Alassane Ouattara et le RDR – Une Thérapie de Choc pour les Ivoiriens, M. Frindéthié

casseurs

Avant la prise du pouvoir par le RDR et Co., l’on avait certainement cru avoir tout vu et tout entendu de ce qu’il pouvait y avoir d’empesté en rhétoriques et en pratiques politiciennes : Bédié était un « ivoiritaire » – comme s’il aurait été souhaitable qu’il fût, comme Senghor et Diouf, francitaire, vigile jaloux de l’identité de l’autre plutôt que de la sienne. Et pour l’en punir, la Côte d’Ivoire fut transpercée en son sein d’une épée qui causa le déchirement de son capital humain et figea son élan. Quand arriva Gueï, dont l’on s’attendait, après l’avoir précipité comme artifice à la magistrature suprême, qu’il continuât à jouer niaisement son rôle de leurre et qu’il passât le témoin au vrai commanditaire du coup de force de 1999, lui aussi fut combattu pour être un apôtre de l’ivoirité. Et vint Gbagbo. Que pouvait-on lui reprocher, sinon que d’être un empêcheur de tourner en rond qu’il fallait déchoir à tout prix en lui imputant, à lui aussi, le péché de l’ivoirité.

Et en substitution de tous ces méchants loups de la politique ivoirienne, Il était, à chaque occasion, proposé un homme, d’une voix faussement doucereuse, d’une mine mensongèrement angélique, d’une mise abandonniquement occidentale, d’une éducation trompeusement démocratique, parce qu’apparemment américaine : Alassane (Dramane) Ouattara (ADO pour ses louangeurs ; AO pour qui veut vivre un autre jour). Car, en définitive, n’était pas ivoiritaire toute personne ou idée qui ne s’accordait pas à l’évangile selon Alassane Dramane Ouattara et ses maîtres français? D’ailleurs, Ouattara n’était-il pas un bon écolier de la finance internationale et le protégé de Camdessus ? N’avait-il pas, en tant que premier ministre, fait la fortune de la France en vendant respectivement à Bouygues et Bolloré, et pour un franc symbolique, l’EECI (Energie Electrique de Côte d’Ivoire) et la SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire) ? N’avait-il pas vendu à vils prix aux amis français de son épouse de nombreuses sociétés d’Etat malgré les vives protestations de Bédié (alors président de l’Assemblée nationale) ? AO n’était-il pas un vigile des intérêts français, qui par son libéralisme économique béat et presque benêt, permit à la France de faire main basse sur les ressources ivoiriennes ? N’était-il donc pas normal que la France le préférât à toute autre personne à la présidence ivoirienne ? Une présidence qui somme toute tardait à lui arriver, tant étaient labyrinthiques les voies démocratiques ?

Lorsque las de l’attente que lui imposait le processus démocratique, AO décida enfin de mettre bas le masque, pour se saisir du pouvoir – bien qu’il ne sortit jamais de sa légendaire perfidie et laissa toujours aux autres le soin d’assumer ses méfaits ; et ce n’est pas Soro qui nous contredirait, qui a porté la croix d’AO pour lui -, le séraphin se mua en incubus ; car, s’était-il convaincu, il était important qu’il introduisît dans les Ivoiriens un effroi qui leur interdirait d’oser remettre en cause son autorité, une frayeur qui consoliderait son règne absolu. Il était important qu’il régnât par la peur. Aussi, les boulevards qui menèrent à son autocratie tapissa-t-il de souffrances et de morts : les sources des puits de Duékoué prirent une saveur de putréfaction ; d’entières familles à Nahibly dans les incendies criminels de ses milices succombèrent ; ses longs couteaux visitèrent les sommeils des habitants d’Anokoi Kouté. Bref ! Aucune contrée de la Côte d’Ivoire, semblait-il, ne fut épargnée des balafres, des pleurs et des deuils généreusement dispensés par AO.

Aucune ? Pas exactement ! Les contrées du nord ivoirien et la majorité de leurs ressortissants, eux, étaient à dessein épargnés des lamentations quotidiennes servies au reste des Ivoiriens par AO. Car, à peine installé au palais présidentiel, AO mit en place une politique d’épurement ethnique qu’il théorisa comme « politique de rattrapage ethnique » – et dont, dans un geste qui lui est propre, il nia la paternité quelques heures seulement après l’avoir énoncée sur une chaîne de télévision internationale. Une politique de purification qu’il justifia de ce que, de tous les temps, de l’administration d’Houphouët à la gouvernance de Gbagbo, en passant par celles de Bédié et de Gueï, les « Nordistes » auraient été mis en marge de la société ivoirienne, confinés dans des ghettos économiques, politiques, sociaux et culturels. Aussi, lui, le messie des Nordistes, serait venu mettre un terme à cette iniquité par le remède du rattrapage ethnique.

Dans son application la moins monstrueuse, la « politique de rattrapage ethnique » d’AO consiste à épurer aussi bien les entreprises d’Etat que les entreprises privées, les associations culturelles, les associations sportives et les organisations non gouvernementales des ressortissants des régions où le président Gbagbo a enregistré une majorité de votes pendant les élections présidentielles de 2010, afin de les remplacer par des ressortissants du Nord, où AO enregistra des scores suspicieusement immesurés. Ainsi, des milliers de travailleurs sudistes s’en allèrent-ils augmenter la pléthore de chômeurs occasionnée par la guerre d’AO, alors que des milliers de Nordistes les remplaçaient ou décrochaient des contrats publics sans en démontrer les compétences nécessaires.

La politique de « rattrapage ethnique » inaugurée par AO fit des émules au sein de la population ivoirienne. De nombreuses personnes originaires de certaines régions dites « historiquement lésées » n’hésitèrent plus à envoyer des lettres pour la plupart anonymes mais souvent signées à la cellule secrète aux questions ethniques d’AO pour se plaindre de telle ou telle personne qui leur aurait ravi une opportunité dans la vie ou qui aurait occupé un poste qui devrait ethniquement leur revenir. Ce poison de la délation se répandit d’autant plus que les demandes des délateurs furent très souvent comblées par le gouvernement. De ce fait, il se constitua en Côte d’Ivoire un réseau de rapporteurs auprès de certains ministères ivoiriens. La campagne de délation encouragée au sommet de l’Etat continue aujourd’hui encore d’édifier un climat de malaise profond et de paranoïa en Côte d’Ivoire dans la mesure où une simple jalousie, une convoitise ou une pulsion de règlement de comptes suffisent à jeter des fonctionnaires dans le tourbillon de la persécution. Dans certaines structures (RTI, SOTRA, PAA, SIR, éducation, etc.), de nombreux fonctionnaires furent licenciés alors même qu’on y embauchait d’autres aux mêmes postes sur les fondements du rattrapage ethnique

Dans son application la plus barbare, la « politique de rattrapage ethnique » consiste à laisser faire l’escadron de la mort et les milices armées de Ouattara, à tourner le dos de l’indifférence pendant qu’ils assassinent et commettent des horreurs de toutes sortes sur les populations du Sud. Ainsi, ne se passe-t-il pas un seul jour sans que des civils non armés ne soient criblés  de balles par des dozos illégalement armés ou par les militaires qui contribuèrent à installer Ouattara à la présidence ; et cela dans le silence de l’impunité. Et, tout comme pendant l’épuration nazie, alors que montaient des hauts fourneaux d’Auschwitz les fumées chargées d’effluves de souffrances, de nombreuses populations des villages environnants prétendaient ne rien sentir ni ne rien voir, dans l’autocratie de Ouattara aussi, nombreux sont ceux qui, bénéficiaires de la politique d’épuration, prétendent ne rien voir ni ne rien entendre des gémissements des suppliciés qui montent des chambres de torture et des incendies criminels.

Comment peuvent-ils entendre les geignements de leurs compatriotes lorsque ces Ivoiriens-rattrapés sont si occupés à « manger » et que les clappements de leurs laborieuses mandibules couvrent tout autre bruit ? Comment peuvent-ils parler de l’infortune de leurs frères et sœurs quand ils ont la bouche si pleine de la pitance du rattrapage ethnique ? Comment peuvent-ils entendre les plaintes de leurs semblables, quand assis à la table du butin, les bruissements des billets neufs des casses et des braquages agréés couvrent tout autre bruit ?

Le sale butin de la guerre faite aux Ivoiriens pour l’accession d’AO à la présidence n’est-il pas énorme ? Si énorme que ni les nombreuses fondations conçues à la va-vite, ni les hideux immeubles montés précipitamment et sans aucune conception architecturale sur des terrains arrachés de force à leurs propriétaires, ni les entreprises engendrées hâtivement dans l’anticipation d’un marché à venir dont l’on a eu vent avant la Côte d’Ivoire non-rattrapée n’ont pu le blanchir ? Mais voilà que les alchimistes de la rue Lepic ont la lumineuse idée de créer une banque spécifiquement RDR ; un établissement financier qui, puisant aux sources même de la logique clanique qui caractérise les actions du RDR, poursuivrait l’entreprise de blanchiment du butin des casses et des expropriations, tout en restant à l’écoute des humeurs bellicistes de ses militants (ex-cordonniers-mécanos-reconvertis-en-combattants-reconvertis-en-gnambros-reconvertis-microbes) qui grognent d’être délaissés par ceux qui les employaient hier et qui pour se payer tourmentent davantage les populations déjà meurtries. Que ne découvrîmes-nous pas à la lumière des ambitions politiques d’AO, pour qui fut détourné le parti de feu Djéni Kobinan pour en faire le temple des transes et des rituels ADOrateurs !

