Côte d’Ivoire – la pourriture de l’adjovan commence toujours par la tête (publié le 23 janvier 2016)

Pas question de répondre à la justice burkinabè

Pas question de répondre à la justice burkinabè

S’il est vrai que le poisson pourrit toujours par la tête, alors ce que nous avons actuellement à la tête de notre Dozoland est un vrai adjovan ; un vrai djekewra. Le Dozoland est un vrai pourrissement; et sa pourriture, il faut le reconnaître, découle du pourrissement moral de ceux-là même qui prétendent le diriger. Mais que pouvait-on attendre d’une cohorte de faiseurs de coups d’état, de braqueurs de banques, de génocidaires ? Ne serait-il pas normal qu’elle persévérât dans sa propension au désordre, au meurtre, à la frappe antidémocratique ?

Ainsi, toute la racaille qui, avec l’aide du Burkina de Blaise, participa à mettre la Côte d’Ivoire à genoux a décidé de remettre en selle le boucher de Ouaga. Et du le jugement diminutif qui fait figure de président de l’assemblée nationale au volubile négrillon de la grande muette, tout en passant par les analphabètes commandants de zones, la cancraille se fit gaiement conseillère militaire en sciences de la déstabilisation, convaincue que ses thurayas made in Ferkessédougou étaient impénétrables. Les thurayas faillirent et les djekewras se mirent à puer de mille exhalaisons putrides.

Mais n’est-ce pas par la tête que commence la pourriture de l’adjovan ? N’est-ce pas par la tête que débute la putréfaction du djekewra ? S’attendrait-on donc à ce que la tête de la pestilentielle pègre mafieuse qui sévit en Côte d’Ivoire depuis avril 2011 livrât ou protégeât ses semblables ? Ne nous faisons pas d’illusions.

La démocratie, nous ne cessons de le dire, est comme la charité bien ordonnée ; elle commence par soi-même. Il est tout à fait absurde d’attendre d’une personne qui n’a de vertus que celles de la pègre mafieuse qu’elle infuse une morale considérée à son entourage. La Côte d’Ivoire et le Burkina-post Compaoré auront leur justice ; mais pas avant que les djekewras qui polluent la sous-région n’en soient débarrassés.

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Médias et universitaires français accusés de porter « une lourde responsabilité » dans les 10 ans de crise en Côte-d’Ivoire

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«Manipulations grossières»

Une équipe de Canal +, qui a subi de fortes pressions des autorités françaises, et Le Canard enchaîné ont été les seuls, à ce moment-là, à démonter une partie du récit dominant. Ce n’est que récemment qu’une autre version de ces événements de Bouaké et de l’hôtel Ivoire a commencé à émerger plus largement, grâce à une enquête judiciaire laissant penser que les responsabilités se situaient plutôt du côté de Paris que d’Abidjan. Au cours de cette période très mouvementée de novembre 2004, des informations accablantes pour le pouvoir de Laurent Gbagbo, mais inexactes, ont été publiées. Le Monde a par exemple parlé de « corps blancs décapités à la machette » dans les rues d’Abidjan, alors que 8 000 Français quittaient précipitamment la Côte d’Ivoire en raison de manifestations antifrançaises. En réalité, aucun « Blanc » n’est mort ou même n’a été blessé à coups de machette. Tout au long de ses dix années de présidence, Laurent Gbagbo a été présenté par les médias occidentaux « comme un homme à la fois brutal et roublard, voire un illuminé », a observé l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop. Cela correspondait là aussi au discours des officiels français. « Je ne connais pas Gbagbo, je ne l’ai jamais rencontré, mais parce que je posais des questions, j’ai été décrété “pro- Gbagbo” par des collègues du Quai d’Orsay », témoigne Laurent Bigot. Les qualificatifs « pro-Gbagbo » et « gbagbiste » sont alors devenus les synonymes de « mauvais », « membres du camp du mal ». Laurent Bigot se souvient que c’est surtout après le bombardement de Bouaké que « c’est devenu l’hystérie » anti-Gbagbo, y compris au sein du Parti socialiste français, dont le président ivoirien était idéologiquement proche. La disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en 2004 a aussi aidé à faire l’unanimité contre Laurent Gbagbo : pouvoir et médias français l’ont considéré comme responsable de cette affaire, bien qu’elle n’ait jamais été élucidée.

Aujourd’hui, beaucoup d’éléments montrent que c’est de manière intentionnelle qu’au moins une partie des journalistes se sont écartés de la réalité des événements, en lien avec des autorités politiques et/ou militaires françaises. «
Il y a eu beaucoup de manipulations, beaucoup plus qu’à propos du Rwanda », affirme une ancienne journaliste. Une autre dit : « Tout était délibéré et bien pensé. » L’objectif : « Se débarrasser de Gbagbo pour protéger les intérêts des multinationales françaises installées en Côte d’Ivoire, comme Bolloré, Bouygues, Canal +, etc. », selon Georges Peillon. «Gbagbo était un empêcheur de tourner en rond, il était différent des autres présidents [d’Afrique francophone], il pensait sérieusement rendre à son pays son intégrité, lui redonner le rôle de puissance africaine. Et ne voulait pas être juste un valet de l’Élysée », poursuit-il. Le chef de l’État ivoirien menaçait en effet, au moins dans ses propos, l’équilibre néocolonial en place. Son parti prônait de nouveaux rapports avec la France, voulait la fermeture de la base militaire française installée à Abidjan, souhaitait revoir les monopoles établis au profit d’entreprises françaises, remettait en cause l’existence du franc CFA, pièce maîtresse du dispositif qui permet à la France de contrôler ses anciennes colonies africaines. Gbagbo « portait clairement les valeurs socialistes, comme en témoignent les premières mesures qu’il a prises, en rupture avec ses prédécesseurs, dans le domaine de la santé, de l’éducation (…). Cette approche de la politique lui a sans doute compliqué la vie dans les milieux d’affaires », a décrypté le ministre socialiste Charles Josselin, en novembre 2004.

