Qu’est-ce que le franc CFA ? (publié sur ce site le 26 novembre 2011)

22 novembre 2011

 Gary K. Busch, traduction de Martial Frindéthié

 

 Qu’est-ce que le franc CFA ?

Il y a en réalité deux sortes de franc CFA en circulation. Le premier CFA est celui de l’Union économique et monétaire ouest africaine, l’UEMOA, qui regroupe 8 pays d’Afrique de l’ouest (le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo). Le deuxième CFA est celui de la Communauté économique et monétaire des états d’Afrique centrale, le CEMAC, qui regroupe le Cameroun, le Centrafrique, le Tchad, le Congo-Brazza, la Guinée équatoriale, et le Gabon). Cette division correspond à la division coloniale de l’Afrique francophone en une AOF (Afrique occidentale française) et une  AEF (Afrique occidentale française), à l’exception de la Guinée-Bissau initialement portugaise, et de la Guinée équatoriale espagnole.

 Chacun de ces deux groupes émet son propre franc CFA. Le Franc de l’UEMOA est issu de la  BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et celui de la CEMAC CFA est émis par la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale). Ces monnaies étaient cotées à 100 francs CFA pour 1 franc français; et lorsque la France adopta l’euro au taux fixe de 6,65957, le CFA fut arrimé à l’euro à raison de 665,957 francs CFA pour 1 euro, afin de garder le taux de 100 pour 1. Le projet en cours est de coter le CFA à l’euro au taux de change de 1000 francs CFA pour 1 euro ; ce qui revient à une réduction d’environ 50% de la valeur du franc CFA.

Qui est responsable du CFA ?

La politique monétaire qui gouverne cette diversité de pays n’est en fait pas très compliquée, car elle est formulée par le Trésor français, sans l’avis des autorités des banques centrales de l’UEMOA et de la CEMAC. Selon les clauses de l’accord qui a établi ces banques et le CFA, la banque centrale de chaque pays membre  a obligation de déposer au moins 65% de sa réserve de change dans un « compte d’opérations » logé au Trésor français, plus 20%  pour couvrir d’éventuels passifs.

 Les banques centrales de la zone CFA imposent aussi à chaque pays membre un plafond sur le crédit, l’équivalent de 20% des recettes de l’Etat de l’année précédente. Bien que la BEAC et la BCEAO aient des découverts au Trésor français, tout retrait sur ces fonds doit être obligatoirement approuvé par le Trésor français. La décision finale revient au Trésor français, qui investit ces réserves à la Bourse de Paris à son propre compte.

 En un mot, plus de 85%  des réserves de change de ces pays africains sont déposés dans des « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques de la zone CFA ne sont africaines qu’en théorie. Elles ne formulent aucune politique monétaire. Les pays de la zone CFA ne savent ni ne sont informés du montant de ces réserves déposées au Trésor français qui leur appartient collectivement ou individuellement. Les bénéfices rapportés par l’investissement des réserves africaines devraient en principe être reversés dans ces réserves en tant que propriétés des pays de la zone franc. Ce n’est pas le cas. Aucun rapport comptable n’est fourni ni aux banques centrales ni aux pays membres de la zone CFA sur les investissements de leurs réserves. Le club restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français qui connaissent le montant des réserves et savent ce qu’elles rapportent en investissements est tenu au strict secret professionnel. Ces fonctionnaires ne peuvent en parler ni aux autorités des banques centrales ni à celles des pays membres de la zone CFA.

 De ce fait, les pays africains membres de la zone CFA ne peuvent pas formuler leurs propres politiques monétaires. Ce qui fait que les pays les plus inefficients et gaspilleurs peuvent utiliser à loisir les réserves de change des pays les plus efficients et fiscalement prudents sans que ces derniers ne puissent intervenir de façon significative. La convertibilité du franc CFA en franc français se fait par des agents intermédiaires certifiés rémunérés par les découverts des banques centrales.

 Généralement, trois artifices principaux on été utilisés par les deux banques centrales opérant sur instruction du Trésor français pour contrôler la croissance monétaire dans la zone CFA :

1)      Les banques centrales font payer des intérêts sur les opérations de découverts bancaires aussi bien que sur les avoirs en compte.

2)      Lorsque le solde des comptes d’opération d’une banque centrale tombe en deçà d’un seuil donné, la banque doit réduire l’expansion du crédit en augmentant généralement le coût de réactualisation ou d’émission de billets de trésorerie ou en limitant l’accès des pays membres aux services de réactualisation.

3)      Les crédits accordés au secteur public de chaque Etat membre ne peuvent excéder 20%  de ses recettes fiscales de l’année précédente.         

         Cependant, ce contrôle strict opéré par le Trésor français sur les liquidités et les réserves des états d’Afrique francophone n’est qu’un aspect du problème. La création et le maintien de la domination française sur les économies des états francophones d’Afrique est le produit de la longue colonisation française et l’apprentissage de la dépendance des états francophones africains.

 Les banques centrales des pays d’Afrique francophone ont un pouvoir très limité. Ce sont des économies vulnérables aux caprices du marché  mondial. Il ne peut y avoir de commerce sans monnaie ; il ne peut y avoir d’investissements sans réserves. Les politiciens et les partis élus pour promouvoir le développement, la réforme, les changements de politiques commerciales et fiscales ne sont opérants qu’avec le consentement du Trésor français, qui rationne leurs fonds. Certains Africains s’opposent à la perpétuation de ce système. Le président Abdoulaye Wade du Sénégal l’a fait savoir en ces termes : « l’argent du peuple africain bloqué en France doit être retourné à l’Afrique pour  permettre l’essor des économies des états de la BCEAO. Nous ne pouvons pas avoir des milliards dans les marchés boursiers étrangers et être traités comme des mendiants qui doivent faire la manche ».

 Comment en est-on arrivé là ?

La colonisation au sud du Sahara ne s’est pas opérée comme le souhaitait de Gaulle. De Gaulle voulait d’une communauté franco-africaine plutôt que l’indépendance totale pour l’Afrique. Cependant, lorsqu’au référendum de 1958 Sékou Touré lui opposa un « non », le projet de de Gaulle se brisa. La France dut se résigner à accorder l’indépendance à ses ex-colonies en 1960 après une punition exemplaire à la Guinée. Cependant, cette indépendance se gagnerait au prix d’un contrôle strict et continu sur les économies des anciennes colonies. Cet accord, c’était le Pacte Coloniale.

 Par cet accord, les colonies amarraient leur sort économique et militaire à la France. Le pacte créa le CFA et des mécanismes légaux pour assurer à la France une place privilégiée dans la vie politique et économique de ses ex-colonies. Jacques Foccart, le conseiller aux affaires africaines de de Gaulle et co-fondateur, avec Charles Pasqua, du Service d’Action Civique gaulliste, en était le concepteur.

