Audio: Le Cadeau de Wattra-Enquête sur les enfants «microbes» à Abidjan (RFI)

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Cliquez sur le lien ci-dessous: Le plus ridicule, c’est ce « sociologue » du nom de Koné qui tente de dédouaner le régime de Dramane Wattra en ramenant les causes du phénomène des « microbes » au choc pétrolier de 1970. Les messagers de Dramane n’ont pas fini de nous étonner.

http://www.rfi.fr/emission/20150515-enquete-microbes-abidjan/

Missions apostoliques en Côte d’Ivoire: Porter les préoccupations du Peuple au Pape et non se laisser porter, Jean-Claude Djereké

Livingston en soutane

Notre papier sur le nonce apostolique Joseph Spiteri porté en hamac par des fidèles catholiques de Fresco le 14 mai 2016 a fait couler beaucoup d’encre, preuve que les Ivoiriens commencent à prendre goût au débat d’idées. Nous ne pouvons que nous en réjouir car la force des arguments vaut beaucoup mieux que l’argument de la force. Mais suffit-il de dire qu’on n’est pas d’accord avec telle ou telle position? Non! Il importe aussi de raisonner et de convaincre en s’appuyant sur des faits indiscutables. Au lieu de cela, certains internautes ont donné l’impression de justifier l’injustifiable en écrivant des choses qui puent soit l’ignorance, soit la mauvaise foi.
Ils nous accusent, ainsi, de ne pas aimer l’Église catholique et d’outrager ses dirigeants. Faux, car l’Église n’est pas aimée que par ceux qui ferment les yeux sur ses fautes et travers. Paul aimait et respectait Céphas (Pierre), ce qui ne l’empêcha pas de lui résister en face, c’est-à-dire de le reprendre à Antioche quand il constata que Pierre avait une attitude ambiguë à l’endroit des frères convertis du paganisme: avant l’arrivée de quelques-uns venus de la part de Jacques, Pierre mangeait avec les païens mais, devant les chrétiens judaïsants, il ne voulait plus manger avec eux (Galates 2, 11). Benoît XVI, qui sanctionna 400 prêtres coupables de pédophilie en Europe et en Amérique du Nord, détestait-il l’Église? Non! En relevant en 2014 de ses fonctions Mgr Franz-Peter Tebartz-Van Elst, l’ancien évêque de Limburg (Allemagne) qui utilisa 15 000 euros pour refaire ses appartements privés, le pape François voulait-il détruire l’Église? Non! Aimer une personne ou une institution ne signifie pas accepter ou cautionner tout ce que fait cette personne ou cette institution. Non, l’Église du Christ n’a pas besoin de fanatiques, d’intégristes ou d’épiscopâtres (adorateurs d’évêques).Colonization and Empire

Nos contradicteurs soutiennent aussi que le nonce a été porté parce que c’est la coutume du coin. Faux! Les Krou, grand groupe ethnique auquel appartiennent les Godiés, n’accueillent pas l’étranger ou le chef de cette façon. C’est en pays akan que le roi ou la reine est porté(e) par quelques sujets.
Ils font remarquer que Spiteri a été accueilli comme le Christ aurait été accueilli. Faux pour deux raisons. La première, c’est que Spiteri n’est pas Jésus. Il est non seulement erroné mais prétentieux de mettre Spiteri (une pauvre créature mortelle) et Jésus (non pas créé mais engendré puisque de même nature que Dieu-le-Père) sur un pied d’égalité; la seconde raison est que, lorsque Jésus entra à Jérusalem (6 jours avant la Pâque), il ne fut pas porté par des hommes mais par un âne (Luc 19, 29-44). Comment pouvait-il se laisser porter par des hommes, lui qui expliqua plusieurs fois à ses apôtres que le plus grand doit doit se faire serviteur?
Ils font la comparaison avec l’athlète Murielle Ahouré. Comparaison que nous jugeons irrecevable et voici pourquoi: Oui, Ahouré fut portée en triomphe par ses parents et fans après avoir gagné deux médailles d’argent (100 m et 200 m) aux Mondiaux de Moscou en août 2013 mais lui, Spiteri, quel exploit a-t-il réalisé? Qu’a-t-il fait d’important pour les Godiés qui mériterait que ces derniers le portent en hamac? Par ailleurs, M. Ahouré n’a pas fait vœu de pauvreté. Quant à Spiteri, il a librement décidé de suivre et de servir Jésus pauvre, simple et serviteur. On attend donc, et c’est la moindre des choses, que ses actes soient en accord avec les engagements qu’il a pris “devant Dieu et devant les hommes”.

À supposer qu’on lui ait proposé d’être porté, Spiteri était-il obligé de se faire porter? Non! Il aurait rejeté l’indécente proposition que le Ciel ne lui serait pas tombé dessus. Ignorait-il que les colons étaient portés par les indigènes dans les pays colonisés? Non, parce que ça m’étonnerait que le Vatican nomme en Afrique un ambassadeur ignorant tout du douloureux passé des Africains (traite négrière, esclavage et colonisation). Seulement, il a pensé qu’il pouvait se permettre chez nous ce qu’il ne peut se permettre en Europe (faire l’apologie d’Hitler, exhiber la croix gammée nazie).

Et si c’est un évêque noir qui avait été porté, aurions-nous condamné? Oui, parce que les exigences évangéliques s’adressent à tous les peuples, races et nations, parce que, blanc ou noir, un prêtre ou un évêque doit chercher à imiter le Christ, pas le monde. Son modèle doit être le Christ et non “les chefs des nations païennes et les grands qui commandent en maîtres et font sentir leur pouvoir” (Marc 10, 44-45). Le chrétien devrait prêcher, non pas un messie triomphant, mais Christ crucifié (1 Corinthiens 1, 23). Or qui sont les crucifiés en Côte d’Ivoire et en Afrique aujourd’hui? Qui souffre et pleure ? Qui est brimé, exploité, spolié ou piétiné? Un nonce, à notre avis, n’est pas un touriste; sa mission ne consiste pas à se faire ou à se laisser porter par des personnes tenant difficilement debout parce que ne mangeant pas assez. Sa mission est plutôt de porter au pape les souffrances, angoisses et préoccupations de ces personnes-là.

From Colonization to Globalization: Difference or Repetition? Martial Frindethie

global
. . . since the collapse of the USSR, the dynamics of empire has changed. The World is now more multipolar and mercantile, with China and Europe emerging to compete against the US. Empire is more driven by multinational corporations, whose interests transcend those of any particular nation-state.
STEVEN HIATT— »Global Empire: The Web of Control, » A Game As Old as Empire

Crisis as Possibility or Globalization à la française 
General Charles de Gaulle, this most beloved French president and iconic figure of French resistance and morality, once formulated an aphorism whose hideous veracity is only equaled by the unscrupulous zeal with which France put it into practice throughout history. « France, » he said, « has no friends, but only interests. » This Gaullist maxim, which foreboded an unchanged paradigm of philosophical disinformation, economic strangulation, military persecution, and political destabilization, if it has proven factual over time and has helped France accumulate a colossal fortune to the detriment of its former colonies, is today being challenged by most French-speaking African countries. Perhaps, the most powerful counter-hegemonic social movement of the twenty first century witnessed in French Africa is the resistance movement that has been taking place in Côte d’Ivoire since 2002. Sidiki Bakaba, an Ivorian filmmaker, has documented it in his Bare-handed Victory.1 It is a mobilization and struggle against French neocolonial agenda disguised under the coat of globalization. The objective of this polymorphous resistance movement is to unveil and defeat France’s imperial economic and political scheme wherever it will manifest itself in Côte d’Ivoire and under whichever form it will hide. Côte d’Ivoire, the Ivorian patriotes often chant, will be the graveyard of France’s deceitful policy in its former colonies. What they mean is that, at least in Côte d’Ivoire, they are determined to put an end to the French arsonist policy by which France has historically schemed to set multiple fires in Africa in order to hire itself as emergency management agency via the United Nations and the world financial institutions.

THE LOGIC OF FRENCH INTERVENTIONS IN AFRICA 
No matter under which form they come into view, the various French interventions in Africa have never had a philanthropic thrust. French intrusions in Africa have always been driven by logic of maximum wealth through minimum or no effort. Historically, the French Republic has seldom won a war. In fact, the French have systematically lost most wars, even the ones that they confidently declared on their neighbors; and each time France was defeated, it turned to Africa or to the Caribbean with the most destructive designs to assuage its bruised ego and to rebuild its broken finances. An understanding of the French policy in Africa—and the Caribbean—whereby in moments of political and financial distress at home crises are implemented abroad as possibility for Hexagonal improvement could inform a discussion of the contemporary stance against France’s brand of globalization in Africa in general, and in Côte d’Ivoire in particular.

In 1871, in the aftermath of the Franco-Prussian War, a war that France declared and seemed so confident to win on its Prussian neighbor, France emerged a broken and demoralized nation with a diminished territory, a poor economy, and an injured reputation. The German Alliance had just defeated France, annexed its territories of Alsace and Lorraine, and handed the French government a reparation invoice the equivalent of one billion dollars to be paid within three-year. Despite its drained reserves, France managed to acquit itself of the enormous bill long before the scheduled deadline. France’s alacrity to make good on the German humiliating tab would have seemed a casual occurrence if almost fifty years before this event, a less powerful country, Algeria, asking that France reimbursed a loan it had owed for too long, had not paid a heavy cost for its impertinence. In fact, the immediate economic outcome of the 1789 French Revolution was catastrophic. Agricultural methods in France had remained archaic. Unlike British farmers, for instance, French farmers had not been able to develop large agricultural exploitations to sustain the local markets and bring in much-needed revenues. The small farms could hardly feed the French populations, and the price of grain and firewood had skyrocketed; bread, the quintessential French food, was being rationed. France was on the verge of famine, and an even more dangerous prospect was developing: Napoleon’s hungry armies in Italy and Spain were getting irritable, and a mutiny could break any time. Subsequently, France turned to two Algerian commercial houses, Bacri and Busnach, for a loan in money and grains in order to remedy the country’s hardship. However, Bacri and Busnach, too, owed some money to the Algerian sovereign, Dey Kodja Hussein, and they were waiting for France to honor its tab, so they could settle their debt with the Dey. In 1815, by the end of the Napoleonic failed war, France’s debt to Algeria was about 18 million francs. Perhaps the merchants had asked Dey Hussein to recover the money from French authorities on their behalf, so that they could also settle their debts with him. Whatever the case, Dey Hussein grew impatient with France’s tergiversations. In 1827, during a heated argument with Pierre Deval, the French consul in Algeria about France’s long-due balance, the Dey’s flywhisk flew in the face of the French consul. King Charles X, who was not very eager to pay off his delinquent debt to Algeria, seized this occasion to protest what he perceived in the Dey’s gesture as lack of respect for the French Crown. Despite Dey Hussein’s explanation that his gesture was in response to Pierre Deval’s personal insult to him, and not a condescension directed at the king of France, 600 French ships landed 37,000 troops in Algeria on June 14, 1830. The French soldiers engaged in the most despicable acts of religious vandalism and human right abuses. They raided mosques and transformed them in cathedrals. They destroyed private properties; they raped women, and executed hundreds of Algerians. Less than a month later, on July 5, the French deposed Dey Hussein. By February 1831, Algeria became effectively a French settlement colony, and French authorities invited 4500 French colonists to farm the fertile coastal lands of Algeria.2 The French occupation of Algeria was not easy, nonetheless. Until 1962, the Algerians resisted the French. Finally, in 1962, the Algerians handed the French one of their most humiliating defeats in history. Germany of 1870 was not 1830’s Algeria. France understood that it was not in its interest to delay its obligation toward the Germans. So, France paid its debt promptly and spent the ensuing years ruminating its defeat and thinking of ways to brighten its tarnished image in Europe. Many social engineers suggested that France should concentrate its efforts overseas and build itself an empire that would both replenish its depleted coffers and extend to « inferior » races its ideals of civilization.

France, it should be noted, had been present in Africa as early as 1642 and had actively participated in the slave trade that sold more than 28 millions Africans in Europe and in the Americas between 1650 and 1900. At that time, the purpose was clearly economic, and no one spoke of extending French « superior » civilization to the « inferior » races of Africa. In the later years of the 1800, however, the climate was no longer the same. By 1804 Denmark initiated an abolitionist wave that started to sweep Europe and America. In 1848, France reluctantly abolished the official practice of slave trade. Among the people who had expressed disapproval of the slave trade, was Olaudah Equiano, a former slave. Equiano was also a former slave owner who had understood that slavery could only be stopped if there could be an incentive for not practicing it. So, he tried to convince slave owners that slave trade was depleting Africa of potential consumers of European goods, and he urged Europeans to turn instead to disseminating European civilization to Africa, as they exploited the many African raw materials from which slave trade had distracted them.3 The functioning semantic pair was thus launched, commerce and civilization, which would henceforth be seized on as determining the scope of France’s—and European—new globalizing efforts in Africa. Taking Equiano’s suggestions to globalize otherwise at heart, European countries raced for the riches of Africa. Ivory, gold, timber, cocoa, coffee, rubber, palm oil, nuts, and tropical fruits, and not slaves—even though some « lawbreakers » were still trading in slaves, for seventy years went by between the Danes’ abolition of slavery in 1792 and the effective stop of slave importation to Europe4— became the new commodities that brought huge profits to European markets. By the late 1800, Africa became so crowded with European fortune seekers that conflicts became inevitable. To better regulate trade in Africa and to avoid conflicts among the international actors in the region, the European powers held a conference in Berlin between November 15, 1884 and February 26, 1885, under the chairmanship of German Chancellor, Otto Von Bismarck. Although the organizers publicized the conference as a meeting for discussing issues of humanity, peace, and the « civilizing » and « welfare » of the native populations of Africa, it was definition of the rules to govern the Europeans’ claims of territories in Africa that actually dominated the talks. The Conference resolved the question of territorial conflicts among European countries by deciding that any European nation that formally gave other nations notice of its occupation of a territory would be recognized as the rightful owner of that territory. So, having defined the rules of the game, European powers rushed to slash as larger morsels as they could of the African pie.

However, still haunted by the specters of defeat, the French had yet to be convinced. Their 1870 beating by the Germans had dampened all their enthusiasm for globalizing enterprises. Furthermore, their Algerian colonies had not turned out to be what India had been to Great Britain. Algerians continued to oppose long- drawn-out resistances to the French occupation, and the North African colony had cost more headaches to France than it had brought in profits. In light of so few encouraging events, French financiers were hesitant to spend money in African adventures; they preferred less uncertain governments bonds, and French politicians preferred for their constituencies a good pot-au-feu to the bad bread that they ate during the 1870 German siege of Paris. On the other hand, the wounds of humiliation inflicted by the Germans were slow to heal, and many government officials believed that France could shine again if only it could secure for itself a large African empire. Five months after the Berlin Conference, a debate between proponents and opponents of colonial expansion was raging in the hall of the French Assemblée Nationale. The two most memorable protagonists of this debate were Jules Ferry (Ferry was twice prime minister of France, once from September 1880 to November 1881, and another time from February 1883 to April 1885) and Georges Clémenceau. On July 28, 1885, five months after being driven out of office for overseeing the failed the 1885 Chinese-French war, Jules Ferry was making a case for colonialism in the chamber of the National Assembly.

Ferry invoked three arguments in favor of France’s colonial expansion. Economically, within the logic of its industrial aspirations, France needed to find new markets outside Europe and the United States for its export commodities, as Germany and America had become increasingly protectionist at the same time as they had been flooding France with new agricultural and industrials products. Economists like Leroy- Beaulieu, who tried to establish a nexus between Britain’s wealth and its possession of an overseas empire, and who argued that the acquisition of a colonial empire would indubitably bring economic wealth to France, supported this argument.5 From a humanitarian perspective, Ferry argued that, as a member of the « higher race, » France had a divine right and a duty to civilize the « inferior races, » perfect them, and improve their backward morals. From a political and patriotic perspective, Ferry insisted that France needed to ensure its place in the world by performing acts of grandeur. For Ferry, amidst the European rush for territorial expansion, any politics of abstention on the part of France would amount to abdication. To ascertain its position on the international exchequer, France would have to start importing its language, its customs, its flag, and its genius.6 Replying to Ferry, Clémenceau charged that Ferry’s dichotomy of superior race/inferior race was suspect and reminiscent of the German social engineers’ discourse in the days preceding the Franco-Prussian war. The Germans, like Ferry was doing then, had argued for racial superiority.  German scientists had asserted that because the French were an inferior race, France was doomed to lose the war. So, Clémenceau urged his fellowmen not to repeat this German axiom against African nations by trying to disguise violence under the cunning designation of civilization. For him, the excuse of right or duty to civilize was nothing but a right to brutality that scientifically advanced societies tend to arrogate to themselves in order to take possession of less advanced nations and torture their citizens and exploit them for the benefit of so-called superior races. Clémenceau concluded that to make civilization a justification for colonization was to adjoin hypocrisy to violence. In any case, the early 1890s witnessed the rise of a multitude of strong pro-colonialist pressure groups, such as, the Comité de l’Afrique française, the Comité de l’Égypte, the Comité de l’Asie française, or the Comité de Madagascar, all unified under the banner of the Parti colonial, which made the case for a revival of France’s place in the world. Their argument was less to sell an African business venture to French investors than to sell an African empire to the state. By 1890, a colonial consensus was in place in France, which advocated a new globalizing venture based less on treaties with local chiefs, and more on forceful military approach.7 Against all apprehensions, the French militarized globalization in Sub-Saharan Africa turned out to be more lucrative than even pro-colonists had previously thought. When the dust of the European global dash to Africa settled, the continent was parceled into fifty territories, and most European countries had their African colonies. France, Germany, Great Britain, and Portugal were the countries that obtained the lion part. France snatched a large territory in West Africa from Mauritania to Chad (French West Africa), and Gabon and Congo (French equatorial Africa), as well as the Island of Madagascar. France became an empire-building nation. Its overseas empire comprised the territories of present day Mauritania, Senegal, Mali, Burkina Faso, Benin, Guinea, Côte d’Ivoire, Niger, Togo, Gabon, the Democratic Republic of Congo, the Central African Republic, Cameroon, Algeria, Tunisia, Morocco, the Islands of Mauritius, Reunion, Seychelles, Madagascar, Comoros, and Mayotte.

