Comment Dramane Ouattara peut-il tant voyager et demeurer paradoxalement sur place ?

dramane

Au cours de conférences mondiales, dans les salles de classes internationales, sur les réseaux sociaux, dans leurs conversations privées, nombreux sont ceux qui s’étonnent de ce qu’Alassane Dramane Ouattara, ancien étudiant des universités américaines, ancien fonctionnaire des institutions financières internationales, mais surtout, témoin des divers systèmes démocratiques des pays qu’il a visités, se soit révélé un si piètre économiste, et essentiellement, un si piètre ingénieur social, voire même un despote indécrottable, une fois projeté à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire.

En effet, sous le régime dictatorial de Dramane Ouattara, et selon les chiffres avancés par la Banque africaine de développement par la voix de sa directrice générale adjointe chargée de l’Afrique de l’Ouest, madame Akin Olugbadé, « La part cumulée des emplois vulnérables et des chômeurs dans la population active en Côte d’Ivoire se situe entre 70 et 90% ». Voici qui résume de façon très lapidaire l’aptitude économique de Dramane Ouattara, « l’économiste » célébré par les clameurs griotiques. En d’autres termes, un gestionnaire de cabine téléphonique à Anoumambo administrerait mieux la Côte d’Ivoire et y produirait plus d’emplois que ne le fait Dramane Ouattara présentement.

De même, la politique querelleuse, fourbe, anémiante, et meurtrière de Dramane Ouattara, qui a transformé la Côte d’Ivoire en une prison à ciel ouvert et un champ de misère, cette politique dont les Ivoiriens font les frais depuis 7 ans, et que les « alliés » RHDP de Dramane Ouattara, d’abord la bouche trop pleine pour parler, dénoncent, enfin, au fil des jours, parce que la pitance s’amenuisant et borborygmes s’intensifiant, est loin d’être inspirée des pays qui fascinent tant Dramane Ouattara. Tout se passe comme si, de tous ses voyages, Dramane Ouattara erre mais ne bouge guère, regarde mais ne voit rien. D’où cette question : Comment un tel homme, qui a tant voyagé et probablement tant vu, peut-il être aussi obtus à toute intensité égalitariste et progressiste ? La réponse à cette interrogation est très simple : n’apprend pas nécessairement quiconque voyage.

En effet, Dramane Ouattara est l’évidence même qu’un simple voyage dans l’espace de l’autre ne nous ouvre pas nécessairement l’esprit, ne nous permet pas nécessairement de comprendre le monde autrement qu’à travers une perspective étroite. Le plus grand des voyageurs peut demeurer plus obtus que le plus endurci des sédentaires. Joseph Conrad, Albert Schweitzer et Léo Frobénius n’étaient-ils pas tous des voyageurs ? Mais Chinua Achebe ne nous rappelle-t-il pas que ces voyageurs-là ont plus de choses à nous révéler sur leur étroitesse d’esprit que sur les terres étrangères qu’ils ont visitées ? Dramane Ouattara, en dépit des nombreuses années passées dans les universités étrangères, semble être retourné en Afrique plus autoritaire et plus aveugle aux changements du monde qu’il ne l’était au moment où il décrochait son baccalauréat dans un lycée de Ouagadougou.

Il n’est pas suffisant de voyager, mais plutôt de s’enrichir de ses voyages, de se laisser pénétrer – que l’on soit physiquement sédentaire ou pas – d’intensités nouvelles, de vibrations étrangères ; le vrai voyage n’implique pas, comme nous le rappellent Deleuze et Guattari, « nécessairement de grands mouvements en extension, [il peut se faire] immobile dans une chambre et sur un corps sans organes ». Le voyage qui forme et qui enrichit est un mouvement de l’intelligence qui s’ouvre à des flux étrangers ; car l’intelligence peut, dans un corps sédentaire, s’ouvrir à des connexions nouvelles ; elle peut aussi, dans un corps nomade, se fermer sur elle-même. Alassane Dramane Ouattara est certainement un grand voyageur en extension ; mais ses voyages l’ont très peu enrichi d’intensités formatrices. Il a vu des pays et du monde, mais n’en a pas plus appris sur la compassion et la négociation que le sédentaire qui n’est jamais sorti de son hameau. Le président Abraham Lincoln disait ceci : « Si vous voulez tester la capacité d’une personne, donnez-lui le pouvoir ». Dramane Ouattara « prit » le pouvoir et se révéla un cruel incapable recroquevillé dans un solipsisme désespérant.

Publicités

TV5: « Le risque pour la CI est de garder Gbagbo à La Haye en dépit du vide du dossier »

Vincent Bolloré, digne héritier de Jules Ferry, Martial Frindéthié

640px-JulesFerryBonnat.jpg

Soupçonné de pratiques mafieuses en Afrique, Le milliardaire français Vincent Bolloré se défend en reproduisant un rabâchage hérité des premiers spéculateurs racistes venus d’Occident : « faut-il laisser l’Afrique à l’abandon ? » Telle est la parade de Bolloré ! En d’autres termes, L’Afrique n’a que deux choix : accepter les spéculateurs malhonnêtes ou périr. En d’autres termes, plutôt que de geindre, les Africains devraient dire « merci » au Grand Blanc dont les méthodes commerciales frauduleuses les ont sortis des ténèbres.

Cette rengaine, nous l’avons déjà entendue de Léopold II, qui après avoir réduit le Congo en un vaste champ d’esclaves travaillant à son compte, lorsque vint l’heure de rendre compte au monde de ses excès, se défendit que sans ses « investissements philanthropiques », le Congo serait demeuré sans civilisation. Et l’’on voit bien aujourd’hui l’héritage de civilisation que Léopold et ses héritiers ont légué au Congo.

Cette rengaine, nous l’avons aussi entendue de Jules Ferry, qui, le 28 juillet 1885, dans un plaidoyer pour l’expansion coloniale française, ânonnait devant les députés français que l’Afrique, le cœur des ténèbres habitée de « races inférieures », n’attendait que le messie français pour se civiliser : « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures … Je dis que les races supérieures ont des devoirs … Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu’un peut nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Est-ce qu’il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l’Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou de la nation anglaise ? ».

Ainsi donc, la question que posait Jules Ferry en 1885 est celle que pose en 2018 Vincent Bolloré : « faut-il laisser l’Afrique à l’abandon ? Les races supérieures ont-elles le droit de laisser les races inférieures à l’abandon ?». Certains de nos « grands penseurs » nous conseilleraient plutôt de dire merci au Grand Blanc qui vient nous soutenir lorsque nous refusons de nous tenir debout, et ces mêmes « penseurs », dégoutés de notre « ingratitude » envers le Grand Blanc, lui conseilleraient ceci : « si l’Afrique refuse de se tenir debout, laissez-la tomber ». Ce que ne diront jamais ces pseudo-penseurs qui émargent chez les dictateurs qu’ils servent, c’est qu’en réalité, l’Afrique n’a pas besoin de prédateurs de la trempe des Bolloré ; que l’Afrique peut se tenir debout sans ces nuisibles exterminateurs occidentaux ; et que ce sont les dictateurs qu’ils servent, ces esclaves mentaux qui ne se sont jamais consolés d’être faits à la couleur du diable, et qui ne voient leur salut que dans l’Occidental – fût-il un prédateur – qui minent les efforts d’honnêtes investisseurs africains, préférant livrer l’Afrique à des fossoyeurs comme Bolloré.

