Pourquoi les passeports africains sont-ils dépréciés aux Etats-Unis ? M. Frindéthié

Le patriotisme et la fierté nationale ne sont pas de simples sentiments : ils sont les fondements mêmes de l’unité et du progrès d’une nation. Être patriote, c’est reconnaître l’héritage collectif, honorer les sacrifices qui ont façonné l’histoire et agir avec responsabilité pour préserver les valeurs qui définissent l’identité commune. La fierté nationale n’est pas une posture, mais une conviction profonde qui pousse à protéger ce qui est précieux : l’intégrité des institutions, le respect des traditions et la transmission du patrimoine culturel. Lorsqu’ils sont vécus pleinement, le patriotisme et la fierté deviennent des leviers de transformation, inspirant les citoyens à s’engager et à bâtir une société où l’attachement à la nation se traduit par des actes concrets, et non par des slogans creux.

Or, que constatons-nous ? Dans trop de pays africains, cet idéal s’est effacé devant la cupidité, et l’appât du gain a pris le pas sur la dignité nationale. Les élites, qui devraient incarner la responsabilité et la vision à long terme, se sont muées en marchands des symboles sacrés de la nation. Les passeports, au lieu d’être des emblèmes de souveraineté, se vendent à tous les coins de rue ; les cartes d’identité deviennent des marchandises du marché noir ; les patrimoines fonciers sont détournés et vendus au plus offrant, parfois même à plusieurs acquéreurs à la fois. Cette dérive insidieuse ne se contente pas de fragiliser les fondements de la nation : elle érode la confiance que les partenaires internationaux accordaient à ces symboles. Comment espérer le respect du monde lorsque les signes de souveraineté sont eux-mêmes bafoués de l’intérieur ?

Et lorsque ces dérives entraînent des conséquences sur la scène internationale, certains préfèrent crier à la discrimination plutôt que d’affronter la réalité. Face à la fiabilité douteuse de ces symboles, un citoyen fier de l’Amérique a, sans hésitation, inscrit les citoyens de ces nations dévoyées sur une liste noire, leur refusant de ce fait l’entrée aux États-Unis. Mais est-ce réellement une injustice, ou simplement le miroir d’une gestion chaotique ?

Plutôt que de se réfugier dans le complexe de la victimisation et d’accuser l’Amérique de discrimination, les élites africaines doivent impérativement mener une introspection sans complaisance. Comment remettre sur les rails du véritable développement ces pays qu’en quelques décennies, les élites africaines ont transformés en plateformes du trafic de drogues, en berceaux du blanchiment d’argent et en marécages putrides de dysfonctionnements moraux et de mauvaise gouvernance ?

La dépréciation des passeports africains n’est que le symptôme d’un mal plus grand, celui du constat de la dépréciation morale des élites africaines.

La restauration de la dignité nationale ne viendra pas de discours défensifs, mais d’un sursaut collectif capable de replacer la fierté et le patriotisme au cœur des priorités, avant qu’il ne soit trop tard.

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