The French territories did not all have the same status. They were slave colonies, exploitation colonies, settlers’ colonies, or protectorates, and they were ruled accordingly. Most French colonies in the Caribbean were slave colonies, whereas in sub-Saharan Africa they were principally exploitation colonies. In exploitation colonies, France’s goal was to run away with most of the resources the colonies could yield (coffee, cocoa, lumber, palm oil, rubber, tropical fruits and nuts, and various minerals) for the benefit of the metropolitan state. Also, Africans from exploitation colonies were not on the same footing as those living in settlers’ colonies or protectorates. Settlers’ colonies and protectorates had local rulers collaborating with a French appointed consul. The protectorate of Tunisia had a local sovereign, the Bey. In the Settlers’ colony of Algeria, it was the Dey. These first attempts at globalization were, like the ones that preceded them, devoid of any real reciprocity. The native peoples of the colonies resisted them ferociously; and whatever justification the imperialist countries gave for their retreat from the colonies, they did not leave on their own good will. The cost in human and financial capital was too high for France to sustain, the determination of the colonized too strong to break. The imperialist countries left because they were simply and purely beaten and forced to recognize the autonomy of their colonies.

However, the hexagonal impulse for profit was so imperative that France devised a number of « cooperation » schemes to remain the privileged speculator in the newly independent countries of Africa. French-speaking Africa’s independences in the 1960s did not preclude France from seeking to exploit its former colonies. France’s politics in Africa has consistently been governed by a protectionist itch; an itch that long after the African independences, continues to make France think that it is the Promised Land, its language the quintessential language, and its culture the exemplary culture, and that by indoctrinating Africans to think so to, France can keep on transferring economic resources from Africa to France as natural and expected. Already, during the colonial system, France’s protectionist impulse had mandated free entry of French goods in the French African colonies and imposed tariffs on colonial goods entering France.8 This decision had the obvious consequence of impoverishing the colonies while enriching the metropolis. However, the 1930s recession made it crucial, for France’s economic survival, that French authorities transform the African colonies into consumer markets. France thus eased tariffs on its colonies in order to allow them to sell more easily on French markets, earn money, buy French manufactured goods, and also pay interests on their debts. At the same time, in order to avoid competition from other powers, France imposed quotas on some foreign imports to France and to French colonies. France also forbade its colonies to export certain products to foreign markets, thus forcing those foreign countries to purchase only from France products that would otherwise be available in the colonies.  In addition, France placed duties on some foreign imports competing with colonial goods entering France. These duties ranged from 11% on non-colonial bananas to 110% on cocoa, passing through 34% on peanuts and palm kernels and 91% on non-colonial coffee. Although many analysts have wanted to see this pre-independence « preferential system » accorded to the colonies as having greatly contributed to keeping French Africa afloat during the 1930s economic slump and responsible for what came to be known in the 1980s as the economic miracle of Côte d’Ivoire, evidence disproves it.9 In fact, the market-driven economy that this colonial system fostered provided the colonies with some money, only to be returned tenfold to France. Furthermore, this market economy, which France managed to keep alive long after the African independences, was the source of many economic shocks, as it put French-speaking African nations at the mercy of international speculators.    The preferential economic systems established by France on its own—and later with the cooperation of the E.C., which became the E.E.C in 1975—actually sought to maximize France’s profits by curbing France’s diminishing returns in the colonies. Already in 1959, the French commercial system made it possible for France’s African colonies to consume 28.2% of French exports while contributing to 20% of French imports. These numbers dropped to 7.8% of French exports used by Francophone Africa against 5.9% of French imports coming from Africa. The various conventions (Lomé, Yaounde, Lomé 2), which reinforced France’s economic « cooperation » with its former colonies and later with Anglophone Africa and the ACP states, did little to create real conditions of development for non-European countries. In fact, France maneuvered to exclude « Asian ex-colonies from the ACP states on the ground that they would prove dangerous competitors in a range of industrial products, » and the tiny country of Mauritius, a potential competitor in textiles was asked by the E.C. to voluntarily restrain from the ACP.10 The E.C. states, and particularly France, its most aggressive member, did nothing to foster manufactures in Africa. As far as the E.C. was concerned, Africa was to remain an eternal supplier of raw materials; and late 1980s Washington Consensus, with its menu of one-sided depoliticization of the state that opposes social public sector investment in welfare, job creation, environmental protection, healthcare, education, and poverty reduction,11 offered France the blessing of the Bretton Woods institutions to carry on a game that it had been perfecting for so long: that of draining off wealth from Africa under the semblance of reciprocal improvement.

As it turned out, economic globalization as conceived by the Washington Consensus presupposed an international violence. Economic globalization assumes, often on the ground of mere bureaucratic sixth sense and no scientifically dependable instance, that, in order to improve the welfare of human populations, the prescription is to oblige developing countries to fine-tune their economies according to the requirements of Euro-American multinational corporations by way of liberalizations of local markets. The result of this philosophical-economic exercise is that, as was the case in the days of the colonization of Africa, it effectively relocates crises of economic deterioration from North to South. The World Bank and the IMF’s persistence that developing countries open their economies to Foreign Direct Investments has enabled the re-occupation of the countries that have resolved, half a century ago, to determine the course of their particular developments away from the imperial ambitions of Europe. In most cases, globalization has succeeded in reinstating European—and American—imperialism by allowing First World capitalists quasi- ownership of Third World countries through purchases of strategic government-owned enterprises, such as, power, water, and communication companies. The scheme works when « the imperial state bails out banks, investors and speculators and provides political pressure to open markets, sends military expeditions to eliminate alternatives. »12 In this grand design of re-colonization disguised as globalization, resistance is ruthlessly squashed by a variety of coercive methods. For the Third World leaders who, against the First World’s schema, try to pursue a populist agenda that advocates national control of their country’s resources and benefits, and who, true to their people, refuse to fall prey to the trap of corruption and the promise of First World lifestyle, « the EHM [Economic Hit Men] game plan includes a full menu of oppositions to ensure compliance, whether willing or not. »13 The menu includes subversion of the political process, contact with and corruption of administration and business leaders, corruption of the military, of the media, of trade unions, and of academics, and the stirring of ethnic and religious divergences; a menu that seems to come directly from the handbook of the colonial era, and which begs to be verified against the inventory of treatments that countries like Congo, Côte d’Ivoire, and Haiti, to cite only these few, have endured for daring to stand against the tripartite collusion of the northern countries, the United Nations and the financial institutions, and their corrupt local political puppets. In Côte d’Ivoire, this threefold conspiracy functioned along the axis of a high-level African IMF executive, Alassane Dramane Ouattara, who doubled as a shady native informant, during his years as prime minister of Côte d’Ivoire, his direct association with French multinationals, Bouygues and Bolloré, and his ties with the Chirac government in France. This web of international relationships is essential for understanding Côte d’Ivoire’s resistance to globalization à la française.

CÔTE D’IVOIRE: FROM ECONOMIC PROSPERITY TO SCARCITY

The 1970s were an age of prosperity in Côte d’Ivoire. The skyrocketing prices on international markets of cocoa and coffee, the country’s main export commodities, had created an astonishing economic boom and established Côte d’Ivoire as the preeminent economic power in the West Africa. Signs of development were visible in all sectors; and economic observers were not shy to compare the Ivorian economic sensation to the Japanese miracle. They were partly right: The Ivorian growth rate was only second to Japan’s. However, this economic boom was heavily dependent on foreign capitals, as it was tied to international speculators’ willingness to pay high prices for coffee and cocoa. Attempts to diversify the economy and launch development programs led the country to borrow external capitals, which were not always well managed. Furthermore, the falling prices of coffee and cocoa in the late 1970s and early 1980s amplified the country’s external debt and led Houphouët to turn to the World Bank and the IMF for loans to stabilize his country’s economy. The period spanning from the mid-1980s to early 1990s was a time of mixed blessings for Côte d’Ivoire’s economy. The exploitation of newly discovered offshore oil reserves had helped alleviate some of the country’s hardships; however, the economic storm was not totally weathered. Amidst rumors of government layouts, people took massively to the streets to protest what they interpreted as the results of the grab for power of the PDCI (party in power). To save his presidency, Houphouët bent to the conditions of the Bretton Woods institutions and invited the IMF economist Alassane Ouattara in April 1990 to chair the Comité Interministériel de Coordination du Programme de Stabilisation et de Relance Economique (Interministerial Committee for Coordination of the Stabilization and Economic Recovery Program), a committee in charge of reflecting on ways to tackle the economic crisis and find adequate solutions. Five months later, an ailing Houphouët appointed Alassane Ouattara prime minister. What happens from April 1990 onward is a series of events that read like a novel.

DOMINIQUE NOUVIAN FOLLEROUX: FEMME FATALE 
Ouattara’s proximity to Houphouët allowed him greater closeness to Ms. Nouvian Folleroux, the woman that would become his wife and most trusted associate in the most rocambolesque financial intrigues to define the political future of Côte d’Ivoire. The circumstances in which Dominique Nouvian was introduced to the epicenter of power in Abidjan are still not very clear today. What is clear is that she became Houphouët’s official mistress and the exclusive administrator of Houphouët’s huge estate and part of the country’s estate. Her new title gave her tremendous name recognition and financial power, even as her benefactor’s popularity at home was declining. Indeed, in the early 1990s a fierce political opposition assailed the ailing Ivorian president, Houphouët. For the first time, the « Old Man, » as he was affectionately called in Africa, released his grip on power. Under the pressure of the Bretton Woods institutions and France, he named Ouattara prime minister, legalized opposition parties and promised multiparty presidential and legislative elections in Côte d’Ivoire. The October 28 multi-candidate presidential election confirmed the strength of the opposition, and especially of Houphouët’s old political rival, Laurent Gbgagbo, leader of the socialist Ivorian Popular Front (FPI). According to international observers Gbagbo garnered more than 30% of the votes—though the official ballot count conceded him only 18.3% against 81.7% for the seating president. On November 26, 1990, eighteen opposition parties competed against Houphouët’s PDCI during the parliamentary elections. Houphouët’s PDCI retained 163 of the 175 parliamentary seats. If anything, the contestation of the Old Man’s hitherto absolute power was the confirmation of a new era. Houphouët was a diminished man. Nevertheless, Mrs. Dominique Nouvian Folleroux’s business seemed to suffer no setback at all from Houphouët’s trouble at home; au contraire. Among other things, she sold some of Houphouët’s real estates in France for the amount of 19 million Euros, a transaction that, though suspicious by Ivorian authorities, put her at the center of French big business. She acquired Jacques Desange’s hair saloons in the United States. AICI (Agence Iternationale de la Commercialisation Immobilière), the real estate office that she opened in Abidjan was attracting big clients, as she was making important friends. Her regulars were Martin Bouygues, the French king of concrete, owner at 42.9% of TF1 (the first French TV station drawing more than 31.6% of French TV audiences), owner of LCI, another French TV channel, special guest to Nicolas and Cécilia Sarkozy’s wedding, and godfather of their son Louis Sarkozy; Vincent Bolloré (business partner of Bouygues) king of cigarette paper and media—it was Bolloré who paid the new French president a vacation trip to Malta on his luxurious boat as a congratulation present after the 2006 French presidential election; it was he again who lent his private Falcon 900 to Sarkozy and his then new girlfriend Carla Bruni for their December 25, 2007 vacation trip to Egypt; Dominique Strauss-Khan, former minister of finance of President Mittérand and IMF president since 2007, Bongo, president of Gabon who, like Houphouët before him, has been so close to Dominique Nouvian Folleroux as to also entrust the administration of his real estate and part of his country’s property to the Gabon branch of Mrs. Folleroux’s company AICI, run by her brother Philippe Nouvian. Other patrons of Mrs. Dominique Nouvian Folleroux are Blaise Compaoré of Burkina Faso, and Kadhafi of Libya. Hers was a network of powerful financial friends; the same network that Ségolène Royal, the Socialist candidate to the French presidential election accused on May 4, 2007, of trying to influence French elections by manipulating the news.14 The very network that Ms. Royal was denouncing during the French presidential elections is the association of powerful financial interests that Mrs. Dominique Nouvian Folleroux has been able to weave since she first entered Houphouët’s bedroom in Abidjan. Dominique Nouvian Folleroux was the powerful woman that Alassane Ouattara said to have fallen in love with, as he responded to President Houphouët’s IMF-coerced call for help.

« OUATTARA! OUATTARA! HE’S OUR MAN.  HE CAN’T DO IT, NOBODY CAN! »

Such seemed to be the mindset of the Bretton Woods institutions and big international corporations with financial stakes in Côte d’Ivoire since about the death of Félix Houphouët Boigny, in December 1993. An excellent student of the IMF, where he first worked from 1968 to 1973 before assuming various positions at the BCEAO (Central Ban of West African States), Ouattara was very receptive to the International Monetary Fund’s prescription of Structural Adjustment Programs in Africa despite the burden that these programs put on local populations. As prime minister of Côte d’Ivoire, his solutions for redressing the country’s economy did more harm than good. Ouattara cut subsidies to farmers, as recommended by the WTO, at the same time as the European Union and the United States were heavily backing their own farmers with huge subsidies; he dismissed more than 10,000 employees from the state payroll. Those who were lucky to keep their jobs saw their salaries reduced by 40% or were forced to accept an early retirement package. He reduced access to early education by freezing the recruitment of new teachers. He closed students’ subsidized restaurants. He eliminated transportation and basic healthcare services for students. He imposed fees on the masses for basic healthcare services. He initiated the devaluation of the CFA at the rate of 100 CFA francs for 1 French franc. He instituted the highly controversial resident cards for foreigners, which was the source of much harassment toward foreign nationals coming from neighboring African countries, and he aggressively pursued Mauritanian and Lebanese merchants for so-called back taxes in the upward of millions of CFA francs. In a word, Ouattara executed the World Bank/IMF’s recommendations to the letter. These measures, as it was to be expected, frustrated the masses even further. Workers and students’ demonstrations intensified; which, under his orders, were repressed in blood. Scores of students were killed and student, union, and opposition leaders, among whom the current president, Laurent Gbagbo and the leader of higher education teachers’ union, Marcel Etté, were jailed and tortured amidst international outcries and unsuccessful calls for an independent investigation. Undeniably, Ouattara was a good student of the IMF. In Côte d’Ivoire, Ouattara was the praiseworthy son of a powerful institution that had reared him to serve the father unreservedly. The question was whether he was really a son of Côte d’Ivoire, concerned with the interests of his fellow citizens.

 As far as the World Bank and the IMF were concerned, this question had no bearing so long as the Washington Consensus had a powerful spokesperson in the country that would guarantee the interests of its shareholders. So, under further pressure, the ailing president Houphouët had Ouattara cumulate the portfolios of prime minister, minister of finance, and interim president. During Houphouët’s long sickness and his medical treatment in Europe in 1993, Ouattara ordered that all public receipts (collection of taxes, debts, and returns from the customs, the ports, and even the treasury) be directly deposited in a special account at the office of the prime minister rather than at the treasury, as it was customarily the case. This atypical management style, to say the least, quickly mixed individual assets with state property, and millions of dollars from the public treasury remained unaccounted for, while Ouattara, taking as much as two flights a week to Europe, officially to visit his sick boss—but unofficially on capital flight missions— was tucking enormous sums of money away in personal foreign bank accounts, making him one of the richest men on earth. Ouattara’s mysterious fortune raised some eyebrows, even among his supporters.15 However, Ouattara’s questionable wealth did not cause the slightest shudder among the high priests of morality who, in their immense chairs, in the temples of virtue of 1818 H Street as well as 700 19th Street, in Washington, D.C., were sermonizing the world about good governance and saintliness. Why should they care? Was it not fair that Ouattara be rewarded for being such a great agent to his masters? For Côte d’Ivoire, however, Ouattara’s activities were economically disastrous. During his term as prime minister, Ouattara became one of the biggest actors of capital flight from Côte d’Ivoire toward European banks. As he raided the country’s coffers, he also depleted Africa of much needed resources.