« Faut-il laisser l’Afrique à l’abandon ? » Quelle malhonnêteté ! Mais surtout, quel mépris pour les Africains dans cette question. Comme s’il n’y avait pas d’investisseurs en Afrique ! N’est-ce pas ce même Bolloré, qui de concert avec le pouvoir corrompu d’Abidjan, et dans les conditions les plus déloyales, se démena pour arracher à Jean-Louis Billon, un Africain, un Ivoirien, le deuxième terminal à conteneurs d’Abidjan ? Et lorsque cet Africain-là, décidé à ne pas « laisser l’Afrique à l’abandon », fit un procès à Bolloré, qui vint à la rescousse du Grand Blanc déplacer le débat sur la vente du sucre en Côte d’Ivoire ? Sinon qu’un autre Africain, en la personne d’Ahmed Bakayoko, qui s’employa de tout son magma pachydermique à humilier Billon, l’invitant à sortir du gouvernement de Dramane Ouattara ? Comme si la condition sine qua non pour servir dans un gouvernement de Dramane Ouattara était d’abandonner sa cervelle aux vestiaires et de se vêtir du boubou de corrupteur et de corrompu !

Les Africains complexés, disposés à rationaliser les pratiques mafieuses des prédateurs occidentaux en Afrique, il y en aura toujours. De même qu’il eut dans le passé d’indignes « dignitaires » africains qui vendirent leurs frères et sœurs en esclavage aux négriers pour quelques miroiteries, il y a encore aujourd’hui, d’indignes « gouvernants africains » disposés à vendre l’Afrique à des « hommes d’affaires » véreux pour quelques privilèges personnels. Et c’est grâce à ces Africains complexés-là que des Bolloré pourront continuer à s’improviser les messies de l’Afrique.

 

 

Côte d’Ivoire : Pourquoi cette dictature ment-elle tant ? M. Frindéthié

dramane

Alassane Dramane Ouattara aurait « reçu mandat de la présidente Dagri pour signer l’accord politique de parti unifié ». Voici une nouvelle qui a causé chez les Ivoiriens une hilarité à les casser en deux. Et nous aussi aurions ri à gorge déployée si cette comédie ne reflétait un grave penchant de la dictature d’Abidjan pour le faux ; un penchant qui en définitive affecte négativement le vécu quotidien des Ivoiriens.

Il est en effet un fait – et certainement pas le seul – que nous trouvons très agaçant chez ceux qui gouvernent la Côte d’Ivoire depuis le coup d’Etat de 2011 : c’est leur propension à prendre des gants avec la vérité, à jouer à cache-cache avec le réel, à tricher avec les chiffres, à tromper, à – disons-le sans ambages ! – mentir sans vergogne ; c’est-à-dire, mentir bêtement, mentir lourdement, mentir gauchement, mentir inélégamment. Cette dictature ment jusqu’à croire à son propre mensonge. Cette façon de mentir n’est pas du tout ordinaire ; elle a quelque chose de pathologique.

Et je ne parle pas seulement de la mystification sans retenue de Sidi Tiémoko Touré, le ministre de la promotion de la jeunesse, de l’emploi des Jeunes et du service civique d’Alassane Dramane Ouattara, qui, confortablement installé sur le plateau du journal Afrique de TV5, ce jour de 4 avril 2018, déclarait, avec tout le calme d’un lac sans rides, que le taux de chômage en Côte d’Ivoire est de 2%. Et même lorsque, assommé par un tel attachement au faux de « notre » ministre, le journaliste de TV5 lui lança des « hum ! » et des « han ! » dubitatifs, Sidi Touré maintint sa fable : 2%, ce sont les vrais chiffres, si l’on considère que l’économie de la Côte d’Ivoire est principalement informelle et que ne sont pas pris en compte tous les travailleurs de l’informel dans les chiffres formellement divulgués.

Cet hyperbolique mensonge débité par Sidi Touré, il me revient que lorsqu’il fut pour la première fois énoncé à Abidjan en janvier 2017, avait aussitôt soulevé des protestations et d’impétueux appels au discernement, des cris d’orfraie du genre « prenez un peu les Ivoiriens au sérieux ! », que le porte-parole du gouvernement, Bruno Nagbané, se précipita d’apaiser, avançant, pour ce faire, un taux qui oscillerait entre 23% et 26%. La vérité vraie est que le taux de chômage en Côte d’Ivoire aujourd’hui n’est ni de 2% ni même de 23 ou 26%, mais pire.

La vérité vraie est que le taux de chômage le plus conservateur partagé par les observateurs sérieux, et qui prend en compte les emplois précaires, les emplois vulnérables, aussi bien que ces occupations dans le secteur informel que cite abondamment le régime d’Abidjan pour justifier ses chiffres, est de 42%. Pour que tiennent les chiffres avancés par Sidi Touré et Bruno Nagbané, il faudrait inclure sous la rubrique de « non chômeurs » du régime d’Abidjan les mendiants aux carrefours, les microbes écumant les nuits, les coupeurs de routes et les braqueurs qui ont désormais pignon sur rue et qui opèrent en toute impunité ; ah ! Ces microbes dont Sidi Touré, sur le même plateau de ce même jour, rationalise l’existence comme étant « un phénomène mondial » !

Et je ne parle pas seulement de cet autre gros mensonge de la dictature d’Abidjan sur cette autre chaîne internationale, un jour d’octobre 2014, où j’émergeais lentement aux nouvelles de CNN sur le déguerpissement des populations ivoiriennes installées dans les zones dites « à risques ». Alors que toute la Côte d’Ivoire savait que les déguerpis des zones à risques n’avaient, dans le meilleur des cas, perçu du gouvernement d’Alassane Dramane Ouattara qu’un dédommagement de 150.000 francs CFA (voir à ce sujet les articles suivants : http://www.imatin.net/article/societe/deguerpissement-des-zones-a-risques-150.000-f-par-famille_1496_1339706585.html http://www.koaci.com/cote-divoire-deguerpissement-quartier-tomber-mort-dattecoube-rase-94020.html?lang=1 ) ; et alors que dans la plupart des cas cette modique somme n’avait jamais été versée aux ayants droit, parce que détournée par certains fauves, quel ne fut mon étonnement, d’apprendre dans ce reportage de CNN que selon les autorités ivoiriennes les déplacés d’Abidjan percevaient pour chaque famille la somme de 2000 dollars (l’équivalent de 984.000 francs CFA). Quelle grosse tromperie !

Et je ne parle pas seulement de cet autre gros mensonge de Gon Coulibaly, qui, prenant les Ivoiriens pour des imbéciles coupés du monde extérieur, annonçait grossièrement que la Côte d’Ivoire était la 5e économie mondiale. Un mensonge que Dramane Ouattara, sur le parvis de l’Elysée, dans son style querelleur qui ne laisse à aucun journaliste l’occasion de finir une question avant de débiter son chapelet de mystifications, faillit réitérer, mais se satisfit de broder à la pénultième minute par la déclaration que la Côte d’Ivoire à « l’une des économies les plus enviables du monde ».