Des faits ont été à l’évidence dissimulés, inventés, transformés pour suivre la logique des autorités françaises. Le fait que certains médias dépendent de l’État, comme RFI ou France 24, a bien sûr joué un rôle. Un ancien salarié de RFI se souvient de collègues de la radio et d’autres médias se rendant régulièrement à l’Élysée ou ayant des contacts étroits avec des diplomates.

Un autre élément a eu une influence sur l’attitude d’une partie des journalistes : la communication très efficace d’Alassane Ouattara. « Sa femme, Dominique, d’origine française, a su construire des ponts entre les journalistes français et son mari », dit un reporter. Le parti politique de Ouattara, le Rassemblement des républicains (RDR), a su établir des liens étroits avec des journalistes pour orienter leur travail. L’AFP a d’ailleurs souvent repris à son compte des termes utilisés par les adversaires de Laurent Gbagbo. Les agences de presse, censées être neutres, ont de manière générale « joué un rôle de pyromanes : elles ont été à l’origine de tous les éléments de langage utilisés
contre Gbagbo », déplore un journaliste.

Des membres de la profession étaient bien sûr conscients de ce qui se passait. En 2010/2011, le « parti pris était patent à RFI, le traitement était à sens unique, il y avait une empathie totale pour Ouattara, un problème de déontologie et des dysfonctionnements évidents », dit un ancien de la radio. Mais les tenants de la ligne anti-Gbagbo ont empêché un traitement plus équilibré, allant jusqu’à « agonir d’injures », « harceler », « traiter d’incompétents devant les autres », « broyer, écraser » ceux qui ne respectaient pas leurs « consignes », selon plusieurs témoignages. « Ceux qui ont dit la vérité se comptent sur les doigts d’une main » Journaliste à RFI et ancien envoyé spécial en Côte d’Ivoire, Norbert Navarro résume la situation en parlant de « trois groupes de journalistes ». Le premier, « qui représentait l’immense majorité, était celui des journalistes tenus à l’écart de la vérité ». Le second était celui de « ceux qui savaient » la réalité mais ont préféré se taire, sachant que « c’était peine perdue et qu’il n’y a que des coups à prendre quand on va contre la raison d’État ». Enfin, il y a eu une dernière catégorie : « Ceux qui ont été courageux et ont dit la vérité, mais qui se comptent sur les doigts d’une main. »

Les journalistes n’ont pas été les seuls à avoir un regard biaisé, et c’est important de le souligner. L’anthropologue italien Fabio Viti a observé chez les universitaires et chercheurs français travaillant sur la Côte d’Ivoire des « formes passionnelles de militantisme partisan », une « partialité ahurissante » en faveur d’Alassane Ouattara. Dans un livre publié en 2014 (La Côte d’Ivoire, d’une crise à l’autre, L’Harmattan), il s’interroge : « Qu’est-ce qui a changé pour que

l’attitude auparavant extrêmement prudente des chercheurs par rapport au pouvoir en place change si radicalement à partir de l’an 2000 et de la présidence Gbagbo ? » L’anthropologue poursuit : « Une réponse possible serait que c’est justement le pouvoir en place qui a changé. (…) Le fait est que la Présidence Gbagbo (…) a bousculé les repères familiaux. Le pacte néocolonial, à tort ou à raison, s’est trouvé remis en cause, du moins verbalement, de la part d’une de ses parties. Ce pacte a failli sauter et avec lui, parfois, le self-control de certains de nos collègues un peu trop “patriotes”. »

Fabio Viti remarque, entre autres, que la tentative de putsch de 2002 n’a fait « l’objet d’aucune enquête historique, ethnographique, sociologique, politiste ou d’autre nature », alors qu’elle présentait pourtant « tous les traits et les implications d’un objet de recherche et de réflexion critique ». Comme certains journalistes, des universitaires français sont en outre devenus très proches du couple Ouattara. Alassane Ouattara a d’ailleurs décoré à Paris plusieurs d’entre eux en 2012, en même temps que Nicolas Sarkozy, des militaires et des hommes d’affaires français qui l’ont soutenu contre Laurent Gbagbo. « Les médias ont fait beaucoup de mal à la Côte d’Ivoire », commente, amer, un ancien du métier. Depuis 2011, la situation n’a guère évolué, à l’image de la politique française vis-à-vis de la Côte d’Ivoire. « Peu de journalistes français ont fait leur travail correctement à propos de la Côte d’Ivoire, peu ont travaillé suffisamment sur les faits. C’est toujours le cas : personne ne parle, par exemple, de ce qui se passe au procès CPI de Gbagbo et de l’amateurisme général qui s’en dégage », relève Laurent Bigot.