Il aura fallu qu’AO ait des ambitions présidentielles pour qu’un détrousseur de vieilles dames et un grand corrompu comme Sarkozy s’érige en donneur de leçons et en conquérant en Côte d’Ivoire. Il aura fallu qu’AO ait des ambitions présidentielles pour que les familles ivoiriennes soient punies d’un embargo sur les médicaments – AO leur rétorquera certainement que, qui aime bien châtiant bien, cet embargo n’était instauré que pour le bien des Ivoiriens que son épouse et lui portent dans leur grand cœur, au point de leur avoir construit un hôpital « privé » à financement occultes et suspicieusement publics, qui leur consacrera 25% de ses services. Quel cynisme ! Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’anti-intellectualisme ait droit de cité, et que des cancres soient promus ministres et officiers de l’armée. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le vol et la corruption soient érigés en valeurs. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’école ivoirienne tombe si bas, que les étudiants prennent des cours assis à même le sol, que les laboratoires soient vides de tout matériel, que les campus universitaires soient assiégés par des dozos. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que des ministres ivoiriens soient pris par Médiapart, la main dans le sac, à rançonner des opérateurs économiques. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le paysan ivoirien, premier acteur de notre essor économique, se voie spolié, appauvri, humilié et brutalisé. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le chômage atteigne une proportion désespérée. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’UNICEF organise des soupes populaires à la rescousse d’enfants malnutris. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que s’installent en Côte d’Ivoire une indiscipline et une insalubrité délirantes, et qu’Ebola et la fièvre Lassa frappent à la porte des Ivoiriens. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que la Côte d’Ivoire soit le carrefour de prédilection de toute la pègre internationale. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que les Ivoiriens se barricadent dès 18 heures dans leurs maisons, de peur de se faire trucider par un « microbe » ou un coupeur de route. Il aura fallu qu’AO soit au pouvoir pour qu’un voyage à l’hôpital soit un billet aller-simple dans un mouroir. Il aura fallu qu’AO et le RDR soient à la présidence pour qu’en guise d’antithèses, les ingénieurs sociaux d’un parti au pouvoir en manque d’arguments n’offrent à leurs contradicteurs qu’insultes et grognements de porcherie.

Il aura vraiment fallu qu’Alassane (Dramane) Ouattara et son RDR accèdent au pouvoir pour qu’enfin l’Ivoirien réalise qui est cet homme, qui sont ces hommes qui le soutiennent et l’encouragent dans la balourdise, quelle est cette idéologie qui les inspire, et quel est ce parti qui leur sert de chambre de torture. Il aura fallu qu’AO et son RDR accèdent finalement au pouvoir – et par les méthodes que nous savons – pour que les valeurs de la Côte d’Ivoire soient mises sens dessus-dessous ; pour que l’Ivoirien réalise ce qu’il a perdu, pour qu’il réalise qu’AO est l’une des plus grosses falsifications qui aient jamais existé ; qu’AO, ses inspirateurs, leur idéologie, et le RDR sont extrêmement dangereux pour la démocratie.

Enfin de compte, Alassane Dramane Ouattara aura été une thérapie de choc pour les Ivoiriens ; car à cause de lui, grâce à lui peut-être, les Ivoiriens auront vécu le pire en lui, en son entourage, et en son parti le RDR ; et surtout, les Ivoiriens auront appris à les reconnaître et à les éviter. Alassane Dramane Ouattara nous aura montré le visage de ce qu’il peut y avoir de plus hideux dans le tissu social ivoirien. Et il y a gros à parier qu’après 2020, les Ivoiriens consciencieux, de quel bord politique et de quelles régions qu’ils soient, s’opposeront à la politique fasciste de Dramane Ouattara, et tel un seul corps national, s’exclameront « jamais, plus jamais ça ! », et qu’ils extirperont du paysage politique ivoirien, comme l’on extirpe d’un corps malade une tumeur cancérogène, le RDR et l’idéologie dont s’inspirent les ingénieurs sociaux de ce parti qui a à son fondement la négation même de la vie en société.

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(Dec. 1, 2010) The United Nations, the IMF, and the “Unholy Trinity of Waste, Fraud and Abuse”, M. Frindéthié

It is under kofi Annan, when he was Secretary General of the United Nations, that the split of Cote d’Ivoire between a rebel North and a constitutional South got sanctified. At the time, Kofi Annan was under pressure by the Bush administration to show patte blanche on the “oil for food” program and France needed to regain control of the richest French-speaking African country that was progressively distancing itself from Paris under President Gbagbo’s leadership. Chirac and Annan had something to give each other: Annan needed Paris’s support to fend the American onslaught and Chirac needed the United Nations to weaken Gbagbo. Annan’s/the UN’s sanctification of the Northern rebellion in Cote d’Ivoire tells a compelling story: While Africa should be proud of its sons of daughters who have “made it” on the global stage, on the other hand, Africa should remain extremely wary of the petite bourgeoisie that has been reared in the nurseries of such organizations as the United Nations, the World Bank, and the IMF, a petite bourgeoisie whose interests lie in the maintenance and continuance of Africa’s enslavement. In 1997 the world and Africa in particular greeted with much elation the appointment of the first sub–Saharan African, Ghanaian Kofi Annan, as head of the United Nations. Annan even received some praise and enthusiastic wishes of success from very unlikely supporters. Then senior vice president of the American Enterprise Institute, John R. Bolton, who would later become one of Annan’s fiercest critics, had this to say of Annan’s “win” over Tanzanian Salim A. Salim. “The winner, Kofi Annan, was certainly preferable to Salim. Virtually all Annan’s career has been within the UN system, frequently in management and personnel positions. Few know the “system” better than Annan. He is therefore in the best possible position to deliver on reform, for bureaucratic trials, jargon and obfuscation are not likely to distract him if he is engaged. From January 1, 1997, forward, the world can judge his performance.” Could it be that the “system” to which Bolton was referring was what Stefan Halper named the United Nations’ “unholy trinity of waste, fraud, and abuse,” for indeed the world got to judge Annan and the verdict was resoundingly depressing? Truly, “a kleptocratic culture of non-accountability at home was transferred to the world body.” Annan managed the United Nations as a traditional Ghanaian village chief would manage his family plantation, that is, with no regard to transparency and good governance, but rather with particular propensity for nepotism, dereliction, and corruption. Under Annan’s predecessor, Boutros Boutros-Ghali, corruption, which was rampant in the United Nations, was thought to have reached its peak. However, Annan, who had been waiting for years in the antechamber of power, in the shadow of Boutros-Ghali as under-secretary general of the United Nations, was going to prove the critics of his boss wrong even before he had his chance to preside over the destiny of this most money-hungry institution. In a feat of pathological perfectionism Annan was going to take corruption to its uppermost eruption and claim for himself the palm of the world’s shadiest official. For Annan, how better could he claim the center of capitalism than to accumulate capitalism’s most valued assets, that is, money? So, when under his auspices the United Nations had the opportunity to administer the Oil-for-Food program, a program with a capital five-fold the United Nations’ own budget, Annan sought illegal means to hoard as much as he could of these funds either directly or indirectly. Indeed, in the aftermath of the 1991 Gulf War, the United States had imposed a series of trade embargoes on the Saddam regime. However, as is well known, sanctions imposed on despots have generally been circumvented by the governing classes they are meant to squeeze and have usually brought hardships on the ordinary people. To prevent this pattern from repeating itself in Iraq, the sanctioning authority allowed Iraqi oil to be sold, provided that the takings of the sale should be managed by the United Nations and utilized to buy food and humanitarian supplies for the people of Iraq and to fix the destroyed infrastructures of the country. In 1996, Kofi Annan was charged by Boutros-Ghali to administer the Oil-for-Food program, which was spasmodic at the time. Among the expert brokers that Annan brought in to make the program effective were his own son Kojo Annan and infamous Robert Mugabe’s nephew Leo Mugabe. Within seven years, the Annan dream team for the management of the Oil-for-Food program was able to reorient and embezzle billions of dollars with the complicity of Saddam, and this grand theft “would have succeeded without a hitch had not Saddam Hussein’s regime been overthrown and the Oil-for-Food program been transferred in all its mysterious splendor to the U.S.-led coalition in Iraq.”Of the 67 billion dollars that the export of oil generated between 1996 and 2003, Annan’s head of humanitarian program, Benon Sevan, before retiring to his 1.5-million-dollar mansion in New York, was able to report “31 billion in supplies of food and medicine delivered to the Iraqi people, leaving $8.2 billion in humanitarian goods still to be delivered…. $3 billion had gone in development funds to rebuild Iraq.” What of the rest? Well, in this age of digitized information, the United Nations internal managers/investigators for the Oil-for-Food program were sorry to inform the world that with the bombing of Baghdad by the coalition troops, important documents pertaining to the program got lost—as if the headquarters of the United nations were located in Saddam’s personal palaces; as if the United Nations, this over-budgeted institution, were still keeping records on first-century scrolls. In fact, “[t]he Oil-for-Food scandal is a potent indictment of the way business is done at the UN Secretariat. It represents the ongoing impeachment of the UN system, a symbol of continuing massive corruption involving the theft of close to $11 billion in revenues…. In fact, this recent scandal is not an aberration at the UN. It forms part of a pattern that can be considered the norm.” Where else than at the United Nations, the World Bank, and the IMF, these cradles of world corruption, could the black slaver fulfill his dream of tending exponentially toward the glittering center of white bliss? Where else than there could he accumulate the fastest possible that which allows him to mark his difference from the bottom billion crouching in the rural poverties of Africa and Asia? Where else than there could he amass the necessary assets that would make him a modern man in the urban space, in the company of the white? Annan’s attitude is symptomatic of the black elites’ perfectionist superfluity. The African petite bourgeoisie reared within such world organizations as the UN or the IMF, affected by inferiority complex, and that “pander[s] to Western opinion.” is on a binge for praise. Alassane Ouattara belongs to that class of approval seekers, and he would do anything to please the West and to avoid the West’s reprimand. Laurent Gbagbo does not fit the mold of France’s black governors as represented by Bokassa, Bongo I, Compaoré, Biya, Nguesso or Ouattara. The latter has been exposed as a vile politician that is more concerned about protecting the interests of his imperialist masters than ensuring and safeguarding the welfare of the Ivorian people, a people that has vowed never to bend to the imperialist pressure. His multiple calls for a popular uprising since 2002 and his attempts at coups d’état have repeatedly failed. His Occidental masters, however, are resolute to put him on the throne in spite of the people’s resistance. This sets the stage for another African calamity.