De quelle économie parle donc Ouattara ? Parle-t-il vraiment de cette économie de paupérisation qu’il a instituée en Côte d’Ivoire ? Car en vérité la politique coléreuse, tâtonnante, déficiente, et déshumanisante de Ouattara n’a jamais pu tenir les promesses qu’elle avait faites d’offrir à la jeunesse ivoirienne des milliers d’emplois ; tout comme elle a failli à sa promesse de construire 65000 nouvelles salles de classe et de bâtir 5 universités ultramodernes en 5 ans. La vérité vraie, c’est qu’après avoir pompeusement célébré son entrée dans le cercle des PPTE (le club des pays les plus pauvres et les plus endettés de la planète dont font partie l’Afghanistan, le Burundi, le Burkina Faso, la République Centrafricaine, l’Ethiopie, Haïti, la Guinée-Bissau, le Madagascar, le Malawi, le Mali, le Niger, le Rwanda, le Sénégal), une induction qui lui valut d’obtenir un allègement de la dette ivoirienne, le régime d’Abidjan, amoureux du clinquant, du scintillant, du lumineux, et du « m’as-tu vu ? », plutôt que de s’employer à l’amélioration des conditions de vie des Ivoiriens ployant sous le chômage, la pauvreté, et le mal-être moral et physique, se lança dans une vrille de galas, de soûleries, d’étalages de fortunes infondées, de voyages ruineux, et d’invites de stars (Delon, Rihanna, Deneuve, Carla Bruni, Kardashian, dont certains, comme Chris Brown, repartaient avec des enveloppes de 500 millions de nos francs).

Et lorsque l’argent fut gaspillé dans la satisfaction pulsionnelle du « regardez-moi », l’on se remit à tendre la main au monde comme de vulgaires mendiants, à s’endetter, à se rendetter et à se sur-rendetter sans la moindre vergogne auprès des « amis » de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, auprès des « amis » du Club de Paris et du Club de Londres, auprès des populations ivoiriennes par un déluge d’emprunts obligataires, et même auprès d’autres pays très, très pauvres et très, très endettés, comme le Congo de Sassou N’Guesso.

Les Ivoiriens commencent à se faire aux broderies éhontées du pouvoir, qui, d’un ricanement blasé, les écartent du revers de la main toutes les fois qu’elles sont débitées, en s’exclamant « encore une autre crise de mythomanie ! ». Mais aller les répéter sur des ondes internationales et en accuser, indifférent, les railleries du monde demande une audace et une amoralité exceptionnelles que très peu de personnes peuvent se permettre d’exhiber avec fierté. Ce n’est pas cette audace qui manque depuis 2011.

D’évidence, la politique est métier qui attire de nombreux fourbes et trompeurs ; cela est indéniable ! Mais tricher à s’oublier, tricher à exposer inélégamment les fils blancs de ses broderies ? Quelle goujaterie !

Il est temps de maitriser Bédié, le père sévère, qui persévère dans l’erreur ! M. Frindéthié

bedie

L’allégorie la plus illustrative qu’inspire Bédié, timonier inamovible du PDCI en ces moments tempétueux de l’histoire de la Côte d’Ivoire, est celle d’un « Wali », un père sévère et transcendant qui, au gouvernail d’un bateau ivre livré aux caprices des vents naufrageurs, se refuse à entendre tout conseil, interdit même à ses matelots l’énonciation de la moindre recommandation susceptible de sauver l’équipage, alors qu’avance vers les cruels écueils l’esquif désorienté.

Bédié, ce « capitaine » qui a perdu le cap, mais qui, mû par un nombrilisme et une vanité exceptionnels, s’obstine, contre tout bon sens, à mener le bateau PDCI à sa perte, a des antécédents dans l’histoire. Comme lui, des capitaines des temps moyenâgeux, habités d’une logique antédiluvienne, faisant fi des avertissements de leurs « conseillers », s’étaient, dans un entêtement suicidaire, obstinés à jeter leurs navires sur les pointes acérées des récifs. Mais l’histoire nous enseigne aussi que n’eurent pas raison de la raison collective tous ces opiniâtres timoniers, et que souventes fois, leurs ardeurs destructrices furent arrêtées par des membres d’équipage révoltés, qui, prenant en main leur destin, les maîtrisèrent, les ligotèrent, les abandonnèrent sur un canot au milieu du grand bleu tumultueux, afin qu’ils réalisassent seuls leurs appétences autodestructrices.

Bédié, pareil à ces capitaines de l’antiquité, est dans une logique de sabordement dans laquelle nous l’aurions laissé volontiers accomplir son destin si ses coquetteries avec Ouattara alors qu’il est au gouvernail du PDCI ne risquaient pas de faire sombrer toute la Côte d’Ivoire, n’avaient pas déjà tant déchiré la Côte d’Ivoire ; car, après tout, de même que c’est son droit à Bédié d’aimer la vie, c’est aussi son droit de désirer sa propre mort. Or Bédié n’est pas seul sur cet océan rendu hasardeux depuis l’arrivée du dictateur Ouattara. Il y est avec les occupants du bateau PDCI, mais aussi avec tous les autres navires ivoiriens qui, se cherchant un passage assuré entre les innombrables périls antidémocratiques plantés çà et là par l’autocrate Ouattara, voyagent dans ces eaux incertaines. Le « driving while texting to Ouattara » est donc un danger pour tous.

Mais nous, observateurs externes de la vie ou de la mort du PDCI, pouvons-nous intervenir ? Devons-nous intervenir ? Oui et oui ! Car il serait criminel de notre part, d’abord, de ne point porter assistance à ce bateau en péril qu’est le PDCI, et ensuite, de le laisser causer notre mort à nous aussi. La conduite aventureuse et narcissique de Bédié, son flirt dangereux avec le plus grand dictateur depuis Idi Amin Dada, menace la survie de la mère patrie.

Bédié doit être maitrisé. Il est, au même titre que Ouattara, le bourreau des Ivoiriens. S’il est permis à Bédié d’offrir à Ouattara une troisième extension de sa dictature, ce qu’il restera aux Ivoiriens demain, ce sera rien ! Ce sera le couronnement de l’abus des droits humains et la consécration de l’expropriation.

C’est pourquoi ce débat sur le parti unifié nous interpelle tous. C’est pourquoi nous encourageons les militants du PDCI, aussi bien pour le salut de leur parti que pour la survie de la Côte d’Ivoire, à faire usage de la sagesse qui dicte aux enfants de retirer la clé de la voiture à un père sénile et déliquescent ou qui commande aux amis de ne point laisser conduire un ami sous influence, pour tenir Bédié, ce père sévère qui persévère dans l’erreur, loin du gouvernail du PDCI. Ce qu’il faut au PDCI à un moment où Bédié n’entend plus aucune autre voix que celle du dictateur Ouattara, c’est une mutinerie du genre qu’opéraient les marins contre les capitaines capricieux. Il est temps qu’au PDCI, les militants qui désirent vivre et voir vivre leur parti ainsi que la Côte d’Ivoire toute entière aient le courage de destituer Bédié et de l’isoler dans son petit royaume de Daoukro, afin que se fasse la politique autrement qu’en suivant les borborygmes inassouvis d’un « leader fondamental » aux ordres d’un dictateur impénitent.