Il faut dire que la version officielle sur la crise ivoirienne relayée par les médias y est mise à mal : le procureur qui s’est appuyé sur elle pour faire inculper Gbagbo et le faire juger pour crimes contre l’humanité ne parvient pas à produire de preuves pour l’étayer. « Personne ne s’intéresse non plus de près au fait qu’une juge d’instruction ait demandé le renvoi de trois anciens ministres devant la Cour de justice [pour le bombardement de Bouaké]. Pourtant, c’est une affaire énorme », dit aussi Laurent Bigot, qui parle de « manipulations grossières » et de la « lourde responsabilité » de la France.

Par Fanny Pigeaud
Samedi 10 juin 2017

Côte d’Ivoire : Attention ! Poudrière Identitaire, M. Frindéthié

 

le burkinabeDepuis l’installation martiale d’alassane dramane ouattara au Palais Présidentiel d’Abidjan par les troupes françaises, nous n’avons pas cessé d’interpeller le monde sur les dérives identitaires de son régime. Convaincu qu’il jouit d’une immunité internationale, dramane encourage personnellement une politique d’épurement ethnique qu’il théorise sans apologie aucune comme « politique de rattrapage ethnique ». Cette politique hitlérienne de purification déguisée en des termes si peu adroits – devrait-on s’en étonner ? – dramane la justifie de ce que, de tous les temps, les Nordistes auraient été mis en marge de la société ivoirienne. Ah ! Si mensonge avariait bouche !

 

Dans son application la moins monstrueuse, la « politique de rattrapage ethnique » de ouattara consiste à épurer aussi bien les entreprises de l’Etat que les entreprises privées, les associations culturelles, les associations sportives et les organisations non gouvernementales des ressortissants des régions où le président Gbagbo a enregistré une majorité de votes pendant les dernières élections présidentielles, afin de les remplacer par des ressortissants du Nord, où ouattara a enregistré des scores suspicieusement immesurés. Ainsi, des milliers de travailleurs sudistes sont-ils allés augmenter la pléthore de chômeurs occasionnée par la guerre importée de ouattara, alors que des milliers de Nordistes les remplaçaient ou décrochaient des contrats publics sans en démontrer les compétences nécessaires.

 

Dans son application la plus barbare, la « politique de rattrapage ethnique » consiste à laisser faire l’escadron de la mort et les milices armées de ouattara, à tourner le dos de l’indifférence pendant qu’ils assassinent et commettent des horreurs de toutes sortes sur les populations du Sud. Ainsi, ne se passe-t-il pas un seul jour sans que des civils non armés soient criblés  de balles dans le silence de l’impunité.

 

Aujourd’hui, la politique d’épurement ethnique de dramane ouattara semble avoir réussi à pousser la colère des souffre-douleurs à son paroxysme. Les nombreux foyers de tensions qui ont surgi ces derniers mois sont l’évidence que les populations dans leur majorité ont décidé de ne plus se résigner à la mort que leur offre ouattara. La Côte d’Ivoire est d’autant plus assise sur une poudrière identitaire que ouattara n’a aucune intention de réviser sa politique ethnocentrique.

Il est temps que les Ivoiriens qui continuent de fermer les yeux sur les atrocités de Ouattara se réveillent et dénoncent la barbarie institutionnelle qui a cours en Côte d’Ivoire, car un jour, l’histoire les tiendra comptables de leur silence coupable.

 

Pendant l’épuration nazie, alors que montaient des hauts fourneaux d’Auschwitz les fumées chargées d’effluves de souffrance, de nombreuses populations des villages environnants prétendaient ne rien sentir ni ne rien voir. Aujourd’hui aussi, en Côte d’Ivoire, nombreux sont ceux qui, bénéficiaires de la politique d’épuration ethnique de Ouattara, prétendent ne rien voir ni ne rien entendre … jusqu’au moment inévitable.

 

Nous avions prévenu depuis août 2015-La Côte d’Ivoire à la merci de la violence d’un islamisme radical? M. Frindéthié

SrikiePartout où les interventions militaires euro-américaines entreprises « au nom de la démocratie » ont eu lieu, elles ont favorisé la montée d’un islamisme extrémiste. Aujourd’hui, l’Irak, la Libye, l’Egypte, la Syrie, etc. sont devenus l’aire de jeu des fous de Dieu qui ont décidé de soumettre le monde à leur confession.

La Côte d’Ivoire aussi a connu la longue kermesse d’un islamisme intolérant, qui avait fait de certaines mosquées ivoiriennes les caches d’armes de la rébellion de Dramane, et qui, avec l’intervention de la France pour l’intronisation de Dramane, s’était arrogé le droit de casser du Chrétien et du non Musulman.

A l’heure où—osons le dire !—la branche islamiste la plus violente et la plus explosive de par le monde—la congrégation sunnite—traverse une guerre interne de positionnement en Côte d’Ivoire (http://www.connectionivoirienne.net/107529/cote-divoire-rififfi-man-les-sunnites-divises-entre-mahoukas-et-guineens), il ne manquerait plus, comme l’ont si bien remarqué des observateurs, que Boko Haram, dont certains leaders religieux glorifient déjà silencieusement la cruauté, propose à l’une de ces factions sa légendaire méthode de « résolution des conflits par la politique de la terre brûlée » pour que la gangrène islamiste radicale s’infecte pour de bon en Côte d’Ivoire.

