Chute de Trois Tirailleurs!

3 tirailleurs

L’évangile selon Philippe Mangou, M. Frindéthié

mangou(1)Dans une interview accordée à un journal gabonais, l’ex-CEMA Philippe Mangou se défend de ce que les Ivoiriens continuent de lui coller l’étiquette de traitre pour avoir fui le théâtre des combats lors de la « bataille d’Abidjan » : « Est-ce que c’est Laurent Gbagbo qui a payé mon école pour me faire rentrer à l’EFA … Est-ce que c’est Gbagbo qui a fait de moi un officier de l’armée de Côte d’Ivoire. Depuis l’époque de Bédié, moi je suis officier. Et puis je sers la Côte d’Ivoire, pas Laurent Gbagbo … Donc j’ai trahi aussi Bédié alors? Parce que Bédié a été président avant Gbagbo Laurent … Donc si Gbagbo Laurent n’est plus président, moi un officier de l’armée de Côte d’Ivoire, je dois arrêter mon travail pour le suivre … je suis désolé pour vous monsieur le journaliste. Voilà qui est claire! Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer soi-même, disait-il …».

Le problème de Mangou, c’est qu’il n’a pas fait son travail. Il ne l’a jamais fait. Prenant pour prétexte la profession de pasteur de son père et sa soi-disant éducation familiale de pacifiste, Mangou, abandonnant les jeunes soldats sous son commandement sans aucune direction, s’était réfugié à l’Ambassade de l’Afrique du Sud au moment où les troupes rebelles sous escorte française et onusienne rentraient à Abidjan.

Ce que les Ivoiriens reprochent au CEMA déserteur, c’est moins de n’avoir pas défendu la personne du Président Gbagbo que d’avoir failli à la mission qui était la sienne en tant qu’officier de la République : Celle de défendre la Côte d’Ivoire. Or Mangou a pris la poudre d’escampette dès les premiers coups de feu, exposant des milliers de militaires sans commandement aux bombes françaises. Mangou ne savait-il pas que son père était pasteur, que son éducation familiale lui dictait une vie de pacifiste au moment où il entrait à l’école militaire ? Ne savait-il pas que le rôle premier du militaire est de défendre la nation, et que son outil de prédilection est le fusil ? Mangou aurait pu se faire pasteur, mais il a choisi plutôt d’être un officier déserteur pour le malheur des Ivoiriens. Mangou est un pilote de ligne qui saute en parachute avant de lancer délibérément son avion contre le flanc d’une montagne.

Oh honte ! Mangou devrait avoir honte. Mais il y a, comme le dirait ma mère, « des gens qui sont nés sans cils et ne connaissent pas la honte ». Mangou est de cette race-là. C’est un couard qui a cru venir à l’armée comme l’on va en kermesse—car il est vrai qu’au temps où cette majorette entrait à l’école militaire, l’armée ivoirienne n’était d’armée que de nom. C’était là où, assuré de d’un bon traitement, l’on allait prendre tranquillement du ventre. Le malheur de Mangou est d’avoir été promu au moment même où il fut nécessaire que l’officier ivoirien démontrât sa formation et défendît son pays. Et Mangou, le fils de pasteur, qui était entré à l’armée comme une jeune fille se joint à une équipe de majorettes, abandonna ses armes et son uniforme et, le premier de tous les Ivoiriens, s’enfuit chercher refuge dans une chancellerie étrangère.

Mangou n’a pas fait son travail. Il ne l’a jamais fait. Mangou est coupable d’avoir donné au peuple ivoirien la fausse assurance que leur Chef d’Etat-major des Armées était encore à leur côté pour défendre la nation agressée, alors que Mangou lui-même préparait sa sortie en catimini. Mangou est coupable de la mort de milliers d’Ivoiriens. Sous d’autres cieux, un déserteur de sa trempe serait passé en cour martiale. Mangou n’a ni servi Gbagbo, ni servi la Côte d’Ivoire. Mangou a trahi Gbagbo et Mangou a trahi la Côte d’Ivoire. L’histoire retiendra de Mangou qu’il fut un pleutre, un déserteur, un traitre pour son pays.

Qui a trahi une fois est bien susceptible de trahir une seconde fois. Même Dramane Wattra à qui la majorette Mangou a fait allégeance le sait, qui a préféré tenir ce traitre loin de lui, dans une retraite dorée au Gabon. Que Mangou se taise et bouffe ; car, en plus d’être un traitre, il a la mauvaise manie de parler la bouche pleine.

La Mission Permanente de la Côte d’Ivoire à L’ONU épinglée pour vente de postes humanitaires

Rien n’est sacré au Dozoland ! Tout s’y vend. La Mission Permanente de la Côte d’Ivoire à l’ONU vient de se distinguer sur la scène internationale pour corruption avérée. Le remplaçant de Youssoufou Bamba à la représentation de la Côte d’Ivoire à l’ONU, Bafétigué Ouattara vient de se faire prendre la main dans le sac par une enquête des Nations Unies à vendre des postes de missions humanitaires en Haiti, au Mali, et en République Centrafricaine. Pas moins de $4.000 ! Voici ce qu’exigeait Monsieur Bafétigué Ouattara par poste. Cet argent était versé sur le compte de sa petite amie Hubertine Foué, qui le reversait ensuite sur le compte de Bafétigué Ouattara à Abidjan. Apparemment, le circuit n’était pas assez labyrinthique pour échapper aux enquêteurs de l’ONU. Le commerce de Bafétigué Ouattara prospérait depuis qu’il était le Premier Conseiller de Youssoufou Bamba ; et c’est ce dernier, qui pour se venger de son limogeage « injuste » aurait alarmé les enquêteurs de l’ONU. Est-ce à dire que Youssouf Bamba s’était tu sur un commerce qu’il savait illégal ? Pour Matthew Russell de InnerCity Press, ce chapelet de corruptions au sein des pays francophones serait-il un legs de la culture française ? Quoi qu’il en soit, la Côte d’Ivoire des rattrapés s’est encore illustrée sur le plan international par sa propension à la dégénérescence morale. Visitez à ce propos le lien de InnerCity Press http://www.innercitypress.com/uncovered1dpkocorruptionicp020715.html

(Débat télévisé) Côte d’Ivoire: le Coup d’état

’60 Minutes Blasted For ‘Anachronistic Style’ Of Africa Coverage

Heart of Darkness Revisited

Heart of Darkness Revisited

by Lisa de Moraes

A group of academics and journalists is accusing 60 Minutes of turning black Africans into background extras in its recent segments from the continent.