L’église catholique de Côte d’Ivoire a-t-elle perdu sa voie/voix ? M. Frindéthié

lezoutie 

En 1883, lorsque Léopold II, roi des Belges envoya ses premiers prêtres catholiques en Afrique endormir la méfiance des Congolais avant que n’arrivent ses armées et ses intérimaires achever le travail d’assujettissement et d’exploitation des Africains, voici ce qu’il leur enjoignit :

Révérends Pères et mes Chers Compatriotes,

La tâche qui vous est confiée est très délicate à remplir et demande du tact. Prêtres, vous allez certes pour l’évangélisation, mais cette évangélisation doit s’inspirer avant tout des intérêts de la Belgique. Le but principal de votre mission au Congo n’est donc point d’apprendre aux Nègres à connaître Dieu, car ils le connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent à UN MUNDI, UN MUNGU, UN DIAKOMBA et que sais-je encore ; ils savent que tuer, voler, coucher avec la femme d’autrui, calomnier et injurier est mauvais. Ayons donc le courage de l’avouer. Vous n’irez donc pas leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle essentiel est de faciliter leur tâche aux Administratifs et aux Industriels. C’est dire donc que vous interpréterez l’Évangile d’une façon qui serve à mieux protéger nos intérêts dans cette partie du monde. Pour ce faire, vous veillerez entre autre à désintéresser nos sauvages des richesses dont regorgent leurs sols et sous-sols, pour éviter qu’ils s’y intéressent, qu’ils ne nous fassent pas une concurrence meurtrière et rêvent un jour de nous déloger. Votre connaissance de l’Évangile vous permettra de trouver facilement des textes recommandant aux fidèles d’aimer la pauvreté, tel par exemple : « HEUREUX LES PAUVRES CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX. IL EST DIFFICILE AU RICHE D’ENTRER AU CIEL » (…) Votre action doit se porter essentiellement sur les jeunes afin qu’ils ne se révoltent pas (…) Insistez particulièrement sur la soumission et l’obéissance. Évitez de développer l’esprit critique dans vos écoles. Apprenez aux élèves à croire et non à raisonner. Ce sont-là, Chers Compatriotes, quelques-uns des principes que vous appliquerez. Vous en trouverez beaucoup d’autres dans les livres qui vous seront remis à la fin de cette séance. Évangélisez les Nègres à la mode des Africains, qu’ils restent toujours soumis aux « colonialistes blancs ». Qu’ils ne se révoltent jamais contre les injustices que ceux-ci leur feront subir. Faites leurs méditer chaque jour : « HEUREUX CEUX QUI PLEURENT CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX ».

Que Léopold II ait vraiment prononcé ces mots ou pas importe peu. Ce qui importe ici, c’est la collusion observée entre l’église et le pouvoir politique dans l’exploitation de l’Afrique ; plus tragique encore, ce qui importe ici, c’est le fait qu’en Côte d’Ivoire l’église catholique semble s’être donné pour rôle d’influencer ses paroissiens dans le sens de l’indolence, d’abêtir ses ouailles pour la perpétuation de l’autocratie d’Alassane Dramane Ouattara. L’appel à l’action de la théologie de la libération, qui, des décennies plus tôt, dans les dictatures latino-américaines (Colombie, Brésil, Pérou, Nicaragua, Chili, Guatemala, etc.), défia les despotes pour, au nom du Christ, redresser les maux sociaux, alors qu’il retrouve un regain de détermination au Congo ou au Togo pour les nouveaux défis de l’Afrique, vient au contraire s’asphyxier sur les rives de la lagune ébrié, où se développe la plus grande dictature africaine depuis l’ère d’Amin Dada. Ici, à part le courage d’une poignée d’hommes en chasubles, dont Mgr Marcellin Kouadio et Mgr Jean-Pierre Kutwa, qui osèrent dénoncer la dictature de Ouattara, la plupart des prêtres catholiques se sont murés dans un silence coupable. Ici, il m’en souvient la verbosité labyrinthique de Mgr Lézoutié, qui, le 10 janvier 2011, après avoir mélangé analogies footballistiques à allégories théologiques et presque comparé Alassane Dramane Ouattara à Jésus, demandait à Gbagbo de démissionner pour alléger la souffrance des Ivoiriens. Notre Lezoutié qui, curieusement, à part quelques bafouillages, est resté brutalement silencieux aujourd’hui ! Ici, il m’en souvient les pyrotechnies de Mgr Ahouana dans la CONARIV, cette « connerie » qui n’a servi à rien d’autre qu’à donner bonne conscience au despote Ouattara, et qui, sa mission accomplie, fut fermée sans ménagement par Koné Mariatou. Notre Ahouana qui est demeuré brutalement silencieux aujourd’hui ! Tout porterait à croire que l’église catholique ivoirienne a perdu sa voie/voix, se faisant de plus en plus la voix du dictateur Ouattara. L’église catholique ivoirienne, plutôt que d’enseigner inlassablement aux Ivoiriens à tourner l’autre joue aux abus de Ouattara, gagnerait à s’inspirer de l’église catholique congolaise, une église à l’écoute des préoccupations du peuple, catéchisant une théologie de la délivrance.

Concertation sur le parti unifié : A Quel jeu de dames Ouattara a-t-il invité Bédié ? M. Frindéthié

Le damier

Le cinéaste congolais Balufu Bakupa Kanyinda a produit un film très réaliste, Le damier: Papa National oye, dans lequel Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga est représenté comme un despote qui aime à inviter ses critiques à un jeu de dames dont le résultat est connu d’avance : la victoire de Mobutu ou la potence. A la vue de Ouattara et Bédié attablés devant des « dossiers », engagés dans ce que l’on voudrait faire passer pour d’âpres et civiles discussions sur le processus du parti unifié, je ne pus m’empêcher un petit sourire et une évocation des bouffonneries de l’ex-dictateur de Kinshasa.

A quel jeu de dames Ouattara a-t-il invité Bédié ? Surtout lorsqu’à la révélation du communiqué final de cette « récréation » privée, qui se veut nécessairement publique, Ouattara et Bédié ne se sont « convaincus » que d’une tautologie : s’accorder en principe sur un accord de principe précédemment affirmé ?

Pour l’observateur lucide de la politique ivoirienne, Il y a quelque chose de fondamentalement dérangeant, d’absolument licencieux, de vraiment mobutuesque dans les rapports qu’entretient Ouattara avec son « aîné » Bédié, lorsqu’à la moindre incartade du PDCI ou au moindre écart d’une voix dissidente au PDCI, Bédié est sommé par Ouattara à une « partie de dames » au palais, et en revient tout discipliné, tout dompté, tout calme, comme sous l’effet de forte sédation. Quel est donc ce jeu de dames qu’impose Ouattara à Bédié, et dont le résultat est toujours déjà connu, et pour lequel Bédié ignore les stratégies et les recommandations que lui prodiguent ses jeunes conseillers au PDCI, pour lequel Bédié ignore tout, jusqu’à la survie du PDCI, acceptant de fondre ce vieux parti dans une structure, dans un surnom, le RHDP, qui pour les Ivoiriens, dans leur majorité, dénote désormais de l’autocratie, du clanisme, de l’injustice, de l’incompétence, de la corruption, de la mort ?

Assurément, le « damier » de Ouattara, comme celui de Mobutu, est régi par la violence. Le jeu de dame de Ouattara est dictatorial, codifié sur des règles rigides et imposées par Ouattara à Bédié, des règles censées contrôler toute idiosyncrasie qui viendrait à contredire le discours autocratique de Ouattara. Malheureusement pour Ouattara, un jeu de dames est une émulation d’invectives entre les joueurs, de railleries, de vérités dites sous le couvert de la distraction. Ouattara a beau museler Bédié dans son jeu imposé avec ses règles unilatérales, malheureusement pour lui, aucune volonté autocratique de contrôler le flux du discours ou de restreindre le mouvement des citoyens ne peut résister à la variabilité de directions dans le jeu de dames.