 Le Pacte Colonial assurait une place préférentielle à la France dans la vie politique, économique et militaire des anciennes colonies françaises. Au plan militaire, deux types de contacts furent conçus : la coopération militaire et l’aide technique militaire pour lesquelles personne n’était tenu par la loi, et qui pouvaient être suspendues selon les circonstances. Cette coopération couvrait l’éducation et l’entrainement de soldats et de forces de sécurité africains. Le second type de coopération, plus secret, et qui avait force de loi, était un ensemble d’accords de défense supervisés et mis en place par le ministère français de la défense ; cette coopération offrait une base légale à l’intervention française. Ces accords permirent à la France de positionner des  troupes permanentes et rotatives  dans des bases militaires gérées entièrement par la France en Afrique ; Foccart fit signer aux chefs d’état africains des lettres non datées demandant l’intervention de la France à tout moment.

 Selon l’annexe 2 de l’accord de défense, la France a la priorité sur tout autre acquéreur dans l’acquisition de matières premières africaines dites « stratégiques ». En fait, selon l’annexe 2, le gouvernement français informe régulièrement les Africains de sa politique concernant les matières premières stratégiques selon les besoin de la défense, de l’évolution des ressources et de la situation du marché mondial.

 Selon l’article 3, les gouvernements africains sont tenus d’informer la France sur les mesures qu’ils entendent prendre concernant les produits et matières premières stratégiques. Pour conclure, l’article 5 relatif à ces produits statue que les pays africains doivent les vendre à la France d’abord, après avoir satisfait les besoins de la consommation locale, et que les pays africains doivent importer les produits dont ils ont besoin de la France en premier lieu. La réciprocité entre les signataires n’impliquait pas un accord d’égaux. Elle reflétait la dominance du pouvoir colonial qui avait organisé les indépendances des pays africains quelques mois auparavant. Tout était réservé à la France d’abord. La France était le premier choix pour l’importation, et des conseillers français étaient placés dans les ministères aux côtés de ministres africains.

 En résumé, le Pacte Colonial maintint la domination de la France sur les économies de ses ex-colonies ; la France s’octroya les réserves de change de l’Afrique francophone. Elle prit le contrôle de ses matières premières ; elle positionna ses troupes dans les pays francophones pour s’assurer un passage libre ; elle ordonna que tous les équipements militaires soient acquis en France ; elle s’accapara de l’entrainement de la police et de l’armée ; elle insista que les entreprises françaises aient le monopole en Afrique francophone dans les secteurs clés (eau, électricité, ports, transport, énergie). La France imposa des limites sur l’importation d’une variété de produits en dehors de la zone-franc ; mais elle imposa aussi un minimum d’importation de la France. Ces traités sont encore opérationnels aujourd’hui.

 L’impact du Pacte Coloniale

Les conséquences de la continuation de la politique de dépendance de l’Afrique sont tangibles. Ce sont le manque d’option de compétitivité, la dépendance de l’Afrique par rapport à  l’économie française, la dépendance à l’armée française, et la grande ouverture faite aux entreprises françaises privées. Certaines différences sont beaucoup plus subtiles.

 Les compagnies françaises opérant en Afrique francophone, en fonction de leur pouvoir sécurisé de monopole et d’oligarchie, ont un apport substantiel dans le PIB des pays africains. Elles sont souvent les seules grandes pourvoyeuses de recettes fiscales. Dans de nombreux pays, les compagnies françaises paient 50% des taxes ; ce qui leur donne un statut unique. Ainsi il n’est pas rare d’entendre les Français déclarer que sans les compagnies françaises, les économies des pays africains s’écrouleraient. Lorsqu’en plus de ce fait les pays africains ont du mal à accéder à leurs réserves, l’évidence de la dépendance de l’Afrique devient alarmante. Cependant, cela n’exclut pas la participation d’autres opérateurs économiques tels la Chine, ou les Etats-Unis. C’est l’éventualité de cette compétition qui rend la France si fébrile.

 50 ans après les indépendances africaines, la France continue de contrôler la plupart des infrastructures africaines, et continue de mélanger ses réserves de change à celles des 14 pays africains de la zone CFA. Les compagnies aériennes, la téléphonie, l’électricité, l’eau et les grandes banques sont contrôlées par la France. Les accords de coopération signés après les indépendances par le président Houphouët et le premier ministre français d’alors, Michel Debré, sont toujours théoriquement applicables. La France maintient une poigne de fer sur la monnaie et le commerce ivoiriens ; ce qui tue toute initiative nationale d’indépendance.

 Cette position privilégiée de la France est documentée dans un rapport de la Commission des Nations Unies : « Les témoignages recueillis montrent que la loi de 1998 sur le foncier rural est liée à la position dominante que la France et les intérêts français occupent en Côte d’Ivoire.

Selon ces sources, les Français possèdent 45% des terres ; curieusement, les immeubles de la Présidence de la République et de l’Assemblée nationale sont loués de la France. Les intérêts français contrôlent les secteurs de l’eau et de l’électricité ». Le rapport n’effleure que très superficiellement l’influence de la France en Côte d’Ivoire. Voici ci-dessous quelques uns des opérateurs français influents dans le pays :

 Bolloré, leader du transport maritime français et opérateur principal du transport maritime en Côte d’Ivoire, en compagnie de Saga, SDV et Delmas, contrôle le port d’Abidjan, le pus grand port maritime en Afrique de l’ouest. Bolloré contrôle la régie ferroviaire Abidjan-Burkina (Sitarail). Bien qu’il se soit retiré récemment du commerce du cacao, il conserve toujours sa position de leader dans le tabac et le caoutchouc. Bouygues, leader dans les travaux publics a le monopole des grands travaux ; sans oublier Colas, troisième compagnie française de travaux publics. A travers la privatisation, Bouygues a aussi obtenu des concessions supplémentaires dans l’eau et l’électricité. Il est aussi présent dans l’exploitation du pétrole ivoirien. Total, la plus grande compagnie pétrolière française, détient un quart des actions de la Société ivoirienne de raffinage (première compagnie ivoirienne). Total est propriétaire de 160 stations d’essence et contrôle la provision de bitume. France Telecom, la 7e compagnie française et leader de l’industrie des télécommunications, est la principale actionnaire de Côte d’Ivoire Telecom avec 85% du capital. Ce secteur lui fut offert dans le cadre de la privatisation des entreprises. Dans le secteur des banques et des assurances, on note les activités de la Société Générale, 6e banque en France, regroupant 55 branches en Côte d’Ivoire, aussi bien que celles du Crédit Lyonnais et de BNP-Paribas. AXA, la 2e compagnie française et leader de l’assurance est présente en Côte d’Ivoire depuis l’ère coloniale. La compagnie française la plus vieille en Cote d’Ivoire est la CFAO-CI. Elle opère dans de nombreux secteurs (automobiles, pharmacie, nouvelles technologies, etc.). Pendant très longtemps, la CFAO avait le monopole des exportations et de la vente au détail. La CFAO n’a jamais connu une année déficitaire depuis sa création en 1887. Elle fut acquise récemment par le groupe Pinault-Printemps-La Redoute. Il y a aussi à signaler la présence du « boss des boss français d’antan », le baron Ernest Seilleres, à travers Technip (usine du secteur pétrolier) et Bivac (qui a récemment installé un nouveau scanner au port d’Abidjan).