Indeed, capital flight, the bulk of the private assets—and as we have just seen with Ouattara, private and public assets can be easily mixed—that are legally or illegally held in foreign countries outside Africa, is one of the continent’s biggest impoverishers. Capital flight, reported to amount to about US$ 22 billions, is as much as half of the aid that Africa needs for its development programs. Were this money brought back to Africa, it would constitute 64% of Africa’s private capital stock.16 As one of Africa’s biggest capital jetsetters, Alassane Ouattara is, without doubt, and in proportion to the short time he spent as prime minister of Côte d’Ivoire (three years and 1 month), among the leaders who have economically siphoned the continent the most. As the prime minister was busy outsourcing his public function to the businessman in him, thus mixing state capitals with private capitals, Dominique Folleroux—whom Ouattara had by then married during a 1991 ceremony officiated by the former mayor of Neuilly, currently president of the French Republic, Nicolas Sarkozy—was now, against all ethical propriety, lobbying for Bouygues and Bolloré to acquire state-owned EECI (Energie Electrique de Côte d’Ivoire) and SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire), respectively power and water companies. It did not take long for her clients to obtain satisfaction. These strategic Ivorian companies and others were sold off to Mrs. Dominique Nouvian Folleroux Ouattara’s clients and friends, usually under their market values, sometimes for just one symbolic franc, all against the objection of opposition leaders and even leaders of Ouattara’s previous party (the PDCI). Henri Konan Bédié, at the time president of the National Assembly, fiercely opposed Ouattara’s unethical liberalization in the parliamentary chamber. As a result of Ouattara’s collusion with French businessmen, 27% of the assets of Ivorian enterprises were French-owned; 240 subsidiaries and more than 600 companies belonged to French businessmen; which represented 68% of direct foreign investments in Côte d’Ivoire. The shady investments enabled by Alassane and Dominique Ouattara’s, and which have mortgaged the economic and political future of Côte d’Ivoire, have been widely reported, rightly so, as quid pro quo investments.

 Mr. Michel Camdessus, a Frenchman who was the president of the IMF during the last term, when Alassane Ouattara was vice-president of the IMF, is currently serving as adviser to the French president Jacques Chirac. Of the members of the political parties and groups in Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, an unabashed advocate of IMF policies and an ideologue of the theology of neo- liberalism, and his current wife, a French businesswoman solidly connected with business lobbies, offer the best guarantee to satisfy the conditions for security and profit for the French government, corporations, settlers, and small-enterprise owners who can have a lifestyle of comfort they cannot afford or even imagine to have in France.17

For consenting to the corrupt terms of French business in Côte d’Ivoire at the detriment of the masses, Ouattara is allowed by France to realize his First Worldist jouissance by plundering his country’s coffers undisturbed. This lack of probity on the part of Africa’s most influential economists and leaders ought to be examined in relation to the dire future that their selfish proclivities set up for the continent. Between 1985 and 1998, the net outflows from Africa to developed countries have risen from of US$ 3.6 billion to the alarming amount of US$ 12.5 billion.18 Capital flight by native pillagers has contributed enormously to these outflows. This, of course, has profound depressing incidences on progress. As a result, Africa continues to service huge debts and remains unable to invest in public and private sectors; which in turn erodes, not just poverty reduction projects, but also, the confidence that honorable foreign investors have in the continent; and the cycle of poverty linked to debt servicing and fiscal deficit goes on until the corrupt agents’ facility to ransack is short-circuited. In Côte d’Ivoire, it was Henri Konan Bédié, the institutional heir to the presidency, who put an end to Ouattara’s capital flight activities, but not for long. Ouattara’s Parisian cronies were too determined to maintain their monopoly in the country to see the latter out of the political arena.

HENRI KONAN BÉDIÉ: NOT EXACTLY  THE MAN PARIS HAD DREAMED OF

On December 7, 1993, Houphouët, who for three years had been sidelined by his illness from participating actively in Ivorian politics, passed away in his native village of Yamoussoukro. The Ivorian constitution had a provision for replacing a deceased head of state. Article 11 of the constitution stipulated that in such a vacancy of power, the president of the National Assembly was to assume the duties of head of state until the outcome of new elections. Bédié was therefore the constitutional heir to Houphouët. However, bypassing the legal process, Ouattara proclaimed himself legitimate successor to the presidency. This obvious constitutional hold up provoked uproar at the National Assembly, and during an unscheduled
appearance on national TV, Bédié announced his intent to carry out his constitutional duty by finishing Houphouët’s term.

In the past, during his years as president of the National Assembly, Bédié had been openly critical of Ouattara’s complacent economic liberalism that widely opened the doors to foreign buyouts of strategic companies with very little regard for the country’s security. At the time when French politicians, led by Minister of finance Nicolas Sarkozy, were hammering at employees gatherings and at the French national Assembly that EDF (French state-owned power company) and GDF (French state-owned gas company) were never going to be privatized because of their strategic importance to French economy, Ouattara, the prime minister of Côte d’Ivoire, was selling his country’s power and water companies to the closest friends of the French government.19 What made Sarkozy’s position so tenable in France and so untenable in Côte d’Ivoire? Could it be for the simple reason that one was dealing in one case with a country located in Europe, and in another case with a country located in Africa? It is this lack of moral reciprocity, this kind of utter injustice that the movement of patriotes in Côte d’Ivoire has taken to task. In so doing, their demonstration was also aimed at denouncing the collaborators from within who have betrayed their people for the promise of economic lactification. For, the waves of coup d’état and political instabilities that have succeeded one another in Côte d’Ivoire since 1999 are strangely laden with odors of organic betrayals. Each time Côte d’Ivoire was affected by shockwaves of military blows, Ouattara was the insider that, for the promise of a First Worldist enjoyment, betrayed the loyalty of a country he claimed to love.

Bédié, like Ouattara, believed in economic liberalism. Only insofar as one can speak in relative terms, Bédie’s liberalism, however, was one that was committed to ensuring that his country would not lose total sovereignty to wealthy investors from Europe, or from anywhere else for that matter; and he was working at it by making a number of reforms. Some of the measures that Bédié took in that direction had to do with the thorough identification of the populations living on the Ivorian soil through a systematic census program, the cleaning up the prevalent anarchical land exploitation, and the regulating of landownership. In fact, from the mid- to the late 1990s, Côte d’Ivoire was the second immigration destination in Sub-Saharan Africa, right behind South Africa, with an unusually high immigrant population rate of 27% for 13 million Ivorians. The largest foreign communities were from Mali (2 millions), Burkina Faso (2 millions), Ghana (1.5 millions), Nigeria (500,000), and in smaller numbers from Benin and Togo. Though an agreement among the countries of ECOWAS (Economic Community of West African States) allowed a free circulation and settlement of populations from any member state, the migration to Côte d’Ivoire was almost unidirectional. The important immigrant populations from neighboring Mali and Burkina Faso, whose main purpose for coming to Côte d’Ivoire was to work the fertile land of the country or to cut and burn trees for the very lucrative charcoal business toward drier countries  (Mali or Burkina Faso) had clashed several times with local populations over issues of landownership, forest fires, and severe national reserve deforestation. In 1999, a land dispute between settlers from Burkina Faso and locals from the region of Tabou (West of Côte d’Ivoire) had caused about 12,000 Burkinabé to flee their lands. This event, which took place a year after the National Assembly adopted a law that would prevent the sale of land to foreigner, invited even harsher criticisms towards Bédie’s reform. Bédie’s land reform did not sit well with his Malians and Burkinabé counterparts. The governments of Mali and Burkina Faso relied heavily for their national income on the money that their expatriates sent from Côte d’Ivoire. They perceived in Bédie’s reform a pretext to dispossess their compatriots of lands they had been exploiting for years, and they also found objectionable the reform’s obvious consequence of depleting their countries of much needed revenues. In their resentment of Bédie’s method, the Malians and Burkinabé could find stronger allies in the French. [T]he old class of French landlords who acquired large portions of land in the southern part of the country often in obscure contexts, with no proper or convincing legal papers stipulating, for instance, the duration of the lease . . . oppose any form of land reform, as it could jeopardize transfer of these lands to their descendants.20  These French landlords and businessmen had seen their privileges increased and consolidated with Ouattara. Under the administration of Houphouët’s prime minister, the status of the state had shifted from that of a governmental institution to the status of a non-governmental organization (NGO)—to use this term by James Ferguson.21 In other words, the prime minister had lost interest in state affairs and had, instead, become a businessman, increasingly drawn to establishing private business deals and building personal wealth to the disadvantage of public welfare. In the context of Bédie’s reform, the question then was whether, after having had a taste of the state of Côte d’Ivoire as a non-governmental institution, with all the advantages that this conversion entailed, France and the neighboring countries of Côte d’Ivoire, notably, Burkina Faso and Mali, were still inclined to see the administration of Côte d’Ivoire return to its rightful condition of a governmental institution committed to the welfare of the masses. This was the challenge that confronted the Bédié government in the mid to late 1990s.

Against this sociological background, it becomes clear that Bédie’s demise—for he was to fall soon—was not the result of mismanagement or hostility to openness. In fact, Bédié was as open to FDIs as Ouattara had been; he was just a little more mindful of the governmental role of the state. The fact that, for the most part, Africa’s openness to international trade and finance has left it at the mercy of insatiable First World capitalists and corrupt Third World collaborators should be less imputable to globalization itself than to the probity of the protagonists in the globalizing enterprise. Globalization has succeeded in places where the actors involved have shown a minimum of moral decency. Available data for Africa in the 1990s shows that countries in North Africa, and South Africa and Côte d’Ivoire had managed a low level of poverty with high level of openness. Côte d’Ivoire’s numbers are 20% of poverty incidence for 40% of openness. Incidentally the data is not distributed on specific years of the 1990s, but it is easy to surmise that the incidence of lower poverty occurred during the Bédié years. Even Bédie’s detractors acknowledged that between 1995 and 1999, Côte d’Ivoire had known economic growth and increase in individual wealth. Furthermore, a Trade Policy Review of Côte d’Ivoire’s trade policies conducted by the World Trade Organization (WTO) on July 4 and 5, 1995, concluded with high praise for Bédie’s government open trade policies and expressed optimism for Côte d’Ivoire’s future.22 Bédie’s demise is just one more evidence that Foreign Direct Investments or private capital flows are not that private after all; Foreign Direct Investments often unleash state intervention, with all its military shock and awe. Whenever a powerful state intervenes to invade a weak state, one can be sure that some private investors from the powerful state, unhappy about their returns in the weak state, have directly or indirectly triggered the military intervention. History is littered with examples where private investors have sent their countries to war to protect or simply to increase their dividends. Bédie’s lukewarm support for French interests was not what France had hoped for. Bédié was a man of France’s, but not their number one man. His zeal for reforms could hurt French interests in Côte d’Ivoire. Ouattara had been more bighearted to French business with his unchecked liberalization and his gré à gré surrender of public corporations to French investors and to his French partners. With Ouattara in power, France was sure to regain its slippery grip on Côte d’Ivoire by continuing to buy under their market values state-owned enterprises and by continuing to get government contracts by bypassing any calls for bids that would put them in competition with investors from the United States, Canada, Japan, South African, China, among others. For the sake of French interests, Bédié had to be deposed.

 Meanwhile, Ouattara, who had returned to the IMF in 1993 upon the Supreme Court’s confirmation of Bédié as legitimate head of state, had been appointed by Michel Camdessus to serve as his deputy chairman of the institution one year later. Though at the IMF, Ouattara had not given up his presidential ambitions; neither was he willing to wait for regular elections to have his chance. The massive foreign electorate constituted by undocumented immigrants from Mali and Burkina Faso, many who had voted before in the one-party system farcical elections that had confirmed and reconfirmed Houphouët by acclamation, and on which Ouattara, too, was relying to win the 1995 presidential race, had been compromised by Bédie’s identification program. Bédie’s identification program required that only established Ivorians should vote in presidential elections, though established foreign residents were still allowed to vote in legislative and municipal elections. Bédie’s land reform as well as his census and civic formation projects fell under the umbrella of what he had termed ivoirité. This notion, whose origin had misleadingly been attributed to Bédié, and which had even more deceitfully been translated as Ivorianness, rather than simply Ivority—as one had spoken of Africanity, Americanity, and Francity elsewhere—was said to have first appeared in 1945 in Dakar at a black students’ conference. Later, in 1974, an Ivorian writer and poet, Niangoran Porquet, used it in an article entitled « Ivoirité et authenticité. » Ivorian scholar, Kanvaly Fadiga, defined it as the national consciousness, the common will of brotherly people who have chosen to live together on the Ivorian soil, and share together the same sufferings, the same joys, and the same hopes.

WHY FRANCITÉ BUT NOT IVOIRITÉ?

Ivoirité, as Bédié had recuperated it, was first intended to be, for the more than sixty ethnic communities of Côte d’Ivoire, a signifier of identification, a social glue that would instill in them a more patriotic stance, and consequently a stronger attachment to the state and its institutions as embodying the sum total of all individual nationalistic expressions. This was an essential societal project given the lack of fervor that the Ivorian populations had up till then expressed for the state and state institutions. Côte d’Ivoire was in most Ivorians’ eyes a state-ECOWAS, a sort of Deadwood, but a rich one nonetheless, where any opportunistic member of the 15 ECOWAS nations, and even beyond, would come to seek fortune by all means necessary, with no sincere attachment to the land, but a lucrative one. The people of Côte d’Ivoire had lost faith in their successive governments as really preoccupied with safeguarding their welfare, rather than bending over to live up to an image of sanctuary country by satisfying the caprices of ECOWAS. This situation was exacerbated by Houphouët’s choice, throughout his presidency, of foreign nationals as cabinet members. For instance, Raphaël Saller (France) had been minister of finance and development; Mohamed Diawara (Mali) had been minister of development; Abdoulaye Sawadogo (Burkina Faso) had been minister of agriculture; Hamadou Thiam (Senegal) had been minister of information. To better understand this level of governmental openness and the resulting mass frustration that ensued, Americans would only have to imagine Canadian, Brazilian, Columbian, Senegalese, or Antiguan nationals (who have never been naturalized or who do not even intend to naturalize) occupy posts in the United Sates government, as treasury secretary, HUD secretary, or secretary of health. In the 1980s-1990s a phrase that illustrated the Ivorian distrust in their government and their detachment from public property was the infamous « on s’en fout, ça appartient à l’Etat » (who gives a damn? It belongs to the state), a phrase that would justify any act of vandalism or spoliation of state property.

Bédie’s Ivoirité intended to rectify this mass cynicism. It intended to create the conditions for an allegiance that would no longer be based on ethnic background—as it had until then been the case in the context of the aloof and impersonal state—but rather an allegiance that would be grounded in identification with the nation-state that was created on Independence Day, August 7, 1960. This was nothing novel. In the sphere of cultural contestations, coinages in -ité suggesting allegiance to geographical, national, racial or linguistic origins have abounded. Senghor, the only Black consecrated by France—this France so reactive to ivoirité—in its so elitist French Academy for being so French, thus so right, said in his December 11, 1974 course at the Sorbonne that it was important to struggle, to suffer, and to die, « plus volontiers pour une –ité ou une –itude que pour un –isme » (more readily for an –ity or an –itude than for an -ism)? Curiously, however, it seems that African heads of state have been more willing to struggle, suffer, and die for France’s specificity than their own. An illustrative example is their unashamed gathering around the theme of Francophonie, which, as we learn again from Senghor, is no more no less than a synonym of Francité. In May 1968, during a conference at the University of Beirut, while defending the so-called peaceful and non- imperialistic nature of Francophonie or Francité, Senghor insisted that Francophonie was not a war machine constructed by European imperialism, but a mode of thinking a certain way, a mode of approaching issues and seeking solutions, a spirit of French civilization or Francité. Francophonie, Senghor declared, is Francité; and Francité, he swore had not the slightest imperialistic bent in it, but was merely the expression of French civilization and culture devoid of any political agenda; and while most African leaders accepted the word of this griot of things French that Francité would not harm a fly, yet, the same leaders were quick to condemn ivoirité as a war machine. Today, as in 1968, the most passionate defender of Francité is an African, an ex-Senegalese president, Abdou Diouf. He is the current secretary general of Francophonie. He goes around world capitals selling French culture and civilization and promoting the expansion of French business and policy; and wherever he convenes his annual gathering, a plethora of African leaders follow him—among whom Bongo of Gabon, Wade of Senegal, Toumani of Mali, and Compaoré of Burkina Faso have the privileged seats on the baseline. Lately, however, the proselytizer-in chief of French culture, Diouf, got a blunt reminder that, despite his professed worship of things French, he was specifically an African, and African he would remain. On May 13, 2006, as he was responding to the Canadian government’s invitation to speak in Winnipeg on matters relating to the pseudo-apolitical Francophonie, Abdou Diouf, this easily recognizable towering political figure who travels with a diplomatic passport and a strong following, was stopped and body searched at Toronto Airport. The diplomatic reactions that followed this humiliation of an African politician proved beyond all doubts that Francité, or Francophonie as it is often referred to, was more political than its supporters knew or would admit to know.

President Diouf’s humiliation at Toronto Airport was only symptomatic of the duplicitous nature of the North/South encounter, a reality to which Africans have never been able to respond in a synchronized way because of the North’s successful politics of Divide and Rule, and most importantly, because of African leaders big complex of inferiority. While Senegalese, the most fervent believers of Francité in Africa, were protesting their ex-president’s treatment at Toronto Airport, many Ivorians were chuckling at what they perceived as a fair shock therapy to all the French-African puppets who, like the Senegalese sharpshooters of World War II, were busy fighting France’s war while the French populations were hiding in their basements,23 or the modern native Africans Economic Hit Men who were starving their peoples by selling off their countries’ resources to international multinational corporation in order to enjoy a little bit of white dreams. Ivorians had trouble understanding why, at the same time as Paris, with the support of some African leaders, was prosecuting Abidjan’s successive governments in the media for a so-called maintenance of Ivoirité; the same African leaders were touring the world to promote Francité. As if Francité was the natural expression of their own salvation, Francophone African leaders like Bongo of Gabon, Abdoulaye Wade of Senegal, and Toumani of Mali, had been more vociferous about French nationalistic interests than they had been supportive of their own national interests.