Oui ! La Côte d’Ivoire n’a jamais été plus à la merci de l’extrémisme musulman qu’aujourd’hui, que depuis la prise armée du pouvoir par Dramane.

Griotisme et mélanisme : De Soukeina à Isabelle ou comment la femme noire devint « blanche », M. Frindéthié

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Il a toujours persisté dans le discours griotique une ligne de fuite phallocratique, qui continue de générer de nouveaux parangons de vertu au fur et à mesure qu’elle se meut. Du fait de sa versatilité et de sa caractéristique insidieuse, ce dispositif, qui gouverne l’essentiel de la pratique discursive en Afrique occidentale, rend problématique toute opération d’individuation véritablement fémino-centrique. En effet, à peine est-elle entamée, que la démarche féminine qui concourt à subvertir ce mécanisme se compromet dans la re-production et dans la légitimation de conditions sociales constituées par l’homme, au profit de l’homme. Je suggère que le phénomène de la dépigmentation de l’épiderme dans lequel de nombreuses africaines investissent considérablement d’argent et d’expectatives, tout comme le fait de l’oscillation ininterrompue de la femme entre la perte et le gain de poids, s’inscrit, étrangement, dans une économie de perturbation de la volonté structurante de l’homme et dans un raisonnement d’effondrement des enceintes sociales que l’homme a érigées sur la base de responsabilités spécifiques conférées aux sexes masculin et féminin. Néanmoins, cette mutinerie féminine préfigure toujours déjà une jouissance en reste. C’est une rébellion qui s’agence trop souvent comme une posture réactive au sein de la machinerie masculine, et qui, en définitive, conduit la femme à réitérer un geste qu’elle s’évertue à exorciser.Goudou 1Goudou 2

D’abord annoncé par les aèdes et généalogistes traditionnels, puis récupéré et reformulé  par des néophytes moins consciencieux, le griotisme–car tel sera le nom propre de la ligne de fuite, de la machinerie phallocratique, que je signalais tantôt–a fossilisé en Afrique noire un habitus politique, économique, sociale et culturelle. Le griotisme, c’est le côté tragique de l’esprit d’identification de l’Africain. C’est une obstination presque toujours en veilleuse dans les discours africains francophones, et qui tente de faire obstacle à tout devenir-moléculaire, qui s’oppose à toute performativité haeccéitique, rappelant inlassablement au sujet postcolonial qu’il a une mémoire collective à préserver, des préférences culturelles communes à reproduire, des archétypes authentiques à mimer, des mythes ancestraux à renouveler, un censeur et un Grand-Narrateur–le griot ou tout ce qui revient à son nom–à émuler.

Ce que je qualifie ici de griotisme est une posture attentiste qui n’est pas à confondre, bien qu’elle s’en soit inspirée, à la pratique du griot authentique, qui elle était plutôt célébrée pour son éthique de couture d’expériences individuelles en un point de capiton collectif. Le griotisme, c’est l’abâtardissement de l’art du griot à des fins propagandistes, idéologiques, et souvent mercantiles. C’est un processus hypocrite, d’abord, d’appropriation, ensuite, de complication, de l’image et des thèmes du griot traditionnel par des directeurs de conscience (hommes et femmes de culture) africains, de sorte que le précurseur lui-même est subtilement écarté, mis au rebut à la périphérie du pouvoir linguistique, économique, et culturel, alors que demeure la force génératrice–la puissance d’interpellation, d’unification, et de totalisation–que crée la simple évocation de son nom. Qui donc est cet historiographe traditionnel dont l’invocation du nom invite à la génuflexion ?kaba 1kaba2

Avant l’adoption de l’alphabet par le continent africain, tout savoir se transmettait oralement aux générations à venir. Les histoires particulières des individus, des familles, des clans et des tribus étaient préservées grâce aux narrations répétées du griot. Le griot, appelé aussi Djeliba en Côte d’Ivoire, Diali au Soudan, Guewel au Sénégal, Belen Tigui ou Mabo en Guinée, quimboiseur ou oraliturain aux Antilles, était en général aussi bien un poète-chanteur qu’un historien et généalogiste qui, selon certains témoignages, possédait des pouvoirs mystiques[i]. Bien que le griot ne fît pas nécessairement partie de la noblesse africaine, sa fonction dans la communauté était indéniablement essentielle, et l’on le consultait souvent avant que ne soient prises des décisions importantes.

            Lorsque dans l’entre deux-guerres un souffle antirationnel, initié par les adeptes du surréalisme, se mit à balayer la toute-puissante téléologie eurocentrique, c’est en invoquant l’éthique du griot, en se proclamant les fidèles disciples de l’historien africain, que les hommes de culture noirs revendiquèrent leur différence spécifique. Aussi, dans leur effusion de gratitude au griot, certains n’hésitèrent-ils pas à lui attribuer l’essentiel de leur talent. Ainsi, par exemple, Djibril Tamsir Niane affirmait qu’en écrivant son Soundjata ou l’épopée mandingue (1960),il n’avait fait que traduire verbatim les paroles de Djeli Mamoudou Kouyaté, un griot authentique d’un petit village de Guinée. De même, le romancier et poète dramaturge camerounais, Francis Bebey, attribuait aux griots traditionnels de son pays sa technique de narration caractéristique pour ses digressions et ses répétitions[ii] ; et Senghor, arguant que l’un des buts idéologiques du système colonial français était de supprimer en l’étudiant noir toute trace de l’héritage du griot, base de son “Africanité”, se proclamait volontiers le griot de l’Afrique des indépendances, un titre que lui convoitèrent de nombreux autres hommes et femmes de culture[iii]. Aussi les nouveaux griots auto-proclamés s’érigèrent-ils en directeurs des consciences, définissant pour l’homme noir, et surtout pour la femme noire, une façon d’être, de penser et de vivre sa condition de noir, c’est-à-dire, sa négritude.kandia 1

