagogie de la jeune génération du FPI qui rend le FPI indestructible et qui mine toutes les tentatives de déstabilisation de ce parti, qu’elles soient endogènes ou exogènes.

L’électorat ivoirien est en pleine mutation. Les partis politiques qui ne l’ont pas encore compris et qui continuent de fonctionner comme des associations ethniques, des congrégations religieuses ou comme des loges d’idolâtrie d’un leader maximo seront emportés par les vagues de cette mutation.

Alassane Ouattara et le RDR – Une Thérapie de Choc pour les Ivoiriens, M. Frindéthié

casseurs

Avant la prise du pouvoir par le RDR et Co., l’on avait certainement cru avoir tout vu et tout entendu de ce qu’il pouvait y avoir d’empesté en rhétoriques et en pratiques politiciennes : Bédié était un « ivoiritaire » – comme s’il aurait été souhaitable qu’il fût, comme Senghor et Diouf, francitaire, vigile jaloux de l’identité de l’autre plutôt que de la sienne. Et pour l’en punir, la Côte d’Ivoire fut transpercée en son sein d’une épée qui causa le déchirement de son capital humain et figea son élan. Quand arriva Gueï, dont l’on s’attendait, après l’avoir précipité comme artifice à la magistrature suprême, qu’il continuât à jouer niaisement son rôle de leurre et qu’il passât le témoin au vrai commanditaire du coup de force de 1999, lui aussi fut combattu pour être un apôtre de l’ivoirité. Et vint Gbagbo. Que pouvait-on lui reprocher, sinon que d’être un empêcheur de tourner en rond qu’il fallait déchoir à tout prix en lui imputant, à lui aussi, le péché de l’ivoirité.

Et en substitution de tous ces méchants loups de la politique ivoirienne, Il était, à chaque occasion, proposé un homme, d’une voix faussement doucereuse, d’une mine mensongèrement angélique, d’une mise abandonniquement occidentale, d’une éducation trompeusement démocratique, parce qu’apparemment américaine : Alassane (Dramane) Ouattara (ADO pour ses louangeurs ; AO pour qui veut vivre un autre jour). Car, en définitive, n’était pas ivoiritaire toute personne ou idée qui ne s’accordait pas à l’évangile selon Alassane Dramane Ouattara et ses maîtres français? D’ailleurs, Ouattara n’était-il pas un bon écolier de la finance internationale et le protégé de Camdessus ? N’avait-il pas, en tant que premier ministre, fait la fortune de la France en vendant respectivement à Bouygues et Bolloré, et pour un franc symbolique, l’EECI (Energie Electrique de Côte d’Ivoire) et la SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire) ? N’avait-il pas vendu à vils prix aux amis français de son épouse de nombreuses sociétés d’Etat malgré les vives protestations de Bédié (alors président de l’Assemblée nationale) ? AO n’était-il pas un vigile des intérêts français, qui par son libéralisme économique béat et presque benêt, permit à la France de faire main basse sur les ressources ivoiriennes ? N’était-il donc pas normal que la France le préférât à toute autre personne à la présidence ivoirienne ? Une présidence qui somme toute tardait à lui arriver, tant étaient labyrinthiques les voies démocratiques ?

Lorsque las de l’attente que lui imposait le processus démocratique, AO décida enfin de mettre bas le masque, pour se saisir du pouvoir – bien qu’il ne sortit jamais de sa légendaire perfidie et laissa toujours aux autres le soin d’assumer ses méfaits ; et ce n’est pas Soro qui nous contredirait, qui a porté la croix d’AO pour lui -, le séraphin se mua en incubus ; car, s’était-il convaincu, il était important qu’il introduisît dans les Ivoiriens un effroi qui leur interdirait d’oser remettre en cause son autorité, une frayeur qui consoliderait son règne absolu. Il était important qu’il régnât par la peur. Aussi, les boulevards qui menèrent à son autocratie tapissa-t-il de souffrances et de morts : les sources des puits de Duékoué prirent une saveur de putréfaction ; d’entières familles à Nahibly dans les incendies criminels de ses milices succombèrent ; ses longs couteaux visitèrent les sommeils des habitants d’Anokoi Kouté. Bref ! Aucune contrée de la Côte d’Ivoire, semblait-il, ne fut épargnée des balafres, des pleurs et des deuils généreusement dispensés par AO.

