De l’avenir des partis politiques ivoiriens, M. Frindéthié

Kandia-Camara

Les partis politiques dont les voix les plus stridentes et les plus passionnées partagent avec la nation une vision et un rêve limpides, exprimés intelligiblement et intelligemment, à travers des valeurs sociales affirmatives, survivront aux partis qui failliront à ces exigences. En Côte d’Ivoire, quelles sont les voix les plus stridentes dans chaque parti, que disent-elles, comment disent-elles ce qu’elles disent, et surtout, que présagent leurs postures sur l’avenir de leurs partis

Nul ne doute que le RDR regorge d’intelligences. Cependant, ce parti semble avoir arrêté ses grilles d’appréciation aux antipodes du bon sens. De ce fait, les vraies compétences, les vraies valeurs, y sont garrottées par les militants qui lèvent plus de poussière qu’ils ne besognent dans l’intérêt national. Une certaine « sagesse » au RDR semble associer l’efficience à la capacité de descendre dans la fange ; car de toute évidence, ce ne sont ni la compétence ni la probité qui ont valu à ceux qui passent pour les « grands communicateurs » du parti de la case leurs postes « respectables » dans le mouvement. A la lumière du débat sur le « parti unifié » au RHDP, Adama Bictogo et Kandia Camara se sont distingués comme, non seulement les grands communicateurs, mais aussi, et surtout, les « étoiles montantes » du parti de la case. Or, si l’on retire de leurs discours tout ce qu’ils contiennent de réverbérations bruyantes, d’idolâtrie, et de discourtoisies, il n’y a rien qui propose une vision, un rêve, un programme ; mais surtout, il n’y a rien qui éduque le citoyen au véritable exercice de la négociation, fondement de la vie en société.

   Si les jactances de ces communicateurs semblent calquer le style d’Amadou Soumahoro, surnommé « cimetière » pour sa propension à menacer de mort quiconque ose critiquer Ouattara, c’est précisément qu’il ne s’agit pas de piratage, mais plutôt du déploiement d’un style, le style « propre » du RDR ; un style puncheur, griffeur, agressif, belliciste, amoureux des batailles livrées dans la gadoue, qui ne laisse à l’interlocuteur aucune possibilité de placer un mot ni ne fait aucune concession. Les insuffisances de Kandia sont monumentales et ne se comptent plus. Ses carences sont parodiées, même par les écoliers. De nombreux Ivoiriens sont convaincus que sa nomination à l’éducation est censée exprimer tout le dédain du pouvoir Ouattara pour l’école ivoirienne. Quant à Bictogo, il est l’allégorie d’une certaine dégénérescence morale au sein du RDR. Que de forfaitures ne porte-t-il à ses épaulettes, du détournement des 4 milliards de francs Cfa destinés à l’indemnisation des victimes de déchets toxiques à sa transformation d’une mission de sortie de crise au compte de la CEDEAO au Mali en un voyage d’affaires personnelles sur des mines d’or contrôlées par la junte militaire qui a renversé le président ATT ! Impétueux, impatient, affairiste impénitent, prête-nom, selon certaines personnes, adepte du clinquant, du scintillant, du lumineux, et du « m’as-tu vu ? » des nouveaux riches surpris par une fortune infondée, il est, avec Kandia Camara, étonnamment, le visage du futur du RDR, là où d’autres militants, plus éduqués, moins marqués, mais malheureusement aussi pour eux, moins tapageurs – moins « nordistes », peut-être ? – auraient apporté plus de respectabilité. Si le style de Soumahoro, de Bictogo, de Kandia, peuvent haranguer des foules déjà conquises à la cause du RDR, avalant doux comme lait le moindre souffle de Ouattara, et qui ne demandent pas que leur soient précisés une vision, un rêve, un programme pour un futur national, devant l’électorat du futur, un électorat assurément plus sophistiqué, moins partisan du culte de la personnalité, et qui exigera plus de substance, plus de responsabilité, et plus d’intelligibilité, cette posture-là signera indubitablement l’acte de décès du RDR.