 La grande  présence du capital français est l’évidence de la profitabilité de la Côte d’Ivoire. Bien que les investissements directs français ne constituent que de 3,5 milliards d’euros, les compagnies d’état acquises par la France leur ont été offertes à des prix imbattables. Les bénéfices que génèrent ces compagnies à la France sont d’une immensité vertigineuse. En dépit de la fuite de certaines compagnies françaises au cours de l’attaque rebelle contre la Côte d’Ivoire, le Business français est vite revenu dans le pays, et a même recouvré son importance d’antan. En fait, l’un des premiers gestes de Ouattara après que la France l’a imposé comme président fut de payer des millions d’euros de compensation aux entreprises françaises qui avaient fui la Côte d’Ivoire par peur de représailles après le massacre des civils ivoiriens par l’armée française le 20 novembre 2004.

 Le vrai challenge du business français vint avec l’élection de Laurent Gbagbo comme président de Côte d’Ivoire. Sa décision de revoir les termes du Pacte Colonial et son intention de faire partir les troupes françaises et onusiennes de son pays sont les raisons pour lesquelles la France causa sa chute et son incarcération.

 Pourquoi la dévaluation du CFA ?

La France n’a plus d’argent. Elle n’a que d’énormes dettes publiques et bancaires. Elle est la plus exposée aux faillites grecques et italiennes, entre autres, et vient de s’embarquer sur un nouveau plan d’austérité. Elle est sur le point de perdre son Triple A, ce qui va conduire les banques privées à accepter de pardonner une partie de la dette européenne. Les grandes dépenses occasionnées dans la poursuite de la guerre contre la Libye ont ruiné la France. La seule raison pour laquelle la France a encore la tête hors de l’eau est la présence des vastes réserves africaines dans les caisses du Trésor français depuis 1960. La grande partie de cette somme est détenue sous forme d’actions au nom du Trésor français ; ce qui a permis de compenser de façon très substantielle la perte de crédibilité des finances françaises.

 Les pays francophone d’Afrique se sont progressivement habitués à l’idée qu’ils ne reverront plus jamais leurs avoirs accumulés depuis des années, que la France entend utiliser comme sa contribution à l’effort de sauvetage de l’euro. Le président Wade du Sénégal a encore demandé qu’une comptabilité soit faite sur les réserves africaines. Jusque là aucune réponse ne lui est venue. Ouattara de la Côte d’Ivoire et Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville ont été informés qu’une dévaluation sera nécessaire, et ils ont été délégués pour relayer l’information à leurs homologues. Les économistes sont unanimes que si cette dévaluation a lieu, 40% des ressources africaines seront utilisées comme bouée de sauvetage pour le Trésor français.

 Cela aura des conséquences désastreuses pour l’Afrique. La dernière fois qu’une mesure de dévaluation fut prise, l’Afrique francophone en souffrit énormément. Bien sûr, les présidents africains et leurs proches ne connurent pas la galère du peuple. La dévaluation est avantageuse lorsque l’on a des produits à exporter, car les produits bon marché attirent les acheteurs. Cependant, la plupart des produits que l’Afrique exporte sont des matières premières et du pétrole. Leurs produits manufacturés, leurs services, tous leurs produits invisibles leur viennent pratiquement de la France ou par le biais de la France. Les denrées alimentaires sont en grande partie importées d’ailleurs, et leurs coûts de transport ne cessent de grimper chaque jour. Cette année, des signes d’inflation ce sont fait voir. La zone monétaire oust africaine a connu une inflation accélérée de 3,9% à 4,1% de décembre à janvier. Cette inflation dans la zone CFA était due principalement au coût élevé de la nourriture, du transport, du logement et de la communication. L’augmentation des coûts était en moyenne de 1,4% en 2010, alors qu’elle n’était que de 0,4% l’année précédente. Les coûts élevés du carburant et de la nourriture ont conduit à cette augmentation des prix.

 L’un des pays qui fut le plus frappé par la dévaluation était la Côte d’Ivoire. La dévaluation impliquait la signature d’un accord d’ajustement structurel avec le FMI et la Banque mondiale, un accord qui imposait des mesures draconiennes au gouvernement afin de redresser l’économie. Ce redressement n’eut jamais lieu. Au contraire.

 La pluie de milliards (le volume exceptionnel de crédits) encouragea la mauvaise gouvernance dans le pays. L’homme aux commandes de ce désastre était Alassane Ouattara. Pendant que Ouattara s’attelait à enrichir les finances des pays étrangers, la Côte d’Ivoire elle s’enfonçait de plus en plus profondément dans la pauvreté. C’est la mise en œuvre des projets financés par l’Union Européenne et la pesanteur des crédits liés à la suspension des dettes contractées au nom des institutions internationales qui ont poussé ces institutions à se désolidariser de la Côte d’Ivoire en 1998.

 Non seulement les projets d’Alassane Ouattara jetèrent la majorité des Ivoiriens dans la pauvreté, mais ils contribuèrent aussi à délocaliser les avoirs des Ivoiriens juste avant la dévaluation, à travers des banques ghanéennes, exercées dans la convertibilité du franc CFA en dollar, doublant ainsi les mises. Entre le 10 janvier et le 11 janvier seulement, 1 milliard de francs CFA furent convertis en dollars. Le taux de dévaluation qui prit effet le 12 janvier permit aux spéculateurs de racheter 2 milliards de francs CFA le 13 janvier. L’explosion de la pauvreté et l’expansion considérable d’une économie occulte sont les plaies ouvertes à la désétatisation, la caducité du rôle du gouvernement. L’irresponsabilité gouvernementale de Ouattara conduisit à une politique ultra libérale qui fit du gouvernement ivoirien un grand absent. Cette situation pesante sur l’économie du pays fut aggravée par le coup d’état militaire de décembre 1999 (alors que Ouattara finissait son mandat au FMI en novembre 1999). Le coup d’état le conduisit finalement au pouvoir, mais il avait sous-loué le leadership, se contentant de faire des transactions dans le diamant et le cacao, ressources naturelles de la Côte d’Ivoire, qu’il menait de sa base retirée du Burkina Faso, via Genève pour le diamant, et via les bateaux de Lomé pour le cacao.

 Le pays sombra. Le taux de croissance battit les records les plus bas. En 2000 les chiffres étaient pour la première fois dans l’histoire du pays négatifs : -2%. La crise de 2002 aggrava davantage la situation. Elle fut préparée à Paris, instiguée par Ouattara et ses amis, Dominique de Villepin et Jacques Chirac. La rébellion qu’ils instrumentalisèrent fut néanmoins contenue par Gbagbo; mais ils ne baissèrent jamais les bras, et finirent par avoir raison de Gbagbo avec le tout dernier bombardement d’Abidjan par les hélicos et les tanks français. A l’approche militaire, il y avait aussi une approche politique parallèle avec l’organisation d’élections truquées à l’avantage de Ouattara. Henri Konan Bédié, le successeur du président Houphouët, se fit finalement complice de la manipulation.