            Ce fut alors la littérature de la Négritude qui la première consacra les vertus de la femme noire idéale. Ce furent les premiers griots modernes qui, par un contrecoup sublimatoire, nous la révélèrent dans une dichotomie insolite : Celle de la Noire et de son antithèse. Noire, comme la terre africaine farouche et indomptable qu’elle incarnait, elle était énigmatique, pure, fertile, robuste, prépondérante . . . et menaçante à la fois. Et le mystère exotique qui l’entourait éveillait en l’homme une volonté de pénétration et de possession inexplicable. Ne fallait-il pas qu’elle fût grande, obscure et irréductible, celle par qui naissait le surhomme noir? Toutefois, ne fallait-il pas non plus qu’elle fût disciplinée par l’homme noir, afin que dans son giron s’ancre la semence de la vie? La mère de Soundjata, nous dit la légende, ne fut ensemencée que lorsque sous menace de mort, elle perdit connaissance et devint plus soumise, moins combative.[iv] Aujourd’hui encore, les filles de Sogolon se font soumettre  avant de porter l’enfant de l’homme. Cependant, le rituel phallocratique, qui par une stratégie de connivence, est délégué par l’homme à la femme, afin qu’elle occulte l’appareil qui dans la fille donnerait à celle-ci des appétences d’homme, prend la forme plus matérielle et plus tragique d’une clitoridectomie.  Et alors que la femme noire se fait contusionner, ses bourreaux—que dis-je, ses griots–lui déclament des panégyriques, rehaussant sa meurtrissure à un état de grâce ; car le griot n’est pas un signifiant neutre, mais plutôt le phallus, le nom-du-père, en déguisement avenant, et qui enjoint ceci à la femme :

Gratte-toi ici.

Bonne fille !

Maintenant gratte-toi là.

Comme tu es sage !

Répète après moi : « j’aime moi »

Dis : « oh ! que j’aime ce moi qui n’est pas toi,

mais qui demeure le moi de ma culture particulière,

une culture dont je suis très fière,

et qui est fixée dans le temps par koras et balafons ».

Et au moment même où elle a fini de réitérer les injonctions du griot, la femme noire est plus idéologiquement structurée que le griot lui-même en aurait rêvé, disposée qu’elle est à pérenniser sa propre servitude, même en l’absence de son geôlier.

Une scène du film Finzan du cinéaste malien Cissoko est symptomatique de ce fait : Dans la société traditionnelle bambara où il est impérieux que les femmes soient excisées, Fili, une jeune fille qui a grandi en ville, a pu échapper à la clitoridectomie. Fili souffre de l’Hémophilie, et pour son père, il n’est pas question qu’elle soit soumise à la lame de l’exciseuse. Cependant, pour punir Fili de son indocilité, son père l’envoie au village, loin de la ville qui dénaturalise, afin qu’il lui soit trouvé un mari bambara respectable. C’est au village que le secret de Fili est découvert par les femmes, qui, scandalisées par la monstruosité sexuelle de la jeune fille, la dénoncent au conseil des hommes. Fili est le monstre qui met en péril le socius bambara. Elle est la graine anti-généalogique qui veut miner l’autorité du Grand-Narrateur. Aussi les hommes ordonnent-ils aux de femmes de rectifier l’anomalie de Fili. Les femmes du village tendent une embuscade à Fili et excisent de force la jeune fille qui se met à saigner profusément. Lorsque son père averti arrive précipitamment sur les lieux du drame, il n’est que trop tard. La tragédie de Fili illustre le caractère insidieux de la patriarchie, qui peut dormir en paix, laissant à la femme noire le soin d’arroser et de défricher le jardin qu’il a si bien entamé, occupé qu’il est désormais à poursuivre d’autres objectifs, n’intervenant que pour corriger les écarts ou inaugurer de nouveaux critères d’appréciation, que récupérera la femme dès qu’il les aura établis.

Babani Koné, chanteuse malienne et grande annonceuse des produits de dépigmentation

Babani Koné, chanteuse malienne et grande annonceuse des produits de dépigmentation