60 Minutes has managed, quite extraordinarily, to render people of black African ancestry voiceless and all but invisible” in a series of recent segments, says a letter penned by Howard W. French and signed by more than 150 people that was emailed to 60 Minutes exec producer Jeff Fager and posted on the blog A Glimpse of the World. French, who spent most of his 23-year career at The New York Times as a foreign correspondent, now is an associate professor at the Columbia University Graduate School of Journalism, where he has taught journalism and photography since 2008.

In the letter, the signers most notably dinged the CBS newsmagazine for a segment in which Lara Logan went to Liberia last year to cover the ebola epidemic in that country. “In that broadcast, Africans were reduced to the role of silent victims. They constituted what might be called a scenery of misery: people whose thoughts, experiences and actions were treated as if totally without interest,” the letter scolds. “Liberians were shown within easy speaking range of Logan, including some Liberians whom she spoke about, and yet not a single Liberian was quoted in any capacity” though Liberians not only died of ebola, many of them contributed to the fight against the disease, including doctors, nurses and other caregivers, some of whom died in the effort. “Despite this, the only people heard from on the air were white foreigners who had come to Liberia to contribute to the fight against the disease.”

Back when that report aired in November, French tweeted: “Not a single African voice in @60Minutes piece from Liberia on ebola. Not remotely acceptable? We see a father whose son is dying. No quote.”

Today, in his letter to Fager, he complained:

“Taken together, this anachronistic style of coverage reproduces, in condensed form, many of the worst habits of modern American journalism on the subject of Africa. To be clear, this means that Africa only warrants the public’s attention when there is a disaster or human tragedy on an immense scale, when Westerners can be elevated to the role of central characters, or when it is a matter of that perennial favorite, wildlife.”

Speaking of wildlife, the letter also smacked the newsmag for two segments it said were “remarkably similar…featuring white people who have made it their mission to rescue African wildlife. In one case, these were lions, and in other, apes. People of black African descent make no substantial appearances in either of these reports, and no sense whatsoever is given of the countries visited, South Africa and Gabon.”

In all these segments, the letter said, “Africans themselves are typically limited to the role of passive victims, or occasional brutal or corrupt villains and incompetents; they are not otherwise shown to have any agency or even the normal range of human thoughts and emotions. Such a skewed perspective not only disserves Africa, it also badly disserves the news viewing and news reading public.”

In the letter, the group says American views of Africa, a continent of 1.1 billion people, “are badly misinformed” and blamed “the mainstream media.”

A 60 Minutes rep sent Deadline a statement, saying, “60 Minutes is proud of its coverage of Africa and has received considerable recognition for it. We have reached out to Mr. French to invite him to discuss this further and we look forward to meeting with him.”

The statement did not specify which of its reports about Africa it was referencing, but a Bob Simon report titled Joy In The Congo,” about the only all-black orchestra in Central Africa, won a Peabody Award and two Emmys in 2013, and Scott Pelley’s “Africa Mercy,” about a hospital ship that repaired Africans’ cleft palates and other problems relating to the jaw or face, won a News Emmy.

Here is the full list of signatories to the letter:

Howard W. French, Associate Professor, Columbia University Graduate School of Journalism; author of China’s Second Continent and A Continent for the Taking: The Tragedy and Hope of Africa

Fatin Abbas, Manhattanville College

Akin Adesokan, Novelist and Associate Professor, Comparative Literature and Cinema and Film Studies, Indiana University Bloomington

Anthony Arnove, Producer, Dirty Wars

Adam Ashforth, Department of Afroamerican and African Studies, University of Michigan

Sean Jacobs, Faculty, International Affairs, Milano, The New School and Africa is a Country.

Teju Cole, Distinguished Writer in Residence, Bard College/Photography Critic, The New York Times Magazine

Richard Joseph, John Evans Professor of International History and Politics, Northwestern University

Leon Dash, Swanlund Chair Professor in Journalism, Professor, Center for Advanced Study, University of Illinois at Urbana-Champaign

Michael C. Vazquez, Senior Editor, Bidoun: Art and Culture from the Middle East

Achille Mbembe, Professor, Wits University and Visiting Professor of Romance Studies and Franklin Humanities Institute Research Scholar, Duke University

M. Neelika Jayawardane, Associate Professor of English Literature at State University of New York-Oswego, and Senior Editor of Africa Is a Country

Adam Hochschild, author

Eileen Julien, Professor, Comparative Literature, French & Italian, African Studies, Indiana University Bloomington

Mohamed Keita, freelance journalist in NYC, former Africa Advocacy Coordinator of the Committee to Protect Journalists (CPJ)

Aaron Leaf, Producer, Feet in 2 Worlds, The New School

Dan Magaziner, Assistant Professor, History, Yale University

Marissa Moorman, Associate Professor, Department of History, Indiana University

Sisonke Msimang, Research Fellow, University of Kwazulu-Natal.

Achal Prabhala, Writer and Researcher, Bangalore, India.

Janet Roitman, Associate Professor of Anthropology, The New School

Lily Saint, Assistant Professor of English, Wesleyan University.

