A ma ville (Bouaké), Frindéthié

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En août 2008 j’écrivais ce poème pour Bouaké (la ville où de j’ai enseigné de 86 à 88 au Lycée St. Viateur), Bouaké qui est aujourd’hui méconnaissable.

Ma Ville

Ma ville jadis m’irritaient tes sifflements de train infects à me couper le sommeil

Ma ville naguère me tourmentaient tes émanations piquantes de tchapalo frais

de foufou d’igname et d’agouti faisandé

et tes relents de bandji si accablants dans l’air

ah cet air si douloureux

Ma ville autrefois de la gorge étroite des minarets et des clochers

que n’ai-je dit de ton rosaire irréligieux de Mapouka

et de Zouglou quoique si bien accordé

Ma ville aujourd’hui éreintée ramassée dans l’engeance de l’abaissement

Ma ville tes rondeurs de poudre ocre violées d’échardes métalliques

Ma ville ton ravissement de pomelo précoce transpercé de mille fractions de corrosivité

Ma ville tes sanglots détournés

Ma ville tes nébulosités de frayeur à écouter les ardeurs emportées

qui s’agitent en ton giron

Ma Ville ta gésine interrompue

Ma ville l’engourdissement qui te gagne

ta somnolence que tu exorcises dans les maquis couvre-feu

Ma ville que sont donc devenus C* et  G* et Gigi ma lapine blanche

Ma ville ton envol de tourterelle rompu

Ma ville tes conjurations que nul ne semble percevoir

Ma ville ta délivrance figée

Ma ville comme demain j’aimerais me laisser bercer par tes sifflements de train infects à me couper le sommeil

et me laisser reconquérir par tes fragrances poivrées de tchapalo frais

de foufou d’igname et d’agouti faisandé

et tes parfums de bandji si lénifiants  dans l’air

hum cet air si suave

Ma ville comme j’aimerais retrouver demain ton rire de grande dévergondée

et me trémousser à la cadence débauchée de ton Mapouka

de ton Mapouka le plus serré

Qu’est-ce que le franc CFA ? (publié sur ce site le 26 novembre 2011)

22 novembre 2011

 Gary K. Busch, traduction de Martial Frindéthié

 

 Qu’est-ce que le franc CFA ?

Il y a en réalité deux sortes de franc CFA en circulation. Le premier CFA est celui de l’Union économique et monétaire ouest africaine, l’UEMOA, qui regroupe 8 pays d’Afrique de l’ouest (le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo). Le deuxième CFA est celui de la Communauté économique et monétaire des états d’Afrique centrale, le CEMAC, qui regroupe le Cameroun, le Centrafrique, le Tchad, le Congo-Brazza, la Guinée équatoriale, et le Gabon). Cette division correspond à la division coloniale de l’Afrique francophone en une AOF (Afrique occidentale française) et une  AEF (Afrique occidentale française), à l’exception de la Guinée-Bissau initialement portugaise, et de la Guinée équatoriale espagnole.

 Chacun de ces deux groupes émet son propre franc CFA. Le Franc de l’UEMOA est issu de la  BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et celui de la CEMAC CFA est émis par la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale). Ces monnaies étaient cotées à 100 francs CFA pour 1 franc français; et lorsque la France adopta l’euro au taux fixe de 6,65957, le CFA fut arrimé à l’euro à raison de 665,957 francs CFA pour 1 euro, afin de garder le taux de 100 pour 1. Le projet en cours est de coter le CFA à l’euro au taux de change de 1000 francs CFA pour 1 euro ; ce qui revient à une réduction d’environ 50% de la valeur du franc CFA.

Qui est responsable du CFA ?

La politique monétaire qui gouverne cette diversité de pays n’est en fait pas très compliquée, car elle est formulée par le Trésor français, sans l’avis des autorités des banques centrales de l’UEMOA et de la CEMAC. Selon les clauses de l’accord qui a établi ces banques et le CFA, la banque centrale de chaque pays membre  a obligation de déposer au moins 65% de sa réserve de change dans un « compte d’opérations » logé au Trésor français, plus 20%  pour couvrir d’éventuels passifs.

 Les banques centrales de la zone CFA imposent aussi à chaque pays membre un plafond sur le crédit, l’équivalent de 20% des recettes de l’Etat de l’année précédente. Bien que la BEAC et la BCEAO aient des découverts au Trésor français, tout retrait sur ces fonds doit être obligatoirement approuvé par le Trésor français. La décision finale revient au Trésor français, qui investit ces réserves à la Bourse de Paris à son propre compte.

 En un mot, plus de 85%  des réserves de change de ces pays africains sont déposés dans des « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques de la zone CFA ne sont africaines qu’en théorie. Elles ne formulent aucune politique monétaire. Les pays de la zone CFA ne savent ni ne sont informés du montant de ces réserves déposées au Trésor français qui leur appartient collectivement ou individuellement. Les bénéfices rapportés par l’investissement des réserves africaines devraient en principe être reversés dans ces réserves en tant que propriétés des pays de la zone franc. Ce n’est pas le cas. Aucun rapport comptable n’est fourni ni aux banques centrales ni aux pays membres de la zone CFA sur les investissements de leurs réserves. Le club restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français qui connaissent le montant des réserves et savent ce qu’elles rapportent en investissements est tenu au strict secret professionnel. Ces fonctionnaires ne peuvent en parler ni aux autorités des banques centrales ni à celles des pays membres de la zone CFA.

 De ce fait, les pays africains membres de la zone CFA ne peuvent pas formuler leurs propres politiques monétaires. Ce qui fait que les pays les plus inefficients et gaspilleurs peuvent utiliser à loisir les réserves de change des pays les plus efficients et fiscalement prudents sans que ces derniers ne puissent intervenir de façon significative. La convertibilité du franc CFA en franc français se fait par des agents intermédiaires certifiés rémunérés par les découverts des banques centrales.

 Généralement, trois artifices principaux on été utilisés par les deux banques centrales opérant sur instruction du Trésor français pour contrôler la croissance monétaire dans la zone CFA :

1)      Les banques centrales font payer des intérêts sur les opérations de découverts bancaires aussi bien que sur les avoirs en compte.

2)      Lorsque le solde des comptes d’opération d’une banque centrale tombe en deçà d’un seuil donné, la banque doit réduire l’expansion du crédit en augmentant généralement le coût de réactualisation ou d’émission de billets de trésorerie ou en limitant l’accès des pays membres aux services de réactualisation.

3)      Les crédits accordés au secteur public de chaque Etat membre ne peuvent excéder 20%  de ses recettes fiscales de l’année précédente.         

         Cependant, ce contrôle strict opéré par le Trésor français sur les liquidités et les réserves des états d’Afrique francophone n’est qu’un aspect du problème. La création et le maintien de la domination française sur les économies des états francophones d’Afrique est le produit de la longue colonisation française et l’apprentissage de la dépendance des états francophones africains.

 Les banques centrales des pays d’Afrique francophone ont un pouvoir très limité. Ce sont des économies vulnérables aux caprices du marché  mondial. Il ne peut y avoir de commerce sans monnaie ; il ne peut y avoir d’investissements sans réserves. Les politiciens et les partis élus pour promouvoir le développement, la réforme, les changements de politiques commerciales et fiscales ne sont opérants qu’avec le consentement du Trésor français, qui rationne leurs fonds. Certains Africains s’opposent à la perpétuation de ce système. Le président Abdoulaye Wade du Sénégal l’a fait savoir en ces termes : « l’argent du peuple africain bloqué en France doit être retourné à l’Afrique pour  permettre l’essor des économies des états de la BCEAO. Nous ne pouvons pas avoir des milliards dans les marchés boursiers étrangers et être traités comme des mendiants qui doivent faire la manche ».

 Comment en est-on arrivé là ?

La colonisation au sud du Sahara ne s’est pas opérée comme le souhaitait de Gaulle. De Gaulle voulait d’une communauté franco-africaine plutôt que l’indépendance totale pour l’Afrique. Cependant, lorsqu’au référendum de 1958 Sékou Touré lui opposa un « non », le projet de de Gaulle se brisa. La France dut se résigner à accorder l’indépendance à ses ex-colonies en 1960 après une punition exemplaire à la Guinée. Cependant, cette indépendance se gagnerait au prix d’un contrôle strict et continu sur les économies des anciennes colonies. Cet accord, c’était le Pacte Coloniale.

 Par cet accord, les colonies amarraient leur sort économique et militaire à la France. Le pacte créa le CFA et des mécanismes légaux pour assurer à la France une place privilégiée dans la vie politique et économique de ses ex-colonies. Jacques Foccart, le conseiller aux affaires africaines de de Gaulle et co-fondateur, avec Charles Pasqua, du Service d’Action Civique gaulliste, en était le concepteur.

 Le Pacte Colonial assurait une place préférentielle à la France dans la vie politique, économique et militaire des anciennes colonies françaises. Au plan militaire, deux types de contacts furent conçus : la coopération militaire et l’aide technique militaire pour lesquelles personne n’était tenu par la loi, et qui pouvaient être suspendues selon les circonstances. Cette coopération couvrait l’éducation et l’entrainement de soldats et de forces de sécurité africains. Le second type de coopération, plus secret, et qui avait force de loi, était un ensemble d’accords de défense supervisés et mis en place par le ministère français de la défense ; cette coopération offrait une base légale à l’intervention française. Ces accords permirent à la France de positionner des  troupes permanentes et rotatives  dans des bases militaires gérées entièrement par la France en Afrique ; Foccart fit signer aux chefs d’état africains des lettres non datées demandant l’intervention de la France à tout moment.

 Selon l’annexe 2 de l’accord de défense, la France a la priorité sur tout autre acquéreur dans l’acquisition de matières premières africaines dites « stratégiques ». En fait, selon l’annexe 2, le gouvernement français informe régulièrement les Africains de sa politique concernant les matières premières stratégiques selon les besoin de la défense, de l’évolution des ressources et de la situation du marché mondial.

 Selon l’article 3, les gouvernements africains sont tenus d’informer la France sur les mesures qu’ils entendent prendre concernant les produits et matières premières stratégiques. Pour conclure, l’article 5 relatif à ces produits statue que les pays africains doivent les vendre à la France d’abord, après avoir satisfait les besoins de la consommation locale, et que les pays africains doivent importer les produits dont ils ont besoin de la France en premier lieu. La réciprocité entre les signataires n’impliquait pas un accord d’égaux. Elle reflétait la dominance du pouvoir colonial qui avait organisé les indépendances des pays africains quelques mois auparavant. Tout était réservé à la France d’abord. La France était le premier choix pour l’importation, et des conseillers français étaient placés dans les ministères aux côtés de ministres africains.

 En résumé, le Pacte Colonial maintint la domination de la France sur les économies de ses ex-colonies ; la France s’octroya les réserves de change de l’Afrique francophone. Elle prit le contrôle de ses matières premières ; elle positionna ses troupes dans les pays francophones pour s’assurer un passage libre ; elle ordonna que tous les équipements militaires soient acquis en France ; elle s’accapara de l’entrainement de la police et de l’armée ; elle insista que les entreprises françaises aient le monopole en Afrique francophone dans les secteurs clés (eau, électricité, ports, transport, énergie). La France imposa des limites sur l’importation d’une variété de produits en dehors de la zone-franc ; mais elle imposa aussi un minimum d’importation de la France. Ces traités sont encore opérationnels aujourd’hui.

 L’impact du Pacte Coloniale

Les conséquences de la continuation de la politique de dépendance de l’Afrique sont tangibles. Ce sont le manque d’option de compétitivité, la dépendance de l’Afrique par rapport à  l’économie française, la dépendance à l’armée française, et la grande ouverture faite aux entreprises françaises privées. Certaines différences sont beaucoup plus subtiles.

 Les compagnies françaises opérant en Afrique francophone, en fonction de leur pouvoir sécurisé de monopole et d’oligarchie, ont un apport substantiel dans le PIB des pays africains. Elles sont souvent les seules grandes pourvoyeuses de recettes fiscales. Dans de nombreux pays, les compagnies françaises paient 50% des taxes ; ce qui leur donne un statut unique. Ainsi il n’est pas rare d’entendre les Français déclarer que sans les compagnies françaises, les économies des pays africains s’écrouleraient. Lorsqu’en plus de ce fait les pays africains ont du mal à accéder à leurs réserves, l’évidence de la dépendance de l’Afrique devient alarmante. Cependant, cela n’exclut pas la participation d’autres opérateurs économiques tels la Chine, ou les Etats-Unis. C’est l’éventualité de cette compétition qui rend la France si fébrile.

 50 ans après les indépendances africaines, la France continue de contrôler la plupart des infrastructures africaines, et continue de mélanger ses réserves de change à celles des 14 pays africains de la zone CFA. Les compagnies aériennes, la téléphonie, l’électricité, l’eau et les grandes banques sont contrôlées par la France. Les accords de coopération signés après les indépendances par le président Houphouët et le premier ministre français d’alors, Michel Debré, sont toujours théoriquement applicables. La France maintient une poigne de fer sur la monnaie et le commerce ivoiriens ; ce qui tue toute initiative nationale d’indépendance.

 Cette position privilégiée de la France est documentée dans un rapport de la Commission des Nations Unies : « Les témoignages recueillis montrent que la loi de 1998 sur le foncier rural est liée à la position dominante que la France et les intérêts français occupent en Côte d’Ivoire.

Selon ces sources, les Français possèdent 45% des terres ; curieusement, les immeubles de la Présidence de la République et de l’Assemblée nationale sont loués de la France. Les intérêts français contrôlent les secteurs de l’eau et de l’électricité ». Le rapport n’effleure que très superficiellement l’influence de la France en Côte d’Ivoire. Voici ci-dessous quelques uns des opérateurs français influents dans le pays :

 Bolloré, leader du transport maritime français et opérateur principal du transport maritime en Côte d’Ivoire, en compagnie de Saga, SDV et Delmas, contrôle le port d’Abidjan, le pus grand port maritime en Afrique de l’ouest. Bolloré contrôle la régie ferroviaire Abidjan-Burkina (Sitarail). Bien qu’il se soit retiré récemment du commerce du cacao, il conserve toujours sa position de leader dans le tabac et le caoutchouc. Bouygues, leader dans les travaux publics a le monopole des grands travaux ; sans oublier Colas, troisième compagnie française de travaux publics. A travers la privatisation, Bouygues a aussi obtenu des concessions supplémentaires dans l’eau et l’électricité. Il est aussi présent dans l’exploitation du pétrole ivoirien. Total, la plus grande compagnie pétrolière française, détient un quart des actions de la Société ivoirienne de raffinage (première compagnie ivoirienne). Total est propriétaire de 160 stations d’essence et contrôle la provision de bitume. France Telecom, la 7e compagnie française et leader de l’industrie des télécommunications, est la principale actionnaire de Côte d’Ivoire Telecom avec 85% du capital. Ce secteur lui fut offert dans le cadre de la privatisation des entreprises. Dans le secteur des banques et des assurances, on note les activités de la Société Générale, 6e banque en France, regroupant 55 branches en Côte d’Ivoire, aussi bien que celles du Crédit Lyonnais et de BNP-Paribas. AXA, la 2e compagnie française et leader de l’assurance est présente en Côte d’Ivoire depuis l’ère coloniale. La compagnie française la plus vieille en Cote d’Ivoire est la CFAO-CI. Elle opère dans de nombreux secteurs (automobiles, pharmacie, nouvelles technologies, etc.). Pendant très longtemps, la CFAO avait le monopole des exportations et de la vente au détail. La CFAO n’a jamais connu une année déficitaire depuis sa création en 1887. Elle fut acquise récemment par le groupe Pinault-Printemps-La Redoute. Il y a aussi à signaler la présence du « boss des boss français d’antan », le baron Ernest Seilleres, à travers Technip (usine du secteur pétrolier) et Bivac (qui a récemment installé un nouveau scanner au port d’Abidjan).

 La grande  présence du capital français est l’évidence de la profitabilité de la Côte d’Ivoire. Bien que les investissements directs français ne constituent que de 3,5 milliards d’euros, les compagnies d’état acquises par la France leur ont été offertes à des prix imbattables. Les bénéfices que génèrent ces compagnies à la France sont d’une immensité vertigineuse. En dépit de la fuite de certaines compagnies françaises au cours de l’attaque rebelle contre la Côte d’Ivoire, le Business français est vite revenu dans le pays, et a même recouvré son importance d’antan. En fait, l’un des premiers gestes de Ouattara après que la France l’a imposé comme président fut de payer des millions d’euros de compensation aux entreprises françaises qui avaient fui la Côte d’Ivoire par peur de représailles après le massacre des civils ivoiriens par l’armée française le 20 novembre 2004.

 Le vrai challenge du business français vint avec l’élection de Laurent Gbagbo comme président de Côte d’Ivoire. Sa décision de revoir les termes du Pacte Colonial et son intention de faire partir les troupes françaises et onusiennes de son pays sont les raisons pour lesquelles la France causa sa chute et son incarcération.

 Pourquoi la dévaluation du CFA ?

La France n’a plus d’argent. Elle n’a que d’énormes dettes publiques et bancaires. Elle est la plus exposée aux faillites grecques et italiennes, entre autres, et vient de s’embarquer sur un nouveau plan d’austérité. Elle est sur le point de perdre son Triple A, ce qui va conduire les banques privées à accepter de pardonner une partie de la dette européenne. Les grandes dépenses occasionnées dans la poursuite de la guerre contre la Libye ont ruiné la France. La seule raison pour laquelle la France a encore la tête hors de l’eau est la présence des vastes réserves africaines dans les caisses du Trésor français depuis 1960. La grande partie de cette somme est détenue sous forme d’actions au nom du Trésor français ; ce qui a permis de compenser de façon très substantielle la perte de crédibilité des finances françaises.

 Les pays francophone d’Afrique se sont progressivement habitués à l’idée qu’ils ne reverront plus jamais leurs avoirs accumulés depuis des années, que la France entend utiliser comme sa contribution à l’effort de sauvetage de l’euro. Le président Wade du Sénégal a encore demandé qu’une comptabilité soit faite sur les réserves africaines. Jusque là aucune réponse ne lui est venue. Ouattara de la Côte d’Ivoire et Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville ont été informés qu’une dévaluation sera nécessaire, et ils ont été délégués pour relayer l’information à leurs homologues. Les économistes sont unanimes que si cette dévaluation a lieu, 40% des ressources africaines seront utilisées comme bouée de sauvetage pour le Trésor français.

 Cela aura des conséquences désastreuses pour l’Afrique. La dernière fois qu’une mesure de dévaluation fut prise, l’Afrique francophone en souffrit énormément. Bien sûr, les présidents africains et leurs proches ne connurent pas la galère du peuple. La dévaluation est avantageuse lorsque l’on a des produits à exporter, car les produits bon marché attirent les acheteurs. Cependant, la plupart des produits que l’Afrique exporte sont des matières premières et du pétrole. Leurs produits manufacturés, leurs services, tous leurs produits invisibles leur viennent pratiquement de la France ou par le biais de la France. Les denrées alimentaires sont en grande partie importées d’ailleurs, et leurs coûts de transport ne cessent de grimper chaque jour. Cette année, des signes d’inflation ce sont fait voir. La zone monétaire oust africaine a connu une inflation accélérée de 3,9% à 4,1% de décembre à janvier. Cette inflation dans la zone CFA était due principalement au coût élevé de la nourriture, du transport, du logement et de la communication. L’augmentation des coûts était en moyenne de 1,4% en 2010, alors qu’elle n’était que de 0,4% l’année précédente. Les coûts élevés du carburant et de la nourriture ont conduit à cette augmentation des prix.

 L’un des pays qui fut le plus frappé par la dévaluation était la Côte d’Ivoire. La dévaluation impliquait la signature d’un accord d’ajustement structurel avec le FMI et la Banque mondiale, un accord qui imposait des mesures draconiennes au gouvernement afin de redresser l’économie. Ce redressement n’eut jamais lieu. Au contraire.

 La pluie de milliards (le volume exceptionnel de crédits) encouragea la mauvaise gouvernance dans le pays. L’homme aux commandes de ce désastre était Alassane Ouattara. Pendant que Ouattara s’attelait à enrichir les finances des pays étrangers, la Côte d’Ivoire elle s’enfonçait de plus en plus profondément dans la pauvreté. C’est la mise en œuvre des projets financés par l’Union Européenne et la pesanteur des crédits liés à la suspension des dettes contractées au nom des institutions internationales qui ont poussé ces institutions à se désolidariser de la Côte d’Ivoire en 1998.

 Non seulement les projets d’Alassane Ouattara jetèrent la majorité des Ivoiriens dans la pauvreté, mais ils contribuèrent aussi à délocaliser les avoirs des Ivoiriens juste avant la dévaluation, à travers des banques ghanéennes, exercées dans la convertibilité du franc CFA en dollar, doublant ainsi les mises. Entre le 10 janvier et le 11 janvier seulement, 1 milliard de francs CFA furent convertis en dollars. Le taux de dévaluation qui prit effet le 12 janvier permit aux spéculateurs de racheter 2 milliards de francs CFA le 13 janvier. L’explosion de la pauvreté et l’expansion considérable d’une économie occulte sont les plaies ouvertes à la désétatisation, la caducité du rôle du gouvernement. L’irresponsabilité gouvernementale de Ouattara conduisit à une politique ultra libérale qui fit du gouvernement ivoirien un grand absent. Cette situation pesante sur l’économie du pays fut aggravée par le coup d’état militaire de décembre 1999 (alors que Ouattara finissait son mandat au FMI en novembre 1999). Le coup d’état le conduisit finalement au pouvoir, mais il avait sous-loué le leadership, se contentant de faire des transactions dans le diamant et le cacao, ressources naturelles de la Côte d’Ivoire, qu’il menait de sa base retirée du Burkina Faso, via Genève pour le diamant, et via les bateaux de Lomé pour le cacao.

 Le pays sombra. Le taux de croissance battit les records les plus bas. En 2000 les chiffres étaient pour la première fois dans l’histoire du pays négatifs : -2%. La crise de 2002 aggrava davantage la situation. Elle fut préparée à Paris, instiguée par Ouattara et ses amis, Dominique de Villepin et Jacques Chirac. La rébellion qu’ils instrumentalisèrent fut néanmoins contenue par Gbagbo; mais ils ne baissèrent jamais les bras, et finirent par avoir raison de Gbagbo avec le tout dernier bombardement d’Abidjan par les hélicos et les tanks français. A l’approche militaire, il y avait aussi une approche politique parallèle avec l’organisation d’élections truquées à l’avantage de Ouattara. Henri Konan Bédié, le successeur du président Houphouët, se fit finalement complice de la manipulation.

 Alassane Ouattara est incontestablement responsable de la crise économique et financière de la Côte d’Ivoire. La question est de savoir si pendant la dévaluation Ouattara se conduira comme un citoyen ivoirien soucieux du devenir de la Côte d’Ivoire ou s’il continuera à être un sous-préfet noir de la France, soucieux des intérêts de ses maîtres.  

 Le prix de la dévaluation sera la stagnation et l’augmentation du chômage. Ce qui pèsera de tout son poids sur la stabilité nationale et la croissance. S’il est vrai que les personnes au chômage sont prêtes à accepter les emplois les plus abjects, il n’en est pas moins vrai que les conséquences économiques de la dévaluation seront épouvantables. En économie, la loi d’Okun stipule que pour chaque 1% d’augmentation du taux de chômage, le PIB du pays concerné sera d’environ -2% de son potentiel. Les pays africains fragiles auront du mal à formuler des politiques économiques pour compenser leurs pertes.

Bien que le problème soit plus sérieux pour la Côte d’Ivoire, qui pendant la dernière dévaluation contribuait pour 60%  des réserves de change de la zone CFA déposées au Trésor français, il n’en est pas moins sérieux pour les autres états. En dépit de la pauvreté que la dévaluation apportera indubitablement dans la région, très peu de présidents africains sont prêts à renoncer au Pacte Colonial et mettre fin à l’emprise néocoloniale de la France sur les états africains. La France a mordu plus gros qu’elle ne pouvait avaler et a occasionné sa propre faillite. Pourquoi revient-il aux pays africains de la sortir du pétrin dans lequel elle se trouve par sa propre stupidité ?

La vidéo-vérité qui a valu à Sam l’Africain d’être incarcéré par dramane wattra

L’évangile selon Philippe Mangou (29 mars, 2015), M. Frindéthié

mangou(1)Dans une interview accordée à un journal gabonais, l’ex-CEMA Philippe Mangou se défend de ce que les Ivoiriens continuent de lui coller l’étiquette de traitre pour avoir fui le théâtre des combats lors de la « bataille d’Abidjan » : « Est-ce que c’est Laurent Gbagbo qui a payé mon école pour me faire rentrer à l’EFA … Est-ce que c’est Gbagbo qui a fait de moi un officier de l’armée de Côte d’Ivoire. Depuis l’époque de Bédié, moi je suis officier. Et puis je sers la Côte d’Ivoire, pas Laurent Gbagbo … Donc j’ai trahi aussi Bédié alors? Parce que Bédié a été président avant Gbagbo Laurent … Donc si Gbagbo Laurent n’est plus président, moi un officier de l’armée de Côte d’Ivoire, je dois arrêter mon travail pour le suivre … je suis désolé pour vous monsieur le journaliste. Voilà qui est claire! Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer soi-même, disait-il …».

Le problème de Mangou, c’est qu’il n’a pas fait son travail. Il ne l’a jamais fait. Prenant pour prétexte la profession de pasteur de son père et sa soi-disant éducation familiale de pacifiste, Mangou, abandonnant les jeunes soldats sous son commandement sans aucune direction, s’était réfugié à l’Ambassade d’Afrique du Sud au moment où les troupes rebelles sous escorte française et onusienne rentraient à Abidjan.

Ce que les Ivoiriens reprochent au CEMA déserteur, c’est moins de n’avoir pas défendu la personne du Président Gbagbo que d’avoir failli à la mission qui était la sienne en tant qu’officier de la République : Celle de défendre la Côte d’Ivoire. Or Mangou a pris la poudre d’escampette dès les premiers coups de feu, exposant des milliers de militaires sans commandement aux bombes françaises. Mangou ne savait-il pas que son père était pasteur, que son éducation familiale lui dictait une vie de pacifiste au moment où il entrait à l’école militaire ? Ne savait-il pas que le rôle premier du militaire est de défendre la nation, et que son outil de prédilection est le fusil ? Mangou aurait pu se faire pasteur, mais il a choisi plutôt d’être un officier déserteur pour le malheur des Ivoiriens. Mangou est un pilote de ligne qui saute en parachute avant de lancer délibérément son avion contre le flanc d’une montagne.

Oh honte ! Mangou devrait avoir honte. Mais il y a, comme le dirait ma mère, « des gens qui sont nés sans cils et ne connaissent pas la honte ». Mangou est de cette race-là. C’est un couard qui a cru venir à l’armée comme l’on va en kermesse—car il est vrai qu’au temps où cette majorette entrait à l’école militaire, l’armée ivoirienne n’était d’armée que de nom. C’était là où, assuré de d’un bon traitement, l’on allait prendre tranquillement du ventre. Le malheur de Mangou est d’avoir été promu au moment même où il fut nécessaire que l’officier ivoirien démontrât sa formation et défendît son pays. Et Mangou, le fils de pasteur, qui était entré à l’armée comme une jeune fille se joint à une équipe de majorettes, abandonna ses armes et son uniforme et, le premier de tous les Ivoiriens, s’enfuit chercher refuge dans une chancellerie étrangère.

Mangou n’a pas fait son travail. Il ne l’a jamais fait. Mangou est coupable d’avoir donné au peuple ivoirien la fausse assurance que leur Chef d’Etat-major des Armées était encore à leur côté pour défendre la nation agressée, alors que Mangou lui-même préparait sa sortie en catimini. Mangou est coupable de la mort de milliers d’Ivoiriens. Sous d’autres cieux, un déserteur de sa trempe serait passé en cour martiale. Mangou n’a ni servi Gbagbo, ni servi la Côte d’Ivoire. Mangou a trahi Gbagbo et Mangou a trahi la Côte d’Ivoire. L’histoire retiendra de Mangou qu’il fut un pleutre, un déserteur, un traitre pour son pays.

Qui a trahi une fois est bien susceptible de trahir une seconde fois. Même Dramane Wattra à qui la majorette Mangou a fait allégeance le sait, qui a préféré tenir ce traitre loin de lui, dans une retraite dorée au Gabon. Que Mangou se taise et bouffe ; car, en plus d’être un traitre, il a la mauvaise manie de parler la bouche pleine.

En Côte d’Ivoire, dramane détruit les églises alors que les mosquées se multiplient (publié le 9 août 2015)

islamisationLa politique de liberté religieuse prônée par le Président Houphouët depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire est fortement menacée sous la dictature de dramane wattra. Une islamisation sournoise de la Côte d’Ivoire, commencée avec une rébellion quasi ethno-religieuse, prend progressivement pied alors qu’une déchristianisation déguisée en opération d’assainissement s’opère sous le regard indifférent de certains Ivoiriens. A Yopougon, Abobo, Koumassi et Treichville, des églises et temples sont systématiquement détruits par la dictature d’Abidjan sous prétexte qu’ils sont installés dans des zones interdites, alors que des mosquées et des écoles coraniques poussent tous les jours comme des champignons à tout bon vent. Aucune de ces mosquées de fortune qui naissent jusque sur les trottoirs et le vendredi bloquent les rues et les chaussées aux piétons et aux automobilistes n’a jamais été inquiétée par le gouvernement BokoHaramiste de dramane. Au contraire, elles sont non seulement tolérées, mais s’organisent aussi à leur endroit des séances officielles de distribution de coran sous l’égide de dramane et du roi du Maroc. Les Ivoiriens en sont gênés, mais n’en parlent pas. Peur ou pudeur ? Ne soyons pas étonnés si un beau matin, la Côte d’Ivoire est officiellement proclamée Etat islamique, un projet que les guides islamiques caressent depuis l’arrivée au pouvoir de la rébellion ethno-islamique.

Le temps est l’autre nom de Dieu!

Le temps est l'autre nom de Dieu

Le temps est l’autre nom de Dieu

Pay for Play

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le receleur de tableaux volés

le receleur de tableaux volés

Le mastermind des emplois fictifs

Le mastermind des emplois fictifs

Le détrousseur de vieilles dames

Le détrousseur de vieilles dames

 

Faut-il vraiment être un maso pour investir en Côte d’Ivoire dans l’Etat voyou de dramane wattra ?

agro

La majorité des Ivoiriens n’ont pas accès à des banques étrangères de dépôt ou d’investissements, et, à moins de choisir de différer leur bien-être économique jusqu’au passage de l’Etat voyou institué par dramane wattra depuis le 11 avril 2011, ils se voient obligés de placer leur argent dans un environnement des plus incertains et des plus délétères. En effet, les expériences vécues d’Ivoiriens ordinaires qui ont osé placer leur argent en Côte d’Ivoire semblent indiquer que rien n’est plus hasardeux que d’investir dans l’environnement corrompu et malsain qui prévaut dans la république des rattrapocrates.

La Côte d’Ivoire de dramane est dans une telle pagaille que les opérateurs économiques qui choisissent les ports d’Abidjan et de San Pédro pour l’acheminement de leurs produits savent quand leurs marchandises quittent les ports étrangers, mais ne sont jamais assurés qu’elles arriveront à bon port en Côte d’Ivoire. Les ports maritimes de Côte d’Ivoire sont devenus de vrais bordels où des conteneurs et des navires entiers disparaissent aussi facilement qu’ils le seraient sur les côtes soudanaises. Depuis Octobre 2012, ce sont trois navires entiers qui ont été détournés au sud des côtes ivoiriennes (le 8 octobre 2012, l’Orfeas, battant pavillon des Bahamas, le 16 janvier 2013, l’Itri, battant pavillon panaméen, le 3 février 2013, le tanker français Gascogne), et qui ont énigmatiquement réapparu à l’occasion de la mauvaise publicité que généraient leurs absences ; cela, sans qu’aucune enquête n’en soit diligentée ; sans qu’aucune explication ne soit donnée ni sur les scélérats qui ont enlevé ces navires ni sur les conditions de leur réapparition.

Depuis 2011 également, ce sont des centaines de conteneurs qui ont mystérieusement disparu des ports de Côte d’Ivoire. Avec le silence qui entoure toujours ces disparitions abracadabrantes aussi bien chez les autorités ivoiriennes que chez les affréteurs, l’on est en droit de se demander si les vols ne sont pas commandités par certaines autorités ivoiriennes, surtout lorsqu’on sait que la haute sphère de la vie politique ivoirienne est truffée de malfrats et de gangsters de tout poil. Si des navires et des conteneurs entiers peuvent aussi facilement disparaitre des ports ivoiriens, nous ne pouvons qu’imaginer le calvaire que subissent chaque jour les personnes ordinaires qui n’ont pas d’autres alternatives que de confier leurs petits colis à la poste et aux ports ivoiriens. Pour exemple, 134000 francs CFA est ce qu’exigeait la douane de l’Etat voyou pour le dédouanement de deux petites encyclopédies pour enfant et de 3 DVD de dessins animés envoyés à une enfant de 10 ans pour son anniversaire. L’escroquerie a atteint son comble.

La Côte d’Ivoire sous l’ère dramane est dans un tel désordre financier qu’investir dans l’Etat voyou qui y est institué revient à se résoudre à une faillite certaine. Les fournisseurs de l’Etat y sont rarement payés. En fait, l’Etat voyou de dramane wattra, par une invention lumineuse du ministre Pascal Abinan, a trouvé une méthode bien mafieuse pour gruger ses créanciers, celle d’inscrire une date de péremption à la dette due aux fournisseurs. Par ce procédé, l’Etat voyou met sur le chemin des fournisseurs des pléthores d’obstacles administratifs arbitraires, pour ensuite déclarer après trois ans l’ancienneté et le volume trop important de la dette, et donc son annulation unilatérale et tyrannique. C’est en appliquant cette formule mafieuse aux arriérés de salaires dus aux enseignants que l’Etat voyou refuse de les payer. C’est aussi par ce procédé que des Ivoiriens qui ont cru faire de bonnes affaires en baillant leurs maisons aux employés de l’Etat voyou, se sont vu refuser tout paiement.

Alors que dans les démocraties le gouvernement demeure le meilleur payeur, dans l’Etat voyou de dramane wattra, le gouvernement est la pire des fripouilles. Dans l’Etat voyou de dramane wattra, en effet, le gouvernement est le plus grand braqueur du petit citoyen.

En effet, il ne se passe plus un jour sans que ne tombe en faillite une banque de la place. Et lorsque cela arrive, tant pis pour ceux qui y ont déposé leurs économies. L’Etat voyou de dramane wattra, pris dans l’étau des promesses faites aux rebelles et entités internationales qui ont porté le dictateur au pouvoir, est tellement dans le besoin financier qu’il n’hésite plus à racketter les entreprises d’Etat ou privées ou à purement braquer les petits souscripteurs et les planteurs pour régler les ardoises personnelles du boucher d’Abidjan. La dernière en date est le braquage d’Agro-Business, sous prétexte que cette compagnie était en passe de gruger ses souscripteurs, alors même que les investisseurs recevaient régulièrement des retours généreux sur leurs investissements et que personne jusqu’alors ne s’était plaint d’aucune mauvaise administration de l’argent placé. De même, les planteurs de Côte d’Ivoire, qui d’Houphouët à Gbagbo, en passant par Bédié et Guéï, avaient été assurés d’une protection du prix de leurs produits grâce à des structures de stabilisation mises en place par l’Etat, se retrouvent aujourd’hui, dans l’Etat voyou de dramane wattra, escroqués, appauvris et brutalisés par une armée aux ordres. Leur argent, comme celui des souscripteurs d’Agro-Business, s’en va régler les promesses faites aux rebelles-mutins par l’Etat voyou de dramane wattra.

Le vieux Ménékré disait un jour que « quand un truand est au pouvoir, tous les voleurs font la fête ». dramane wattra est au pouvoir en Côte d’Ivoire, et c’est la kermesse des truands. Avec le clan dramane au gouvernail de tous les secteurs de l’économie ivoirienne, plus aucun investissement n’est sécurisé en Côte d’Ivoire ; ce qui nous amène à nous demander s’il faut vraiment être un maso pour déposer son argent dans ce fourmillement de brouteurs, de braqueurs et de détrousseurs qui ripaillent dans l’Etat voyou de dramane wattra.

Oui, la Colonisation Est un Crime contre l’Humanité ! Et Tous les Pays Colonisateurs Sont Coupables de Crimes Contre l’Humanité !, M. Frindéthié

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Emmanuel Macron, candidat à la présidence française, déclarait en Algérie, dans un moment de rarissime lucidité et d’exceptionnelle franchise, que « la colonisation française était un crime contre l’humanité ». Il ne fallut pas longtemps pour que Macron, sous la ruée des coups qui lui venaient des bons Français revînt, la queue entre les pattes, faire son mea culpa à la « sainte France » offusquée. Et nous qui avions cru que pour une fois la France dirait des mots de franchise, qu’elle reconnaitrait que les crimes commis contre les Juifs avaient d’abord été expérimentés dans les colonies, par toutes les puissances colonisatrices ; et qu’Hitler n’avait fait qu’emprunter quelques chapitres au play book des Français, des Belges des Anglais, des Hollandais et des Allemands dans leurs colonies africaines et asiatiques !

En vérité, contrairement à ce qu’écrivent les historiens occidentaux, ce n’est ni en 1907 ni à la Haye que naquit l’expression « crimes contre l’humanité ». La première fois qu’apparut le terme de « crimes contre l’humanité », ce fut sous la plume d’un Noir Américain, soldat, politicien, révérend et défenseur de droits civils, du nom de George Washington Williams, qui en 1889, ayant constaté de lui-même les atrocités commises par le gouvernement et les agents de Léopold II au Congo, écrivit aux puissances coloniales une lettre ouverte dans laquelle il accusait le roi des Belges de «crimes contre l’humanité» et exigeait que celui-ci soit traduit devant un tribunal international pour répondre de ses forfaits.

En effet, en 1889, convaincu que le Congo de Léopold II – dont les journaux vantaient, bien sûr par l’entremise du roi des Belges lui-même, les réussites économiques et sociales – serait la réponse à sa quête d’une terre promise pour les Noirs Américains éduqués, Williams se rendit au Congrès antiesclavagiste de Bruxelles sans y être invité. A Bruxelles, Williams soumit à un Léopold II fort intéressé ses plans pour une contribution des Noirs Américains à son « œuvre humanitaire en Afrique ». De son audience avec Léopold II, Williams retint une excellente image du roi des Belges, qu’il qualifia en des termes très gratifiants dans des articles commissionnés par L’Associated Literary Press.