Le PDCI possède des atouts inestimables dans sa jeunesse. Le charisme d’un Koffi Konan Bertin (KKB) ou d’une Yasmine Ouegnin est marquant. Les compétences administratives d’une Véronique Aka, d’un Thierry Tanoh ou d’un Jean-Louis Billon sont mondialement exportables. Malheureusement cette jeunesse du PDCI est très rarement écoutée et trop vite cooptée. Le militantisme affirmé de la jeunesse du PDCI aux côtés des pourfendeurs de la république au moment où la Côte d’Ivoire avait besoin que soit défendue sa souveraineté, ainsi que sa cogestion d’une dictature de sept longues années, seront difficilement expiés. KKB, qui au sein de son parti eut trop vite raison (pour avoir, avant tout le monde au PDCI, perçu la duplicité de Ouattara) a aussi contribué au complot contre la république, s’est même félicité de la déportation de Gbagbo, avant de s’assagir. Quant à Billon, qui est annoncé à la Haye pour une visite à Gbagbo, il demeure l’architecte historique de la désobéissance fiscale qui, au sein du complot international contre la Côte d’Ivoire, visait à faire fléchir le gouvernement de Gbagbo ; une faute hautement capitale, étant donné le mutisme qui l’a si soudainement frappé durant toutes ces années de violations de droits humains de l’autocratie de Ouattara à laquelle il a participé. Mais que semblent dire aujourd’hui ces jeunes voix du PDCI ? Qu’est enfin arrivé – et mieux vaut tard que jamais – le temps du retour aux règles sacrées de la démocratie trop longtemps méprisées par le RDR. Et les Billon et les Ouegnin et les KKB le disent avec un langage qui tranche avec la balourdise du RDR, dans une gestuelle qui indique que point n’est besoin de vociférer pour convaincre. De ce fait, ici, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, sans lancer de boules de merde. Ici, descendre dans le purin est plus une anomalie que la norme. Adjoumani l’a appris à ses dépens, qui peut-être ira-t-il retirer sa carte de membre au RDR, tant il en a adopté le mode opératoire.

Cependant, l’un des grands défauts du PDCI, c’est d’osciller au gré des vents ; c’est de vouloir une place à toutes les soupes ; c’est de manquer de convictions politiques ; c’est d’être trop souvent réactionnaire ; c’est de réagir seulement lorsque ses intérêts mesquins sont menacés plutôt que d’agir pour la sauvegarde de la nation et de ses acquis démocratiques ; c’est de ne jamais percevoir la nécessité d’un travail de pédagogie auprès de ses militants, se contentant de suivre aveuglément le dictat d’un patriarche dont les décisions sont indiscutables et ont force de loi. Contrairement à la configuration sectaire et communautariste du RDR, le PDCI est un vieux parti, bien implanté dans l’inconscient collectif d’une frange importante et relativement diverse du (point de vue ethnique et religieux) de la population ivoirienne. Le PDCI est loin de disparaître. Cependant, à moins de se réformer et de se défaire de l’odeur œdipienne de ses dinosaures égocentriques, mais surtout, à moins de prendre ses distances du RDR et de dénoncer les dérives du RDR, le PDCI, qui est déjà tenu comptable de la politique nocive du RDR, risque de s’amenuiser au point de devenir insignifiant.

Lorsqu’il est évoqué, le nom du FPI renvoie inéluctablement à l’image de Laurent Gbagbo ; à l’image d’un géant africain incarcéré dans une prison blanche pour avoir, comme Louverture, comme Béhanzin, ou comme Mandela, défendu la souveraineté de son peuple. Aujourd’hui, alors que le nom de Gbagbo semble rimer avec celui d’un surhomme, il est important de noter que Gbagbo reste un homme ordinaire, qui s’est toujours conduit ordinairement, que la chose la plus ordinaire qu’il ait su offrir à la politique ivoirienne est de lui avoir insufflé une tradition démocratique de formation politique des masses et la formation d’une relève, incorruptible, forgée aux principes de la souveraineté nationale. Pour le FPI, un parti politique doit être d’abord un outil pédagogique pour inculquer aux masses leurs droits et leurs devoirs dans la perspective d’un bien-être social. Et c’est fort de cette conviction que Gbagbo consigna ses idées pour une nouvelle Côte d’Ivoire dans plusieurs livres, et que patiemment, méthodiquement, pendant de longues années, il parcourut des milliers d’agglomérations partager son programme de développement avec les populations, quelles que soient leurs appartenances ethniques et religieuses, et quelles que soient leurs classes sociales.