 Alassane Ouattara est incontestablement responsable de la crise économique et financière de la Côte d’Ivoire. La question est de savoir si pendant la dévaluation Ouattara se conduira comme un citoyen ivoirien soucieux du devenir de la Côte d’Ivoire ou s’il continuera à être un sous-préfet noir de la France, soucieux des intérêts de ses maîtres.  

 Le prix de la dévaluation sera la stagnation et l’augmentation du chômage. Ce qui pèsera de tout son poids sur la stabilité nationale et la croissance. S’il est vrai que les personnes au chômage sont prêtes à accepter les emplois les plus abjects, il n’en est pas moins vrai que les conséquences économiques de la dévaluation seront épouvantables. En économie, la loi d’Okun stipule que pour chaque 1% d’augmentation du taux de chômage, le PIB du pays concerné sera d’environ -2% de son potentiel. Les pays africains fragiles auront du mal à formuler des politiques économiques pour compenser leurs pertes.

Bien que le problème soit plus sérieux pour la Côte d’Ivoire, qui pendant la dernière dévaluation contribuait pour 60%  des réserves de change de la zone CFA déposées au Trésor français, il n’en est pas moins sérieux pour les autres états. En dépit de la pauvreté que la dévaluation apportera indubitablement dans la région, très peu de présidents africains sont prêts à renoncer au Pacte Colonial et mettre fin à l’emprise néocoloniale de la France sur les états africains. La France a mordu plus gros qu’elle ne pouvait avaler et a occasionné sa propre faillite. Pourquoi revient-il aux pays africains de la sortir du pétrin dans lequel elle se trouve par sa propre stupidité ?

Comprendre le supplice du PDCI, M. Frindéthié (publié le 30 avril 2013)

schizoidC’est vers les premiers schizoanalystes que nous dûmes nous tourner, dans notre désir de comprendre le supplice du PDCI, ce grand enfant de soixante ans, qui se fait entuber, se fait violer, se fait  fouetter par ce tout jeune führer du RDR, et qui toujours, tel un mouton de panurge, suit tout bonnement le RDR, et continuera à suivre niaisement jusqu’en 2015. Et ce qu’il nous fut donné de voir, ce fut le programme bien élaboré de l’esclave et de sa dominatrice, lorsqu’immobilisé sur l’autel de son supplice, le PDCI en redemandait encore et encore :

« Maîtresse, 1) tu peux me ligoter sur la table, solidement serré, dix à quinze minutes, le temps de préparer les instruments ;

2) Cent coups de fouet au moins, quelques minutes d’arrêt ;

3) tu commences la couture, tu couds le trou du gland, la peau autour de celui-ci au gland l’empêchant de décalotter, tu couds la bourse des couilles à la peau des cuisses. Tu couds les seins, mais un bouton à quatre trous solidement sur chaque téton. Tu peux les réunir avec un élastique à boutonnière. Tu passes à la deuxième phase :

4) tu as le choix soit de me retourner sur la table, sur le ventre ligoté, mais les jambes réunies, soit de m’attacher au poteau seul, les poignets réunis, les jambes aussi, tout le corps solidement attaché ;

5) tu me fouettes le dos les fesses les cuisses, cent coups de fouets au moins ;

6) tu me couds les fesses ensemble, toute la raie du cul. Solidement avec du fil double en arrêtant chaque point. Si je suis sur la table, tu m’attaches alors au poteau ;

7) tu me cravaches les fesses cinquante coups ;

8) si tu veux corser la torture et exécuter la menace de la dernière fois, tu enfonces dans les fesses les épingles à fond ;

9) tu peux alors m’attacher sur la chaise, tu me cravaches les seins trente coups et tu enfonces les épingles plus petites, si tu veux tu peux les faire rougir au réchaud avant, toutes ou quelques-unes. Le ligotage sur la chaise devrait être solide, et les poignets dans le dos pour faire ressortir la poitrine. Si je n’ai pas parlé des brûlures, c’est que je dois passer d’ici quelque temps une visite et que c’est long à guérir – et 2015 n’est pas bien loin »

Peur, sadisme inversé, ou tout simplement « lo péi avanche » ?

Bédié offre le PDCI à Dramane; le champagne a dû être exceptionnellement pétillant! M. Frindéthié

ChampagneHier à Daoukro, au sortir d’une beuverie de champagne avec Dramane Ouattara, Bédié a tout bonnement offert le PDCI-RDA à ce dernier. Comme ça ! Comme un marmot sur l’aire de jeux échangeant le jouet que lui ont offert ses parents pour une friandise, Bédié a tout gaminement tronqué le PDCI pour on ne sait quoi. Le champagne a dû être exceptionnellement pétillant pour que Bédié, sans consulter son parti, se débarrasse du PDCI en un tour de main. Pourquoi devrions-nous nous étonner de cet enfantillage de Bédié ? L’on n’a vraiment de considération que pour la chose dans laquelle l’on a investi de l’énergie. Or, à voir le parcours de Bédié, s’est-il jamais battu pour quelque chose qui en vaille la peine ? S’est-il jamais battu pour une conviction ? En fait de conviction, en a-t-il jamais eu une ? Pourquoi l’enfant éternellement gâté, qui n’a jamais vraiment rien gagné de lui-même, qui n’a jamais su ce qu’il en coûte de créer quelque chose, ne s’amuserait-il pas casser les jouets qu’ont peiné ses parents à lui offrir. Pour Bédié, le PDCI a toujours été un jouet dont il peut disposer comme il lui semble. Et tant pis pour les militants de ce parti qui verraient les choses autrement. Hier, à Daoukro, le champagne a dû être exceptionnellement pétillant ! Mais une signature arrachée à un intempérant au sortir d’un jubilé un peu trop arrosé mérite-t-elle d’être prise au sérieux ? Pas plus qu’un aveu soutiré à un sénile. C’est d’ailleurs ce que pensent les membres du GRAPA-PDCI (Groupe de Réflexion et d’Appui aux Programmes d’Actions du PDCI), qui pour être plus circonspects préfèrent caractériser l’élan de Bédié de « déclaration émotionnelle », une litote appuyée qui dissimule mal l’aphorisme que Dramane aurait profité de la légendaire faiblesse de Bédié pour l’alcool.