Abdourahman A. Waberi, writer and Professor of French and Francophone Studies George Washington University

Binyavanga Wainaina, Writer

Chika Unigwe, Writer

James C. McCann, Chair, Department of Archaeology, Professor of History, Boston University

Susan Shepler, Associate Professor, International Peace and Conflict Resolution, School of International Service, American University

Peter Uvin, Provost, Amherst College

G. Pascal Zachary, professor of practice, Arizona State University

Cara E Jones, PhD, Assistant Professor of Political Science, Mary Baldwin College

James T. Campbell, Edgar E. Robinson Professor of History/Stanford University

Nii Akuetteh, Independent International Affairs Analyst, Former Executive Director of OSIWA, the Soros Foundation in West Africa

Mary Ratcliff, editor, San Francisco Bay View National Black Newspaper

James Ferguson, Susan S. and William H. Hindle Professor, Stanford University

Alice Gatebuke, Rwandan Genocide and War survivor. Communications Director, African Great Lakes Action Network (AGLAN)

Max Bankole Jarrett, Deputy Director, Africa Progress Panel Secretariat

Mohamed Dicko, retired Computer Applications Analyst in St Louis, Missouri

Mojúbàolú Olufúnké Okome, Ph.D., Professor of Political Science, African & Women’s Studies, Brooklyn College, CUNY

Adam Ouologuem

John Edwin Mason, Department of History, University of Virginia

Dele Olojede, newspaperman

Dr. Jonathan T. Reynolds, Professor of History, Northern Kentucky University

Daniel J. Sharfstein, Professor of Law, Vanderbilt University

Claire L. Adida, Assistant Professor of Political Science at the University of California San Diego

Lisa Lindsay, University of North Carolina

Anne-Maria B. Makhulu, Assistant Prof. of Cultural Anthropology and African and African American Studies, Duke University

Karin Shapiro, Associate Professor of the Practice African and African American Studies, Duke University

Garry Pierre Pierre, Executive director of the Community Reporting Alliance, New York City

Lynn M. Thomas, Professor and Chair, Department of History, University of Washington

Martha Saavedra, Associate Director, Center for African Studies, University of California, Berkeley

Kathryn Mathers, Visiting Assistant Professor, International Comparative Studies, Duke University

Siddhartha Mitter, freelance journalist

Alexis Okeowo, Contributor, The New Yorker and The New York Times Magazine

Susan Thomson, Assistant Professor of Peace and Conflict Studies, Colgate University

Nicolas van de Walle, Maxwell M. Upson Professor of Government, Cornell University

David Newbury, Gwendolen Carter professor of African studies, Smith College

Charles Piot, Professor, Department of Cultural Anthropology & Department of African and African American Studies Co-Convener Africa Initiative, Duke University

Adia Benton, Assistant Professor of Anthropology, Brown University

Gregory Mann, historian of francophone Africa, Columbia University

Anne Pitcher, University of Michigan

Howard Stein, University of Michigan

Adam Shatz, London Review of Books

Peter Rosenblum, professor of international law and human rights, Bard College

Timothy Longman, African Studies Center Director, Chair of Committee of Directors, Pardee School of Global Studies, Associate Professor of Political Science, Boston University

Laura E. Seay, Assistant Professor, Department of Government, Colby College

Robert Grossman, Producer

Daniel Fahey, Visiting Scholar at UC Berkeley, and served on the UN Group of Experts on DRC from 2013-2015

Jennie E. Burnet, Associate Professor of Anthropology, University of Louisville

Kim Yi Dionne, Assistant Professor, Smith College

Lonnie Isabel, Journalist

Karen L. Murphy

Ann Garrison, Pacifica Radio reporter/producer and contributor to SF Bay View, Black Agenda Report, Black Star News, Counterpunch, Global Research

Ryan Briggs, Assistant Professor, Department of Political Science, Virginia Tech

Yolande Bouka, PhD, Researcher, Institute for Security Studies

Elliot Fratkin PhD, Gwendolen M. Carter Professor of African Studies, Department of Anthropology, Smith College

Gretchen Bauer, Professor and Chair, Department of Political Science and International Relations, University of Delaware

John Woodford, journalist

Frank Holmquist, Professor of Politics, Emeritus, School of Critical Social Inquiry, Hampshire College

Alice Kang, Assistant Professor, Department of Political Science, Institute for Ethnic Studies – African and African American Studies, University of Nebraska-Lincoln

Michel Marriott, journalist, author

Jennifer N. Brass, PhD, Assistant Professor, School of Public & Environmental Affairs, Indiana University

Séverine Autesserre, Department of Political Science, Barnard College, Columbia University

Jill E. Kelly, Assistant Professor, Clements Department of History, Southern Methodist University

Dr. Meghan Healy-Clancy, Lecturer on Social Studies and on Women, Gender, and Sexuality, Harvard University

Dayo Olopade, journalist, author

Mary Moran, Colgate University

Sharon Abramowitz, UFL

Rebecca Shereikis, Interim Director, Institute for the Study of Islamic Thought in Africa, Northwestern University

Barbara B. Brown, Ph.D., Director of the Outreach Program, African Studies Center, Boston University

Jeffrey Stringer

David Alain Wohl, MD, Associate Professor, The Division of Infectious Diseases, University of North Carolina at Chapel Hill

Andy Sechler, MD, Instructor in Medicine, Harvard Medical School

John Kraemer, Assistant Professor, Dept of Health Systems Admin. & African Studies Program, Georgetown University

Barbara Shaw Anderson, Associate Director, African Studies Center, Lecturer, Department of African, African American, and Diaspora Studies, African Studies Center, University of North Carolina

Adrienne LeBas, Assistant Professor of Government, American University, DC

Catharine Newbury, Professor Emerita of Government, Smith College

Ana M. Ayuso Alvarez, Epidemiology Programme applied to the Field, M. Art (Anthropologist)

Cynthia Haq MD, Professor of Family Medicine and Population Health Sciences, University of Wisconsin School of Medicine and Public Health

Aili Tripp, Professor of Political Science & Gender and Women’s Studies, University of Wisconsin-Madison