Dans sa quête d’épreuves nouvelles, c’est vers Isabelle–ou tout ce qui tend vers elle—c’est vers cette Négresse blanche que se tourne le griot, car en vérité, il nous l’avoue, pris entre deux eaux, d’Isabelle et de Soukeïna, il ne peut dire exactement qui est sa sœur et qui est sa sœur de lait.[v] Isabelle, l’antithèse de Soukeïna, sensuelle, tendre, vulnérable et préservée dans toute sa féminité, est pourtant celle qui éveille ses plus grandes avidités et vers qui il tendra des bras implorants, alors qu’à peine s’achève l’éloge qu’il écrit à Soukeïna et l’interdiction qu’il lui profère de chercher lactification.[vi] Cependant, la supercherie ne durera que quatre longues décennies. Voici que de nouveaux griots, d’un verbe moins académique mais non moins hermétique pourtant, nous révèlent la supercherie de leurs pères : Soukeïna, l’on a beau chanter ton éclat et ta grâce, ce qui compte désormais, c’est d’être « une go chawarma . . . mince, mince . . . teint clair . . . fille à papa . . . toujours sexy »[vii] Cela est d’autant plus vrai que d’éminentes griottes—Ö oxymoron monumental que ce néologisme ! Y a-t-il jamais eu une langue maternelle ? Le langage de la griotte n’est-il pas toujours déjà investi de l’autorité du phallus ? —cela est d’autant plus vrai, disais-je donc, que des griottes défilent sur les petits écrans africains faire la réclame de lotions de dépigmentation. Quiconque n’a passé que quelques heures à regarder la télévision malienne se souviendra de cette publicité : La scène se passe dans un restaurant huppé de Bamako. Des clients y sont attablés, qui mangent et discutent discrètement. Entre alors Babani Koné, une diva de la chanson malienne, et assurément la griotte la plus célébrée du pays. Elle est éblouissante. Une véritable go chawarma, dirait Tévécinq. Elle est mince, mince, teint clair, le maquillage éclatant, la coiffure parachevée par de longues mèches, la mise sexy.  Tous les regards se tournent vers ce délice des yeux. Un homme assis à une table en face d’une femme ne peut s’empêcher de hasarder une question à l’endroit de cette apparition paradisiaque. Il se retourne et la hèle en Bambara : « Madame ! Quel est le secret de votre beauté ? » Et la pétitionnée de lui déballer toute une gamme de toilettes aux effets de dépigmentation, et les clientes du restaurant de boire à petits laits, avec des hochements de tête, le discours de la griotte bienfaitrice  qui livre à ses sœurs le secret du bonheur absolu. A présent que la griotte a pris le relais du griot, King, mon ami et homme d’affaires Africain-américain éprouve du remord, qui me confie : « Je me suis fait tellement d’argent à vendre aux Africaines des lotions, des comprimés et des sérums de dépigmentation que j’en ai honte aujourd’hui ». Il est évidemment trop tard pour rectifier le tir. Les multinationales de produits cosmétiques ont compris qu’il y a du profit à se faire dans la réplique des femmes noires à la politique de la reconnaissance à relents aquarellistes du griotisme, et elles ne sont pas près de lâcher prise.

            En effet, le phénomène de la dépigmentation doit s’entendre à la lumière d’un colorisme social. En dépit des slogans fier d’être noir, les médias sont envahis de discours à peine voilés qui valorisent à l’excès le teint clair. Les petits africains apprennent par leurs dessins animés favoris que les méchants ont la peau plus foncée que les bons (le roi lion et Alladin en sont des références symptomatiques), et ils observent leurs parents accorder plus de concessions aux peaux moins foncées qu’aux peaux foncées dans les espaces professionnels et domestiques. Si être noir participe d’une malédiction, n’est-ce pas qu’être femme et noire équivaut à une double infortune ? La psychologie de la dépigmentation est qu’elle est une volonté-de-passage de la condition d’invisibilité à la situation de visibilité; elle est une stratégie d’effacement des limites traumatiques de compartimentation de la société en zones de fortunés et de moins fortunés, pour que se joue, enfin, sur un terrain impartial, un rapport en miroir, une reconnaissance réciproque. Que nous dit-on des gos (filles) qui ont la couleur et la minceur du chawarma—car il est vrai que depuis la crise ivoirienne, ce sandwich libanais s’est bien amenuisé et se cuit moins longtemps, bien que son prix ait doublé–sinon que leur condition leur confère un état de grâce, qu’elles sont d’ores et déjà perçues comme appartenant à la haute classe sociale (filles à papa) et donc prédisposées à un meilleur traitement social ?

La dépigmentation est un engagement pour la survie. C’est une lutte pour atteindre ce nouvel état de grâce édifié par les griots de l’ère moderne.  La femme africaine qui est quotidiennement exposée au colorisme, cette discrimination sociale fondée sur son niveau élevé de mélanine, lorsqu’elle s’arme des seuls moyens dont elle dispose (les produits de dépigmentation), et qu’elle décide de redresser le préjudice qui lui est journellement fait, ne peut s’embarrasser des discours cliniques qui tentent de la psychanalyser. La plupart des femmes, même si elles ignorent les dangers sur la santé qu’elles courent en utilisant ces produits abrasifs, sont conscientes des regards curieux qui se posent sur elles et des commentaires malicieux qui fusent lorsqu’elles passent, exhibant leurs épidermes tigrés, mouchetés, zébrés ou tout simplement peinturlurés, tels des aquarelles d’amateurs. Cependant, de ces indispositions éphémères, la Noire en passe de devenir teint clair n’en a cure, car son combat, elle le perçoit comme une lutte d’affranchissement qui en vaut la peine et pour lequel elle est déterminée à subir quelques désagréments. C’est une cause pour laquelle elle mettrait même sa vie en danger. N’est-ce d’ailleurs pas au péril de la vie que s’acquiert la vraie liberté ?          