Les premières tentatives de Williams pour recruter des Américains d’origine africaine comme agents de Léopold au Congo eurent lieu au Hampton Institute lors d’une série de conférences. Lorsqu’il devint évident à partir des questions du public que le conférencier parlait d’un endroit qu’il ne connaissait absolument pas, Williams décida d’aller lui-même s’enquérir de ce qu’était le Congo afin de mieux convaincre son audience. Ce que Williams vit au Congo l’horrifia au point où il se mit personnellement en campagne contre le roi des Belges. Dans sa lettre ouverte, Williams détailla 12 accusations contre Léopold II :

  1. Au Congo, Léopold II avait eu les yeux plus gros que le ventre. Il n’avait pas les moyens de développer la région de manière à améliorer la vie des autochtones.
  2. Le gouvernement de Léopold avait institué l’anarchie, l’arbitraire, l’injustice et le meurtre comme politique d’État au Congo
  3. Le gouvernement de Léopold violait constamment les contrats signés avec les soldats et ouvriers noirs.
  4. Le système juridique de Léopold au Congo était arbitraire et corrompu.
  5. Le gouvernement et les agents de Léopold commettaient sur les indigènes des actes excessifs de cruauté et d’inhumanité qui ne seraient pas concevables en Europe.
  6. Le gouvernement de Léopold forçait les indigènes dans la prostitution et l’esclavage sexuel. Des individus étaient payés pour capturer et incarcérer des femmes et des jeunes filles sous de fausses accusations uniquement pour la gratification sexuelle des agents blancs de Léopold. Chaque fois que des enfants naissaient de ces rapports forcés, ils étaient considérés comme des propriétés gouvernementales et donc mis en esclavage plus tard au compte de Léopold.
  7. Le gouvernement de Léopold interdisait aux indigènes de faire du commerce alors que ses agents étaient encouragés à organiser des razzias dans les villages et à saisir les biens des villageois.
  8. Léopold a violé les termes fondamentaux de l’Acte de Berlin par lesquels les puissances occidentales lui ont permis d’acquérir le Congo.
  9. Le gouvernement de Léopold armait les villages pour des guerres intertribales afin que les prisonniers de guerre servent comme les esclaves de Léopold. Ce faisant, Léopold encourageait les mutilations et le cannibalisme des indigènes par ses soldats de Bangala.
  10. Le gouvernement de Léopold a acheté, vendu et volé des esclaves.
  11. Léopold a armé les Arabes dans des territoires où il n’avait aucune juridiction.
  12. Leopold, Stanley, et ses agents ont aliéné les indigènes, qui par conséquent, ne respectent pas spontanément leur autorité. Les prétentions de Léopold à l’amélioration de la vie des indigènes est une fraude pure et simple. Il n’y a pas de véritable développement au Congo qui profiterait aux indigènes.

Pendant que Léopold et son armée d’apologistes se préparaient à une réfutation impitoyable des accusations portées contre le roi des Belges, ils ignoraient que le principal accusateur du roi n’avait plus beaucoup de temps à vivre. Le corps de Williams avait déjà commencé à s’amenuiser sous les effets de la maladie. En 1891, à l’âge de quarante ans, Williams perdit sa dernière bataille contre la tuberculose. Cependant, ses dénonciations du régime meurtrier de Léopold au Congo étaient déjà abondamment lues et créaient des émois tant aux États-Unis qu’en Europe. Des salles de presse au Parlement belge, les effets de la Lettre firent écho.

 En Belgique, une volée d’insultes et de diffamations fut lancée contre Williams, le « Colonel noir », le « soi-disant –colonel », « l’insolent » et « impertinent », l’« analphabète total », qui « n’a jamais tenu le plus bas Rang dans l’armée des Etats-Unis ».

Trop tard ! L’image de Léopold, jusqu’alors immaculée, était désormais souillée, et son règne au Congo devint matière à interrogations aussi bien en Belgique qu’ailleurs. D’autres dénonciateurs, tels Edmund Morel, Roger Casement Robert E. Park, René Claparede, Pierre Mille, Emile Vandervelde, et l’Archevêque de Canterburry emboitèrent le pas à Williams et décrièrent la barbarie du roi des Belges au Congo.

Et de tout cela, l’ultime défense du roi des Belges fut qu’il ne fit rien que les autres puissances colonisatrices ne faisaient déjà dans leurs colonies en Afrique et en Asie. Que tous ensembles, ils étaient coupables de« crimes contre l’humanité » ou que personne ne l’était. Ce fut donc le monarque belge qui le premier fut accusé de « crimes contre l’humanité » qui indexa au monde ses complices.

Emmanuel Macron n’inventait donc rien. Avant lui, le roi des Belges avait déjà avoué ses crimes et nommé ses acolytes dans le plus grand délit de l’humanité. Honte à la France négatrice d’une réalité qui crève l’œil.

Silence, on désapprend fièrement au Dozoland! (Publié le 5 mars 2016)

 

on désapprend!

L’an passé, en Côte d’Ivoire les étudiants en pharmacie et biologie de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan avaient dû manifester pour protester contre l’absence de matériel, ce qui empêche la validation de leurs cursus. Si leur situation s’est un peu améliorée, ce sont à présent les étudiants en médecine qui manquent de simples équipements de travaux pratiques pour obtenir leur diplôme, ce qui bloque la progression d’environ 1 500 jeunes.

Amphithéâtre VI, les 300 à 400 étudiants en médecine présents ne sont pas contents. Leur année d’étude ne peut être validée faute de matériel technique pour appliquer la théorie enseignée par les professeurs. Kouadjo Brin, secrétaire général national du Syndicat des étudiants en sciences de la santé (Syness) s’alarme : « C’est à peu près 1 500 étudiants que je vois bloqués, des étudiants qui sont tous paralysés par cette situation. »

A deux pas de l’amphi, Ismaël Diomande, étudiant en sixième année, nous fait visiter l’un des laboratoires de médecine, aussi neuf que vide : « On n’a pas de verrerie, encore moins de produits de dosage. Vous constatez de vous-même que ce laboratoire-là est vide. Il n’y a que des robinets. Je me demande même s’il y a de l’eau. » L’étudiant ouvre alors le robinet : « Voilà, il y a au moins de l’eau. »

La nouvelle ministre attendue sur cette question

Béatrice Mencé Nandjui, la doyenne de la faculté de médecine, a bien conscience du problème qui existe depuis la réhabilitation de la faculté, il y a maintenant quatre ans : « Dans l’urgence, nous avons besoin que deux laboratoires soient équipés. C’est le laboratoire d’anatomie et le laboratoire de biochimie. Nous avons besoin que ces équipements viennent pour pouvoir faire fonctionner les laboratoires. »

Les autorités ivoiriennes seront-elles capables d’équiper deux laboratoires pour que 2 000 étudiants de médecine valident enfin leurs travaux pratiques et puissent sortir diplômés ? C’est à cette question que la nouvelle ministre de l’Enseignement, ancienne présidente de l’université Félix Houphouët-Boigny, Ramata Ly Bakayoko, va devoir répondre dans les prochains jours.

RFI

(Vidéo) La médiocrité de Kandia Kamara inspire un groupe de rappeurs ivoiriens (17 novembre 2013)

Caducité et Nivellement par le bas en Rattrapocratie (8 septembre 2012), M. Frindéthié

La décision prise au conseil des ministres de revoir à la baisse les conditions d’entrée en sixième après que l’insuffisante  ministre de l’éducation nationale, Kandia Camara, a beuglé des mois auparavant que les taux de réussite cette année seraient les meilleurs que la Côte d’Ivoire ait jamais connus  est une belle allégorie de la caducité du régime de « rattrapés » génocidaires qui mènent la Côte d’Ivoire en bateau sur l’étendue rocailleuse de la lagune Ebrié – pardonnez-moi le calembour.

A défaut de pouvoir franchir la barre mise haut par les gouvernements qui les ont précédés, les génocidaires s’adonnent à une immense opération de nivellement par le bas, à un projet de désapprentissage.  Dans la Côte d’Ivoire des génocidaires, dans tous les domaines, le slogan semble être : « Silence, on désapprend ! »  Les idées naissent ailleurs pour venir y mourir, dans ce champ inculte. Ici, ce n’est pas seulement le charnier des corps ; c’est aussi celui des idées. Tout, en Rattrapocratie, passe; tout passe de vie à trépas. L’idée expire; le concept s’éteint. La pensée rend l’âme. Ce qui se forme en Rattrapocratie, ce sont des croque-morts sans aucun sentiment de culpabilité, sans aucun regret.

Voici l’élite que se prépare à recevoir l’université si cérémonieusement baptisée au patronyme du génocidaire-en-chef de la Rattrapocratie. La nostalgie avec laquelle s’inculquent les principes de la décomposition, la foi religieuse qui s’investit dans l’enseignement de la pourriture ne surprend plus. Tout participe à la désintégration. La future élite que prépare Dramane avec son approximative ministre de l’éducation rattrapée, avec ses instituteurs bénévoles rattrapés, et qui reçoit ses règles d’une multitude de concepteurs ethnocrates, saura-t-elle au moins épeler son nom, ou bien les prépare-t-on seulement à coxériser davantage dans l’inorganisé, à se dépatouiller  dans l’informel?

Mais que pouvait-on vraiment attendre d’une moutonnerie qui n’a de critères de sélection que l’origine ethnique ?

On s’en souvient!!! Le Gouvernement Ouattara aux Ivoiriens en détresse : « Soyez patients ; attendez que nous soyons un Pays Pauvre Très Endetté (PPTE) » (Publié le 11 avril 2012), M. Frindéthié

Soyez patients ; nous trouverons solution à tous vos problèmes lorsque nous serons reconnus par les institutions de Bretton Woods comme un pays pauvre très endetté. Voici la réponse que le régime de Ouattara, à travers son ministre de la santé, le Pr. N’Dri Yoman, offrait au professionnels de la santé à l’issue d’une réunion que ceux-ci avaient eue avec M. Ahoussou Jeannot dans le cadre de revendications syndicales. Voici là une façon très peu orthodoxe de répondre aux attentes des populations. Faut-il s’en étonner ? Pas du tout, surtout dans un pays ou le bizarre, le biscornu, le loufoque, a été érigé en règle d’or.

Alassane Dramane Ouattara supplie les Ivoiriens qui ploient sous le fardeau de la maladie, de la cherté de la vie, du licenciement, du chômage, de l’insécurité, du délestage, du manque d’eau, d’attendre que le pays soit bien plus pauvre qu’il ne l’est déjà afin de remédier leurs souffrances. Ahurissant !

N’est-ce pas Alassane Dramane Ouattara qui, pendant la campagne présidentielle, se vantait d’avoir sorti 15 pays de la misère lorsqu’il travaillait au FMI ? N’est-ce pas lui qui promettait de transformer la Côte d’Ivoire en un eldorado en 6 mois ? N’est-ce pas lui qui promettait aux Ivoiriens un déluge de milliards ? N’est-ce pas lui que les griots de la dictature glorifiaient d’être un Surhomme au carnet d’adresses exceptionnel ?

Ainsi donc les sceptiques avaient-il raison ? Ouattara n’est-il en fin de compte qu’un falsificateur, un brouteur, un arnaqueur dont les promesses ne valent même pas le papier sur lequel elles sont griffonnées ? Tout porte à le croire

On s’en souvient!!! PPTE : Ivoirien, as-tu vraiment donné ta voix à la pauvreté (26 juin 2012)? M. Frindéthié

Les tambours et balafons de la Rattrapocratie ont fait leur toilette. Les griots de la dictature ont mis leurs plus beaux atours et ont entraîné leurs cordes vocales. Les jeunes danseurs ont poli leurs grelots et affuté leur langue, anticipant l’arrivée des belles louangeuses de Ouattara. Ce soir, c’est la fête en Rattrapocratie ! La République Rattrapocratique de Dramane Ouattara célèbre fièrement son entrée dans le cercle des pays les plus pauvres et les plus endettés de la planète. Ouattara pourra enfin occuper le fauteuil qui lui est dû dans le concert de ces illustres nations pauvres et très endettés dont font partie, entre autres,  l’Afghanistan, le Burundi, le Burkina Faso, la République Centrafricaine, l’Ethiopie, Haïti, la Guinée-Bissau, le Madagascar, le Malawi, le Mali, le Niger, le Rwanda, le Sénégal. Quelle belle compagnie ! Ivoirien, as-tu vraiment donné ta voix à Dramane Ouattara ? As-tu vraiment donné ta voix à la pauvreté ? As-tu vraiment donné ta voix à une arnaque ? Je l’aurais juré n’eut été cette incongruité par laquelle te fut imposé, par fer et sang, un falsificateur médiocre ; médiocre même dans la falsification.

On s’en souvient!!! PPTE, 3 ans après les promesses sont restées vains mots (publié le 25 mars 2015), M. Frindéthié

Soyez patients ; nous trouverons solution à tous vos problèmes lorsque nous serons reconnus par les institutions de Bretton Woods comme un pays pauvre très endetté. Voici la réponse que le régime de Ouattara, à travers son ministre de la santé, le Pr. N’Dri Yoman, offrait au professionnels de la santé à l’issue d’une réunion que ceux-ci avaient eue avec M. Ahoussou Jeannot dans le cadre de revendications syndicales en avril 2012. Voici là une façon très peu orthodoxe de répondre aux attentes des populations. Faut-il s’en étonner ? Pas du tout, surtout dans un pays ou le bizarre, le biscornu, le loufoque, ont été érigés en règle d’or.

Alassane Dramane Ouattara suppliait les Ivoiriens qui ployaient sous le fardeau de la maladie, de la cherté de la vie, du licenciement, du chômage, de l’insécurité, du délestage, du manque d’eau, d’attendre que le pays soit bien plus pauvre qu’il ne l’était déjà afin de remédier leurs souffrances. Ahurissant ! Et voilà 3 ans que le statut de PPTE fut accordé à la Côte d’Ivoire; et les Ivoiriens attendent toujours que les promesses se transforment en réalités.

N’est-ce pas Dramane Ouattara qui, pendant la campagne présidentielle, se vantait d’avoir sorti 15 pays de la misère lorsqu’il travaillait au FMI ? N’est-ce pas lui qui promettait de transformer la Côte d’Ivoire en un eldorado en 6 mois ? N’est-ce pas lui qui promettait aux Ivoiriens un déluge de milliards ? N’est-ce pas lui que les griots de la dictature glorifiaient d’être un Surhomme au carnet d’adresses exceptionnel ?

Ainsi donc les sceptiques avaient-il raison ? Ouattara n’est-il en fin de compte qu’un falsificateur, un brouteur, un arnaqueur dont les promesses ne valent même pas le papier sur lequel elles sont griffonnées ? Tout porte à le croire. Trois ans après, le gouvernement des rattrapés s’étonne de « l’impatience » des étudiants et des travailleurs.

Côte d’Ivoire : Attention ! Poudrière Identitaire, M. Frindéthié

 

le burkinabeDepuis l’installation martiale d’alassane dramane ouattara au Palais Présidentiel d’Abidjan par les troupes françaises, nous n’avons pas cessé d’interpeller le monde sur les dérives identitaires de son régime. Convaincu qu’il jouit d’une immunité internationale, dramane encourage personnellement une politique d’épurement ethnique qu’il théorise sans apologie aucune comme « politique de rattrapage ethnique ». Cette politique hitlérienne de purification déguisée en des termes si peu adroits – devrait-on s’en étonner ? – dramane la justifie de ce que, de tous les temps, les Nordistes auraient été mis en marge de la société ivoirienne. Ah ! Si mensonge avariait bouche !

 

Dans son application la moins monstrueuse, la « politique de rattrapage ethnique » de ouattara consiste à épurer aussi bien les entreprises de l’Etat que les entreprises privées, les associations culturelles, les associations sportives et les organisations non gouvernementales des ressortissants des régions où le président Gbagbo a enregistré une majorité de votes pendant les dernières élections présidentielles, afin de les remplacer par des ressortissants du Nord, où ouattara a enregistré des scores suspicieusement immesurés. Ainsi, des milliers de travailleurs sudistes sont-ils allés augmenter la pléthore de chômeurs occasionnée par la guerre importée de ouattara, alors que des milliers de Nordistes les remplaçaient ou décrochaient des contrats publics sans en démontrer les compétences nécessaires.

 

Dans son application la plus barbare, la « politique de rattrapage ethnique » consiste à laisser faire l’escadron de la mort et les milices armées de ouattara, à tourner le dos de l’indifférence pendant qu’ils assassinent et commettent des horreurs de toutes sortes sur les populations du Sud. Ainsi, ne se passe-t-il pas un seul jour sans que des civils non armés soient criblés  de balles dans le silence de l’impunité.

 

Aujourd’hui, la politique d’épurement ethnique de dramane ouattara semble avoir réussi à pousser la colère des souffre-douleurs à son paroxysme. Les nombreux foyers de tensions qui ont surgi ces derniers mois sont l’évidence que les populations dans leur majorité ont décidé de ne plus se résigner à la mort que leur offre ouattara. La Côte d’Ivoire est d’autant plus assise sur une poudrière identitaire que ouattara n’a aucune intention de réviser sa politique ethnocentrique.

Il est temps que les Ivoiriens qui continuent de fermer les yeux sur les atrocités de Ouattara se réveillent et dénoncent la barbarie institutionnelle qui a cours en Côte d’Ivoire, car un jour, l’histoire les tiendra comptables de leur silence coupable.

 

Pendant l’épuration nazie, alors que montaient des hauts fourneaux d’Auschwitz les fumées chargées d’effluves de souffrance, de nombreuses populations des villages environnants prétendaient ne rien sentir ni ne rien voir. Aujourd’hui aussi, en Côte d’Ivoire, nombreux sont ceux qui, bénéficiaires de la politique d’épuration ethnique de Ouattara, prétendent ne rien voir ni ne rien entendre … jusqu’au moment inévitable.

 

Comprendre les origines de la crise ivoirienne (4e partie), M. Frindéthié

M. Guikahué, Ministre de la santé de Bédié qui fut au centre du scandale financier

Comment justifie-t-on un coup d’état ? En le conduisant au nom de la bonne gouvernance et de la  mondialisation.

En Côte d’Ivoire, le premier coup d’état a commencé avec la diabolisation de Bédié par les amis de Ouattara. Cette diabolisation s’est opérée à deux niveaux. Socialement et politiquement, Bédié fut présenté au monde comme un gouvernant inefficace, incapable d’être l’unificateur qu’était Houphouët. Economiquement, Bédié fut présenté au monde comme un administrateur hasardeux, un détourneur de deniers publics dont la mauvaise conduite était nuisible au peuple de Côte d’Ivoire. La notion d’ivoirité servit à salir Bédié, à l’exhiber comme un diviseur et un xénophobe.

L’Ivoirité, que Bédié définissait comme « la synthèse culturelle entre les ethnies habitant la Côte d’Ivoire … concerne en premier les peuples enracinés en Côte d’Ivoire mais aussi ceux qui y vivent et y travaillent en partageant nos valeurs »,  fut pervertie pour la circonstance. Une vigoureuse campagne médiatique orchestrée par les amis de Ouattara réussit à disséminer l’idée que l’Ivoirité était une recette de rapatriement des populations du Burkina Faso et du Mali. Et les organes de presse français s’évertuèrent à lier la moindre tension entre autochtones et allogènes en Côte d’Ivoire à une prétendue xénophobie initiée par Bédié, exacerbant de ce fait, des conflits mineurs en les politisant. Très bientôt, un pays composé à 27% d’immigrés fut indexé à tort dans la presse française comme étant xénophobe. En fait le but de la presse française était de jeter l’opprobre sur Bédié, afin que Ouattara, son rival, apparaisse comme un messie. L’électorat du Burkina Faso et du Mali sur lequel comptait Ouattara, et que la politique d’identification de Bédié empêchait de voter, était, bien sûr, du nord de la Côte d’Ivoire et en grande partie musulmane. Fidèle à sa politique de victimologie, Ouattara n’hésita pas à amalgamer pour son compte la géographie et la religion, inaugurant sa sinistre phrase «On ne veut pas que je sois président parce que je suis musulman et nordiste », instiguant de ce fait un pandémonium interethnique et interreligieux.

Ouattara n’avait aucune raison de lier sa disqualification – fondée sur sa propension au faux et usage de faux – au sort des 5 millions d’immigrants vivant sur le sol ivoirien. Dans le but de réussir la campagne de dénigrement amorcée contre Bédié, la presse française habituée à s’aligner aveuglément à la politique étrangère de la France, une politique étrangère toujours en quête de valets noirs disposés à aider l’Hexagone à piller l’Afrique, se fit le porte-voix de Ouattara, projetant de lui une image messianique : Dans la presse française, Ouattara condensa du coup tout ce qui était étranger et musulman ; et tout mal qui lui était fait devint automatiquement un mal fait aux étrangers et aux musulmans du monde. Et la sainte presse française ne trouva même pas nécessaire de relever les menteries et les mystifications qui fourmillaient dans le curriculum vitae de Ouattara. Le manque de rigueur journalistique de la presse française allait jusqu’à friser le plaidoyer en faveur de Ouattara. Ansi Vincent Hugueux de L’Express écrivait, sans même relever l’incongruité, « A Paris, dans ce bureau de l’agence immobilière que dirige son épouse française, Alassane Ouattara, qui admet avoir été boursier du gouvernement de Haute Volta et détenteur d’un passeport voltaïque, étale sur une tablette les copies des documents censés confondre ses détracteurs: cartes d’identité parentales, acte de naissance, certificat de nationalité ». L’objectivité était évidement le moindre souci d’une presse française commise au but de la France de mettre Ouattara à la présidence à la place de Bédié. Mais c’était aussi Bédié qui aiderait cette presse-là à le supplicier. 

Bédié n’était, comme tous les politiciens, qu’un être humain, avec ses défauts et ses qualités. Quiconque suit de près la politique africaine observera que les chefs d’état africains sont en grande partie des leaders corrompus encouragés par les pays industrialisés à détourner impunément, en guise de récompense pour des contrats juteux, les fonds de développement, et cela, jusqu’à ce que ces pays-là les trouvent moins coopératifs et pensent à leur trouver des remplaçants plus avenants. Bédié faisait partie de cette équipe-là. Nous nous rappelons encore comment Bokassa a été maintenu au pouvoir par Giscard aussi longtemps que ce dernier recevait sans trop de presse ses cadeaux en diamants, en uranium et en permis de chasse. Nous nous rappelons aussi comment Les chefs d’état français et américains ignorèrent, aussi longtemps que cela leur était convenable, les folies de Bongo, Eyadema, Mobutu, papa et bébé Doc. Les gouvernants de la Côte d’Ivoire, de Houphouët à Bédié, eurent leurs moments de gloire avec l’Hexagone. Vers la fin des années 1990, Bédié n’était plus en odeur de sainteté avec la France. En tant que premier ministre, Ouattara avait démontré à Chirac que la France ne pouvait avoir meilleur ami que lui, qu’en Côte d’Ivoire, tout était à vendre à la France et au business français, que rien n’avait de valeur sentimentale ou stratégique. Pour Paris, il était donc nécessaire que Ouattara, cet ami inconditionnel, revînt aux affaires. Il était donc nécessaire que Bédié fût exposé et qu’il tombât.

En effet, entre 1992 et 1997,  l’Union Européenne avait accordé plusieurs prêts à la Côte d’Ivoire dans le but d’améliorer le système de sante de la Côte d’Ivoire et de supporter le programme de décentralisation du pays. La plus grande partie des fonds alloués à cet effet fut détournée. De 92 à 97, deux gouvernements s’étaient succédés en Côte d’Ivoire : le gouvernement de Ouattara (90-93) – qui pendant la longue maladie de Houphouët vit Ouattara cumuler les postes de premier ministre, ministre des finances et président par intérim, et le gouvernement de Kablan Duncan (93-99), sous la présidence de Bédié. Bien que l’Union Européenne ait reconnu que les détournements des fonds alloués à la Côte d’Ivoire avaient eu lieu sur une période de 5 ans, ce qui incluait au moins une année sous le gouvernement de Ouattara, curieusement, cependant, aucune malversation ne fut imputée à Ouattara. Ouattara avait été un bon « garçon » pour la France, et bien que l’origine de sa fortune colossale accumulée en si peu de temps soit très suspecte, il n’était pas question qu’il fût inquiété. C’était Bédié que l’on voulait voir tomber ; c’était donc vers Bédié qu’il fallait orienter toute enquête. Aussi, à la tête de l’Union Européenne, la France ordonna un audit de la gestion des prêts couvrant la période allant de 1995 à 1997, une période qui ne couvrait que la gestion de Bédié, alors que, comme l’avaient souligné de nombreux observateurs, les malversations remontaient jusqu’à 1992, jusqu’au temps de l’administration Ouattara. D’ailleurs, Jérôme Dupuis, and Jean-Marie Pontaut de L’Express n’écrivaient-ils pas ceci ? «Où ont disparu les 180 millions de francs que l’Union européenne a versés à la Côte d’Ivoire? Cette aide, destinée essentiellement au programme de santé, a été systématiquement détournée entre 1992 et 1997, comme l’attestent plusieurs audits récents de la Commission européenne et un rapport accablant de l’Inspection des finances ivoirienne, dont L’Express a pris connaissance ».

              Bien que louable, l’audit de l’Union Européenne, conduit de novembre à décembre 1998 par la firme 2AC, était extrêmement réduit et biaisé contre Bédié. L’audit révéla ceci : plus de 30 millions des 88 millions de dollars alloués à la Côte d’Ivoire avaient mystérieusement disparus. Bédié, sa famille, et ses proches, et plus précisément le ministre de la santé de Bédié, Maurice Guikahué, furent indexés comme des criminels économiques. Cette révélation coïncida avec la révélation à Cologne (Allemagne) de la réduction de la dette des PPTE et l’annonce que l’Union Européenne gelait son aide budgétaire à la Côte d’Ivoire. L’histoire des détournements fit beaucoup de bruit. La presse française s’en fit le relais. Ouattara s’en frotta les mains. Cependant, certains politiciens français en gardèrent la tête froide, qui à l’instar du parlementaire Thierry Jean-Pierre en émirent des doutes quant au moment et à la période de l’audit : « Il est scandaleux que les députés européens n’aient pas été informés de ces détournements, qui concernent des secteurs aussi sensibles que la santé. Je ne comprends pas que la délégation sur place et les quatre experts du Fonds européen de développement détachés auprès de l’administration ivoirienne n’aient rien vu. Cela pose un problème de compétence. A moins qu’il n’y ait d’autres explications ».

La révélation de ce scandale financier vint au moment où la question de la nationalité douteuse de Ouattara devint pressante et où Ouattara s’exila en France. Ce qui fit que Bédié devait désormais gérer les manifestations pro-Ouattara en Côte d’Ivoire ainsi que les intimidations de la banque mondiale, du FMI et de l’Union Européenne qui menaçaient intempestivement, tout cela en prologue à un coup d’état. Quelques semaines après l’exile volontaire de Ouattara en France, le 24 décembre 1999, Bédié fut déposé par l’ex-chef d’état major de Ouattara, le général Robert Gueï. Bédié partit en exile en France via Lomé, et Ouattara retourna en Côte d’Ivoire, persuadé que le général Gueï lui réchaufferait le fauteuil présidentiel jusqu’à son inauguration officielle comme président de la République de Côte d’Ivoire. « Erreur de Gawa », comme le diraient les Ivoiriens. En d’autres termes, Ouattara s’était fourré le doigt dans l’œil.

Adamo Bonaventure Guillaume Séverin, le témoin qui n’a jamais rien vu, rien entendu, rien dit.

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Adamo Bonaventure Guillaume Séverin, chef du district d’Adjamé ; témoin P-560 de l’accusation ce 13 février 2017  dans l’affaire « la CPI contre le Président Gbagbo et Charles Blé Goudé » ; Adamo Bonaventure Guillaume Séverin, en définitive, un témoin qui n’a rien vu, rien entendu, rien dit.

La marche du RHDP sur la RTI ? Il n’en a jamais entendu parler.

Les commissariats de police attaqués et dévalisés par les rebelles ? Il n’en a jamais entendu parler.

Ses frères d’armes surpris dans leur sommeil avec leurs familles et brûlés vifs par le Commando Invisible ? Il n’en a jamais entendu parler.

Ses parents du village d’Anonkoi Kouté surpris dans leur sommeil mutilés et brûlés vifs par les rebelles. Il n’en a jamais entendu parler.

L’attaque des positions ivoiriennes par les hélicoptères français ? Il n’en a jamais entendu parler.

Le nom du président Gbagbo, il ne sait pas comment le prononcer.

Peur ? Pudeur ? Borborygmes ?

Quoi qu’il en soit, pour toutes ses pertes de mémoire, l’homme qui n’a jamais rien vu, rien entendu ni rien dit est récompensé par dramane wattra d’un poste de chargé de la criminalité transfrontalière ; une structure fictive, qui n’a jamais été mise en place, dont il perçoit pourtant le salaire de responsable, alors que les Soro, Wattao, Zakaria, Bictogo s’en donnent à cœur joie dans la criminalité transfrontalière, convoyant bois, diamant, or, café, coton, et cacao vers les frontières de la Côte d’Ivoire.

Comme Mangou, cet autre Ebrié, Adamo a bien appris sa leçon : on ne voit, n’entend, ni surtout ne parle la bouche pleine. Mange, Adamo ! Mange ! Et surtout, continue de ne rien entendre, voir, dire !

Comprendre la crise ivoirienne (3e partie, article publié pour la première fois en 2009), M. Frindéthié

Pourquoi la Francité et pas l’Ivoirité?

L’ivoirité pour Bédié était une colle sociale pour les 60 communautés ethniques vivant en Côte d’Ivoire, un signifiant d’identification censé les unir en leur instillant une fibre patriotique, et par conséquent un attachement plus prononcé à l’Etat et à ses institutions comme incarnant la somme totale de toutes les expressions nationales individuelles. C’était un projet sociétal essentiel étant donné le manque d’enthousiasme que les Ivoiriens avaient naguère exprimé à l’endroit de l’Etat et des institutions étatiques. Pour la plupart des étrangers vivant en Côte d’Ivoire, le pays était un Etat-CEDEAO, une sorte d’eldorado où l’on venait chercher fortune par tous les moyens, sans attachement sincère à la terre. Le peuple de Côte d’Ivoire avait perdu foi en ses gouvernements successifs, qui semblaient se préoccuper plus du bien-être des étrangers que des Ivoiriens eux-mêmes. La situation était exacerbée par l’attitude du président Houphouët, qui n’hésitait pas à inclure dans ses gouvernements des ministres de nationalités étrangères. Par exemple, Raphaël Saller (un Français) avait été ministre des finances et du développement ; Mohamed Diawara (un Malien) avait été ministre du développement ; Abdoulaye Sawadogo (un Voltaïque) avait été ministre de l’agriculture ; Hamadou Thiam (un Sénégalais) avait été ministre de la communication. Dans les années 1980, une expression qui illustrait ce malaise ivoirien envers l’Etat était la fameuse phrase « on s’en fout ; ça appartient à l’Etat », qui accompagnait tout acte de vandalisme et de spoliation de la chose publique.

            L’ivoirité de Bédié entendait corriger ce cynisme ivoirien. Elle entendait réformer cet état d’esprit, en créant les conditions d’une allégeance, non plus fondée sur la base ethnique, comme cela était le cas dans la situation de l’Etat impersonnel et détaché du peuple, mais plutôt une allégeance fondée sur une identification à l’Etat-nation créé le 7 août 1960. Dans la sphère des contestations culturelles, les néologismes en -ité et –itude suggérant une allégeance à l’origine nationale, géographique, linguistique ou raciale étaient bien courants. Senghor, le premier Noir consacré dans l’élitiste Académie française disait lui-même, dans son discours du 11 décembre 1974 à la Sorbonne, qu’il était important de lutter, de souffrir et de mourir « plus volontiers pour une –ité ou une –itude que pour un –isme ». Curieusement, cependant, il semble que les chefs d’états africains sont plus prompts à lutter, à souffrir et à mourir pour la spécificité de la France que pour la leur. Un bel exemple de cet état d’esprit est l’assemblée annuelle humiliante qu’ils organisent autour de la notion de la francophonie, qui comme nous dit encore Senghor dans sa conférence de mai 1968 à l’Université de Beyrouth, n’est qu’un synonyme de la francité. Et ce même Senghor de nous dire, la main sur le cœur, que la francité ou la francophonie n’est pas une machine de guerre ni d’oppression construite par l’impérialisme français, mais plutôt un mode de penser, une façon particulière d’appréhender les problèmes et de leur trouver des solutions, un esprit de la civilisation française. Si la francophonie ou la francité n’est pas un instrument d’oppression, pourquoi voudrait-on donc que l’ivoirité en soit un ? Si les chefs d’état africains acceptent et célèbrent chaque année la francité, pourquoi ont-ils mis Bédié au pilori pour sa célébration de l’ivoirité ? Pourquoi les chefs d’état africains se font-ils les griots de la francité plutôt que ceux de leurs propres –ités ?

            Aujourd’hui, comme en 1968, le défenseur le plus passionné de la francité est un ex-chef d’état sénégalais, Abdou Diouf. Il est le démarcheur mondial du fromage, de la baguette, et de la civilisation française. Et partout où il va vendre sa francité, il est accompagné d’une pléthore de chefs d’état africains, qui se bousculent pour avoir une place d’honneur au premier rang. Cependant, le 13 mai 2006, Diouf, ce nouveau prosélyte de la Francité se fit dire à l’aéroport de Toronto, où il était en transit pour une conférence à Winnipeg, que Nègre il était, Nègre et inférieur il resterait. Diouf subit une fouille au corps, tel un vulgaire suspect. Mais qu’avait-il donc cru ? Qu’en chantant à longueur de journée la beauté de la France, ses zébrures noires se perdraient dans une rosée de lait ? L’humiliation de Diouf à l’Aéroport de Toronto était symptomatique de la duplicité dans les rapports Nord/Sud, une duplicité à laquelle les Africains n’ont jamais su répondre de manière coordonnée à cause de la politique réussie du  diviser pour régner, mais plus précisément à cause de leur complexe d’infériorité légendaire. Pendant que les Sénégalais, les plus fervents croyants de la francité, protestaient l’humiliation faite à leur ancien chef d’état, les Ivoiriens riaient sous cape, estimant qu’ils l’avaient bien mérité, à trop vouloir lécher du cul blanc. Car le Sénégal, avec le Mali et le Burkina Faso, fit partie de ceux qui le plus s’en prirent à Bédié pour sa politique d’ivoirité. L’événement de Toronto confirmait une chose. La francité n’était pas innocente. Elle avait une dimension idéologique, politique et impérialiste. L’on comprenait aisément pourquoi, à la suite de la France, les Africains s’attelaient à démanteler l’ivoirité.

L’ivoirité, comme la francité, avait une portée politique, que Bédié, en bon politicien, activa le 23 novembre 1994 par la modification du Code Electoral, lorsqu’il se rendit compte de l’amour un peu trop inhabituel que la France exhibait pour Ouattara juste avant les élections de 1995. Désormais, ne seraient candidats que les Ivoiriens de père et de mère ivoiriens.

Bédié connaissait bien Ouattara. Economiste lui-même, il avait suivi le parcours de Ouattara. Tous les deux avaient servi dans les mêmes institutions internationales ; et ils savaient tous les deux dans quelles circonstances s’étaient faites leurs ascensions. Bédié connaissait Ouattara autant que Ouattara le connaissait. Bédié savait—et cela, Ouattara lui-même l’avait admis dans une déclaration signée à la Cour Suprême de Côte d’Ivoire—qu’après ses études au Lycée de Bobo Dioulasso (Burkina Faso) et de Ouagadougou (Burkina Faso), Ouattara avait bénéficié d’une bourse américaine réservée aux étudiants voltaïques, en tant qu’étudiant voltaïque. Bédié savait qu’après ses études aux Etats-Unis, Ouattara était rentré au FMI en 1968 en tant que représentant de la Haute Volta, grâce au quota réservé à la Haute Volta. Bédié savait que Ouattara avait obtenu son premier poste à la BECEAO en tant que représentant de la Haute Volta, et que plus tard, entre 1982 et 1984, Ouattara avait servi à la même institution comme vice-gouverneur au titre de fonctionnaire de la Haute Volta. Apparemment, Bédié n’était pas le seul dans le secret, car le 8 août 1984, à la page 21 d’un article titré « Monsieur FMI », Béchir Ben Yamhed, l’éditorialiste de Jeune Afrique, rapportait que le département Afrique du FMI avait un nouveau directeur, le Burkinabé Ouattara, qui venait en remplacement du Zambien Justin B. Zulu. L’article de Jeune Afrique était même plus précis, qui spécifiait que Ouattara était né en Côte d’Ivoire, de parents immigrants de la Haute Volta. La nationalité voltaïque de Ouattara était un secret de polichinelle. Il la brandissait toutes les fois que cela l’arrangeait, mais s’empressait de la renier quand cela ne l’arrangeait pas. Bédié le savait. Il savait que Ouattara était un Voltaïque, qui avait étudié aux Etats-Unis grâce à une bourse réservée aux étudiants voltaïques, qui avait servi dans plusieurs institutions financières en tant que fonctionnaire voltaïques muni d’un passeport diplomatique voltaïque.

En 1985, après son coup d’état militaire, Thomas Sankara, le nouvel homme fort du Burkina Faso demanda à Ouattara d’être son tout nouveau ministre de l’économie et des finances. Ouattara refusa la proposition de son compatriote, préférant son poste plus stable et plus juteux de la BCEAO. Sankara exigea alors que Ouattara démissionne du poste qu’il occupait au nom du Burkina Faso. C’est alors que Houphouët, dédaigneux du gouvernement militaire de Sankara, offrit à Ouattara un passeport diplomatique ivoirien et, pour narguer Sankara, joua de son autorité pour que Ouattara conserve son poste. Bédié en parle dans Les chemins de ma vie, qui écrit : «Le président Houphouët lui avait accordé un passeport diplomatique quand il avait des difficultés avec les autorités du Burkina Faso. Il servait alors à la Banque centrale, commune aux sept États d’Afrique de l’Ouest. Un passeport diplomatique, vous savez, n’est pas une pièce d’état civil ». En 1988, lorsque Abdoulaye Fadiga, le patron de Ouattara à la BCEAO mourut, Houphouët tordit encore le bras aux autres chefs d’état pour que Ouattara le remplaçât comme le nouveau gouverneur de l’institution. Bédié savait, comme l’avait d’ailleurs rapporté un autre journaliste de Jeune Afrique, que Ouattara avait occupé plusieurs postes, à plusieurs endroits (Paris, Washington, Dakar), dans plusieurs institutions en tant que voltaïque. Bédié savait que Ouattara était voltaïque : «[Alassane Dramane Ouattara] était burkinabé par son père et il possédait toujours la nationalité du Burkina Faso, il n’avait donc pas à se mêler de nos affaires de succession ». Bédié savait qu’en réformant le Code électoral pour exiger que tout candidat aux présidentielles soit ivoirien de père et de mère ivoiriens, il éliminait la candidature de Ouattara, celui par qui la France entendait l’écarter. C’est ce qu’il fit.

            Bédié venait de changer les règles du jeu électoral en plein milieu du jeu. Ouattara avait raison de s’en plaindre. Mais il aurait été plus honorable que Ouattara challengeât Bédié en dénonçant en justice ses pratiques peu orthodoxes ou bien en produisant les preuves de sa nationalité ivoirienne sur le droit de sol. Au lieu de cela, Ouattara dit deux mensonges monumentaux qui ne faisaient pas honneur au fauteuil présidentiel qu’il voulait tant occuper : d’abord, Ouattara nia avoir jamais profité de la nationalité voltaïque ; ensuite il renia ses parents en leur niant la nationalité voltaïque, alors que son père était bien un chef de village bien connu en Haute Volta. Et lorsque les avocats de Bédié commencèrent à produire des preuves du parjure de Ouattara, il courut se réfugier à Paris. Bédié lança alors contre Ouattara un mandat d’arrêt international pour faux et usage de faux. C’est à ce moment que s’intensifia la campagne médiatique française anti Bédié. Dans le but de légitimer un coup d’état contre Bédié, les amis français de Ouattara ressuscitèrent les péchés de Bédié ou lui inventèrent simplement de nouveaux péchés. (à suivre)

Recipe for Success: 30 Years from Now, Africa, as a Bloc, Will Become the World Third Economic Power Behind the US and China, Provided…, M. Frindéthié

Africa Should Rid Itself of the Scent of the West and Engage in Trade, but Fair Trade

a-young-black-business-woman…. Most experts agree that China’s and India’s respective economies took off the moment these two countries decided to liberalize trade, ease restrictions on enterprises, lift control over individuals, and open their markets, first to internal competition, and then, cautiously and gradually, to external competitions.5 China’s and India’s particular experiences give credence to the widely held conviction that what stimulates growth is competition, and competition’s strongest inhibitor is trade barrier. For more than forty years, as notes Collier, peripheral states enjoyed the protection of tariffs. Though these tariffs guarded the peripheral states from aggressive external competition coming from the core states, they have, on the other hand, accomplished very little in stimulating domestic markets. Consequently, what really kept the limited domestic firms alive was the burden of inflation borne by the ordinary people. In independent Africa, it is well known that the domestic enterprises that were kept alive by trade barriers belonged, incidentally, to nationals of the former colonizing countries. It is also a fact that these trade barriers were in their great majority legacies of the colonial system, meant to protect the economies of the metropolis. Consequently, as soon as these barriers began to constitute a hindrance for the metropolis, international demands that they be removed became increasingly imperative.