Gloria Ladson-Billings, Professor, Department of Curriculum & Instruction, Kellner Family Professor in Urban Education, University of Wisconsin

Anne Jebet Waliaula, PhD, Outreach Coordinator, African Studies Program, University of Wisconsin-Madison

Judith Oki, Salt Lake City, UT, former Capacity Building Advisor for Rebuilding Basic Health Services, Monrovia, Liberia

Sandra Schmidt, PhD, Assistant Professor of Social Studies and Education, Teachers College, Columbia University

Emily Callaci, Assistant Professor, Department of History, University of Wisconsin-Madison

Louise Meintjes, Assoc Prof, Departments of Music and Cultural Anthropology, Duke University

May Rihani, Former Co-Chair of the United Nations Girls’ Education Initiative (UNGEI), Author of Cultures Without Borders

Tejumola Olaniyan, University of Wisconsin-Madison

Selah Agaba, Doctoral Student, Anthropology & Education Policy Studies, University of Wisconsin

Casey Chapman, Wisconsin

Ted Hochstadt, Returned Peace Corps Volunteer (Lesotho)

Kah Walla, CEO – STRATEGIES!, Cameroon

Kofi Ogbujiagba, journalist, Madison, Wisconsin

Matthew Francis Rarey, Visiting Assistant Professor of Art History, University of Wisconsin-Milwaukee

David B. Levine, consultant in international development, Washington, DC

Claire Wendland, Medical Anthropologist, University of Wisconsin-Madison

Frederic C. Schaffer, Professor of Political Science, University of Massachusetts Amherst

Joye Bowman, Professor and Chair, Department of History, University of Massachusetts Amherst

Cody S. Perkins, Ph.D. Candidate, Corcoran Department of History, University of Virginia

Eric Gottesman, Colby College Department of Art

Lynda Pickbourn, Ph.D., Assistant Professor of Economics, School of Critical Social Inquiry, Hampshire College

Kate Heuisler, Phnom Penh, Cambodia

Henry John Drewal, Evjue-Bascom Professor of African and African Diaspora Arts, Departments of Art History and Afro-American Studies, University of Wisconsin-Madison

Sarah Forzley, lecturer in the English department at the University of Paris 10- Nanterre (France)

Laura Doyle, Professor of English,University of Massachusetts-Amherst

Ralph Faulkingham, PhD Emeritus Professor of Anthropology (and former Editor, The African Studies Review), University of Massachusetts Amherst

Dr. Jessica Johnson, University of Massachusetts Amherst History Department

Joseph C. Miller, University of Virginia ret.

Sean Hanretta, Associate Professor, Department of History, Northwestern University

Iris Berger, Vincent O’Leary Professor of History, University at Albany

Jackson Musuuza, MBChB, MPH, MS, PhD student in Clinical Epidemiology, University of Wisconsin Madison

Dr. Anita Schroven, Researcher, Max Planck Institute for Social Anthropology, Halle/Saale, Germany

Prof. Dr. Baz Lecocq, Chair of African History, Humboldt University of Berlin, Germany

Monica H. Green, Professor of History, Arizona State University

Sandra Adell, Professor, Department of Afro-American Studies, University of Wisconsin-Madison

Pamela Feldman-Savelsberg, Broom Professor of Social Demography and Anthropology Director, African and African American Studies Program, Acting Chair, Department of Sociology and Anthropology, Carleton College

Michael Herce, MD, MPH, University of North Carolina at Chapel Hill, Centre for Infectious Disease Research in Zambia (CIDRZ)

Satish Gopal MD MPH, UNC Project-Malawi (Director, Cancer Program), UNC Institute for Global Health & Infectious Diseases

Mina C. Hosseinipour, MD, MPH, Scientific Director, UNC Project, Lilongwe Malawi

Cliff Missen, M.A.

Director, WiderNet@UNC and The WiderNet Project, Clinical Associate Professor

School of Information and Library Science, University of North Carolina, Chapel Hill

Groesbeck Parham, Professor, UNC (working in Zambia)

Norma Callender, San Jose

Harry McKinley Williams, Jr., Laird Bell Professor of History, Carleton College

Robtel Neajai Pailey, Liberian academic, London

Rose Brewer, professor, University of Minnesota

Fodei J. Batty, Ph.D., Assistant Professor of Political Science, Quinnipiac University

Graham Wells, MS. PE, (Professor, Retired), Dept of Mechanical Engineering, Mississippi State University

CHOUKI EL HAMEL, Ph.D., Professor of History, School of Historical, Philosophical and Religious Studies Arizona State University

Obioma Ohia, Postdoctoral Fellow, University of Maryland Department of Physics

Paschal Kyoore, Professor of French, Francophone African/Caribbean Literatures & Cultures

Director, African Studies Program, Gustavus Adolphus College, Saint Peter, Minnesota

Preston Smith, Chair of Africana Studies. Professor of Politics, Mount Holyoke College

Catherine E. Bolten. Assistant Professor of Anthropology and Peace Studies. The Joan B. Kroc Institute for International Peace Studies, University of Notre Dame

Michael Leslie, associate professor of telecommunication, College of Journalism and Communications, University of Florida

Agnes Ngoma Leslie, Senior Lecturer and Outreach Director, Center for African Studies, University of Florida

Martin Murray, Urban Planning and African Studies, University of Michigan

Laura Fair, Associate Professor of African History, Michigan State University

Noel Twagiramungu, Post-doctoral Research Fellow, World Peace Foundation, The Fletcher School, Tufts University

PPTE, 3 ans après les promesses sont restées vains mots, M. Frindéthié

Soyez patients ; nous trouverons solution à tous vos problèmes lorsque nous serons reconnus par les institutions de Bretton Woods comme un pays pauvre très endetté. Voici la réponse que le régime de Ouattara, à travers son ministre de la santé, le Pr. N’Dri Yoman, offrait au professionnels de la santé à l’issue d’une réunion que ceux-ci avaient eue avec M. Ahoussou Jeannot dans le cadre de revendications syndicales en avril 2012. Voici là une façon très peu orthodoxe de répondre aux attentes des populations. Faut-il s’en étonner ? Pas du tout, surtout dans un pays ou le bizarre, le biscornu, le loufoque, ont été érigés en règle d’or.