Nonobstant la légitimité de l’engagement de la femme noire qui tente de se sortir des confins de ce discours griotique qui l’a si tragiquement marquée du sceau de l’amoindrissement, peut-on rester insensible à la prédestination de sa lutte ? La femme noire disposera-t-elle d’assez de ressources et d’énergie pour mener un combat pour lequel ses zones d’engagement, ses armes et ses dénouements lui sont imposés par ceux-là même dont elle cherche à s’émanciper ? Jusque là, les arguments dont se sert la femme pour combattre l’objectification griotique sont estampillés de la signature du griot, et les issues qu’elle devine comme des écarts ne sont que des tracés griotiques qui la ramènent au cœur même de son avilissement. Peut-être faudrait-il que la femme se trouve une autre  carte hors de nébuleuse phallogriocentrique, un autre langage, une expression différente, qui lui soit propre, c’est à dire qui se déterritorialise du discours et de l’odeur du père-griot. C’est seulement lorsqu’elle se sera inventé une langue propre qui définisse pour elle une façon d’être et de se sentir, plutôt qu’une langue qui, prétendant être une langue maternelle, ne fait que reproduire des aspirations paternelles, que la femme noire saura entre-voir l’issue de sa lutte. Si donc, femmes, je vous avise que c’est en tant qu’homme que je paraphe cet article, est-ce là aussi une astuce que je vous inflige et qui ne cache qu’une volonté-de-pouvoir masculiniste ? Et cet avertissement ne cache-t-il qu’une autre astuce . . . ad infinitum.  voir reportage : http://www.youtube.com/watch?v=tIL98fKsZic&feature=player_embedded


Notes

[i] Consulter, entre autres,  Camara Laye, Le Maître de la parole (Paris: Plon, 1978); Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, Lettres créoles: tracées antillaises et continentales de la littérature (Paris: Hatier, 1991).

                [ii] Voir Norman Stockles, “Toward an Africanization of the Novel: Francis Bebey’s Narrative Technique”, New West African Literature, ed. Kalawole Ogungbesan (London: Heinmann, 1979), p. 109-10.

[iii] Voir Ce que je crois, p. 158

[iv] Voir à ce propos le beau film de Cheick Oumar Cissoko, Keita : l’héritage du griot

[v] Une allusion à Senghor, le grand chantre de la beauté de la femme noire. Dans son poème intitulé que m’accompagnent Koras et balafon, Senghor révèle sa schizophrénie culturelle, qui est aussi la contradiction de tout sujet postcolonial Isabelle (la Blanche) et Soukeïna (la Noire) sont les deux personnages entre qui se joue la dialectique senghorienne.

[vi] Une allusion à la critique hypocrite de Mayotte Capécia faite par Frantz Fanon dans Peau noire masques blancs (Paris : Editions du Seuil, 1952). Il est évident que Fanon, qui était lui-même marié à une Blanche, ne voyait le désir de lactification que chez les autres.

[vii] Les Gos chawarma, Tévécinq, artiste chanteur ivoirien.

A ma ville (Bouaké), Frindéthié

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En août 2008 j’écrivais ce poème pour Bouaké (la ville où de j’ai enseigné de 86 à 88 au Lycée St. Viateur), Bouaké qui est aujourd’hui méconnaissable.

Ma Ville

Ma ville jadis m’irritaient tes sifflements de train infects à me couper le sommeil

Ma ville naguère me tourmentaient tes émanations piquantes de tchapalo frais

de foufou d’igname et d’agouti faisandé

et tes relents de bandji si accablants dans l’air

ah cet air si douloureux

Ma ville autrefois de la gorge étroite des minarets et des clochers

que n’ai-je dit de ton rosaire irréligieux de Mapouka

et de Zouglou quoique si bien accordé

Ma ville aujourd’hui éreintée ramassée dans l’engeance de l’abaissement

Ma ville tes rondeurs de poudre ocre violées d’échardes métalliques

Ma ville ton ravissement de pomelo précoce transpercé de mille fractions de corrosivité

Ma ville tes sanglots détournés

Ma ville tes nébulosités de frayeur à écouter les ardeurs emportées

qui s’agitent en ton giron

Ma Ville ta gésine interrompue

Ma ville l’engourdissement qui te gagne

ta somnolence que tu exorcises dans les maquis couvre-feu

Ma ville que sont donc devenus C* et  G* et Gigi ma lapine blanche

Ma ville ton envol de tourterelle rompu

Ma ville tes conjurations que nul ne semble percevoir

Ma ville ta délivrance figée

Ma ville comme demain j’aimerais me laisser bercer par tes sifflements de train infects à me couper le sommeil

et me laisser reconquérir par tes fragrances poivrées de tchapalo frais

de foufou d’igname et d’agouti faisandé

et tes parfums de bandji si lénifiants  dans l’air

hum cet air si suave

Ma ville comme j’aimerais retrouver demain ton rire de grande dévergondée

et me trémousser à la cadence débauchée de ton Mapouka

de ton Mapouka le plus serré

La vidéo-vérité qui a valu à Sam l’Africain d’être incarcéré par dramane wattra

L’évangile selon Philippe Mangou (29 mars, 2015), M. Frindéthié

mangou(1)Dans une interview accordée à un journal gabonais, l’ex-CEMA Philippe Mangou se défend de ce que les Ivoiriens continuent de lui coller l’étiquette de traitre pour avoir fui le théâtre des combats lors de la « bataille d’Abidjan » : « Est-ce que c’est Laurent Gbagbo qui a payé mon école pour me faire rentrer à l’EFA … Est-ce que c’est Gbagbo qui a fait de moi un officier de l’armée de Côte d’Ivoire. Depuis l’époque de Bédié, moi je suis officier. Et puis je sers la Côte d’Ivoire, pas Laurent Gbagbo … Donc j’ai trahi aussi Bédié alors? Parce que Bédié a été président avant Gbagbo Laurent … Donc si Gbagbo Laurent n’est plus président, moi un officier de l’armée de Côte d’Ivoire, je dois arrêter mon travail pour le suivre … je suis désolé pour vous monsieur le journaliste. Voilà qui est claire! Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer soi-même, disait-il …».