At least, President Bédié had been aware of cultural-ideological nature of the concept. Having sensed France’s undeclared support for Ouattara just before the 1995 presidential election, Bédié activated against the latter the ideological political dimension of Ivoirité. A modification of the electoral code of Côte d’Ivoire, adopted on November 23, 1994, stipulated that only Ivorians whose parents were both Ivorian- born could run for the presidency. Bédié took this new measure not out of the blue, but precisely because he knew Ouattara. They were from the same generation. They knew where each other came from. They had followed each other’s formation and ascent. They had served for the same international financial institutions, and they knew how and why each one of them was appointed at the various posts they held. Bédié knew Ouattara as much as Ouattara knew him. Bédié knew—and Ouattara had admitted this in a sign correspondence to the Supreme Court of Côte d’Ivoire—that after his high school studies in Bobo Dioulasso (Burkina Faso) and Ouagadougou (Burkina Faso), Ouattara had benefited from an American scholarship to study in the US as a student from Upper Volta (now Burkina Faso). Bédié knew that after his studies in the US, Ouattara first entered the IMF in 1968 under Upper Volta quotas. Bédié knew that Ouattara had obtained his first job at the BECEAO as an Upper Volta representative, and later served as vice-governor of the same institution between 1982 and 1984 as a functionary of Upper Volta (Burkina Faso). Apparently, Bédié was not the only one in the secret; for on August 8, 1984, on page 21 of an article entitled « Monsieur FMI, » Béchir Ben Yamhed, the editorial manager of Jeune Afrique, reported that, starting November 1, 1984, the Africa Department of the IMF was going to have a new director; and that Dr. Ouattara, from Upper Volta, would be serving in replacement of Zambian Justin B. Zulu. The Jeune Afrique article even specified that Ouattara was born in Côte d’Ivoire of immigrant parents from neighboring Upper Volta.24 Alassane Ouattara’s Voltaic nationality was no secret to anyone, especially as he exhibited it whenever it served his purpose.

Having evolved in the same professional space as Ouattara, the sphere of international financial institutions, Bédié was well positioned to know, as Jeune Afrique had reported, the nationality of Ouattara. He was an Upper Volta citizen, who took advantage of an American scholarship as an Upper Volta student. He was first recruited at the IMF under the quota reserved for Upper Volta citizens, and later, he served as vice-governor of the BCEAO as a representative of Upper Volta, with an Upper Volta diplomatic passport. In 1985, After his military coup in Upper Volta, Thomas Sankara, the new strongman of Burkina Faso—a country that, unlike Houphouët’s Côte d’Ivoire, was not in the business of appointing foreign citizens as cabinet ministers—offered Ouattara to enter his government as minister of economy and finances, a post that Ouattara, utterly resentful of Sankara’s revolution, disdainfully rejected, preferring to remain at his more prominent and lucrative international position at the BCEAO. Sankara then asked him to resign as the Upper Volta representative. It is at that time that Houphouët, who had a profound aversion for military regimes, especially the ones operating too close to his borders, intervened, and in a taunting gesture toward Sankara’s junta, offered Ouattara an Ivorian diplomatic passport that would keep him at his post.25 In 1988, upon the death of Abdoulaye Fadiga, then BCEAO director, Houphouët twisted the arms of the member heads of state, and imposed Ouattara as the new governor of the institution.  Bédié knew, as another journalist of Jeune Afrique had also reported, that from the time he finished his studies thanks to an American scholarship awarded to him as a Voltaic student, and for the many years to come, Ouattara served in many capacities, in several places (Washington, Paris, Dakar), at several financial institutions (BCEAO, WAMU [West African Monetary Union], ADB [African Development Bank], UNCTAD [United nations Conference on Trade and Development]) and took part in many general assemblies as a Voltaic citizen, equipped with a Voltaic diplomatic passport.26 Bédié knew that by modifying the electoral code to request that both parents of any presidential candidates be Ivorian-born he was arresting Ouattara’s presidential ambition; which he did.

Bédié was a cunningly shrewd politician for changing the electoral rules in the middle of the political process. Ouattara was right to have protested Bédie’s unfair electoral practices. However, he challenged them on the wrong ground. It would have been more honorable of Ouattara to admit that, indeed, he had claimed Voltaic nationality to get a scholarship from the US and later to take advantage of an IMF quota system that favored Voltaic nationals; but that he had changed his nationality since then; and he could have provided documentation to that effect. He could also have maintained that, though his parents were Voltaic, he was born on Ivorian soil; and he could have challenged the Ivorian electoral rule on the ground of his birthplace. Instead, he told two momentous untruths that were totally undeserving of any prospective president. First, he denied, in the face of accumulating evidence that he had ever been a Voltaic national; he maintained that as far as he could remember, he had always had the Ivorian nationality. Secondly he denied that his parents were Voltaic, while his father had been a well-known village chief in Upper Volta. These two fabrications alone were good enough to disqualify any presidential candidate. As Bédie’s operatives started to produce proofs of Ouattara’s deceptions, he left the country for Paris under the pretext that his life was in danger. Bédie’s Justice Department launched against him an international warrant for forgery. Just immediately, there started a vast media campaign that sought to legitimate any unconstitutional blow against the Bédié regime; a media campaign that resuscitated some of Bédie’s formerly ignored shortcomings or simply invented him new ones.

HOW DOES ONE RATIONALIZE A COUP D’ÉTAT?  BY CONDUCTING IT THE NAME OF GLOBALIZATION

In Côte d’Ivoire, the first coup d’état started with demonizing the Bédié regime on two levels. Socially and politically Bédié was to be presented as an insufficient leader who could not be the unifier and leader open to human and capital flows that his predecessor, Houphouët, was. Economically, he was to be proven a reckless manager and an embezzler of public funds whose misconduct was hurting the masses. So, Bédie’s notion of ivoirité served to demonize him as a divider and a xenophobic. Ivoirité, as Bédié had explained, was a formulae meant to synthesize the aspirations of the multiple ethnic groups living within the borders of Côte d’Ivoire. As such, the concept was to encompass not only the autochthonous people of Côte d’Ivoire, but also, the people from all over the world who lived and worked in the country, insofar as they, too, shared and respected the values of the nationals. For Bédié, ivoirité « . . . la synthèse culturelle entre les ethnies habitant la Côte d’Ivoire . . . concerne en premier les peuples enracinés en Côte d’Ivoire mais aussi ceux qui y vivent et y travaillent en partageant nos valeurs. » 27 ( . . . the cultural synthesis of the ethnic groups living in Côte d’Ivoire . . . is primarily about the peoples rooted in Côte d’Ivoire but also those who live in the country and share our values.) Nothing in these words could hint to some official anti-immigrant or xenophobic stance, despite the fact that—and it has historically tended to be the case more in France than in Côte d’Ivoire—some frustrated fringes of the populations usually displace the inadequacies of their societies on the presence of foreigners.

Nevertheless, a powerful media campaign led by Ouattara’s operatives successfully disseminated the idea that Bédie’s ivoirité was a recipe to repatriate immigrants from neighboring Mali and Burkina Faso; and an apparently credible French press went so far as to link minor occasional conflicts opposing locals to immigrants as direct consequences of ivoirité, thus further exacerbating limited clashes by politicizing them. It did not take long for a country with nearly a 30% immigrant population to be indexed as xenophobic. However, the French Press’ real motive for demonizing Bédie’s regime was elsewhere: Alassane Ouattara, France’s preferred candidate, could not run for the Ivorian presidency on account of his doubtful nationality. Bédié is no saint, one must admit. He is only a politician, and every act he posited was politically calculated. Ivoirité in its political reach could also serve, not only to eliminate Ouattara’s chances at the presidency, but also, to contain the massive electorate from Burkina Faso and Mali on which Ouattara was counting to this effect, and which, fitted with Ivorian national ID cards since the 1970s, had hitherto voted in every election. This electorate was geographically from countries north of Côte d’Ivoire, and religiously more than 90% Muslim. Ouattara wasted no time to coalesce topography and faith to his advantage, launching this designed sentence from his self-imposed Parisian exile, « On ne veut pas que je sois président parce que je suis musulman et nordiste » [They do not want me to be president because I am a Muslim and a Northerner], thus instigating an interethnic and interreligious pandemonium.

There was no reason to link Ouattara’s disqualification to the fate of the five million immigrants that lived in Côte d’Ivoire. Yet, this is what a corrupt and irresponsible national and international media did. For the purpose of the denigration campaign that Bédié was to undergo under the hostile media, Ouattara suddenly condensed all that was foreign and Muslim; and any wrong done to him—either proven or unproven— became automatically a wrong done to any of the five million immigrants or the northern Muslims living in Côte d’Ivoire. Equally, any justice rendered him could be interpreted as justice rendered to the immigrants or northern Muslim populations of the country. Curiously, however, the self-professed certified media that supported Ouattara’s messianic campaign and was eager to impose him to Ivorians as legitimate president glossed over his own admission that he studied with an American scholarship reserved to Voltaic students and carried a Voltaic passport until the age of 42 with a disconcerting carelessness and an unforeseen lack of journalistic rigor.  As one could read in L’Express, A Paris, dans ce bureau de l’agence immobilière que dirige son épouse française, Alassane Ouattara, qui admet avoir été boursier du gouvernement de Haute-Volta et détenteur d’un passeport voltaïque, étale sur une tablette les copies des documents censés confondre ses détracteurs: cartes d’identité parentales, acte de naissance, certificat de nationalité.28  [In Paris, in the office of the real estate agency that his French wife manages, Alassane Ouattara, who admits to have held a scholarship from the government of Upper Volta and a Voltaic passport, displays on a little table copies of documents that are meant to prove his critics wrong: parents identity cards, birth certificate, certificate of nationality.]

Only journalists with premeditated purposes could be so blind as to pass over facts that begged so deafeningly for a minimum of objectivity.
Objectivity, however, was far from being the primary concern in the design to topple Bédié. Whoever has closely followed African politics, on the other hand, will know that African leaders are, in their great majority, corrupt officials, strongly encouraged by greedy northern political and business operatives to steal from their peoples or to embezzle foreign aids with impunity, insofar as these northern officials can be secured enormous benefits. One will recall how former French president Valérie Giscard d’Estaing and his cronies allowed former Central African Republic’s Emperor Jean Bedel Bokassa to remain in power for many years so long as he permitted them to plunder the uranium and diamond mines of his country. One will also recall how successive French presidents, from Giscard d’Estaing to Jacques Chirac closed their eyes on the financial follies of dictators like Mobutu from Congo/Zaire, Bongo from Gabon, Eyadema from Togo, Papa and Baby Doc from Haiti, as long as these corrupt leaders made their countries the economic playgrounds of French multinational corporations. The rulers of Côte d’Ivoire, from Houphouët to Bédié, passing through Ouattara and Gueï, have all treaded in the muddy waters of France’s organized crime, whereby they would cede their countries’ resources to France under their market values in return for huge commissions that often came in the form of freedom to embezzle with assurance of no audits; this is, until the crooked leaders start acting like renegades. Bédié offers an interesting case study to this paradigm. Of all the misappropriations of funds in which Bédié and his close associates were involved, there is one that he would always remember the most as the scandal that helped kill his presidency. Between 1992 and 1997, the European Union approved several grants to Côte d’Ivoire; which were earmarked to improving the healthcare system and supporting the country’s decentralization program. Most of the aid vanished in government members’ bank accounts. Between 1992 and 1997, two different governments had been in control in Côte d’Ivoire, the all-powerful government of Prime Minister Ouattara (1990-1993)—which, under an ailing Houphouët, saw the prime minister cumulate the portfolios of interim president and finance minister with that of prime minister—and the Kablan Duncan’s government under Bédie’s presidency (1993-1999). Though the member states of the European Union acknowledged that the misappropriation of the European Union’s grants spanned over a five-year period, which should include at least one year of Ouattara’s administration, curiously, no mismanagement was imputed to the Ouattara government. The reason for this was quite simple. Ouattara had been good to French business in particular and to European interests in general, though at home much had been said and written on the illicit source of his huge personal fortune, on his elitist style, and on his arrogance toward the middle class that his blind support for the IMF and the World Bank’s forced structural adjustment was exponentially pauperizing. Bédié, on the other hand, was becoming an annoyance to France and to the European Union in general. His much-heralded reforms were not to the liking of France. Land reform threatened big French landowners, especially many who acquired their lands through deceitful means. Bédie’s project of identification, by regulating the flow of immigration along the borders of Côte d’Ivoire, threatened France’s own politics of immigration, which sought to keep West Africans away from French borders in particular, and from European coasts in general. For a long time, Côte d’Ivoire had been the basin of African immigration. Many West Africans with dreams of better lives away from home—who could have tried their luck in Europe— had settled in Côte d’Ivoire, and had found in the Ivorian social and economic haven, not only more than the economic prospects they could envisage in France, but also, better social political and religious integration than could be imagined in Europe. So long as these African immigrants could remain in Côte d’Ivoire, they were millions less souls for the European Union’s immigration systems to worry about. Furthermore, Bédie’s identification policy—termed as Ivoirité—was susceptible of disqualifying France’s greatest ally, Ouattara, and thus killing France’s hope of returning the state of Côte d’Ivoire to the status of non-governmental organization (NGO), a status which though disadvantageous to the Ivorian masses, had made so many French businesses wealthy and France’s balance of payments affirmative. So, five years after passively watching successive Ivorian governments indulge, among others, in the spoliation of the European Union’s grants, France was suddenly struck by some pang of conscience and decided to act on behalf of the oppressed masses that were being shortchanged by their leaders.

So, France, leading the European Union, ordered an audit of the management of the grants during 1995 and 1997, which was coincidentally the period concerning only the Bédié government, despite the widely reported fact that the scandal traced as far back as 1992, that is, as far back as the Ouattara administration.29 The audit of very limited scope undertaken by the European Union, though it appeared somehow commendable, was in fact one more artifice in a series of carefully choreographed ruses meant to sully Bédie’s government and justify any military blow to come. The audit, conducted in November and December 1998 by the audit firm 2AC, uncovered that more than $30 millions, of an $88 million package, have gone missing. This revelation coincided with the Cologne (Germany) announcement of debt reduction for heavily indebted poor countries (HIPC) and caused the European Union to freeze its budgetary help to Côte d’Ivoire. The story of embezzlement of international aid by the Bédié government made a big splash in Europe and was disseminated by all the conceivable French major TV networks and newspapers. Nevertheless, some voices in Europe expressed suspicion about the timing of this revelation.30 The experts of the European Union could not have been blind to the embezzlement going on for five years. They were well aware of the misuse of fund. They just chose to ignore it because the time was not right yet to blow the whistle. Bédie’s misappropriation of international development aid from the European Union became public only when came time to justify a coup against him. The revelation of the scandal coincided with the time when the question of Ouattara’s nationality became a burning issue in Ivorian politics, culminating with Ouattara’s self-imposed exile in France.  Now, Bédié had on his hands, not only multiple not-so-peaceful demonstrations organized by Ouattara’s followers, the ire of the World Bank, the IMF, and the European Union, but also, the incensed populations of Côte d’Ivoire prompted each day by a hostile national media and a French gregarious media that has always mechanically aligned itself with the international policy of French politicians. A few weeks after Ouattara turned up on the doorsteps of his Parisian friends and partners, on December 24, 1999, Bédié was deposed by the military. On January 3, 2000, Bédié went in exile in Paris via Lomé and went to live in his private apartments on rue Beethoven, in the luxurious 16th arrondissement. Ouattara, as for him, returned to Abidjan triumphantly, persuaded that Robert Gueï, the new strong man of Abidjan, who had been his army chief of staff during his days as prime minister, was warming up the presidential seat for him. Ouattara was wrong. General Gueï decided to hold on to power. He promised to maintain excellent relationships with France, honor Côte d’Ivoire financial obligations toward the Bretton Woods institutions, and return power to civilians as soon as he had swept the house and put things in order.

Gueï must have been very reassuring and unthreatening, for not a single time were there talks of French citizens being in danger in Côte d’Ivoire. None of the 20,000 French nationals living in the country was asked to leave by the French authorities. How could they be in danger? After all, was not Gueï close very close, to Ouattara? Was not Ouattara himself the man of the IMF and the World Bank, thus the man of France and of the West in general? In fact, « respectable » French newspapers, like Le Monde and French radio stations, like RFI, were literally dispatching Gueï’s version of the coup, presenting the despot as a hero who was forced by moral imperatives to take power in order to rectify injustices caused by Bédié; and while powerful African leaders like Obasandjo of Nigeria and Mbeki of South Africa saw no reason to justify Gueï’s military coup, and while they were strongly condemning the military overthrow in Côte d’Ivoire as illegitimate and were calling for the restoration of Bédie’s power, France wasted no time, through its minister of cooperation, Mr. Charles Josselin, to recognize the new praetorian regime and to announce its willingness to work with Gueï.

However, Gueï misinterpreted France’s support as a support for him instead of temporary regency of Ouattara’s throne. Mysteriously, the question of Alassane Ouattara’s nationality, which had been a sticking point during the Bédié administration, resulting in Ouattara being disqualified from the 1995 presidential race, and which according to Gueï was at the foundation of the December 1999 coup against Bédié, resurfaced on the occasion of Gueï’s presidential ambition. Like his predecessor, General Gueï pressed Ouattara to settle the issue of his doubtful Ivorian citizenship. On September 12, 2000, Gueï’s lawyers produced some papers intended to disprove Ouattara’s assertion that he had never availed himself of another nationality. Among the papers exhibited were Ouattara’s marriage certificate to an American woman named Barbara Davis, in which he declared himself a citizen of Upper Volta and stated at the time of marriage, in 1966, that his mother was no longer living; a fact that contradicted his earlier declaration that his mother was a living eighty-year-old Ivorian woman by the name of Hadja Nabintou Cissé. There were also a 1978 bank account document and of a 1980 property sale certificate in which Ouattara declared himself to be a citizen of Upper Volta. For Gueï, all these discrepancies spoke more of Ouattara’s immorality and criminal mind than they could shed light on his honesty. Gueï threatened to charge Ouattara with falsification, and once again, the Supreme Court of Côte d’Ivoire rejected Ouattara’s candidacy to the presidential election on the ground of suspicious nationality.