Aucune ? Pas exactement ! Les contrées du nord ivoirien et la majorité de leurs ressortissants, eux, étaient à dessein épargnés des lamentations quotidiennes servies au reste des Ivoiriens par AO. Car, à peine installé au palais présidentiel, AO mit en place une politique d’épurement ethnique qu’il théorisa comme « politique de rattrapage ethnique » – et dont, dans un geste qui lui est propre, il nia la paternité quelques heures seulement après l’avoir énoncée sur une chaîne de télévision internationale. Une politique de purification qu’il justifia de ce que, de tous les temps, de l’administration d’Houphouët à la gouvernance de Gbagbo, en passant par celles de Bédié et de Gueï, les « Nordistes » auraient été mis en marge de la société ivoirienne, confinés dans des ghettos économiques, politiques, sociaux et culturels. Aussi, lui, le messie des Nordistes, serait venu mettre un terme à cette iniquité par le remède du rattrapage ethnique.

Dans son application la moins monstrueuse, la « politique de rattrapage ethnique » d’AO consiste à épurer aussi bien les entreprises d’Etat que les entreprises privées, les associations culturelles, les associations sportives et les organisations non gouvernementales des ressortissants des régions où le président Gbagbo a enregistré une majorité de votes pendant les élections présidentielles de 2010, afin de les remplacer par des ressortissants du Nord, où AO enregistra des scores suspicieusement immesurés. Ainsi, des milliers de travailleurs sudistes s’en allèrent-ils augmenter la pléthore de chômeurs occasionnée par la guerre d’AO, alors que des milliers de Nordistes les remplaçaient ou décrochaient des contrats publics sans en démontrer les compétences nécessaires.

La politique de « rattrapage ethnique » inaugurée par AO fit des émules au sein de la population ivoirienne. De nombreuses personnes originaires de certaines régions dites « historiquement lésées » n’hésitèrent plus à envoyer des lettres pour la plupart anonymes mais souvent signées à la cellule secrète aux questions ethniques d’AO pour se plaindre de telle ou telle personne qui leur aurait ravi une opportunité dans la vie ou qui aurait occupé un poste qui devrait ethniquement leur revenir. Ce poison de la délation se répandit d’autant plus que les demandes des délateurs furent très souvent comblées par le gouvernement. De ce fait, il se constitua en Côte d’Ivoire un réseau de rapporteurs auprès de certains ministères ivoiriens. La campagne de délation encouragée au sommet de l’Etat continue aujourd’hui encore d’édifier un climat de malaise profond et de paranoïa en Côte d’Ivoire dans la mesure où une simple jalousie, une convoitise ou une pulsion de règlement de comptes suffisent à jeter des fonctionnaires dans le tourbillon de la persécution. Dans certaines structures (RTI, SOTRA, PAA, SIR, éducation, etc.), de nombreux fonctionnaires furent licenciés alors même qu’on y embauchait d’autres aux mêmes postes sur les fondements du rattrapage ethnique

Dans son application la plus barbare, la « politique de rattrapage ethnique » consiste à laisser faire l’escadron de la mort et les milices armées de Ouattara, à tourner le dos de l’indifférence pendant qu’ils assassinent et commettent des horreurs de toutes sortes sur les populations du Sud. Ainsi, ne se passe-t-il pas un seul jour sans que des civils non armés ne soient criblés  de balles par des dozos illégalement armés ou par les militaires qui contribuèrent à installer Ouattara à la présidence ; et cela dans le silence de l’impunité. Et, tout comme pendant l’épuration nazie, alors que montaient des hauts fourneaux d’Auschwitz les fumées chargées d’effluves de souffrances, de nombreuses populations des villages environnants prétendaient ne rien sentir ni ne rien voir, dans l’autocratie de Ouattara aussi, nombreux sont ceux qui, bénéficiaires de la politique d’épuration, prétendent ne rien voir ni ne rien entendre des gémissements des suppliciés qui montent des chambres de torture et des incendies criminels.