D’ailleurs, dans le film de Kanyinda, un acteur, un poète, un champion du peuple osa battre Mobutu à son propre jeu de dames, avec tout ce que suppose cette partie de railleries, d’invectives, de dévoilement des excès du dictateur. Et pendant que le trainaient les gardes de Mobutu vers la potence, il fit cette révélation prophétique : « Tu ne perds rien pour attendre ! Le changement viendra ! Tu ne perds rien pour attendre ! Le changement viendra coûte que coûte ! » Question : Mobutu fait-il toujours la pluie et le beau temps au Congo ?

L’avertissement de Méité Sindou à Ouattara : Soro pourrait réparer ce qu’il a gâté, M. Frindéthié

sindou

La rébellion de 2002 – revendiquée par Guillaume Soro, mais en réalité commanditée, par Ouattara – a conduit, après moult transactions et tergiversations, à son but ultime en avril 2011, la déposition du président Laurent Gbagbo. Depuis la prise du pouvoir du RHDP, un constat crève les yeux : Le RHDP n’avait pas de programme de société. La seule cohérence organisatrice du RHDP était la haine viscérale de ses différentes composantes envers le président Gbagbo. Une fois Gbagbo déporté à la Haye, une fois l’ennemi commun mis « hors d’état de nuire », le RHDP se révéla être une « famille » dysfonctionnelle en dedans et, en dehors, une épouvantable machine d’oppression pour les Ivoiriens.

En dedans, une lutte fratricide a vu les partisans de Soro ainsi que les partis mineurs expulsés à la périphérie du pouvoir, alors que le PDCI, humilié, s’est retrouvé à grappiller de petits morceaux insolemment jetés par le RDR. En dehors, toutes les libertés civiles des Ivoiriens, jusqu’à leur simple droit de marcher et de protester, qui sont les voies les plus pacifiques qu’ont les sociétés civilisées d’évacuer leurs frustrations, leur ont été enlevées.

Pour Soro, la frustration est d’autant plus grande qu’en plus de subir l’ingratitude de Ouattara, c’est lui qui, pour avoir accepté d’être le visage de la rébellion par laquelle tout le déchirement de la Côte d’Ivoire a commencé, est le premier des victimaires montrés du doigt. Pour de nombreux Ivoiriens, Soro est le fils qui a trahi la mère et permis qu’elle soit violée par des hordes étrangères. En même temps qu’il est déterminé à régler des comptes avec Ouattara  Soro est conscient qu’il a une dette de réparation envers les Ivoiriens; celle d’abréger leurs peines, au moment où toutes les voies de négociation sont désespérément obstruées par Ouattara. Il l’a suggéré par ses récents appels à la réconciliation, qui peinent à trouver preneurs dans un peuple encore plein de ressentiments. Le régime Ouattara n’a l’intention de discuter avec personne sur aucun sujet, et est convaincu qu’il en sera ainsi dans les dix années à venir, grâce à une constitution qu’il s’est offerte, comme un cadeau empoisonné dont le donateur ignore lui-même les effets éventuels.

Aujourd’hui, Ouattara tient en main sa constitution lui donnant droit à un troisième mandat. Mais il hésite ; il atermoie ; il louvoie ; il ajourne ; il guette ; il menace ; il prie, il mendie ; il courtise. Ouattara fait toutes sortes de contorsions pour coopter le PDCI. Pourquoi ? Parce que cette constitution qu’il tient dans ses mains est nulle sans l’approbation du PDCI, de même que le RDR n’a jamais rien pesé sans le PDCI. Ouattara vise un troisième mandat. Mais il sait aussi qu’une telle approche sans l’acquiescement d’un PDCI de plus en plus frustré le mettrait dans une posture dangereuse par rapport à tout soulèvement populaire. KKB en est conscient, qui nargue joyeusement Ouattara d’oser faire usage de sa constitution votée à 88% avec tambours et balafons pour se présenter en 2020.

Et alors que Ouattara hésite, c’est encore Méité Sindou, ancien ministre éjecté de Ouattara, mais surtout, conseiller de Soro, qui, insinuant les effets de cette constitution-poison, offre à Ouattara cet avertissement : essayer de briguer un troisième mandat en brandissant cette fausse constitution serait pour Ouattara « une erreur très grave » à ne pas commettre. Cela est une claire mise en garde. Le message du conseiller de Soro à Ouattara est très limpide : Essayez ce forcing et vous nous trouverez sur votre chemin. Pour qui sait que Bouaké est une vraie poudrière à la disposition de Soro, et pour qui a entendu Soul de Soul déclarer pour sa défense qu’il n’est pas le seul détenteur de poudrières privées, cet avertissement de Sindou n’augure rien de bon pour la dictature en place.

Une tentative d’un troisième mandat pourrait constituer une erreur de la part de Ouattara qui conduirait Soro à croire que l’occasion est bonne pour lui de solder la faute que lui reprochent les Ivoiriens, tout en faisant payer à Ouattara son ingratitude. D’ailleurs, aujourd’hui, alors que le mépris de Ouattara pour l’opposition et la société civile a bloqué toutes les voies de négociation, et ue les Ivoiriens ne perçoivent pas d’issues de sortie de la fournaise dans laquelle ils se trouvent, Soro pourrait gagner en popularité – même parmi les « jamais Soro » – et se positionner, plus facilement qu’il y a seulement quelques mois, comme l’homme dont le coup de force « salvateur » rebattrait les cartes et donnerait une chance à la démocratie après un moment de transition. A moins que Ouattara ne mette de l’eau dans son vin – et l’image est intentionnée – et n’ouvre de franches discussions avec l’opposition, c’est ce scénario ou, comme au Burkina, un coup de balai de la rue, qui remettra la Côte d’Ivoire sur les rails de la démocratie.

De l’avenir des partis politiques ivoiriens, M. Frindéthié

Kandia-Camara

Les partis politiques dont les voix les plus stridentes et les plus passionnées partagent avec la nation une vision et un rêve limpides, exprimés intelligiblement et intelligemment, à travers des valeurs sociales affirmatives, survivront aux partis qui failliront à ces exigences. En Côte d’Ivoire, quelles sont les voix les plus stridentes dans chaque parti, que disent-elles, comment disent-elles ce qu’elles disent, et surtout, que présagent leurs postures sur l’avenir de leurs partis

Nul ne doute que le RDR regorge d’intelligences. Cependant, ce parti semble avoir arrêté ses grilles d’appréciation aux antipodes du bon sens. De ce fait, les vraies compétences, les vraies valeurs, y sont garrottées par les militants qui lèvent plus de poussière qu’ils ne besognent dans l’intérêt national. Une certaine « sagesse » au RDR semble associer l’efficience à la capacité de descendre dans la fange ; car de toute évidence, ce ne sont ni la compétence ni la probité qui ont valu à ceux qui passent pour les « grands communicateurs » du parti de la case leurs postes « respectables » dans le mouvement. A la lumière du débat sur le « parti unifié » au RHDP, Adama Bictogo et Kandia Camara se sont distingués comme, non seulement les grands communicateurs, mais aussi, et surtout, les « étoiles montantes » du parti de la case. Or, si l’on retire de leurs discours tout ce qu’ils contiennent de réverbérations bruyantes, d’idolâtrie, et de discourtoisies, il n’y a rien qui propose une vision, un rêve, un programme ; mais surtout, il n’y a rien qui éduque le citoyen au véritable exercice de la négociation, fondement de la vie en société.