Members of foreign press did not remain silent to this nth injustice perpetrated against the misunderstood savior of the Ivorian flock and took it upon them to lecture the Ivorian people about what great opportunity they were missing by persecuting the great messiah come from the IMF. Nevertheless, unencumbered by the criticisms of international media that have lost all credibility even in the rare cases where they happen to get the news right, General Gueï barred Ouattara from the October 22, 2000 presidential election. As a result, five contenders vied for the presidential seat, General Robert Gueï for the military junta, Laurent Gbagbo for the socialist party FPI, Francis Wodié for the PIT, Mel Théodore for the UDCI, and the independent Nicolas Dioulo. Halfway through the ballot counting, Gueï attempted to load the dice to his advantage by stopping the count and declaring himself the winner while, the early returns had Gbagbo leading the race. Gbagbo’s supporters took to the street to protest Gueï’s coup de force, and with the support of the Defense and Security Forces of Côte d’Ivoire, they drove Gueï to hiding. A few days later, the Supreme Court declared Gbagbo the winner of the presidential race with 59.36% of the votes, against 32.7% for Gueï, 5.7% for Wodié, 1.5% for Mel, and .8% for Dioulo. Ouattara’s RDR contested the results, demanding that the election, which saw only a 37% participation and did not include Ouattara, be redone, this time with Ouattara’s participation. This protest by the RDR remains the Damocles Sword hovering over Gbagbo’s presidency that would be used to rationalize all the conceivable coups bas. Laurent Gbagbo, the saying goes, was elected in calamitous conditions–59% of the votes with a participation rate of only 37%, and above all without Ouattara, the darling candidate of France and of the Bretton Woods institutions, he who, more than anyone else before, made French multinationals in Côte d’Ivoire so wealthy by selling them the country’s strategic companies under the excuse of satisfying a World Bank/IMF program called the Washington Consensus. Therefore, against Gbagbo, all blows are permitted, even the most contemptible ones.

Hardly had Gbagbo been sworn into office than accusations of ethnocentrism and xenophobia started flying his way, and the « crimes » once imputed to Bédié and Gueï became his daily lot. Gbagbo had announced a program that disturbed French interests: Refondation (Reconstruction). It is true that the greatest distinguishing feature between imperial rule and independent government is the externality of the former. In colonial societies, the power to rule was taken away from local populations and entrusted to another state with which these populations had absolutely nothing in common. All happened as if « the ability to decide a country’s destiny, its collective mind, had been cut out surgically and transplanted into another mind in London, Paris, Brussels, The Haye or Washington; »31 a fact which in the France-Africa relationship, and for what concerns here, in the France-Côte d’Ivoire relationship, had persisted throughout all the governments that had preceded the Gbagbo administration. Gbagbo had decided that the transfer of power, thought, and responsibility from Côte d’Ivoire to the metropolis that had hitherto defined the France-Africa relation and made French African governments non-governmental organizations at the sole service of France’s interests with no regard to the interests of the Ivorian people had to come to an end through political, economic, and social purgative Refondation. Refondation was meant to dig into the foundation of the Ivorian society in order to correct the structural flaws that were slowing or impeding progress and, thus, undermining the social growth of the Ivorian people.32 Economically, among other resolutions, Refondation wanted to review the terms of renewal of a number of conventions ceded to France multinationals under their market values by the Ouattara government, conventions the clauses of which French firms had hardly abided by, and which were to fortunately come to expiration around 2004. Among these were the exploitation of Côte d’Ivoire Telecom conceded to France Telecom, the exploitation of Côte d’Ivoire’s power (EECI) and water (SODECI) companies conceded to Bouygues, the exploitation of the railway system conceded to Bolloré, and which was in dire need of modernization. Refondation also meant reassessing some construction contracts by which French firms were fleecing the Ivorian economy by overpricing their services. For instance, the contract of a third bridge to be built in Abidjan was ceded to the French Bouygues, although a Chinese company (COVEC) would build the same bridge for 1/3 of the price and would accept part of payment as exchange in coffee and cocoa. In a word, Economically speaking, Refondation was to liberate the Ivorian economy by doing away with France exploitative and manipulative « friendship, » which had not changed since the days of the colonial exclusif—this French policy whereby French colonies could only buy from France and sell to France at prices fixed by France—in order to stretch a hand to all who were willing to be partners of good faith rather than abusing speculators, as has usually been the case with France. It was obvious that if such reassessing was to happen, the pressure exerted by France on Côte d’Ivoire cede all its development deals to French multinationals without any bid for contracts would be fruitless; and French firms would henceforth have to openly compete with other multinationals (American, British, Canadian, Chinese, Japanese, South African, etc.) for a chance to obtain contracts in Côte d’Ivoire. This could be economically hazardous for France, especially as 2005 was announcing new privatizations, such as the privatization of the Ivorian oil refining company (SIR) and number two Ivorian cellular phone company TELECEL. In an open competition, French multinationals, which have proven in the past to be driven by no other concerns but exponential returns at all cost, would have very little chance of securing further contracts in Côte d’Ivoire. Actually, in an open competition, French multinationals risked losing everything to Americans, British, Canadians, or South African, Japanese or Chinese.

Perhaps, after all, Refondation’s pretensions were only a tale, the bluff of a nostalgic socialist out of touch with the realities of the moment. Perhaps, France had nothing to fear from Refondation, as Gbagbo had practically inherited a country on its knees, a country that, because of the disastrous politics of the PDCI in the previous forty years, was more dependent than ever on international aid, and especially on France. Without France, its colonial and post-colonial guarantor, where could Refondation get the money it needed for its program of development? After all, the devaluation of the CFA, the depreciation of coffee and cocoa, the country’s two major exports, the European Union’s and the World Bank/IMF’s refusal to lend any more money to Côte d’Ivoire after the Bédié administration’s much-publicized financial scandal had left Côte d’Ivoire no other alternative than to be on the good side of France, which could then intercede with international financial institutions to garner some much-needed loans and grants on behalf of Abidjan. Gbagbo could not be serious. He could not run the risk of losing France’s support at such a crucial moment by threatening French multinationals’ monopoly in Côte d’Ivoire. Gbagbo had anticipated the dilemma of not receiving any external financial help. To remedy it, he initiated a measure of austerity that consisted in working at eradicating poverty with a secured budget (a budget that could not rely on any external help); he named it le budget sécurisé.  Also, he undertook to fight corruption in taxes and at the customs. Gbagbo’s determination, earnestness, and visible success caused the World Bank to unconditionally return to doing business with Côte d’Ivoire. In 2002, the IMF, the European Union, and the African Development Bank followed suite. This made it possible for Abidjan to have the necessary financial resources to implement its program of Refondation. France’s fear started to materialize, especially as to signal France’s loss of esteem in Côte d’Ivoire and Refondation’s resolve to rectify its cooperation with France, and with all partners for that matter, a South African Company had just beaten French Bolloré at a bid for the construction of a new airport in San Pédro, south-west of Côte d’Ivoire. French multinationals had no intention of competing fairly with other countries.

In the past, it had been easy for France to buy influences in French Africa by financing the campaigns of politicians sympathetic to French interests or by bribing local officials. Refondation was undercutting this practice and leaving French multinationals, which hitherto garnered enormous dividends for France’s economy, at the mercy of other international competitors. France had no intention of loosening its grip on Côte d’Ivoire, the wealthiest former French colony in sub-Saharan Africa. Furthermore, Côte d’Ivoire’s stance, if left unchallenged, could be infectious. Other French financial havens could start questioning the validity of their « cooperation » with France; and should they, like Côte d’Ivoire, have the audacity to voice the anomalous makeup of that cooperation, France-Africa relations could be in great danger of vanishing forever. This was not about to happen, for, as Koureyssi Bâ observed so fittingly, the French policy in Africa, characterized by deceit, lawlessness and violence, remains unchanged no matter which party is in power in Paris. Furthermore, France can always rely on the servile devotion of its puppets and its docile locals informants who do not care about their legacy in history, and who are ready to draw a dagger into the back of any brother who dares to say no to the master.33 Ouattara, who had dreamed of being president of Côte d’Ivoire at all cost, had no problem driving the dagger in the back of Laurent Gbagbo, France most annoying killjoy in Africa. Convinced that France would back any subversive coup against Gbagbo, this is what Ouattara had to say in 2001 to a freshly elected group of mayors from his party:

 Nous n’attendrons pas 5 ans pour aller aux élections. Après tout, dans certains pays, il y a des coups d’Etat et les gens s’accomodent bien de ces personnes pendant une certaine période. Nous avons des monarchies dans le monde et les gens acceptent bien qu’une personne non élue représente le peuple dans sa totalité. Pourquoi devrions-nous attendre 5 ans pour que vous ayez ce à quoi vous avez droit et surtout ce que les populations réclament ? Nous avons certaines relations extérieures. Nous avons commencé à les actionner. J’aimerais vous dire aussi que nous avions convenu avec le maire Adama que nous aurons des réunions périodiques pour qu’ensemble, nous puissions développer assez rapidement une stratégie pour la conquête du pouvoir.34   [We will not wait 5 years to go to the elections. After all, in some countries, there are coups d’État, and people get used to the situation after a while. We have monarchies in the world, and people accept that a person who has not been elected represent the country in its totality. Why should we wait 5 years before you get what you deserve, especially when the populations are asking for it? We have external contacts. We have started to activate them. I would also like to tell you that with Mayor Adama we have agreed to have periodic meetings so that, very quickly, we can all develop a strategy for the conquest of power.] 

So, in the night of September 19, 2002, France triggered one of its bloodiest punitive campaigns against Côte d’Ivoire. A group of deserters from the Ivorian army, who had been training in neighboring Burkina Faso, simultaneously hit the cities of Bouaké and Abidjan with a brutality never experienced in the country. More than 100 unsuspecting members of the Ivorian defense forces in Bouaké were executed in their beds along with their families. Scores of wandering civilians were shot. Emile Boga Doudou, the Ivorian minister of interior who had just returned from a visit to his French homologue Sarkozy a day earlier, a visit during which he had raised the question of Ivorian deserters being trained in neighboring Burkina Faso, was executed in his bed, along with members of his family and his domestics. General Gueï, the former president and his wife were assassinated. It was a night of carnage. Gary K. Busch has detailed the operational organization of that atrocious nightly attack on Côte d’Ivoire.
In September 2002 about 650 rebels loyal to General Robert Gueï, attacked both Bouaké and Abidjan from neighboring Burkina Faso while Gbagbo was in Rome to meet the Pope. Their operation was supposed to last five days maximum. They were hoping to seize power and force Gbagbo to exile; but they were ill armed and disorganized, and soon the defense force of Côte d’Ivoire cornered them and reduced them to half. It was then that the commander of the French army in Côte d’Ivoire requested a cease-fire so that he could evacuate the French citizens and a few American nationals living in Bouaké. During the 48 hours allotted the French army, three Antonov-12 flew from Franceville (Gabon) to supply the rebels in armament. Other planes and truck brought in armament and mercenaries from Liberia and Sierra Leone, and the rebel force, which was previously estimated at 320 troops, grew to 2500 mercenaries armed with kalachnikovs and other weapons that had never been part of the Ivorian armory. The French army also supplied the mercenaries with sophisticated communication equipments that kept them always aware of the movements of the Ivorian defense troops. The French then retreated gradually leaving the rebels in charge with Eastern Europeans mercenaries as technical advisers. Once the rebels were well positioned, Chirac then activated the international pressure machinery through the United Nations to obtain a resolution entrusting France with a peacekeeping mission in Côte d’Ivoire.35 While tergiversations were taking more time than needed at the United Nations, the rebels were multiplying their fronts not just in the Northern part of the country, but also in the Western parts, recruiting more mercenaries from Samuel Doe’s civil war troops as well as mercenaries from the RUF in Sierra Leone. The rebels’ indiscriminate killing and raping of thousands of children, elderly, and women led to mass exodus toward Yamoussoukro and Abidjan. Gbagbo had dared to defy France, and France had launched against his regime the biggest firepower ever delivered on Côte d’Ivoire. Now the United Nations, through the Security Council, could play its partition by blessing France’s direct intrusion in the country.

Yet, Gbagbo’s Refondation was not merely a rumination posture against France. Evidently it intended to rectify Côte d’Ivoire’s anomalous relationship with France. The rosy economic definition of liberalization that treats Foreign Direct Investment as « . . . a decentralized process wherein each foreign company takes the investment decisions of the others as beyond its control . . . »36 is exploded in French Africa. There, nothing is meant to remain beyond the control of French multinationals whose barons have vouched to filter all non-French multinational investments’ access to the continent to the point of reducing them to nothing. « Exploding » is not just a figure of speech, as the daily conflagrations caused by heavy French artillery and the frequent turning out of black corpses scare Anglo-Saxon and Asian investments out of French Africa, while France remains curiously present before, during, and after the cannon roars. From the perspective of most French investors in Africa, Foreign Direct Investment should have nothing to do with each firm forming « . . . an expectation about the host country’s eventual trade policy and [evaluating] the profitability of its own potential foreign investment accordingly. »37 Instead, the host country should be bomb-pressured to accepting the level of protection and the terms of profitability dictated by France. It is unfortunate that, in economic circles, the kinds of quid pro quo foreign investments that have made French multinationals and a few corrupt nationals wealthy while impoverishing most Africans by a relocation of their economic resources are still treated as epiphenomenal or isolated episodes involving a small number of disreputable industrialists. French multinationals’ brutal practices in Africa are systemic, and they ought to be examined as such. The much-publicized Elf-Aquitaine affair has now shown that French multinationals’ dirty economic practices run deep into the French government no matter which party is in power. Gbagbo’s Refondation was principally a program of poverty reduction through a distribution to the masses of healthcare and education services and the creation of jobs; a program that fell well within the United Nations Millennium Development Goal (MDG) for Africa. The French-supported rebellion put Gbagbo’s poverty reduction program at a standstill, and the passion with which Koffi Anan’s United Nations defended the French actions and supported France’s subsequent direct intervention in Côte d’Ivoire was mind-boggling. The victim was presented as the victimizer, and the victimizer was made both judge and Jury of the victim. This collaboration of African leaders such as Ouattara and Kofi Anan with a brutal European force against their people, though revolting, nevertheless has an explanation. In all times, Africa has had local collaborators who enabled the exploitation and impoverishment of the continent by Western powers, so long as these local informants could be left to collect a few morsels alongside their plundering Western masters. At the time of the question of Côte d’Ivoire, Kofi Anan had his own scandals at the United Nations hovering over his head, and the oil for food humiliation in which his son, using the father’s influence, was deeply involved, and for which Anan needed France more than ever to testify on his behalf. This could only happen if he took care of France’s interests in Africa, no matter what the consequence could be for the African people. Anan and Ouattara were only repeating an ancient gesture called North/South collaboration. Unfortunately, It would be utterly hypocritical for anyone who unreservedly condemns the resistance organized by the Ivorian Patriotes to pretend to speak in favor of poverty reduction and growth in the Third World, and especially in Côte d’Ivoire. It is obvious that France’s gangster-like intervention in Côte d’Ivoire has undermined progress by any theory of economics. I shall point to some of the consequences of France’s disquieting intrusion in Côte d’Ivoire as they relate to the armoring of the most pessimistic economics theories for the Third World and the undercutting of all development theories ever to cast any promising outlooks on poor countries.38

To proponents of dependency theory—the theory that winners and losers are two inevitable sides of the same coin of development39—the Chiraquian martial incursion in Côte d’Ivoire to protect lamenting French multinationals terrified of international competitions makes factual the hypothesis that as economic trade grows between rich and poor nations, global income inequality grows, too. In the kind of liberal commerce that, in the wake of the Washington Consensus, has characterized the « exchanges » between Côte d’Ivoire and France, and in which the French government and the French army, following an age-old tradition, have figured more like bullying middlemen than state institutions, profits have been unashamedly unidirectional. So, this explaining that, the convergence theory—the theory claiming that someday, in a happy future, the last shall meet the first, and that rich countries will experience dwindling returns and be caught up by poor countries—is belied. If the economic trends, as we observe them today, keep up, convergence theory becomes, for the proponents of global equality, wishful thinking, an unrealizable fancy. The impossible possibilization of convergence theory is pushed even further back into the dominion of bleakness by the doing of rich countries that have specialized in altering, in poor countries, all the control variables in which advocates of endogenous growth have invested so much optimism. How so?