Read more in K. Martial Frindéthié’s Globalization and the Seduction of Africa’s Ruling Class: An Argument for a New Philosophy of Philosophy (McFarland, 2010)

Cote d’Ivoire: Human Rights Watch Denounces the Partial Justice of the Autocratic Regime

A woman hides her face after recounting how pro-Ouattara forces killed two of her children and her brother.© 2011 Peter Dicampo

A woman hides her face after recounting how pro-Ouattara forces killed two of her children and her brother.
© 2011 Peter Dicampo

(Abidjan)– The Ivorian government has not yet delivered on its promises of impartial accountability for the serious international crimes from the 2010-2011 post-election crisis, Human Rights Watch said in a report released today. The government should step up support to judges and prosecutors handling these cases so that victims from both sides can finally see justice.

The 73-page report, “Turning Rhetoric Into Reality: Accountability for Serious International Crimes in Côte d’Ivoire,” analyzes Côte d’Ivoire’s uneven efforts to hold to account those responsible for serious international crimes committed following the November 2010 presidential election. Since his May 2011 inauguration, President Alassane Ouattara has repeatedly declared his commitment to bring all of those responsible to account, regardless of political affiliation or military rank. However, while prosecutors have charged more than 150 people with crimes committed during the post-election violence, none of those charged come from the pro-Ouattara forces.

“President Ouattara’s expressed support for impartial justice rings hollow without more concrete action to bring justice for victims of crimes committed by pro-government forces,” said Param-Preet Singh, senior international justice counsel at Human Rights Watch. “If Côte d’Ivoire is going to break from its dangerous legacy in which people close to the government are beyond the reach of the law, it needs credible prosecutions of those responsible for crimes on both sides of the post-election conflict.”

Côte d’Ivoire’s international partners – including the European Union, the United Nations, France, and the United States –should also increase diplomatic pressure and financial support for impartial accountability, Human Rights Watch said.

The report is based on research in Abidjan in September 2012 and follow-up interviews with government officials, lawyers, civil society members, UN representatives, diplomats, and officials from donor agencies.

Internationally recognized results proclaimed Ouattara the winner of the November 2010 election, but Laurent Gbagbo, his opponent, refused to step down as president. That caused a five-month crisis during which at least 3,000 people were killed and 150 women raped, with attacks often carried out along political, ethnic, and religious lines. In November 2011, Gbagbo was transferred to The Hague on a warrant from the International Criminal Court (ICC). He remains there in custody pending a determination of whether there is enough evidence to try him for four counts of crimes against humanity.

Cases involving serious international crimes can be sensitive, but the lack of justice can carry high costs. Chronic impunity has fed the repeated episodes of violence in Côte d’Ivoire over the last decade, with civilians paying the greatest price, Human Rights Watch said.

In June 2011, Ouattara created a National Commission of Inquiry, a Special Investigative Cell, and a Dialogue, Truth, and Reconciliation Commission to respond to the abuses committed during the post-election crisis. In August 2012, the National Commission of Inquiry released a summary of its report, which confirmed that serious crimes had been committed by pro-Gbagbo and pro-Ouattara forces, and recommended bringing those responsible for abuses to justice. These findings echoed a UN-mandated international commission of inquiry and reports by human rights groups.

Human Rights Watch called on the Special Investigative Cell, which is tasked with conducting judicial investigations of the post-election crimes, to use the National Commission of Inquiry’s report to conduct a “mapping exercise.” The exercise would essentially be an in-depth overview of the crimes committed by region during the crisis, pinpointing individual suspects where possible. This would help the cell develop a strategy for selecting cases to investigate and prosecute, which it has not yet done.

Non-confidential portions of any “mapping exercise” and prosecutorial strategy should be shared with the public to help build confidence in the investigative unit’s ability to execute its mandate independently and impartially. The Special Investigative Cell likely needs more staff if it is to succeed in bringing impartial prosecutions for serious international crimes, Human Rights Watch said.

Human Rights Watch found that many people accused of post-election crimes have sat in pretrial detention for almost two years, in violation of their internationally recognized fair trial rights, in part as a result of the need to enact long overdue legal reforms. The government should expedite efforts to reform the criminal procedure code so that defendants already in custody can be brought to trial without further delay and are guaranteed a right of appeal. Access to a lawyer should also be made mandatory at an earlier stage, as well as legal assistance for those who cannot afford a lawyer.

ICC states parties, the EU, and the United Nations notably have increasingly signaled their commitment to promote accountability before national courts to make complementarity – the principle under which the ICC only intervenes when national courts are unable or unwilling to do so – a reality. However, the Human Rights Watch report sets out evidence that key partners have only made limited efforts toward those ends in Côte d’Ivoire.

Côte d’Ivoire’s international partners should learn from the mistakes made following the country’s 2002-2003 armed conflict, Human Rights Watch said. After the earlier conflict, the country’s international partners sat by silently while justice was sidelined and impunity took deeper root, helping set the stage for the devastating post-election crisis in 2010 and 2011.

“The lack of key reforms to provide needed support for investigations and prosecutions is holding back progress on accountability for serious international crimes in Côte d’Ivoire,” Singh said. “Côte d’Ivoire’s international partners should work with the government to provide assistance where needed, and use their diplomatic clout to reinforce the message that impunity is not an option.”

The Ivorian government and international donors should also work together to support the independence of judges and prosecutors, and to provide protection and security for witnesses, judges, prosecutors, and defense lawyers involved in cases of serious international crimes. This is of critical importance to ensure fair and impartial justice for the key crimes of the recent past, and to strengthen the Ivorian justice system overall so it can function efficiently and fairly in the future, Human Rights Watch said.

Following requests by both the Gbagbo and Ouattara governments to investigate the violence in Côte d’Ivoire, the ICC opened an investigation in October 2011. The ICC has jurisdiction to try crimes committed in the country after September 19, 2002. The ICC has only publicly issued two arrest warrants, against Gbagbo and his wife, Simone, both charged with crimes against humanity. The Human Rights Watch report concluded, based on interviews with numerous Ivorian civil society activists, that the ICC’s one-sided approach has legitimized the same approach by Ivorian judicial authorities and undermined perceptions of the ICC’s impartiality. Côte d’Ivoire ratified the Rome Statute, the ICC’s founding treaty, in February 2013, becoming the ICC’s 122nd state party.

Simone Gbagbo remains in Ivorian custody facing domestic charges of genocide, among other crimes. The Ivorian government should comply with its obligations either to surrender her to the ICC or, as an alternative, submit a challenge to the admissibility of the case before the ICC because she is being tried for similar crimes domestically.

“The ICC should swiftly investigate crimes committed by those on the Ouattara side and, based on the evidence, seek arrest warrants,” Singh said. “This is essential to restore the ICC’s legitimacy in Côte d’Ivoire and to put pressure on the Ivorian authorities to deliver credible, impartial results.”