   Si les jactances de ces communicateurs semblent calquer le style d’Amadou Soumahoro, surnommé « cimetière » pour sa propension à menacer de mort quiconque ose critiquer Ouattara, c’est précisément qu’il ne s’agit pas de piratage, mais plutôt du déploiement d’un style, le style « propre » du RDR ; un style puncheur, griffeur, agressif, belliciste, amoureux des batailles livrées dans la gadoue, qui ne laisse à l’interlocuteur aucune possibilité de placer un mot ni ne fait aucune concession. Les insuffisances de Kandia sont monumentales et ne se comptent plus. Ses carences sont parodiées, même par les écoliers. De nombreux Ivoiriens sont convaincus que sa nomination à l’éducation est censée exprimer tout le dédain du pouvoir Ouattara pour l’école ivoirienne. Quant à Bictogo, il est l’allégorie d’une certaine dégénérescence morale au sein du RDR. Que de forfaitures ne porte-t-il à ses épaulettes, du détournement des 4 milliards de francs Cfa destinés à l’indemnisation des victimes de déchets toxiques à sa transformation d’une mission de sortie de crise au compte de la CEDEAO au Mali en un voyage d’affaires personnelles sur des mines d’or contrôlées par la junte militaire qui a renversé le président ATT ! Impétueux, impatient, affairiste impénitent, prête-nom, selon certaines personnes, adepte du clinquant, du scintillant, du lumineux, et du « m’as-tu vu ? » des nouveaux riches surpris par une fortune infondée, il est, avec Kandia Camara, étonnamment, le visage du futur du RDR, là où d’autres militants, plus éduqués, moins marqués, mais malheureusement aussi pour eux, moins tapageurs – moins « nordistes », peut-être ? – auraient apporté plus de respectabilité. Si le style de Soumahoro, de Bictogo, de Kandia, peuvent haranguer des foules déjà conquises à la cause du RDR, avalant doux comme lait le moindre souffle de Ouattara, et qui ne demandent pas que leur soient précisés une vision, un rêve, un programme pour un futur national, devant l’électorat du futur, un électorat assurément plus sophistiqué, moins partisan du culte de la personnalité, et qui exigera plus de substance, plus de responsabilité, et plus d’intelligibilité, cette posture-là signera indubitablement l’acte de décès du RDR.

Le PDCI possède des atouts inestimables dans sa jeunesse. Le charisme d’un Koffi Konan Bertin (KKB) ou d’une Yasmine Ouegnin est marquant. Les compétences administratives d’une Véronique Aka, d’un Thierry Tanoh ou d’un Jean-Louis Billon sont mondialement exportables. Malheureusement cette jeunesse du PDCI est très rarement écoutée et trop vite cooptée. Le militantisme affirmé de la jeunesse du PDCI aux côtés des pourfendeurs de la république au moment où la Côte d’Ivoire avait besoin que soit défendue sa souveraineté, ainsi que sa cogestion d’une dictature de sept longues années, seront difficilement expiés. KKB, qui au sein de son parti eut trop vite raison (pour avoir, avant tout le monde au PDCI, perçu la duplicité de Ouattara) a aussi contribué au complot contre la république, s’est même félicité de la déportation de Gbagbo, avant de s’assagir. Quant à Billon, qui est annoncé à la Haye pour une visite à Gbagbo, il demeure l’architecte historique de la désobéissance fiscale qui, au sein du complot international contre la Côte d’Ivoire, visait à faire fléchir le gouvernement de Gbagbo ; une faute hautement capitale, étant donné le mutisme qui l’a si soudainement frappé durant toutes ces années de violations de droits humains de l’autocratie de Ouattara à laquelle il a participé. Mais que semblent dire aujourd’hui ces jeunes voix du PDCI ? Qu’est enfin arrivé – et mieux vaut tard que jamais – le temps du retour aux règles sacrées de la démocratie trop longtemps méprisées par le RDR. Et les Billon et les Ouegnin et les KKB le disent avec un langage qui tranche avec la balourdise du RDR, dans une gestuelle qui indique que point n’est besoin de vociférer pour convaincre. De ce fait, ici, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, sans lancer de boules de merde. Ici, descendre dans le purin est plus une anomalie que la norme. Adjoumani l’a appris à ses dépens, qui peut-être ira-t-il retirer sa carte de membre au RDR, tant il en a adopté le mode opératoire.

Cependant, l’un des grands défauts du PDCI, c’est d’osciller au gré des vents ; c’est de vouloir une place à toutes les soupes ; c’est de manquer de convictions politiques ; c’est d’être trop souvent réactionnaire ; c’est de réagir seulement lorsque ses intérêts mesquins sont menacés plutôt que d’agir pour la sauvegarde de la nation et de ses acquis démocratiques ; c’est de ne jamais percevoir la nécessité d’un travail de pédagogie auprès de ses militants, se contentant de suivre aveuglément le dictat d’un patriarche dont les décisions sont indiscutables et ont force de loi. Contrairement à la configuration sectaire et communautariste du RDR, le PDCI est un vieux parti, bien implanté dans l’inconscient collectif d’une frange importante et relativement diverse du (point de vue ethnique et religieux) de la population ivoirienne. Le PDCI est loin de disparaître. Cependant, à moins de se réformer et de se défaire de l’odeur œdipienne de ses dinosaures égocentriques, mais surtout, à moins de prendre ses distances du RDR et de dénoncer les dérives du RDR, le PDCI, qui est déjà tenu comptable de la politique nocive du RDR, risque de s’amenuiser au point de devenir insignifiant.

Lorsqu’il est évoqué, le nom du FPI renvoie inéluctablement à l’image de Laurent Gbagbo ; à l’image d’un géant africain incarcéré dans une prison blanche pour avoir, comme Louverture, comme Béhanzin, ou comme Mandela, défendu la souveraineté de son peuple. Aujourd’hui, alors que le nom de Gbagbo semble rimer avec celui d’un surhomme, il est important de noter que Gbagbo reste un homme ordinaire, qui s’est toujours conduit ordinairement, que la chose la plus ordinaire qu’il ait su offrir à la politique ivoirienne est de lui avoir insufflé une tradition démocratique de formation politique des masses et la formation d’une relève, incorruptible, forgée aux principes de la souveraineté nationale. Pour le FPI, un parti politique doit être d’abord un outil pédagogique pour inculquer aux masses leurs droits et leurs devoirs dans la perspective d’un bien-être social. Et c’est fort de cette conviction que Gbagbo consigna ses idées pour une nouvelle Côte d’Ivoire dans plusieurs livres, et que patiemment, méthodiquement, pendant de longues années, il parcourut des milliers d’agglomérations partager son programme de développement avec les populations, quelles que soient leurs appartenances ethniques et religieuses, et quelles que soient leurs classes sociales.