Trade barriers and regulations in Africa did not really benefit Africa, because they were not meant to. They were indirect instruments of protectionism for the Western-owned companies that did business in Africa. As experts predict that Africa needs to mature toward a 7-percent annual growth in order to reverse its poverty trend in the next fifteen years, it becomes imperative that Africa should courageously face external competition rather than take cover behind trade barriers that in most cases have been supportive of corruption; and some of the defunct regional integrations that, in attempts to copy the successful model of the European Union, have proliferated in African states must give way to really daring, benefit-yielding global trade; for indeed, “[trade] is generated by differences and the big opportunity for low-income countries is to trade with rich countries…. Within a group of poor countries there simply are not sufficient differences to generate much trade … regional integration between poor countries generates divergence instead of convergence.” If trade is the operative word for development theorists, fair trade, that is, trade as non-coerced exchange of goods between two or more commercial partners, should be the predominant model for development players. Unfortunately, this has not been the case, and a bamboozled Africa has come to develop great suspicion against the core states that have shone by their legendary duplicity, a duplicity which, in a more diplomatic language, Collier has characterized as “policy incoherence” before qualifying it more negatively, out of countenance.

The core states’ commerce with Africa was never meant to promote development in Africa. The core states have never engaged in fair trade with Africa. What they call trade are “unilateral transfers of wealth,” outright plunders or plunders that are “thinly veiled as trade.” This is why Africa should be very careful not to complacently delve into unprotected trade with the core states. Before Africa undertakes a full-fledged liberalization, Africa must follow the example of China and India and start at the level of endogenous competition. Domestic, in-house liberalization should precede full-blown liberalization with its assault of foreign buyouts. Africa needs to break away with its abusive rapports with the West and follow India’s and China’s experiences with liberalism.

Africa’s wretchedness comes, albeit not entirely, at least in large part, from Africans having put too much faith in their rapports with the Western countries. The development deficit of Africa, as we have by now sufficiently demonstrated, finds its root source more in the continent’s debilitating rapport with the West than in endogenous causes. The Western powers, through a swarm of institutional and organizational artifices, have designed their commerce with Africa in such a way as to continuously make the African continent the injured party of the laughable agreements they signed with the corrupt and/or semiliterate African leaders. Given the existing trend, Africa is en route for political, social and economic annihilation. Nonetheless, there is no reason that despair should set in yet. Africa’s future is still salvageable. In fact, despite the brutality, the plunder, and the betrayal of which Africa has been victim for centuries, Africa’s future remains bright. Africa is still among the custodians of the world’s largest geological resources and human capital. Africa can get out of its quagmire provided it gives itself the proper leaders to launch the correct connections and reorient its development policy. Africa’s brighter future will be realized only at the cost of dramatic change. For Africa to get out of its drought, it will have to rid itself of the scents of the West, of the slave mentality that still haunts a great part of its elites, institute reciprocal rapports with the Orient, and particularly take China and India as development paradigms

The Western European states have proven over several centuries that they are not the friends of Africa. Each time an opportunity was offered Western nations to show their good faith through reciprocal commerce with Africa, they have generally turned out to be slave dealers, robbers, exploiters, crooks, and usurers. It is high time Africa stopped looking at the Western European states as their exclusive friends. It is high time Africa started seeing the Western European states for what they have proven to be over five centuries of encounter: bleeders of Africa and profiteers of Africa’s torments. Compared with Europe, the

United States of America is a relative newcomer in doing business with Africa, and it has a tremendous opportunity to show the people of the African continent that it really seeks a relationship of reciprocity and mutual respect with them. Unfortunately, in the short time that America has commercially engaged Africa, it has shown the world that it could be, if not more, at least as conniving and destructive as Western Europe. What the world needs to know is that Africans may be poor—and by whose fault, we might ask?—but they are neither intellectually deficient nor lacking in honor; unlike most of their corrupt leaders and the abandonment-neurotic native informants that are looting the continent in collusion with predatory Western multinationals and governments, most Africans are a proud people that would not humiliate themselves; and they should not.

Africans should resolve to trade with those countries that would understand the history of their humiliation and struggles. India and China are two of these countries, and their economic takeoff in the face of so many uncertainties and so much contention makes them fitting examples of fortitude and success for Africa. Furthermore, it is less by the size of their growth than by the rate of that growth that China and India fascinate. Experts speculate that if the current trend of growth rate and policies in China and India are maintained, India’s economy will surpass Japan’s in 2032 and China will surpass the United States by 2041—though in these two countries, per capita increase will remain well below that of the United States. Without pouring excessive faith in these kinds of extrapolations, it is evident, nevertheless, that, against all odds, China and India have made great strides toward economic development. It is also evident that for these emergent countries the road to travel looks much brighter than the road already traveled. Africa ought to follow China’s and India’s examples.

Despite the fact that trade liberalization and openness to competition are widely believed by experts to constitute one of the principal factors of growth, nonetheless, trade liberalization should not be approached with the blindness and naiveté that Africa has too often displayed in this matter. There is an inexperienced belief that, in sub–Saharan Africa, where small informal industries requiring a low level of skills occupy most of the private local entrepreneurs, whereas sophisticated skills-demanding industries remain the provinces of foreign investors, foreign investments are the magic wand for creating “the missing middle” in industrialization. This messianic outlook on foreign investments propagated by the World Bank and adopted by many sub–Saharan African governments tends to spread the artificial wisdom that joint foreign-local industrial ventures would be the ideal nurseries whence a local entrepreneurial bourgeoisie could spring. As demonstrated by Navaretti’s study of Côte d’Ivoire, it is misleading to think that joint foreign-local industrial ventures would necessarily be propitious to the development of a dynamic local entrepreneurship by way of gradual transfer of skills and decision-making.

In fact, the predominant importance of foreign interests in joint ventures will tend to “limit learning by doing and the development of indigenous skills.” The profit-driven technologies of foreign industries allow little time and patience to train local workers for high-level positions, and expatriates will have little motivation and few incentives to delegate decision-making to locals. Furthermore, because foreign firms are more likely to be managed according to strategies defined abroad or in the home country, expatriate managers will more likely trust their compatriots than they would local workers, which would limit the transfer of decision-making and technologies to local workers. Africa need a level-headed liberalization policy that gives primordial role to government in the liberalizing enterprise. China and India, we believe, have given Africa enlightening paths to follow in this regard.

Trade liberalization should be undertaken with much vigilance and prudence. In the case of China’s and India’s respective experiences, it could be argued that regulations have not always carried only negative effects on growth. On the contrary, a certain level of protectionism and regulations has been propitious to shielding sensitive sectors of the economy from predatory foreign investors, to judiciously identifying regions of the country and sectors of the national economy that need more stimulation than others, and to promoting a strong middle class ready to compete with external investors before are dismantled the levees against the voracious multinational corporations that cannot wait to submerge Third World countries.

In China, for instance, rural industrialization, which constitutes one-half of the country’s industrial output, and which is the secret to China’s industrial miracle, is entirely owned by the country’s farmers. Farmers’ ownership of rural industrialization would not have been possible under unbridled liberalization and without some level of government intervention that had discouraged savage individual profit driven capitalism, encouraged collective ownership, outfitted the Township and Village Enterprises (TVE) with logistic means, set growth targets for rural industries, and utilized rural industries as means for correcting regional economic disparities and reducing city and countryside discrepancy. China was able to achieve success in these various areas by a mandate of the central authority to government departments to formulate policies barring discrimination against TVEs and purging favoritism toward state-owned enterprises in matters of contracts and procurement.

Before 1992, foreign direct investments (FDIs) in China were limited and only concentrated on textile products and light industries. Commerce, finance, and insurance, for instance, were forbidden to FDIs. When the Communist Party of China Central Committee finally requested the opening up of the country’s regions to foreign investments, China had already made a full assessment of its needs, had a relatively high level of savings, and was ready and strong enough to diversify its partnership rather than cave in to the demands of intransigent core countries. Though FDIs were allowed in the country, China, nonetheless, established preferential zones for FDIs in particular areas identified as needing more development, such as Beijing, Shangai, Tianjin, Guangzhou, Dalian, Qingdao, and five special economic zones. In these areas, preferential provisions were made available for foreign-funded enterprises. It thus appears that as regards openness, China is not different from any other industrialized country. No industrialized country has ever opened its borders to uncontrolled trade, and no industrialized country has ever opened its environment to either internal or external businesses without restrictions or regulations. Likewise, China has sought to protect its sensitive state-owned enterprises and orient FDIs to targeted areas. Obviously, China’s alleged “highly regulated” economic and political environment has not prevented the proliferation of European and American businesses in the country. The rhetoric about China’s highly regulated economic environment could sometimes strike as too puffed up. It looks rather like bullying gestures by the core states, which are intended to intimidate China into doing what the core states would be unwilling to do at home. So far, China has not budged in response to the coercion to open its economic environment to uncontrolled capitalism, and there is little chance that it do so in the future.

Nigeria, for instance, has provided us with telling illustrations of what happens when, too hurry to accumulate foreign exchange, states fail to implement internal regulations prior to the arrival of greedy multinational corporations that are driven by the allure of maximum returns. Remarking on Nigeria, Terry Lynne Karl makes a disheartening revelation: peripheral countries that are rich in oil and minerals do worse in their development than those that do not have oil or minerals. In mineral rich countries, the core states’ multinationals descend like vultures concerned with no other issue but maximum wealth accumulation. There, multinationals connive with country officials to siphon the country’s wealth, leaving the masses in extreme poverty. A country like Nigeria, which has been sitting on rich oil fields since the early 1960s, still has 70 percent of its population living below the poverty line, while a minority of overfed government officials roams impudently in the company of multinational CEOs and core states’ government officials. In the early 1990s, Shell’s destructive operations in Nigeria were being challenged by the Movement for the Survival of the Ogoni People (MOSOP), a non-violent movement organized by late Nigerian writer Ken Saro-Wiwa. Shell’s extraction of oil in the Niger Delta area had caused environmental degradation in the region. The Ogoni people’s livelihood and living condition were disrupted by Shell’s unregulated oil exploitation. Fishing areas, farmlands, and drinking water were contaminated. Extreme poverty lurked: malnutrition and infant mortality rates skyrocketed. So, Saro-Wiwa organized his people to force Shell to be more environmentally conscious. Apparently, the MOSOP was winning against the oil giant, for, in May 1994, a memorandum sent from the internal security forces in the Ogoni region to the Nigerian military sounded a panicky alarm. “SHELL OPERATIONS STILL IMPOSSIBLE UNLESS RUTHLESS MILITARY OPERATIONS ARE UNDERTAKEN FOR SMOOTH ECONOMIC ACTIVITIES TO COMMENCE.” It was paradoxical that “ruthless military operations” should be the precondition for “smooth economic activities.” Months after the memo was received, the Nigerian military ruthlessly attacked several Ogoni villages, killed villagers, and destroyed homes. Saro-Wiwa and his close collaborators were arrested, tried in a kangaroo court and executed on November 10, 1995. This was a punitive expedition ordered by Shell in connivance with the Nigerian dictatorship, which was a partner in the oil extraction business.

Had a minimum of strict internal regulations existed to which local businesses had to learn to conform before the arrival of Shell in Nigeria, Shell would not have considered the need to support a ruthless dictatorship and obliquely engage in human rights abuses in order to operate successfully. Dictatorships endure in Africa because they are often supported by powerful multinational corporations from the core states which, in the absence of regulatory measures in peripheral countries, prefer cheap bribes to expensive humane operations. Following China’s example, Africa ought to implement a certain level of governmental intervention, which would protect sensitive sectors of the economy, such as the environment, healthcare, education, power, water, and communication, until such time when a trained body of local investors is able to vie for stakes against external competitors. These local investors should be in great part constituted by a body of middle class and not, as is too often the case in Africa, by a tiny body of ministers, CEOs and government workers who have built their fortune on embezzled public funds and corruption. The example of Côte d’Ivoire, where the middle class is mainly constituted by corrupt government officials and shady party leaders, is an indication that when the middle class’s interests do not lie in transparent regulations, even attempts to bring about institutional changes beneficial to the country could unleash direct violent interventions by the core states and their multinational corporations supported by their militaries, the latter always ready to respond to the call of business operatives. In fact, as has been noted by Rowe, the imperial pattern indicates that military interventions do not precede trade negotiations. It is the other way around. It is usually when the idea of free trade as propounded by the metropolis in its relation with the colony fails that the military intervenes to force its application or simply removes and replaces unforthcoming nationalist leaders with lethargic marionette leaders. In 2002, the socialist government of Laurent Gbagbo in Côte d’Ivoire experienced this pattern of “free trade imperialism” when it attempted to divorce itself from the corrupt Western perception of development that is grounded in the “assumption that the only way to move to a market economy is to sell the state sector … the quicker the better,” and which, under Prime Minister Ouattara’s auspices, had permitted the reckless sale of strategic state-owned enterprises to French predatory speculators. Before opening its economy to a downpour of savage capitalists, Africa should first privilege an endogenous liberalization that gives governments a reasonable power of regulation.

Provided Africans Defragment their Political Systems

One of the factors which, according to experts, have kept India lagging behind China in the race for development is India’s excessive number of political parties. Those observers that are struck by this demographic giant’s proportionally justifiable twenty-party coalition should consider the hundreds of parties that have mushroomed in tiny African states such as Cameroon, Senegal, or Côte d’Ivoire, to cite only these few. Democratization in Africa has too often been understood as the creation of a political party at every street corner, in every quarter, in every wealthy person’s home or around the ego of every popular singer or soccer player. The anarchical proliferation of political parties in Africa is motivated by an opportunistic drive. War-ridden African nations have been known to settle conflicts by the formation of “national unity” governments around power-thirsty incumbent leaders rather than organize free and fair elections. Since national unity governments are usually staffed with party leaders, irrespective of the size of their constituencies, opportunistic politicians and businessmen have seen the creation of parties as a way to have a minister position and thus an opportunity to share in the loot of national resources.

As notes Vicky Randall, “[t]the struggle for legislative seats is to gain majority status but also, especially in the case of smaller parties, the attention of the executive.” Moreover, these party leaders, who have no genuine concern for where their country is headed, have constituted the greatest filibusters of the political process, taking the already imperfect system hostage until their petty personal demands are satisfied. The more political parties there are the less chance there is for consensus to be reached on policy adoption and implementation. The excessive number of political parties in Africa is cause for corruption and development fragmentation. Is it not curious that the plethora of political parties in Africa is exogenously funded by individuals whose own political system allows for limited numbers of parties? This is because sub–Saharan African political parties are oblique megaphones for external interests. Because opposition parties in Africa are usually urban parties with bad representation in the rural areas where most of African countries’ populations reside, these parties have very few due-paying members and must, consequently, rely on external donors for their funding. These external donors, for the most part interest groups, use the indebted political parties to disrupt the democratic process in Africa, an observation that has led some proponents of single-party systems to contend that the old single-party rules that dominated Africa’s political landscape in the aftermath of decolonization were more efficient, because they were less prone to encourage politicization of the administration, expensive campaigns, and corruption. As has argued Blundo, this assumption is belied by history.

Nevertheless, it is also undeniable that African political parties have been more busy dealing in personalism, regionalism, ethnicism, patronage, clientelism, and violence than promoting national growth. Within the framework of national unity governments, political party leaders have usually battled to retain the administration of ministries with significant budgets, and they have successfully managed to cripple effective power and resource redistributions, siphoning public resources for their party members and for the enrichment of their close collaborators. For instance, before Ouattara’s RDR maneuvered to get Ahmed Bakayoko appointed as minister of Post and Telecommunication in a government of national unity, Côte d’Ivoire could boast of having the best postal service in West Africa, and one of the best on the continent. Today, with Bakayoko’s maladministration, his petty arguments with postal workers and his redirection of public funds to his party’s coffers, getting a piece of mail successfully delivered across the country amounts to a miracle.

Without subscribing to the view that single-party rules are more efficient or more democratic than multi-party systems, when it comes to political parties in Africa, less is more. Given their plethoric number, the compound abuses by the political parties undermine democracy consolidation and continuity in Africa. The number of political parties in sub–Saharan Africa ought to be trimmed down to its bare minimum. What number is an adequate number and by what process should political parties be limited? It would not be undemocratic at all, we believe, for states to set up a number of constituents proportionate to the voting population to be reached by each political organization before that organization could be given voice as a party. After all, this process is already in use, and without much indignation, in several countries that claim to be at the forefront of democracy in the course of determining which organizations are to be funded or allowed right of appearance at political debates. This is a question that any electoral commission can be given authority to settle. It goes to the core of Africa’s development. It goes to the core of Africa’s real growth, which has for too long been hampered by the myriad of corrupt political parties and NGOs. Like political parties, NGOs in Africa have been judicially proven to be financed by outside interests and to serve for the destabilization of African nascent democracies. In Congo-Brazzaville, for instance, one of these so-called humanitarian associations funded from without has held a significant role in the impediment of democracy.

Political parties and NGOs have to be trimmed down to defragment the system; they have too often enriched the few to the detriment of the many. A program that seeks to uplift the many and not just the few is by definition a legal program. Africa’s many are first and foremost in the rural sector; they constitute 80 percent of sub–Saharan Africa’s population. Africa’s true middle class ought to be gradually built from the rural sector through a program of rural development.

 

Provided Africans Restore the Rural Sector to Build Up Capitals

Though India and China could be regarded as models of development for Africa to emulate, as economic partners, they could also constitute challenges to Africa. The demographic size of China and India and their early start in the development paths that they have chosen could make it hard for African states to compete against them. Would not the field be already too crowded by the time Africa reaches its industrial cruising speed? Would not Africa reach its industrial peak even before it begins its industrial revolution? As has argued Richard Heeks, “countries like India, Singapore, and the Philippines arrived on the export scene many years ago. They have already developed the requisite skills, contacts, policies, and infrastructure that are so lacking in Africa. As a result, these established players will continually consolidate their position whilst squeezing out potential African newcomers.” In other words, “turn off your stove, for your neighbors are cooking today!” Were Chinese industrial revolutionaries listening to Heeks, they would not even have bothered to start their industrial takeoff. Were Indians listening to him, the thought of entering the software competition would not even have visited them. If Africans were taking Heeks seriously, they would just confine themselves to supplying the West with raw materials.

Yet again, those of us who urge Africa to emulate China and India do more than recommend to Africa that it reproduce exactly what these two countries produce today. For Africa to emulate China and India implies, instead, that Africa should draw upon first the ethos and determination, and then the institutional arrangements and provisions that have helped propel these two countries into the industrial age. Indians have not always been self-assured software creators and China has not always been the factory of the world. At one time, Chinese and Indians, too, were neurotic subjects seeking to run as far away from themselves as possible. At one time, they, too, had suffered from the dis-ease of lactification, and it is undeniable that even today many Chinese and Indians still wish to whiten the race both psychologically and physically. The chip of self-hatred that colonialism implants in the brain of the colonized does not wear out that easily. The merit of the great majority of Chinese and Indians is to have overcome the debilitation of colonialism and to have understood that the West, which at one time had treated them as sub-humans and taught them to hate themselves, is not invulnerable. And so they fought hard for their independences under charismatic leaders (Mao for the Chinese and Nehru for the Indians). Then, as they freed themselves from the clad of oppression, they understood that the West could also be beaten at its own game; so they started working at it gradually, by looking back first. Their very powerful diasporas—55 million overseas nationals for India and 20 million overseas nationals for China—looked back by bringing capital, technology, and consumers to their respective countries. China and India are gradually beating the West at its own game, with no rancor, but with an ethos of yearning for knowledge and improvement, respect for diversity, and reverence for truth.

That growth is not the exclusive province of one people, of one race, is the new truth. The new

battle is the battle of development and not of armament. China redirected its industry from the heavy industry of weaponry production to light and medium industry and confined its once-excessive army to just one million men, which for its demographic size sends a message to the world that it has irreversibly turned its back on confrontation. India finds the strength for this new battle of development in an age-old Hindu ethos.

Africans, too, possess this yearning for knowledge and improvement. Every day, thousands of young Africans brave the desert sun and the treacherous seas to seek education and better living conditions in the West. Many make it there, and many also perish trying to make it there. They have against them the worst hand that could be dealt to a human being: centuries of epidermal prejudice. This prejudice shuts borders to the Africans more violently than borders could be shut to any other people. Yet, like the proverbial camel through the eye of the needle, they make it to the land of the other; and once there, they are too exhausted to look back, too disheartened to go back to this wretched land that they have left, to the wretched land that has become the paradise of Western arm dealers and mineral poachers. Yet, it is only by looking back that they would transform Africa. It is by looking back that young Indians and Chinese have started to pull their respective countries from their wretchedness.

So by suggesting that Africans look at India and China, what we are also suggesting is that they look at the way the ethos of yearning for improvement and resilience that they share with the Chinese and the Indians has been used by these two peoples in their quest for growth. The field of industrial creativity is infinite, and the young educated Africans ought to be able to look back and develop for the world, but on behalf of their continent, the industries of tomorrow. They do have the intellectual resources for that; and much fortunately, too, they do have the natural resources for building up the level of savings that is needed to construct the infrastructure that will help launch Africa’s industrial transformation. One factor that helped China and India develop fast was their ability to mobilize capital and establish initial levels of savings. For China, high levels of savings came through great agricultural output. The foundation of China’s industrial revolution actually was realized through the improvement of agriculture and the restoration of the rural economy, which started long before the 1990s. From 1949 to 1952,

China set about restoring the rural economy by improving agricultural output. This huge campaign of restoration led to the improvement of farmers’ living condition. Over these three years, farmers’ income grew by an average rate of 30 percent. Farmers’ average daily consumption per capita increased. Rural electricity consumption swelled dramatically. Millions of farmers got out of illiteracy thanks to a mass anti-illiteracy campaign. As farmers’ condition got better, they increasingly became consumers of domestic goods, and they contributed to the stabilization of the national economy and created the foundation for the national economic restoration. China’s per capita income and growth rate continue to increase and to impress observers. Improvement of the rural sector has allowed China to mobilize a huge quantum of resources from its domestic economy. This experience should hail Africa.

Provided Africans Consolidate the Legacy of Granaries

Most African governments are quick to state the significance of agriculture in their countries’ economies. Yet, as this crucial constituent of the economy remains vulnerable to the devastation of unpredictable natural elements such as drought, parasite invasion, and forest fires, little is done by African states to alter the predictable variables of agriculture. African states must restore their investments in agriculture and improve agricultural development in such a way as to better the condition of the rural populations, which in good times and bad times have constituted the backbone of Africa’s economy. This is important in two ways. Firstly, if in addition to importing manufactured goods Africa were to import agricultural goods, and particularly provisions of sustenance, on a large scale, the result for Africa’s economy and social fabric would be catastrophic. Africa needs to be self-sufficient in the vital sector of nutrition. Secondly, as has been the case elsewhere, agriculture could help garner much needed capital and shore up the level of savings that is essential for industrial takeoff. For African agriculture to play this role, however, it will need to be reorganized. Too many farmers in Africa continue to work on tiny strips of land with very limited or archaic implements. The state ought to encourage farmers’ organization into larger collectivized entities and, against the one-sided and hypocritical recommendations of the WTO, the World Bank, and the core states that agricultural subsidies be eliminated, the state ought to openly support these collectivized entities by outfitting them with tools, grains, shoots, fertilizers, and irrigation systems, in order to help them increase their outputs.

State intervention is of crucial importance, especially in areas where private operators have failed to fill the void after the World Bank/IMF forced African states to stop subsidies. African states have a moral responsibility to resume or start support of social services in rural areas. This includes supporting healthcare, education, electrification, water supplies, roads and communication services, environmental education services, and also recreation services, all things that would smooth the discrepancy between village and city, improve life in rural areas, and contribute to greater agricultural output. Furthermore, the state ought to facilitate credit lines and loans to farmers, make farmers’ alphabetical as well as financial literacy a priority and encourage savings and responsible consumption by farmers. One of the greatest and most rewarding challenges that states will face in making agriculture relevant is doing one thing that only states can do best, i.e., restoring gender fairness in agriculture, adopting and implementing what could be called “affirmative action in agricultural policy.” African women have been working in agriculture, and especially in food crops, since the dawn of ages, since before the aggressive orientation of agriculture toward market economy; and yet they have rarely been owners of the means of production. Men have.

This unfairness has even been exacerbated by the Bank’s forced Structural Adjustment Programs in Africa, a fact that Sean Redding notes so observantly. “The structural adjustment policies were supposedly gender neutral; they did not specifically target either women or men. But precisely because the policies were gender-neutral, they tended to favor men over women, because it was men who had the kind of international contacts, the kind of access that allowed them to get … aid.” Affirmative action in agricultural policy will therefore have to address the issue of land ownership by women and their access to alphabetical/financial literacy, aid, and credit, especially as even sustenance agriculture is so market-driven. Although total ownership by women of sustenance agriculture has been attained in some areas in Africa—we are thinking, for instance, of the “marché gouro,” the collectivized entity of the Gouro women from the Oumé region of Côte d’Ivoire that supplies both the local markets and some international markets with a variety of vegetables—where sustenance agriculture is run from top to bottom by women, such achievements are rare and precarious without state intervention.

You like what you read? Get the complete study at http://www.mcfarlandbooks.com/book-2.php?id=978-0-7864-4840-1

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In formulating policies to correct gender bias in agriculture, the state will be fulfilling, through the restoration of agriculture, one of its major responsibilities, that of smoothing social inequities. Furthermore, women make up the largest portion of the African rural population, and it would be contradictory that any program propounding to ameliorate the condition of the rural masses remain indifferent to systemic bias against women or contribute to deepening the injustice against women. In preparation for their industrial revolution, it is in the interest of African states to transform women into consumers and savers. The empirics of money management plainly show that when they have control of their money, women are better consumers, longer-lasting (bank) clients, and better savers than men. States will find in women great allies in their endeavor to garner capital for their industrial takeoff.

Although they do not always have easy access to land ownership, African women, especially in rural areas, like many Indian women, have huge savings wrapped up in property, such as expensive cloths (Kente, Adingra, bazin, and wax pagnes) and minerals (especially gold, silver, and diamonds, to a lesser degree). Women wear them for adornment, offer them at baptismal ceremonies and at marriages, do up their dead with them, and even sometimes bury their love ones with them. African banks have to start tapping into these assets for savings by offering women cash for savings accounts. This will require banks to get involved in financial literacy programs in the rural areas.

Africans Should Promote Women’s Entrepreneurship

It is in the African states’ interests to attend to the well-being of African women in the rural sector if they really intend to include women as full participants in the development effort. Traditionally, poverty reduction programs have seldom concerned themselves with the particular well-being of women, as governments assume instead that within the same household the notion of well-being is understood indiscriminately by men, women and children. In fact, studies carried out in five rural districts of Uganda among 180 people, half of whom were women, showed that on the meaning of well-being, women’s priorities differ markedly from men’s. When asked to evaluate their own well-being and that of their neighbors within a particular village in relation to the impact of an agricultural support program, the women informants’ answers revealed that women’s perception of well-being. Women’s understanding of well-being also includes social, health, emotional and physical considerations including their decision making ability, source of income, access to land, animal ownership, husband’s contribution toward meeting household expenditures, relationship with polygamy, social assets and education, which will require of governments specific interventions rather than one-size-fits-all programs.

From the perspective of attending to women’s well-being, African governments should encourage African women’s entrepreneurship. Women are unanimous that their well-being is partly tied to their ownership of the means of production and of asset generation as well as to their control over wealth. A way for women to own their money and decide how to spend it is to make them business owners. Contrary to men’s businesses, women’s businesses usually require less startup capital. Yet, as noted Elsje Dijkgraaff, the gender-stereotyped values of banking staff generally make it difficult for women to obtain the little capital necessary to start a business, and to achieve the economic autonomy that is “a major instrument in redressing the gender imbalance of power in relationships with relatives, family and partners.” Women’s entrepreneurship will necessarily be an excellent development partner for African governments as it is proven that though women’s businesses start smaller than men’s, they tend to grow faster, they are less prone to bankruptcy, and they provide healthier working environments, by their success in balancing work and family, their support of employees’ lives, their low-key environment, and their little emphasis on unbridled competition among employees. Furthermore, women’s businesses tend to hire more women, thus reducing the gender apartheid in the professional sphere. Governments must therefore help in the creation of women’s businesses by making available credit lines for prospective women entrepreneurs, sensitizing loaning institutions to their gender biases, recognizing successful businesswomen and encouraging them to mentor new women entrepreneurs, and along with chambers of commerce, promote women as serious business agents and educate them in the mastery of the new indispensable business tool, that is, E-commerce.

In a First Phase, Africa Should Transport to Collect Foreign Exchange

Sub-Saharan Africa holds many of the world’s natural resources. In fact, Africa’s wealth is one of the reasons why the continent has never known sustained periods of peace. Legality is of crucial importance here, especially as much of Africa’s reserves are now being exported illegally under the cover of the multiple conflicts whose origins are mostly exogenous. Today, much of the Congo’s and Côte d’Ivoire’s diamond, gold, and wood that is being taken out of the countries by mercenary-speculators escapes the control of these two countries’ legitimate governments. In the confusion of the civil unrest in Côte d’Ivoire, a country like Burkina Faso, for instance, which has never planted a single shoot of coffee or cocoa because it does not have propitious soil for that kind of agriculture, has mysteriously become a cocoa and coffee exporter. Attracted by the natural reserves of Africa, and relentlessly seeking new ways to loot these reserves, the core states, in collusion with some African leaders, have set up instability, supported dictators, and stirred up internal conflicts in Africa in order to plunder the continent in the ensuing mayhem and lack of real institutional organization. Within the framework of sovereign institutional planning, African states should, in a first stage, and for a relatively limited period, legally transport, that is export, agricultural and mineral commodities in order for the accumulation of foreign exchange to take place and for investment capital to be garnered. This temporary intensive export of raw materials presupposes that African states should not tie themselves to foreign speculators through long-lasting agreements. This also implies that African states should have well-defined investment schemes of foreign exchange so as to be ready to launch into the second phase when time comes.

Africa Should Transfom its Resources on Site to Equilibrate the International Terms of Exchange

The next phase in Africa’s economic revolution concerns the shift from merely transporting to transforming. The phase of transformation will start the state’s process of intense industrialization. In fact, despite the deterioration of the terms of exchange decried by most African governments, very little effort has been undertaken on their part to move their countries’ economies from exporting raw commodities to transforming them on-site. By and large, African countries continue to be Western countries’ suppliers of raw materials. Although a number of African countries have attempted to diversify their economies through industrialization, many of the new industries have been confined to food processing. When it comes to mining, for instance, African minerals (oil, diamond, gold, silver, bauxite, manganese, and more) continue to be extracted in Africa and transformed in Western countries. Furthermore, the little industrialization there was took place under the auspices of state-owned enterprises, which were dismantled in the 1980s under the Bank’s Structural Adjustment Programs.

Nevertheless, some countries like Côte d’Ivoire or Senegal were able to put in place some kind of vertical diversification whereby paper, plywood or furniture are being exported in lieu of wood, textiles instead of cotton, and leather instead of hide. Africa should seek to accelerate the diversification of its light industry beyond food processing. African governments should, unapologetically, despite the threats of the core states and the World Bank/IMF, support the creation of light industries in Africa unless they choose to surrender this essential sector to foreign speculators and thus surrender the continent to a new form of colonization. There are sectors of light industrialization that should have logically been dominated by Africa, had African governments been lucid enough to invest aggressively in them. Take, for instance, the pharmaceutical industry. The African continent has always had the richest vegetal varieties, and for centuries Africa’s plants and roots have been effectively used in traditional pharmacology. There is a traditional pharmacological expertise in Africa that unfortunately has not been tapped into; so much so that today, Africa is the greatest supplier of plants, roots and nuts to Western pharmaceutical laboratories that are more concerned with developing medications targeting European illnesses than finding solutions to the plethora of tropical diseases. It is for them a matter of “dollar and sense.” The little research that is undertaken on tropical medications by private European pharmaceutical companies yields a variety of drugs that are out of reach for the financially strapped African populations. In the meantime, unscrupulous European enterprises are seeking to have total ownership of African plants by taking patents on these plants. This great danger to Africa’s biological resources has generated a neologism as much as a fair amount of outrage, albeit very little from African scientists and lawyers.

Biodiversity … is Africa’s richest asset. The knowledge its people have developed over centuries on the properties of plants, seeds, algae and other biological resources is now coveted by scientists for medicinal, agricultural and other purposes. Biopiracy is the theft of biological matter, like plants, seeds and genes. In the absence of laws regulating access to these resources, pharmaceutical, agrochemical and seed multinationals exploit Africa’s biological wealth and obtain rights of intellectual ownership to the resources and knowledge of the communities. Multinationals make huge profits from African biodiversity but do not share these with the communities who discovered, kept and transmitted the knowledge, activists argue. This particular aspect of the deterioration of the terms of exchange is literally killing millions of African children, women and elderly. It is high time that African governments woke up from their stupor and protected the resources of the continent by mounting strong legal oppositions against this newfound European piracy. In its industrialization campaign, Africa should start a vast program of pharmaceutical research for the purpose of developing an array of cures specifically targeting tropical diseases. This should be part of a conscious promotion of human capital development by African states.

Africa Should Develop its Human Capital

Africa’s very young population is a potentially expanding consumption base that ought to be tapped into through a variety of social development programs. As things present themselves now, Africa has the highest unemployment rate and the highest infant and maternal mortality rates. Unless African governments undertake efforts to vigorously reverse this trend, the continent will not be able to tap into this potentially favorable demographic and will, therefore, miss its development train. The kind of forced and precipitous liberalization that was promoted in Africa under the auspices of the World Bank and the IMF is the wrong liberalization for Africa. It was not meant to help develop the continent. It was rather intended to further enrich the core states and their rapacious multinational corporations by weakening economic, but above all, social development in Africa. Asking African states to suspend their government expenditures on healthcare, education, water distribution, and infrastructure building is a recipe for waning social development; yet, there is a correlate between social development and economic growth for the very simple reason that neglected, unskilled, uneducated, and physically and emotionally unfit human capital will not help a state develop. On the contrary, it will be a burden to the state. “Sustained growth,” as observes Mahtaney “entails that [a country] needs to make faster and longer strides in the realm of improving … social development.” So, African governments will need to create employment, but most importantly a population fit to work. How can states create employment, ensure healthcare to the public and outfit workers with professional skills at a reasonable cost all at the same time? States can achieve this by marrying agriculture with industrialization.

Africa Should Marry Industrialization with Agriculture through Decentralization

Industrial expansion in Africa should not be undertaken at the expense of subsistence agriculture, and vice versa. Subsistence agriculture, as we have already mentioned, is vital for Africa’s daily survival; it should be mechanized to ensure a high level of productivity. However, mechanizing agriculture will indubitably create an excess of labor in the agricultural sector, which could go on to augment the poor, undernourished and unhealthy populations. The surplus labor resulting from agriculture mechanization could be accommodated by industrialization as the latter develops. This is why industrialization should be decentralized in such a way that within the same region agriculture and industry work hand in hand, industry relying for its development on the resources of the region, and the regional as much as the national consumer base and agriculture relying for their development on the consumer base that industry brings in. Industry and agriculture should work hand in hand in such a way that industry and agriculture feed on one another, become consumers of each other’s output. If successful, this reciprocal patronage between agriculture and industry in the rural area will help raise wages in both sectors and give rise to a vibrant service sector that will further absorb the surplus of agriculture and industry.

In due course, both agriculture and industry will ultimately have to privilege specialization. This also will be a successful program of decentralization that will solve the question of overpopulation of the few African cities that have traditionally hosted industries.

For this virtuous circle of development to actually materialize, it is imperative that African governments recognize and support the development of rural non-agricultural activities, which has not often been the case because of the traditional perception of rural economies as exclusively resting on agriculture. It is a fact that the neglected rural non-agricultural sector that comprises such occupations as transportation, manufacturing, construction, mining and various types of services is a vibrant sector in its own way. If seriously tapped into, this non-agricultural sector has the potential of leading to better distribution of employment and income and to overall geographical equality. The common pattern of industrial development in sub–Saharan Africa, which has mainly concentrated on large-scale industries in big cities, has traditionally benefited a reduced number of persons to the detriment of the larger population, and it has also increased the burden of overpopulation on the very few industrial cities that have drawn people in search of employment.

The failure by governments to recognize the non-farming industrial sector in rural regions has resulted in the backwardness of this segment of activities. As Bagachwa and Stewart show, rural non-agricultural industries continue to be excluded from formal credit, and their main sources of capital remain family support and personal savings. Only in very rare cases (1 percent) are these industries funded by formal credit. Family generally constitutes the source of labor for these industries. Skills are usually acquired from other craftsmen and the lack of functional literacy among the workers makes it difficult for them to keep financial records and to distinguish between business expenditures and household expenses. The sources of technologies for rural industries are often inadequate, archaic and inefficient. For instance, traditional blacksmiths are likely to use tools they have manufactured themselves, such as stone anvils, goatskin bellows, wooden and clay pipes, etc., traditional grain milling industries are likely to use wooden mortars and pestles, and rural bread making industries are likely to operate with mud-burnt brick and hand-operated equipment. Furthermore, these industries are extremely labor intensive, and the products that they yield, though compatible with the income level of the consuming rural populations—and also because of this very fact—remain inferior in quality to those produced in urban areas. They lack uniformity and have shorter longevity.

As has been reported, Sub-Saharan Africa’s rural non-agricultural industry “contrasts poorly on most counts with Asian rural industry” mainly because of policy biases against agriculture in Africa. “Policy biases against agriculture … hurt the rural non-farm sector, and policy changes favoring agriculture would assist it.” Agriculture and industry ought to grow and specialize under the ambit of governmental support and incentives. As agriculture and industry develop by transforming on site, and as their labor surplus goes into services, such as catering, leisure, hospitality, tourism, art, creative enterprises, healthcare, etc., more rural populations will be retained in rural areas, for there will be more incentives for these populations to seek success in their own environments than to migrate to the urban districts.

While agriculture and industry will be promoted under the ambit of government, services, on the other hand, will be born out of individual entrepreneurial initiatives. Services, too, will seek to specialize, and will occasion the emergence of private skill-formation centers, professional schools, and the like, thus liberating government from some of its expenditure obligations in the area of human capital formation. This is saying that liberalization will come progressively on its own; no matter what. However, for this liberalization to be advantageous to the people, it has to be preceded by a level of government intervention.