Against convergence theorists’ pessimistic outlooks for rich countries and optimistic perspectives for poor countries, proponents of endogenous theory would argue that humanity is only at the beginning of useful discoveries, and therefore, rich countries will always be able to subvert the menace of diminishing resources and remain dominant just by the significance of the scientific, technological innovations that they make at home. This is possible because rich countries have traditionally been able to control certain variables, such as, fertility rate, level of human capital (education), and government spending. These controlled variables are referred to as conditional factors. Traditionally, the control for these variables has been absent in poor countries. So then, the factors that come to be known in rich countries as conditional convergence factors (insofar as the conditions for their control are present) become unconditional convergence factors in the Third World (insofar as the condition for their control are absent). No one, however, would dispute the fact that conditional and unconditional convergence factors are not natural occurrences. They do not respectively appear in rich and poor countries by Devine design. They are not the making of an omnipotent Big-Other who assigns them, in that order, to civilized capitalist societies on the one hand, and to primitive territorial populations on the other hand. Conditional and unconditional convergence factors are not inherently attributed to one group of people who are in control of all their intellectual faculties as opposed to another group subjected to lobotomy. Conditional and unconditional convergence factors are created and manipulated by greed, ruthlessness, and brutality, which are not necessarily signs of intelligence. Therefore, before proponents of endogenous theory rest assured that any responsibility for failure and economic decline is entirely organic, perhaps, it would be wise to situate responsibility. On the levels of human capital and government spending, the multiple muscled interventions of France in West Africa have always, intentionally, turned conditional and unconditional factors on their heads in a theatrical diagram that made perfect sense for France while disturbing any prospect of planned development for the African nations. This viciously masterful manipulation made conditional factors unconditional for national social engineers while at the same time keeping them conditional for French business. Bare Hands Victory becomes enlightening in disclosing France’s responsibility in that regard; but Bakaba’s documentary can only expose the symptoms of a bigger infection in Africa. In Bare Hands Victory, Côte d’Ivoire is but a case study of a more pervasive hexagonal will to power determined to make profits by all means necessary.

Is it only by killing Africa’s human capital that the rest of the world could give the black continent a chance of turning the tides of global inequality? France seems resolved to spin the grim images of Ivorian youth falling under French multinationals’ hired guns into a neo-classical resolution of income inequality; one which would eerily assert, on account of the role of population growth in the race for development, that « we are saving them from themselves. » If growth is a race between increases in population and capital stock, this pessimistic-optimist argument would thus go, then, wars—which have been more exogenous than endogenous in French Africa—by their ensuing effects of population decrease, will lead to better distribution of wealth in Africa. How depressing! And how disingenuous, too, to link the slaughter of the dynamic and educated force of a country to its chances for progress! In fact, until an international outcry puts an end to the incendiary practices of the hired armies of imperial nations, the butchering of the young brains of Africa will continue to widen the technological gaps between North and South—one of the major causes of global inequality—and maintain an East-West-West-East-bound spread of technology and industrialization. It is not by accident that most Third World countries, claim appurtenance to the Orient when they cannot establish their belonging to the Occident.40 Have not theorists of economic geography told us that the Occident, with its temperate climate and smoother terrains, is blessed by the gods and has all the best prospects for development? Nevertheless, has African geography really been a hindrance at any time in history for opportunists resolute to plunder the riches of the African continent? Have not European explorers, as far back as the sixteenth century, defied the negative endowments of Africa and pushed deep into the heart of darkness to dig up Africa’s iron ores, its gold, its diamond, to cut its timber, to bleed its rubber trees, to remove its elephants’ defenses, to practice their shooting ability on its game? Have not European speculators designed ingenious methods to transfer Africa’s human capital and riches to the Occident despite Africa’s much-heralded negative endowments? Why has Europe become so paradoxically impotent when it came to developing infrastructures in the continent that would benefit African populations? And what to say of this so-called poor continent that yet continues to stir up so much interest in greedy multinationals? Geography and poverty have nothing to do with the underdevelopment of Africa. In fact, to be fair, Africa is victim of its wealth and a globalization gone mad.

NOTES
1 Sidiki Bakaba, director, Bare Hands Victory (Abidjan: Kepri Creations, 2005).

2 See, The Washington Times, Special International Report Prepared by The Washington Times Advertising Department, July 2, 1999

3 Olaudah Equiano, The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa the African

4 J.D. Fage, A History of Africa (London: Routledge, 1995), 334.

5 Ibid., 327.

6 Jules Ferry, « Les fondements de la politique coloniale, » discours prononcé à la Chambre des députés: le 28 juillet 1885

7 H. L.Wesseling, Divide and Rule: The Partition of Africa, 1880-1914, trans. Arnold J. Pomerans (Westport: Praeger, 1996), 200-203.

8 Much of the discussion here is inspired by D. K. Fieldhouse’s The West and the Third World (Oxford: Blackwell Publishing, 1999), 99-105.

9 Actually, as Fieldhouse notes, evidence points to the contrary. All of black Africa within the European Community’s preferential economic system in the 1980s had a lower per capita growth rate than South Asian countries which were not part of the system (105).

10 Ibid.

11 Richard Falk, Predatory Globalization: A Critique (Malden: Polity Press), 131.

12 James Petras, and Henry Veltmeyer, « World Development: Globalization or Imperialism? » in Globalization and Antiglobalization: Dynamics of Change in the New World Order, ed. Henry Veltmeyer (Burlington: Ashgate, 2004), 18.

13 Steven Hiatt, editor, « Global Empire: « The Web of Control, » in A Game as Old as Empire: The Secret World of Economic Hit Men and the Web of Global Corruption (San Francisco: Berret-Koehler, 2007), 12- 29. 14http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/elysee_2007/20070504.OBS5597/segolene_royal_denonce_les_ liensentre_sarkozy_bouygues_.html

15 Xavier Harel, Interview with Ahmadou Kourouma, in Politique Internationale, Issue 98 (Winter, 2003), http://www.politiqueinternationale.com/revue/read2.php?id_revue=13&id=223&content=texte&search= (accessed on January 19, 2008).

16 Alemayehu Geda, and Abebe Shimeles, « Openness, Trade Liberalization, Inequality and Poverty in Africa, » in Flat Wold, Big Gaps: Economic Liberalization, Globalization, Poverty & Inequality, eds. Jomo K. S., and Jacques Baudot, 297-326 (London: Zed Books, 2007), 304.

17 Assié-Lumumba, and Lumumba-Kasongo, « Côte d’Ivoire (Ivory Coast) in the French and Global Capitalist System, » in Africa Update, vol. X, Issue 4 (Fall 2003).

18 Alemayehu and Geda, 305.

19 Had not Sarkozy, as French minister of finance and industry, reassured EDF and GDF union members worried about privatization prospects in the following terms on April 4, 2004?
EDF et Gaz de France ne seront pas privatisées. Pourquoi? Parce que EDF et Gaz de France ne seront pas et ne seront jamais des entreprises tout à fait comme les autres . . . du fait de leur importance pour l’indépendance nationale, de leur rôle dans le service public de l’électricité et du gaz.
[EDF and GDF will never be privatized. Why? Because EDF and GDF will not be and will never be ordinary companies . . . given their importance for national independence, given their roles in public distribution of electricity and gas.]
See http://sarkozyblog.free.fr/index.php?2004/04/04/108-rencontre-avec-les-syndicats-edf

20 Assié-Lumumba, and Lumumba-Kasongo, « Côte d’Ivoire (Ivory Coast) in the French and Global Capitalist System, » in Africa Update, vol. X, Issue 4 (Fall 2003)

21 James Ferguson, Global Shadows: Africa in the Neoliberal World Order (Durham: Duke University Press, 2006), 39.

22 The review concluded that
Members congratulated Côte d’Ivoire on its pursuit of macroeconomic stabilization and trade liberalization, and noted the positive effects registered to date. They nonetheless encouraged Côte d’Ivoire to make additional commitments and bind more tariffs so as to ensure that current reforms continue. Participants expressed their conviction that the consolidation of reforms in the goods and services sectors would attract new investment and ensure sustained economic growth. See World Trade Organization, « Trade Policy Reviews: Second Press Release and Chairperson’s Conclusions Côte d’Ivoire: July 1995, http://www.wto.org/english/tratop_e/tpr_e/tp9_e.htm

23 In a letter to his family, Frantz Fanon expressed his regrets of choosing to fight for France during WW2, complaining that he was wrong to enroll to fight for the freedom of French people while French farmers themselves were not ready to fight for their liberty. See Black Skin, White Masks (videorecording)

24 Jeune Afrique, issue 1231 (August 8, 1984), p. 21

25 H. K. Bédié, Les chemins de ma vie, (Paris: Plon, 1999), 50.

26 Francois Soudan, « Ouattara est-il ivoirien? » (13 juin, 2000), http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN13063ouattneirio0

27 Ibid., 44.

28 Vincent Hugeux, « Quand la Côte d’Ivoire joue avec le feu, » http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/cotedivoire/dossier.asp?ida=418738&p=2

29 See Jérôme Dupuis, and Jean-Marie Pontaut, « Mains basses sur l’aide européenne, » April 6, 2000, http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/cotedivoire/dossier.asp?ida=418736:
Où ont disparu les 180 millions de francs que l’Union européenne a versés à la Côte d’Ivoire? Cette aide, destinée essentiellement au programme de santé, a été systématiquement détournée entre 1992 et 1997, comme l’attestent plusieurs audits récents de la Commission européenne et un rapport accablant de l’Inspection des finances ivoirienne, dont L’Express a pris connaissance [[What happened to the 180 million francs that the European Union disbursed to Côte d’Ivoire? This money especially earmarked for healthcare has been systematically diverted between 1992 and 1997 as indicated by several recent audits by the European Commission and a report of the Ivorian finance inspection obtained by L’Express.]
30 Ibid.
Il est scandaleux que les députés européens n’aient pas été informés de ces détournements, qui concernent des secteurs aussi sensibles que la santé. Je ne comprends pas que la délégation sur place et les quatre experts du Fonds européen de développement détachés auprès de l’administration ivoirienne n’aient rien vu. Cela pose un problème de compétence. A moins qu’il n’y ait d’autres explications [It is outrageous that the members of the European Parliament had not been informed of these embezzlements that touch such sensitive sectors as health. I cannot understand how the delegation on the ground and the four experts of the European Development Fund assigned to the Ivorian administration did not detect anything. This raises a question of competence. Unless some other explanations exist.]

 31 David Kenneth Fieldhouse, The West and the Third World: Trade, Colonialism,  Dependence and Development (Malden: Blackwell Publishers, 1999), 72

32 Pr. Mamadou Koulibaly, La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire (Abidjan: La Refondation, 2003), p. 4.

33 Interview by Abdou Salam Diop, in “L’Harmattan” No 854-9056, January 2, 2005, http://www.midici.com/

34 Ibid.

35 La guerre de la France, 11-14.

36 Gene M. Grossman, and Elhanan Helpman, Interest Groups and Trade Policy (Princeton: Princeton University Press, 2002) 235.

37 Ibid.

38 Much of my discussion here will rely on Glenn Firebaugh’s summary of the theories of world stratification as he laid them out in The New Geography of Global Income Inequality (Cambridge: Harvard University Press, 2003),170-84.

39 Firebaugh, 170.

40 See Henry Louis Gates, Jr. Wonders of the African World (videorecording)

Que les Akan Cessent de Souiller leurs Symboles de Chefferie (24 décembre 2012), M. Frindéthié

Depuis l’installation de la dictature de Ouattara, il ne se passe plus un seul jour sans que les autorités akan de Côte d’Ivoire n’endimanchent le premier venu des atours de leur chefferie. A peine trois pelés et un tondu de l’administration des rattrapocrates montrent-ils leurs faciès chez les Akans, que les notables se précipitent-ils à les affubler des symboles de la chefferie et les faire princes de ceci ou de cela. Les notables akan se lancent-ils dans cette absurde théâtralité sous la peur ou la douleur d’estomac ? Il est temps, et grand temps, que les chefs akan comprennent que leur propension à banaliser les armoiries et les rituels de chefferie en les faisant porter par n’importe qui, et surtout par des assassins dont les mains sont encore fraîches du sang de leurs fils et filles, ne les honore pas. Que cesse ce théâtre de l’absurde ! Aucune contrainte, aucun borborygme d’estomac ne saurait justifier cette tendance grandissante à banaliser, voire à souiller, les emblèmes de chefferies akans. En cette période où la décence humaine a perdu le nord, un peu de dignité de la part des notables akan serait de bon ton.

Soro dans son kita: les Bété ont dû se tordre de rire, M. Frindéthié

Soro(20)Le griot africain – le vrai griot, et non pas ce saltimbanque indigne qui pour quelques piécettes sonnantes et trébuchantes sortirait sa darbouka pour inventer une généalogie aux branches dorées au premier zouave sur la place du village – possède une façon bien particulière de rire aux dépens du despote sans risquer de se faire trucider. Il procède par ironie kinésique ; une insulte bien déguisée par laquelle la gestuelle, l’image, le comportement en disent plus long que le verbe. Dans les tribus plus au sud de la Côte d’Ivoire, où le pagne kita fait partie de l’habit traditionnel des hommes et des femmes, on le sait très bien, seul l’idiot du village se découvre le bras gauche du kita quand il le porte. Soro Guillaume, qui a sorti chars et soldats pour s’inviter de force chez les Bété, a fait les frais de cette insulte par circonlocution lorsque les parents du Président Gbagbo et de Blé Goudé, la lame du hachoir sur la gorge, ont été contraints de recevoir le chef de la rébellion du Nord. Ils l’ont tout bonnement emmitouflé dans le pagne de l’idiot du village.  Soro dans son kita, le bras gauche à découvert, se pavanant insoucieux parmi les Bété, c’était comme un chimpanzé fagoté dans la chasuble du pape, oublieux du rire des hommes. Et d’idiot, il en avait vraiment l’air, le Soro, dans son beau kita, le bras gauche à découvert !

Insécurité / Microbes : L’imam Diaby Almamy « De grosses têtes de la rébellion sont derrière ces enfants »

microbesImam de la Mosquée Ifpg au Plateau et président de l’Ong Nouvelle Vision contre la pauvreté, Diaby Almamy, mène plusieurs actions dans le cadre de la réinsertion des ex-combattants. Nous l’avons rencontré le samedi 2 août 2014 au Plateau. A cette occasion, le guide réligieux qui est également un collaborateur de l’Onuci, s’est prononcé sur le phénomène des ‘’microbes’’, ces enfants qui agressent à main armée dans des communes d’Abidjan.

Il est de plus en plus question à Abidjan du phénomène des »Microbes ». Qui sont-ils exactement ?

Diaby Almamy : Il faut le dire. C’est une affaire qui concerne trois types d’enfants. Il y a celui des ex-combattants, celui des enfants qui ont servi d’indicateurs pendant la crise et ceux qui ont intégré ces groupes juste par suivisme. Mais, le fond du problème est purement politique. Le politique a utilisé ces enfants pendant les heures chaudes où il fallait trouver le moyen de faire partir le président Laurent Gbagbo. Et, une partie de ces enfants brûlaient les pneus, participaient aux opérations ville morte. Ils paralysaient tout le système dans les communes d’Adjamé, d’Abobo et d’Attécoubé. Aujourd’hui, ils ont vu que la situation s’est normalisée. Et, ceux qui les mettaient dans la rue sont aujourd’hui à l’aise pendant qu’eux souffrent. C’est l’une des parties du problème. Il y a aussi le cas des ex-combattants. Des enfants se sont battus avec eux pendant la crise. Ils avaient entre 18 et 25 ans. Et maintenant qu’on doit s’occuper d’eux, on leur dit qu’ils ne savent ni lire, ni écrire. Ils ont donc décidé de constituer un bloc à Attécoubé.

Quand ces enfants attaquent des personnes, que font-ils des biens volés ?

D.A : Ils ont des ex-combattants derrière eux, à qui, ils reversent tout cela, une sorte de commandement.

Qui sont ces personnes, ces ex-combattants ?

D.A : A Attécoubé, ce sont les éléments de la Marine. Il y avait deux groupes. Un qui acceptait de travailler pour eux quand un autre groupe refusait. Ce qui faisait que lorsque les deux groupes s’affrontaient, au lieu de les séparer, ils choisissaient de tirer sur ceux qui ne travaillent pas pour eux. Attécoubé était devenue infréquentable. Je suis allé voir la commissaire (de police) pour lui demander les raisons de cette situation. Elle m’a fait savoir que quand on arrête ces enfants, des hommes en armes, en treillis, viennent les libérer sous prétexte que ces enfants ont combattu avec eux. Je suis allé à la Marine pour discuter avec le commandant. Il m’a dit que ce ne sont pas eux les responsables. Mais, après nos investigations, nous avons compris que ce sont ses éléments qui le faisaient. Pour aller plus loin, je vous informe que le chef des microbes de Boribana dormait à la Marine.

Ce chef-microbe est-il un soldat ?

D.A : Non, c’est un civil. Et, il dormait à la Marine au vu et au su de tous. Quand les gens de la Cie (Compagnie ivoirienne d’électricité, Ndlr) sont venus à Boribana pour couper le courant parallèle, ces enfants ont coupé le bras d’un élément Frci du ‘’commandant Barbu’’. Cela n’a pas été sanctionné. On constate que ces enfants font ce qu’ils veulent et personne n’en parle. Nous avons organisé une grande cérémonie pour proposer des solutions à ce problème. Ces enfants nous disaient tout. Après les échanges avec les enfants, nous avons compris que le problème à Attécoubé vient de la Marine. Celui d’Abobo vient des anciens ‘’syndicats’’ qui ont leur enfants parmi ces microbes.

Concernant ces éléments des ‘’syndicats’’, à quel niveau sont-ils impliqués dans cette affaire ?

D.A : Il y a 4 enfants que nous sommes allés trouver à la Maca (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan). On leur a demandé pourquoi ils se sont retrouvés en prison. C’étaient des enfants de 15 à 17 ans maximum. Ils nous ont expliqué qu’ils étaient dans les gares. Ils prenaient ce qu’ils devaient prendre pour le remettre aux chefs des syndicats. A un moment, ils se sont rendus compte que les chefs ne s’occupaient pas bien d’eux. Ilsmicrobes 2 ont donc décidé d’arrêter. Quand ils ont arrêté, on les a envoyés de Cocody à Abobo. Après, ils se sont retrouvés à la Maca. Ces enfants n’y sont pour rien. C’est pour vous dire qu’il y a de grosses têtes qui ont combattu au niveau de la rébellion qui sont derrière ces enfants.