Si les légataires du FPI, Sangaré, Oulaï, Odette Lorougnon, Assoa Adou, Agnès Monnet, Akoun, Don Mello, Demba Traoré, etc. séduisent par leur engagement désintéressé et par leur attachement aux idéaux démocratiques du FPI, ceux qui forcent encore plus l’admiration et qui sont la preuve que le FPI a devant lui un avenir indestructible, ce sont les plus jeunes, les Justin Koua, les Koné Katinan, les Damana Picasse, les Nestor Dahi, les Marie-France Mariam Cissé, les Samba David, etc., qui, avec une intelligence démocratique et une persévérance exceptionnelle, continuent l’éducation des masses. Les efforts de cette relève paient, car le FPI possède aujourd’hui, non seulement la masse électorale la plus vaste et la plus hétérogène, mais aussi l’électorat le mieux formé sur les enjeux de la politique ivoirienne. C’est le travail de pédagogie de la jeune génération du FPI qui rend le FPI indestructible et qui mine toutes les tentatives de déstabilisation de ce parti, qu’elles soient endogènes ou exogènes.

L’électorat ivoirien est en pleine mutation. Les partis politiques qui ne l’ont pas encore compris et qui continuent de fonctionner comme des associations ethniques, des congrégations religieuses ou comme des loges d’idolâtrie d’un leader maximo seront emportés par les vagues de cette mutation.

Alassane Ouattara et le RDR – Une Thérapie de Choc pour les Ivoiriens, M. Frindéthié

casseurs

Avant la prise du pouvoir par le RDR et Co., l’on avait certainement cru avoir tout vu et tout entendu de ce qu’il pouvait y avoir d’empesté en rhétoriques et en pratiques politiciennes : Bédié était un « ivoiritaire » – comme s’il aurait été souhaitable qu’il fût, comme Senghor et Diouf, francitaire, vigile jaloux de l’identité de l’autre plutôt que de la sienne. Et pour l’en punir, la Côte d’Ivoire fut transpercée en son sein d’une épée qui causa le déchirement de son capital humain et figea son élan. Quand arriva Gueï, dont l’on s’attendait, après l’avoir précipité comme artifice à la magistrature suprême, qu’il continuât à jouer niaisement son rôle de leurre et qu’il passât le témoin au vrai commanditaire du coup de force de 1999, lui aussi fut combattu pour être un apôtre de l’ivoirité. Et vint Gbagbo. Que pouvait-on lui reprocher, sinon que d’être un empêcheur de tourner en rond qu’il fallait déchoir à tout prix en lui imputant, à lui aussi, le péché de l’ivoirité.

Et en substitution de tous ces méchants loups de la politique ivoirienne, Il était, à chaque occasion, proposé un homme, d’une voix faussement doucereuse, d’une mine mensongèrement angélique, d’une mise abandonniquement occidentale, d’une éducation trompeusement démocratique, parce qu’apparemment américaine : Alassane (Dramane) Ouattara (ADO pour ses louangeurs ; AO pour qui veut vivre un autre jour). Car, en définitive, n’était pas ivoiritaire toute personne ou idée qui ne s’accordait pas à l’évangile selon Alassane Dramane Ouattara et ses maîtres français? D’ailleurs, Ouattara n’était-il pas un bon écolier de la finance internationale et le protégé de Camdessus ? N’avait-il pas, en tant que premier ministre, fait la fortune de la France en vendant respectivement à Bouygues et Bolloré, et pour un franc symbolique, l’EECI (Energie Electrique de Côte d’Ivoire) et la SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire) ? N’avait-il pas vendu à vils prix aux amis français de son épouse de nombreuses sociétés d’Etat malgré les vives protestations de Bédié (alors président de l’Assemblée nationale) ? AO n’était-il pas un vigile des intérêts français, qui par son libéralisme économique béat et presque benêt, permit à la France de faire main basse sur les ressources ivoiriennes ? N’était-il donc pas normal que la France le préférât à toute autre personne à la présidence ivoirienne ? Une présidence qui somme toute tardait à lui arriver, tant étaient labyrinthiques les voies démocratiques ?

Lorsque las de l’attente que lui imposait le processus démocratique, AO décida enfin de mettre bas le masque, pour se saisir du pouvoir – bien qu’il ne sortit jamais de sa légendaire perfidie et laissa toujours aux autres le soin d’assumer ses méfaits ; et ce n’est pas Soro qui nous contredirait, qui a porté la croix d’AO pour lui -, le séraphin se mua en incubus ; car, s’était-il convaincu, il était important qu’il introduisît dans les Ivoiriens un effroi qui leur interdirait d’oser remettre en cause son autorité, une frayeur qui consoliderait son règne absolu. Il était important qu’il régnât par la peur. Aussi, les boulevards qui menèrent à son autocratie tapissa-t-il de souffrances et de morts : les sources des puits de Duékoué prirent une saveur de putréfaction ; d’entières familles à Nahibly dans les incendies criminels de ses milices succombèrent ; ses longs couteaux visitèrent les sommeils des habitants d’Anokoi Kouté. Bref ! Aucune contrée de la Côte d’Ivoire, semblait-il, ne fut épargnée des balafres, des pleurs et des deuils généreusement dispensés par AO.

Aucune ? Pas exactement ! Les contrées du nord ivoirien et la majorité de leurs ressortissants, eux, étaient à dessein épargnés des lamentations quotidiennes servies au reste des Ivoiriens par AO. Car, à peine installé au palais présidentiel, AO mit en place une politique d’épurement ethnique qu’il théorisa comme « politique de rattrapage ethnique » – et dont, dans un geste qui lui est propre, il nia la paternité quelques heures seulement après l’avoir énoncée sur une chaîne de télévision internationale. Une politique de purification qu’il justifia de ce que, de tous les temps, de l’administration d’Houphouët à la gouvernance de Gbagbo, en passant par celles de Bédié et de Gueï, les « Nordistes » auraient été mis en marge de la société ivoirienne, confinés dans des ghettos économiques, politiques, sociaux et culturels. Aussi, lui, le messie des Nordistes, serait venu mettre un terme à cette iniquité par le remède du rattrapage ethnique.

Dans son application la moins monstrueuse, la « politique de rattrapage ethnique » d’AO consiste à épurer aussi bien les entreprises d’Etat que les entreprises privées, les associations culturelles, les associations sportives et les organisations non gouvernementales des ressortissants des régions où le président Gbagbo a enregistré une majorité de votes pendant les élections présidentielles de 2010, afin de les remplacer par des ressortissants du Nord, où AO enregistra des scores suspicieusement immesurés. Ainsi, des milliers de travailleurs sudistes s’en allèrent-ils augmenter la pléthore de chômeurs occasionnée par la guerre d’AO, alors que des milliers de Nordistes les remplaçaient ou décrochaient des contrats publics sans en démontrer les compétences nécessaires.