Africa Ought to Enfranchise itself from Greedy Cosigners

The World Bank, the IMF, the Club of Paris and the Club of London are not philanthropic organizations. There are in the business of making money, and especially of producing maximum dividends out of minimum, and preferable no, investment. These financial organizations are the loudspeakers of the core states. It is in the interest of the core states and their multinational corporations that the peripheral states, which in the international division of labor have been slated as raw material providers, remain undeveloped; and the core states do work hard for the role of the peripheral states to remain unchanged. It is a mistake for African leaders to believe that when France or Great Britain, for instance, sponsors African countries for an IDA loan, these countries do it for the simple reason of world courtesy. These sponsorships are nooses around the neck of the African states that the core states tighten or loosen given the direction of the political wind, that is, given their own interests.

The core states are usurers. Their friendship is always interested and conditional, and their loans and aid packages are poisoned gifts that African countries ought to collectively reject.

It is understandable that foreign investors should seek to draw maximum profits from their investments in Africa. On the other hand, it should also be expected that African states would demand the maximum earnings for the exploitation of their resources by foreign multinationals. These two positions are not irreconcilable, and they should constitute the foundations upon which foreign investors and African governments conduct their negotiations. However, when multinational corporations from Western countries operate in Africa, they tend to bully African states to submission through economic blackmailing and threats of military invasions; for indeed,

whenever a powerful state intervenes to invade a weak state, one can be sure that some private investors from the powerful state, unhappy about their returns in the weak state, have directly or indirectly triggered the military intervention. Western multinational corporations have often blindfolded, gagged, and tortured African leaders in the dungeons of Western jouissance. Though, for some inexplicable reasons, most African leaders seem to have enjoyed their servitude, their unexpected proclivities have been depressing for the African masses. For the welfare of the people they are accountable to, African governments ought to get out of their losing rapport with the West.

This can only happen if African nations first place themselves in propitious conditions for rejecting Western countries’ poisoned gifts of aid and loans. African states have to develop their own investment funds and enfranchise themselves from the abusive and exploitative “friendship” that they have maintained with the core states since their very first encounters with the latter. African states should make it their mid-term objective to leave the Bretton Woods institutions, these rapacious organizations that prosper by cultivating misery in Africa. To enfranchise themselves from the usurers that the World Bank and the IMF are, African states, along with other developing countries, should agree to apportion a small part of their annual commodity export revenues to a collective development account from which member states could be loaned money for their development projects. Such an account could also help member states establish strong credit for getting loans, no longer from the core states, which have given enough proof of their insincerity, but this time from such transitional states as China. This idea is not novel. President Gbagbo of Côte d’Ivoire is an indefatigable herald for the creation of what he calls Fonds de Garantie et de Souveraineté, which is essentially the same concept.

The reader will certainly notice that in the solutions that we have just proposed to the development problems of Africa, we have avoided mentioning the dwelt-on question of Africa’s overpopulation, except to recognize that African cities are being overburdened by an exodus from the rural centers. Let it be known that we do not believe that Africa is overpopulated, and therefore we do not believe in the solutions often propounded by Western experts, which demand that African countries reduce their population size. Overpopulation is not what has kept Africa lagging behind. Lack of genuine exchange of technology and of industrialization is. From this perspective, we concur with Chinweizu who writes that [W]hen on the excuse of saving the environment, it is suggested that we perhaps ought not to industrialize, when on the excuse of reducing pressure of population on resources we are urged to control our populations, we ought to be thoroughly skeptical and have not just second, but even tenth thoughts on the advice we are given … the world may be overpopulated as a whole; but is Africa overpopulated with respect to what its resources, if used entirely in Africa, could support at some decent but not wasteful level of consumption? Africa’s poverty ought to end, and it can if the global discrepancy is readjusted in such a way that, instead of giving the West a monopoly on the “ingredients of survival,” those who have actually been at the source of the supremacy of the West are given control over the resources that they produce to that effect. The West should not be afraid of Africa’s success. It is not a matter of taking away from the West what it has. It is just a matter of allowing Africa to use whatever resources nature has granted it to genuinely pull itself out of poverty. A strong Africa is necessarily in the interest of the West, too. Nevertheless, whether the West approves of it or not, a strong Africa is coming of age in the next thirty years.

 

(Vidéo) Côte d’Ivoire: Les cités universitaires occupées par les milices de Ouattara sont devenues des ghettos méconnaissables

Mutinerie chez les FRCI/Tirs nourris partout en Côte d’ivoire/Johnny Patcheko à Allassane Ouattara

Pourquoi dramane ouattara a-t-il tant de mal à gouverner démocratiquement ? M. Frindéthié

tyran

Pourquoi dramane ouattara a-t-il tant de mal à gouverner démocratiquement la Côte d’Ivoire ? Pourquoi depuis avril 2011 Dramane avance-t-il de mensonges en mensonges, de violations de la Constitution en violations de la Constitution, et de répressions en répressions ?

Tout simplement parce que dramane est un chef terroriste, et qu’il gouverne selon les principes terroristes.

Imaginez un seul instant que Boko Haram arrive au pouvoir au Nigéria par les méthodes barbares que nous lui connaissons. Croyez-vous vraiment que Cette organisation terroriste puisse gouverner le Nigéria ? Qu’elle puisse offrir aux populations nigérianes qu’elle a passé des années à massacrer un minimum de bien-être ? Non ! dramane ouattara est le chef d’une organisation terroriste qui n’a aucune culture démocratique. De ce fait, il ne peut se défaire de ses réflexes naturels de terroriste et poser le moindre acte démocratique. C’est plus fort que lui : pour dramane, la propension à tricher, menacer, brutaliser, emprisonner, torturer et tuer l’emporte sur tout autre effort humain.

dramane n’est pas lui s’il ne terrorise. Voyez un peu comment ses ministres se crispent en sa présence. Voyez comment ils se font tout petits au point de vouloir se rendre invisibles en sa présence. Ce n’est pas du respect que les collaborateurs de dramane éprouvent pour lui. C’est de la peur ! Une anxiété qui leur tord les boyaux à la seule pensée qu’à toutle despote et son valet moment un de ses loubards d’Abobo ou de la Riviéra—car depuis avril 2011, « loubard a gagné coupou »–pourrait leur demander des comptes, pourrait débarquer devant leurs domiciles pancartes à la main, déblatérer des menaces. Comme les ministres d’Idi Amin, Les collaborateurs de Dramane savent tous que les tueurs qui l’entourent peuvent à tout moment, sur un tic épileptique de dramane, débarquer chez eux et les enlever à leurs familles vers des destinations inconnues.

dramane est l’exemple même qu’un corps nomade peut être plus obtus qu’un corps sédentaire, et que le voyage n’est pas toujours formateur ; que l’on peut en revenir plus limité qu’auparavant. dramane est allé aux Etats-Unis, mais il en est revenu borné, obtus, violent, antidémocratique, et terroriste malgré ses beaux souliers et ses costumes bien repassés.

Côte d’Ivoire : Attention ! Poudrière Identitaire, M. Frindéthié

Depuis l’installation martiale d’Alassane Dramane Ouattara au Palais Présidentiel d’Abidjan par les troupes françaises, nous n’avons pas cessé d’interpeller le monde sur les dérives identitaires de son régime. Convaincu qu’il jouit d’une immunité internationale, Alassane Dramane Ouattara encourage personnellement une politique d’épurement ethnique qu’il théorise sans apologie aucune comme « politique de rattrapage ethnique ». Cette politique hitlérienne de purification déguisée en des termes si peu adroits – devrait-on s’en étonner ? – Ouattara la justifie de ce que, de tous les temps, les Nordistes auraient été mis en marge de la société ivoirienne. Ah ! Si mensonge avariait bouche !

Dans son application la moins monstrueuse, la « politique de rattrapage ethnique » de Ouattara consiste à épurer aussi bien les entreprises de l’Etat que les entreprises privées, les associations culturelles, les associations sportives et les organisations non gouvernementales des ressortissants des régions où le président Gbagbo a enregistré une majorité de votes pendant les dernières élections présidentielles, afin de les remplacer par des ressortissants du Nord, où Ouattara a enregistré des scores suspicieusement immesurés. Ainsi, des milliers de travailleurs sudistes sont-ils allés augmenter la pléthore de chômeurs occasionnée par la guerre importée de Ouattara, alors que des milliers de Nordistes les remplaçaient ou décrochaient des contrats publics sans en démontrer les compétences nécessaires.

Dans son application la plus barbare, la « politique de rattrapage ethnique » consiste à laisser faire l’escadron de la mort et les milices armées de Ouattara, de tourner le dos de l’indifférence pendant qu’ils assassinent et commettent des horreurs de toutes sortes sur les populations du Sud. Ainsi, ne se passe-t-il pas un seul jour sans que des civils non armés soient criblés  de balles dans le silence de l’impunité.

Aujourd’hui, la politique d’épurement ethnique de Ouattara semble avoir réussi à pousser la colère des souffre-douleurs à son paroxysme. Les nombreux foyers de tensions qui ont surgi ces derniers mois sont l’évidence que les populations du Sud ont décidé de ne plus se résigner à la mort que leur offre Ouattara. La Côte d’Ivoire est d’autant plus assise sur une poudrière identitaire que Ouattara n’a aucune intention de réviser sa politique ethnocentrique.

Pendant l’épuration nazie, alors que montaient des hauts fourneaux d’Auschwitz les fumées chargées d’effluves de souffrance, de nombreuses populations des villages environnants prétendaient ne rien sentir ni ne rien voir. Aujourd’hui aussi, en Côte d’Ivoire, nombreux sont ceux qui, bénéficiaires de la politique d’épuration ethnique de Ouattara, prétendent ne rien voir ni ne rien entendre … jusqu’au moment inévitable.

Grain de sel: si vous souhaitez que Cocody ressemble à Abobo, votez pour Affousiata Bamba … autrement, le choix est clair: c’est Y.O. Le maire RDR Adama Tougara d’Abobo vous présente son lieu de travail

Voici la salle des mariages de la mairie d’Abobo, la mairie du maire « choco » d’Abobo Adama Toungara. C’est ça la vitrine d’Abobo. Imaginez le reste!

AboboSalle de mariage Abobosalle de mariage d'abobo

(Vidéo) Hollande fait sa première Francopholie, M. Frindéthié

Francopholie

Dans vos capitales vos peuples vivotent et se meurent

Et vos enfants en guenilles quémandent le long des trottoirs

Vos ponts et vos routes sont des pièges à hommes

Et vos rivières des réservoirs de contaminations

Vos écoles des usines d’imbécillités et de décadence

Qui avilissent bien plus qu’elles n’élèvent :

Et que faites-vous ?

Vous arrivez plutôt ballonnés comme des baudruches

Fagotés dans vos redingotes noires

Tels des choucas autour de la même mangeoire

Vous attendez transpirant et essoufflés

Sous l’impardonnable canicule et les sempiternelles balayures

Vous bousculant autour de quelque grand blanc

Qui vous juge et vous jauge et vous tapote le crâne

Tel le bon maîmaître et ses dogues obéissants

Il vous jette de petites friandises

Que vous vous fauchez pour saisir au vol

Et pour deux sous et un sourire de lui

Vous monnayeriez même votre génitrice

Il paraît que l’on vous a appris à faire beaucoup de choses

Sous la sempiternelle canicule

A japper à frétiller de la queue et à vous rouler par terre

Après avoir appris à rouler vos r

Et quand arrive le grand blanc dans ses colonies

De chaux blanche vous barbouillez fiévreusement vos cases

Votre peuple affamé vous rassemblez le long des routes

A s’égosiller et à battre des mains

Et vos bongos vous sortez

Pour lui offrir un folklore à sa hauteur

Qu’est donc devenue la dignité africaine ?

Votre cupidité a-t-elle des limites ?

L’on me dit que vous avez même appris à téter du postérieur

Allez chanter la francité

Alors que de frayeur vous frémissez à votre national-ITÉ

Allez chanter la Marseillaise

Quand votre hymne vous la connaissez à peine

Comme j’ai honte pour vous

Honte de votre folie circulaire

Honte de votre génuflexion

L’Afrique mérite beaucoup mieux que des choucas de votre espèce

http://www.youtube.com/watch?v=fGKzUwpytws&feature=player_embedded

Côte d’Ivoire : le gouvernement des salamandres interdit le commerce des produits cosmétiques décapants : Faut-il en rire ou en pleurer ?

Affoussi avant

Affoussi avant

Affoussi après xessal

Affoussi après xessal

 

A

décapée 3décapée 4

Ouloto Avant Xessal

Ouloto Avant Xessal

Ouloto après Xessal

Ouloto après Xessal

C’est la salamandre en chef, Affoussi Bamba, notre négresse blanche, qui s’en est fait la porte-parole : la commercialisation des produits décapants sera désormais interdite en Côte d’Ivoire, parce que nuisible à la santé des utilisateurs.

Et je ne sus s’il fallait en rire ou en pleurer, tellement l’annonce était lourde de triste ironie.

Quel est le vrai motif derrière cette interdiction, est-on tenté de se demander, surtout lorsque l’on sait que depuis avril 2011, c’est la foire des rattrapés décapés et la course au « KHESS PETCH »?

Le gouvernement des salamandres est-il vraiment mû par le souci de protéger la population ivoirienne des dangers de ces produits abrasifs ?  Ou bien interdit-il ces produits parce-ce qu’il n’y en a plus assez sur le marché depuis que les rattrapés « ont gagné coupou » et qu’il préfère s’en assurer l’exclusivité?

Raymonde Goudou avant Xessal

Raymonde Goudou avant Xessal

décapée 8

décapée 9décapée 10

 

Ndri Yoman avant

Ndri Yoman avant

Yoman après xessal

Yoman après xessal

La go de Jah Gao pendant xessal

La go de Jah Gao pendant xessal

la go de jah Gao après

la go de jah Gao après

Au vu du mépris que la Dozocratie déploie depuis 2011 pour les populations ivoiriennes qu’elle torture et trucide, il est évident que c’est plutôt la seconde hypothèse qui apparaît logique.

La vérité est que nos négresses blanches, Affoussi Bamba, Kandia Camara, Raymonde Goudou et compagnie ont plutôt à cœur de protéger leur stock de « Xessal » contre la concurrence.

Depuis Avril 2011, ce n’est pas que l’inculture qui est entrée au gouvernement: C’est aussi la vulgarité !.

la 2e go de Jah Gao avant

la 2e go de Jah Gao avant

la 2e go de Jah Gao après xessal.

la 2e go de Jah Gao après xessal.

With puppies, Play-doh and coloring books, safe spaces and therapy sessions turn universities into a joke, Glenn Reynolds

One of the more amusing bits of fallout from last week’s election has been the safe-space response of many colleges and universities to the election of the “wrong” candidate. But on closer examination, this response isn’t really amusing. In fact, it’s downright mean.

Trump’s substantial victory, when most progressives expected a Hillary landslide, came as a shock to many. That shock seems to have been multiplied in academe, where few people seem to know any Trump supporters — or, at least, any Trump supporters who’ll admit to it.

The response to the shock has been to turn campuses into kindergarten. The University of Michigan Law School announced a ”post-election self-care” event with “food and play,” including “coloring sheets, play dough [sic], positive card-making, Legos and bubbles with your fellow law students.” (Embarrassed by the attention, UM Law scrubbed the announcement from its website, perhaps concerned that people would wonder if its graduates would require Legos and bubbles in the event of stressful litigation.)

Stanford emailed its students and faculty that psychological counseling was available for those experiencing “uncertainty, anger, anxiety and/or fear” following the election. So did the University of Michigan’s Flint campus.

Meanwhile, even the Ivy League wasn’t immune, with Penn (Trump’s alma mater) creating a post-election safe space with puppies and coloring books:

Student Daniel Tancredi reported that the people who attended were “fearful” about the results of the election.

“For the most part, students just hung out and ate snacks and made small talk,” Tancredi told The College Fix. “Of course, that was in addition to coloring and playing with the animals.”

At Cornell, meanwhile, students held a « Cry-in. »

As the event took place, students — roughly 20 or so, according to the Sun’s video — wrote their reactions and emotions on poster boards with colored markers, or with chalk on the ground. A chilly day on the Ithaca campus, at one point the demonstrators huddled together as what appeared to be a barista brought them warm drinks. Several adults, most likely professors, stood around the group. The event appeared to take on the atmosphere of a funeral wake.

Yale had a ”group scream.”

At Tufts, the university offered arts and crafts, while the University of Kansas reminded students that there were plenty of “therapy dogs” available.  At other schools, exams were cancelled and professors expressed their sympathy to traumatized students.

It’s easy to mock this as juvenile silliness — because, well, it is juvenile silliness of the sort documented in Frank Furedi’s What Happened To The University? But that’s not all it is. It’s also exactly what these schools purport to abhor:  An effort to marginalize and silence part of the university community.

In an email to students, the University of Michigan’s President, Mark Schlissel, wrote: “Our responsibility is to remain committed to education, discovery and intellectual honesty — and to diversity, equity and inclusion. We are at our best when we come together to engage respectfully across our ideological differences; to support ALL who feel marginalized, threatened or unwelcome; and to pursue knowledge and understanding.”

But when you treat an election in which the “wrong” candidate wins as a traumatic event on a par with the 9/11 attacks, calling for counseling and safe spaces, you’re implicitly saying that everyone who supported that “wrong” candidate is, well, unsafe. Despite the talk about diversity and inclusion, this is really sending the signal that people who supported Trump — and Trump carried the state of Michigan, so there are probably quite a few on campus — aren’t really included in acceptable campus culture. It’s not promoting diversity, it’s enforcing uniformity. It’s not promoting inclusion, it’s practicing exclusion.  And, though it pretends to be about nurturing, it’s actually about being mean to those who don’t fall in the nurtured class. Schlissel says he wants the University of Michigan to be “a welcoming place for all members of society,” but how welcome can students who backed Trump feel in the wake of this performance?

A viral (and profane) YouTube rant by Jonathan Pie points out that this sort of fear and “othering” of political opponents is why Trump won, and why Democrats were shocked by his victory.  Pie’s right to tell people that they should engage in discussion rather than dismissal of people they disagree with, and colleges and universities should listen to him.

If, that is, it’s not too triggering.

Glenn Harlan Reynolds, a University of Tennessee law professor and the author of The New School: How the Information Age Will Save American Education from Itself, is a member of USA TODAY’s Board of Contributors.

Africa Got Played by Obama, and Africans Are Eager to Turn the Obama Page, M. Frindéthié

obama-ouattara

Obama shaking hands with Ivorian dictator Ouattara

Obama’s politics—though criticized by neocons as being far below the standards of the West’s general politics and as disappointing as it can be to the most bellicose wing of the confrontational society that the West is—actually falls within the West’s politics of domination by all means, even leads the West’s politics of hegemony, which is itself supported by the belief that the West incarnates truth itself. Under Obama’s bellicose politics and drone mania, the Euro-American world has outclassed any other society known to man in its taste for iron and blood. Here, the West’s inhumanity is performed at an industrial level. America’s warmongers should not worry about Obama failing them, for he is really and truly a son of America, chosen by America to carry on America’s tradition of hubris and condescension. And Obama applies himself very well to his task. America should not be afraid of Obama’s skin complexion. His mind and his soul are entirely devoted to implementing the most violent brand of Americanism. To borrow these words from Civil Rights icon Harry Belafonte, “[Obama] has only listened to the voices that shout loudest, and it’s all those reckless rightwing forces. It’s almost criminal.”

“Almost criminal” is an understatement. We might even argue that, anxious to comfort America, keen on easing America’s fear that he might be a wrench in the works, Obama has gone far and beyond the call for proving himself, exhibiting toward African leaders the same contempt and patronizing attitude that he is shown at home by white racists. It is not America, even less the West, that Obama has disappointed. It is Africa that Obama has disillusioned. And, on June 28, 2013, as Nelson Mandela was taking his last breaths of air in a Pretoria hospital where Obama was scheduled to call on him, about 200 South African union workers and students wanted to drive home their dissatisfaction with a man upon whom Africa had placed so much unmet expectation. As deplored Khomotso Makola, a 19-year-old law student, “We had expectations of America’s first black president. Knowing Africa’s history, we expected more. He has come as a disappointment, I think Mandela too would be disappointed and feel let down.”

Rudy Giuliani laments,

I do not believe … that [Obama] loves America … He doesn’t love you, and he doesn’t love me. He wasn’t brought up the way you were brought up, through love of this country … This is an American President I’ve never seen before … I do not detect in this man the same rhetoric, the same language, the same love of America that I detect in other American Presidents, including democrats… . I have doubts about his emotion, his feelings, his attitude, and the way in which he developed.

And we are tempted to ask: in whose name do you really think Obama goes around destroying the world? In whose name has Obama condoned the destruction of Egypt, Libya, and the Côte d’Ivoire if not in the name of American exceptionalism? Have no fear, Rudy! Disown him not, for, as said David Axelrod, “Barack Obama knows who he is.” He is a proud son of America. Obama is a proud product of American exceptionalism. Obama does love America. It is rather Africa that Obama does not love. However, is one to love exclusively one part of oneself and disdain the other? Can one who is both African and American love America if, and only if, one is able to disdain Africa? As for us, we have always been wary of the Obama fever that had seized the world in 2008.

From the very first, many intellectuals of African descent had assumed that Obama would be good for Africa because of his ancestry. We had refrained from falling prey to this politics of color, though we had hoped, just for the sake of Africa, that the Obamanians would be right. Without being anti–

Obamanian, we found the circumstances of Obama’s rise to power to be too cosmetic and his campaign speeches to be too dramatically crafted to have any bearing on the real. So, we remained pessimistic. And when President Clinton remarked that “the whole thing looked like a fairy tale,” we tended to agree with him while still wishing to be proven wrong. Nevertheless, as time passed, we started wondering, among other things, whether President Obama had a perceptible African policy. We desperately looked for something concrete to point to, beyond Obama’s speeches or the exegetical exercises of Obamanians that would give us the full measure of the American President’s genuine interest in the development of the African continent. And many of the Africans who prayed for his election, who cried tears of joy at his inauguration, are also waiting to see genuine gestures of encouragement. But time is passing, Obama is now a few months to the end of his second term, and nothing positive is happening for Africa.

Of course, President Obama had given a memorable speech in Accra in July 2009, had hosted a lunch for two dozen African leaders and greeted young African “leaders” in Washington. Of course, he had honored a Zimbabwean women’s group with the Robert H. Kennedy Prize for Political Courage. Of course, as U.S. Ambassador to the United Nations, Susan Rice had trotted around Africa and, as Secretary of State, Hillary Clinton had almost toured the continent. But do these routines amount to a clear African policy? In fact, when submitted to scrutiny, Obama’s actions run counter to Obama’s declared policy for Africa, and they counter his faith in diplomacy such as that rehearsed by Secretary of State Clinton in front of the Senate ForeignRelations Committee on January 13, 2009:

The president- elect has made it clear that in the Obama administration there will be no doubt about the leading role of diplomacy. One need only look to North Korea, Iran, the Middle East and the Balkans to appreciate the absolute necessity of tough- minded, intelligent diplomacy—and the failures that result when that kind of diplomatic effort is absent …President- elect Obama has emphasized that the

State Department must be fully empowered and funded to confront multidimensional challenges—from working with allies to thwart terrorism to spreading health and prosperity in places of human suffering … We will lead with diplomacy because it’s the smart approach. But we also know that military force will sometimes be necessary, and we will rely on it to protect our people and our interests when and where needed, as a last resort.

Yet, war, which Obama has favored in several African countries as solution, is the antithesis of diplomacy. War does not spread health and prosperity in places of human suffering. And in Africa, Obama has not led by diplomacy. In Africa, Obama has been a warlike president whose bellicose politics has spread misery and suffering to the most vulnerable. It would be gravely dishonest to pretend that after the passage of Obama’s war machines in Libya, Egypt, and Côte d’Ivoire, these countries are better off than they used to be. No honest mind can say that Obama has brought democracy to Libya, Egypt, and Côte d’Ivoire or that the daily violence and human rights abuses in these countries since Obama’s intervention indicate democracy. That is why Africans cannot wait to turn the Obama page.

La libération nationale est toujours un phénomène violent, Fanon

Les damnés de la terre: De la violence

Plus qu’un écrivain, Franz Fanon (20 juillet 1925- 6 décembre 1961) est le maître à penser incontestable du courant tiers-mondiste dont il est l’un des fondateurs. Son livre Les Damnés de la Terre est un manifeste pour la lutte anticoloniale et l’émancipation du tiers-monde. Le texte qui suit est la première partie du chapitre I de ce livre, intitulé De la violence. L’auteur y montre que le processus de décolonisation ne peut aboutir s’il ne substitue pas le colonisé au colon. La violence qui préside à cette substitution est inéluctable.

Libération nationale, renaissance nationale, restitution de la nation au peuple, Commonwealth, quelles que soient les rubriques utilisées ou les formules nouvelles introduites, la décolonisation est toujours un phénomène violent. A quel­que niveau qu’on l’étudie : rencontres interindividuelles, appellations nouvelles des clubs sportifs, composition hu­maine des cocktails parties, de la police, de conseils d’admi­nistration des banques nationales ou privées, la décoloni­sation est très simplement le remplacement d’une « espèce » d’hommes par une autre « espèce » d’hommes. Sans tran­sition, il y a substitution totale, complète, absolue. Certes, on pourrait également montrer le surgissement d’une nou­velle nation, l’installation d’un État nouveau, ses relations diplomatiques, son orientation politique, économique. Mais nous avons précisément choisi de parler de cette sorte de table rase qui définit au départ toute décolonisation. Son importance inhabituelle est qu’elle constitue, dès le premier jour, la revendication minimum du colonisé. A vrai dire, la preuve du succès réside dans un panorama social changé de fond en comble. L’importance extraordinaire de ce chan­gement est qu’il est voulu, réclamé, exigé. La nécessité de ce changement existe à l’état brut, impétueux et contrai­gnant, dans la conscience et dans la vie des hommes et des femmes colonisés. Mais l’éventualité de ce changement est également vécue sous la forme d’un avenir terrifiant dans la conscience d’une autre « espèce » d’hommes et de fem­mes : les colons.

La décolonisation qui se propose de changer l’ordre du monde, est, on le voit, un programme de désordre absolu. Mais elle ne peut être le résultat dune opération magique, d’une secousse naturelle ou d’une entente à l’amiable. La décolonisation, on le sait, est un processus historique : c’est-à-dire qu’elle ne peut être comprise, qu’elle ne trouve son intelligibilité, ne devient translucide à elle-même que dans l’exacte mesure où l’on discerne le mouvement histori­cisant qui lui donne forme et contenu. La décolonisation est la rencontre de deux forces congénitalement antagonistes qui tirent précisément leur originalité de cette sorte de substantialisation que secrète et qu’alimente la situation coloniale. Leur première confrontation s’est déroulée sous le signe de la violence et leur cohabitation – plus précisément l’exploi­tation du colonisé par le colon- s’est poursuivie à grand renfort de baïonnettes et de canons. Le colon et le colonisé sont de vieilles connaissances. Et, de fait, le colon a raison quand il dit : «les » connaître. C’est le colon qui a fait et qui continue à faire le colonisé. Le colon tire sa vérité, c’est-à­-dire ses biens, du système colonial.

La décolonisation ne passe jamais inaperçue car elle porte sur l’être, elle modifie fondamentalement l’être, elle trans­forme des spectateurs écrasés d’inessentialité en acteurs privilégiés, saisis de façon quasi grandiose par le faisceau de l’histoire. Elle introduit dans l’être un rythme propre, ap­porté par les nouveaux hommes, un nouveau langage, une nouvelle humanité. La décolonisation est véritablement création d’hommes nouveaux. Mais cette création ne reçoit sa légitimité d’aucune puissance surnaturelle: la « chose » colonisée devient homme dans le processus même par lequel elle se libère.

Dans décolonisation, il y a donc exigence d’une remise en question intégrale de la situation coloniale. Sa définition peut, si on veut la décrire avec précision, tenir dans la phrase bien connue: « Les derniers seront les premiers. » La décolonisation est la vérification de cette phrase. C’est pourquoi sur le plan de la description, toute décolonisation est une réussite

Présentée dans sa nudité, la décolonisation laisse deviner à travers tous ses pores, des boulets rouges, des couteaux sanglants. Car si les derniers doivent être les premiers, ce ne peut être qu’à la suite d’un affrontement décisif et meurtrier des deux protagonistes. Cette volonté affirmée de faire re­monter les derniers en tête de file, de les faire grimper à une cadence (trop rapide, disent certains) les fameux échelons qui définissent une société organisée, ne peut triompher que si on jette dans la balance tous les moyens, y compris, bien sûr, la violence.

On ne désorganise pas une société aussi primitive soit-­elle, avec un tel programme si l’on n’est pas décidé dès le début, c’est-à-dire dès la formulation même de ce pro­gramme, à briser tous les obstacles qu’on rencontrera sur sa route. Le colonisé qui décide de réaliser ce programme, de s’en faire le moteur, est préparé de tout temps à la vio­lence. Dès sa naissance il est clair pour lui que ce monde rétréci, semé d’interdictions, ne peut être remis en question que par la violence absolue.

Le monde colonial est un monde compartimenté. Sans doute est-il superflu, sur le plan de la description, de rap­peler l’existence de villes indigènes et de villes européennes, d’écoles pour indigènes et d’écoles pour Européens, comme il est superflu de rappeler l’apartheid en Afrique du Sud. Pourtant, si nous pénétrons dans l’intimité de cette compar­timentation, nous aurons au moins le bénéfice de mettre en évidence quelques-unes des lignes de force qu’elle comporte. Cette approche du monde colonial, de son arrangement, de sa disposition géographique va nous permettre de délimiter les arêtes à partir desquelles se réorganisera la société déco­lonisée.

Le monde colonisé est un monde coupé en deux. La ligne de partage, la frontière en est indiquée par les casernes et les postes de police. Aux colonies, l’interlocuteur valable et institutionnel du colonisé, le porte-parole du colon et du ré­gime d’oppression est le gendarme ou le soldat. Dans les so­ciétés de type capitaliste, l’enseignement religieux ou laïque, la formation de réflexes moraux transmissibles de père en fils, l’honnêteté exemplaire d’ouvriers décorés après cin­quante années de bons et loyaux services, l’amour encou­ragé de l’harmonie et de la sagesse, ces formes esthétiques du respect de l’ordre établi, créent autour de l’exploité une atmosphère de soumission et d’inhibition qui allège considé­rablement la tâche des forces de l’ordre. Dans les pays capitalistes, entre l’exploité et le pouvoir s’interposent une multitude de professeurs de morale, de conseillers, de «déso­rientateurs». Dans les régions coloniales, par contre, le gendarme et le soldat, par leur présence immédiate, leurs interventions directes et fréquentes, maintiennent le contact avec le colonisé et lui conseillent, à coups de crosse ou de napalm, de ne pas bouger. On le voit, l’intermédiaire du pouvoir utilise un langage de pure violence. L’intermédiaire n’allège pas l’oppression, ne voile pas la domination. Il les expose, les manifeste avec la bonne conscience des forces de l’ordre. L’intermédiaire porte la violence dans les mai­sons et dans les cerveaux du colonisé.

La zone habitée par les colonisés n’est pas complémentaire de la zone habitée par les colons. Ces deux zones s’opposent, mais non au service d’une unité supérieure. Régies par une logique purement aristotélicienne, elles obéis­sent au principe d’exclusion réciproque : il n’y a pas de conciliation possible, l’un des termes est de trop. La ville du colon est une ville en dur, toute de pierre et de fer. C’est une ville illuminée, asphaltée, où les poubelles regorgent toujours de restes inconnus, jamais vus, même pas rêvés. Les pieds du colon ne sont jamais aperçus, sauf peut-être dans la mer, mais on n’est jamais assez proche d’eux. Des pieds protégés par des chaussures solides alors que les rues de leur ville sont nettes, lisses, sans trous, sans cailloux. La ville du colon est une ville repue, paresseuse; son ventre est plein de bonnes choses à l’état permanent. La ville du colon est une ville de Blancs, d’étrangers.

La vile du colonisé, ou du moins la ville indigène, le vil­lage nègre, la médina, la réserve est un lieu malfamé, peu­ple d’hommes malfamés. On y naît n’importe où, n’importe comment. On y meurt n’importe où, de n’importe quoi. C’est un monde sans intervalles, les hommes y sont les uns sur les autres, les cases les unes sur les autres. La ville du colonisé est une ville affamée, affamée de pain, de viande, de chaussures, de charbon, de lumière. La ville du colonisé est une ville accroupie, une vile à genoux, une ville vau­trée. C’est une vile de nègres, une ville de bicots. Le regard que le colonisé jette sur la ville du colon est un regard de luxure, un regard d’envie. Rêves de possessions. Tous les modes de possession : s’asseoir à la table du colon, coucher dans le lit du colon, avec sa femme si possible. Le colonisé est un envieux. Le colon ne l’ignore pas qui, surprenant son regard à la dérive, constate amèrement mais toujours sur le qui-vive : « Ils veulent prendre notre place. » C’est vrai, il n’y a pas un colonisé qui ne rêve au moins une fois par jour de s’installer à la place du colon.

Ce monde compartimenté, ce monde coupé en deux est habité par des espèces différentes. L’originalité du contexte colonial c’est que les réalités économiques, les inégalités, l’énorme différence des modes de vie, ne parviennent jamais a masquer les réalités humaines. Quand on aperçoit dans son immédiateté le contexte colonial, il est patent que ce qui morcelle le monde c’est d’abord le fait d’appartenir ou non à telle espèce, à telle race. Aux colonies, l’infrastructure économique est également une superstructure. La cause est conséquence : on est riche parce que blanc, on est blanc parce que riche. C’est pourquoi les analyses marxistes doivent être toujours légèrement distendues chaque fois qu’on aborde le problème colonial. Il n’y a pas jusqu’au concept de société pré-capitaliste, bien étudié par Marx, qui ne demanderait ici a être repensé. Le serf est d’une essence autre que le chevalier, mais une référence au droit divin est nécessaire pour légitimer cette différence statutaire. Aux colonies, l’étranger venu d’ailleurs s’est imposé à l’aide de ses canons et de ses machines. En dépit de la domestication réussie, malgré l’appropriation, le colon reste toujours un étranger. Ce ne sont ni les usines, ni les propriétés, ni le compte en banque qui caractérisent d’abord « la classe dirigeante ». L’espèce dirigeante est d’abord celle qui vient d’ailleurs, celle qui ne ressemble pas aux autochtones, « les autres ».

La violence qui a présidé à l’arrangement du monde colo­nial, qui a rythmé inlassablement la destruction des for­mes sociales indigènes, démoli sans restrictions les systèmes de références de l’économie, les modes d’apparence, d’habillement, sera revendiquée et assumée par le colonisé au moment où, décidant d’être l’histoire en actes, la masse colonisée s’engouffrera dans les villes interdites. Faire sauter le monde colonial est désormais une image d’action très claire, très compréhensible et pouvant être reprise par cha­cun des individus constituant le peuple colonisé. Disloquer le monde colonial ne signifie pas qu’après l’abolition des frontières on aménagera des voies de passage entre les deux zones. Détruire le monde colonial c’est ni plus ni moins abolir une zone, l’enfouir au plus profond du sol ou l’expulser du territoire.

La mise en question du monde colonial par le colonisé n’est pas une confrontation rationnelle des points de vue. Elle n’est pas un discours sur l’universel, mais l’affirmation échevelée d’une originalité posée comme absolue. Le monde colonial est un monde manichéiste. Il ne suffit pas au colon de limiter physiquement, c’est-à-dire à l’aide de sa police et de sa gendarmerie, l’espace du colonisé. Comme pour illustrer le caractère totalitaire de l’exploitation coloniale, le colon fait du colonisé une sorte de quintessence du mal (1). La société colonisée n’est pas seulement décrite comme une société sans valeurs. II ne suffit pas au colon d’affirmer que les valeurs ont déserté, ou mieux n’ont jamais habité, le monde colonisé. L’indigène est déclaré imperméable à l’éthique, absence de valeurs, mais aussi négation des valeurs. Il est, osons l’avouer, l’ennemi des valeurs. En ce sens, il est le mal absolu. Élément corrosif, détruisant tout ce qui l’approche, élément déformant, défigurant tout ce qui a trait à l’esthétique ou à la morale, dépositaire de forces maléfiques, instrument inconscient et irrécupérable de forces aveugles. Et M. Meyer pouvait dire sérieusement à l’Assemblée nationale française qu’il ne fallait pas prostituer la République en y faisant pénétrer le peuple algérien. Les valeurs, en effet, sont irréversiblement empoisonnées et infectées dès lors qu’on les met en contact avec le peuple colonisé. Les coutumes du colonisé, ses traditions, ses mythes, surtout ses mythes, sont la marque même de cette indigence, de cette dépravation constitutionnelle. C’est pourquoi il faut mettre sur le même plan le D. D. T. qui détruit les parasites, vecteurs de maladie, et la religion chrétienne qui combat dans l’œuf les hérésies, les instincts, le mal. Le recul de la fièvre jaune et les progrès de l’évangélisation font partie du même bilan. Mais les communiqués triomphants des missions renseignent en réalité sur l’importance des ferments d’aliénation introduits au sein du peuple colonisé. Je parle de la religion chrétienne, et personne n’a le droit de s’en étonner. L’Église aux colonies est une Église de Blancs, une Église d’étrangers. Elle n’appelle pas l’homme colonisé dans la voie de Dieu mais bien dans la voie du Blanc, dans la voie du maître, dans la voie de l’oppresseur. Et comme on le sait, dans cette histoire il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Parfois ce manichéisme va jusqu’au bout de sa logique et déshumanise le colonisé. A proprement parler, il l’animalise. Et, de fait, le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la vile indigène, aux hordes, à la puanteur, au pullulement, au grouillement, aux gesticulations. Le colon, quand il veut bien écrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire. L’Européen bute rarement sur les termes « images». Mais le colonisé, qui saisit le projet du colon, le procès précis qu’on lui intente, sait immédiatement à quoi l’on pense. Cette démographie galopante, ces masses hystériques, ces visages d’où toute humanité a fui, ces corps obèses qui ne ressemblent plus à rien, cette cohorte sans tête ni queue, ces enfants qui ont l’air de n’appartenir à personne, cette paresse étalée sous le soleil, ce rythme végétal, tout cela fait partie du vocabulaire colonial. Le général de Gaulle parle des « multitudes jaunes » et M. Mauriac des masses noires, brunes et jaunes qui bientôt vont déferler. Le colonisé sait tout cela et rit un bon coup chaque fois qu’il se découvre animal dans les paroles de l’autre. Car il sait qu’il n’est pas un animal. Et précisément, dans le même temps qu’il découvre son humanité, il commence à fourbir ses armes pour la faire triompher.

Dès que le colonisé commence à peser sur ses amarres, à inquiéter le colon, on lui délègue de bonnes âmes qui, dans les « Congrès de culture », lui exposent la spécificité, les richesses des valeurs occidentales. Mais chaque fois qu’il est question de valeurs occidentales il se produit, chez le colonisé, une sorte de raidissement, de tétanie musculaire. Dans la période de décolonisation, il est fait appel à la raison des colonisés. On leur propose des valeurs sûres, on leur explique abondamment que la décolonisation ne doit pas signifier régression, qu’il faut s’appuyer sur des valeurs expérimentées, solides, cotées. Or il se trouve que lorsqu’un colonisé entend un discours sur la culture occidentale, il sort sa machette ou du moins s’assure qu’elle est à portée de sa main. La violence avec laquelle s’est affirmée la suprématie des valeurs blanches, l’agressivité qui a imprégné la confrontation victorieuse de ces valeurs avec les modes de vie ou de pensée des colonisés font que, par un juste retour des choses, le colonisé ricane quand on évoque devant lui ces valeurs. Dans le contexte colonial, le colon ne s’arrête dans son travail d’éreintement du colonisé que lorsque ce dernier a reconnu à haute et intelligible voix la suprématie des valeurs blanches. Dans la période de décolonisation, la masse colonisée se moque de ces mêmes valeurs, les insulte, les vomit à pleine gorge.