Comprendre le supplice du PDCI, M. Frindéthié (publié le 30 avril 2013)

schizoidC’est vers les premiers schizoanalystes que nous dûmes nous tourner, dans notre désir de comprendre le supplice du PDCI, ce grand enfant de soixante ans, qui se fait entuber, se fait violer, se fait  fouetter par ce tout jeune führer du RDR, et qui toujours, tel un mouton de panurge, suit tout bonnement le RDR, et continuera à suivre niaisement jusqu’en 2015. Et ce qu’il nous fut donné de voir, ce fut le programme bien élaboré de l’esclave et de sa dominatrice, lorsqu’immobilisé sur l’autel de son supplice, le PDCI en redemandait encore et encore :

« Maîtresse, 1) tu peux me ligoter sur la table, solidement serré, dix à quinze minutes, le temps de préparer les instruments ;

2) Cent coups de fouet au moins, quelques minutes d’arrêt ;

3) tu commences la couture, tu couds le trou du gland, la peau autour de celui-ci au gland l’empêchant de décalotter, tu couds la bourse des couilles à la peau des cuisses. Tu couds les seins, mais un bouton à quatre trous solidement sur chaque téton. Tu peux les réunir avec un élastique à boutonnière. Tu passes à la deuxième phase :

4) tu as le choix soit de me retourner sur la table, sur le ventre ligoté, mais les jambes réunies, soit de m’attacher au poteau seul, les poignets réunis, les jambes aussi, tout le corps solidement attaché ;

5) tu me fouettes le dos les fesses les cuisses, cent coups de fouets au moins ;

6) tu me couds les fesses ensemble, toute la raie du cul. Solidement avec du fil double en arrêtant chaque point. Si je suis sur la table, tu m’attaches alors au poteau ;

7) tu me cravaches les fesses cinquante coups ;

8) si tu veux corser la torture et exécuter la menace de la dernière fois, tu enfonces dans les fesses les épingles à fond ;

9) tu peux alors m’attacher sur la chaise, tu me cravaches les seins trente coups et tu enfonces les épingles plus petites, si tu veux tu peux les faire rougir au réchaud avant, toutes ou quelques-unes. Le ligotage sur la chaise devrait être solide, et les poignets dans le dos pour faire ressortir la poitrine. Si je n’ai pas parlé des brûlures, c’est que je dois passer d’ici quelque temps une visite et que c’est long à guérir – et 2015 n’est pas bien loin »

Peur, sadisme inversé, ou tout simplement « lo péi avanche » ?

KKB sur RFI: Bédié doit partir!

There is a genocide going on in Cote d’Ivoire, Martial Frindéthié

Imagine an ethnic community run out of its villages, its fields, and its places of worship by a ruthless tribal army and a coldblooded ethnic militia supported by the government. Imagine thousands of children, youth, women, and elderly people from that autochthonous community mercilessly butchered by those ethnic legionnaires, who then occupy the homes, the lands, and the fields of their victims with the blessing of the government. Imagine the few remaining people from that persecuted community rounded up and parked in refugee camps by the United Nations, just a few yards from the places that used to be their villages, and which have now become the dwelling places of new settlers brought in by the tribal legionnaires. But even worse, imagine this: the brutal militias uncomfortable with facing the gazes of those they have deprived of their homes and lands decide to gradually get rid of them by undertaking unrestrained murderous incursions into the camps that shelter them, right under the incompetent watch of the UN forces that are theoretical protecting the banished populations.

This is no fiction. This is the lived reality of the people of Cote d’Ivoire, natives of Duékoué, now strangers, evacuees, and refugees in their own land, since April 2011, under the tribal regime of Dramane Ouattara, this presumptive “savior” of the Ivorians, the man for whose cause the “International Community” ordered a global firepower on Cote d’Ivoire on April 11, 2011. Here, on this site, we have repeatedly denounced the genocide, which reached its most feverish moment with the butchering on April 10, 2011, of more than 800 civilians by Ouattara’s army. Yet, the global powers that have supported Ouattara’s very problematic ascension still remain unmoved, as they have in Rwanda. To-day, more than 3000 have been killed by Ouattara’s ethnic militias.

The latest occurrence of the programmatic extermination of the took place on July 20, 2012, when Ouattara’s ethnic militias, escorted by Ouattara’s army (FRCI) and some traditional Malinke hunters (Dozos), forced their way into the 5000-people refugee camps of Nahibly, burnt down 90% of the camp’s infrastructures, massacred 13 refugees and wounded scores of others, right under the noses of the UN blue berets. The reason for this barbarous incursion? The Northern Malinke populations who had flocked to Duékoué on tacit invitation by Ouattara’s army to occupy the lands of the community after the April 10, 2011 massacre, had decided to conduct a punitive expedition against refugees whom they suspected of hiding a gang of robbers that had killed 4 innocent Malinke the previous night. So, escorted by Ouattara’s tribal armies, the Malinke raided the UN refugee camp in a killing frenzy.

Since the July 20 murderous incursion against the refugees, the United Nations’ mission in Cote d’Ivoire (UNOCI) and Ouattara’s government have been engaged in accountability ping pong: For UNOCI number 2 officer Arnauld Akodjénou, the security of the Nahibly camp should be the responsibility of Ouattara’s army, the very tribal army that was repeatedly cited by several human right organizations for carrying out carnages on the ; the very army that escorted the barbarous throng into the camp on July 20. For Ouattara’s defense minister, Paul Koffi Koffi, the camp was to be secured by UNOCI, the organization that saw the necessity for its conception.

This apparent lack of responsibility elucidation between Ouattara’s government and the United Nations mission in Cote d’Ivoire is actually the well-thought pièce maîtresse of the logic of organized chaos which, under the guise of ignorance of clear directives, gives Ouattara carte blanche to implement his political program based on what he unapologetically names “rattrapage ethnique,” a sort of Hitlerian cleansing project meant to privilege people of a certain ethnic background and eliminate those who do not fit the criteria of ethnic selection. Ouattara’s privileged are the Malinke populations from Northern Cote d’Ivoire, from whose bosom he has been claiming appurtenance since the 1990s, despite evidence to the contrary. The sickening complicity between Ouattara and the UNOCI has been abundantly documented here and elsewhere. It is now no secret that the UNOCI has supplied weapons and logistics to Ouattara’s militias during the Ivorian crisis; some blue berets were even caught on camera fighting alongside Ouattara’s army. In the thrust of this repulsive collusion, the UNOCI has certainly conceded to Ouattara that time is not yet ripe for a full-fledged hands-on society; that a necessary level of human right abuse and praetorian violence would be needed to rid the country of remaining “pro-Gbagbo fanatics;” which explains the UNOCI’s participation in the various raids on the western countryside presumably targeting Liberian mercenaries still fighting for Gbagbo, raids that have actually served as pretexts for “disinfecting the West of its population,” to use this imbecile allegory by Ouattara’s party leader Amadou Soumahoro.

So, this latest act of barbarity perpetrated against the is not a chance occurrence. It is an act that fits within Ouattara’s Hitlerian scheme, the aim of which is to exterminate the and colonize their lands with new populations. In doing so, Ouattara hopes to kill two birds with one stone. Firstly, he hopes to reward one of his greatest sponsors, Burkinabe dictator Blaise Compaoré, by making many Burkinabes the owners of the fertile cocoa belt of Cote d’Ivoire that has been the traditional dwelling place of the people. Being the custodian of productive lands and a seaport has always been the reverie of delusional Compaoré, who has never hidden his desire to annex the Ivorian seaport of San Pédro as a war trophy in the early 2000s. It is against the promise made by Ouattara to supply his constituencies with fertile lands in Cote d’Ivoire and allow him privileged access to the San Pédro seaport that Compaoré sent carloads of Burkinabes to rebel-held northern towns of Cote d’Ivoire before the 2010 presidential election to inflate the electoral list in favor of Ouattara. It is these Burkinabe who, henceforward outfitted with forged Ivorian documents and mixed with the original Northern populations of Cote d’Ivoire living in Duekoue, carry now the convenient appellation of Malinké. It is these smuggled populations from Burkina Faso that, Ouattara hopes, will help him reach out to his second goal of ensuring a 2015 electoral victory, as lingers the prospect of the collapse of the sucker alliance he passed with Konan Bedie’s PDCI.