Des promesses de justice impartiale non tenues; Human Rights Watch accable la dictature de Dramane

Une femme cache son visage après avoir expliqué comment des forces pro-Ouattara ont tué deux de ses enfants et son frère lors des violences post-électorales à Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Duékoué a été le théâtre de l’un des pires massacres commis lors de la crise, mais personne au sein des forces pro-Ouattara n’a été arrêté pour les crimes perpétrés à cet endroit.© 2011 Peter Dicampo

Une femme cache son visage après avoir expliqué comment des forces pro-Ouattara ont tué deux de ses enfants et son frère lors des violences post-électorales à Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Duékoué a été le théâtre de l’un des pires massacres commis lors de la crise, mais personne au sein des forces pro-Ouattara n’a été arrêté pour les crimes perpétrés à cet endroit.
© 2011 Peter Dicampo

(Abidjan)– Le gouvernement ivoirien n’a pas encore honoré sa promesse de réclamer des comptes de manière impartiale pour les crimes internationaux graves perpétrés lors de la crise post-électorale de 2010-2011, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Les autorités ivoiriennes devraient renforcer leur soutien aux juges et aux procureurs qui traitent ces affaires afin que justice puisse finalement être rendue aux victimes des deux camps.

Le rapport de 82 pages, intitulé « Transformer les discours en réalité : L’heure de réclamer des comptes pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire », analyse les efforts inégaux déployés par la Côte d’Ivoire pour réclamer des comptes aux responsables des crimes internationaux graves commis dans la foulée du scrutin présidentiel de novembre 2010. Depuis son investiture en mai 2011, le Président Alassane Ouattara a déclaré à plusieurs reprises qu’il s’engageait à traduire en justice tous les responsables, indépendamment de leur affiliation politique ou de leur grade militaire. Or, même si les procureurs ont inculpé plus de 150 personnes pour des crimes perpétrés au cours des violences post-électorales, aucun des inculpés ne provient des forces pro-Ouattara.

« Le soutien exprimé par le Président Ouattara en faveur d’une justice impartiale sonne creux s’il n’est pas assorti de mesures plus concrètes visant à rendre justice aux victimes des crimes commis par les forces pro-gouvernementales », a souligné Param-Preet Singh, juriste senior au programme de Justice internationale de Human Rights Watch. « Si la Côte d’Ivoire veut rompre avec son dangereux héritage qui permet aux personnes proches du gouvernement d’être à l’abri de la justice, il faut qu’elle engage des poursuites crédibles à l’encontre des responsables de crimes appartenant aux deux camps impliqués dans le conflit post-électoral. »

Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire—dont l’Union européenne, les Nations Unies, la France et les États-Unis—devraient également accroître leurs pressions diplomatiques et leur soutien financier aux efforts de justice impartiale, a noté Human Rights Watch.

Le rapport est basé sur des travaux de recherche réalisés à Abidjan en septembre 2012 ainsi que sur des entretiens de suivi avec des responsables gouvernementaux, des juristes, des membres de la société civile, des représentants de l’ONU, des diplomates et des responsables d’organismes bailleurs de fonds.

Les résultats du scrutin présidentiel de novembre 2010, reconnus internationalement, avaient donné Ouattara vainqueur, mais Laurent Gbagbo, son rival, avait refusé de quitter la présidence. Une crise de cinq mois s’en était ensuivie, au cours de laquelle au moins 3 000 personnes avaient été tuées et 150 femmes violées, souvent dans le cadre d’attaques perpétrées en fonction de critères politiques, ethniques et religieux. En novembre 2011, Gbagbo avait été transféré à La Haye en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI). Il y demeure en détention dans l’attente d’une décision établissant s’il existe suffisamment d’éléments de preuve pour intenter un procès contre lui pour quatre chefs de crimes contre l’humanité.

Les affaires liées à des crimes internationaux graves peuvent se révéler sensibles, mais l’absence de justice risque d’entraîner de lourdes conséquences. L’impunité chronique qui prévaut alimente les épisodes répétés de violence dont la Côte d’Ivoire est le théâtre depuis dix ans, les civils en payant le prix le plus élevé, a déploréHuman Rights Watch.

En juin 2011, le Président Ouattara a créé la Commission nationale d’enquête, la Cellule spéciale d’enquête, ainsi que la Commission dialogue, vérité et réconciliation en réponse aux exactions commises lors de la crise post-électorale. En août 2012, la Commission nationale d’enquête a publié un résumé de son rapport, lequel confirme d’une part que des crimes graves ont été perpétrés à la fois par les forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara et recommande d’autre part la traduction en justice des responsables de ces actes. Ces résultats font écho aux constatations d’une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU et aux rapports d’associations de défense des droits humains.

Human Rights Watch a appelé la Cellule spéciale d’enquête, chargée de mener des enquêtes judiciaires sur les crimes post-électoraux, à utiliser le rapport de la Commission nationale d’enquête pour réaliser un « exercice de cartographie ». Cet exercice consisterait essentiellement à fournir un panorama détaillé des crimes commis par région durant la crise, identifiant des personnes suspectes si cela s’avère possible. Cela aiderait la cellule à élaborer une stratégie pour la sélection des affaires devant faire l’objet d’enquêtes et de poursuites, ce qu’elle n’a pas encore fait.

Les parties non confidentielles de tout « exercice de cartographie » et de toute stratégie en matière de poursuites devraient être partagées avec le public afin de contribuer à instaurer la confiance en la capacité de la Cellule nationale d’enquête d’exécuter son mandat en toute indépendance et impartialité. La cellule a probablement besoin d’effectifs supplémentaires si elle veut parvenir à mener des poursuites impartiales visant les auteurs de crimes internationaux graves, a fait remarquer Human Rights Watch.

Human Rights Watcha constaté que de nombreuses personnes accusées de crimes post-électoraux se trouvaient en détention préventive depuis près de deux ans, en violation de leur droit internationalement reconnu à un procès équitable, en partie à cause du besoin de procéder à des réformes juridiques attendues de longue date. Le gouvernement devrait accélérer ses efforts de réforme du Code de procédure pénale afin que les accusés déjà en détention puissent sans tarder faire l’objet d’un procès et bénéficient du droit d’interjeter appel. L’accès à un avocat devrait également être rendu obligatoire à un stade plus précoce de la procédure, ainsi que l’assistance judiciaire pour les accusés qui ne peuvent se payer un avocat.

Les États parties à la CPI, l’UE et les Nations Unies, notamment, ont de plus en plus souvent exprimé leur engagement à promouvoir la traduction en justice des auteurs de crimes internationaux devant des tribunaux nationaux afin que la complémentarité—principe en vertu duquel la CPI n’intervient que lorsque les tribunaux nationaux n’ont pas la volonté ou sont dans l’incapacité de mener à bien des poursuites—devienne réalité. Le rapport de Human Rights Watch met toutefois en avant des éléments démontrant que les principaux partenaires de la Côte d’Ivoire n’ont déployé que des efforts limités en ce sens.

Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire devraient tirer les enseignements des erreurs commises au lendemain du conflit armé qui avait touché le pays en 2002-2003, a relevé Human Rights Watch. À la suite de ce précédent conflit, les partenaires internationaux du pays ont gardé le silence alors que la justice se voyait reléguée au second plan et que l’impunité s’enracinait plus profondément, contribuant à poser les jalons de la crise post-électorale dévastatrice de 2010 et 2011.

« L’absence de réformes majeures visant à fournir le soutien nécessaire pour les enquêtes et les poursuites freine les progrès en matière de lutte contre l’impunité pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire », a expliqué Param-Preet Singh. « Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire devraient travailler aux côtés du gouvernement pour fournir une assistance là où elle s’avère nécessaire, et user de leur influence diplomatique pour renforcer le message selon lequel l’impunité n’est pas une solution envisageable. »

Le gouvernement ivoirien et les bailleurs de fonds internationaux devraient également coopérer pour soutenir l’indépendance des juges et des procureurs, ainsi que pour assurer la protection et la sécurité des témoins, des juges, des procureurs et des avocats de la défense travaillant sur des affaires de crimes internationaux graves. Ceci est d’une importance capitale pour garantir l’exercice d’une justice équitable et impartiale pour les principaux crimes commis dans un passé récent, et pour renforcer l’ensemble du système judiciaire ivoirien afin qu’il puisse opérer efficacement et équitablement à l’avenir, a indiqué Human Rights Watch.

À la suite des requêtes introduites par les gouvernements Gbagbo et Ouattara afin qu’une enquête soit menée sur les violences en Côte d’Ivoire, la CPI a ouvert une enquête en octobre 2011. La cour est compétente pour juger les crimes perpétrés dans le pays à partir du 19 septembre 2002. À ce jour, elle n’a délivré publiquement que deux mandats d’arrêt, à l’encontre de Laurent Gbagbo et de son épouse Simone, tous deux accusés de crimes contre l’humanité. Se basant sur des entretiens effectués avec de nombreux militants de la société civile ivoirienne, le rapport de Human Rights Watch conclut que l’approche à sens unique adoptée par la CPI a légitimé la mise en œuvre de la même approche par les autorités judiciaires ivoiriennes et porté atteinte à l’image en Côte d’Ivoire de la CPI en tant qu’institution impartiale. La Côte d’Ivoire a ratifié en février 2013 le Statut de Rome, le traité qui a institué la CPI, devenant le 122e État partie à la cour.