Ce phénomène est d’ordinaire masqué parce que, pendant la période de décolonisation, certains intellectuels colonisés ont établi un dialogue avec la bourgeoisie du pays colonialiste. Pendant cette période, la population autochtone est perçue comme masse indistincte. Les quelques individualités indigènes que les bourgeois colonialistes ont eu l’occasion de connaître ça et là ne pèsent pas suffisamment sur cette perception immédiate pour donner naissance à des nuances. Par contre, pendant la période de libération, la bourgeoisie colonialiste cherche avec fièvre des contacts avec les « élites ». C’est avec ces élites qu’est entrepris le fameux dialogue sur les valeurs. La bourgeoisie colonialiste, quand elle enregistre l’impossibilité pour elle de maintenir sa domination sur les pays coloniaux, décide de mener un combat d’arrière-garde sur le terrain de la culture, des valeurs, des techniques, etc. Or, ce qu’il ne faut jamais perdre de vue c’est que l’immense majorité des peuples colonisés est imperméable à ces problèmes. Pour le peuple colonisé la valeur la plus essentielle, parce que la plus concrète, c’est d’abord la terre : la terre qui doit assurer le pain et, bien sûr, la dignité. Mais cette dignité n’a rien à voir avec la dignité de la « personne humaine ». Cette personne humaine idéale, il n’en a jamais entendu. Ce que le colonisé a vu sur son sol, c’est qu’on pouvait impunément l’arrêter, le frapper, l’affamer ; et aucun professeur de morale jamais, aucun curé jamais, n’est venu recevoir les coups à sa place ni partager son pain avec lui. Pour le colonisé, être moraliste c’est, très concrètement, faire taire la morgue du colon, briser sa violence étalée, en un mot l’expulser carrément du panorama. Le fameux principe qui veut que tous les hommes soient égaux trouvera son illustration aux colonies dès lors que le colonisé posera qu’il est l’égal du colon. Un pas de plus, il voudra se battre pour être plus que le colon. En fait, il a déjà décidé de remplacer le colon, de prendre sa place. Comme on le voit, c’est tout un univers matériel et moral qui s’écroule. L’intellectuel qui a, pour sa part, suivi le colonialiste sur le plan de l’universel abstrait va se battre pour que colon et colonisé puissent vivre en paix dans un monde nouveau. Mais ce qu’il ne voit pas, parce que précisément le colonialisme s’est infiltré en lui avec tous ses modes de pensée, c’est que le colon, dès lors que le contexte colonial disparaît, n’a plus d’intérêt à rester, à coexister. Ce n’est pas un hasard si, avant même toute négociation entre le gouvernement algérien et le gouvernement français, la minorité européenne dite «libérale » a déjà fait connaître sa position : elle réclame, ni plus ni moins, la double citoyenneté. C’est qu’en se cantonnant sur le plan abstrait on veut condamner le colon à effectuer un saut très concret dans l’inconnu. Disons-le, le colon sait parfaitement qu’aucune phraséologie ne se substitue au réel.

Le colonisé, donc, découvre que sa vie, sa respiration, les battements de son cœur sont les mêmes que ceux du colon. II découvre qu’une peau de colon ne vaut pas plus qu’une peau d’indigène. C’est dire que cette découverte introduit une secousse essentielle dans le monde. Toute l’assurance nouvelle et révolutionnaire du colonisé en découle. Si, en effet, ma vie a le même poids que celle du colon, son regard ne me foudroie plus, ne m’immobilise plus, sa voix ne me pétrifie plus. Je ne me trouble plus en sa présence. Pratiquement, je l’emmerde. Non seulement sa présence ne me gêne plus, mais déjà je suis en train de lui préparer de telles embuscades qu’il n’aura bientôt d’autre issue que la fuite.

Le contexte colonial, avons-nous dit, se caractérise par la dichotomie qu’il inflige au monde. La décolonisation unifie ce monde en lui enlevant par une décision radicale son hétérogénéité, en l’unifiant sur la base de la nation, quelquefois de la race. On connaît ce mot féroce des patriotes sénégalais évoquant les manœuvres de leur président Senghor : « Nous avons demandé l’africanisation des cadres, et voici que Senghor africanise les Européens.» Ce qui veut dire que le colonisé a la possibilité de percevoir dans une immédiateté absolue si la décolonisation a lieu ou non : le minimum exigé étant que les derniers deviennent les premiers.

Mais l’intellectuel colonisé apporte des variantes à cette pétition et, de fait, les motivations ne semblent pas lui manquer : cadres administratifs, cadres techniques, spécialistes. Or le colonisé interprète ces passe-droits comme autant de manœuvres de sabotage et il n’est pas rare d’entendre, ça et la, un colonisé déclarer : « Ce n’était pas la peine, alors, d’être indépendants… »

Dans les régions colonisées ou une véritable lutte de libération a été menée, où le sang du peuple a coulé et la durée de la phase armée a favorisé le reflux des intellectuels sur des bases populaires, on assiste a une véritable éradication de la superstructure puisée par ces intellectuels dans les milieux bourgeois colonialistes. Dans son monologue narcissiste, la bourgeoisie colonialiste, par l’intermédiaire de ses universitaires, avait profondément ancré en effet dans l’esprit du colonisé que les essences demeurent éternelles en dépit de toutes les erreurs imputables aux hommes. Les essences occidentales, s’entend. Le colonisé acceptait le bien-fondé de ces idées et l’on pouvait découvrir, dans un repli de son cerveau, une sentinelle vigilante chargée de défendre le socle gréco-latin. Or, il se trouve que, pendant la lutte de libération, au moment où le colonisé reprend contact avec son peuple, cette sentinelle factice est pulvérisée. Toutes les valeurs méditerranéennes, triomphe de la personne humaine, de la clarté et du Beau, deviennent des bibelots sans vie et sans couleur. Tous ces discours apparaissent comme des assemblages de mots morts. Ces valeurs qui semblaient ennoblir l’âme se révèlent inutilisables parce qu’elles ne concernent pas le combat concret dans lequel le peuple s’est engagé.

Et d’abord l’individualisme. L’intellectuel colonisé avait appris de ses maîtres que l’individu doit s’affirmer. La bourgeoisie colonialiste avait enfoncé à coups de pilon dans l’esprit du colonisé l’idée d’une société d’individus où chacun s’enferme dans sa subjectivité, où la richesse est celle de la pensée. Or, le colonisé qui aura la chance de s’enfouir dans le peuple pendant la lutte de libération va découvrir la fausseté de cette théorie. Les formes d’organisation de la lutte vont déjà lui proposer un vocabulaire inhabituel. Le frère, la sœur, le camarade sont des mots proscrits par la bourgeoisie colonialiste parce que pour elle mon frère c’est mon portefeuille, mon camarade c’est ma combine. L’intellectuel colonisé assiste, dans une sorte d’autodafé, à la destruction de toutes ses idoles l’égoïsme, la récrimination orgueilleuse, l’imbécillité infantile de celui qui veut toujours avoir le dernier mot. Cet intellectuel colonisé, atomisé par la culture colonialiste, découvrira également la consistance des assemblées de villages, la densité des commissions du peuple, l’extraordinaire fécondité des réunions de quartier et de cellule. L’affaire de chacun ne cesse plus désormais d’être l’affaire de tous parce que, concrètement, on sera tous découverts par les légionnaires, donc massacrés, ou on sera tous sauvés. Le « démerdage », cette forme athée du salut, est, dans ce contexte, prohibée.

On parle beaucoup, depuis quelque temps, de l’autocritique : mais sait-on que c’est d’abord une institution africaine ? Que ce soit dans les djemââs d’Afrique du Nord ou dans les réunions d’Afrique-Occidentale, la tradition veut que les conflits qui éclatent dans un village soient débattus en public. Autocritique en commun bien sûr, avec cependant une note d’humour parce que tout le monde est détendu, parce que nous voulons tous en dernier ressort les mêmes choses. Le calcul, les silences insolites, les arrière-pensées, l’esprit souterrain, le secret, tout cela l’intellectuel l’abandonne au fur et a mesure de sa plongée dans le peuple. Et il est vrai qu’on peut dire alors que la communauté triomphe déjà à ce niveau, qu’elle secrète sa propre lumière, sa propre raison.

(Vidéo) – Côte d’Ivoire: Silence, on démocratise à coups de matraque!

The International Criminal Court is a Plantation Court (first published in November 2011), Martial Frindéthié

President Laurent Gbagbo

Today, a great Pan-Africanist, fighter for the freedom of Africa from the shackles of neocolonialism, former Ivorian President Laurent Gbagbo, has been transferred to the International Criminal Court in The Hague after an eight-month detention in a concentration camp in northern Cote d’Ivoire. No one, not even President Gbagbo’s white captors, are really convinced of the crimes they accused him of. The truth is that President Gbagbo is being punished for daring to look the white imperialist in the eyes and tell him that the white program of rape and plundering of the African continent will only take place over his dead body. So, the “superior” men came with their “superior” morals and, with the help of those African collaborators who cannot forgive God for having made them in the color of the devil, who cannot wait to have the gates of white bliss opened to them, shackled President Gbagbo and took him to this 21st-century Plantation Court they call International Criminal Court. For indeed, apart from victimizing the victims and rewarding the victimizers, what justice has this Plantation Court allegedly created to prosecute individuals for genocide and other crimes against humanity ever really rendered to Africans? Whatever happened to President Mitterrand of France, who organized, trained, armed, and transported the perpetrators of the Rwandan genocide? Whatever happened to president Chirac of France, who orchestrated and supported the killing of tens of thousands of Lissouba’s supporters in Congo? Whatever will ever happen to presidents Chirac and then Sarkozy of France, whose military forces killed thousands of Ivorian civilians in 2004 and in 2011? I surmise that no Western leader, no matter the scale and violence of his crimes on Africans, will ever be tried in this Plantation Court system they call the International Criminal Court. President Gbagbo’s arrest, the most theatrical capture of an African freedom fighter since the capture and elimination of Patrice Lumumba, is meant to quash any African outrage about the plunder of the continent by the unscrupulous West, to serve as an example of white justice to any African nationalist opposed to the West’s predatory projects in Africa. If the so-called International Criminal Court is really looking for criminals and human rights abusers in Cote d’Ivoire, it is Alassane Dramane Ouattara, this puppet in office, whose protracted rebellion has killed more than 100,000 civilians in Cote d’Ivoire since 2002, that ought to be interpellated. For this Plantation Court called the International Criminal Court to deserve some semblance of credibility, it is Ouattara’s special police, with its daily lot of documented kidnappings, rapes, killings, and extra-judiciary assassinations, which ought to be brought to justice. This, however, will never happen, as long as Ouattara continues to enable the transfer of the Ivorian geological and agricultural resources to France. The illegal capture and incarceration of President Gbagbo in a white jail has historical precedence. Toussaint Louverture of Haiti died in a white jail. Samory Toure of West Africa died in a white jail. King Behanzin of Dahomey died in a white jail. Their crimes? They opposed the rape of Africa by the ravenous Occident. Their captures were also facilitated and applauded by some Africans. Each time an African freedom fighter is arrested by the white world and Africans applaud, each time the African continent is plundered of its natural and human resources and Africans applaud, Africans, indeed, give a standing ovation to the Gobineauian and Levy-Brhulian Aryanist theses of Black inferiority and cerebral ugliness.

Côte d’Ivoire (Ivory Coast): There is no Democracy Going on There

mkyop

The repressive regime of Côte d’Ivoire has proved yet again that for Alassane Dramane Ouattara, democracy is the least of all concerns and that power consolidation by all means necessary is what matters most.

On October 20, 2016, the social media and international TV networks relayed scenes of how, by means of tear gas, clubs, and arbitrary detentions, Ouattara’s police crushed a peaceful march organized by major opposition leaders against the autocrat’s abusive power grab. The sight of Aboudramane Sangaré (FPI), Danielle Boni Claverie (URD), Mamadou Koulibaly (Lider), Ettien Amoikon, Gnangbo Kacou, and other opposition figures being brutalized and unceremoniously tossed in the back of a police truck for opposing Ouattara’s desire to hurriedly rewrite the Ivorian constitution suggests that Côte d’Ivoire is anything but a democracy. Yet, it was in the hope of making Côte d’Ivoire a model state that in 2005 Presidents Thabo Mbeki of South Africa and Gbagbo Laurent of Cote d’Ivoire took an exceptional measure that made Ouattara a candidate to the Ivorian presidency, despite a constitution that barred him from eligibility.

Indeed, in 2002, President Laurent Gbagbo had been democratically elected for nearly two years when Côte d’Ivoire was cut in two by a rebellion led on behalf of Ouattara, who, in order to circumvent Article 35[1] of the Ivorian Constitution that made him ineligible to run for president, resorted to a coup of force. The coup failed, but the rebellion besieged the Northern half of the country, consolidated its military, economic and political control over the region, and started the business of pillaging the country’s resources with the complicity of some international speculators and politicians, especially with the support of the Chirac government in France. The major demand of the rebellion was that Ouattara’s candidacy to the presidency be allowed despite the constitutional hurdle of Article 35.

As a staunch supporter of the Ivorian Constitution, President Gbagbo refused to give in to this anti-constitutional request. In order to give the rebels’ position a boost, President Chirac of France pretexted that President Gbagbo had ordered a raid on a French military camp in Bouake, in Central Côte d’Ivoire, and consequently, Chirac ordered the total destruction of the Ivorian military air fleets. President Thabo Mbeki, who at the time of France’s aggression against Côte d’Ivoire, was in the country in his capacity as mediator in the Ivorian crisis mandated by the African Union, understood the full inference of Chirac’s involvement: France had openly taken sides with Ouattara and would stop at nothing to make him a candidate. In fact, Chirac made it even clearer when on the night of November 6-7, and on November 9, 2004, respectively from the air, on the Houphouët-Boigny and de Gaulle bridges, and on the ground of the Hotel Ivoire, the French army deliberately shot and killed scores of unarmed Ivorian youths who were peacefully protesting against the presence of French tanks in the neighborhood of the residence of the Ivorian President, Mr. Laurent Gbagbo.

So, fearing the imminent annihilation of Côte d’Ivoire by France unless Ouattara could run for election, President Mbeki urged his Ivorian counterpart to avail himself of Article 48 of the Ivorian constitution to exceptionally, and only for the upcoming elections, allow Ouattara to be a candidate. In effect, Article 48 allows the President of the Republic to take exceptional measures when the circumstances require it, that is to say, when the institutions of the republic, the independence of the nation, the integrity of its territory or the fulfillment of its international commitments are under a serious and immediate threat, and the regular functioning of the constitutional public authorities is interrupted. To take these exceptional measures required by the circumstances, the Ivorian President must inform the people after having consulted with the President of the National Assembly and the Constitutional Council. So, with Gbagbo’s authorization through Article 48 of the constitution, Ouattara was able to run an open campaign in 2010 on the entire Ivorian territory, without restriction, while in the Northern part of the country occupied by his rebellion, Gbagbo’s representatives were not allowed to promote their candidate, and on election day, reported intimidation, fraud, and ballot stuffing on behalf of Ouattara were the order of the day.

These irregularities did not get Ouattara the expected results. When on December 3, 2010, the Constitutional Council of Côte d’Ivoire proclaimed Gbagbo the winner of the elections, Nicolas Sarkozy, who by May 2007 had replaced Chirac at the Elysée, but who had vowed to carry on his predecessor’s scheme in Côte d’Ivoire, maneuvered to create a tripartite front with the United States and the United Nations against the elected Ivorian President (through Resolution 1975 of March 30, 2011) and to use then UN Ambassador Susan Rice’s words in order to have “the proper leader … put in place” at all costs, even at the cost of war. And to war the tripartite front went in Côte d’Ivoire. On April 4, France and the UN dropped their first official bombs on the Presidential Palace in Abidjan where President Gbagbo and some of his collaborators were staying. On April 11, 2011, French ground operations broke into the Palace through a tunnel linking it to the French Embassy, captured President Gbagbo and delivered him to Ouattara’s rebel forces, who later deported him to the International Criminal Court in the Hague, the Netherlands, so that Ouattara could rule uninterrupted.

Having arrived in power by way of despoliation of the Ivorian Constitution and war on the Ivorian people, having ruled in the last five years by silencing political dissent through arrests and incarceration of opposition leaders and intimidation and expropriation of the masses, Ouattara is convinced that he has license for implementing the most implausible. So, he cannot conceive that many people in Côte d’Ivoire still dare to oppose his off-the-cuff decisions and dictatorial governing methods. Ouattara cannot comprehend that the Ivorian people, who have struggled for decades to make democratic gains, refuse that he spoil those gains. He cannot fathom that democratic leaders, who were in the trenches battling for democracy in Côte d’Ivoire long before he had discovered Côte d’Ivoire only in the 1990s, refuse that he substitute a constitution that 86.53% of the electorate approved in 2000 with a constitution of his own making, tailored to keep him and his clansmen in power ad infinitum.

Ouattara, who actually knows very little about Côte d’Ivoire and the Ivorian people, does not understand how profound their determination for democracy is; he does not understand that not even severe repression can quell the Ivorian people’s resolve for freedom and democracy. Hours after they were released from Ouattara’s jail, the leaders that were arrested on Thursday, October 20, 2016, renewed their call for continued protests until Ouattara’s dictatorship is crippled. Ouattara, with all his power will not be able to prevail over the Ivorians’will.

[1] “The candidate for the presidency must…. be of Ivorian origin, born of father and mother who are also of Ivorian origin. He must never have renounced his Ivorian nationality, nor have ever claimed he was of another nationality.”

On behalf of the Ivorians of the Diaspora

Martial Frindéthié,

Professor of Francophone studies

Appalachian State University in Boone

North Carolina, USA

Portrait du Dictateur (publié le 23 octobre 2015), M. Frindéthié

Le  dictateur, qu’il soit du Nazisme ou de la Rattrapocratie,  a ce déséquilibre psychologique, qu’il est un névrosé abandonnique. Intellectuellement inculqué de la toxine de l’infériorité, il est d’abord un persécuté mental parce qu’éduqué à se désavouer, à renier ses origines, à rechercher une jouissance étrangère considérée comme un état de grâce à atteindre au prix fort d’une totale aliénation, d’un total abandon de soi.

 S’étant donc fui, ayant décampé de lui-même pour se couvrir des oripeaux de l’autre, ayant fait le grand écart par lequel il a effacé toute trace de son passé, et déchiré toute carte de son ascendance, le névrosé abandonnique, qui n’a plus de commencement dans un monde où tout est question de commencement, dans un monde où ceux-là même qui lui ont appris à s’abjurer célèbrent leurs originalités, se réjouissent de leurs spécificités culturelles, commémorent leurs nationalités acquises,  le névrosé abandonnique, haïssant ceux qui lui rappellent son esclavage mental, ne rêve en permanence que de devenir un persécuteur.

Aussi, le dictateur, ce névrosé abandonnique, qui, pour se hisser au pouvoir, a massacré femmes et enfants et balafré constitutions, est habité d’une fébrilité qui n’a d’égale mesure que sa propension à la sédition. Chez le névrosé abandonnique, tout songe, toute imagination, toute insinuation, a valeur épiphanique. Ses anxiétés, c’est sur les autres que le dictateur, le névrosé, l’abandonnique les condense et les transfère. Sa vision déformée du monde ne lui donne à voir que des ennemis et des conspirations autour de lui. Et pour s’en protéger, il suit ses pulsions et massacre davantage. Et plus il massacre, plus il se sent vulnérable, s’entoure de neuf armées de défense,  transforme son palais en terrier où aucune chambre ne sert deux fois de suite, ne dort que d’un sommeil vaporeux, ou s’exile dans un ailleurs où il espère exister.

Le dictateur, ce névrosé abandonnique n’a ni ami ni collaborateur. Lui seul décide et insiste que l’on lui obéisse. Ses décisions impromptues et farfelues ont force de loi. . Derrière la fausse vitrine de démocratie, le névrosé abandonnique s’achète la loyauté politique en utilisant les ressources de l’Etat. Ceux qu’il ne peut pas acheter, il les convainc avec les muscles de l’Etat.

QUAND SIDIKI BAKABA TEMOIGNE – COMMENT IL S’EST RETROUVE À LA RESIDENCE

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Par Serge Alain Koffi

L’acteur et cinéaste ivoirien, Sidiki Bakaba (67 ans), a comparu mercredi au tribunal de grande instance de Paris après qu’une information judiciaire a été ouverte contre lui pour meurtre, menaces de mort, complicité de violence, voies de fait, et atteinte à la liberté individuelle, à la demande du gouvernement de Côte d’Ivoire.

“Je n’ai été ni inculpé ni mis en examen’’ après l’audition qui a duré “de 13H30 à 18H30’’, a dit Sidiki Bakaba, joint depuis Abidjan par Alerte Info.

En exil en France depuis cinq ans, Sidiki Bakaba est poursuivi pour des faits survenus en 2011 en pleine crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Il était le Directeur général du Palais de la culture à Abidjan.

Il est également accusé d’avoir proféré pendant la même crise des menaces de mort à l’encontre de Joël N’Guessan, actuel porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), le parti présidentiel.

L’acteur et cinéaste dit avoir été entendu en présence de son avocat et d’ “un juge venu de Côte d’Ivoire’’.

Malgré cette assignation en justice, il assure n’avoir “aucune rancœur contre’’ le pouvoir d’Abidjan.

Alerte info/Connectionivoirienne.net

QUAND SIDIKI BAKABA TEMOIGNE – COMMENT IL S’EST RETROUVE À LA RESIDENCE

« Je n’avais pas forcément l’intention de faire un film sur la crise postélectorale. Contrairement à ce qu’une légende bien orientée prétend, je ne suis pas allé sur le front avec l’intention de me battre arme au poing. C’est le front qui est venu vers moi ! Ma maison se trouve dans le pourtour présidentiel, à quelques minutes à pied de la Résidence présidentielle. Progressivement, les bruits de guerre se sont rapprochés. Un jour, je me réveille, et je vois devant mon domicile quelques centaines de jeunes combattants loyalistes. Ils m’expliquent qu’Abidjan est divisée, et que seuls les combattants sont dans la rue. Ils se reconnaissent par des noms de code bien spéciaux. Les uns, c’est « ami ami », les autres c’est « miaou miaou ».

Bref, ils m’expliquent que je ne peux pas sortir seul même pour acheter du pain. Et ils me proposent de m’escorter, de me protéger d’une certaine manière. J’écoute ces jeunes soldats, qui sont mes compagnons par la force des choses. Et il me semble que je retrouve dans leur bouche les mêmes mots que ceux des jeunes qui, les mains nues, ont affronté les chars français en novembre 2004. Sauf que là, ils sont armés. Ils disent qu’ils sont prêts à mourir… Ils répètent : « Nous voulons libérer la Côte d’Ivoire, nous voulons libérer l’Afrique. L’indépendance que vous, nos oncles, avez eue, elle n’est pas réelle. Nous avons la mémoire de 2004. Cette fois, cela ne se passera pas comme ça, ils ne nous trouveront pas les mains nues ». La phrase « il faut libérer l’Afrique » crée une résonance en moi. Nous l’avions prononcée il y a longtemps, quand j’étais jeune, quand nous commencions à remettre en cause les indépendances dans nos pays. Je suis donc allé voir, sentir, et pourquoi pas témoigner de ce qui apparaissait déjà comme un remake de novembre 2004 ».

VIVRE L’HISTOIRE

« Je ne voulais pas travailler à partir de ce qui a été écrit ou raconté par d’autres, mais vivre cette histoire-là, à l’endroit où je me trouvais. Comme les équipes de la chaîne de télévision franco-allemande Arte ont filmé la descente sanglante des FRCI à Abidjan, moi, je filmais ce qui est très vite apparue comme une résistance « héroïque » : quelques centaines de combattants qui font face aux assauts répétés d’adversaires soutenus logistiquement par l’armée française et par l’ONUCI. Mais qui, systématiquement, battent en retraite, perdent des hommes en masse, s’enfuient en laissant des liasses de faux billets offerts par leurs commanditaires poli- tiques – un mensonge fondamental qui explique sans doute aujourd’hui les actes de sabotage économique et de pillage forcené des FRCI.
Moi, qui ne peux plus dormir chez moi dans ce contexte explosif, filme également le petit monde qui s’est aggloméré autour de Laurent Gbagbo à la Résidence, préparé à partager une destinée tragique. Je vois arriver là les généraux Philippe Mangou (chef d’état-major des Armées) et Edouard Tiapé Kassaraté (patron de la gendarmerie). Des généraux que la rumeur accuse déjà de trahison. Très vite, Laurent Gbagbo nous éconduit, le cameraman de la RTI et moi. « Nous avons à nous dire des choses qui ne se disent pas devant les caméras », explique le chef de l’Etat. (…)

LES BOMBARDEMENTS SUR LA RESIDENCE

« À partir du 7 avril, les attaques des hélicos se sont intensifiées. On était obligés de se réfugier au sous-sol. Le 9 avril, la dégradation s’est accélérée. La bibliothèque de la Résidence a pris feu, contaminée en quelque sorte par des voitures qui se trouvaient dans la cour et qui, bombardées, avaient explosé littéralement.
Le vendredi, le bureau du président a été mitraillé au moment où il venait d’y entrer pour travailler un peu, comme si ses ennemis maîtrisaient ses mouvements. Miraculeusement, Gbagbo s’en sort, et retourne au sous-sol.

QUAND UN HELICO LE VISE

Le dimanche 10 avril, en milieu d’après-midi, l’amiral Vagba Faussignaux annonce que les forces internationales vont venir chercher l’ambassadeur d’Israël, et demande aux soldats de ne pas tirer sur leurs hélicos. Il est 16h40. Très rapidement, une intense campagne de bombardements – la plus terrible ! – est engagée. Et moi qui me trouve dans la cour, au niveau de la guérite, à l’entrée de la Résidence, je suis pris pour cible, contrairement à un canon bitube, qui ne se trouve pas trop loin. Une caméra accusatrice est sans doute une arme lourde bien plus menaçante… Je sens quelque chose d’animal.

Je me dis : « Cet hélico va me tirer dessus ». Je rentre dans le poste de contrôle. Je me couche par terre, et le mur s’effondre. Je suis comme projeté en l’air. Je retombe par terre. Je psalmodie. « Il n’y a de Dieu que Dieu ». Trois fois. Je me lève : une de mes jambes ne répond plus. Je sautille. Je me traîne jusqu’à l’infirmerie. Mon sang gicle de partout. Ils essaient de me soigner. Mais mon instinct de survie me pousse à ramper jusqu’au bâtiment principal. Je veux aller y mourir dignement.

Là-bas, les médecins commencent à m’inciser avec des rasoirs, sans anesthésie. Ils sortent des éclats d’obus tout noirs de mon corps. C’est atroce. J’ai des moments de perte de connaissance. Et des fois je reprends connaissance. Je dis des choses, je les chante. Je répète que cette indépendance réelle, dont ces jeunes qui sacrifient leurs vies rêvent, deviendra réalité un jour. A titre personnel, je suis persuadé que je vais mourir. Des rideaux brûlent. Les personnes les plus religieuses parmi nous semblent partagées entre transe et peur.

Je sens que c’est fini, avec la force des explosions. J’accepte le principe de ma mort. Je me dis que j’ai atteint plus de 60 ans, sur un continent où l’espérance de vie est de moins de 50 ans. Je n’ai ni le sentiment d’être un héros ni celui d’être un lâche, mais un homme qui meurt dignement ».

LE FAMEUX 11 AVRIL

Le lundi 11, les bombardements ont repris avec une force inédite. Trente chars français et six hélicos. Ce sont les chars qui détruisent le portail d’entrée à la Résidence. Les hélicos crachent leur déluge de flammes… et le sous-sol prend feu à nouveau. On veut remonter par la buanderie. Mais un commandant de l’armée nous dit que si on le fait, ils vont nous canarder. Nous sommes coincés dans un tunnel. Avec le chef de l’Etat, son épouse, les ministres. Il n’y a pas d’issue de secours.

Le portail de secours est bloqué. Celui qui en avait les clés a disparu. Avec les clés. Notre seul choix : mourir canardés ou asphyxiés. Pendant près de trente minutes, le commandant mitraille ce portail. Il réussit à le défoncer. Nous cachons le chef de l’Etat dans un endroit pas loin de la bibliothèque. C’est à ce moment-là que Désiré Tagro appelle les Français pour demander l’arrêt des tirs. On lui remet un drapeau blanc pour qu’il sorte négocier. Quand il sort, on lui tire dessus. Il revient pour dire au chef de l’Etat : « ils vont nous tuer ».

Cinq minutes après, des rebelles pénètrent dans la Résidence. »Le carnaval de violence commence, malgré le fait qu’Hervé Touré dit « Vétcho », s’oppose à l’assassinat des civils. Des personnes ont été tuées au rez-de-chaussée. Des coups de kalach, des coups de couteau, des balles dans les fesses… Les nouveaux “prisonniers”, y compris les religieux, mis entièrement nus, sans le moindre cache-sexe, doivent chanter, “On va installer ADO”. Certaines personnes sont mitraillées dans la cour. Et tombent. Mortes ? très probablement.

Les autres n’ont pas le temps de voir s’ils sont récupérables. Un homme filme sans relâche ce spectacle macabre. C’est un militaire français, un Blanc, le seul qui est franchement visible aux côtés des FRCI, qui est descendu des chars avec eux. Ce sont ses images à lui qui seront présentées par le ministre de la Défense française, Gérard Longuet, comme ayant été prises par la troupe d’Alassane Ouattara.

SAUVE PAR PAUL MADYS ET UN MILITAIRE FRANÇAIS

Quand je reprends conscience avant de m’évanouir à nouveau quelques temps après – je suis face à trois personnes, habillées en treillis. Chacune est coiffée d’un bonnet et d’une plume sur la tête. L’un d’entre eux dit, comme dans une scène de western : “Ah ! Sidiki Bakaba, toujours fidèle ! Fidèle jusqu’au bout ! Moi, j’aime les gens fidèles !” Il a un drôle de sourire aux lèvres. Il informe une personne par téléphone et par talkie walkie, de la présence du premier directeur général du Palais de la Culture d’Abidjan. “Au moins, il me connaît”, me dis je. Le plus jeune des trois hommes en treillis dévisage le “kôrô” mal en point, incapable de se défendre, à l’article de la mort. Il m’insulte en malinké, soulève la crosse de sa kazakh, me donne un violent coup sur la tête, puis en plein dans l’arcade sourcilière, me promettant de me bousiller un oeil. Malgré mon état, je sens une agression terrible. Il me prend ma montre et un talisman en argent. Il ne me reste que le chapelet de ma mère. Je retombe dans les pommes. Après avoir entendu dire : “On l’a attrapé, on le tient maintenant, Gbagbo.”

Quand je me réveille, je suis dans une brousse que je ne parviens pas à distinguer. En réalité, nous nous trouvons à proximité de le brigade de gendarmerie en contrebas de la résidence de Madame Thérèse Houphouët-Boigny avec d’autres blessés considérés comme trop amochés pour arriver à l’hôtel du Golf, où les caméras des journalistes de la presse internationale sont déjà allumées. Il est donc question, pour l’armée de Ouattara, de nous achever là. Mais les FRCI se heurtent au refus des soldats français. Derrière nous, il y a plusieurs soldats des FRCI avec des kazakhs qui nous promettent une mort certaine.

En face de moi, je vois trois silhouettes de militaires français, qui semblent s’opposer. À ma gauche, le chanteur Paul Madys. Avec toute son énergie, il est en train de plaider pour nous auprès des soldats français. Il dit : “On vous demande pardon, ne nous laissez pas. Ceux qui sont derrière, là, vont nous tuer.” En désespoir de cause, il offre sa vie pour la mienne. Il me regarde et dit aux soldats français : “Celui-là, vous ne pouvez pas le laisser. Prenez-le et laissez-moi, je vais mourir à sa place.” À ces mots, entre la vie et la mort, je ressens une sorte de “bouffée”, un “élan de foi en l’homme”. “C’était le contraire de l’inhumanité, de la violence que m’avait infligée le “blakoro” des FRCI à la résidence présidentielle. Dans cette Côte d’Ivoire, à ce moment-là, un homme, un frère, qui n’avait rien d’un mandingue, qui avait au moins vingt ans de moins que moi, donnait sa vie pour moi…” Alors que ses collègues veulent s’en aller, promettant aux blessés agglutinés là que l’ONUCI viendra les chercher, un militaire français fait le tour de son visage de son doigt, regarde Paul Madys dans les yeux et lui fait le serment de ne pas les abandonner, quand bien même ses collègues le feraient.

Il se débrouille pour trouver un char pour conduire les blessés au CHU de Cocody. (…) “Pour la première fois depuis longtemps, je ressens de la fraîcheur, je me sens bien, je perds connaissance.”À son réveil, je suis dans un tout autre décor. J’ouvre les yeux, je suis dans un hôpital. Les gens qui s’occupent de moi représentent l’espoir. Le médecin est akan, il y a là un gars de l’ouest, là une femme du Nord. Des fois, ils vont jusqu’à me prodiguer quatre heures de soin. Comme pour symboliser une Côte d’Ivoire unie par-dessus tout. Si j’étais mort dans cet hôpital, je serais parti avec cette image-là de mon pays, tout en me souvenant que celui qui a failli m’achever de ses coups de crosse sur le crâne était du nord.”

Au Chu, l’inquiétude règne. Et pour cause : les FRCI viennent enlever les malades pour les achever. Ceux qui le peuvent s’enfuient, avec la force qui leur reste. Je ne peux pas bouger. Une rumeur opportune, sans doute suscitée par ses protecteurs hospitaliers, me tient pour mort.Mais je vis. Dans le secret, mon épouse Ayala, qui se trouve en France, engage des démarches auprès du HCR à Paris, qui contacte la cellule africaine de l’Élysée, qui ne peut plus dire qu’elle ne savait pas. Nos polices d’assurance permettent une évacuation sanitaire. Mais ma femme doit rédiger, au travers de l’ambassadeur Ally Coulibaly à Paris, une lettre affirmant que son époux sort du pays en tant que Français et non en tant qu’Ivoirien.

Arrivé à l’aéroport dans une ambulance, je me déplace en fauteuil roulant. A ma vue, la petite foule des voyageurs et du personnel en service fond en larmes. « Mon Dieu ! On nous a dit que vous étiez mort ! », crient certains. Je m’engouffre dans l’avion, rempli à 70% de militaires français rentrant au pays, leur «mission» accomplie. Marqué par la haine selon son expression, je me prépare à de longs mois de soins et de rééducation.

POURQUOI IL NE RENIE PAS GBAGBO

Je retiens qu’aux derniers moments avant son arrestation, il m’aura vu. L’ami est l’ami, dans ma culture. Aujourd’hui qu’il est dans une situation difficile, je ne crache pas sur Gbagbo. Il a certes des défauts, mais il n’est pas le monstre qu’on dépeint. Je n’aurais pas composé avec un monstre. Il y a une sagesse qui dit chez nous « le fou de quelqu’un ici est le sage de quelqu’un ailleurs ».

L’homme que je connais est un homme qui m’a respecté, qui a respecté mes créations même s’il n’en a pas toujours fait une promotion à la mesure de ce que j’attendais. Je retiens qu’il m’a respecté, qu’il a respecté mon travail en se refusant à interférer, et c’est très important pour un homme de culture soninkée. Je pense que ces derniers jours là, il a dû penser aux petites anecdotes que je lui rappelais quand on avait l’occasion d’avoir des moments d’intimité.

Comme celle du rapport entre Samory, le dernier empereur résistant face à la pénétration coloniale, avec son ami et aîné Morifindian Diabaté, griot, mémoire vivante du pays et capitaine. Quand Samory a été arrêté à Guélémou en Côte d’Ivoire, Diabaté a proposé d’aller avec lui en prison. Les Français ont dit « non », et sont allés avec Samory au Gabon. Plusieurs mois plus tard, Morifindian est arrivé au Gabon par ses propres moyens. Ils se sont parlé, se sont rappelé les moments de gloire et les moments tristes. Quand Samory est mort, Diabaté l’a enterré.

Les Français lui ont proposé de le ramener en Côte d’Ivoire. Il a refusé. Il a creusé sa propre tombe à côté de celle de Samory. Et il leur a dit : « Quand je mourrai, vous m’enterrerez ici ». Et ses dernières volontés ont été respectées. Ce n’est qu’à la fin de son règne que Sékou Touré a ramené leurs cendres dans leur terroir ancestral mandingue, en Guinée. Ce n’est pas leurs faits de guerre, leur gloire, qui ont alors été célébrés, mais leur serment d’amitié, la valeur du serment d’amitié.

Là où il est, peut-être mon grand-frère se dira que je ne suis pas Louis Sépulvéda, romancier et compagnon de route d’Allende jusqu’à sa fin tragique au palais de la Moneda. Je ne suis pas Morifindian Diabaté, mais je suis Sidiki Bakaba avec mon histoire. Ceux qui racontent que j’ai combattu les armes à la main doivent savoir que je ne suis pas André Malraux qui s’est engagé et s’est battu dans un avion militaire contre le franquisme en Espagne. Il l’a fait par conviction. Il n’a pas été diabolisé pour autant. De Gaulle en a fait son ministre de la Culture. Moi, Sidiki Bakaba, j’attends mon De Gaulle »

in Le Nouveau Courrier du 21 Juin 2011

Warifatchê, wari bémi? Terrorisme économique au dramanistan

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Que sont devenus les griots du « ado pissanci ! ado warifatchê ! ado solution ! » ? Que sont devenues les clameurs moutonnières des premières heures? Silence total ! Plus aucune darbouka, plus aucun grelot ne se fait entendre au dramanistan. La désillusion est absolue. Le warifatchê ne sait plus où trouver de l’argent. Pissanci n’a plus de solutions.

Si je n’étais convaincu de la stupide arrogance de nos démocrates pickpockets, je leur aurais conseillé d’aller voir Gbagbo à la Haye, pour lui demander comment il a su maintenir la Côte d’Ivoire debout, au travail et prospère, et ceci en pleine guerre, et avec seulement la moitié des ressources du pays. Je sais que Gbagbo, qui aime profondément la Côte d’Ivoire, leur aurait donné volontiers des cours de gestion pour trouver solution à la descente aux enfers de la Côte d’Ivoire.

Ainsi donc, toutes ces déclarations pompeuses n’étaient que mensonges ? Ainsi donc, le carnet d’adresses du warifatchê ne contenait-il que des noms de créanciers ?

Après s’être gorgés abondamment du fruit du travail des Ivoiriens, le mythomane et sa smalah de corrompus ont un réveil brutal : les caisses du dramanistan sont vides de chez vide. Et aussi vrai que le schibboleth des kleptocraties est de voler l’argent du peuple puis de passer la note de remboursement aux contribuables, les rattrapés ont pris sur eux de secouer les Ivoiriens la tête en bas jusqu’à ce que tombe de leurs poches leur tout dernier centime.