Indeed, only one year after the political crisis that saw the deaths of tens of thousands of Ivorians, Ouattara’s government announced in June 2012 that the Ivorian population, which was around 20 million before the war, has now increased to 26 millions: a six-million population increase in only one year. Unbelievable! In fact, this fanciful indicator reflects the millions of Burkinabe that Ouattara and Compaore have smuggled into Cote d’Ivoire before the 2010 presidential elections, elections that have witnessed the most flagrant cases of massive frauds ever recorded in the 21st Century. In some areas where Ouattara scored more than 98%, the number of voters surpassed the actual population counts. Having blatantly cheated against Gbagbo, Ouattara has later cheated during the 2011 legislative elections against the other parties of the RHDP bloc with whom he had hitherto passed an alliance to “defeat” Gbagbo. Those parties, and especially Bedie’s PDCI and Anaky’s MFA, are set to break the alliance in 2015 and present their own candidates against Ouattara. Ouattara knows it. And to counter them, he has started habituated the Ivorian people to the lie that the country’s population has increased by six million people. Six million Burkinabe set to vote for him in 2015. Six million Burkinabe that Ouattara must reward for their services. Six millions Burkinabe that must be found fertile lands on the territories of those who were among the most fervent supporters of Gbagbo, the . Six million for whom the Wes must disappear from their ancestral lands. To accommodate the millions of Burkinabe who are progressively moving in to take the place of the , In order to accommodate these substitutes, Ouattara’s parliament is considering a land reform whose language will stipulate that the land belongs to he who enhances it. A running , a hiding , a that has surrendered his land for fear of being butchered is an absent , and certainly not a that is enhancing his land; whereas a present Burkinabe working on the ’s ancestral land is a Burkinabe, pardon, a Malinké that is enhancing the land. The land belongs to he who enhances it, not to he who flees from it. Ouattara’s programmatic extermination of the people has only started, and it will carry on unless …

KKB aurait-il compris – enfin? M. Frindéthié

Depuis les dernières élections législatives qui se sont soldées par des fraudes massives par les candidats du RDR, élections boudées par la grande majorité des Ivoiriens et au cours desquelles les morts eux-mêmes se sont rendus aux urnes pour les candidats du RDR, des voix discordantes se font entendre au sein de la coalition RHDP. La plus rugissante de ces voix est celle de KKB (Kouadio Konan Bertin), président de la JPDCI, qui dénonce sans langue de bois la politique tribaliste d’Alassane Dramane Ouattara.

Pourquoi ce réveil tardif de KKB ? D’où vient à KKB cette hardiesse subite à s’en prendre au régime de Dramane, alors que bien avant les élections présidentielles de 2010, bien avant le contrat de dupes que son parti avait signé avec Dramane, le mentor du RDR avait démontré sa propension à la politique de l’émotion plutôt qu’à celle de la raison ainsi que son penchant pour la gouvernance tribale et revancharde plutôt qu’à celle du rapprochement et de la concertation ?

Ce pourrait-il que KKB ait compris – enfin ! – que dans sa quête hystérique de la revanche, Dramane Ouattara, ce prosélyte de la politique du « rattrapage ethnique », ce concepteur de la « Charte du Nord », ce promoteur du coup d’état de 1999 et de la rébellion de 2002, n’a pas oublié – ne peut pas oublier – qu’en 1993, le PDCI faisait échec à son ambition présidentielle par l’invention d’un néologisme, « l’Ivoirité », et qu’après avoir anéanti le FPI et décimé les populations qui supportent le président Gbagbo, Dramane Ouattara, ce vengeur hystérique, s’attellera à l’anéantissement du PDCI et à la décimation des populations fidèles au président Bédié ?

En effet, il semble que KKB ait compris. Mieux vaut tard que jamais, surtout lorsque le président Bédié, le jugement embrumé dans les caves de bons vins et les interminables galas – cheval de Troie – que Ouattara, employé à installer sa dictature, lui offre généreusement, regarde impassible le massacre et l’expropriation des peuples du sud par les francs-tireurs de la politique du « rattrapage ethnique ». Espérons seulement que les dinosaures du PDCI, qui pendant 10 ans se sont employés à saboter la politique de développement du président Gbagbo en s’alliant à la chose la plus politiquement et moralement asthénique que la Cote d’Ivoire ait jamais importée (cette chose venue de Sindou), sauront entendre le cri de cœur de KKB pour sauver, avec les Ivoiriens consciencieux, ce qui reste encore de notre chère Côte d’Ivoire.                         

Cela devrait nous interpeller, M. Frindéthié

Il se passe quelque chose dans la Côte d’Ivoire de Ouattara et de Sarkozy qu’il convient de décrier avec la plus grande énergie. Alassane Dramane Ouattara est dans une logique de décimation des cerveaux du pays. Quel que soit le bord politique dans lequel nous nous situons, le traitement que réserve Ouattara au capital humain ivoirien doit nous interpeller, car un jour, il faudra que la Côte d’Ivoire se relève. Pour gagner cette bataille-là, la bataille de la croissance et du développement, la Côte d’Ivoire aura besoin de tout son capital humain, et plus précisément de ceux qui possèdent des expertises pertinentes, compétitives et  mobilisables mondialement. Ces expertises-là, Alassane Dramane Ouattara, entouré de sa horde aux aptitudes très approximatives, au vitae creux, mais à la malveillance aiguisée, a décidé de les détruire sur la base de la haine tribale et de la politique ethnologique. Au rythme où le ressentiment de Ouattara extermine l’expertise ivoirienne et fait l’apologie de l’illettrisme et la promotion de l’anti intellectualisme, la Côte d’Ivoire est bien partie pour être le pays le moins émérite et donc le plus pauvre d’Afrique. Jamais de mémoire d’Ivoiriens, avant l’arrivée de Ouattara sur la scène politique ivoirienne, a-t-on vu un « chef d’état ivoirien » laisser mourir un opposant Ivoirien dans des conditions viles sur la base de son appartenance politique ou ethnique.

 Du président Houphouët au président Gbagbo, en passant par les présidents Bédié et Gueï, la compassion, même à l’égard de l’opposant politique, était une vertu ivoirienne. Ouattara retourne aujourd’hui cette vertu sa tête et fait sien la haine destructrice.

Aucun Ivoirien ne doit se réjouir de la déshydratation intellectuelle programmée de la Côte d’Ivoire, ce pays qui fut il y a un temps l’une des plus luxuriantes forêts de cerveaux en Afrique. Le courroux de Ouattara ne devrait pas justifier un tel gâchis.                   