Le problème de Mangou, c’est qu’il n’a pas fait son travail. Il ne l’a jamais fait. Prenant pour prétexte la profession de pasteur de son père et sa soi-disant éducation familiale de pacifiste, Mangou, abandonnant les jeunes soldats sous son commandement sans aucune direction, s’était réfugié à l’Ambassade d’Afrique du Sud au moment où les troupes rebelles sous escorte française et onusienne rentraient à Abidjan.

Ce que les Ivoiriens reprochent au CEMA déserteur, c’est moins de n’avoir pas défendu la personne du Président Gbagbo que d’avoir failli à la mission qui était la sienne en tant qu’officier de la République : Celle de défendre la Côte d’Ivoire. Or Mangou a pris la poudre d’escampette dès les premiers coups de feu, exposant des milliers de militaires sans commandement aux bombes françaises. Mangou ne savait-il pas que son père était pasteur, que son éducation familiale lui dictait une vie de pacifiste au moment où il entrait à l’école militaire ? Ne savait-il pas que le rôle premier du militaire est de défendre la nation, et que son outil de prédilection est le fusil ? Mangou aurait pu se faire pasteur, mais il a choisi plutôt d’être un officier déserteur pour le malheur des Ivoiriens. Mangou est un pilote de ligne qui saute en parachute avant de lancer délibérément son avion contre le flanc d’une montagne.

Oh honte ! Mangou devrait avoir honte. Mais il y a, comme le dirait ma mère, « des gens qui sont nés sans cils et ne connaissent pas la honte ». Mangou est de cette race-là. C’est un couard qui a cru venir à l’armée comme l’on va en kermesse—car il est vrai qu’au temps où cette majorette entrait à l’école militaire, l’armée ivoirienne n’était d’armée que de nom. C’était là où, assuré de d’un bon traitement, l’on allait prendre tranquillement du ventre. Le malheur de Mangou est d’avoir été promu au moment même où il fut nécessaire que l’officier ivoirien démontrât sa formation et défendît son pays. Et Mangou, le fils de pasteur, qui était entré à l’armée comme une jeune fille se joint à une équipe de majorettes, abandonna ses armes et son uniforme et, le premier de tous les Ivoiriens, s’enfuit chercher refuge dans une chancellerie étrangère.

Mangou n’a pas fait son travail. Il ne l’a jamais fait. Mangou est coupable d’avoir donné au peuple ivoirien la fausse assurance que leur Chef d’Etat-major des Armées était encore à leur côté pour défendre la nation agressée, alors que Mangou lui-même préparait sa sortie en catimini. Mangou est coupable de la mort de milliers d’Ivoiriens. Sous d’autres cieux, un déserteur de sa trempe serait passé en cour martiale. Mangou n’a ni servi Gbagbo, ni servi la Côte d’Ivoire. Mangou a trahi Gbagbo et Mangou a trahi la Côte d’Ivoire. L’histoire retiendra de Mangou qu’il fut un pleutre, un déserteur, un traitre pour son pays.

Qui a trahi une fois est bien susceptible de trahir une seconde fois. Même Dramane Wattra à qui la majorette Mangou a fait allégeance le sait, qui a préféré tenir ce traitre loin de lui, dans une retraite dorée au Gabon. Que Mangou se taise et bouffe ; car, en plus d’être un traitre, il a la mauvaise manie de parler la bouche pleine.

En Côte d’Ivoire, dramane détruit les églises alors que les mosquées se multiplient (publié le 9 août 2015)

islamisationLa politique de liberté religieuse prônée par le Président Houphouët depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire est fortement menacée sous la dictature de dramane wattra. Une islamisation sournoise de la Côte d’Ivoire, commencée avec une rébellion quasi ethno-religieuse, prend progressivement pied alors qu’une déchristianisation déguisée en opération d’assainissement s’opère sous le regard indifférent de certains Ivoiriens. A Yopougon, Abobo, Koumassi et Treichville, des églises et temples sont systématiquement détruits par la dictature d’Abidjan sous prétexte qu’ils sont installés dans des zones interdites, alors que des mosquées et des écoles coraniques poussent tous les jours comme des champignons à tout bon vent. Aucune de ces mosquées de fortune qui naissent jusque sur les trottoirs et le vendredi bloquent les rues et les chaussées aux piétons et aux automobilistes n’a jamais été inquiétée par le gouvernement BokoHaramiste de dramane. Au contraire, elles sont non seulement tolérées, mais s’organisent aussi à leur endroit des séances officielles de distribution de coran sous l’égide de dramane et du roi du Maroc. Les Ivoiriens en sont gênés, mais n’en parlent pas. Peur ou pudeur ? Ne soyons pas étonnés si un beau matin, la Côte d’Ivoire est officiellement proclamée Etat islamique, un projet que les guides islamiques caressent depuis l’arrivée au pouvoir de la rébellion ethno-islamique.

Le temps est l’autre nom de Dieu!

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