Plus question pour les kleptocrates de payer leurs dettes aux fournisseurs de l’Etat. L’excuse ? En plus d’être élevées, les factures datent de mathusalem. Les enseignants peuvent oublier leurs arriérés de primes. L’explication ? Ils n’ont pas d’armes, et au dramanistan, seuls les interlocuteurs armés sont écoutés. Les automobilistes devront renouveler leurs permis de conduire tous les 2 ans. Et pourquoi ? Il faut bien, par des mesures ubuesques, renflouer les caisses vidées par les kleptocrates du dramanistan. Les voyageurs descendant à l’aéroport Félix Houphouët Boigny se feront fouiller, palper et tripoter comme de vulgaires criminels ; car au dramanistan, comme le justifie si bien le porte-parole du gouvernement du dramanistan, le volubile Koné Bruno, personne, à part les kleptocrates de la République bananière, n’a besoin de plus d’un caleçon, de plus d’une paire de chaussures, de plus d’une robe, de plus d’un costume, ou de plus d’un jouet. Tout ce qui rentre en double au dramanistan doit être sévèrement taxé.

Waribana ! Après le vuvuzéla et les détournements en masse, voici venue l’heure du bilan : Les caisses sont vides, vidées par nos kleptocrates, et le peuple doit payer; payer par des licenciements, payer par des rackets, payer par des factures élevées, payer par des expropriations et reventes aux plus offrants de terrains. Et gare à quiconque osera dire qu’au dramanistan, « rien ne va plus » ; car au dramanistan, tout peut manquer, mais pas les dozos, les frères cissé et les camps de concentration.

Le bonimenteur avait dit au Ivoiriens qu’il savait où trouver de l’argent ; sésééééééé, c’est dans leurs poches qu’il pensait allait le chercher. La seule vérité que le mythomane ait jamais dite, c’est qu’il « rendra la Côte d’Ivoire ingouvernable ». Avec ses microbes, ses deals passés avec les terroristes et les dozos pour cultiver la peur et détourner les débats, avec ses répressions armées, avec sa paupérisation de la population, avec son démantèlement de l’éducation, avec sa culture de l’antiintellectualisme et des licenciements abusifs, le mythomane a bien rendu la Côte d’Ivoire ingouvernable.

Mais ce qui est encore pire dans cette affaire, c’est la surdité, le mutisme, et l’aveuglement permanents des « associations de consommateurs », qui, au temps où la parole était libérée, ruaient dans les brancards, descendaient dans la rue et ordonnaient des boycotts au gré de leurs humeurs.

Here We Are, 50 Years After Frantz Fanon (January 8, 2011), M. Frindéthié

While it is convenient for critics to list a catalog of woes plaguing the African continent, it would also be fair to investigate the enabling factors of these woes. Far from a witch-hunting program, African modern slaves in three-piece suits and shining shoes ought to be identified, denounced, and shamed for what they are: enablers and perpetuators of the Occidental domination of Africa. This conversation should be an integral part of Africa’s search for solutions to its problems. Just as collaborators of the Nazi system were denounced and shamed, just as traitors of the French Resistance were exposed and humiliated, just as insider black infiltrators working on behalf of the South African apartheid system were indexed for who they were when discovered, Africa’s traitors working under the cover of globalization ought to feel the pressure of shame and disgrace, for their crimes are no lighter, no more excusable than those of the black sovereigns and merchants who built their fortunes on the slave trade. The moral affliction of the abandonment-neurotic black elites that work for the perpetuation of the Occidental system of domination is no longer a personal matter when it undermines the future of a whole continent. Furthermore, this neurosis is far from discriminating on the basis of age. Age has nothing to do with it, as the younger minds could be as corruptible, if not more cowardly, than the older ones. If time is irrelevant, space is even less relevant when it comes to the affliction that keeps the black leaders psychologically trapped in slavery.

What is Brexit to Africa? Frindéthié

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For Africa, the United Kingdom’s leaving the European Union forebodes the rupture of the greatest rapacious coalition ever put together against the Black Continent, and, thus, announces a chance for Africa, to start recapturing its lost independence. Indeed, while the West has thriven in consolidating itself and inflating its political and economic influence since the collapse of the Soviet Union through a number of integrative structures, the West, given the slightest chance, has, at the same time, spared no effort to slice Africa in pieces, to balkanize the continent, to impede any chance at Africa’s political and economic unification. Evidence 1: The outcome of the 1885 Berlin Conference. Evidence 101: President Obama’s successful push for the balkanization of Sudan. Thus, a broken, divided, balkanized, flattened and weak Africa has been coerced into accepting the biased financial terms of a fused, gargantuan European Union with a crushing power and the morality of a snake oil salesman. Brexit prophesies the coming of an era when Africa will be able to negotiate on equal footing with individual European nations, this time, not uncontrollably powerful, not overwhelmingly unfair, not devastatingly destructive, not dreadfully greedy, because, this time no longer into a coalition of the most rapacious nations. The United Kingdom’s leaving the European Union announces the end of the European Union; a union that for Africa has been unambiguously destructive.

La leçon de Francis Wodié: « On ne parle pas la bouche pleine », Frindéthié

On ne parle pas la bouche pleine

Il n’y a que dans les républiques bananières que les fonctionnaires de l’Etat se retrouvent milliardaires. Le professeur Francis Wodié a décidé de se taire à jamais. Ayant soutenu le coup d’Etat de dramane contre la Côte d’Ivoire, Wodié, qui sait que l’on ne parle pas la bouche pleine, est resté muet, occupé qu’il était à mâcher ce que pouvait lui acheter l’argent de l’indignité. Et quand la provision s’amenuisa et que Wodié, la bouche désormais sèche, décida de parler, dramane comprit le chantage et la lui remplit de plus belle. Wodié est occupé à mâcher, et il est très bien élevé pour savoir que l’on ne parle pas la bouche pleine. C’est cela la sagesse de notre magistrat. Ferme-la, mon cher Wodié, et laisse tes molaires s’écraser sur la ripaille de l’indignité. Au moins tu nous auras appris qu’on ne parle pas la bouche pleine … pendant que la Côte d’Ivoire va dans le mur.

Sur le même sujet: https://frindethie.wordpress.com/2015/07/27/le-silence-coupable-de-wodie-m-frindethie/

From Colonization to Globalization: Difference or Repetition? Martial Frindethie

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. . . since the collapse of the USSR, the dynamics of empire has changed. The World is now more multipolar and mercantile, with China and Europe emerging to compete against the US. Empire is more driven by multinational corporations, whose interests transcend those of any particular nation-state.
STEVEN HIATT— »Global Empire: The Web of Control, » A Game As Old as Empire

Crisis as Possibility or Globalization à la française 
General Charles de Gaulle, this most beloved French president and iconic figure of French resistance and morality, once formulated an aphorism whose hideous veracity is only equaled by the unscrupulous zeal with which France put it into practice throughout history. « France, » he said, « has no friends, but only interests. » This Gaullist maxim, which foreboded an unchanged paradigm of philosophical disinformation, economic strangulation, military persecution, and political destabilization, if it has proven factual over time and has helped France accumulate a colossal fortune to the detriment of its former colonies, is today being challenged by most French-speaking African countries. Perhaps, the most powerful counter-hegemonic social movement of the twenty first century witnessed in French Africa is the resistance movement that has been taking place in Côte d’Ivoire since 2002. Sidiki Bakaba, an Ivorian filmmaker, has documented it in his Bare-handed Victory.1 It is a mobilization and struggle against French neocolonial agenda disguised under the coat of globalization. The objective of this polymorphous resistance movement is to unveil and defeat France’s imperial economic and political scheme wherever it will manifest itself in Côte d’Ivoire and under whichever form it will hide. Côte d’Ivoire, the Ivorian patriotes often chant, will be the graveyard of France’s deceitful policy in its former colonies. What they mean is that, at least in Côte d’Ivoire, they are determined to put an end to the French arsonist policy by which France has historically schemed to set multiple fires in Africa in order to hire itself as emergency management agency via the United Nations and the world financial institutions.

THE LOGIC OF FRENCH INTERVENTIONS IN AFRICA 
No matter under which form they come into view, the various French interventions in Africa have never had a philanthropic thrust. French intrusions in Africa have always been driven by logic of maximum wealth through minimum or no effort. Historically, the French Republic has seldom won a war. In fact, the French have systematically lost most wars, even the ones that they confidently declared on their neighbors; and each time France was defeated, it turned to Africa or to the Caribbean with the most destructive designs to assuage its bruised ego and to rebuild its broken finances. An understanding of the French policy in Africa—and the Caribbean—whereby in moments of political and financial distress at home crises are implemented abroad as possibility for Hexagonal improvement could inform a discussion of the contemporary stance against France’s brand of globalization in Africa in general, and in Côte d’Ivoire in particular.

In 1871, in the aftermath of the Franco-Prussian War, a war that France declared and seemed so confident to win on its Prussian neighbor, France emerged a broken and demoralized nation with a diminished territory, a poor economy, and an injured reputation. The German Alliance had just defeated France, annexed its territories of Alsace and Lorraine, and handed the French government a reparation invoice the equivalent of one billion dollars to be paid within three-year. Despite its drained reserves, France managed to acquit itself of the enormous bill long before the scheduled deadline. France’s alacrity to make good on the German humiliating tab would have seemed a casual occurrence if almost fifty years before this event, a less powerful country, Algeria, asking that France reimbursed a loan it had owed for too long, had not paid a heavy cost for its impertinence. In fact, the immediate economic outcome of the 1789 French Revolution was catastrophic. Agricultural methods in France had remained archaic. Unlike British farmers, for instance, French farmers had not been able to develop large agricultural exploitations to sustain the local markets and bring in much-needed revenues. The small farms could hardly feed the French populations, and the price of grain and firewood had skyrocketed; bread, the quintessential French food, was being rationed. France was on the verge of famine, and an even more dangerous prospect was developing: Napoleon’s hungry armies in Italy and Spain were getting irritable, and a mutiny could break any time. Subsequently, France turned to two Algerian commercial houses, Bacri and Busnach, for a loan in money and grains in order to remedy the country’s hardship. However, Bacri and Busnach, too, owed some money to the Algerian sovereign, Dey Kodja Hussein, and they were waiting for France to honor its tab, so they could settle their debt with the Dey. In 1815, by the end of the Napoleonic failed war, France’s debt to Algeria was about 18 million francs. Perhaps the merchants had asked Dey Hussein to recover the money from French authorities on their behalf, so that they could also settle their debts with him. Whatever the case, Dey Hussein grew impatient with France’s tergiversations. In 1827, during a heated argument with Pierre Deval, the French consul in Algeria about France’s long-due balance, the Dey’s flywhisk flew in the face of the French consul. King Charles X, who was not very eager to pay off his delinquent debt to Algeria, seized this occasion to protest what he perceived in the Dey’s gesture as lack of respect for the French Crown. Despite Dey Hussein’s explanation that his gesture was in response to Pierre Deval’s personal insult to him, and not a condescension directed at the king of France, 600 French ships landed 37,000 troops in Algeria on June 14, 1830. The French soldiers engaged in the most despicable acts of religious vandalism and human right abuses. They raided mosques and transformed them in cathedrals. They destroyed private properties; they raped women, and executed hundreds of Algerians. Less than a month later, on July 5, the French deposed Dey Hussein. By February 1831, Algeria became effectively a French settlement colony, and French authorities invited 4500 French colonists to farm the fertile coastal lands of Algeria.2 The French occupation of Algeria was not easy, nonetheless. Until 1962, the Algerians resisted the French. Finally, in 1962, the Algerians handed the French one of their most humiliating defeats in history. Germany of 1870 was not 1830’s Algeria. France understood that it was not in its interest to delay its obligation toward the Germans. So, France paid its debt promptly and spent the ensuing years ruminating its defeat and thinking of ways to brighten its tarnished image in Europe. Many social engineers suggested that France should concentrate its efforts overseas and build itself an empire that would both replenish its depleted coffers and extend to « inferior » races its ideals of civilization.

France, it should be noted, had been present in Africa as early as 1642 and had actively participated in the slave trade that sold more than 28 millions Africans in Europe and in the Americas between 1650 and 1900. At that time, the purpose was clearly economic, and no one spoke of extending French « superior » civilization to the « inferior » races of Africa. In the later years of the 1800, however, the climate was no longer the same. By 1804 Denmark initiated an abolitionist wave that started to sweep Europe and America. In 1848, France reluctantly abolished the official practice of slave trade. Among the people who had expressed disapproval of the slave trade, was Olaudah Equiano, a former slave. Equiano was also a former slave owner who had understood that slavery could only be stopped if there could be an incentive for not practicing it. So, he tried to convince slave owners that slave trade was depleting Africa of potential consumers of European goods, and he urged Europeans to turn instead to disseminating European civilization to Africa, as they exploited the many African raw materials from which slave trade had distracted them.3 The functioning semantic pair was thus launched, commerce and civilization, which would henceforth be seized on as determining the scope of France’s—and European—new globalizing efforts in Africa. Taking Equiano’s suggestions to globalize otherwise at heart, European countries raced for the riches of Africa. Ivory, gold, timber, cocoa, coffee, rubber, palm oil, nuts, and tropical fruits, and not slaves—even though some « lawbreakers » were still trading in slaves, for seventy years went by between the Danes’ abolition of slavery in 1792 and the effective stop of slave importation to Europe4— became the new commodities that brought huge profits to European markets. By the late 1800, Africa became so crowded with European fortune seekers that conflicts became inevitable. To better regulate trade in Africa and to avoid conflicts among the international actors in the region, the European powers held a conference in Berlin between November 15, 1884 and February 26, 1885, under the chairmanship of German Chancellor, Otto Von Bismarck. Although the organizers publicized the conference as a meeting for discussing issues of humanity, peace, and the « civilizing » and « welfare » of the native populations of Africa, it was definition of the rules to govern the Europeans’ claims of territories in Africa that actually dominated the talks. The Conference resolved the question of territorial conflicts among European countries by deciding that any European nation that formally gave other nations notice of its occupation of a territory would be recognized as the rightful owner of that territory. So, having defined the rules of the game, European powers rushed to slash as larger morsels as they could of the African pie.

However, still haunted by the specters of defeat, the French had yet to be convinced. Their 1870 beating by the Germans had dampened all their enthusiasm for globalizing enterprises. Furthermore, their Algerian colonies had not turned out to be what India had been to Great Britain. Algerians continued to oppose long- drawn-out resistances to the French occupation, and the North African colony had cost more headaches to France than it had brought in profits. In light of so few encouraging events, French financiers were hesitant to spend money in African adventures; they preferred less uncertain governments bonds, and French politicians preferred for their constituencies a good pot-au-feu to the bad bread that they ate during the 1870 German siege of Paris. On the other hand, the wounds of humiliation inflicted by the Germans were slow to heal, and many government officials believed that France could shine again if only it could secure for itself a large African empire. Five months after the Berlin Conference, a debate between proponents and opponents of colonial expansion was raging in the hall of the French Assemblée Nationale. The two most memorable protagonists of this debate were Jules Ferry (Ferry was twice prime minister of France, once from September 1880 to November 1881, and another time from February 1883 to April 1885) and Georges Clémenceau. On July 28, 1885, five months after being driven out of office for overseeing the failed the 1885 Chinese-French war, Jules Ferry was making a case for colonialism in the chamber of the National Assembly.

Ferry invoked three arguments in favor of France’s colonial expansion. Economically, within the logic of its industrial aspirations, France needed to find new markets outside Europe and the United States for its export commodities, as Germany and America had become increasingly protectionist at the same time as they had been flooding France with new agricultural and industrials products. Economists like Leroy- Beaulieu, who tried to establish a nexus between Britain’s wealth and its possession of an overseas empire, and who argued that the acquisition of a colonial empire would indubitably bring economic wealth to France, supported this argument.5 From a humanitarian perspective, Ferry argued that, as a member of the « higher race, » France had a divine right and a duty to civilize the « inferior races, » perfect them, and improve their backward morals. From a political and patriotic perspective, Ferry insisted that France needed to ensure its place in the world by performing acts of grandeur. For Ferry, amidst the European rush for territorial expansion, any politics of abstention on the part of France would amount to abdication. To ascertain its position on the international exchequer, France would have to start importing its language, its customs, its flag, and its genius.6 Replying to Ferry, Clémenceau charged that Ferry’s dichotomy of superior race/inferior race was suspect and reminiscent of the German social engineers’ discourse in the days preceding the Franco-Prussian war. The Germans, like Ferry was doing then, had argued for racial superiority.  German scientists had asserted that because the French were an inferior race, France was doomed to lose the war. So, Clémenceau urged his fellowmen not to repeat this German axiom against African nations by trying to disguise violence under the cunning designation of civilization. For him, the excuse of right or duty to civilize was nothing but a right to brutality that scientifically advanced societies tend to arrogate to themselves in order to take possession of less advanced nations and torture their citizens and exploit them for the benefit of so-called superior races. Clémenceau concluded that to make civilization a justification for colonization was to adjoin hypocrisy to violence. In any case, the early 1890s witnessed the rise of a multitude of strong pro-colonialist pressure groups, such as, the Comité de l’Afrique française, the Comité de l’Égypte, the Comité de l’Asie française, or the Comité de Madagascar, all unified under the banner of the Parti colonial, which made the case for a revival of France’s place in the world. Their argument was less to sell an African business venture to French investors than to sell an African empire to the state. By 1890, a colonial consensus was in place in France, which advocated a new globalizing venture based less on treaties with local chiefs, and more on forceful military approach.7 Against all apprehensions, the French militarized globalization in Sub-Saharan Africa turned out to be more lucrative than even pro-colonists had previously thought. When the dust of the European global dash to Africa settled, the continent was parceled into fifty territories, and most European countries had their African colonies. France, Germany, Great Britain, and Portugal were the countries that obtained the lion part. France snatched a large territory in West Africa from Mauritania to Chad (French West Africa), and Gabon and Congo (French equatorial Africa), as well as the Island of Madagascar. France became an empire-building nation. Its overseas empire comprised the territories of present day Mauritania, Senegal, Mali, Burkina Faso, Benin, Guinea, Côte d’Ivoire, Niger, Togo, Gabon, the Democratic Republic of Congo, the Central African Republic, Cameroon, Algeria, Tunisia, Morocco, the Islands of Mauritius, Reunion, Seychelles, Madagascar, Comoros, and Mayotte.

The French territories did not all have the same status. They were slave colonies, exploitation colonies, settlers’ colonies, or protectorates, and they were ruled accordingly. Most French colonies in the Caribbean were slave colonies, whereas in sub-Saharan Africa they were principally exploitation colonies. In exploitation colonies, France’s goal was to run away with most of the resources the colonies could yield (coffee, cocoa, lumber, palm oil, rubber, tropical fruits and nuts, and various minerals) for the benefit of the metropolitan state. Also, Africans from exploitation colonies were not on the same footing as those living in settlers’ colonies or protectorates. Settlers’ colonies and protectorates had local rulers collaborating with a French appointed consul. The protectorate of Tunisia had a local sovereign, the Bey. In the Settlers’ colony of Algeria, it was the Dey. These first attempts at globalization were, like the ones that preceded them, devoid of any real reciprocity. The native peoples of the colonies resisted them ferociously; and whatever justification the imperialist countries gave for their retreat from the colonies, they did not leave on their own good will. The cost in human and financial capital was too high for France to sustain, the determination of the colonized too strong to break. The imperialist countries left because they were simply and purely beaten and forced to recognize the autonomy of their colonies.

However, the hexagonal impulse for profit was so imperative that France devised a number of « cooperation » schemes to remain the privileged speculator in the newly independent countries of Africa. French-speaking Africa’s independences in the 1960s did not preclude France from seeking to exploit its former colonies. France’s politics in Africa has consistently been governed by a protectionist itch; an itch that long after the African independences, continues to make France think that it is the Promised Land, its language the quintessential language, and its culture the exemplary culture, and that by indoctrinating Africans to think so to, France can keep on transferring economic resources from Africa to France as natural and expected. Already, during the colonial system, France’s protectionist impulse had mandated free entry of French goods in the French African colonies and imposed tariffs on colonial goods entering France.8 This decision had the obvious consequence of impoverishing the colonies while enriching the metropolis. However, the 1930s recession made it crucial, for France’s economic survival, that French authorities transform the African colonies into consumer markets. France thus eased tariffs on its colonies in order to allow them to sell more easily on French markets, earn money, buy French manufactured goods, and also pay interests on their debts. At the same time, in order to avoid competition from other powers, France imposed quotas on some foreign imports to France and to French colonies. France also forbade its colonies to export certain products to foreign markets, thus forcing those foreign countries to purchase only from France products that would otherwise be available in the colonies.  In addition, France placed duties on some foreign imports competing with colonial goods entering France. These duties ranged from 11% on non-colonial bananas to 110% on cocoa, passing through 34% on peanuts and palm kernels and 91% on non-colonial coffee. Although many analysts have wanted to see this pre-independence « preferential system » accorded to the colonies as having greatly contributed to keeping French Africa afloat during the 1930s economic slump and responsible for what came to be known in the 1980s as the economic miracle of Côte d’Ivoire, evidence disproves it.9 In fact, the market-driven economy that this colonial system fostered provided the colonies with some money, only to be returned tenfold to France. Furthermore, this market economy, which France managed to keep alive long after the African independences, was the source of many economic shocks, as it put French-speaking African nations at the mercy of international speculators.    The preferential economic systems established by France on its own—and later with the cooperation of the E.C., which became the E.E.C in 1975—actually sought to maximize France’s profits by curbing France’s diminishing returns in the colonies. Already in 1959, the French commercial system made it possible for France’s African colonies to consume 28.2% of French exports while contributing to 20% of French imports. These numbers dropped to 7.8% of French exports used by Francophone Africa against 5.9% of French imports coming from Africa. The various conventions (Lomé, Yaounde, Lomé 2), which reinforced France’s economic « cooperation » with its former colonies and later with Anglophone Africa and the ACP states, did little to create real conditions of development for non-European countries. In fact, France maneuvered to exclude « Asian ex-colonies from the ACP states on the ground that they would prove dangerous competitors in a range of industrial products, » and the tiny country of Mauritius, a potential competitor in textiles was asked by the E.C. to voluntarily restrain from the ACP.10 The E.C. states, and particularly France, its most aggressive member, did nothing to foster manufactures in Africa. As far as the E.C. was concerned, Africa was to remain an eternal supplier of raw materials; and late 1980s Washington Consensus, with its menu of one-sided depoliticization of the state that opposes social public sector investment in welfare, job creation, environmental protection, healthcare, education, and poverty reduction,11 offered France the blessing of the Bretton Woods institutions to carry on a game that it had been perfecting for so long: that of draining off wealth from Africa under the semblance of reciprocal improvement.

As it turned out, economic globalization as conceived by the Washington Consensus presupposed an international violence. Economic globalization assumes, often on the ground of mere bureaucratic sixth sense and no scientifically dependable instance, that, in order to improve the welfare of human populations, the prescription is to oblige developing countries to fine-tune their economies according to the requirements of Euro-American multinational corporations by way of liberalizations of local markets. The result of this philosophical-economic exercise is that, as was the case in the days of the colonization of Africa, it effectively relocates crises of economic deterioration from North to South. The World Bank and the IMF’s persistence that developing countries open their economies to Foreign Direct Investments has enabled the re-occupation of the countries that have resolved, half a century ago, to determine the course of their particular developments away from the imperial ambitions of Europe. In most cases, globalization has succeeded in reinstating European—and American—imperialism by allowing First World capitalists quasi- ownership of Third World countries through purchases of strategic government-owned enterprises, such as, power, water, and communication companies. The scheme works when « the imperial state bails out banks, investors and speculators and provides political pressure to open markets, sends military expeditions to eliminate alternatives. »12 In this grand design of re-colonization disguised as globalization, resistance is ruthlessly squashed by a variety of coercive methods. For the Third World leaders who, against the First World’s schema, try to pursue a populist agenda that advocates national control of their country’s resources and benefits, and who, true to their people, refuse to fall prey to the trap of corruption and the promise of First World lifestyle, « the EHM [Economic Hit Men] game plan includes a full menu of oppositions to ensure compliance, whether willing or not. »13 The menu includes subversion of the political process, contact with and corruption of administration and business leaders, corruption of the military, of the media, of trade unions, and of academics, and the stirring of ethnic and religious divergences; a menu that seems to come directly from the handbook of the colonial era, and which begs to be verified against the inventory of treatments that countries like Congo, Côte d’Ivoire, and Haiti, to cite only these few, have endured for daring to stand against the tripartite collusion of the northern countries, the United Nations and the financial institutions, and their corrupt local political puppets. In Côte d’Ivoire, this threefold conspiracy functioned along the axis of a high-level African IMF executive, Alassane Dramane Ouattara, who doubled as a shady native informant, during his years as prime minister of Côte d’Ivoire, his direct association with French multinationals, Bouygues and Bolloré, and his ties with the Chirac government in France. This web of international relationships is essential for understanding Côte d’Ivoire’s resistance to globalization à la française.

CÔTE D’IVOIRE: FROM ECONOMIC PROSPERITY TO SCARCITY

The 1970s were an age of prosperity in Côte d’Ivoire. The skyrocketing prices on international markets of cocoa and coffee, the country’s main export commodities, had created an astonishing economic boom and established Côte d’Ivoire as the preeminent economic power in the West Africa. Signs of development were visible in all sectors; and economic observers were not shy to compare the Ivorian economic sensation to the Japanese miracle. They were partly right: The Ivorian growth rate was only second to Japan’s. However, this economic boom was heavily dependent on foreign capitals, as it was tied to international speculators’ willingness to pay high prices for coffee and cocoa. Attempts to diversify the economy and launch development programs led the country to borrow external capitals, which were not always well managed. Furthermore, the falling prices of coffee and cocoa in the late 1970s and early 1980s amplified the country’s external debt and led Houphouët to turn to the World Bank and the IMF for loans to stabilize his country’s economy. The period spanning from the mid-1980s to early 1990s was a time of mixed blessings for Côte d’Ivoire’s economy. The exploitation of newly discovered offshore oil reserves had helped alleviate some of the country’s hardships; however, the economic storm was not totally weathered. Amidst rumors of government layouts, people took massively to the streets to protest what they interpreted as the results of the grab for power of the PDCI (party in power). To save his presidency, Houphouët bent to the conditions of the Bretton Woods institutions and invited the IMF economist Alassane Ouattara in April 1990 to chair the Comité Interministériel de Coordination du Programme de Stabilisation et de Relance Economique (Interministerial Committee for Coordination of the Stabilization and Economic Recovery Program), a committee in charge of reflecting on ways to tackle the economic crisis and find adequate solutions. Five months later, an ailing Houphouët appointed Alassane Ouattara prime minister. What happens from April 1990 onward is a series of events that read like a novel.

DOMINIQUE NOUVIAN FOLLEROUX: FEMME FATALE 
Ouattara’s proximity to Houphouët allowed him greater closeness to Ms. Nouvian Folleroux, the woman that would become his wife and most trusted associate in the most rocambolesque financial intrigues to define the political future of Côte d’Ivoire. The circumstances in which Dominique Nouvian was introduced to the epicenter of power in Abidjan are still not very clear today. What is clear is that she became Houphouët’s official mistress and the exclusive administrator of Houphouët’s huge estate and part of the country’s estate. Her new title gave her tremendous name recognition and financial power, even as her benefactor’s popularity at home was declining. Indeed, in the early 1990s a fierce political opposition assailed the ailing Ivorian president, Houphouët. For the first time, the « Old Man, » as he was affectionately called in Africa, released his grip on power. Under the pressure of the Bretton Woods institutions and France, he named Ouattara prime minister, legalized opposition parties and promised multiparty presidential and legislative elections in Côte d’Ivoire. The October 28 multi-candidate presidential election confirmed the strength of the opposition, and especially of Houphouët’s old political rival, Laurent Gbgagbo, leader of the socialist Ivorian Popular Front (FPI). According to international observers Gbagbo garnered more than 30% of the votes—though the official ballot count conceded him only 18.3% against 81.7% for the seating president. On November 26, 1990, eighteen opposition parties competed against Houphouët’s PDCI during the parliamentary elections. Houphouët’s PDCI retained 163 of the 175 parliamentary seats. If anything, the contestation of the Old Man’s hitherto absolute power was the confirmation of a new era. Houphouët was a diminished man. Nevertheless, Mrs. Dominique Nouvian Folleroux’s business seemed to suffer no setback at all from Houphouët’s trouble at home; au contraire. Among other things, she sold some of Houphouët’s real estates in France for the amount of 19 million Euros, a transaction that, though suspicious by Ivorian authorities, put her at the center of French big business. She acquired Jacques Desange’s hair saloons in the United States. AICI (Agence Iternationale de la Commercialisation Immobilière), the real estate office that she opened in Abidjan was attracting big clients, as she was making important friends. Her regulars were Martin Bouygues, the French king of concrete, owner at 42.9% of TF1 (the first French TV station drawing more than 31.6% of French TV audiences), owner of LCI, another French TV channel, special guest to Nicolas and Cécilia Sarkozy’s wedding, and godfather of their son Louis Sarkozy; Vincent Bolloré (business partner of Bouygues) king of cigarette paper and media—it was Bolloré who paid the new French president a vacation trip to Malta on his luxurious boat as a congratulation present after the 2006 French presidential election; it was he again who lent his private Falcon 900 to Sarkozy and his then new girlfriend Carla Bruni for their December 25, 2007 vacation trip to Egypt; Dominique Strauss-Khan, former minister of finance of President Mittérand and IMF president since 2007, Bongo, president of Gabon who, like Houphouët before him, has been so close to Dominique Nouvian Folleroux as to also entrust the administration of his real estate and part of his country’s property to the Gabon branch of Mrs. Folleroux’s company AICI, run by her brother Philippe Nouvian. Other patrons of Mrs. Dominique Nouvian Folleroux are Blaise Compaoré of Burkina Faso, and Kadhafi of Libya. Hers was a network of powerful financial friends; the same network that Ségolène Royal, the Socialist candidate to the French presidential election accused on May 4, 2007, of trying to influence French elections by manipulating the news.14 The very network that Ms. Royal was denouncing during the French presidential elections is the association of powerful financial interests that Mrs. Dominique Nouvian Folleroux has been able to weave since she first entered Houphouët’s bedroom in Abidjan. Dominique Nouvian Folleroux was the powerful woman that Alassane Ouattara said to have fallen in love with, as he responded to President Houphouët’s IMF-coerced call for help.

« OUATTARA! OUATTARA! HE’S OUR MAN.  HE CAN’T DO IT, NOBODY CAN! »

Such seemed to be the mindset of the Bretton Woods institutions and big international corporations with financial stakes in Côte d’Ivoire since about the death of Félix Houphouët Boigny, in December 1993. An excellent student of the IMF, where he first worked from 1968 to 1973 before assuming various positions at the BCEAO (Central Ban of West African States), Ouattara was very receptive to the International Monetary Fund’s prescription of Structural Adjustment Programs in Africa despite the burden that these programs put on local populations. As prime minister of Côte d’Ivoire, his solutions for redressing the country’s economy did more harm than good. Ouattara cut subsidies to farmers, as recommended by the WTO, at the same time as the European Union and the United States were heavily backing their own farmers with huge subsidies; he dismissed more than 10,000 employees from the state payroll. Those who were lucky to keep their jobs saw their salaries reduced by 40% or were forced to accept an early retirement package. He reduced access to early education by freezing the recruitment of new teachers. He closed students’ subsidized restaurants. He eliminated transportation and basic healthcare services for students. He imposed fees on the masses for basic healthcare services. He initiated the devaluation of the CFA at the rate of 100 CFA francs for 1 French franc. He instituted the highly controversial resident cards for foreigners, which was the source of much harassment toward foreign nationals coming from neighboring African countries, and he aggressively pursued Mauritanian and Lebanese merchants for so-called back taxes in the upward of millions of CFA francs. In a word, Ouattara executed the World Bank/IMF’s recommendations to the letter. These measures, as it was to be expected, frustrated the masses even further. Workers and students’ demonstrations intensified; which, under his orders, were repressed in blood. Scores of students were killed and student, union, and opposition leaders, among whom the current president, Laurent Gbagbo and the leader of higher education teachers’ union, Marcel Etté, were jailed and tortured amidst international outcries and unsuccessful calls for an independent investigation. Undeniably, Ouattara was a good student of the IMF. In Côte d’Ivoire, Ouattara was the praiseworthy son of a powerful institution that had reared him to serve the father unreservedly. The question was whether he was really a son of Côte d’Ivoire, concerned with the interests of his fellow citizens.

 As far as the World Bank and the IMF were concerned, this question had no bearing so long as the Washington Consensus had a powerful spokesperson in the country that would guarantee the interests of its shareholders. So, under further pressure, the ailing president Houphouët had Ouattara cumulate the portfolios of prime minister, minister of finance, and interim president. During Houphouët’s long sickness and his medical treatment in Europe in 1993, Ouattara ordered that all public receipts (collection of taxes, debts, and returns from the customs, the ports, and even the treasury) be directly deposited in a special account at the office of the prime minister rather than at the treasury, as it was customarily the case. This atypical management style, to say the least, quickly mixed individual assets with state property, and millions of dollars from the public treasury remained unaccounted for, while Ouattara, taking as much as two flights a week to Europe, officially to visit his sick boss—but unofficially on capital flight missions— was tucking enormous sums of money away in personal foreign bank accounts, making him one of the richest men on earth. Ouattara’s mysterious fortune raised some eyebrows, even among his supporters.15 However, Ouattara’s questionable wealth did not cause the slightest shudder among the high priests of morality who, in their immense chairs, in the temples of virtue of 1818 H Street as well as 700 19th Street, in Washington, D.C., were sermonizing the world about good governance and saintliness. Why should they care? Was it not fair that Ouattara be rewarded for being such a great agent to his masters? For Côte d’Ivoire, however, Ouattara’s activities were economically disastrous. During his term as prime minister, Ouattara became one of the biggest actors of capital flight from Côte d’Ivoire toward European banks. As he raided the country’s coffers, he also depleted Africa of much needed resources.

Indeed, capital flight, the bulk of the private assets—and as we have just seen with Ouattara, private and public assets can be easily mixed—that are legally or illegally held in foreign countries outside Africa, is one of the continent’s biggest impoverishers. Capital flight, reported to amount to about US$ 22 billions, is as much as half of the aid that Africa needs for its development programs. Were this money brought back to Africa, it would constitute 64% of Africa’s private capital stock.16 As one of Africa’s biggest capital jetsetters, Alassane Ouattara is, without doubt, and in proportion to the short time he spent as prime minister of Côte d’Ivoire (three years and 1 month), among the leaders who have economically siphoned the continent the most. As the prime minister was busy outsourcing his public function to the businessman in him, thus mixing state capitals with private capitals, Dominique Folleroux—whom Ouattara had by then married during a 1991 ceremony officiated by the former mayor of Neuilly, currently president of the French Republic, Nicolas Sarkozy—was now, against all ethical propriety, lobbying for Bouygues and Bolloré to acquire state-owned EECI (Energie Electrique de Côte d’Ivoire) and SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire), respectively power and water companies. It did not take long for her clients to obtain satisfaction. These strategic Ivorian companies and others were sold off to Mrs. Dominique Nouvian Folleroux Ouattara’s clients and friends, usually under their market values, sometimes for just one symbolic franc, all against the objection of opposition leaders and even leaders of Ouattara’s previous party (the PDCI). Henri Konan Bédié, at the time president of the National Assembly, fiercely opposed Ouattara’s unethical liberalization in the parliamentary chamber. As a result of Ouattara’s collusion with French businessmen, 27% of the assets of Ivorian enterprises were French-owned; 240 subsidiaries and more than 600 companies belonged to French businessmen; which represented 68% of direct foreign investments in Côte d’Ivoire. The shady investments enabled by Alassane and Dominique Ouattara’s, and which have mortgaged the economic and political future of Côte d’Ivoire, have been widely reported, rightly so, as quid pro quo investments.

 Mr. Michel Camdessus, a Frenchman who was the president of the IMF during the last term, when Alassane Ouattara was vice-president of the IMF, is currently serving as adviser to the French president Jacques Chirac. Of the members of the political parties and groups in Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, an unabashed advocate of IMF policies and an ideologue of the theology of neo- liberalism, and his current wife, a French businesswoman solidly connected with business lobbies, offer the best guarantee to satisfy the conditions for security and profit for the French government, corporations, settlers, and small-enterprise owners who can have a lifestyle of comfort they cannot afford or even imagine to have in France.17

For consenting to the corrupt terms of French business in Côte d’Ivoire at the detriment of the masses, Ouattara is allowed by France to realize his First Worldist jouissance by plundering his country’s coffers undisturbed. This lack of probity on the part of Africa’s most influential economists and leaders ought to be examined in relation to the dire future that their selfish proclivities set up for the continent. Between 1985 and 1998, the net outflows from Africa to developed countries have risen from of US$ 3.6 billion to the alarming amount of US$ 12.5 billion.18 Capital flight by native pillagers has contributed enormously to these outflows. This, of course, has profound depressing incidences on progress. As a result, Africa continues to service huge debts and remains unable to invest in public and private sectors; which in turn erodes, not just poverty reduction projects, but also, the confidence that honorable foreign investors have in the continent; and the cycle of poverty linked to debt servicing and fiscal deficit goes on until the corrupt agents’ facility to ransack is short-circuited. In Côte d’Ivoire, it was Henri Konan Bédié, the institutional heir to the presidency, who put an end to Ouattara’s capital flight activities, but not for long. Ouattara’s Parisian cronies were too determined to maintain their monopoly in the country to see the latter out of the political arena.

HENRI KONAN BÉDIÉ: NOT EXACTLY  THE MAN PARIS HAD DREAMED OF

On December 7, 1993, Houphouët, who for three years had been sidelined by his illness from participating actively in Ivorian politics, passed away in his native village of Yamoussoukro. The Ivorian constitution had a provision for replacing a deceased head of state. Article 11 of the constitution stipulated that in such a vacancy of power, the president of the National Assembly was to assume the duties of head of state until the outcome of new elections. Bédié was therefore the constitutional heir to Houphouët. However, bypassing the legal process, Ouattara proclaimed himself legitimate successor to the presidency. This obvious constitutional hold up provoked uproar at the National Assembly, and during an unscheduled
appearance on national TV, Bédié announced his intent to carry out his constitutional duty by finishing Houphouët’s term.

In the past, during his years as president of the National Assembly, Bédié had been openly critical of Ouattara’s complacent economic liberalism that widely opened the doors to foreign buyouts of strategic companies with very little regard for the country’s security. At the time when French politicians, led by Minister of finance Nicolas Sarkozy, were hammering at employees gatherings and at the French national Assembly that EDF (French state-owned power company) and GDF (French state-owned gas company) were never going to be privatized because of their strategic importance to French economy, Ouattara, the prime minister of Côte d’Ivoire, was selling his country’s power and water companies to the closest friends of the French government.19 What made Sarkozy’s position so tenable in France and so untenable in Côte d’Ivoire? Could it be for the simple reason that one was dealing in one case with a country located in Europe, and in another case with a country located in Africa? It is this lack of moral reciprocity, this kind of utter injustice that the movement of patriotes in Côte d’Ivoire has taken to task. In so doing, their demonstration was also aimed at denouncing the collaborators from within who have betrayed their people for the promise of economic lactification. For, the waves of coup d’état and political instabilities that have succeeded one another in Côte d’Ivoire since 1999 are strangely laden with odors of organic betrayals. Each time Côte d’Ivoire was affected by shockwaves of military blows, Ouattara was the insider that, for the promise of a First Worldist enjoyment, betrayed the loyalty of a country he claimed to love.