Consensual Rape in Francafrique Currency Markets, Gary K. Busch

  1. The CFA franc will be devalued on 1 January 2012 according to several reliable sources in West Africa. This happened before, with disastrous consequences. On January 12 1994, Benin, Burkina Faso, Cameroon, Chad, Central African Republic, Comoros, Congo-Brazzaville, Ivory Coast, Equatorial Guinea, Gabon, Mali, Mauritania, Niger and Senegal were informed that their common currency had been devalued by 50%. 50 CFA francs had bought 1 French franc; now it cost 100 CFA francs. There were violent reactions in many of the countries, especially Senegal, at the loss of 50% of their purchasing power. In 2012 it will be even worse as high world prices for food, paid for in US dollars, will place imported food out of the reach of most Africans working in menial jobs, on the farms, as civil servants or unemployed.

The responsibility for this approaching disaster is the failure of the French economy to deal with its long-term structural debt and the use of French reserves to prop up the failing Euro and participate in the several bailouts within the Eurozone. French wars in the Ivory Coast and especially Libya have cut a major hole in the French pocket. Their tame African partners, the presidents of francophone African states, are complicit in this plan for devaluation and continue to follow the lead of their protectors, the French Army, in whatever they suggest. This relationship is long-standing and a paradigm of neo-colonial enterprise.

What is the CFA Franc?

There are two separate CFA francs in circulation. The first is that of the West African Economic and Monetary Union (WAEMU), which comprises eight countries (Benin, Burkina Faso, Guinea-Bissau, Ivory Coast, Mali, Niger, Senegal and Togo). The second is that of the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC), which comprises six countries (Cameroon, Central African Republic, Chad, Republic of Congo, Equatorial Guinea and Gabon). This division corresponds to the pre-colonial French West Africa (AOF) and French Equatorial Africa (AEF), with the exception of Guinea-Bissau, formerly a Portuguese colony, and Equatorial Guinea, formerly Spanish.

Each of these two groups issues its own CFA franc. The WAEMU CFA franc is issued by the Central Bank of West African States (BCEAO) and the CEMAC CFA franc is issued by the Bank of Central African States (BEAC). Since 1994, both currencies were pegged at 100 CFA to the French franc but, after France joined the Euro at a fixed rate of 6.65957 French francs to one Euro, the CFA rate to the Euro was fixed at CFA 665.957 to the Euro. The current plan is to peg the rate at CFA 1,000 to 1 Euro – a devaluation of about 35%.

Who is responsible for the CFA Franc?

The monetary policy governing such a diverse aggregation of countries is uncomplicated because it is, in fact, operated by the French Treasury, without reference to the central fiscal authorities of any of the WAEMU or the CEMAC states. Under the terms of the agreement which set up these banks and the CFA, the Central Bank of each African country is obliged to keep at least 65% of its foreign exchange reserves in an “operations account” held at the French Treasury, as well as another 20% to cover financial liabilities.

The CFA central banks also impose a cap on credit extended to each member country equivalent to 20% of that country’s public revenue in the preceding year. Even though the BEAC and the BCEAO have an overdraft facility with the French Treasury, the drawdowns on those overdraft facilities are subject to the consent of the French Treasury. The final say is that of the French Treasury which has invested the foreign reserves of the African countries in its own name on the Paris Bourse.

In short, more than 85% of the foreign reserves of these African countries are deposited in the “operations accounts” controlled by the French Treasury. The two CFA banks are African in name, but have no monetary policies of their own. The countries themselves do not know, nor are they told, how much of the pool of foreign reserves held by the French Treasury belongs to them as a group or individually. The earnings of the investment of these funds in the French Treasury pool are supposed to be added to the pool but no accounting is given to either the banks or the countries of the details of any such changes. The limited group of high officials in the French Treasury who know the amounts in the “operations accounts”, where these funds are invested and whether there is a profit on these investments are prohibited from disclosing any of this information to the CFA banks or the central banks of the African states.

This makes it impossible for African members to regulate their own monetary policies.

Three basic mechanisms have traditionally been used to control monetary growth in the CFA Franc Zone by the two banks operating under the instructions of the French Treasury:

·        In the central banks’ operations accounts, interest is charged on overdrafts, and conversely, interest is paid on credit balances.

·         When the balance in a central bank’s operations account falls below an agreed target level, it is required to restrict credit expansion, generally by increasing the cost to member countries of rediscounting paper with the central bank or by restricting member-countries’ access to rediscounting facilities.

·        Credit provided by the central banks to the government sector of each of their member countries can be no larger than 20% of its fiscal revenue in the previous year.

However, this tight control by France of the cash and reserves of the francophone African states is only one aspect of the problem. The creation and maintenance of the French domination of the francophone African economies is the product of a long period of French colonialism and learned dependence by African states. For most of francophone Africa, central banks are given limited power. These are economies whose vulnerability to an increasingly globalised economy is increasing daily. There can be no trade policy without reference to currency; there can be no investment without reference to reserves. The politicians and parties elected to promote growth, reform, changes in trade and fiscal policies are made irrelevant except with the consent of the French Treasury which rations their funds. There are many who object to the continuation of this system. President Abdoulaye Wade of Senegal has stated very clearly: “The African people’s money stacked in France must be returned to Africa in order to benefit the economies of the BCEAO member states. One cannot have billions and billions placed on foreign stock markets and at the same time say that one is poor, and then go beg for money.”

Why devalue the CFA Franc?

France has run out of money. It has massive public and bank debt. It has the largest exposure to both Greek and Italian debt (among others) and has embarked upon yet another austerity plan. Its credit rating is on the brink of losing its AAA status and the private banks are going to have to take a major haircut on its intra-European debts. Part of the reason it has been able to sustain itself so far is because it has had the cushion of the cash deposited with the French Treasury by the African states since 1960. Much of this is held in both stocks in the name of the French Treasury and in bonds which have offset and collateralised a substantial amount of French gilts.

The francophone African states have gradually been able to recognise that they may never see their accumulated assets again as these have been pledged by the French Treasury against the French contribution to the several European bailouts. Wade of Senegal has again been asking for accounting. None has been forthcoming. Ouattara of the Ivory Coast and Denis Sassou-Nguesso of the Republic of Congo have been told that it will be necessary to devalue the CFA francs and they have been delegated the role of informing their African presidential colleagues. Devaluation will release funds and extend a lifeline to the French Treasury, which may be called upon to bail out French banks exposed to the european debt crisis.

However, it will have a devastating effect on Africa. The last time there was such a devaluation most of French Africa  suffered badly (except for the Presidents and their friends). Devaluation is useful if you have things to export which are made relatively cheaper. However, for most of francophone Africa the goods they have for export are raw materials and petroleum. Much of their manufactured goods, their services, their invisibles come from or through France. |Large amounts of food is imported from outside Africa and is growing daily in price as is transport. There were signs of price inflation earlier this year. West African monetary zone inflation accelerated to 4.1 per cent in January from 3.9 per cent the month before.  Inflation in the eight-nation economic zone, which uses the euro-pegged West African CFA franc, was mainly due to rising food, transport, housing and communication costs. Price-growth averaged 1.4 per cent in 2010, up from 0.4 per cent the previous year. Higher prices for petrol and food drove that increase.