Comment peuvent-ils entendre les geignements de leurs compatriotes lorsque ces Ivoiriens-rattrapés sont si occupés à « manger » et que les clappements de leurs laborieuses mandibules couvrent tout autre bruit ? Comment peuvent-ils parler de l’infortune de leurs frères et sœurs quand ils ont la bouche si pleine de la pitance du rattrapage ethnique ? Comment peuvent-ils entendre les plaintes de leurs semblables, quand assis à la table du butin, les bruissements des billets neufs des casses et des braquages agréés couvrent tout autre bruit ?

Le sale butin de la guerre faite aux Ivoiriens pour l’accession d’AO à la présidence n’est-il pas énorme ? Si énorme que ni les nombreuses fondations conçues à la va-vite, ni les hideux immeubles montés précipitamment et sans aucune conception architecturale sur des terrains arrachés de force à leurs propriétaires, ni les entreprises engendrées hâtivement dans l’anticipation d’un marché à venir dont l’on a eu vent avant la Côte d’Ivoire non-rattrapée n’ont pu le blanchir ? Mais voilà que les alchimistes de la rue Lepic ont la lumineuse idée de créer une banque spécifiquement RDR ; un établissement financier qui, puisant aux sources même de la logique clanique qui caractérise les actions du RDR, poursuivrait l’entreprise de blanchiment du butin des casses et des expropriations, tout en restant à l’écoute des humeurs bellicistes de ses militants (ex-cordonniers-mécanos-reconvertis-en-combattants-reconvertis-en-gnambros-reconvertis-microbes) qui grognent d’être délaissés par ceux qui les employaient hier et qui pour se payer tourmentent davantage les populations déjà meurtries. Que ne découvrîmes-nous pas à la lumière des ambitions politiques d’AO, pour qui fut détourné le parti de feu Djéni Kobinan pour en faire le temple des transes et des rituels ADOrateurs !

Il aura fallu qu’AO ait des ambitions présidentielles pour qu’un détrousseur de vieilles dames et un grand corrompu comme Sarkozy s’érige en donneur de leçons et en conquérant en Côte d’Ivoire. Il aura fallu qu’AO ait des ambitions présidentielles pour que les familles ivoiriennes soient punies d’un embargo sur les médicaments – AO leur rétorquera certainement que, qui aime bien châtiant bien, cet embargo n’était instauré que pour le bien des Ivoiriens que son épouse et lui portent dans leur grand cœur, au point de leur avoir construit un hôpital « privé » à financement occultes et suspicieusement publics, qui leur consacrera 25% de ses services. Quel cynisme ! Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’anti-intellectualisme ait droit de cité, et que des cancres soient promus ministres et officiers de l’armée. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le vol et la corruption soient érigés en valeurs. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’école ivoirienne tombe si bas, que les étudiants prennent des cours assis à même le sol, que les laboratoires soient vides de tout matériel, que les campus universitaires soient assiégés par des dozos. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que des ministres ivoiriens soient pris par Médiapart, la main dans le sac, à rançonner des opérateurs économiques. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le paysan ivoirien, premier acteur de notre essor économique, se voie spolié, appauvri, humilié et brutalisé. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le chômage atteigne une proportion désespérée. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’UNICEF organise des soupes populaires à la rescousse d’enfants malnutris. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que s’installent en Côte d’Ivoire une indiscipline et une insalubrité délirantes, et qu’Ebola et la fièvre Lassa frappent à la porte des Ivoiriens. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que la Côte d’Ivoire soit le carrefour de prédilection de toute la pègre internationale. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que les Ivoiriens se barricadent dès 18 heures dans leurs maisons, de peur de se faire trucider par un « microbe » ou un coupeur de route. Il aura fallu qu’AO soit au pouvoir pour qu’un voyage à l’hôpital soit un billet aller-simple dans un mouroir. Il aura fallu qu’AO et le RDR soient à la présidence pour qu’en guise d’antithèses, les ingénieurs sociaux d’un parti au pouvoir en manque d’arguments n’offrent à leurs contradicteurs qu’insultes et grognements de porcherie.