Simone Gbagbo se trouve toujours en détention préventive en Côte d’Ivoire, où elle a été inculpée de génocide, entre autres crimes. Le gouvernement ivoirien devrait honorer l’obligation qui lui incombe de remettre Simone Gbagbo à la CPI, une alternative étant de contester la recevabilité de son affaire devant la CPI parce qu’elle comparaît en justice au niveau national pour des crimes de même nature.

« La CPI devrait rapidement enquêter sur les crimes commis par des individus appartenant au camp Ouattara et, sur la base des éléments de preuve, demander que des mandats d’arrêt soient délivrés », a conclu Param-Preet Singh. « Ceci se révèle indispensable pour rétablir la légitimité de la CPI en Côte d’Ivoire et faire pression sur les autorités ivoiriennes afin qu’elles produisent des résultats crédibles et impartiaux. »

Théophile Kouamouo (Nouveau Courrier) résume la 4e journée de l’audience à la CPI

GbagboUne accusation qui rabâche son «scénario» de la veille et de l’avant-veille, en laissant filer de nouvelles «perles» qui la discréditent. Une Défense qui se lance dans une déconstruction en règle du «narratif» visant à légitimer Ouattara, défendu par le bureau du procureur de la CPI, mais aussi par une partie de la presse française cohérente avec les options politiques hexagonales. La journée d’hier a été riche, et a donné lieu à quelques passes d’armes «viriles»

Fin de la présentation du bureau du procureur,débutde celle des avocats de la Défense. La journée d’hier s’est déroulée en deux phases dans la salle d’audience I de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, aux Pays-Bas. Dans un premier temps, l’Accusation a continué de tenter d’incriminer Gbagbo et de convaincre les juges de le faire passer en jugement.

Elle a beaucoup rabâché, réitérant de diverses manières ses récriminations des jours précédents pour prouver que Gbagbo avait mis en place un «plan» et une «politique» consistant à tuer le maximum de civils pro-Ouattara pour rester au pouvoir. La démonstration est difficile, dans la mesure où assassiner des civils était la meilleure manière de donner des prétextes pour entrer en scène à une «communauté internationale» pro-Ouattara déjà pré-positionnée…

Mangou, Kassaraté : quelle crédibilité à leurs accusations «sauve-quipeut»?

Il a beaucoup été question hier, de la chaîne de commandement opérationnelle des Forces de défense et de sécurité (FDS), de jeunes patriotes, de «miliciens» et de «mercenaires»… La défense a évoqué des documents trouvés «dans la chambre de Gbagbo» (donc forcément par les soldats de la coalition franco-ouattariste si ce ne sont pas encore des faux grossiers). Notamment un document statuant sur un projet de «redynamisation des FDS», ce qui n’a rien de bien sulfureux !

Le développement de l’Accusation a permis à l’opinion ivoirienne de se rendre compte que, parmi les témoins à charge, se trouvaient sans aucun doute les généraux Philippe Mangou et Edouard Tiapé Kassaraté, respectivement chef d’état-major des armées et patron de la gendarmerie sous Gbagbo, et qui n’ont manifestement rien trouvé de mieux pour «s’en sortir» que d’accabler au maximum leur ancien patron. Dès lors, une question s’impose : quelle crédibilité donner aux dires d’hommes cités dans la mise en place du prétendu «plan» et de la politique alléguée, qui ont finalement été promus par l’adversaire Alassane Ouattara, et qui étaient sous son autorité et soucieux de lui complaire – et d’éviter d’être eux-mêmes poursuivis – quand ils sont «passés à table» ?

Une déclaration télévisée imaginaire de Gbagbo

Faisant feu de tout bois, l’Accusation a commis une grosse erreur en invoquant, sans en apporter la preuve en vidéo,une déclaration télévisée imaginaire du président Laurent Gbagbo affirmant qu’il allait faire d’Abobo «un cimetière». Un des témoins à charge aurait «entendu dire» que Gbagbo aurait prononcé ces mots à la télévision… Une fois de plus, on croit rêver !

Un autre témoin à charge a affirmé que Gbagbo avait dit à ses officiers de «rester fermes» et de «tenir Abobo», sans donner «d’instructions opérationnelles claires». Il n’aurait donc pas donné d’instructions pour tuer sept femmes à Abobo et pour bombarder le marché Siaka Koné ?

Après la fin de la démonstration poussive de l’Accusation, deux juges de la CPI ont posé des questions traduisant leur perplexité quant au raisonnement du bureau du procureur, notamment sur la manière d’établir «le mode de responsabilité». «D’un côté vous dites que les miliciens sont intégrés aux FDS, d’un autre vous dites qu’ils répondent de Gbagbo. On peut avoir un organigramme ?», a demandé un membre de la Cour. Malaise, déjà !

Selon un témoin de la Défense, la France a armé les rebelles…l’Accusation sursaute

La Défense a commencé sa présentation, qui continuera la semaine prochaine – lundi, mardi et mercredi. La première étape de son travail de déconstruction des mythologies édifiées par l’Accusation, qui s’appuie massivement sur le storytelling mensonger de la presse pro-Ouattara, qu’elle soit française ou ivoirienne, a consisté à mettre en perspective la crise ivoirienne dans son ensemble.

Grâce à une présentation Powerpoint et à des vidéos, la Défense est retournée jusqu’en 1999, pour établir que derrière tous les épisodes de déstabilisation de la Côte d’Ivoire pendant toute une décennie, se trouvaient toujours les «éternels séditieux» gravitant autour d’Ibrahim Coulibaly dit «IB»… et dont certains, comme Koné Zakaria (une vidéo le prouve) n’hésitaient pas à avouer que leur financier était Alassane Ouattara. Dont IB était un des gardes du corps, au demeurant !

Sur les prétendus «escadrons de la mort», qui permettent de diaboliser à peu de frais Simone Gbagbo – comme l’a fait toute honte bue le bureau du procureur de la CPI –, la Défense a rappelé les décisions de tribunaux français condamnant Le Monde et L’Express pour diffamation à ce sujet. En s’appuyant sur les rapports des ONG internationales de défense des droits de l’Homme, dont certaines sont pourtant très «compréhensives» avec Ouattara, la Défense a fort utilement brossé le CV macabre des chefs rebelles qui ont multiplié les crimes et les pillages dans le Nord avant de conquérir tout le pays avec le soutien de la France officielle, et à qui Alassane Ouattara a donné, pour le pire, les clés de toute la Côte d’Ivoire– Fofié Kouakou, Wattao, Chérif Ousmane, Koné Zakaria, Ousmane Coulibaly dit «Ben Laden», etc…

Grâce à des témoignages, dont certains étaient confidentiels – et on comprend pourquoi ! –, la Défense a établi que l’entreprise de déstabilisation sans relâche de l’Etat ivoirien était soutenue par le Burkina Faso –devenu exportateur de cacao – et par la France. Un témoin anonyme «P2», dont l’évocation a fait sursauter l’Accusation, a ainsi été le témoin direct de fournitures d’armes, de munitions et de véhicules à la rébellion par… la France !

L’irruption de l’ancienne puissance coloniale a profondément irrité l’Accusation, qui a demandé nerveusement de «revenir aux charges». Ce qui lui a valu une rude mise au point de Maître Altit.

«En écoutant jusqu’à la fin de la démonstration, vous comprendrez probablement où nous voulons en venir. Mais d’ores et déjà, vous avez bien compris qu’il s’agit de saisir les tenants et les aboutissants si l’on veut juger cette affaire, et non pas avoir une vue parcellaire et biaisée. Deuxièmement, le rapport, il est là ! Quand on dit que des chefs soupçonnés de crimes de masse se sont livrés à des massacres à Yopougon au même moment où, selon vous, d’autres tuaient, alors il y a une impossibilité.

Quelle est la vérité ? La vérité se comprend lorsque l’on prend une certaine distance. La distance, nous vous la donnons. Vous n’avez pas fait d’exposé des faits qui soit impartial. Nous le faisons à votre place. C’est l’intérêt de tous ceux qui sont ici (…) C’est l’intérêt de la justice», a-t-il martelé.

Présidentielle 2010 : des preuves sur les fraudes du RDR

Avant la fin de la session, la Défense s’est appesantie sur les nombreuses preuves au sujet des fraudes qui ont entaché le deuxième tour de la présidentielle de 2010. Des preuves qui allaient de la diffusion de vidéos où Joseph Koffi Koffigoh, patron de la Mission des observateurs de l’Union africaine, s’alarmait des «pertes en vies humaines, séquestrations et violences», à un témoignage confidentiel d’un éminent «sachant», en passant par une explication permettant de réaliser les grossières manipulations – y compris venant du bureau du procureur – visant à faire de la déclaration solitaire de Youssouf Bakayoko au siège de campagne de Ouattara le résultat définitif de l’élection présidentielle.

Et de Gbagbo «le mauvais perdant» dont «le refus de reconnaître sa défaite» a été à l’origine de la crise post-électorale. La bataille judiciaire pour la libération de Gbagbo est aussi une bataille politique, historique et médiatique pour le rétablissement de la vérité sur une Côte d’Ivoire prise au piège d’un récit néocolonial falsifié.