One of the countries which was hardest hit by the previous devaluation was the Ivory Coast. That devaluation entailed the signature between the IMF and the World Bank for an Enhanced Structural Adjustment Facility (ESAF) (1994-1996), that imposed drastic measures on the government to make  budgetary restrictions destined to straighten up the national economy – this, to no avail.

Furthermore, the “raining billions” (an exceptional, unprecedented volume of credits) encouraged bad governance in the country. The man then in charge was Deputy Managing Director of the IMF and now Ivorian president, Alassane Ouattara. He has been accused of being at the heart of deterring international financing whilst letting the Ivorians sink deeper and deeper into poverty. It was the carrying out of projects financed by the European Union, and the massive deterring of credits linked to postponing debt contracted on behalf of international institutions, that brought these same institutions to break off with the Ivory Coast in 1998. The country then sank into a depression and the growth rate reached a record low. In the year 2000, the figure was negative for the first time in the country’s history: -2.3%.

The price African states will pay for devaluation will be poverty, stagnation and increased unemployment. This unemployment and underemployment will place a crucial role in domestic stability and growth. While it is easy to see that people without jobs and hope are more willing to take more extreme positions, the economic consequences are also clear. In economics, Okun’s law refers to an empirically observed relationship relating unemployment to losses in a country’s production first quantified by Arthur M. Okun. This ‘law’ states that for every 1% increase in the unemployment rate, a country’s GDP will be at an additional roughly 2% lower than its potential GDP. Fragile African economies will find it hard to develop policies to compensate for these losses.

Although the problem is most acute in the Ivory Coast, which represented at the last devaluation 60% of the assets of the West African Pool, it is no less serious for the other states. Despite this, and the poverty it will bring to the region, there are few African presidents who are willing to renounce the Pacte Coloniale and end the terrible toll of French neo-colonialism in the region. France may have overspent its funds and bitten off more than it could chew in European debt and now foreign interventions. Surely it isn’t the job of West Africans to pay for this aberrant behaviour.

Source: http://thinkafricapress.com/economy/consensual-rape-francafrique-currency-markets

 

Le « Syndrome de Mamadou » joue son va-tout en Côte d’Ivoire, M. Frindéthié (publié le16 décembre 2010)

Que dire des intellectuels africains, membres des organisations internationales qui cherchent à systématiser l’assujettissement de l’Afrique ? Ils sont tout simplement affectés du « syndrome de Mamadou ». Qu’est donc ce syndrome ?

Le cinéaste Robert Nugent a fait un documentaire, The End of the Rainbow, sur les opérations industrielles d’une multinationale minière en Guinée et leurs conséquences économiques et sociales sur le peuple de Guinée ainsi que sur la physiographie du pays. Ce film montre la fin de la Guinée idyllique de la Guinée de l’abondance, des forgerons et des griots aux connaissances mythiques que, jeunes, nous apprenions à connaitre dans l’autobiographie de Camara Laye. Dans le documentaire de Nugent, une population de cultivateurs et de mineurs traditionnels est délogée de sa terre ancestrale pour faire place à une multinationale minière qui a payé de gros dividendes à la classe dirigeante. Ainsi, alors que s’installe la compagnie, la population locale est refoulée vers des champs arides ; la végétation est détruite, la faune disparait, et la terre et la petite rivière où s’approvisionne la population en au potable sont contaminées par le mercure qu’utilise la compagnie d’exploitation. Bien que quelques jeunes itinérants se réjouissent d’avoir trouvé un emploi stable à la compagnie, pour la plupart, l’arrivée de la compagnie minière sonne le tocsin du village ; et la multinationale devient bientôt une force antagoniste contre laquelle va lutter une population locale désillusionnée qui, dès la tombée de la nuit, descendra dans les carrières de la multinationale prospecter de l’or en dépit des injonctions contraires de la classe dirigeante. Ce que révèle pour moi ce documentaire, et qui pourrait être tout à fait tangentiel aux objectifs du cinéaste, c’est cette sorte de nouvelle mondialisation à laquelle participe l’intermédiaire local, et qui maintient l’Afrique dans un état de pauvreté abjecte. Cette mondialisation qui chez l’Africain sème cette graine de dépendance, cette affliction, que j’appellerai ici le « Syndrome de Mamadou ».

Dans le documentaire de Nugent, de tous les Africains qui travaillent pour la multinationale, seul Mamadou porte le casque rouge réservé ordinairement aux Blancs. Mamadou est un jeune Guinéen au français approximatif, choisi et entraîné par la compagnie pour représenter ses intérêts auprès des villageois hostiles aux opérations destructrices de la multinationale. En signe de distinction, et pour insister sur le rang qui lui est désormais conféré, Mamadou portera, comme les Blancs de la compagnie, un casque rouge ; signe qu’il n’est plus tout à fait comme ses frères Noirs ; signe qu’il a pris de l’altitude par rapport à eux, et que de ce fait, son attitude par rapport à eux doit aussi changer. Cependant, il est ordonné à Mamadou, qu’afin de se fondre dans la foule de ses frères noirs, qu’afin de n’éveiller aucune suspicion, il ne devrait jamais porter son casque rouge en présence des villageois. Pour Mamadou, qui aurait bien aimer exhiber son casque rouge, cela est un petit désappointement. Mais qu’importe le désappointement quand la récompense pécuniaire est considérable ? Qu’importe le désappointement quand ses frères blancs lui assurent qu’il est l’un des leurs ? Aussi, Mamadou parcourt-il les villages interprétant gracieusement à ses pairs les prétendus bénéfices des opérations de la compagnie, lorsqu’il n’est pas occupé à chasser les quelques Guinéens audacieux qui osent encore enfreindre les lois de la compagnie et prospecter dans ses carrières. Et lorsque Mamadou tombe sur un de ces outlaws, ô avec quel zèle ne les insulte-t-il, ne les malmène-t-il avant de les remettre à la compagnie, qui à son tour les réglemente pour les ensuite remettre à la police locale, qui les brutalise avant de les enfermer dans des conteneurs surchauffés par le soleil guinéen !

Mamadou est le symbole du déserteur africain prêt à retarder la croissance africaine pour un peu de jouissance blanche. Le « syndrome de Mamadou », c’est la mentalité d’esclave qui sévit dans une trop grande partie de notre élite africaine pour qui, tant pis si l’Afrique brûle, car ce qui compte le plus, ce sont les chaussures cirées, les trois-pièces chatoyants, et la promesse d’une jouissance isabellienne. Cette élite-là, malgré ses extérieurs scintillants, en dedans, n’est rien d’autre qu’une classe d’esclaves des temps modernes. Pour elle, la mesure de l’émancipation est l’approbation de l’Occident à tout prix. Pour elle, ce qui importe est de participer au jeu, même si l’enjeu de ce jeu revient à l’annihilation du peuple noir. Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, une élite atteinte du « Syndrome de Mamadou », avec à sa tête le Nègre de service ; Alassane Dramane Ouattara, joue son va-tout.