Il aura vraiment fallu qu’Alassane (Dramane) Ouattara et son RDR accèdent au pouvoir pour qu’enfin l’Ivoirien réalise qui est cet homme, qui sont ces hommes qui le soutiennent et l’encouragent dans la balourdise, quelle est cette idéologie qui les inspire, et quel est ce parti qui leur sert de chambre de torture. Il aura fallu qu’AO et son RDR accèdent finalement au pouvoir – et par les méthodes que nous savons – pour que les valeurs de la Côte d’Ivoire soient mises sens dessus-dessous ; pour que l’Ivoirien réalise ce qu’il a perdu, pour qu’il réalise qu’AO est l’une des plus grosses falsifications qui aient jamais existé ; qu’AO, ses inspirateurs, leur idéologie, et le RDR sont extrêmement dangereux pour la démocratie.

Enfin de compte, Alassane Dramane Ouattara aura été une thérapie de choc pour les Ivoiriens ; car à cause de lui, grâce à lui peut-être, les Ivoiriens auront vécu le pire en lui, en son entourage, et en son parti le RDR ; et surtout, les Ivoiriens auront appris à les reconnaître et à les éviter. Alassane Dramane Ouattara nous aura montré le visage de ce qu’il peut y avoir de plus hideux dans le tissu social ivoirien. Et il y a gros à parier qu’après 2020, les Ivoiriens consciencieux, de quel bord politique et de quelles régions qu’ils soient, s’opposeront à la politique fasciste de Dramane Ouattara, et tel un seul corps national, s’exclameront « jamais, plus jamais ça ! », et qu’ils extirperont du paysage politique ivoirien, comme l’on extirpe d’un corps malade une tumeur cancérogène, le RDR et l’idéologie dont s’inspirent les ingénieurs sociaux de ce parti qui a à son fondement la négation même de la vie en société.

Le malfrat de Sarko est dans les cordes

 

 

 

 

From Bangui (Central African Republic) to Tripoli (Libya); what is Sarkozy’s military strike covering up? M. Frindéthié (first published on 3/11/2011)

Military interventions do have the tendency to expunge embarrassing evidences. Kofi Annan certainly knew it, as the former UN Secretary General took advantage of the American military strike on Bagdad to erase evidence of the $36-million-hole that he, his son Kojo, his friend Leo Mugabe (Robert Mugabe’s nephew) and his UN Dream Team dug in the $86 million oil-for-food fund at his disposal. Lately, Sarkozy’s agitations have gotten the “best” of him as Gaddafi Jr. threatened to reveal secrets that would knock him off the stool from which, augmented by a few extra inches, he has been taunting the world. Sarkozy’s agitations turned epileptic when Gaddafi’s son disclosed that his father had financed Sarkozy’s political campaign in a quid pro quo arrangement of which he detained written documentation. Upon the Libyan heir’s threat to release the evidence, the French president wasted no time to lobby his peers’ support at the UN in favor of an airstrike against Gaddafi. So, hardly has UN Resolution 1973 been voted than the French air force was out pounding Gaddafi’s positions, apparently to prevent the Libyan leader from massacring his own people. Since we know that France has really never given a hoot about Africans’ lives (is it not France that orchestrated the Rwandan genocide? Is it not France that orchestrated the Congolese and the Cameroonian massacres? Is it not the French army that shot 64 unarmed Ivorian youths in 2004?), since we know that France has always abided by de Gaulle’s dearest maxim that “France has no friends but only interests,” Sarkozy’s alacrity to “save African lives” by attacking Gaddafi under whose feet, jus a few months ago he unfurled the red carpet, rings suspect. Is it not the truth that through his precipitous airstrike, Sarkozy is actually trying to cover up some embarrassing evidence?  Just as has his predecessor Valerie Giscard d’Estaing in Central Africa?