Théophile Kouamouo
Nouveau Courrier

Croissance économique de 8%, oops, my bad! M. Frindéthié

LagardeLe lendemain du jour-même où la présidente du Fonds monétaire international accourt défendre la politique économique désastreuse du concierge noir installé à Abidjan, soutenant, contre toute évidence de la paupérisation du vécu quotidien des Ivoiriens, que tout va bien, que malgré l’augmentation des coûts des produits de première nécessité, malgré les licenciements, malgré la montée du chômage, malgré l’escalade de la criminalité et malgré l’effondrement de l’état de droit, Dramane est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, car Allah dans sa grandeur, sa bonté, et sa justesse, qui ne peut concevoir un autre monde meilleur au monde dans lequel Dramane dirige et l’argent « travaille mais ne circule pas », le lendemain de ce jour-là donc, le FMI annonce qu’il a commis une erreur monumentale dans ses calculs sur les effets des plans d’austérité de la zone euro. Et qu’en conséquence, les mesures d’austérité, qui ont plongé 26 pays d’Europe dans une tourmente économique, causant la décomposition de millions de familles et des suicides de désespérés par cascades, sont la résultante d’une petite erreur de calcul.

Et c’est la présidente du FMI, cet univers où 2+2 font 5, qui hier disait aux souffreteux sociaux de la Côte d’Ivoire que le pays était sur la voie d’un « deuxième miracle économique avec une croissance de 8,5% déjà enregistrée ».

Je me disais bien que ces chiffres-là sortaient des cauris d’un charlatan. D’ici qu’on vienne nous dire « oops, my bad ! »

International Crisis Group (ICG) dénonce la justice partisane en Côte d’Ivoire

 

ABIDJAN – La justice « dangereusement partisane » qui s`exerce en Côte d`Ivoire aux dépens des seuls partisans de l`ex-président Laurent Gbagbo est « un obstacle considérable à la réconciliation », a averti lundi le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG).

Dans un rapport intitulé « Faire baisser la pression », ICG dénonce une justice « à sens unique » concernant les crimes commis durant la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts.

Une vingtaine de personnalités du régime déchu sont inculpées et détenues dans le nord du pays pour crimes de sang, atteinte à la sûreté de l`Etat ou infractions économiques. Huit d`entre elles, dont l`ex-première dame Simone Gbagbo, sont aussi inculpées de « génocide ».

Critiquant le choix de ce dernier chef d`inculpation « peu approprié », le centre de réflexion affirme qu` »au-delà des choix maladroits visant à grossir des crimes qui sont déjà suffisamment graves, se dégage une absence manifeste de volonté » de la part du régime du président Alassane Ouattara « de rendre une justice plus équilibrée ».

« Cette justice partiale constitue un obstacle considérable à la réconciliation », actuellement « au point mort », laissant « perdurer au sein de l`électorat de Gbagbo, et bien au-delà, le sentiment d`une +justice des vainqueurs+ et d`une humiliation supplémentaire », écrit ICG.

La Cour pénale internationale (CPI) « pourrait mettre rapidement les autorités ivoiriennes devant leurs responsabilités et se charger de rééquilibrer une justice dangereusement partisane », estime-t-il.

« Seule l`audition ou l`inculpation de responsables des forces associées au pouvoir impliqués dans les violences passées pourra combattre le sentiment d`injustice » ressenti par une partie de la population, conclut International Crisis Group.

Un an après le transfèrement à La Haye de Laurent Gbagbo, soupçonné par la CPI de crimes contre l`humanité, la Cour a annoncé le 22 novembre avoir émis un mandat d`arrêt contre Simone Gbagbo pour le même chef d`inculpation.

Le bureau du procureur de la CPI a indiqué par le passé qu`il comptait aussi poursuivre des personnalités du camp Ouattara, dont certaines sont soupçonnées de crimes graves.

18 mois de pouvoir Ouattara : ça patauge toujours dans la médiocrité, Toussaint N’Gotta

Il voulait à tout prix le pouvoir d’Etat. Il l’a eu contre vents et marées. Et dans les conditions que tout le monde sait. Alassane Ouattara est à la tête de la Côte d’Ivoire depuis 18 mois, mais les Ivoiriens ne sont pas encore sortis de la souffrance. Et pourtant, les promesses de milliards de Fcfa du leader des Républicains, alimentaient les conversations. A la Rue Lepic, il s’était «fabriqué» une dimension messianique et providentielle. A savoir l’homme qui vient sauver la Côte d’Ivoire d’un coup de baguette magique. Le Président qui vient hisser la Côte d’Ivoire au rang de «pays émergent seulement en 5 ans». Il le disait d’ailleurs lui-même, en promettant une Université par an, en annonçant aussi des milliards pour chaque région de la Côte d’Ivoire.

Cela fait bientôt deux ans que Ouattara a prêté serment à Yamoussoukro. Sans aboutir aux moindres résultats. Incompétence, carences, incapacité, mal gouvernance…? Les mots ne suffisent pas pour décrier les tares du régime. Au rythme d’une gestion folklorique, le voilà à son quatrième gouvernement. Sans réel motif. Les dissolutions de ses gouvernements se succèdent. Dans l’indifférence des Ivoiriens fatigués des promesses de celui qui disait «être l’ami des grands de ce monde». A la vérité, le pouvoir qui se montre incapable de démocratie ne fait que tourner en rond. L’exercice est difficile. Trop difficile pour un dictateur. La tâche devient, au fil du temps, de la mer à boire pour un régime qui se noie. Le pouvoir tortionnaire d’Abidjan découvre à ses dépens que la politique n’est pas un jeu du hasard. Mais une pratique bien pensée et construite sur la base de la saine appréciation des choses. Une évidence que semble malheureusement ignorer le régime Ouattara qui peine à se trouver une équipe type capable de trouver des «solutions» aux nombreux maux qui rongent la Côte d’Ivoire.

Finalement, tout laisse croire que Ouattara n’a véritablement pas d’hommes au Rhdp pour diriger la Côte d’Ivoire. Pourtant pendant sa campagne, il clamait partout : «j’ai les hommes qu’il faut pour diriger la Côte d’Ivoire». A l’arrivée, les Ivoiriens sont surpris de voir par exemple Kandia Camara occuper le poste stratégique de ministre de l’Education nationale d’un pays comme la Côte d’Ivoire qui eut des expertises reconnues, tels Pierre Kipré, Akoto Yao, Pascal Dikibié, Amani Nguessan … Pis, des chefs de guerre sans instruction, sans culture et sans formation aucune ont été bombardés Préfets de région. Des nominations qui ont choqué les vrais énarques et même les cadres de son propre camp. Le poste de préfet de région étant l’aboutissement d’une très longue carrière dans l’administration territoriale. Les Ivoiriens ne peuvent donc pas parier sur ce gouvernement Duncan. «Même si Duncan est un homme amorphe, sans personnalité comme on veut le faire croire, est-ce qu’il ne va pas subir le même sort qu’Ahoussou Jeannot ?

Le vrai problème de la Côte d’Ivoire est qu’elle est une veste trop grande pour Ouattara», explique un cadre du Pdci qui veut plutôt voir le Pdci dans l’opposition, aux côtés du Fpi. Si l’adage dit qu’«on ne change pas une équipe qui gagne», Ouattara tarde à trouver une équipe qui gagne. Les équipes précédentes Soro 1 et 2 et Ahoussou Jeannot n’ont pas été à la hauteur. Comme l’auraient-elles été sous Ouattara ? Parce que chaque gouvernement se mesure à la dimension du chef. Diby Koffi a été un brillant ministre de l’Economie dans le gouvernement Gbagbo, parce qu’il travaillait avec des hommes qui ont de l’ambition pour la Côte d’Ivoire. Soro Guillaume a tenu sans problème la Primature sous Gbagbo, pas parce qu’il était un génie. Mais parce qu’il était dans une équipe de qualité, qui avait un rêve pour la Côte d’Ivoire. Pas le rêve attribué par Ouattara à Kennedy. Mais le rêve d’humanité de Martin Lutter King. Ainsi, pour le vote d’une banale loi sur le mariage à l’Assemblée nationale, la Côte d’Ivoire connaît un autre gouvernement. Le 4e en l’espace de deux ans. «J’attends de vous des résultats», dira Ouattara à sa nouvelle équipe pour cacher les réalités du terrain.

A y voir de près, les changements de Premier ministre ne sont rien d’autres que la fuite en avant du pouvoir actuel. Les promesses de pluies de milliards annoncées se sont dissipées dans l’immense océan éburnéen. Les prix des denrées de première nécessité connaissent une inflation sans précédent. Alors que le régime n’a de cesse d’annoncer en vain des réductions. Ouattara se proposait d’assurer la sécurité des Ivoiriens. Mais il ne se passe plus de mois sans que l’on enregistre des attaques des positions de son armée, désormais réduite à la mendicité aux abords des rues, en tenant des check-points sauvages. A certains carrefours, les Frci affamées ne peuvent s’empêcher de mendier des pièces de monnaies aux chauffeurs de «gbaka» et «wôrô-wôrô». Pis, la traque des pro-Gbagbo reste le seul «programme de gouvernement» de Ouattara. Ce qui ne pouvait que provoquer l’exaspération des organisations de défense des droits de l’Homme qui dénoncent de plus en plus les tortures et les exactions sur les partisans du Président Laurent Gbagbo.