Si les légataires du FPI, Sangaré, Oulaï, Odette Lorougnon, Assoa Adou, Agnès Monnet, Akoun, Don Mello, Demba Traoré, etc. séduisent par leur engagement désintéressé et par leur attachement aux idéaux démocratiques du FPI, ceux qui forcent encore plus l’admiration et qui sont la preuve que le FPI a devant lui un avenir indestructible, ce sont les plus jeunes, les Justin Koua, les Koné Katinan, les Damana Picasse, les Nestor Dahi, les Marie-France Mariam Cissé, les Samba David, etc., qui, avec une intelligence démocratique et une persévérance exceptionnelle, continuent l’éducation des masses. Les efforts de cette relève paient, car le FPI possède aujourd’hui, non seulement la masse électorale la plus vaste et la plus hétérogène, mais aussi l’électorat le mieux formé sur les enjeux de la politique ivoirienne. C’est le travail de pédagogie de la jeune génération du FPI qui rend le FPI indestructible et qui mine toutes les tentatives de déstabilisation de ce parti, qu’elles soient endogènes ou exogènes.

L’électorat ivoirien est en pleine mutation. Les partis politiques qui ne l’ont pas encore compris et qui continuent de fonctionner comme des associations ethniques, des congrégations religieuses ou comme des loges d’idolâtrie d’un leader maximo seront emportés par les vagues de cette mutation.

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Caducité et Nivellement par le bas en Rattrapocratie (8 septembre 2012), M. Frindéthié

La décision prise au conseil des ministres de revoir à la baisse les conditions d’entrée en sixième après que l’insuffisante  ministre de l’éducation nationale, Kandia Camara, a beuglé des mois auparavant que les taux de réussite cette année seraient les meilleurs que la Côte d’Ivoire ait jamais connus  est une belle allégorie de la caducité du régime de « rattrapés » génocidaires qui mènent la Côte d’Ivoire en bateau sur l’étendue rocailleuse de la lagune Ebrié – pardonnez-moi le calembour.

A défaut de pouvoir franchir la barre mise haut par les gouvernements qui les ont précédés, les génocidaires s’adonnent à une immense opération de nivellement par le bas, à un projet de désapprentissage.  Dans la Côte d’Ivoire des génocidaires, dans tous les domaines, le slogan semble être : « Silence, on désapprend ! »  Les idées naissent ailleurs pour venir y mourir, dans ce champ inculte. Ici, ce n’est pas seulement le charnier des corps ; c’est aussi celui des idées. Tout, en Rattrapocratie, passe; tout passe de vie à trépas. L’idée expire; le concept s’éteint. La pensée rend l’âme. Ce qui se forme en Rattrapocratie, ce sont des croque-morts sans aucun sentiment de culpabilité, sans aucun regret.

Voici l’élite que se prépare à recevoir l’université si cérémonieusement baptisée au patronyme du génocidaire-en-chef de la Rattrapocratie. La nostalgie avec laquelle s’inculquent les principes de la décomposition, la foi religieuse qui s’investit dans l’enseignement de la pourriture ne surprend plus. Tout participe à la désintégration. La future élite que prépare Dramane avec son approximative ministre de l’éducation rattrapée, avec ses instituteurs bénévoles rattrapés, et qui reçoit ses règles d’une multitude de concepteurs ethnocrates, saura-t-elle au moins épeler son nom, ou bien les prépare-t-on seulement à coxériser davantage dans l’inorganisé, à se dépatouiller  dans l’informel?