Indeed, when Bokassa, the former Central African emperor, was still an angel and not yet a baby killer, a civilized man and not yet a beast or an anthropophagus in France’s eyes, when he was still a source of wealth for France and French politicians and not yet an embarrassing burden, Giscard signed the Bokassas’ golden guest book.  When on December 4, 1977, Bokassa decided to inaugurate himself emperor of Central Africa, Giscard went to great lengths to lend a hand and make the coronation of Bokassa I a success. The French navy marching band was flown to Bangui to play at the inauguration. The French defense office flew a battalion of French soldiers to ensure the protection of Bokassa, and the French government put 17 charter planes at the disposal of Bokassa’s guests. In gratitude for Giscard’s consideration, Bokassa offered Giscard numerous precious stones and granted the French president a private hunting ground in Central Africa, where the latter would go twice a year to shoot elephants and have their tails and ivory delivered to him on cargo planes. Giscard’s elephant tusks and tails were transformed into luxury items and sold for his profit in sumptuous European boutiques. Bokassa’s private villa in his village was Giscard’s frequent hideout, where he would show up often in the company of young women for drug revelry and sexual orgies. At one time, Giscard offered Bokassa that their relationship be more like a family bond. Giscard offered to be Bokassa’s “brother” instead of his mere “friend.” Here, one could easily imagine the black ego titillated to the core and stupidly nodding with enjoyment. At one time, said Bokassa, Giscard, who had his eyes on the empress of Central Africa, proposed to the emperor that they swap wives. Mrs. Giscard would spend some time in Bangui in the company of Bokassa, while the empress would stay in Paris with the French president. This exchange, Giscard explained, would signal to the French and Central Africans that the bilateral relations between Paris and Bangui were excellent. Bokassa foolishly accepted. Though Bokassa remained evasive as to whether he had any sexual relationship with Mrs. Giscard, he revealed during a filmed interview, on the other hand, that his wife became Giscard’s mistress, was even impregnated by the French president and underwent at least one abortion to get rid of a compromising child by Giscard. Bokassa was Giscard’s “brother” until the he became unpopular and Giscard saw the need to not only get rid of him, but also, get rid of the evidence of the numerous gifts he received from him.