La Côte d’Ivoire, havre de paix et de cohésion sociale par le passé, va tout droit dans le chaos. Parce Alassane Ouattara et ses sous-fifres en ont décidé ainsi. En poussant la haine toujours plus loin. En moins de deux ans de pouvoir, Ouattara en est à son quatrième gouvernement. Un record jamais égalé dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Mais avec Ouattara «tout tremble, rien ne bouge», comme le soulignait un confrère. L’homme étale sa méconnaissance de la politique. A passer tout son temps à nourrir une haine viscérale contre le Président Laurent Gbagbo et son parti politique, Alassane Ouattara est rattrapé par la réalité. Désarçonné, le candidat du Rhdp est incapable de mettre en œuvre les «solutions» promises. Daniel Kablan Duncan, le tout nouveau chef de gouvernement, doit savoir le sort qui l’attend, pour avoir côtoyé le dictateur depuis longtemps.

François Fillon, vous ne croyez pas si bien dire !

« Un parti politique, c’est pas une mafia. Un parti politique, c’est pas un endroit où on peut étouffer les affaires … où on peut refuser de dire la vérité ». Et vlan ! Le verdict est enfin confirmé. L’UMP est une agrégation de la plus grande pègre d’affairistes et de politiciens français. Et c’est François Fillon qui l’affirme, excédé qu’une commission de recours constituée en majorité de disciples de François Copé fait des pieds et des mains pour lui ravir sa victoire à la présidence du parti de Sarkozy.

Pour Alain Juppé, qui sur l’invitation de Fillon intervient en sauveur « éthéré » pour sortir le parti de la fange dans laquelle la querelle Fillon/Copé l’entraîne chaque jour – comme si elle n’y était pas déjà -, sa médiation salutaire ne se fera que si les membres de la Commission de recours qui ont pris parti se retirent.

Et j’en reste éberlué ! N’est-ce pas cette mafia-là, cette UMP du président Sarkozy et du premier ministre Fillon, qui contraignit le Président Gbagbo à coups de menaces et d’intimidations à aller aux élections présidentielles avec une Commission électorale « indépendante » (CEI) au faramineux budget de 28 milliards de Francs CFA, présidée par un Youssouf Bakayoko corrompu jusqu’à la moelle, tenue par une majorité outrancièrement excessive de sympathisants RDR, qui non seulement prenaient ouvertement parti, mais enrôlaient aussi pour le compte d’Alassane Ouattara des milliers d’électeurs venus de tous les horizons de la CEDEAO ?

En vérité, M. Fillon, vous ne croyez pas si bien dire : l’UMP est une mafia ! Seulement l’UMP, dites-vous ?

Le courage qui nous manque: Le père Djéréké répond à Jean-Baptiste Kouamé (un griot de Dramane Ouattara)

 

In Nouveau Reveil N°3241 du Lundi 19 Novembre 2012

Baptiste Kouamé, bonjour!

J’ai lu votre texte intitulé “Quand un prêtre offense le chef de l’État et des évêques” et publié dans Le Nouveau Réveil du 5 novembre 2012. Je l’ai lu d’autant plus attentivement que je suis pour le débat contradictoire et que je fais partie de celles et ceux qui préfèrent la force des arguments à l’argument de la force: Si Guillaume Soro,

Alassane Ouattara, IB et Cie avaient compris qu’un homme civilisé et démocrate se bat avec des mots et non avec des armes, Henri Konan Bedié n’aurait pas été renversé le 24 décembre 1999 et notre pays n’aurait pas été attaqué le 19 septembre 2002.

Je rappelle ces deux dates funestes car tout ce que nous avons vécu après partition du pays, expulsion des fonctionnaires du Sud travaillant au Nord, exploitation des richesses du Nord, Centre et de l’Ouest par la rébellion, casses de la BCEAO à Man, Bouaké et Korhogo sans que Charles Konan Banny, la Cedeao et la France ne prennent des mesures de rétorsion, le coton et l’or du pays volés et acheminés au Burkina et au Mali, crise post électorale, etc . n’est que la conséquence de ce double “péché original”.

En décidant de me porter la contradicttion, vous n’avez donc pas péché; votre réaction à ma modeste réflexion sur les chefs religieux et la réconciliation en Côte d’Ivoire est une chose normale car c’est de la confrontation des idées que naît la lumière et c’est cela, cette confrontation, qui fait avancer une société, étant admis que ladite confrontation doit être caractérisée par l’argumentation, l’objectivité, l’humilité, l’honnêteté intellectuelle et l’exactitude dans l’usage des mots, des faits ou des chiffres.

Est ce le cas dans votre tribune? J’en doute fort et je m’emploierai à le démontrer ci dessous.

Des inexactitudes

La première, c’est que vous me présentez comme un curé; les mots ayant un sens précis en français, je voudrais vous apprendre qu’un curé est un prêtre nommé par l’évêque à la tête d’une paroisse. Or aucun évêque ne m’a confié cette charge jusqu’à maintenant.

Deuxième inexactitude: vous me reprochez de n’avoir pas respecté le
vœu d’obéissance qui serait un des piliers de la vie jésuite. Ici deux choses méritent d’être corrigées. D’une part, je n’appartiens plus à la Compagnie de Jésus depuis 2001; d’autre part, l’obéissance dans l’Eglise catholique, si je me réfère à mon cours de théologie morale, n’est pas aveugle. Je veux dire par là qu’il n’est pas interdit à un prêtre ou à un religieux de dire ce qu’il pense avant d’accepter telle ou telle décision de l’évêque ou du provincial.

En 1983, lorsque Jean Paul II, contournant la manière de procéder des jésuites, nomma les PP. Paolo Dezza et Giuseppe Pitau à la tête de la Compagnie de Jésus après la maladie du P. Pedro Arrupe, des jésuites allemands prirent position en disant:“Nous ne voyons pas le doigt de Dieu dans cette décision”. Certes, Karl Rahner et les autres finirent par rentrer dans les rangs mais le vœu d’obéissance au pape ne les empêcha pas de dire haut et fort qu’ils étaient en désaccord avec le souverain pontife. Et ils ne furent jamais chassés de la congrégation pour avoir critiqué le geste du pape. Ils avaient agi de la sorte parce qu’ils savent que ni la Parole de Dieu ni la doctrine catholique ne demandent de se soumettre sottement à ceux qui se prennent pour “des dieux infaillibles et tout puissants » appelant à ramper ou à se prosterner devant eux, à verser son sang avec enthousiasme pour eux » (Paul Valadier, Du spirituel en politique, Paris, Bayard, coll. « Christus », 2008, p. 50).

Jésus ne s’est pas soumis à n’importe quel pouvoir. Hérode qui voulait régner tout seul et ne voulait pas entendre parler du roi des Juifs fut traité par lui de renard (Lc 13, 31 32). Quant aux chefs religieux (légistes, pharisiens, prêtres et grands prêtres), il ne passa pas par quatre chemins pour fustiger leur hypocrisie et leur cupidité (Lc 11, 37 52). Un autre acte de désobéissance fut son refus de répondre aux questions d’Hérode Antipas parce qu’il les trouvait sans intérêt (Lc 23, 9).

Il ne suffit pas de rappeler que saint Paul a déclaré que l’autorité vient de Dieu et qu’il a recommandé de se soumettre aux gouvernants (Rm 13, 1 7). Il est aussi important de savoir que, quand Paul s’adressait aux chrétiens de Rome nous sommes vers l’an 56 de notre ère, l’autorité romaine était loin d’être totalitaire. Bien au contraire, l’administration impériale entretenait de bons rapports avec la population. Celle-ci n’était ni brimée ni opprimée. Justice était rendue à quiconque se sentait lésé. Thémis déesse de l’équité et de la loi dans la mythologie grecque ne tranchait pas forcément en faveur du riche ou du puissant. Tel est le pouvoir que Paul a connu et certainement apprécié.

Si ce pouvoir lui avait semblé partial, s’il ne lui inspirait que crainte et méfiance, il n’aurait pas eu recours à lui lorsque des accusations furent portées contre lui par les grands prêtres et notables juifs de Césarée (Ac 25, 1 12). Jésus comme Paul nous montrent que le chrétien n’est pas obligé d’obéir à n’importe quel pouvoir et que tout pouvoir (religieux, politique, intellectuel, économique, etc.) est au service du bien commun. Et Servir le bien commun, c’est veiller à ce que tous les citoyens soient égaux devant la loi, que les richesses nationales, fruit du labeur de chacun, bénéficient à tous, que la sécurité des biens et des personnes soit assurée, etc.