Alassane Dramane Ouattara suppliait les Ivoiriens qui ployaient sous le fardeau de la maladie, de la cherté de la vie, du licenciement, du chômage, de l’insécurité, du délestage, du manque d’eau, d’attendre que le pays soit bien plus pauvre qu’il ne l’était déjà afin de remédier leurs souffrances. Ahurissant ! Et voilà 3 ans que le statut de PPTE fut accordé à la Côte d’Ivoire; et les Ivoiriens attendent toujours que les promesses se transforment en réalités.

N’est-ce pas Dramane Ouattara qui, pendant la campagne présidentielle, se vantait d’avoir sorti 15 pays de la misère lorsqu’il travaillait au FMI ? N’est-ce pas lui qui promettait de transformer la Côte d’Ivoire en un eldorado en 6 mois ? N’est-ce pas lui qui promettait aux Ivoiriens un déluge de milliards ? N’est-ce pas lui que les griots de la dictature glorifiaient d’être un Surhomme au carnet d’adresses exceptionnel ?

Ainsi donc les sceptiques avaient-il raison ? Ouattara n’est-il en fin de compte qu’un falsificateur, un brouteur, un arnaqueur dont les promesses ne valent même pas le papier sur lequel elles sont griffonnées ? Tout porte à le croire. Trois ans après, le gouvernement des rattrapés s’étonne de « l’impatience » des étudiants et des travailleurs.

BCEAO: les dessous d’un hold-up, Francis Kpatindé – Source: Jeuneafrique.com

 

 beceaoQui est derrière le casse de l’agence de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest à Bouaké ? Quel est le montant du butin ? Que fait-on pour retrouver les auteurs et les sommes dérobées ?

Il est midi passé, ce mercredi 24 septembre 2003, lorsque, soudain, des rafales d’armes automatiques retentissent dans Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire et fief des Forces nouvelles (rébellion). Rixe entre bandes rivales après une beuverie ? Attaque surprise des FANCI, les forces armées nationales de Côte d’Ivoire, fidèles au président Laurent Gbagbo ? Les tirs semblent provenir du quartier résidentiel et commercial, à l’entrée sud d’une agglomération qui comptait, avant le déclenchement de la guerre civile, en septembre 2002, quelque 760 000 habitants. Autour de l’agence locale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), située dans ce périmètre, règne une grande confusion. Des hommes puissamment armés affrontent des individus repliés à l’intérieur de l’établissement. Pour se dégager, ces derniers n’hésitent pas à balancer en l’air plusieurs liasses de billets, des coupures neuves de 10 000 F CFA, qu’ils viennent juste de dérober. Alléchés par cette manne inespérée, badauds, combattants et même quelques icônes de la rébellion (plusieurs témoins affirment ainsi avoir aperçu sur les lieux le chef de guerre Issiaka Ouattara, alias « Wattao ») s’en donnent à cœur joie.

Les échanges de tirs, d’abord nourris, puis sporadiques, dureront trois jours. « Débordé », le chef d’état-major des « forces armées » des Forces nouvelles, le colonel Soumaïla Bakayoko, appelle à la rescousse les troupes ouest-africaines d’interposition et les soldats français de l’opération Licorne, « des forces neutres, que tout le monde respecte et que l’on peut facilement identifier ». Ces derniers réussissent rapidement à sécuriser la zone et à ramener le calme. Les mystérieux braqueurs, eux, s’évanouissent dans la nature avec un joli pactole estimé, selon les sources, entre 16 et 20 milliards de F CFA (entre 24 et 30 millions d’euros), pendant que Bouaké compte ses victimes et panse ses plaies : vingt-trois morts et une trentaine de blessés.

Lorsqu’ils pénètrent, quelques jours plus tard, dans l’immeuble de la BCEAO, les militaires français, sénégalais, béninois, nigériens, togolais et ghanéens, ainsi que leurs accompagnateurs des Forces nouvelles, n’en croient pas leurs yeux. L’agence a été carrément mise à sac, les murs éventrés, les meubles brisés, les archives brûlées ou répandues par terre. La porte blindée d’accès aux caveaux est grande ouverte, tout comme certains coffres, défoncés au chalumeau ou à la dynamite. « Sur place, on a retrouvé des morceaux de pain moisi, des boîtes de sardines vides, des assiettes avec des restes de repas, des bouteilles de Coca-Cola et de Fanta, raconte, au téléphone, le porte-parole des Forces nouvelles, Sidiki Konaté. Il y avait même des lits de camp. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les malfaiteurs ont pris tout leur temps avant d’agir. Ils bénéficiaient sans doute de solides complicités. Un vrai travail de professionnels ! » Voilà pour les faits. Restent les questions.