So, in an extraordinarily precipitous move that is reminiscent of Sarkozy’s offensive onto Gaddafi today, Giscard’s 30,000-troop-strong Operation Barracuda occupied all the neuralgic sites of Central Africa, from the capital Bangui to the most remote rural areas while Bokassa was in Libya seeking financial help from Gaddafi. On his way back to Central Africa, Bokassa’s French pilots redirected his plane to France, at the military base of Evreux. Bokassa’s following was taken into custody and the emperor was ordered to remain on his plane. Under heavy guard, the Central African sovereign was stripped naked and searched down to his most intimate orifice. He was then ordered to put on his clothes, and he was kept on his private plane for four days and four nights, while negotiations were being conducted regarding a final landing place for him. Finally, on September 24, 1979, at 10 A.M., Bokassa was transferred from his private plane to a military DC-8 and flown to Houphouët in Abidjan, Cote d’Ivoire. In the meantime, the French army was ordered by President Giscard to strip Bokassa’s palaces of all their contents and store them in a military consignment in Orléans. Furthermore, every available document in the archives of the empire was removed and disposed of at an undisclosed location in France, as Giscard was bracing for a defense of denial and half-truths against Bokassa’s accusations that the French president received from him some quid pro quo gifts. Despite Giscard’s careful cover up, on October 10, 1979, the satirical French paper Le Canard Enchaîné published a signed correspondence by Bokassa, written on imperial letterhead, enjoining the Comptoir national du diamant to prepare a 30-carat diamond for Giscard. Days later, Le Monde gave weight to Le Canard Enchaîné’s scoop by dedicating a column to it. From then on, Giscard had no other choice but to mount a full, albeit failed, defense against Bokassa. The “diamond affair” was used by Giscard’s political opponents. The scandal contributed to Giscard’s defeat by François Mitterrand in 1982. France is obviously indefensible in its plunder of Africa. However, the greatest responsibility for Africa’s continuous poverty is ascribable to the black ego’s inferiority complex and his quest for assurance of white love. While Bokassa was dancing the waltz of love with Giscard, giving away millions of dollars in gifts to foreign officials, and indulging in excesses abroad and at home, the Central African people were living in utmost poverty, lacking even the basic necessities. What was Gaddafi really thinking when he was showering Sarkozy with Libyan money? Certainly, like Bokassa, he was thinking that the French president was his “brother”.

De Bangui (Centrafrique) à Tripoli (Libye): une intervention militaire pour effacer des traces? M.Frindéthié (publié le 20 mars 2011)

Les interventions militaires effacent très souvent des traces compromettantes, font disparaître des dossiers gênants. Kofi Annan le savait, qui a profité de la frappe américaine contre Saddam pour faire disparaître la grosse fosse de 36 milliards de dollars que son fils Kojo, son ami Leo Mugabe (le neveu de Robert Mugabe) et lui avaient creusée dans la gestion des 86 milliards de dollars du fonds pour « pétrole contre nourriture ». Ces derniers jours, l’on a vu Sarkozy s’agiter exceptionnellement au fur et à mesure que le leader libyen et son fils menaçaient de révéler au monde des secrets qui le feraient dégringoler de l’escabeau du haut duquel, augmenté de quelques centimètres, il aime à narguer le monde. L’agitation de Sarkozy a pris une apparence épileptique lorsque Kadhafi junior a révélé que son père avait financé la campagne de Sarkozy dans un contrat quid pro quo dont il détenait des attestations. Le président français est monté immédiatement au créneau dans l’espoir de convaincre ses pairs occidentaux pour une frappe militaire contre Kadhafi. A peine la résolution 1973 interdisant tout vol dans l’espace aérien libyen fut-elle adoptée par le Conseil de Sécurité que l’aviation française entra en action, visant et détruisant des cibles libyennes, apparemment pour sauver des vies humaines en Libye. Puisque nous savons tous que la France ne s’est vraiment jamais préoccupé du sort des Africains, puisque que la France a maintes fois prouvé que, fidèle à la maxime si chère à son général de Gaulle, elle n’a pas d’amis, mais seulement des intérêts,  la précipitation extraordinaire de Sarkozy paraît suspecte. Cette alacrité à attaquer Kadhafi à qui Sarkozy déroulait le tapis rouge il y a seulement quelques mois cacherait-elle un autre dessein inavoué ? Sarkozy essaierait-il de faire disparaître quelques dossiers compromettants . . . comme le fit son prédécesseur Valérie Giscard d’Estaing avant que n’éclate « l’affaire des diamants ».