Mais que pouvait-on vraiment attendre d’une moutonnerie qui n’a de critères de sélection que l’origine ethnique ?

Anti intellectualisme au sommet de la Rattrapocratie, M. Frindéthié

Avez-vous eu vent des exercices de néographie de dame Kandia Camara, la sempiternelle ministre de l’éducation d’Alassane Dramane Ouattara, qui à nos enfants fournit les néologismes safranés de « capturation », « recrutation », et « peinturation » ? Avez-vous vraiment cru que la nomination d’une telle tête fêlée à l’intendance de l’établissement de formulation de la politique pédagogique de la Côte d’Ivoire n’était qu’accidentelle ? Avez-vous assisté, meurtris, aux quotidiennes gesticulations divagatrices d’Amed (Colombo) Bakayoko, le très inapte ministre de l’intérieur de Dramane ? Avez-vous cru un instant que sa nomination n’avait d’aura qu’occasionnelle ? Avez-vous lu avec surprise les gémissements de Bacongo, le ministre de l’enseignement supérieur et de la formation technique de Dramane, qui à deux jours de la reprise de l’année universitaire se plaint soudainement d’un déficit de 290 enseignants ? Avez-vous cru un seul instant à l’inopiné  de son irréflexion ? Eh bien, si vous avez cru un seul instant que cet aventurisme anti intellectuel au sein du gouvernement génocidaire était dû à un étourdissement momentané, Dramane Ouattara entend bien vous prouver le contraire, en vous confirmant que la colonne vertébrale de son administration, ce sur quoi repose l’essentiel du régime rattrapocratique génocidaire, est en fait la pénurie cérébrale : Dramane Ouattara vient de nommer trois de ses éventreurs analphabètes, Tuo Fozié, Ben Laden et Massemba, préfets de régions ; preuve que ce qui importe à Génocidoland, c’est moins l’intellect que la force brutale.

Ouattara’s Cote d’Ivoire: for lighting up a firecracker, two high school students experience a Leopoldian punishment, M. Frindéthié

King Leopold II’s native soldiers (the capitas) had a special predilection for the punishment that consisted in immobilizing native Congolese horizontally with a device while whipping them. This week, Alassane Ouattara’s soldiers revived this colonial practice on two Ivorian high school students in Abidjan.

 http://www.youtube.com/watch?v=mN3KCTILccQ&feature=player_embedded 

Upon taking power after his April 11, 2011, bloody coup d’état, one of Alassane Ouattara’s first resolutions was to “reform” the Ivorian educational system in order to give it a mark of his own. At the tertiary level, Ouattara’s “reform” implied the indefinite closure of public universities. As a great part of President Gbagbo’s support came from college professors and university students, Ouattara envisaged the closing of public universities and campuses as a way to dismantle and disband Gbagbo’s fervent body of voters in order to govern the country as he wishes, unencumbered by any factual opposition. At the secondary level, Ouattara’s minister of education, Kandia Camara, arbitrarily replaced more than 200 high school principals and a great number of teachers with her own handpicked, but not necessarily up to the task, substitutes, in order, firstly, to have total control over the student population and, secondly, to break the teachers’ union movements. This week, Ouattara’s reform has taken its full connotation. Ouattara’s soldiers, whom several NGOs have repeatedly denounced for their human right abuses, have reared their ugly heads again, and this time, in collusion with one of Kandia Camara’s select school administrators. Ouattara’s soldiers entered Voltaire High School in Marcory, a suburb of Abidjan, and, in a gesture so reminiscent of King Leopold II’s punishment of recalcitrant native Congolese, they held two students by their arms and legs while their principal beat them publicly for having ignored a firecracker prohibition. It should not be too shocking that Ouattara should rekindle this old colonial punishment. After all is he not the custodian of a neocolonial system? Is he not the warden of Sarkozy’s regime in Cote d’Ivoire?