La première s’impose d’elle-même : Qui ? Au moment des faits, fin septembre, le même Sidiki Konaté indiquait, avec un accent de sincérité, que le casse était l’oeuvre « d’hommes armés venus de Korhogo », autre ville rebelle, située plus au nord. Accusations aussitôt balayées du revers de la main par son camarade Messemba Koné, chef militaire de la zone incriminée et ministre des Victimes de guerre dans le gouvernement de réconciliation nationale : « Dès que j’ai été informé des événements qui se déroulaient à Bouaké, j’ai fait boucler ma zone, assure ce dernier. Personne n’est donc parti de chez nous pour Bouaké. Et nous ne sommes impliqués ni de près ni de loin dans l’attaque. »

Alors, si ce ne sont pas ceux de Korhogo, qui donc a fait le coup ? « Vos collègues de l’Agence France Presse ont mal interprété mes propos, se défend aujourd’hui, sans convaincre, Sidiki Konaté. Compte tenu de la situation d’insécurité qui prévalait autour de la Banque, nous avions demandé l’appui de nos camarades de Korhogo, qui ne sont d’ailleurs pas venus. Nous étions en présence d’une situation inédite. Nos hommes, après tout, n’ont pas été formés pour protéger des banques, mais pour faire la guerre. »

« Le cambriolage a été commis par des gangsters, affirme pour sa part, de façon sibylline, le chef d’état-major des Forces nouvelles, le colonel Soumaïla Bakayoko. Je ne connais pas leur identité parce que cette affaire est confuse, mais je me refuse à dire que ce sont mes éléments. Cela dit, notre organisation n’est pas parfaite. Il y a des difficultés, d’autant plus que certains d’entre nous sont très jeunes et peuvent être tentés d’ignorer les ordres. Mais ils sont globalement disciplinés, sinon c’est tout Bouaké qu’on aurait retrouvé à l’intérieur ou aux alentours de la BCEAO. […] La présence de l’argent a pu attiser les convoitises de nos populations et de certains de nos éléments. C’est compliqué, parce que cela se passe entre nous… » Une déclaration prudente, certes, mais qui sonne comme un aveu.

Qui donc, dans une zone tenue depuis plus d’un an par une rébellion armée, a pu organiser et réussir le cambriolage d’une succursale de la « Banque des banques », la deuxième opération du genre en Côte d’Ivoire en un an, après le spectaculaire hold-up de l’agence nationale de la BCEAO, le 27 août 2002, à Abidjan ? Qui, sinon un de ceux qui affirment contrôler la région ? De fait, même si l’enquête, ouverte sur plainte de la BCEAO et de l’État ivoirien, n’en est encore qu’à ses débuts, beaucoup d’observateurs pointent déjà du doigt le secrétaire général du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), Guillaume Soro, fortement soupçonné d’être le cerveau de ce fric-frac. C’est, du moins, la conviction de certains responsables de la BCEAO proches du dossier. Celle des milieux de renseignement occidentaux, mais aussi, mezza voce, de la France officielle, qui maintient actuellement en Côte d’Ivoire quelque quatre mille soldats. « Tout laisse croire que cette opération a été montée de toutes pièces par Soro, indique-t-on ainsi de bonne source à Paris. On peut comprendre, dans ce cas, sa réticence, depuis plusieurs semaines, à aller à Abidjan. S’il se fait épingler dans le cadre de cette affaire, nous ne lèverons pas le petit doigt pour lui venir en aide. »

L’affaire de Bouaké intervient, il est vrai, alors qu’on note une criminalisation croissante de la rébellion ivoirienne et une recrudescence de l’insécurité dans le Nord, désormais qualifié par certains de « Far North ». Le monde entier est informé des exactions et autres violations des droits de l’homme commises dans le « Gbagboland ». Un voile opaque semble recouvrir celles qui le sont dans le « Soroland ». Rackets, intimidations, braquages se multiplient dans une zone de non-droit où toute manifestation de dissidence, même pacifique – le fait est insuffisamment signalé – est proscrite. Tout comme les agences de la BCEAO de Bouaké et de Korhogo, plusieurs établissements financiers et administrations de la deuxième ville de Côte d’Ivoire – la Caisse autonome d’amortissement et la Trésorerie publique, notamment – ont été attaqués ces dernières semaines. Idem pour la succursale de la BIAO, à Ferkessédougou, plus au nord. Des pillages, bien souvent, accompagnés de rixes entre les miliciens des Forces nouvelles, qui réclament chacun leur part du gâteau.

Il arrive même parfois à ces derniers de s’en prendre aux observateurs de l’ONU. Ainsi, le 24 octobre dernier, certains d’entre eux ont poursuivi en voiture un avion des Nations unies qui s’apprêtait à prendre son envol sur la piste de l’aéroport de Bouaké, et l’ont contraint à s’arrêter. L’un des soldats a alors tiré un coup de feu sur le tarmac, près de l’appareil. Dans le cadre d’un autre incident très grave, le 25 octobre, des éléments des Forces nouvelles ont détenu et menacé de tuer sept officiers de liaison de la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Minuci) qui étaient en mission de reconnaissance à Man. L’équipe a heureusement été délivrée par un autre groupe de miliciens, qui l’a escortée en dehors de la ville…

Une partie du butin du casse de Bouaké aurait ainsi servi pour la solde des combattants de plus en plus indisciplinés et furieux de ne pas être payés en retour des sacrifices qu’ils affirment avoir consentis dans la lutte contre le pouvoir d’Abidjan, alors même que certains de leurs chefs roulent désormais carrosse, fréquentent les palaces et sont reçus avec les honneurs par les chefs d’État africains. Le reste de l’argent dérobé aurait été placé en lieu sûr, notamment au Mali voisin. Une accusation rejetée avec force à Bamako : « Les gens ne savent pas de quoi ils parlent, s’insurge Ousmane Thiam, le ministre malien de la Promotion des investissements et du Secteur privé, lui-même banquier de profession. Il est impossible de recycler du franc CFA sale dans le circuit bancaire de l’un des pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine, pour la simple raison que ce type d’opération n’échappera pas au contrôle des fins limiers de la BCEAO. »