Bédié, like Ouattara, believed in economic liberalism. Only insofar as one can speak in relative terms, Bédie’s liberalism, however, was one that was committed to ensuring that his country would not lose total sovereignty to wealthy investors from Europe, or from anywhere else for that matter; and he was working at it by making a number of reforms. Some of the measures that Bédié took in that direction had to do with the thorough identification of the populations living on the Ivorian soil through a systematic census program, the cleaning up the prevalent anarchical land exploitation, and the regulating of landownership. In fact, from the mid- to the late 1990s, Côte d’Ivoire was the second immigration destination in Sub-Saharan Africa, right behind South Africa, with an unusually high immigrant population rate of 27% for 13 million Ivorians. The largest foreign communities were from Mali (2 millions), Burkina Faso (2 millions), Ghana (1.5 millions), Nigeria (500,000), and in smaller numbers from Benin and Togo. Though an agreement among the countries of ECOWAS (Economic Community of West African States) allowed a free circulation and settlement of populations from any member state, the migration to Côte d’Ivoire was almost unidirectional. The important immigrant populations from neighboring Mali and Burkina Faso, whose main purpose for coming to Côte d’Ivoire was to work the fertile land of the country or to cut and burn trees for the very lucrative charcoal business toward drier countries  (Mali or Burkina Faso) had clashed several times with local populations over issues of landownership, forest fires, and severe national reserve deforestation. In 1999, a land dispute between settlers from Burkina Faso and locals from the region of Tabou (West of Côte d’Ivoire) had caused about 12,000 Burkinabé to flee their lands. This event, which took place a year after the National Assembly adopted a law that would prevent the sale of land to foreigner, invited even harsher criticisms towards Bédie’s reform. Bédie’s land reform did not sit well with his Malians and Burkinabé counterparts. The governments of Mali and Burkina Faso relied heavily for their national income on the money that their expatriates sent from Côte d’Ivoire. They perceived in Bédie’s reform a pretext to dispossess their compatriots of lands they had been exploiting for years, and they also found objectionable the reform’s obvious consequence of depleting their countries of much needed revenues. In their resentment of Bédie’s method, the Malians and Burkinabé could find stronger allies in the French. [T]he old class of French landlords who acquired large portions of land in the southern part of the country often in obscure contexts, with no proper or convincing legal papers stipulating, for instance, the duration of the lease . . . oppose any form of land reform, as it could jeopardize transfer of these lands to their descendants.20  These French landlords and businessmen had seen their privileges increased and consolidated with Ouattara. Under the administration of Houphouët’s prime minister, the status of the state had shifted from that of a governmental institution to the status of a non-governmental organization (NGO)—to use this term by James Ferguson.21 In other words, the prime minister had lost interest in state affairs and had, instead, become a businessman, increasingly drawn to establishing private business deals and building personal wealth to the disadvantage of public welfare. In the context of Bédie’s reform, the question then was whether, after having had a taste of the state of Côte d’Ivoire as a non-governmental institution, with all the advantages that this conversion entailed, France and the neighboring countries of Côte d’Ivoire, notably, Burkina Faso and Mali, were still inclined to see the administration of Côte d’Ivoire return to its rightful condition of a governmental institution committed to the welfare of the masses. This was the challenge that confronted the Bédié government in the mid to late 1990s.

Against this sociological background, it becomes clear that Bédie’s demise—for he was to fall soon—was not the result of mismanagement or hostility to openness. In fact, Bédié was as open to FDIs as Ouattara had been; he was just a little more mindful of the governmental role of the state. The fact that, for the most part, Africa’s openness to international trade and finance has left it at the mercy of insatiable First World capitalists and corrupt Third World collaborators should be less imputable to globalization itself than to the probity of the protagonists in the globalizing enterprise. Globalization has succeeded in places where the actors involved have shown a minimum of moral decency. Available data for Africa in the 1990s shows that countries in North Africa, and South Africa and Côte d’Ivoire had managed a low level of poverty with high level of openness. Côte d’Ivoire’s numbers are 20% of poverty incidence for 40% of openness. Incidentally the data is not distributed on specific years of the 1990s, but it is easy to surmise that the incidence of lower poverty occurred during the Bédié years. Even Bédie’s detractors acknowledged that between 1995 and 1999, Côte d’Ivoire had known economic growth and increase in individual wealth. Furthermore, a Trade Policy Review of Côte d’Ivoire’s trade policies conducted by the World Trade Organization (WTO) on July 4 and 5, 1995, concluded with high praise for Bédie’s government open trade policies and expressed optimism for Côte d’Ivoire’s future.22 Bédie’s demise is just one more evidence that Foreign Direct Investments or private capital flows are not that private after all; Foreign Direct Investments often unleash state intervention, with all its military shock and awe. Whenever a powerful state intervenes to invade a weak state, one can be sure that some private investors from the powerful state, unhappy about their returns in the weak state, have directly or indirectly triggered the military intervention. History is littered with examples where private investors have sent their countries to war to protect or simply to increase their dividends. Bédie’s lukewarm support for French interests was not what France had hoped for. Bédié was a man of France’s, but not their number one man. His zeal for reforms could hurt French interests in Côte d’Ivoire. Ouattara had been more bighearted to French business with his unchecked liberalization and his gré à gré surrender of public corporations to French investors and to his French partners. With Ouattara in power, France was sure to regain its slippery grip on Côte d’Ivoire by continuing to buy under their market values state-owned enterprises and by continuing to get government contracts by bypassing any calls for bids that would put them in competition with investors from the United States, Canada, Japan, South African, China, among others. For the sake of French interests, Bédié had to be deposed.

 Meanwhile, Ouattara, who had returned to the IMF in 1993 upon the Supreme Court’s confirmation of Bédié as legitimate head of state, had been appointed by Michel Camdessus to serve as his deputy chairman of the institution one year later. Though at the IMF, Ouattara had not given up his presidential ambitions; neither was he willing to wait for regular elections to have his chance. The massive foreign electorate constituted by undocumented immigrants from Mali and Burkina Faso, many who had voted before in the one-party system farcical elections that had confirmed and reconfirmed Houphouët by acclamation, and on which Ouattara, too, was relying to win the 1995 presidential race, had been compromised by Bédie’s identification program. Bédie’s identification program required that only established Ivorians should vote in presidential elections, though established foreign residents were still allowed to vote in legislative and municipal elections. Bédie’s land reform as well as his census and civic formation projects fell under the umbrella of what he had termed ivoirité. This notion, whose origin had misleadingly been attributed to Bédié, and which had even more deceitfully been translated as Ivorianness, rather than simply Ivority—as one had spoken of Africanity, Americanity, and Francity elsewhere—was said to have first appeared in 1945 in Dakar at a black students’ conference. Later, in 1974, an Ivorian writer and poet, Niangoran Porquet, used it in an article entitled « Ivoirité et authenticité. » Ivorian scholar, Kanvaly Fadiga, defined it as the national consciousness, the common will of brotherly people who have chosen to live together on the Ivorian soil, and share together the same sufferings, the same joys, and the same hopes.

WHY FRANCITÉ BUT NOT IVOIRITÉ?

Ivoirité, as Bédié had recuperated it, was first intended to be, for the more than sixty ethnic communities of Côte d’Ivoire, a signifier of identification, a social glue that would instill in them a more patriotic stance, and consequently a stronger attachment to the state and its institutions as embodying the sum total of all individual nationalistic expressions. This was an essential societal project given the lack of fervor that the Ivorian populations had up till then expressed for the state and state institutions. Côte d’Ivoire was in most Ivorians’ eyes a state-ECOWAS, a sort of Deadwood, but a rich one nonetheless, where any opportunistic member of the 15 ECOWAS nations, and even beyond, would come to seek fortune by all means necessary, with no sincere attachment to the land, but a lucrative one. The people of Côte d’Ivoire had lost faith in their successive governments as really preoccupied with safeguarding their welfare, rather than bending over to live up to an image of sanctuary country by satisfying the caprices of ECOWAS. This situation was exacerbated by Houphouët’s choice, throughout his presidency, of foreign nationals as cabinet members. For instance, Raphaël Saller (France) had been minister of finance and development; Mohamed Diawara (Mali) had been minister of development; Abdoulaye Sawadogo (Burkina Faso) had been minister of agriculture; Hamadou Thiam (Senegal) had been minister of information. To better understand this level of governmental openness and the resulting mass frustration that ensued, Americans would only have to imagine Canadian, Brazilian, Columbian, Senegalese, or Antiguan nationals (who have never been naturalized or who do not even intend to naturalize) occupy posts in the United Sates government, as treasury secretary, HUD secretary, or secretary of health. In the 1980s-1990s a phrase that illustrated the Ivorian distrust in their government and their detachment from public property was the infamous « on s’en fout, ça appartient à l’Etat » (who gives a damn? It belongs to the state), a phrase that would justify any act of vandalism or spoliation of state property.

Bédie’s Ivoirité intended to rectify this mass cynicism. It intended to create the conditions for an allegiance that would no longer be based on ethnic background—as it had until then been the case in the context of the aloof and impersonal state—but rather an allegiance that would be grounded in identification with the nation-state that was created on Independence Day, August 7, 1960. This was nothing novel. In the sphere of cultural contestations, coinages in -ité suggesting allegiance to geographical, national, racial or linguistic origins have abounded. Senghor, the only Black consecrated by France—this France so reactive to ivoirité—in its so elitist French Academy for being so French, thus so right, said in his December 11, 1974 course at the Sorbonne that it was important to struggle, to suffer, and to die, « plus volontiers pour une –ité ou une –itude que pour un –isme » (more readily for an –ity or an –itude than for an -ism)? Curiously, however, it seems that African heads of state have been more willing to struggle, suffer, and die for France’s specificity than their own. An illustrative example is their unashamed gathering around the theme of Francophonie, which, as we learn again from Senghor, is no more no less than a synonym of Francité. In May 1968, during a conference at the University of Beirut, while defending the so-called peaceful and non- imperialistic nature of Francophonie or Francité, Senghor insisted that Francophonie was not a war machine constructed by European imperialism, but a mode of thinking a certain way, a mode of approaching issues and seeking solutions, a spirit of French civilization or Francité. Francophonie, Senghor declared, is Francité; and Francité, he swore had not the slightest imperialistic bent in it, but was merely the expression of French civilization and culture devoid of any political agenda; and while most African leaders accepted the word of this griot of things French that Francité would not harm a fly, yet, the same leaders were quick to condemn ivoirité as a war machine. Today, as in 1968, the most passionate defender of Francité is an African, an ex-Senegalese president, Abdou Diouf. He is the current secretary general of Francophonie. He goes around world capitals selling French culture and civilization and promoting the expansion of French business and policy; and wherever he convenes his annual gathering, a plethora of African leaders follow him—among whom Bongo of Gabon, Wade of Senegal, Toumani of Mali, and Compaoré of Burkina Faso have the privileged seats on the baseline. Lately, however, the proselytizer-in chief of French culture, Diouf, got a blunt reminder that, despite his professed worship of things French, he was specifically an African, and African he would remain. On May 13, 2006, as he was responding to the Canadian government’s invitation to speak in Winnipeg on matters relating to the pseudo-apolitical Francophonie, Abdou Diouf, this easily recognizable towering political figure who travels with a diplomatic passport and a strong following, was stopped and body searched at Toronto Airport. The diplomatic reactions that followed this humiliation of an African politician proved beyond all doubts that Francité, or Francophonie as it is often referred to, was more political than its supporters knew or would admit to know.

President Diouf’s humiliation at Toronto Airport was only symptomatic of the duplicitous nature of the North/South encounter, a reality to which Africans have never been able to respond in a synchronized way because of the North’s successful politics of Divide and Rule, and most importantly, because of African leaders big complex of inferiority. While Senegalese, the most fervent believers of Francité in Africa, were protesting their ex-president’s treatment at Toronto Airport, many Ivorians were chuckling at what they perceived as a fair shock therapy to all the French-African puppets who, like the Senegalese sharpshooters of World War II, were busy fighting France’s war while the French populations were hiding in their basements,23 or the modern native Africans Economic Hit Men who were starving their peoples by selling off their countries’ resources to international multinational corporation in order to enjoy a little bit of white dreams. Ivorians had trouble understanding why, at the same time as Paris, with the support of some African leaders, was prosecuting Abidjan’s successive governments in the media for a so-called maintenance of Ivoirité; the same African leaders were touring the world to promote Francité. As if Francité was the natural expression of their own salvation, Francophone African leaders like Bongo of Gabon, Abdoulaye Wade of Senegal, and Toumani of Mali, had been more vociferous about French nationalistic interests than they had been supportive of their own national interests.

At least, President Bédié had been aware of cultural-ideological nature of the concept. Having sensed France’s undeclared support for Ouattara just before the 1995 presidential election, Bédié activated against the latter the ideological political dimension of Ivoirité. A modification of the electoral code of Côte d’Ivoire, adopted on November 23, 1994, stipulated that only Ivorians whose parents were both Ivorian- born could run for the presidency. Bédié took this new measure not out of the blue, but precisely because he knew Ouattara. They were from the same generation. They knew where each other came from. They had followed each other’s formation and ascent. They had served for the same international financial institutions, and they knew how and why each one of them was appointed at the various posts they held. Bédié knew Ouattara as much as Ouattara knew him. Bédié knew—and Ouattara had admitted this in a sign correspondence to the Supreme Court of Côte d’Ivoire—that after his high school studies in Bobo Dioulasso (Burkina Faso) and Ouagadougou (Burkina Faso), Ouattara had benefited from an American scholarship to study in the US as a student from Upper Volta (now Burkina Faso). Bédié knew that after his studies in the US, Ouattara first entered the IMF in 1968 under Upper Volta quotas. Bédié knew that Ouattara had obtained his first job at the BECEAO as an Upper Volta representative, and later served as vice-governor of the same institution between 1982 and 1984 as a functionary of Upper Volta (Burkina Faso). Apparently, Bédié was not the only one in the secret; for on August 8, 1984, on page 21 of an article entitled « Monsieur FMI, » Béchir Ben Yamhed, the editorial manager of Jeune Afrique, reported that, starting November 1, 1984, the Africa Department of the IMF was going to have a new director; and that Dr. Ouattara, from Upper Volta, would be serving in replacement of Zambian Justin B. Zulu. The Jeune Afrique article even specified that Ouattara was born in Côte d’Ivoire of immigrant parents from neighboring Upper Volta.24 Alassane Ouattara’s Voltaic nationality was no secret to anyone, especially as he exhibited it whenever it served his purpose.

Having evolved in the same professional space as Ouattara, the sphere of international financial institutions, Bédié was well positioned to know, as Jeune Afrique had reported, the nationality of Ouattara. He was an Upper Volta citizen, who took advantage of an American scholarship as an Upper Volta student. He was first recruited at the IMF under the quota reserved for Upper Volta citizens, and later, he served as vice-governor of the BCEAO as a representative of Upper Volta, with an Upper Volta diplomatic passport. In 1985, After his military coup in Upper Volta, Thomas Sankara, the new strongman of Burkina Faso—a country that, unlike Houphouët’s Côte d’Ivoire, was not in the business of appointing foreign citizens as cabinet ministers—offered Ouattara to enter his government as minister of economy and finances, a post that Ouattara, utterly resentful of Sankara’s revolution, disdainfully rejected, preferring to remain at his more prominent and lucrative international position at the BCEAO. Sankara then asked him to resign as the Upper Volta representative. It is at that time that Houphouët, who had a profound aversion for military regimes, especially the ones operating too close to his borders, intervened, and in a taunting gesture toward Sankara’s junta, offered Ouattara an Ivorian diplomatic passport that would keep him at his post.25 In 1988, upon the death of Abdoulaye Fadiga, then BCEAO director, Houphouët twisted the arms of the member heads of state, and imposed Ouattara as the new governor of the institution.  Bédié knew, as another journalist of Jeune Afrique had also reported, that from the time he finished his studies thanks to an American scholarship awarded to him as a Voltaic student, and for the many years to come, Ouattara served in many capacities, in several places (Washington, Paris, Dakar), at several financial institutions (BCEAO, WAMU [West African Monetary Union], ADB [African Development Bank], UNCTAD [United nations Conference on Trade and Development]) and took part in many general assemblies as a Voltaic citizen, equipped with a Voltaic diplomatic passport.26 Bédié knew that by modifying the electoral code to request that both parents of any presidential candidates be Ivorian-born he was arresting Ouattara’s presidential ambition; which he did.

Bédié was a cunningly shrewd politician for changing the electoral rules in the middle of the political process. Ouattara was right to have protested Bédie’s unfair electoral practices. However, he challenged them on the wrong ground. It would have been more honorable of Ouattara to admit that, indeed, he had claimed Voltaic nationality to get a scholarship from the US and later to take advantage of an IMF quota system that favored Voltaic nationals; but that he had changed his nationality since then; and he could have provided documentation to that effect. He could also have maintained that, though his parents were Voltaic, he was born on Ivorian soil; and he could have challenged the Ivorian electoral rule on the ground of his birthplace. Instead, he told two momentous untruths that were totally undeserving of any prospective president. First, he denied, in the face of accumulating evidence that he had ever been a Voltaic national; he maintained that as far as he could remember, he had always had the Ivorian nationality. Secondly he denied that his parents were Voltaic, while his father had been a well-known village chief in Upper Volta. These two fabrications alone were good enough to disqualify any presidential candidate. As Bédie’s operatives started to produce proofs of Ouattara’s deceptions, he left the country for Paris under the pretext that his life was in danger. Bédie’s Justice Department launched against him an international warrant for forgery. Just immediately, there started a vast media campaign that sought to legitimate any unconstitutional blow against the Bédié regime; a media campaign that resuscitated some of Bédie’s formerly ignored shortcomings or simply invented him new ones.

HOW DOES ONE RATIONALIZE A COUP D’ÉTAT?  BY CONDUCTING IT THE NAME OF GLOBALIZATION

In Côte d’Ivoire, the first coup d’état started with demonizing the Bédié regime on two levels. Socially and politically Bédié was to be presented as an insufficient leader who could not be the unifier and leader open to human and capital flows that his predecessor, Houphouët, was. Economically, he was to be proven a reckless manager and an embezzler of public funds whose misconduct was hurting the masses. So, Bédie’s notion of ivoirité served to demonize him as a divider and a xenophobic. Ivoirité, as Bédié had explained, was a formulae meant to synthesize the aspirations of the multiple ethnic groups living within the borders of Côte d’Ivoire. As such, the concept was to encompass not only the autochthonous people of Côte d’Ivoire, but also, the people from all over the world who lived and worked in the country, insofar as they, too, shared and respected the values of the nationals. For Bédié, ivoirité « . . . la synthèse culturelle entre les ethnies habitant la Côte d’Ivoire . . . concerne en premier les peuples enracinés en Côte d’Ivoire mais aussi ceux qui y vivent et y travaillent en partageant nos valeurs. » 27 ( . . . the cultural synthesis of the ethnic groups living in Côte d’Ivoire . . . is primarily about the peoples rooted in Côte d’Ivoire but also those who live in the country and share our values.) Nothing in these words could hint to some official anti-immigrant or xenophobic stance, despite the fact that—and it has historically tended to be the case more in France than in Côte d’Ivoire—some frustrated fringes of the populations usually displace the inadequacies of their societies on the presence of foreigners.

Nevertheless, a powerful media campaign led by Ouattara’s operatives successfully disseminated the idea that Bédie’s ivoirité was a recipe to repatriate immigrants from neighboring Mali and Burkina Faso; and an apparently credible French press went so far as to link minor occasional conflicts opposing locals to immigrants as direct consequences of ivoirité, thus further exacerbating limited clashes by politicizing them. It did not take long for a country with nearly a 30% immigrant population to be indexed as xenophobic. However, the French Press’ real motive for demonizing Bédie’s regime was elsewhere: Alassane Ouattara, France’s preferred candidate, could not run for the Ivorian presidency on account of his doubtful nationality. Bédié is no saint, one must admit. He is only a politician, and every act he posited was politically calculated. Ivoirité in its political reach could also serve, not only to eliminate Ouattara’s chances at the presidency, but also, to contain the massive electorate from Burkina Faso and Mali on which Ouattara was counting to this effect, and which, fitted with Ivorian national ID cards since the 1970s, had hitherto voted in every election. This electorate was geographically from countries north of Côte d’Ivoire, and religiously more than 90% Muslim. Ouattara wasted no time to coalesce topography and faith to his advantage, launching this designed sentence from his self-imposed Parisian exile, « On ne veut pas que je sois président parce que je suis musulman et nordiste » [They do not want me to be president because I am a Muslim and a Northerner], thus instigating an interethnic and interreligious pandemonium.

There was no reason to link Ouattara’s disqualification to the fate of the five million immigrants that lived in Côte d’Ivoire. Yet, this is what a corrupt and irresponsible national and international media did. For the purpose of the denigration campaign that Bédié was to undergo under the hostile media, Ouattara suddenly condensed all that was foreign and Muslim; and any wrong done to him—either proven or unproven— became automatically a wrong done to any of the five million immigrants or the northern Muslims living in Côte d’Ivoire. Equally, any justice rendered him could be interpreted as justice rendered to the immigrants or northern Muslim populations of the country. Curiously, however, the self-professed certified media that supported Ouattara’s messianic campaign and was eager to impose him to Ivorians as legitimate president glossed over his own admission that he studied with an American scholarship reserved to Voltaic students and carried a Voltaic passport until the age of 42 with a disconcerting carelessness and an unforeseen lack of journalistic rigor.  As one could read in L’Express, A Paris, dans ce bureau de l’agence immobilière que dirige son épouse française, Alassane Ouattara, qui admet avoir été boursier du gouvernement de Haute-Volta et détenteur d’un passeport voltaïque, étale sur une tablette les copies des documents censés confondre ses détracteurs: cartes d’identité parentales, acte de naissance, certificat de nationalité.28  [In Paris, in the office of the real estate agency that his French wife manages, Alassane Ouattara, who admits to have held a scholarship from the government of Upper Volta and a Voltaic passport, displays on a little table copies of documents that are meant to prove his critics wrong: parents identity cards, birth certificate, certificate of nationality.]

Only journalists with premeditated purposes could be so blind as to pass over facts that begged so deafeningly for a minimum of objectivity.
Objectivity, however, was far from being the primary concern in the design to topple Bédié. Whoever has closely followed African politics, on the other hand, will know that African leaders are, in their great majority, corrupt officials, strongly encouraged by greedy northern political and business operatives to steal from their peoples or to embezzle foreign aids with impunity, insofar as these northern officials can be secured enormous benefits. One will recall how former French president Valérie Giscard d’Estaing and his cronies allowed former Central African Republic’s Emperor Jean Bedel Bokassa to remain in power for many years so long as he permitted them to plunder the uranium and diamond mines of his country. One will also recall how successive French presidents, from Giscard d’Estaing to Jacques Chirac closed their eyes on the financial follies of dictators like Mobutu from Congo/Zaire, Bongo from Gabon, Eyadema from Togo, Papa and Baby Doc from Haiti, as long as these corrupt leaders made their countries the economic playgrounds of French multinational corporations. The rulers of Côte d’Ivoire, from Houphouët to Bédié, passing through Ouattara and Gueï, have all treaded in the muddy waters of France’s organized crime, whereby they would cede their countries’ resources to France under their market values in return for huge commissions that often came in the form of freedom to embezzle with assurance of no audits; this is, until the crooked leaders start acting like renegades. Bédié offers an interesting case study to this paradigm. Of all the misappropriations of funds in which Bédié and his close associates were involved, there is one that he would always remember the most as the scandal that helped kill his presidency. Between 1992 and 1997, the European Union approved several grants to Côte d’Ivoire; which were earmarked to improving the healthcare system and supporting the country’s decentralization program. Most of the aid vanished in government members’ bank accounts. Between 1992 and 1997, two different governments had been in control in Côte d’Ivoire, the all-powerful government of Prime Minister Ouattara (1990-1993)—which, under an ailing Houphouët, saw the prime minister cumulate the portfolios of interim president and finance minister with that of prime minister—and the Kablan Duncan’s government under Bédie’s presidency (1993-1999). Though the member states of the European Union acknowledged that the misappropriation of the European Union’s grants spanned over a five-year period, which should include at least one year of Ouattara’s administration, curiously, no mismanagement was imputed to the Ouattara government. The reason for this was quite simple. Ouattara had been good to French business in particular and to European interests in general, though at home much had been said and written on the illicit source of his huge personal fortune, on his elitist style, and on his arrogance toward the middle class that his blind support for the IMF and the World Bank’s forced structural adjustment was exponentially pauperizing. Bédié, on the other hand, was becoming an annoyance to France and to the European Union in general. His much-heralded reforms were not to the liking of France. Land reform threatened big French landowners, especially many who acquired their lands through deceitful means. Bédie’s project of identification, by regulating the flow of immigration along the borders of Côte d’Ivoire, threatened France’s own politics of immigration, which sought to keep West Africans away from French borders in particular, and from European coasts in general. For a long time, Côte d’Ivoire had been the basin of African immigration. Many West Africans with dreams of better lives away from home—who could have tried their luck in Europe— had settled in Côte d’Ivoire, and had found in the Ivorian social and economic haven, not only more than the economic prospects they could envisage in France, but also, better social political and religious integration than could be imagined in Europe. So long as these African immigrants could remain in Côte d’Ivoire, they were millions less souls for the European Union’s immigration systems to worry about. Furthermore, Bédie’s identification policy—termed as Ivoirité—was susceptible of disqualifying France’s greatest ally, Ouattara, and thus killing France’s hope of returning the state of Côte d’Ivoire to the status of non-governmental organization (NGO), a status which though disadvantageous to the Ivorian masses, had made so many French businesses wealthy and France’s balance of payments affirmative. So, five years after passively watching successive Ivorian governments indulge, among others, in the spoliation of the European Union’s grants, France was suddenly struck by some pang of conscience and decided to act on behalf of the oppressed masses that were being shortchanged by their leaders.

So, France, leading the European Union, ordered an audit of the management of the grants during 1995 and 1997, which was coincidentally the period concerning only the Bédié government, despite the widely reported fact that the scandal traced as far back as 1992, that is, as far back as the Ouattara administration.29 The audit of very limited scope undertaken by the European Union, though it appeared somehow commendable, was in fact one more artifice in a series of carefully choreographed ruses meant to sully Bédie’s government and justify any military blow to come. The audit, conducted in November and December 1998 by the audit firm 2AC, uncovered that more than $30 millions, of an $88 million package, have gone missing. This revelation coincided with the Cologne (Germany) announcement of debt reduction for heavily indebted poor countries (HIPC) and caused the European Union to freeze its budgetary help to Côte d’Ivoire. The story of embezzlement of international aid by the Bédié government made a big splash in Europe and was disseminated by all the conceivable French major TV networks and newspapers. Nevertheless, some voices in Europe expressed suspicion about the timing of this revelation.30 The experts of the European Union could not have been blind to the embezzlement going on for five years. They were well aware of the misuse of fund. They just chose to ignore it because the time was not right yet to blow the whistle. Bédie’s misappropriation of international development aid from the European Union became public only when came time to justify a coup against him. The revelation of the scandal coincided with the time when the question of Ouattara’s nationality became a burning issue in Ivorian politics, culminating with Ouattara’s self-imposed exile in France.  Now, Bédié had on his hands, not only multiple not-so-peaceful demonstrations organized by Ouattara’s followers, the ire of the World Bank, the IMF, and the European Union, but also, the incensed populations of Côte d’Ivoire prompted each day by a hostile national media and a French gregarious media that has always mechanically aligned itself with the international policy of French politicians. A few weeks after Ouattara turned up on the doorsteps of his Parisian friends and partners, on December 24, 1999, Bédié was deposed by the military. On January 3, 2000, Bédié went in exile in Paris via Lomé and went to live in his private apartments on rue Beethoven, in the luxurious 16th arrondissement. Ouattara, as for him, returned to Abidjan triumphantly, persuaded that Robert Gueï, the new strong man of Abidjan, who had been his army chief of staff during his days as prime minister, was warming up the presidential seat for him. Ouattara was wrong. General Gueï decided to hold on to power. He promised to maintain excellent relationships with France, honor Côte d’Ivoire financial obligations toward the Bretton Woods institutions, and return power to civilians as soon as he had swept the house and put things in order.

Gueï must have been very reassuring and unthreatening, for not a single time were there talks of French citizens being in danger in Côte d’Ivoire. None of the 20,000 French nationals living in the country was asked to leave by the French authorities. How could they be in danger? After all, was not Gueï close very close, to Ouattara? Was not Ouattara himself the man of the IMF and the World Bank, thus the man of France and of the West in general? In fact, « respectable » French newspapers, like Le Monde and French radio stations, like RFI, were literally dispatching Gueï’s version of the coup, presenting the despot as a hero who was forced by moral imperatives to take power in order to rectify injustices caused by Bédié; and while powerful African leaders like Obasandjo of Nigeria and Mbeki of South Africa saw no reason to justify Gueï’s military coup, and while they were strongly condemning the military overthrow in Côte d’Ivoire as illegitimate and were calling for the restoration of Bédie’s power, France wasted no time, through its minister of cooperation, Mr. Charles Josselin, to recognize the new praetorian regime and to announce its willingness to work with Gueï.

However, Gueï misinterpreted France’s support as a support for him instead of temporary regency of Ouattara’s throne. Mysteriously, the question of Alassane Ouattara’s nationality, which had been a sticking point during the Bédié administration, resulting in Ouattara being disqualified from the 1995 presidential race, and which according to Gueï was at the foundation of the December 1999 coup against Bédié, resurfaced on the occasion of Gueï’s presidential ambition. Like his predecessor, General Gueï pressed Ouattara to settle the issue of his doubtful Ivorian citizenship. On September 12, 2000, Gueï’s lawyers produced some papers intended to disprove Ouattara’s assertion that he had never availed himself of another nationality. Among the papers exhibited were Ouattara’s marriage certificate to an American woman named Barbara Davis, in which he declared himself a citizen of Upper Volta and stated at the time of marriage, in 1966, that his mother was no longer living; a fact that contradicted his earlier declaration that his mother was a living eighty-year-old Ivorian woman by the name of Hadja Nabintou Cissé. There were also a 1978 bank account document and of a 1980 property sale certificate in which Ouattara declared himself to be a citizen of Upper Volta. For Gueï, all these discrepancies spoke more of Ouattara’s immorality and criminal mind than they could shed light on his honesty. Gueï threatened to charge Ouattara with falsification, and once again, the Supreme Court of Côte d’Ivoire rejected Ouattara’s candidacy to the presidential election on the ground of suspicious nationality.

Members of foreign press did not remain silent to this nth injustice perpetrated against the misunderstood savior of the Ivorian flock and took it upon them to lecture the Ivorian people about what great opportunity they were missing by persecuting the great messiah come from the IMF. Nevertheless, unencumbered by the criticisms of international media that have lost all credibility even in the rare cases where they happen to get the news right, General Gueï barred Ouattara from the October 22, 2000 presidential election. As a result, five contenders vied for the presidential seat, General Robert Gueï for the military junta, Laurent Gbagbo for the socialist party FPI, Francis Wodié for the PIT, Mel Théodore for the UDCI, and the independent Nicolas Dioulo. Halfway through the ballot counting, Gueï attempted to load the dice to his advantage by stopping the count and declaring himself the winner while, the early returns had Gbagbo leading the race. Gbagbo’s supporters took to the street to protest Gueï’s coup de force, and with the support of the Defense and Security Forces of Côte d’Ivoire, they drove Gueï to hiding. A few days later, the Supreme Court declared Gbagbo the winner of the presidential race with 59.36% of the votes, against 32.7% for Gueï, 5.7% for Wodié, 1.5% for Mel, and .8% for Dioulo. Ouattara’s RDR contested the results, demanding that the election, which saw only a 37% participation and did not include Ouattara, be redone, this time with Ouattara’s participation. This protest by the RDR remains the Damocles Sword hovering over Gbagbo’s presidency that would be used to rationalize all the conceivable coups bas. Laurent Gbagbo, the saying goes, was elected in calamitous conditions–59% of the votes with a participation rate of only 37%, and above all without Ouattara, the darling candidate of France and of the Bretton Woods institutions, he who, more than anyone else before, made French multinationals in Côte d’Ivoire so wealthy by selling them the country’s strategic companies under the excuse of satisfying a World Bank/IMF program called the Washington Consensus. Therefore, against Gbagbo, all blows are permitted, even the most contemptible ones.

Hardly had Gbagbo been sworn into office than accusations of ethnocentrism and xenophobia started flying his way, and the « crimes » once imputed to Bédié and Gueï became his daily lot. Gbagbo had announced a program that disturbed French interests: Refondation (Reconstruction). It is true that the greatest distinguishing feature between imperial rule and independent government is the externality of the former. In colonial societies, the power to rule was taken away from local populations and entrusted to another state with which these populations had absolutely nothing in common. All happened as if « the ability to decide a country’s destiny, its collective mind, had been cut out surgically and transplanted into another mind in London, Paris, Brussels, The Haye or Washington; »31 a fact which in the France-Africa relationship, and for what concerns here, in the France-Côte d’Ivoire relationship, had persisted throughout all the governments that had preceded the Gbagbo administration. Gbagbo had decided that the transfer of power, thought, and responsibility from Côte d’Ivoire to the metropolis that had hitherto defined the France-Africa relation and made French African governments non-governmental organizations at the sole service of France’s interests with no regard to the interests of the Ivorian people had to come to an end through political, economic, and social purgative Refondation. Refondation was meant to dig into the foundation of the Ivorian society in order to correct the structural flaws that were slowing or impeding progress and, thus, undermining the social growth of the Ivorian people.32 Economically, among other resolutions, Refondation wanted to review the terms of renewal of a number of conventions ceded to France multinationals under their market values by the Ouattara government, conventions the clauses of which French firms had hardly abided by, and which were to fortunately come to expiration around 2004. Among these were the exploitation of Côte d’Ivoire Telecom conceded to France Telecom, the exploitation of Côte d’Ivoire’s power (EECI) and water (SODECI) companies conceded to Bouygues, the exploitation of the railway system conceded to Bolloré, and which was in dire need of modernization. Refondation also meant reassessing some construction contracts by which French firms were fleecing the Ivorian economy by overpricing their services. For instance, the contract of a third bridge to be built in Abidjan was ceded to the French Bouygues, although a Chinese company (COVEC) would build the same bridge for 1/3 of the price and would accept part of payment as exchange in coffee and cocoa. In a word, Economically speaking, Refondation was to liberate the Ivorian economy by doing away with France exploitative and manipulative « friendship, » which had not changed since the days of the colonial exclusif—this French policy whereby French colonies could only buy from France and sell to France at prices fixed by France—in order to stretch a hand to all who were willing to be partners of good faith rather than abusing speculators, as has usually been the case with France. It was obvious that if such reassessing was to happen, the pressure exerted by France on Côte d’Ivoire cede all its development deals to French multinationals without any bid for contracts would be fruitless; and French firms would henceforth have to openly compete with other multinationals (American, British, Canadian, Chinese, Japanese, South African, etc.) for a chance to obtain contracts in Côte d’Ivoire. This could be economically hazardous for France, especially as 2005 was announcing new privatizations, such as the privatization of the Ivorian oil refining company (SIR) and number two Ivorian cellular phone company TELECEL. In an open competition, French multinationals, which have proven in the past to be driven by no other concerns but exponential returns at all cost, would have very little chance of securing further contracts in Côte d’Ivoire. Actually, in an open competition, French multinationals risked losing everything to Americans, British, Canadians, or South African, Japanese or Chinese.

Perhaps, after all, Refondation’s pretensions were only a tale, the bluff of a nostalgic socialist out of touch with the realities of the moment. Perhaps, France had nothing to fear from Refondation, as Gbagbo had practically inherited a country on its knees, a country that, because of the disastrous politics of the PDCI in the previous forty years, was more dependent than ever on international aid, and especially on France. Without France, its colonial and post-colonial guarantor, where could Refondation get the money it needed for its program of development? After all, the devaluation of the CFA, the depreciation of coffee and cocoa, the country’s two major exports, the European Union’s and the World Bank/IMF’s refusal to lend any more money to Côte d’Ivoire after the Bédié administration’s much-publicized financial scandal had left Côte d’Ivoire no other alternative than to be on the good side of France, which could then intercede with international financial institutions to garner some much-needed loans and grants on behalf of Abidjan. Gbagbo could not be serious. He could not run the risk of losing France’s support at such a crucial moment by threatening French multinationals’ monopoly in Côte d’Ivoire. Gbagbo had anticipated the dilemma of not receiving any external financial help. To remedy it, he initiated a measure of austerity that consisted in working at eradicating poverty with a secured budget (a budget that could not rely on any external help); he named it le budget sécurisé.  Also, he undertook to fight corruption in taxes and at the customs. Gbagbo’s determination, earnestness, and visible success caused the World Bank to unconditionally return to doing business with Côte d’Ivoire. In 2002, the IMF, the European Union, and the African Development Bank followed suite. This made it possible for Abidjan to have the necessary financial resources to implement its program of Refondation. France’s fear started to materialize, especially as to signal France’s loss of esteem in Côte d’Ivoire and Refondation’s resolve to rectify its cooperation with France, and with all partners for that matter, a South African Company had just beaten French Bolloré at a bid for the construction of a new airport in San Pédro, south-west of Côte d’Ivoire. French multinationals had no intention of competing fairly with other countries.

In the past, it had been easy for France to buy influences in French Africa by financing the campaigns of politicians sympathetic to French interests or by bribing local officials. Refondation was undercutting this practice and leaving French multinationals, which hitherto garnered enormous dividends for France’s economy, at the mercy of other international competitors. France had no intention of loosening its grip on Côte d’Ivoire, the wealthiest former French colony in sub-Saharan Africa. Furthermore, Côte d’Ivoire’s stance, if left unchallenged, could be infectious. Other French financial havens could start questioning the validity of their « cooperation » with France; and should they, like Côte d’Ivoire, have the audacity to voice the anomalous makeup of that cooperation, France-Africa relations could be in great danger of vanishing forever. This was not about to happen, for, as Koureyssi Bâ observed so fittingly, the French policy in Africa, characterized by deceit, lawlessness and violence, remains unchanged no matter which party is in power in Paris. Furthermore, France can always rely on the servile devotion of its puppets and its docile locals informants who do not care about their legacy in history, and who are ready to draw a dagger into the back of any brother who dares to say no to the master.33 Ouattara, who had dreamed of being president of Côte d’Ivoire at all cost, had no problem driving the dagger in the back of Laurent Gbagbo, France most annoying killjoy in Africa. Convinced that France would back any subversive coup against Gbagbo, this is what Ouattara had to say in 2001 to a freshly elected group of mayors from his party:

 Nous n’attendrons pas 5 ans pour aller aux élections. Après tout, dans certains pays, il y a des coups d’Etat et les gens s’accomodent bien de ces personnes pendant une certaine période. Nous avons des monarchies dans le monde et les gens acceptent bien qu’une personne non élue représente le peuple dans sa totalité. Pourquoi devrions-nous attendre 5 ans pour que vous ayez ce à quoi vous avez droit et surtout ce que les populations réclament ? Nous avons certaines relations extérieures. Nous avons commencé à les actionner. J’aimerais vous dire aussi que nous avions convenu avec le maire Adama que nous aurons des réunions périodiques pour qu’ensemble, nous puissions développer assez rapidement une stratégie pour la conquête du pouvoir.34   [We will not wait 5 years to go to the elections. After all, in some countries, there are coups d’État, and people get used to the situation after a while. We have monarchies in the world, and people accept that a person who has not been elected represent the country in its totality. Why should we wait 5 years before you get what you deserve, especially when the populations are asking for it? We have external contacts. We have started to activate them. I would also like to tell you that with Mayor Adama we have agreed to have periodic meetings so that, very quickly, we can all develop a strategy for the conquest of power.] 