Aussi longtemps que cela est fait par ceux qui sont momentanément au pouvoir, aussi longtemps que l’autorité «respecte les droits natifs de l’homme et agit par persuasion autant qu’il est possible sans abuser inutilement de la contrainte, écrit Jean Yves Calvez, le citoyen répond à l’autorité par l’obéissance civile » et il répond « sans attendre l’intervention de quelque contrainte que ce soit » (Jean Yves Calvez, La politique et Dieu, Cerf, Paris, 1985, p. 60). Il s’ensuit que c’est « le bien commun lui même qui donne autorité à l’autorité » (Ibid.). Obéir, dans ces conditions, ce n’est pas seulement obéir aux hommes mais obéir à Dieu, source de toute autorité. Jean XXIII appelle cela « rendre hommage à Dieu » (Pacem in terris, 1963, n° 50).

Une telle obéissance élève l’homme. Si l’homme devait, au contraire, obéir à un pouvoir tyrannique, corrompu, sanguinaire ou tribaliste, une telle obéissance le ravalerait au rang de l’animal. Un homme digne de ce nom doit dire « non » à un tel pouvoir, conseille saint Thomas d’Aquin. La désobéissance civile, dans ces circonstances, devient un devoir, voire un « hommage adressé à Dieu ». C’est ce que firent Rosa Parks et Martin Luther King aux États Unis en 1955 en boycottant les bus où les Noirs n’étaient pas autorisés à occuper les places réservées aux Blancs.

M. Kouamé, si, pour vous, rappeler aux évêques de Côte d’Ivoire qu’ils ne doivent pas avoir une compassion sélective, qu’ils sont appelés à être missionnaires de la vérité et de la justice(et non démissionnaires )et que le bon berger va à la recherche de la brebis perdue, soigne celle qui est malade et est prêt à donner sa vie pour ses brebis, c’est violer le vœu d’obéissance, cela signifie que vous n’avez rien compris à l’enseignement et à la vie de Jésus et que vous parlez de choses que vous ne maîtrisez pas. Comment peut-on étaler une ignorance aussi crasse et se dire pompeusement “professeur” (un professeur dont je n’ai pas encore aperçu un seul livre dans les bibliothèques universitaires d’Europe et d’Amérique du Nord)?

Vous vous gardez de répondre aux questions que j’ai posées À propos de livres, vous citez un de Maurice Merleau Ponty et un autre de Jean Claude Guillebaud. Ces livres, je les ai lus, moi aussi mais en quoi le fait de les convoquer dans votre texte répond à mes questions? Nulle part, en effet, vous ne dites, preuves à l’appui, que Ouattara est étranger à la fermeture des banques et à l’embargo sur les médicaments, que les anciens rebelles ne travaillaient pas pour lui, qu’il traite bien l’opposition, qu’il laisse la presse favorable à Gbagbo s’exprimer librement.

À vous lire, Ouattara est un saint et l’inviter à battre sa coulpe comme les autres politiciens, c’est commettre un crime de lèse majesté. Or des Ivoiriens qu’on ne peut soupçonner d’être des pro-Gbagbo disent tous la même chose, à savoir que le pays est bloqué parce que votre champion tient à se venger, parce qu’il a juré de punir les Ivoiriens qui ne le reconnaissent pas comme un des leurs, parce qu’il est en train d’opposer le Nord au reste de la Côte d’Ivoire. Voulez-vous des noms? Meiway qui disait ceci dans Notre Voie du 7 novembre 2012: “Ce sont deux personnes en face qu’on réconcilie, deux interlocuteurs. Il y a aujourd’hui un interlocuteur au pouvoir : le groupement politique Rhdp. Je me rends compte que les vrais interlocuteurs, dans le cas d’espèce, sont en exil ou en prison. Je fais allusion aux membres Lmp. On prêche donc un peu dans le désert aujourd’hui concernant le processus de réconciliation nationale.” Alpha Blondy, un autre musicien, abonde dans le même sens quand il affirme: “Il faut que les politiques se réconcilient d’abord. Ce sont eux qui ont «déversé» leurs problèmes sur les populations. J’ai demandé au président Ouattara de poser un acte fort, symbolique, en libérant les pro Gbagbo non coupables de crimes de sang. Si cela pouvait être fait, je pense que cela pourra apaiser un peu la tension” (Slate Afrique du 17 novembre 2012).

Quelques semaines plus tôt, sur RTI1, le dimanche 28 octobre 2012, Billy Billy confiait: “Il y a une partie de la Côte d’Ivoire qui croit en cette réconciliation, mais je reste un peu sur ma faim, car des stades que Billy Billy seul peut remplir, ne peuvent l’être avec tous ces artistes réunis. Je pense qu’il y a une partie de la population qui ne se sent pas impliquée. Et c’est cela mon inquiétude (…) Moi je pense que si la Côte d’Ivoire est une famille de 16 millions d’habitants, et que 10000 membres de cette famille ne sont pas là, la famille n’est pas au complet. Quand nous jouons dans des stades à moitié vide, cela nous met mal à l’aise. C’est comme si une bonne partie de la population refuse le message de la réconciliation que nous sommes venus lui soumettre… » Peut-être m’objecterez vous que ces chanteurs parlent ainsi parce qu’ils sont jeunes. Et Yéboué Lazare, membre du bureau politique du PDCI et ancien PCA de la SIR? Il n’est plus jeune, celui là. Voici sa confession dans Soir info du 29 septembre 2012: “« Moi j’ai lu le livre de Nelson Mandela « La longue marche pour la liberté ». J’ai lu les 900 pages et j’ai bien compris ce qui s’est passé là bas, en Afrique du sud. Malgré toutes les difficultés qu’il a vécues, Mandela, quand il est arrivé au pouvoir, il a dit : « les frères, c’est vrai qu’on a souffert, on nous a tués, mais les quelques uns d’entre nous qui restons encore en vie, acceptons de pardonner. Nous avons créé une commission dialogue, vérité et réconciliation, juste pour que ceux qui ont commis les exactions fassent leur acte de contrition. Et ça suffit. On n’a emprisonné personne. On n’a pourchassé personne. En tout cas, je parle de ce qui s’est passé en Afrique du Sud. En Côte d’Ivoire, ce n’est pas le cas. Si on veut vraiment la réconciliation, il y a des démarches et des sacrifices à faire ». M. Kouamé, direz vous que Meiway, Alpha Blondy et Lazare Yéboué“ ont offensé le chef de l’État” pour avoir dit ces vérités toutes simples? Allez vous les clouer au pilori et les livrer à la vindicte des dozos et FRCI(Rebelles)?

Je vais vous dire, M. Kouamé, pourquoi vous refusez de voir l’évidence, pourquoi vous vous échinez à défendre l’indéfendable: vous voulez que Ouattara vous remarque, vous désirez entrer dans ses bonnes grâces, vous êtes en quête d’un strapontin qui vous permettrait de joindre les deux bouts, vous êtes dans un combat de positionnement. Que la Côte d’Ivoire périsse ou meure vous importe peu. Ce qui compte pour vous, c’est le “mangement”, ce qui signifie que vous ne voyez pas plus loin que votre ventre et que, pour manger et boire, vous êtes prêts à soutenir un pouvoir franc-maçonnique, violent et sanguinaire. En d’autres termes, vous voulez être dans le système, jouir des avantages du système alors que, selon Fabien Eboussi, le vrai intellectuel est un “paria conscient” , c’est à dire “un dissident face à la ligne du parti imposée par l’idéologie dominante, qu’elle soit religieuse, philosophique ou politique” (Melchior Mbonimpa, “ Un intellectuel organique?” in Ambroise Kom, Fabien Eboussi Boulaga, la philosophie du Muntu, Paris, Karthala, 2009, p. 175).

Socrate est un exemple de cette dissidence. Un intellectuel authentique ne se couche pas devant un pouvoir impopulaire et autoritaire, ne soutient pas l’insoutenable, n’encense pas des crapules; il ne pense pas d’abord à remplir son ventre mais doit entrer en dissidence quand les ventres autour de lui sont vides, quand le pouvoir, y compris celui dont il est proche, torture, terrorise ou assassine. M. J. B. Kouamé, je voudrais vous rassurer sur un point et c’est par là que je terminerai mon propos: en donnant mon point de vue sur la marche de notre pays, je ne cherche ni à blesser qui que ce soit ni a occuper tel ou tel poste juteux/et prestigieux. Certains esprits tordus et simplistes ont tôt fait de vous taxer d’assoiffé de pouvoir dès que vous parlez de justice et de respect des droits de l’homme. À ceux là, je voudrais répondre en disant avec Mgr Jean Zoa : “Chers politiques, nous ne venons pas disputer vos places. Nous sommes là pour vous montrer que ces places sont des services” (Jean Paul Messina, Jean Zoa, prêtre, archevêque de Yaoundé, Paris, Karthala, 2000, p. 241)”.Le pouvoir n’est rien d’autre qu’un service.

Entrer en politique ou en religion, c’est accepter de se mettre au service de tous dans la Cité. Et c’est ce service universel qui fait la beauté et la grandeur du pouvoir. Par conséquent, quand des politiciens et des “hommes de Dieu” ne s’occupent que des gens de leur religion, région ou ethnie, M. Kouamé, notre devoir, vous et moi, est de les interpeller vigoureusement , d’entrer en dissidence contre eux, ce qui est loin de constituer une offense.

Cordialement!

Jean-claude DJEREKE