« Le secrétaire général a autre chose à faire que d’organiser des hold-up, souligne, pour sa part, Sidiki Konaté, en prenant la défense de Guillaume Soro. Dans cette affaire, on nous fait un mauvais procès. Il ne faut pas oublier que nous avons perdu plusieurs de nos hommes, une vingtaine, alors qu’ils cherchaient à protéger de l’argent qui n’est pas à nous ! Nous avons dû tirer sur nos propres hommes et sur la population parce que nous étions débordés. Même à Paris, si vous braquez une banque et que vous jetez une partie de l’argent dans la rue, les gens accourront pour se servir. Je vous le rappelle, nous n’avons pas pris les armes pour surveiller des banques, qui ne sont, après tout, qu’un détail dans notre combat pour la justice en Côte d’Ivoire. » La rébellion, dont les supposés parrains libyen et burkinabè sont devenus parcimonieux, a-t-elle braqué l’agence de la BCEAO à Bouaké pour payer ses troupes ? « Nos combattants ne sont pas payés, poursuit Konaté. Ils se débrouillent comme ils peuvent. Et nous n’avons pas de nouvelles recrues. Cet argument ne tient donc pas. Par ailleurs, nous avons nos fonds propres. Nous levons des taxes auprès des sociétés opérant dans les zones sous notre contrôle… »

Deuxième question d’importance : Le montant du casse. Seize milliards de F CFA ? Vingt ? Un peu plus ? Un peu moins ? Motus et bouche cousue, comme de tradition, au siège régional de la BCEAO, à Dakar. Joint au téléphone à Bissau, où il était en mission, le gouverneur (ivoirien) Charles Konan Banny fait dans l’esquive : « Quand bien même on n’aurait volé qu’un centime, je ne puis l’accepter. Cet argent appartient aux huit pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Je ferai tout mon possible pour faire arrêter les responsables et les envoyer devant les tribunaux. » Mais quel est donc le montant de la somme que les malfaiteurs ont subtilisée ? « Tout ce qui touche à une Banque centrale est extrêmement sensible. Je ne suis tenu de rendre compte qu’aux seuls chefs d’État membres, et, sauf erreur de ma part, vous n’en êtes pas un. »

Et pourquoi la BCEAO a-t-elle laissé, depuis un an, des fonds aussi importants dans des agences installées dans une zone tombée aux mains d’une rébellion armée ? « Dès septembre 2002, nous avons entrepris des démarches aussi bien auprès des autorités de l’UMOA que du gouvernement ivoirien pour sécuriser nos agences dans une région devenue inaccessible aux forces de défense et de sécurité de la République de Côte d’Ivoire. » On n’en saura pas davantage. « Depuis novembre 2002, nous avons écrit à plusieurs reprises à la BCEAO pour qu’elle renvoie dans notre zone ceux de ses agents qui ont abandonné leurs postes depuis un an et pour lui demander de rouvrir les agences, affirme Sidiki Konaté. On ne nous a pas répondu. Faut-il, dans ces conditions, s’étonner de ce qui s’est passé ? Après tout, il n’y a pas de statut particulier pour une banque en zone de guerre. »

Il n’empêche ! Aussitôt informé du braquage de l’agence « auxiliaire » de Bouaké, Charles Konan Banny prend une série de décisions. Le 27 septembre 2003, il envoie sur place, grâce à l’appui des forces d’interposition françaises et ouest-africaines, une « mission exploratoire ». Trois jours plus tard, c’est au tour d’une « mission pluridisciplinaire » composée d’experts de faire le déplacement. Leur rapport est transmis, le 8 octobre, au président Laurent Gbagbo. Qui, tout comme la Banque, dépose une plainte contre X devant les tribunaux ivoiriens.

Dans une lettre adressée, le 14 octobre, aux huit chefs d’État membres de l’UMOA, et dont Jeune Afrique/l’intelligent a obtenu copie (voir fac-similé), le gouverneur affirme par ailleurs avoir « pris les mesures requises pour prévenir le risque de recyclage des fonds dérobés dans les circuits économiques et financiers normaux ». « J’ai en outre sollicité et obtenu des autorités ivoiriennes la mise à contribution, dans ce cadre, des polices économiques et des frontières, des services des douanes ainsi que des importantes sociétés commerciales et de commercialisation des produits agricoles. […] J’ai également invité les ministres des Finances des autres États membres à prendre des dispositions similaires… »

Cela suffira-t-il pour recouvrer les fonds dévalisés ? Plusieurs personnes ont été arrêtées, ces dernières semaines, du côté de Korhogo et de Ferkessédougou en possession de billets provenant du pillage. À la mi-novembre, un ressortissant béninois installé de longue date en Côte d’Ivoire a même été interpellé au Mali pour « recel de billets de banque frauduleusement soustraits », alors qu’il venait déposer dans une banque de Sikasso quelques millions de francs CFA, fruit de la vente de sa maison de Bouaké à un quidam qui l’a payé avec de l’argent volé. Maigre consolation pour l’UMOA, dont la BCEAO est l’institut d’émission ! Pour l’instant, le joli « matelas » de plusieurs milliards de F CFA reste introuvable.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : BCEAO : les dessous d’un hold-up | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

Blanchiment de l’argent des casses de la BCEAO: Un ministre d’Etat sénégalais révèle comment Wade a procédé

Amath Dansokho, leader historique de la gauche sénégalaise, aujourd’hui ministre d’Etat dans le gouvernement Macky Sall, confirme ses accusations anciennes sur les collusions financières entre Wade et les ex-rebelles ivoiriens qui ont pillé les agences de la BCEAO à Bouaké et à Korhogo. Il récidive en disposant aujourd’hui des moyens de renseignement de l’Etat. Dans une interview accordée au site Seneweb, il évoque des mécanismes de blanchiment et promet une liste de «hautes autorités» sénégalaise impliquées. Il parle également de relations financières douteuses entre Karim Wade et des figures de la Sarkozie. Extraits.

Parlant d’argent sale, vous avez une fois soutenu que l’argent issu de la casse des banques de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) de Bouaké et de Korhogo a été blanchi à Dakar. Est-ce que maintenez vos propos ?

Je maintiens que l’argent a été blanchi ici à Dakar. Le ministre des Finances ivoirien de l’époque l’a dit ici, et personne n’a protesté. Il (N.d.l.r. : Wade) s’acharnait contre Banny (N.d.l.r. : ancien directeur de la banque) (…). Lors d’une conférence de presse à Dakar, Banny a dit qu’il ne sait pas si demain il sera encore vivant, évoquant une menace de mort, mais nous savons que de hautes autorités ont blanchi l’argent de Bouaké et Korhogo et nous rendrons la liste publique dans quelques jours. Dès le lendemain, Abdoulaye Wade est allé s’agenouiller devant lui pour le supplier de ne pas le faire.