So, in the night of September 19, 2002, France triggered one of its bloodiest punitive campaigns against Côte d’Ivoire. A group of deserters from the Ivorian army, who had been training in neighboring Burkina Faso, simultaneously hit the cities of Bouaké and Abidjan with a brutality never experienced in the country. More than 100 unsuspecting members of the Ivorian defense forces in Bouaké were executed in their beds along with their families. Scores of wandering civilians were shot. Emile Boga Doudou, the Ivorian minister of interior who had just returned from a visit to his French homologue Sarkozy a day earlier, a visit during which he had raised the question of Ivorian deserters being trained in neighboring Burkina Faso, was executed in his bed, along with members of his family and his domestics. General Gueï, the former president and his wife were assassinated. It was a night of carnage. Gary K. Busch has detailed the operational organization of that atrocious nightly attack on Côte d’Ivoire.
In September 2002 about 650 rebels loyal to General Robert Gueï, attacked both Bouaké and Abidjan from neighboring Burkina Faso while Gbagbo was in Rome to meet the Pope. Their operation was supposed to last five days maximum. They were hoping to seize power and force Gbagbo to exile; but they were ill armed and disorganized, and soon the defense force of Côte d’Ivoire cornered them and reduced them to half. It was then that the commander of the French army in Côte d’Ivoire requested a cease-fire so that he could evacuate the French citizens and a few American nationals living in Bouaké. During the 48 hours allotted the French army, three Antonov-12 flew from Franceville (Gabon) to supply the rebels in armament. Other planes and truck brought in armament and mercenaries from Liberia and Sierra Leone, and the rebel force, which was previously estimated at 320 troops, grew to 2500 mercenaries armed with kalachnikovs and other weapons that had never been part of the Ivorian armory. The French army also supplied the mercenaries with sophisticated communication equipments that kept them always aware of the movements of the Ivorian defense troops. The French then retreated gradually leaving the rebels in charge with Eastern Europeans mercenaries as technical advisers. Once the rebels were well positioned, Chirac then activated the international pressure machinery through the United Nations to obtain a resolution entrusting France with a peacekeeping mission in Côte d’Ivoire.35 While tergiversations were taking more time than needed at the United Nations, the rebels were multiplying their fronts not just in the Northern part of the country, but also in the Western parts, recruiting more mercenaries from Samuel Doe’s civil war troops as well as mercenaries from the RUF in Sierra Leone. The rebels’ indiscriminate killing and raping of thousands of children, elderly, and women led to mass exodus toward Yamoussoukro and Abidjan. Gbagbo had dared to defy France, and France had launched against his regime the biggest firepower ever delivered on Côte d’Ivoire. Now the United Nations, through the Security Council, could play its partition by blessing France’s direct intrusion in the country.

Yet, Gbagbo’s Refondation was not merely a rumination posture against France. Evidently it intended to rectify Côte d’Ivoire’s anomalous relationship with France. The rosy economic definition of liberalization that treats Foreign Direct Investment as « . . . a decentralized process wherein each foreign company takes the investment decisions of the others as beyond its control . . . »36 is exploded in French Africa. There, nothing is meant to remain beyond the control of French multinationals whose barons have vouched to filter all non-French multinational investments’ access to the continent to the point of reducing them to nothing. « Exploding » is not just a figure of speech, as the daily conflagrations caused by heavy French artillery and the frequent turning out of black corpses scare Anglo-Saxon and Asian investments out of French Africa, while France remains curiously present before, during, and after the cannon roars. From the perspective of most French investors in Africa, Foreign Direct Investment should have nothing to do with each firm forming « . . . an expectation about the host country’s eventual trade policy and [evaluating] the profitability of its own potential foreign investment accordingly. »37 Instead, the host country should be bomb-pressured to accepting the level of protection and the terms of profitability dictated by France. It is unfortunate that, in economic circles, the kinds of quid pro quo foreign investments that have made French multinationals and a few corrupt nationals wealthy while impoverishing most Africans by a relocation of their economic resources are still treated as epiphenomenal or isolated episodes involving a small number of disreputable industrialists. French multinationals’ brutal practices in Africa are systemic, and they ought to be examined as such. The much-publicized Elf-Aquitaine affair has now shown that French multinationals’ dirty economic practices run deep into the French government no matter which party is in power. Gbagbo’s Refondation was principally a program of poverty reduction through a distribution to the masses of healthcare and education services and the creation of jobs; a program that fell well within the United Nations Millennium Development Goal (MDG) for Africa. The French-supported rebellion put Gbagbo’s poverty reduction program at a standstill, and the passion with which Koffi Anan’s United Nations defended the French actions and supported France’s subsequent direct intervention in Côte d’Ivoire was mind-boggling. The victim was presented as the victimizer, and the victimizer was made both judge and Jury of the victim. This collaboration of African leaders such as Ouattara and Kofi Anan with a brutal European force against their people, though revolting, nevertheless has an explanation. In all times, Africa has had local collaborators who enabled the exploitation and impoverishment of the continent by Western powers, so long as these local informants could be left to collect a few morsels alongside their plundering Western masters. At the time of the question of Côte d’Ivoire, Kofi Anan had his own scandals at the United Nations hovering over his head, and the oil for food humiliation in which his son, using the father’s influence, was deeply involved, and for which Anan needed France more than ever to testify on his behalf. This could only happen if he took care of France’s interests in Africa, no matter what the consequence could be for the African people. Anan and Ouattara were only repeating an ancient gesture called North/South collaboration. Unfortunately, It would be utterly hypocritical for anyone who unreservedly condemns the resistance organized by the Ivorian Patriotes to pretend to speak in favor of poverty reduction and growth in the Third World, and especially in Côte d’Ivoire. It is obvious that France’s gangster-like intervention in Côte d’Ivoire has undermined progress by any theory of economics. I shall point to some of the consequences of France’s disquieting intrusion in Côte d’Ivoire as they relate to the armoring of the most pessimistic economics theories for the Third World and the undercutting of all development theories ever to cast any promising outlooks on poor countries.38

To proponents of dependency theory—the theory that winners and losers are two inevitable sides of the same coin of development39—the Chiraquian martial incursion in Côte d’Ivoire to protect lamenting French multinationals terrified of international competitions makes factual the hypothesis that as economic trade grows between rich and poor nations, global income inequality grows, too. In the kind of liberal commerce that, in the wake of the Washington Consensus, has characterized the « exchanges » between Côte d’Ivoire and France, and in which the French government and the French army, following an age-old tradition, have figured more like bullying middlemen than state institutions, profits have been unashamedly unidirectional. So, this explaining that, the convergence theory—the theory claiming that someday, in a happy future, the last shall meet the first, and that rich countries will experience dwindling returns and be caught up by poor countries—is belied. If the economic trends, as we observe them today, keep up, convergence theory becomes, for the proponents of global equality, wishful thinking, an unrealizable fancy. The impossible possibilization of convergence theory is pushed even further back into the dominion of bleakness by the doing of rich countries that have specialized in altering, in poor countries, all the control variables in which advocates of endogenous growth have invested so much optimism. How so?

Against convergence theorists’ pessimistic outlooks for rich countries and optimistic perspectives for poor countries, proponents of endogenous theory would argue that humanity is only at the beginning of useful discoveries, and therefore, rich countries will always be able to subvert the menace of diminishing resources and remain dominant just by the significance of the scientific, technological innovations that they make at home. This is possible because rich countries have traditionally been able to control certain variables, such as, fertility rate, level of human capital (education), and government spending. These controlled variables are referred to as conditional factors. Traditionally, the control for these variables has been absent in poor countries. So then, the factors that come to be known in rich countries as conditional convergence factors (insofar as the conditions for their control are present) become unconditional convergence factors in the Third World (insofar as the condition for their control are absent). No one, however, would dispute the fact that conditional and unconditional convergence factors are not natural occurrences. They do not respectively appear in rich and poor countries by Devine design. They are not the making of an omnipotent Big-Other who assigns them, in that order, to civilized capitalist societies on the one hand, and to primitive territorial populations on the other hand. Conditional and unconditional convergence factors are not inherently attributed to one group of people who are in control of all their intellectual faculties as opposed to another group subjected to lobotomy. Conditional and unconditional convergence factors are created and manipulated by greed, ruthlessness, and brutality, which are not necessarily signs of intelligence. Therefore, before proponents of endogenous theory rest assured that any responsibility for failure and economic decline is entirely organic, perhaps, it would be wise to situate responsibility. On the levels of human capital and government spending, the multiple muscled interventions of France in West Africa have always, intentionally, turned conditional and unconditional factors on their heads in a theatrical diagram that made perfect sense for France while disturbing any prospect of planned development for the African nations. This viciously masterful manipulation made conditional factors unconditional for national social engineers while at the same time keeping them conditional for French business. Bare Hands Victory becomes enlightening in disclosing France’s responsibility in that regard; but Bakaba’s documentary can only expose the symptoms of a bigger infection in Africa. In Bare Hands Victory, Côte d’Ivoire is but a case study of a more pervasive hexagonal will to power determined to make profits by all means necessary.

Is it only by killing Africa’s human capital that the rest of the world could give the black continent a chance of turning the tides of global inequality? France seems resolved to spin the grim images of Ivorian youth falling under French multinationals’ hired guns into a neo-classical resolution of income inequality; one which would eerily assert, on account of the role of population growth in the race for development, that « we are saving them from themselves. » If growth is a race between increases in population and capital stock, this pessimistic-optimist argument would thus go, then, wars—which have been more exogenous than endogenous in French Africa—by their ensuing effects of population decrease, will lead to better distribution of wealth in Africa. How depressing! And how disingenuous, too, to link the slaughter of the dynamic and educated force of a country to its chances for progress! In fact, until an international outcry puts an end to the incendiary practices of the hired armies of imperial nations, the butchering of the young brains of Africa will continue to widen the technological gaps between North and South—one of the major causes of global inequality—and maintain an East-West-West-East-bound spread of technology and industrialization. It is not by accident that most Third World countries, claim appurtenance to the Orient when they cannot establish their belonging to the Occident.40 Have not theorists of economic geography told us that the Occident, with its temperate climate and smoother terrains, is blessed by the gods and has all the best prospects for development? Nevertheless, has African geography really been a hindrance at any time in history for opportunists resolute to plunder the riches of the African continent? Have not European explorers, as far back as the sixteenth century, defied the negative endowments of Africa and pushed deep into the heart of darkness to dig up Africa’s iron ores, its gold, its diamond, to cut its timber, to bleed its rubber trees, to remove its elephants’ defenses, to practice their shooting ability on its game? Have not European speculators designed ingenious methods to transfer Africa’s human capital and riches to the Occident despite Africa’s much-heralded negative endowments? Why has Europe become so paradoxically impotent when it came to developing infrastructures in the continent that would benefit African populations? And what to say of this so-called poor continent that yet continues to stir up so much interest in greedy multinationals? Geography and poverty have nothing to do with the underdevelopment of Africa. In fact, to be fair, Africa is victim of its wealth and a globalization gone mad.

NOTES
1 Sidiki Bakaba, director, Bare Hands Victory (Abidjan: Kepri Creations, 2005).

2 See, The Washington Times, Special International Report Prepared by The Washington Times Advertising Department, July 2, 1999

3 Olaudah Equiano, The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa the African

4 J.D. Fage, A History of Africa (London: Routledge, 1995), 334.

5 Ibid., 327.

6 Jules Ferry, « Les fondements de la politique coloniale, » discours prononcé à la Chambre des députés: le 28 juillet 1885

7 H. L.Wesseling, Divide and Rule: The Partition of Africa, 1880-1914, trans. Arnold J. Pomerans (Westport: Praeger, 1996), 200-203.

8 Much of the discussion here is inspired by D. K. Fieldhouse’s The West and the Third World (Oxford: Blackwell Publishing, 1999), 99-105.

9 Actually, as Fieldhouse notes, evidence points to the contrary. All of black Africa within the European Community’s preferential economic system in the 1980s had a lower per capita growth rate than South Asian countries which were not part of the system (105).

10 Ibid.

11 Richard Falk, Predatory Globalization: A Critique (Malden: Polity Press), 131.

12 James Petras, and Henry Veltmeyer, « World Development: Globalization or Imperialism? » in Globalization and Antiglobalization: Dynamics of Change in the New World Order, ed. Henry Veltmeyer (Burlington: Ashgate, 2004), 18.

13 Steven Hiatt, editor, « Global Empire: « The Web of Control, » in A Game as Old as Empire: The Secret World of Economic Hit Men and the Web of Global Corruption (San Francisco: Berret-Koehler, 2007), 12- 29. 14http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/elysee_2007/20070504.OBS5597/segolene_royal_denonce_les_ liensentre_sarkozy_bouygues_.html

15 Xavier Harel, Interview with Ahmadou Kourouma, in Politique Internationale, Issue 98 (Winter, 2003), http://www.politiqueinternationale.com/revue/read2.php?id_revue=13&id=223&content=texte&search= (accessed on January 19, 2008).

16 Alemayehu Geda, and Abebe Shimeles, « Openness, Trade Liberalization, Inequality and Poverty in Africa, » in Flat Wold, Big Gaps: Economic Liberalization, Globalization, Poverty & Inequality, eds. Jomo K. S., and Jacques Baudot, 297-326 (London: Zed Books, 2007), 304.

17 Assié-Lumumba, and Lumumba-Kasongo, « Côte d’Ivoire (Ivory Coast) in the French and Global Capitalist System, » in Africa Update, vol. X, Issue 4 (Fall 2003).

18 Alemayehu and Geda, 305.

19 Had not Sarkozy, as French minister of finance and industry, reassured EDF and GDF union members worried about privatization prospects in the following terms on April 4, 2004?
EDF et Gaz de France ne seront pas privatisées. Pourquoi? Parce que EDF et Gaz de France ne seront pas et ne seront jamais des entreprises tout à fait comme les autres . . . du fait de leur importance pour l’indépendance nationale, de leur rôle dans le service public de l’électricité et du gaz.
[EDF and GDF will never be privatized. Why? Because EDF and GDF will not be and will never be ordinary companies . . . given their importance for national independence, given their roles in public distribution of electricity and gas.]
See http://sarkozyblog.free.fr/index.php?2004/04/04/108-rencontre-avec-les-syndicats-edf

20 Assié-Lumumba, and Lumumba-Kasongo, « Côte d’Ivoire (Ivory Coast) in the French and Global Capitalist System, » in Africa Update, vol. X, Issue 4 (Fall 2003)

21 James Ferguson, Global Shadows: Africa in the Neoliberal World Order (Durham: Duke University Press, 2006), 39.

22 The review concluded that
Members congratulated Côte d’Ivoire on its pursuit of macroeconomic stabilization and trade liberalization, and noted the positive effects registered to date. They nonetheless encouraged Côte d’Ivoire to make additional commitments and bind more tariffs so as to ensure that current reforms continue. Participants expressed their conviction that the consolidation of reforms in the goods and services sectors would attract new investment and ensure sustained economic growth. See World Trade Organization, « Trade Policy Reviews: Second Press Release and Chairperson’s Conclusions Côte d’Ivoire: July 1995, http://www.wto.org/english/tratop_e/tpr_e/tp9_e.htm

23 In a letter to his family, Frantz Fanon expressed his regrets of choosing to fight for France during WW2, complaining that he was wrong to enroll to fight for the freedom of French people while French farmers themselves were not ready to fight for their liberty. See Black Skin, White Masks (videorecording)

24 Jeune Afrique, issue 1231 (August 8, 1984), p. 21

25 H. K. Bédié, Les chemins de ma vie, (Paris: Plon, 1999), 50.

26 Francois Soudan, « Ouattara est-il ivoirien? » (13 juin, 2000), http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN13063ouattneirio0

27 Ibid., 44.

28 Vincent Hugeux, « Quand la Côte d’Ivoire joue avec le feu, » http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/cotedivoire/dossier.asp?ida=418738&p=2

29 See Jérôme Dupuis, and Jean-Marie Pontaut, « Mains basses sur l’aide européenne, » April 6, 2000, http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/cotedivoire/dossier.asp?ida=418736:
Où ont disparu les 180 millions de francs que l’Union européenne a versés à la Côte d’Ivoire? Cette aide, destinée essentiellement au programme de santé, a été systématiquement détournée entre 1992 et 1997, comme l’attestent plusieurs audits récents de la Commission européenne et un rapport accablant de l’Inspection des finances ivoirienne, dont L’Express a pris connaissance [[What happened to the 180 million francs that the European Union disbursed to Côte d’Ivoire? This money especially earmarked for healthcare has been systematically diverted between 1992 and 1997 as indicated by several recent audits by the European Commission and a report of the Ivorian finance inspection obtained by L’Express.]
30 Ibid.
Il est scandaleux que les députés européens n’aient pas été informés de ces détournements, qui concernent des secteurs aussi sensibles que la santé. Je ne comprends pas que la délégation sur place et les quatre experts du Fonds européen de développement détachés auprès de l’administration ivoirienne n’aient rien vu. Cela pose un problème de compétence. A moins qu’il n’y ait d’autres explications [It is outrageous that the members of the European Parliament had not been informed of these embezzlements that touch such sensitive sectors as health. I cannot understand how the delegation on the ground and the four experts of the European Development Fund assigned to the Ivorian administration did not detect anything. This raises a question of competence. Unless some other explanations exist.]

 31 David Kenneth Fieldhouse, The West and the Third World: Trade, Colonialism,  Dependence and Development (Malden: Blackwell Publishers, 1999), 72

32 Pr. Mamadou Koulibaly, La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire (Abidjan: La Refondation, 2003), p. 4.

33 Interview by Abdou Salam Diop, in “L’Harmattan” No 854-9056, January 2, 2005, http://www.midici.com/

34 Ibid.

35 La guerre de la France, 11-14.

36 Gene M. Grossman, and Elhanan Helpman, Interest Groups and Trade Policy (Princeton: Princeton University Press, 2002) 235.

37 Ibid.

38 Much of my discussion here will rely on Glenn Firebaugh’s summary of the theories of world stratification as he laid them out in The New Geography of Global Income Inequality (Cambridge: Harvard University Press, 2003),170-84.

39 Firebaugh, 170.

40 See Henry Louis Gates, Jr. Wonders of the African World (videorecording)

(Vidéo) Le traitre Mangou-la-majorette confronté à la gare du nord par la jeunesse panafricaine le samedi 11 juin

En route pour la Haye où il doit témoigner contre le Président Gbagbo, « la majorette » Mangou est repérée et sommée par la jeunesse panafricaine de justifier sa posture de traitre devant l’histoire.

 

Quelle misère morale!

misère morale

Des têtes couronnées reçues par dramane cette semaine ont proposé qu’un troisième mandat soit permis à cet homme qui ne devrait déjà pas être là où il est, qui a enjambé des corps et balafré la Côte d’Ivoire pour se retrouver au palais présidentiel. Quelle tristesse morale ! C’est comme si en présence de dramane la couronne serait la tête à ces chefs et rois et empêchait l’oxygène de leur arriver au cerveau. Quelle pénurie morale !

(Vidéo) Mallence B. Williams sur le rôle des ONG occidentales en Afrique

Audio: Le Cadeau de Wattra-Enquête sur les enfants «microbes» à Abidjan (RFI)

abobo19

Cliquez sur le lien ci-dessous: Le plus ridicule, c’est ce « sociologue » du nom de Koné qui tente de dédouaner le régime de Dramane Wattra en ramenant les causes du phénomène des « microbes » au choc pétrolier de 1970. Les messagers de Dramane n’ont pas fini de nous étonner.

http://www.rfi.fr/emission/20150515-enquete-microbes-abidjan/

Missions apostoliques en Côte d’Ivoire: Porter les préoccupations du Peuple au Pape et non se laisser porter, Jean-Claude Djereké

Livingston en soutane

Notre papier sur le nonce apostolique Joseph Spiteri porté en hamac par des fidèles catholiques de Fresco le 14 mai 2016 a fait couler beaucoup d’encre, preuve que les Ivoiriens commencent à prendre goût au débat d’idées. Nous ne pouvons que nous en réjouir car la force des arguments vaut beaucoup mieux que l’argument de la force. Mais suffit-il de dire qu’on n’est pas d’accord avec telle ou telle position? Non! Il importe aussi de raisonner et de convaincre en s’appuyant sur des faits indiscutables. Au lieu de cela, certains internautes ont donné l’impression de justifier l’injustifiable en écrivant des choses qui puent soit l’ignorance, soit la mauvaise foi.
Ils nous accusent, ainsi, de ne pas aimer l’Église catholique et d’outrager ses dirigeants. Faux, car l’Église n’est pas aimée que par ceux qui ferment les yeux sur ses fautes et travers. Paul aimait et respectait Céphas (Pierre), ce qui ne l’empêcha pas de lui résister en face, c’est-à-dire de le reprendre à Antioche quand il constata que Pierre avait une attitude ambiguë à l’endroit des frères convertis du paganisme: avant l’arrivée de quelques-uns venus de la part de Jacques, Pierre mangeait avec les païens mais, devant les chrétiens judaïsants, il ne voulait plus manger avec eux (Galates 2, 11). Benoît XVI, qui sanctionna 400 prêtres coupables de pédophilie en Europe et en Amérique du Nord, détestait-il l’Église? Non! En relevant en 2014 de ses fonctions Mgr Franz-Peter Tebartz-Van Elst, l’ancien évêque de Limburg (Allemagne) qui utilisa 15 000 euros pour refaire ses appartements privés, le pape François voulait-il détruire l’Église? Non! Aimer une personne ou une institution ne signifie pas accepter ou cautionner tout ce que fait cette personne ou cette institution. Non, l’Église du Christ n’a pas besoin de fanatiques, d’intégristes ou d’épiscopâtres (adorateurs d’évêques).Colonization and Empire

Nos contradicteurs soutiennent aussi que le nonce a été porté parce que c’est la coutume du coin. Faux! Les Krou, grand groupe ethnique auquel appartiennent les Godiés, n’accueillent pas l’étranger ou le chef de cette façon. C’est en pays akan que le roi ou la reine est porté(e) par quelques sujets.
Ils font remarquer que Spiteri a été accueilli comme le Christ aurait été accueilli. Faux pour deux raisons. La première, c’est que Spiteri n’est pas Jésus. Il est non seulement erroné mais prétentieux de mettre Spiteri (une pauvre créature mortelle) et Jésus (non pas créé mais engendré puisque de même nature que Dieu-le-Père) sur un pied d’égalité; la seconde raison est que, lorsque Jésus entra à Jérusalem (6 jours avant la Pâque), il ne fut pas porté par des hommes mais par un âne (Luc 19, 29-44). Comment pouvait-il se laisser porter par des hommes, lui qui expliqua plusieurs fois à ses apôtres que le plus grand doit doit se faire serviteur?
Ils font la comparaison avec l’athlète Murielle Ahouré. Comparaison que nous jugeons irrecevable et voici pourquoi: Oui, Ahouré fut portée en triomphe par ses parents et fans après avoir gagné deux médailles d’argent (100 m et 200 m) aux Mondiaux de Moscou en août 2013 mais lui, Spiteri, quel exploit a-t-il réalisé? Qu’a-t-il fait d’important pour les Godiés qui mériterait que ces derniers le portent en hamac? Par ailleurs, M. Ahouré n’a pas fait vœu de pauvreté. Quant à Spiteri, il a librement décidé de suivre et de servir Jésus pauvre, simple et serviteur. On attend donc, et c’est la moindre des choses, que ses actes soient en accord avec les engagements qu’il a pris “devant Dieu et devant les hommes”.

À supposer qu’on lui ait proposé d’être porté, Spiteri était-il obligé de se faire porter? Non! Il aurait rejeté l’indécente proposition que le Ciel ne lui serait pas tombé dessus. Ignorait-il que les colons étaient portés par les indigènes dans les pays colonisés? Non, parce que ça m’étonnerait que le Vatican nomme en Afrique un ambassadeur ignorant tout du douloureux passé des Africains (traite négrière, esclavage et colonisation). Seulement, il a pensé qu’il pouvait se permettre chez nous ce qu’il ne peut se permettre en Europe (faire l’apologie d’Hitler, exhiber la croix gammée nazie).

Et si c’est un évêque noir qui avait été porté, aurions-nous condamné? Oui, parce que les exigences évangéliques s’adressent à tous les peuples, races et nations, parce que, blanc ou noir, un prêtre ou un évêque doit chercher à imiter le Christ, pas le monde. Son modèle doit être le Christ et non “les chefs des nations païennes et les grands qui commandent en maîtres et font sentir leur pouvoir” (Marc 10, 44-45). Le chrétien devrait prêcher, non pas un messie triomphant, mais Christ crucifié (1 Corinthiens 1, 23). Or qui sont les crucifiés en Côte d’Ivoire et en Afrique aujourd’hui? Qui souffre et pleure ? Qui est brimé, exploité, spolié ou piétiné? Un nonce, à notre avis, n’est pas un touriste; sa mission ne consiste pas à se faire ou à se laisser porter par des personnes tenant difficilement debout parce que ne mangeant pas assez. Sa mission est plutôt de porter au pape les souffrances, angoisses et préoccupations de ces personnes-là.

Que les Akan Cessent de Souiller leurs Symboles de Chefferie (24 décembre 2012), M. Frindéthié

Depuis l’installation de la dictature de Ouattara, il ne se passe plus un seul jour sans que les autorités akan de Côte d’Ivoire n’endimanchent le premier venu des atours de leur chefferie. A peine trois pelés et un tondu de l’administration des rattrapocrates montrent-ils leurs faciès chez les Akans, que les notables se précipitent-ils à les affubler des symboles de la chefferie et les faire princes de ceci ou de cela. Les notables akan se lancent-ils dans cette absurde théâtralité sous la peur ou la douleur d’estomac ? Il est temps, et grand temps, que les chefs akan comprennent que leur propension à banaliser les armoiries et les rituels de chefferie en les faisant porter par n’importe qui, et surtout par des assassins dont les mains sont encore fraîches du sang de leurs fils et filles, ne les honore pas. Que cesse ce théâtre de l’absurde ! Aucune contrainte, aucun borborygme d’estomac ne saurait justifier cette tendance grandissante à banaliser, voire à souiller, les emblèmes de chefferies akans. En cette période où la décence humaine a perdu le nord, un peu de dignité de la part des notables akan serait de bon ton.

Soro dans son kita: les Bété ont dû se tordre de rire, M. Frindéthié

Soro(20)Le griot africain – le vrai griot, et non pas ce saltimbanque indigne qui pour quelques piécettes sonnantes et trébuchantes sortirait sa darbouka pour inventer une généalogie aux branches dorées au premier zouave sur la place du village – possède une façon bien particulière de rire aux dépens du despote sans risquer de se faire trucider. Il procède par ironie kinésique ; une insulte bien déguisée par laquelle la gestuelle, l’image, le comportement en disent plus long que le verbe. Dans les tribus plus au sud de la Côte d’Ivoire, où le pagne kita fait partie de l’habit traditionnel des hommes et des femmes, on le sait très bien, seul l’idiot du village se découvre le bras gauche du kita quand il le porte. Soro Guillaume, qui a sorti chars et soldats pour s’inviter de force chez les Bété, a fait les frais de cette insulte par circonlocution lorsque les parents du Président Gbagbo et de Blé Goudé, la lame du hachoir sur la gorge, ont été contraints de recevoir le chef de la rébellion du Nord. Ils l’ont tout bonnement emmitouflé dans le pagne de l’idiot du village.  Soro dans son kita, le bras gauche à découvert, se pavanant insoucieux parmi les Bété, c’était comme un chimpanzé fagoté dans la chasuble du pape, oublieux du rire des hommes. Et d’idiot, il en avait vraiment l’air, le Soro, dans son beau kita, le bras gauche à découvert !

Insécurité / Microbes : L’imam Diaby Almamy « De grosses têtes de la rébellion sont derrière ces enfants »

microbesImam de la Mosquée Ifpg au Plateau et président de l’Ong Nouvelle Vision contre la pauvreté, Diaby Almamy, mène plusieurs actions dans le cadre de la réinsertion des ex-combattants. Nous l’avons rencontré le samedi 2 août 2014 au Plateau. A cette occasion, le guide réligieux qui est également un collaborateur de l’Onuci, s’est prononcé sur le phénomène des ‘’microbes’’, ces enfants qui agressent à main armée dans des communes d’Abidjan.

Il est de plus en plus question à Abidjan du phénomène des »Microbes ». Qui sont-ils exactement ?

Diaby Almamy : Il faut le dire. C’est une affaire qui concerne trois types d’enfants. Il y a celui des ex-combattants, celui des enfants qui ont servi d’indicateurs pendant la crise et ceux qui ont intégré ces groupes juste par suivisme. Mais, le fond du problème est purement politique. Le politique a utilisé ces enfants pendant les heures chaudes où il fallait trouver le moyen de faire partir le président Laurent Gbagbo. Et, une partie de ces enfants brûlaient les pneus, participaient aux opérations ville morte. Ils paralysaient tout le système dans les communes d’Adjamé, d’Abobo et d’Attécoubé. Aujourd’hui, ils ont vu que la situation s’est normalisée. Et, ceux qui les mettaient dans la rue sont aujourd’hui à l’aise pendant qu’eux souffrent. C’est l’une des parties du problème. Il y a aussi le cas des ex-combattants. Des enfants se sont battus avec eux pendant la crise. Ils avaient entre 18 et 25 ans. Et maintenant qu’on doit s’occuper d’eux, on leur dit qu’ils ne savent ni lire, ni écrire. Ils ont donc décidé de constituer un bloc à Attécoubé.

Quand ces enfants attaquent des personnes, que font-ils des biens volés ?

D.A : Ils ont des ex-combattants derrière eux, à qui, ils reversent tout cela, une sorte de commandement.

Qui sont ces personnes, ces ex-combattants ?

D.A : A Attécoubé, ce sont les éléments de la Marine. Il y avait deux groupes. Un qui acceptait de travailler pour eux quand un autre groupe refusait. Ce qui faisait que lorsque les deux groupes s’affrontaient, au lieu de les séparer, ils choisissaient de tirer sur ceux qui ne travaillent pas pour eux. Attécoubé était devenue infréquentable. Je suis allé voir la commissaire (de police) pour lui demander les raisons de cette situation. Elle m’a fait savoir que quand on arrête ces enfants, des hommes en armes, en treillis, viennent les libérer sous prétexte que ces enfants ont combattu avec eux. Je suis allé à la Marine pour discuter avec le commandant. Il m’a dit que ce ne sont pas eux les responsables. Mais, après nos investigations, nous avons compris que ce sont ses éléments qui le faisaient. Pour aller plus loin, je vous informe que le chef des microbes de Boribana dormait à la Marine.

Ce chef-microbe est-il un soldat ?

D.A : Non, c’est un civil. Et, il dormait à la Marine au vu et au su de tous. Quand les gens de la Cie (Compagnie ivoirienne d’électricité, Ndlr) sont venus à Boribana pour couper le courant parallèle, ces enfants ont coupé le bras d’un élément Frci du ‘’commandant Barbu’’. Cela n’a pas été sanctionné. On constate que ces enfants font ce qu’ils veulent et personne n’en parle. Nous avons organisé une grande cérémonie pour proposer des solutions à ce problème. Ces enfants nous disaient tout. Après les échanges avec les enfants, nous avons compris que le problème à Attécoubé vient de la Marine. Celui d’Abobo vient des anciens ‘’syndicats’’ qui ont leur enfants parmi ces microbes.

Concernant ces éléments des ‘’syndicats’’, à quel niveau sont-ils impliqués dans cette affaire ?

D.A : Il y a 4 enfants que nous sommes allés trouver à la Maca (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan). On leur a demandé pourquoi ils se sont retrouvés en prison. C’étaient des enfants de 15 à 17 ans maximum. Ils nous ont expliqué qu’ils étaient dans les gares. Ils prenaient ce qu’ils devaient prendre pour le remettre aux chefs des syndicats. A un moment, ils se sont rendus compte que les chefs ne s’occupaient pas bien d’eux. Ilsmicrobes 2 ont donc décidé d’arrêter. Quand ils ont arrêté, on les a envoyés de Cocody à Abobo. Après, ils se sont retrouvés à la Maca. Ces enfants n’y sont pour rien. C’est pour vous dire qu’il y a de grosses têtes qui ont combattu au niveau de la rébellion qui sont derrière ces enfants.

Des officiers supérieurs ?

D.A : Oui. Des gens bien connus aujourd’hui, qui ont participé à la rébellion. Ce sont aujourd’hui des haut gradés. Cela nous choque vraiment de voir cela. Parce que cela n’aide pas le président (de la république) à sortir le pays du trou. Il fait tout ce qu’il peut. Mais, ces gens créent toujours un blocage. Ils allument le feu et viennent après jouer les pompiers. Il y a des enfants de ‘’syndicats’’ bien connus, qui sont des microbes. Donc, ils ne peuvent jamais contribuer à arrêter ce phénomène. Puisque, quand ces enfants prennent des portables, des bijoux de valeur, ils viennent les remettre à ces soi-disant chefs. Et quand après le partage ils ne sont pas contents, ils retournent encore sur le terrain. Mais, il y a un fait qu’il faut souligner. La plupart de ces enfants sont des ressortissants des pays voisins. Pour beaucoup, ils ne sont pas Ivoiriens. Il y a des Maliens, des Guinéens, des Burkinabés. Le chef d’Attécoubé par exemple est Burkinabé. Son second est Malien. Nous avions décidé de rentrer en contact avec les Ambassades de ces pays pour qu’ils puissent aussi faire la sensibilisation à leur niveau. Tous ceux-là sont soutenus par des chefs de guerre. Il ne faut surtout pas oublier ce côté.

Qu’est ce qui motive aujourd’hui ces officiers supérieurs qui vivent quand même dans de bonnes conditions à encadrer ces enfants ?

D.A : Les syndicats par exemple sont soutenus par certains chefs de guerre parce que dans chaque gare, ils ont leur ration. De ce fait, ils ne veulent pas mettre fin à ce qu’on appelle le phénomène des Gnambros (membre de syndicats de transporteurs : Ndlr). Et, c’est le phénomène des Gnambros qui alimente celui des »Microbes ». Puisque, la plupart de ces enfants sont les fils des syndicats. Il faut le dire. Aujourd’hui, je me retrouve souvent menacé par des syndicats, des Frci. J’ai été mandaté par l’Onuci (Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire : Ndlr) pour suivre le processus des ex-combattants. J’ai aidé plus de 300 à Abobo à avoir un emploi. Je sais donc de quoi je parle.

Ne craignez-vous pas pour votre vie à l’allure où vont les choses ?

D.A :Pas du tout. Je suis guide religieux. Imam de la mosquée Ifpg au Plateau, qu’on appelle la mosquée Aemci. Je me dis que c’est une mission de Dieu. Ils peuvent me tuer s’ils le veulent. Mais, qu’ils sachent que tout ce qu’ils sèment, ils le récolteront un jour.

Pour revenir à la question de ces bandes, comment fonctionne une équipe de »microbes » ?

D.A : Il y a ce qu’ils appellent ‘’Opération ville propre’’. Ils peuvent se mettre à près de cent. Ils occupent une voie. Et ce jour-là, tous ceux qu’ils rencontrent sur cette voie, sont dépouillés de tout. Il y a deux semaines à Attécoubé, il y a un microbe qui a foncé sur moi. Arrivé à mon niveau. Il a crié ‘’Eh vieux père, c’est toi’’ et il est parti. Il avait sa machette et son pistolet en main.

En plus des armes blanches, ils ont donc des armes à feu…

D.A :Oui, ils ont des armes à feu. Vous savez, ces enfants n’ont plus peur de rien. J’étais à Agboville, il y a quelque temps. A 23 h, »le commandant Barbu » qui est à la Sodeci à Attécoubé, m’a appelé. Il m’a dit que ces enfants ont même cassé sa voiture à Boribana. J’ai dit au commandant que »ceux qui te créent des problèmes sont au sein de ton groupe ». Ce qui se passe actuellement risque de ternir fortement l’image du président Ouattara. C’est pour cela que nous avons décidé de dire la vérité aux Ivoiriens.

Quelle est cette vérité ?

D.A :La vérité est que pour finir avec les »Microbes », il faut régler le problème des ex-combattants. Il y en a qui ont combattu et qui n’ont pas été pris en compte pendant que des autorités allaient chercher leurs frères au village pour les (…) Lire La suite sur Linfodrome

Qu’elle est belle la Côte d’Ivoire de dramane wattra à l’heure de « l’émerzance des « Ivoiriens nouveaux »!!!

Silence, on émerrrrze!!! La saleté, on l’ADOrrrre!!! On y mange, on y dort, on y patauge, on y bat campagne, ça ne nous gêne aucunement; au contraire!!!!

La ghettoïsation de la Côte d’Ivoire continue (24 avril 2015), M. Frindéthié

Logements sociaux d'Houphouët: Imaginez un peu ce que c'était il y a 40 ans

Logements sociaux d’Houphouët: Imaginez un peu ce que c’était il y a 40 ans

Logements sociaux de Dramane: Imaginez un peu ce que ce sera dans 5 ans

Logements sociaux de Dramane: Imaginez un peu ce que ce sera dans 5 ans

40 ans après les premiers logements sociaux du Président Houphouët (Sicogi, Sogefia) la Côte d’Ivoire peine à offrir des habitations décentes aux Ivoiriens.

Au contraire, ce qui se donne à voir depuis l’arrivée des Rattrapés au pouvoir, c’est un nivellement par le bas, une ghettoïsation de la Côte d’Ivoire. Le standard des constructions qui sous l’égide du « ministère de la construction » de Dramane poussent comme des champignons ces dernières années fait honte. Ce n’est pas un standard digne de la Côte d’Ivoire.

Tout n’est pas de superposer des briques comme un angelot s’amusant au jeu du lego. Il faut savoir  proposer aux Ivoiriens quelque chose qui fait plaisir aux yeux et rehausse la dignité humaine. Ces poulaillers en construction que l’on nomme fièrement « logements sociaux » sont en deçà de ce qui se construisait il y a 40 ans ; et c’est inadmissible. Quel gâchis ! Et puisqu’une image vaut bien mille mots, nous vous offrons par images la comparaison suivante :

En haut, les logements sociaux d’Houphouët d’il y a 40 ans.

En bas, la version dramanique de 2015.

Oh oui, des locataires inconscients ont laissé se dégrader les « maisons d’Houphouët ». Mais même dans leurs décrépitudes, ces bâtiments d’il y a 40 ans sont loin d’être rattrapés par les poulaillers de nos Rattrapés.

Prise en charge psychologique des danseurs de Papa Wamba. Et les autres ?

Pr Maratou Koné, ministre ivoirien de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l'indemnisation des victimes

Pr Maratou Koné, ministre ivoirien de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l’indemnisation des victimes

Le ministère ivoirien de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l’indemnisation des victimes a entamé depuis hier à Abidjan, sous la houlette du Pr Mariatou Koné, une prise en charge psychologique des chanteurs et danseurs du musicien Congolais Papa Wemba, décédé dimanche matin sur la scène de la 9è édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA). Bien que cette initiative soit hautement louable, la discrimination avec laquelle elle s’applique en laisse un goût désagréable.

Qu’en est-il des étudiantes violées dans leurs chambres par les soldats de dramane pendant la toute dernière répression militaire au campus de Cocody ?

Qu’en-est-il des victimes de la purge d’Assuéfry ?

Qu’en est-il des victimes de touba, de Bouna, de Dabou et de Jacqueville ?

Qu’en est-il des victimes de la horde assassine de dramane à Nahibly et à Duékoué ?

Ces victimes, elles, n’ont-elles pas besoin de soutien psychologique ?

Quel est ce gouvernement de névrosés abandonniques au regard toujours tourné vers l’extérieur alors que l’interpellent des souffrances internes ?