La politique de « rattrapage ethnique » inaugurée par AO fit des émules au sein de la population ivoirienne. De nombreuses personnes originaires de certaines régions dites « historiquement lésées » n’hésitèrent plus à envoyer des lettres pour la plupart anonymes mais souvent signées à la cellule secrète aux questions ethniques d’AO pour se plaindre de telle ou telle personne qui leur aurait ravi une opportunité dans la vie ou qui aurait occupé un poste qui devrait ethniquement leur revenir. Ce poison de la délation se répandit d’autant plus que les demandes des délateurs furent très souvent comblées par le gouvernement. De ce fait, il se constitua en Côte d’Ivoire un réseau de rapporteurs auprès de certains ministères ivoiriens. La campagne de délation encouragée au sommet de l’Etat continue aujourd’hui encore d’édifier un climat de malaise profond et de paranoïa en Côte d’Ivoire dans la mesure où une simple jalousie, une convoitise ou une pulsion de règlement de comptes suffisent à jeter des fonctionnaires dans le tourbillon de la persécution. Dans certaines structures (RTI, SOTRA, PAA, SIR, éducation, etc.), de nombreux fonctionnaires furent licenciés alors même qu’on y embauchait d’autres aux mêmes postes sur les fondements du rattrapage ethnique

Dans son application la plus barbare, la « politique de rattrapage ethnique » consiste à laisser faire l’escadron de la mort et les milices armées de Ouattara, à tourner le dos de l’indifférence pendant qu’ils assassinent et commettent des horreurs de toutes sortes sur les populations du Sud. Ainsi, ne se passe-t-il pas un seul jour sans que des civils non armés ne soient criblés  de balles par des dozos illégalement armés ou par les militaires qui contribuèrent à installer Ouattara à la présidence ; et cela dans le silence de l’impunité. Et, tout comme pendant l’épuration nazie, alors que montaient des hauts fourneaux d’Auschwitz les fumées chargées d’effluves de souffrances, de nombreuses populations des villages environnants prétendaient ne rien sentir ni ne rien voir, dans l’autocratie de Ouattara aussi, nombreux sont ceux qui, bénéficiaires de la politique d’épuration, prétendent ne rien voir ni ne rien entendre des gémissements des suppliciés qui montent des chambres de torture et des incendies criminels.

Comment peuvent-ils entendre les geignements de leurs compatriotes lorsque ces Ivoiriens-rattrapés sont si occupés à « manger » et que les clappements de leurs laborieuses mandibules couvrent tout autre bruit ? Comment peuvent-ils parler de l’infortune de leurs frères et sœurs quand ils ont la bouche si pleine de la pitance du rattrapage ethnique ? Comment peuvent-ils entendre les plaintes de leurs semblables, quand assis à la table du butin, les bruissements des billets neufs des casses et des braquages agréés couvrent tout autre bruit ?

Le sale butin de la guerre faite aux Ivoiriens pour l’accession d’AO à la présidence n’est-il pas énorme ? Si énorme que ni les nombreuses fondations conçues à la va-vite, ni les hideux immeubles montés précipitamment et sans aucune conception architecturale sur des terrains arrachés de force à leurs propriétaires, ni les entreprises engendrées hâtivement dans l’anticipation d’un marché à venir dont l’on a eu vent avant la Côte d’Ivoire non-rattrapée n’ont pu le blanchir ? Mais voilà que les alchimistes de la rue Lepic ont la lumineuse idée de créer une banque spécifiquement RDR ; un établissement financier qui, puisant aux sources même de la logique clanique qui caractérise les actions du RDR, poursuivrait l’entreprise de blanchiment du butin des casses et des expropriations, tout en restant à l’écoute des humeurs bellicistes de ses militants (ex-cordonniers-mécanos-reconvertis-en-combattants-reconvertis-en-gnambros-reconvertis-microbes) qui grognent d’être délaissés par ceux qui les employaient hier et qui pour se payer tourmentent davantage les populations déjà meurtries. Que ne découvrîmes-nous pas à la lumière des ambitions politiques d’AO, pour qui fut détourné le parti de feu Djéni Kobinan pour en faire le temple des transes et des rituels ADOrateurs !

Il aura fallu qu’AO ait des ambitions présidentielles pour qu’un détrousseur de vieilles dames et un grand corrompu comme Sarkozy s’érige en donneur de leçons et en conquérant en Côte d’Ivoire. Il aura fallu qu’AO ait des ambitions présidentielles pour que les familles ivoiriennes soient punies d’un embargo sur les médicaments – AO leur rétorquera certainement que, qui aime bien châtiant bien, cet embargo n’était instauré que pour le bien des Ivoiriens que son épouse et lui portent dans leur grand cœur, au point de leur avoir construit un hôpital « privé » à financement occultes et suspicieusement publics, qui leur consacrera 25% de ses services. Quel cynisme ! Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’anti-intellectualisme ait droit de cité, et que des cancres soient promus ministres et officiers de l’armée. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le vol et la corruption soient érigés en valeurs. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’école ivoirienne tombe si bas, que les étudiants prennent des cours assis à même le sol, que les laboratoires soient vides de tout matériel, que les campus universitaires soient assiégés par des dozos. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que des ministres ivoiriens soient pris par Médiapart, la main dans le sac, à rançonner des opérateurs économiques. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le paysan ivoirien, premier acteur de notre essor économique, se voie spolié, appauvri, humilié et brutalisé. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le chômage atteigne une proportion désespérée. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’UNICEF organise des soupes populaires à la rescousse d’enfants malnutris. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que s’installent en Côte d’Ivoire une indiscipline et une insalubrité délirantes, et qu’Ebola et la fièvre Lassa frappent à la porte des Ivoiriens. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que la Côte d’Ivoire soit le carrefour de prédilection de toute la pègre internationale. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que les Ivoiriens se barricadent dès 18 heures dans leurs maisons, de peur de se faire trucider par un « microbe » ou un coupeur de route. Il aura fallu qu’AO soit au pouvoir pour qu’un voyage à l’hôpital soit un billet aller-simple dans un mouroir. Il aura fallu qu’AO et le RDR soient à la présidence pour qu’en guise d’antithèses, les ingénieurs sociaux d’un parti au pouvoir en manque d’arguments n’offrent à leurs contradicteurs qu’insultes et grognements de porcherie.

Il aura vraiment fallu qu’Alassane (Dramane) Ouattara et son RDR accèdent au pouvoir pour qu’enfin l’Ivoirien réalise qui est cet homme, qui sont ces hommes qui le soutiennent et l’encouragent dans la balourdise, quelle est cette idéologie qui les inspire, et quel est ce parti qui leur sert de chambre de torture. Il aura fallu qu’AO et son RDR accèdent finalement au pouvoir – et par les méthodes que nous savons – pour que les valeurs de la Côte d’Ivoire soient mises sens dessus-dessous ; pour que l’Ivoirien réalise ce qu’il a perdu, pour qu’il réalise qu’AO est l’une des plus grosses falsifications qui aient jamais existé ; qu’AO, ses inspirateurs, leur idéologie, et le RDR sont extrêmement dangereux pour la démocratie.

Enfin de compte, Alassane Dramane Ouattara aura été une thérapie de choc pour les Ivoiriens ; car à cause de lui, grâce à lui peut-être, les Ivoiriens auront vécu le pire en lui, en son entourage, et en son parti le RDR ; et surtout, les Ivoiriens auront appris à les reconnaître et à les éviter. Alassane Dramane Ouattara nous aura montré le visage de ce qu’il peut y avoir de plus hideux dans le tissu social ivoirien. Et il y a gros à parier qu’après 2020, les Ivoiriens consciencieux, de quel bord politique et de quelles régions qu’ils soient, s’opposeront à la politique fasciste de Dramane Ouattara, et tel un seul corps national, s’exclameront « jamais, plus jamais ça ! », et qu’ils extirperont du paysage politique ivoirien, comme l’on extirpe d’un corps malade une tumeur cancérogène, le RDR et l’idéologie dont s’inspirent les ingénieurs sociaux de ce parti qui a à son fondement la négation même de la vie en société.