Des officiers supérieurs ?

D.A : Oui. Des gens bien connus aujourd’hui, qui ont participé à la rébellion. Ce sont aujourd’hui des haut gradés. Cela nous choque vraiment de voir cela. Parce que cela n’aide pas le président (de la république) à sortir le pays du trou. Il fait tout ce qu’il peut. Mais, ces gens créent toujours un blocage. Ils allument le feu et viennent après jouer les pompiers. Il y a des enfants de ‘’syndicats’’ bien connus, qui sont des microbes. Donc, ils ne peuvent jamais contribuer à arrêter ce phénomène. Puisque, quand ces enfants prennent des portables, des bijoux de valeur, ils viennent les remettre à ces soi-disant chefs. Et quand après le partage ils ne sont pas contents, ils retournent encore sur le terrain. Mais, il y a un fait qu’il faut souligner. La plupart de ces enfants sont des ressortissants des pays voisins. Pour beaucoup, ils ne sont pas Ivoiriens. Il y a des Maliens, des Guinéens, des Burkinabés. Le chef d’Attécoubé par exemple est Burkinabé. Son second est Malien. Nous avions décidé de rentrer en contact avec les Ambassades de ces pays pour qu’ils puissent aussi faire la sensibilisation à leur niveau. Tous ceux-là sont soutenus par des chefs de guerre. Il ne faut surtout pas oublier ce côté.

Qu’est ce qui motive aujourd’hui ces officiers supérieurs qui vivent quand même dans de bonnes conditions à encadrer ces enfants ?

D.A : Les syndicats par exemple sont soutenus par certains chefs de guerre parce que dans chaque gare, ils ont leur ration. De ce fait, ils ne veulent pas mettre fin à ce qu’on appelle le phénomène des Gnambros (membre de syndicats de transporteurs : Ndlr). Et, c’est le phénomène des Gnambros qui alimente celui des »Microbes ». Puisque, la plupart de ces enfants sont les fils des syndicats. Il faut le dire. Aujourd’hui, je me retrouve souvent menacé par des syndicats, des Frci. J’ai été mandaté par l’Onuci (Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire : Ndlr) pour suivre le processus des ex-combattants. J’ai aidé plus de 300 à Abobo à avoir un emploi. Je sais donc de quoi je parle.

Ne craignez-vous pas pour votre vie à l’allure où vont les choses ?

D.A :Pas du tout. Je suis guide religieux. Imam de la mosquée Ifpg au Plateau, qu’on appelle la mosquée Aemci. Je me dis que c’est une mission de Dieu. Ils peuvent me tuer s’ils le veulent. Mais, qu’ils sachent que tout ce qu’ils sèment, ils le récolteront un jour.

Pour revenir à la question de ces bandes, comment fonctionne une équipe de »microbes » ?

D.A : Il y a ce qu’ils appellent ‘’Opération ville propre’’. Ils peuvent se mettre à près de cent. Ils occupent une voie. Et ce jour-là, tous ceux qu’ils rencontrent sur cette voie, sont dépouillés de tout. Il y a deux semaines à Attécoubé, il y a un microbe qui a foncé sur moi. Arrivé à mon niveau. Il a crié ‘’Eh vieux père, c’est toi’’ et il est parti. Il avait sa machette et son pistolet en main.

En plus des armes blanches, ils ont donc des armes à feu…

D.A :Oui, ils ont des armes à feu. Vous savez, ces enfants n’ont plus peur de rien. J’étais à Agboville, il y a quelque temps. A 23 h, »le commandant Barbu » qui est à la Sodeci à Attécoubé, m’a appelé. Il m’a dit que ces enfants ont même cassé sa voiture à Boribana. J’ai dit au commandant que »ceux qui te créent des problèmes sont au sein de ton groupe ». Ce qui se passe actuellement risque de ternir fortement l’image du président Ouattara. C’est pour cela que nous avons décidé de dire la vérité aux Ivoiriens.

Quelle est cette vérité ?

D.A :La vérité est que pour finir avec les »Microbes », il faut régler le problème des ex-combattants. Il y en a qui ont combattu et qui n’ont pas été pris en compte pendant que des autorités allaient chercher leurs frères au village pour les (…) Lire La suite sur Linfodrome

Le maire Adama Tougara d’Abobo vous présente son lieu de travail

Voici la salle des mariages de la mairie d’Abobo, la mairie du maire « choco » d’Abobo Adama Toungara. C’est ça la vitrine d’Abobo. Imaginez le reste!

AboboSalle de mariage Abobosalle de mariage d'abobo

Qu’elle est belle la Côte d’Ivoire de dramane wattra à l’heure de « l’émerzance des « Ivoiriens nouveaux »!!!

Silence, on émerrrrze!!! La saleté, on l’ADOrrrre!!! On y mange, on y dort, on y patauge, on y bat campagne, ça ne nous gêne aucunement; au contraire!!!!

La ghettoïsation de la Côte d’Ivoire continue (24 avril 2015), M. Frindéthié

Logements sociaux d'Houphouët: Imaginez un peu ce que c'était il y a 40 ans

Logements sociaux d’Houphouët: Imaginez un peu ce que c’était il y a 40 ans

Logements sociaux de Dramane: Imaginez un peu ce que ce sera dans 5 ans

Logements sociaux de Dramane: Imaginez un peu ce que ce sera dans 5 ans

40 ans après les premiers logements sociaux du Président Houphouët (Sicogi, Sogefia) la Côte d’Ivoire peine à offrir des habitations décentes aux Ivoiriens.

Au contraire, ce qui se donne à voir depuis l’arrivée des Rattrapés au pouvoir, c’est un nivellement par le bas, une ghettoïsation de la Côte d’Ivoire. Le standard des constructions qui sous l’égide du « ministère de la construction » de Dramane poussent comme des champignons ces dernières années fait honte. Ce n’est pas un standard digne de la Côte d’Ivoire.

Tout n’est pas de superposer des briques comme un angelot s’amusant au jeu du lego. Il faut savoir  proposer aux Ivoiriens quelque chose qui fait plaisir aux yeux et rehausse la dignité humaine. Ces poulaillers en construction que l’on nomme fièrement « logements sociaux » sont en deçà de ce qui se construisait il y a 40 ans ; et c’est inadmissible. Quel gâchis ! Et puisqu’une image vaut bien mille mots, nous vous offrons par images la comparaison suivante :

En haut, les logements sociaux d’Houphouët d’il y a 40 ans.

En bas, la version dramanique de 2015.

Oh oui, des locataires inconscients ont laissé se dégrader les « maisons d’Houphouët ». Mais même dans leurs décrépitudes, ces bâtiments d’il y a 40 ans sont loin d’être rattrapés par les poulaillers de nos Rattrapés.

Pourquoi dramane ouattara a-t-il tant de mal à gouverner démocratiquement ? M. Frindéthié

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Pourquoi dramane quattara a-t-il tant de mal à gouverner démocratiquement la Côte d’Ivoire ? Pourquoi depuis avril 2011 Dramane avance-t-il de mensonges en mensonges, de violations de la Constitution en violations de la Constitution, et de répressions en répressions ?

Tout simplement parce que dramane est un chef terroriste, et qu’il gouverne selon les principes terroristes.

Imaginez un seul instant que Boko Haram arrive au pouvoir au Nigéria par les méthodes barbares que nous lui connaissons. Croyez-vous vraiment que Cette organisation terroriste puisse gouverner le Nigéria ? Qu’elle puisse offrir aux populations nigérianes qu’elle a passé des années à massacrer un minimum de bien-être ? Non ! dramane ouattara est le chef d’une organisation terroriste qui n’a aucune culture démocratique. De ce fait, il ne peut se défaire de ses réflexes naturels de terroriste et poser le moindre acte démocratique. C’est plus fort que lui : pour dramane, la propension à tricher, menacer, brutaliser, emprisonner, torturer et tuer l’emporte sur tout autre effort humain.

dramane n’est pas lui s’il ne terrorise. Voyez un peu comment ses ministres se crispent en sa présence. Voyez comment ils se font tout petits au point de vouloir se rendre invisibles en sa présence. Ce n’est pas du respect que les collaborateurs de dramane éprouvent pour lui. C’est de la peur ! Une anxiété qui leur tord les boyaux à la seule pensée qu’à tout moment un de ses loubards d’Abobo ou de la Riviéra—car depuis avril 2011, « loubard a gagné coupou »–pourrait leur demander des comptes, pourrait débarquer devant leurs domiciles pancartes à la main, déblatérer des menaces. Comme les ministres d’Idi Amin, Les collaborateurs de Dramane savent tous que les tueurs qui l’entourent peuvent à tout moment, sur un tic épileptique de dramane, débarquer chez eux et les enlever à leurs familles vers des destinations inconnues.

dramane est l’exemple même qu’un corps nomade peut être plus obtus qu’un corps sédentaire, et que le voyage n’est pas toujours formateur ; que l’on peut en revenir plus limité qu’auparavant. dramane est allé aux Etats-Unis, mais il en est revenu borné, obtus, violent, antidémocratique, et terroriste malgré ses beaux souliers et ses costumes bien repassés.

Prise en charge psychologique des danseurs de Papa Wamba. Et les autres ?

Pr Maratou Koné, ministre ivoirien de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l'indemnisation des victimes

Pr Maratou Koné, ministre ivoirien de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l’indemnisation des victimes

Le ministère ivoirien de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l’indemnisation des victimes a entamé depuis hier à Abidjan, sous la houlette du Pr Mariatou Koné, une prise en charge psychologique des chanteurs et danseurs du musicien Congolais Papa Wemba, décédé dimanche matin sur la scène de la 9è édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA). Bien que cette initiative soit hautement louable, la discrimination avec laquelle elle s’applique en laisse un goût désagréable.

Qu’en est-il des étudiantes violées dans leurs chambres par les soldats de dramane pendant la toute dernière répression militaire au campus de Cocody ?

Qu’en-est-il des victimes de la purge d’Assuéfry ?

Qu’en est-il des victimes de touba, de Bouna, de Dabou et de Jacqueville ?

Qu’en est-il des victimes de la horde assassine de dramane à Nahibly et à Duékoué ?

Ces victimes, elles, n’ont-elles pas besoin de soutien psychologique ?

Quel est ce gouvernement de névrosés abandonniques au regard toujours tourné vers l’extérieur alors que l’interpellent des souffrances internes ?

Warifatchê, wari bémi? Terrorisme économique au dramanistan

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Que sont devenus les griots du « ado pissanci ! ado warifatchê ! ado solution ! » ? Que sont devenues les clameurs moutonnières des premières heures? Silence total ! Plus aucune darbouka, plus aucun grelot ne se fait entendre au dramanistan. La désillusion est absolue. Le warifatchê ne sait plus où trouver de l’argent. Pissanci n’a plus de solutions.

Si je n’étais convaincu de la stupide arrogance de nos démocrates pickpockets, je leur aurais conseillé d’aller voir Gbagbo à la Haye, pour lui demander comment il a su maintenir la Côte d’Ivoire debout, au travail et prospère, et ceci en pleine guerre, et avec seulement la moitié des ressources du pays. Je sais que Gbagbo, qui aime profondément la Côte d’Ivoire, leur aurait donné volontiers des cours de gestion pour trouver solution à la descente aux enfers de la Côte d’Ivoire.

Ainsi donc, toutes ces déclarations pompeuses n’étaient que mensonges ? Ainsi donc, le carnet d’adresses du warifatchê ne contenait-il que des noms de créanciers ?

Après s’être gorgés abondamment du fruit du travail des Ivoiriens, le mythomane et sa smalah de corrompus ont un réveil brutal : les caisses du dramanistan sont vides de chez vide. Et aussi vrai que le schibboleth des kleptocraties est de voler l’argent du peuple puis de passer la note de remboursement aux contribuables, les rattrapés ont pris sur eux de secouer les Ivoiriens la tête en bas jusqu’à ce que tombe de leurs poches leur tout dernier centime.

Plus question pour les kleptocrates de payer leurs dettes aux fournisseurs de l’Etat. L’excuse ? En plus d’être élevées, les factures datent de mathusalem. Les enseignants peuvent oublier leurs arriérés de primes. L’explication ? Ils n’ont pas d’armes, et au dramanistan, seuls les interlocuteurs armés sont écoutés. Les automobilistes devront renouveler leurs permis de conduire tous les 2 ans. Et pourquoi ? Il faut bien, par des mesures ubuesques, renflouer les caisses vidées par les kleptocrates du dramanistan. Les voyageurs descendant à l’aéroport Félix Houphouët Boigny se feront fouiller, palper et tripoter comme de vulgaires criminels ; car au dramanistan, comme le justifie si bien le porte-parole du gouvernement du dramanistan, le volubile Koné Bruno, personne, à part les kleptocrates de la République bananière, n’a besoin de plus d’un caleçon, de plus d’une paire de chaussures, de plus d’une robe, de plus d’un costume, ou de plus d’un jouet. Tout ce qui rentre en double au dramanistan doit être sévèrement taxé.

Waribana ! Après le vuvuzéla et les détournements en masse, voici venue l’heure du bilan : Les caisses sont vides, vidées par nos kleptocrates, et le peuple doit payer; payer par des licenciements, payer par des rackets, payer par des factures élevées, payer par des expropriations et reventes aux plus offrants de terrains. Et gare à quiconque osera dire qu’au dramanistan, « rien ne va plus » ; car au dramanistan, tout peut manquer, mais pas les dozos, les frères cissé et les camps de concentration.

Le bonimenteur avait dit au Ivoiriens qu’il savait où trouver de l’argent ; sésééééééé, c’est dans leurs poches qu’il pensait allait le chercher. La seule vérité que le mythomane ait jamais dite, c’est qu’il « rendra la Côte d’Ivoire ingouvernable ». Avec ses microbes, ses deals passés avec les terroristes et les dozos pour cultiver la peur et détourner les débats, avec ses répressions armées, avec sa paupérisation de la population, avec son démantèlement de l’éducation, avec sa culture de l’antiintellectualisme et des licenciements abusifs, le mythomane a bien rendu la Côte d’Ivoire ingouvernable.

Mais ce qui est encore pire dans cette affaire, c’est la surdité, le mutisme, et l’aveuglement permanents des « associations de consommateurs », qui, au temps où la parole était libérée, ruaient dans les brancards, descendaient dans la rue et ordonnaient des boycotts au gré de leurs humeurs.

Dramane Ouattara, ni ivoirien, ni ivoirophile, juste un névrosé abandonnique

ça se voit qu'il ne l'est pas

Au cours de la campagne présidentielle de 2010, le Président Gbagbo avait provoqué le courroux de la communauté internationale lorsqu’il remarquait ce que nous savions déjà, dès qu’il ouvrait la bouche, que dramane était le « candidat de l’étranger ».

Le Président Gbagbo avait bien raison de le dire. Aujourd’hui, ceux des Ivoiriens qui en 2010 doutaient de l’origine inorganique de dramane reconnaissent de plus en plus que l’homme qui a importé en Côte d’Ivoire la plus meurtrière des guerres, qui a piétiné la Constitution ivoirienne, qui a fait fermer les banques aux familles nécessiteuses, qui a fait du lobbying pour que soit imposé aux Ivoiriens un embargo sur les médicaments, qui a fait bombarder les symboles de la République ivoirienne par des forces étrangères, qui exproprie les Ivoiriens, met au chômage des milliers d’Ivoiriens, et va en croisade contre le système éducatif ivoirien, cet homme-là n’est ni ivoirien, ni ivoirophile, mais plutôt un grand complexé qui a décidé de punir le peuple ivoirien de lui avoir rappelé ses origines voltaïques.

Ceci expliquant cela, l’on comprend aisément que dramane, travaillant pour l’étranger, dégage des millions pour dédommager les hôteliers étrangers de Grand Bassam après l’attaque terroriste, alors que sont oubliés les opérateurs économiques locaux (tenancières de maquis, vendeuses d’alloco, vendeurs de souvenirs, etc.), tous aussi touchés par l’attaque de Grand Bassam que les Français et Libanais.

Ceci expliquant cela, l’on comprend aisément que l’apatride se soit précipité sur les lieux de l’attentat terroriste consoler des victimes étrangères, alors que longtemps après les tragédies d’Assuéfry, de Bouna, et de Jacqueville, notre grand complexé n’ait pas encore trouvé de mots adéquats pour compatir à la douleur des victimes.

Ceci expliquant cela, l’on comprend aisément que pendant que les universités ivoiriennes manquent de tout et que les cours se prennent à même le sol, dramane wattra s’en va au Bénin inaugurer un amphithéâtre offert par le contribuable ivoirien à l’Université d’Abomey-Calavi.