En effet, quand Bokassa était encore un ange et non pas encore un tueur d’enfants, ni une bête ou un anthropophage aux yeux de la France, quand Bokassa était encore une source de revenus pour la France et pour les politiciens français et pas encore un fardeau embarrassant, Giscard avait signé le livre d’or des Bokassa. Et lorsque le 4 décembre 1977 Bokassa décida de se faire empereur, le ministère français de la défense convoya la fanfare de la marine française à Bangui ; Giscard affréta 17 avions pour le transport des invités de Bokassa ; et Giscard suggéra à Bokassa que leurs relations fussent plus familiales. Giscard voulait que Bokassa fût son frère et non pas seulement son ami. Et là, l’on pouvait entrevoir  l’orgueil titillé de Bokassa danser la soukous. « Je suis le frère du grand blanc », a-t-il dû s’écrier. Et Giscard, qui avait les yeux sur l’Impératrice Catherine, proposa même à Bokassa qu’ils échangeassent de femmes : l’Impératrice viendrait passer quelques semaines en France, et lui enverrait Madame Giscard à Bangui passer quelques semaines près de Bokassa ; histoire de prouver aux peuples français et centrafricain que le pont entre Paris et Bangui était en parfait état. Ô que ne fut titillé l’orgueil de notre empereur ! Giscard assouvit son fétichisme de la beauté noire : l’impératrice tomba enceinte de Giscard, sans que cela ne fasse tilt dans la tête de notre empereur noir. Au contraire, Bokassa continua d’offrir des diamants et des permis de chasse à Giscard … jusqu’à ce que l’impopularité de Bokassa en Centrafrique ne dicte à Giscard de se séparer de lui. Et lorsque Bokassa se sentit lâché par Giscard, il décida lui aussi de lâcher les preuves sur l’affaire les diamants centrafricains qui avaient enrichi les Giscard.

A ce moment-là, dans une précipitation rappelant celle de Sarkozy aujourd’hui, l’Opération Barracuda parachuta 30.000 soldats en Centrafrique, qui occupèrent le pays jusque dans ses contrées les plus reculées. Bokassa, qui retournait de Libye où il était allé demander une aide financière à Kadhafi, vit son avion détourné par ses pilotes français vers la base militaire d’Evreux. Là, il fut mis aux arrêts, complètement déshabillé, fouillé jusque dans ses parties les plus intimes, rhabillé, maintenu dans son avion pendant 4 jours et 4 nuits, avant qu’il ne lui soit trouvé une destination ivoirienne. Entretemps, Giscard ordonna à l’armée française de dépouiller le palais de Bokassa de tout son contenu et de l’entreposer en cachette à Orléans. C’est par un hasard des plus imprévus que, malgré les précautions prises par Giscard pour effacer toutes les traces de ses transactions illégales avec Bokassa,  Le Canard Enchaîné découvrit puis publia une ordonnance de Bokassa écrite sur une page avec signature impériale intimant au Comptoir National du Diamant  de la Centrafrique de préparer pour Giscard un diamant de 30 carats. De tous les scandales de Giscard, ce fut « l’affaire des diamants » qui eut raison de sa carrière politique. La France est indéfendable pour sa propension au mensonge et au pillage de l’Afrique. Mais les chefs d’état africains sont encore plus indéfendables pour leur imbécilité légendaire. Que croyait vraiment Kadhafi lorsqu’il douchait Sarkozy de l’argent du peuple libyen ?

La Côte d’Ivoire de dramane: on avance ou on recule? A vous de juger!

Faillite0

dramane est « venu sauver le Nord »? Apparemment ces écoliers d’une circonscription du Nord attendent toujours.

faillite

Université rénovée à 100 milliards? Allez le dire à ces étudiants qui prennent des cours à même le sol

faillite1

Faillite3

Non, vous ne rêvez pas! C’est bien une ambulance médicale moderne version dramane ouattara

Faillite4

Dans les hôpitaux « ultra modernes » de dramane, si vous avez la chance d’avoir une place sur une natte, vous pouvez vous faire accrocher votre poche de transfusion sanguine sur la serrure de la porte.

faillite5

shuuut! Défense de se plaindre de la saleté morale et physique que dramane sert chaque jour aux Ivoiriens