Depuis ce jour, il ne parle plus de la banque centrale avec laquelle il avait toujours des difficultés. Pourquoi le procès qu’il avait intenté contre moi n’est pas allé loin ?

Me Diop, l’avocat de ma défense, avait mis dans le dossier un procès-verbal dans lequel un homme avouait avoir blanchi cet argent avec l’aide de hautes autorités de l’Etat sénégalais. Un agent secret italien est venu dans mon salon me raconter que Wade a été découvert parce que lorsqu’il voyageait, il amenait dans les soutes de l’avion présidentiel des milliards d’euros, de devises qu’il prenait à la Société générale qu’il échangeait avec des francs CFA qu’on reversait à la Banque centrale.

Les gens se sont rendus compte qu’il y avait des billets issus de casse des banques de la Côte d’Ivoire (N.d.l.r. : de Bouaké et Korhogo). Ils échangeaient 1 franc ivoirien, qui a la même valeur ici, avec 50 centimes sénégalais. Il a fait tellement de scandales financiers, et c’est d’ailleurs pourquoi il dit que son fils est un génie en ingénierie financière. C’est pour l’habillage…

Comment expliquez-vous l’attitude du président sortant qui, après avoir annoncé un voyage à l’extérieur, est tout de même resté au pays, et ne manque pas de faire preuve d’une certaine agitation de sa retraite des Almadies ?

(rires) Tout ce que Wade fait, c’est parce qu’il sait que le Sénégal est en mesure de faire rapatrier ses ressources. L’instrument existe, c’est un instrument de la Banque mondiale et de l’Onu qui s’appelle Star. Il suffit juste que l’on dépose les dossiers, que les enquêtes soient faites…On l’a fait pour Mobutu, et actuellement pour Nguema et son fils, pour Abacha, Babaginda. Il faut certes faire vite. Mais on sait où est l’argent. Depuis le 11 septembre, tout argent qui circule dans les banques, sauf cette partie que contrôlent les mafias, tous les dépôts ordinaires dans les banques, on sait d’où ça vient et où ça va. Quelqu’un m’a confié, alors que j’étais malade à Saly, le montant de la fortune de Karim (je me garde bien de vous le dire). (…) Madické Niang (N.d.l.r. : ancien ministre des Affaires étrangères sous Wade), on sait qu’il a des milliards dans sa maison, ce sont ses enfants qui l’ont révélé. On l’a pris en train de vouloir changer un milliard. L’argent est là. Ils ont construit des trous, des salles réfrigérées, parce qu’ils ne peuvent pas amener cet argent dans les banques. Une opération aux Almadies nous aurait permis de récupérer des milliards.

Et vous dites que l’Etat sénégalais a les moyens de cet argent mal acquis ?

Par des mesures de police, des mesures légales, l’Etat sénégalais est bien en mesure de récupérer cet argent. (…) Je ne sais pas jusqu’à quand on peut laisser l’argent des Sénégalais s’évaporer comme ça. On ne peut pas faire autrement, il faut ramener l’argent ici. C’est une question de réalisme. (…) Ils ont certes des alliés en Occident, comme l’a révélé Péan dans son livre. Ruffin (N.d.l.r. : ancien ambassadeur de la France au Sénégal) lui-même a dit publiquement que Karim a remis de l’argent à des gens de l’entourage de Sarkozy. Mais les opinions publiques occidentales, de plus en plus à droite, ne permettront pas qu’on leur demande de payer des impôts pour venir en aide aux pays pauvres, pendant que les dirigeants de ces pays financent les campagnes électorales de leurs politiciens.

Pont de Jacqueville : Ouf ! On s’est rebiffé ! M. Frindéthié

Motocyclistes, cyclistes et piétons, débrouillez-vous!

Motocyclistes, cyclistes et piétons, débrouillez-vous … entre les lampadaires!

Après nos nombreuses dénonciations, les racketteurs semblent être revenus à une meilleure éthique : le pont de Jacqueville, nommé paradoxalement après celui-là même qui n’a jamais souhaité qu’il fût construit, ne sera plus à péage ! Car ce pont, en vérité, était prévu, jusqu’au pénultième moment, être une autre escroquerie, comme l’atteste la vidéo ci-dessous.

Ouf ! Il ne sera pas à péage ! C’est du moins ce qu’aurait déclaré Dramane Wattra à l’inauguration du pont de Jacqueville, où, pour la première fois depuis son atterrissage sur la scène politique ivoirienne, il rendit à César ce qui est à César, et fit hommage à Gbagbo, qui avait commencé les travaux de ce pont.

Espérons que l’esprit des Alladians, qui semble avoir touché l’âme de Wattra, lui insufflera davantage d’humanisme, afin qu’il libère la pléthore de prisonniers politiques qui croupissent dans ses geôles, afin qu’il débarrasse les propriétés assiégées de ses bourreaux, afin qu’il permette que les enfants de la Côte d’Ivoire éparpillés de par le monde rentrent dans la sérénité, et qu’il soit restitué à la Côte d’Ivoire un peu de son sourire d’antan.

Espérons aussi que ce pont, construit en deçà de nos expectatives, sans voies cyclables ni piétonnes–dans une zone rurale où la moto et la bicyclette constituent des moyens de transport majeurs, ne connaitra pas, dès les premières pluies, le sort du 3e pont !

Ahmed Bakayoko Appelle les Musulmans de Côte d’Ivoire au Jihad

Pour les élections de 2015, les génocidaires affûtent déjà les armes de la violence.

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Dernière interview du Président Gbagbo avant son arrestation par les forces françaises

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