Ceci expliquant cela, l’on comprend aisément qu’alors que ses dozos occupent toujours certaines cités universitaires, dramane, ce névrosé abandonnique, les yeux éternellement rivés sur l’ailleurs, décide, par voie de violence et de viol, d’enlever des campus universitaires les étudiants ivoiriens, afin d’y loger des athlètes étrangers invités pour les jeux de la Francophonie.

dramane wattra n’est ni ivoirien ni ivoirophile, mais un complexé en mal de validation, qui, sétant fui, ayant décampé de lui-même pour se couvrir des oripeaux de l’autre, ayant fait le grand écart par lequel il a effacé toute trace de son passé, et déchiré toute carte de son ascendance, n’ayant plus de commencement dans un monde où tout est question de commencement, dans un monde où ceux-là même qui lui ont appris à s’abjurer célèbrent leurs originalités, se réjouissent de leurs spécificités culturelles, commémorent leurs nationalités acquises,  dramane, haïssant ceux qui lui rappellent son esclavage mental, ne rêve en permanence que de devenir un persécuteur, de balafrer la Côte d’Ivoire.

dramane n’est ni ivoirien ni ivoirophile ; mais un Nègre qui, assis sur un rocher au bord de l’Atlantique, les coudes sur les genoux, le menton dans les mains, les yeux rivés sur un hypothétique Occident qu’il imagine loin au-delà de l’horizon, s’exclame pitoyable : « y a-t-il quelqu’un là-bas qui m’aime ? » Et à ce supplice, répond une voix du « là-bas », qui lui fait la fausse promesse d’un salut universel. Là où l’amour était naguère interdit au Nègre abandonnique, là où les portes du « paradis blanc » étaient fermées à l’égo nègre, désormais, le Nègre abasourdi se voit promettre par l’Occident la possibilité d’une « jouissance blanche », à condition que l’égo nègre abandonne à l’Occident l’objet d’échange pour un peu d’amour opalin. Et voilà que, pour l’assurance d’une amitié lactescente, le Nègre, désormais névrosé abandonnique, s’abandonne dans sa course effrénée vers l’accumulation des signata de l’autre.

How US covered up Saudi role in 9/11, Paul Sperry (New York Post)

911

In its report on the still-censored “28 pages” implicating the Saudi government in 9/11, “60 Minutes” last weekend said the Saudi role in the attacks has been “soft-pedaled” to protect America’s delicate alliance with the oil-rich kingdom.

That’s quite an understatement.

Actually, the kingdom’s involvement was deliberately covered up at the highest levels of our government. And the coverup goes beyond locking up 28 pages of the Saudi report in a vault in the US Capitol basement. Investigations were throttled. Co-conspirators were let off the hook.

Case agents I’ve interviewed at the Joint Terrorism Task Forces in Washington and San Diego, the forward operating base for some of the Saudi hijackers, as well as detectives at the Fairfax County (Va.) Police Department who also investigated several 9/11 leads, say virtually every road led back to the Saudi Embassy in Washington, as well as the Saudi Consulate in Los Angeles.

Yet time and time again, they were called off from pursuing leads. A common excuse was “diplomatic immunity.”

Those sources say the pages missing from the 9/11 congressional inquiry report — which comprise the entire final chapter dealing with “foreign support for the September 11 hijackers” — details “incontrovertible evidence” gathered from both CIA and FBI case files of official Saudi assistance for at least two of the Saudi hijackers who settled in San Diego.

Some information has leaked from the redacted section, including a flurry of pre-9/11 phone calls between one of the hijackers’ Saudi handlers in San Diego and the Saudi Embassy, and the transfer of some $130,000 from then-Saudi Ambassador Prince Bandar’s family checking account to yet another of the hijackers’ Saudi handlers in San Diego.

Modal Trigger
Prince BandarPhoto: Reuters

An investigator who worked with the JTTF in Washington complained that instead of investigating Bandar, the US government protected him — literally. He said the State Department assigned a security detail to help guard Bandar not only at the embassy, but also at his McLean, Va., mansion.

The source added that the task force wanted to jail a number of embassy employees, “but the embassy complained to the US attorney” and their diplomatic visas were revoked as a compromise.

Former FBI agent John Guandolo, who worked 9/11 and related al Qaeda cases out of the bureau’s Washington field office, says Bandar should have been a key suspect in the 9/11 probe.

“The Saudi ambassador funded two of the 9/11 hijackers through a third party,” Guandolo said. “He should be treated as a terrorist suspect, as should other members of the Saudi elite class who the US government knows are currently funding the global jihad.”

But Bandar held sway over the FBI.

After he met on Sept. 13, 2001, with President Bush in the White House, where the two old family friends shared cigars on the Truman Balcony, the FBI evacuated dozens of Saudi officials from multiple cities, including at least one Osama bin Laden family member on the terror watch list. Instead of interrogating the Saudis, FBI agents acted as security escorts for them, even though it was known at the time that 15 of the 19 hijackers were Saudi citizens.

“The FBI was thwarted from interviewing the Saudis we wanted to interview by the White House,” said former FBI agent Mark Rossini, who was involved in the investigation of al Qaeda and the hijackers. The White House “let them off the hook.”

What’s more, Rossini said the bureau was told no subpoenas could be served to produce evidence tying departing Saudi suspects to 9/11. The FBI, in turn, iced local investigations that led back to the Saudis.

“The FBI covered their ears every time we mentioned the Saudis,” said former Fairfax County Police Lt. Roger Kelly. “It was too political to touch.”

Added Kelly, who headed the National Capital Regional Intelligence Center: “You could investigate the Saudis alone, but the Saudis were ‘hands-off.’ ”

Modal Trigger
Photo: AP

Even Anwar al-Awlaki, the hijackers’ spiritual adviser, escaped our grasp. In 2002, the Saudi-sponsored cleric was detained at JFK on passport fraud charges only to be released into the custody of a “Saudi representative.”

It wasn’t until 2011 that Awlaki was brought to justice — by way of a CIA drone strike.

Strangely, “The 9/11 Commission Report,” which followed the congressional inquiry, never cites the catch-and-release of Awlaki, and it mentions Bandar only in passing, his named buried in footnotes.

Two commission lawyers investigating the Saudi support network for the hijackers complained their boss, executive director Philip Zelikow, blocked them from issuing subpoenas and conducting interviews of Saudi suspects.

9/11 Commission member John Lehman was interested in the hijackers’ connections to Bandar, his wife and the Islamic affairs office at the embassy. But every time he tried to get information on that front, he was stonewalled by the White House.

“They were refusing to declassify anything having to do with Saudi Arabia,” Lehman was quoted as saying in the book, “The Commission.”

Did the US scuttle the investigation into foreign sponsorship of 9/11 to protect Bandar and other Saudi elite?

“Things that should have been done at the time were not done,” said Rep. Walter Jones, the North Carolina Republican who’s introduced a bill demanding Obama release the 28 pages. “I’m trying to give you an answer without being too explicit.”

A Saudi reformer with direct knowledge of embassy involvement is more forthcoming.

“We made an ally of a regime that helped sponsor the attacks,” said Ali al-Ahmed of the Washington-based Institute for Gulf Affairs. “I mean, let’s face it.”

Source: http://nypost.com/2016/04/17/how-us-covered-up-saudi-role-in-911/

Paul Sperry is a former Hoover Institution media fellow and author of “Infiltration: How Muslim Spies and Subversives Have Penetrated Washington.”

Rattrapage Ethnique: Le RDR annonce une banque pour les militants du RDR

Militants

Les alchimistes de la rue Lepic ont trouvé une méthode bien ingénieuse pour blanchir les milliards volés dans les casses des succursales de la BCEAO : créer une banque spéciale, avec des succursales installées un peu partout au dramanistan, qui ne prêterait qu’aux « vaillants » militants du RDR.

Apparemment, le sale butin est si gros que ni les nombreuses fondations créées à la va-vite, ni les hideux immeubles montés précipitamment et sans aucune conception architecturale sur des terrains arrachés de force à leurs propriétaires, ni les entreprises engendrées sur un coup de tête n’ont pu le blanchir. La tâche est d’autant plus ardue qu’avec l’affaire des Panana Papers s’annoncent inéluctablement d’autres scandales, qui cette fois-ci pourraient bien nous dire où ce cache l’argent volé à la BCEAO par nos rattrapés.

Mais voilà que les alchimistes de la rue Lepic, toujours à l’écoute des humeurs bellicistes leurs militants, nous offre la primeur de leurs réflexions socio-économiques : les ex-combattants du RDR, reconvertis en gnambros et en microbes, grognent chaque jour d’être délaissés par ceux qui les ont utilisés pour la déchirure de la Côte d’Ivoire. Pourquoi ne pas leur créer une « Banque du RDR » … qui par là-même poursuivrait l’entreprise de blanchiment du butin des casses et des expropriations ? A la rue Lepic, avec le magot des autres, on pense hein !

Ce que pense vraiment Venance Konan de dramane wattra: Morceaux choisis

Venance KonanVenance Konan, cet écrivaillon du ventre, a bien la plume bavarde ces derniers jours. Et si nous revisitions tel quel son gribouillage d’il y a quelques années ? Peut-être que cela nous aiderait un peu à pénétrer les effluves épais qui enfument sa cervelle pour découvrir l’essence de ce qu’il est vraiment.

IVOIRIENS ET LEUR IVOIRITE  (Vendredi 13 Février 1998 )

De nombreuses personnes, souvent très proches du PDCI disent que ce qui les gènes dans ce code électoral en discussion en ce moment est qu’il semble dirigé contre Monsieur Alassane Ouattara. Les gens du PDCI s’en défendent. Pour ma part, je pense que si ce code électoral était dirigé contre Monsieur Alassane Ouattara ce serait une très bonne chose.

Pourquoi ne dit-on pas que ce code électoral est dirigé contre Monsieur Gbagbo Laurent (qui lui a déjà déclaré qu’il sera candidat à a Présidence et affirme avoir le plus grand parti de Côte d’Ivoire) ou Monsieur WODIE, ou Monsieur Gueu Dro, ou moi ? Pourquoi seulement Alassane Ouattara alors qu’il n’a jamais dit qu’il briguera la présidence de la république de la Côte d’Ivoire, c’est parce que ceux qui le soutiennent et ceux qui le soutienne et ceux qui ne le soutiennent pas savent qu’il est celui qui a un problème de nationalité. Alassane Ouattara affirme être un ivoirien. C’est sans doute vrai. Mais il est un fait qu’à une certaine période de sa vie, il porta la nationalité du Burkina Faso actuel. Fut-il d’abord ivoirien, puis burkinabé avant de redevenir ivoiriens ? Est-ce parce que l’un de ses parents était burkinabè, si c’est le cas, nous constatons simplement qu’il eut des liens et des sentiments très forts avec ce pays pour s’en réclamer ressortissant. Pourquoi les ivoiriens doivent-ils prendre le risque de confier leur destin à un homme dont le patriotisme n’est pas exclusivement ivoirien ? Au nom de quel principe ?

A-t-il pris la nationalité burkinabé simplement parce que ça lui permettait d’entrer au FMI et à la BCEAO ?, si c’est le cas c’est un aventurier dont le patriotisme fluctue au gré de ses intérêts. Pourquoi les ivoiriens devraient-ils prendre le risque de confier leur destin à un homme dont le nationalisme varie selon l’air du temps ? Au nom de quel principe ?

Gbagbo Laurent et Djeny Kobina disent que cette loi est raciste, xénophobe etc que tous ceux qui ont la nationalité ivoirienne même s’ils ont été naturalisés hier doivent être candidats à la Présidence. Ignorons-nous que de nombreux ivoiriens vivant en France font tout aujourd’hui pour avoir la nationalité française afin d’échapper aux foudres de la police de Pasqua, ceux-là seront-ils fondés à briguer un jour la présidence française ? Ignorons-nous que de nombreux Guinéens, burkinabè, Maliens, Camerounais, Zaïrois, Nigérians font tout pour avoir la nationalité ivoirienne pour aller travailler dans des organismes internationaux, pour entrer en Europe (parce que s’ils disent leur vraie nationalité ils sont aussitôt suspects) ou pour venir vivre et travailler chez nous, combien de fois ivoir’soir n’a-t-il pas parlé des trafics de fausses pièces d’identité,

Est-ce d’être raciste et xénophobe que de prendre un minimum de précautions pour que notre pays ne tombe pas aux mains d’aventuriers, est-ce aller trop long que d’exiger que le père et la mère au moins soient ivoiriens pour être sûr que celui qui dirigera notre pays n’aura pas un coeur qui balance ailleurs, les ivoiriens savent-ils qu’ailleurs on exige que les parents eux-mêmes soient de père et mère nationaux pour briguer la présidence. On a aussi beaucoup commenté la disposition qui dit qu’il faut avoir résidé de façon continue en Côte d’Ivoire pendant les cinq années qui précèdent la date des élections, pour déduire qu’elle vise Alassane Ouattara. On a oublié de lire le paragraphe suivant qui dit que cette disposition ne s’applique pas aux ivoiriens choisis par l’Etat de Côte d’Ivoire pour servir dans des organisations internationales. Rappelons que lorsque Monsieur Alassane Ouattara allait au FMI, le gouvernement avait dit que c’était lui qui l’avait choisi. Et c’était ceux qui le supportent aujourd’hui, à savoir Gbagbo Laurent et Djeny Kobina, qui disaient que c’étaient faux, qu’il y était par ses propres mérites. Qui dit vrai aujourd’hui ? S’il y a été envoyé par la Côte d’Ivoire il est évident qu’il n’est pas visé par cette disposition. Donc où est le problème, s’il a décidé tout seul aller se mettre au service du FMI ? Pourquoi cela nous sera-t-il opposable aujourd’hui ?

Pourquoi le candidat doit-il avoir résidé au moins 5 ans dans le pays avant les élections, ceux qui ont suivi les dernières élections en Pologne ont la réponse. Vous vous en souvenez, un polonais qui avait vécu toute sa vie au canada a débarqué et s’est présenté à la candidature. Il a distribué des millions, promis la lune aux polonais et a mis Lech Walesa en ballotage après avoir battu le Premier Ministre Tadeuz Mazowiescki. Il s’en est fallu de peu qu’il ne devienne Président. Et l’on s’est rendu compte après qu’il n’était qu’un escroc. Il a disparu de la circulation après. La Côte d’Ivoire peut-elle se permettre de prendre un tel risque, Je pense que nous devons arrêter de voir Bédié, Alassane ou Gbagbo dans cette affaire de code électoral. Nous devons arrêter de voir nos ethnies, nos régions et nos religions dans cette affaire. Nous ne devons voir que la Côte d’Ivoire. La nôtre, celle de nos enfants, de nos petits-enfants, de nos arrière-petits-enfants. La Côte d’Ivoire éternelle. Si nous confions notre pays à des mains peu sûres et qu’il se brise, il n’y aura aucune ethnie ou religion qui sera épargnée. Et c’est aujourd’hui que nous devons poser les règles de cette Côte d’Ivoire que nous voulons solide. Et je crois que nous devons aujourd’hui remercier Alassane Ouattara de nous avoir permis d’ouvrir les yeux sur notre réalité, notre ivoirité. Pendant longtemps nous avons tous baigné dans un certain laxisme, nous avons tous fermé les yeux, et tout le monde a fait ce qu’il voulait dans notre pays. Aujourd’hui nous ouvrons les yeux et nous constatons que notre pays a au moins 40% d’étrangers, que notre économie ne nous appartient plus, que des assassins libériens font la loi dans l’Ouest de notre pays et que si nous n’y prenons garde nous confierons notre pays à quelqu’un qui n’est pas ivoirien ou pas suffisamment pour souffrir ou mourir avec lui. Et Messieurs Gbagbo et Kobina veulent que nous continuions dans cette voie dangereuse, au mon de quel principe ?

Nous sommes panafricanistes. Nous sommes fermement convaincus que l’intégration est notre voie de salut. Mais l’intégration suppose que nous marchions tous du même pas. Toutes nos boutiques sont tenues par des Mauritaniens. Allez essayer d’ouvrir une boutique en Mauritanie. Ou au Nigeria. Ou au Ghana. Essayer d’aller au Gabon sans visa. L’intégration suppose que tous les pays candidats à cette intégration se fixent des règles communes et des objectifs à atteindre et que tout le monde respecte ces règles. Mais on ne peut pas demander à l’un de perdre son identité au profit des autres.

Alors ce code électoral vise Alassane Ouattara, Oui, et alors, il n’est pas le seul. Mais il y a aussi des millions d’ivoiriens de souche, de père et de mère et arrière grands-parents ivoiriens, qui n’ont jamais renoncé à leur nationalité et qui ont consacré toute leur vie à bâtir ce pays. Pourquoi ne parle-t-on pas de ceux-là ?

On dit aussi qu’Alassane Ouattara fut Premier Ministre. Et que cela lui donne une légitimité pour briguer la présidence. D’abord il n’a pas été élu Premier Ministre. Et le débat actuel porte sur la présidence. Et, rappelons-le-encore, ceux qui le combattirent le plus violemment parce qu’il était Burkinabè. Mais tout ça c’était une autre époque. Celle où les ivoiriens toléraient beaucoup de choses. Il y en a une autre qui commence où les ivoiriens veulent conduire eux-mêmes leurs affaires.

Venance KONAN Fraternité Matin / Vendredi 13 Février 1998

QUE RECHERCHE LE RDR ? (Vendredi 20 Mars 1998)

A Odienné le RDR est chez lui. C’est « son territoire ». Ne dit-on pas que la mère de leur gourou vient de là-bas, dans un village qui est la frontière avec la Guinée, N’est-ce pas dans la région d’Odienné que le RDR a eu plus de voix ? Alors la région d’Odienné est son “territoire” Aussi lorsque la première dame de Côte d’Ivoire veut se rendre à Odienné, le RDR considère cela comme une violation de domicile, un casus belli ; Il ne peut l’accepter. Madame Henriette Konan BEDIE n’est-elle pas l’épouse de Monsieur Henri Konan BEDIE ? Leur ennemi, celui qui a ravi la place qui, selon eux, devait revenir à leur “Bravetchê” au nom d’on ne sait qu’elle constitution ou loi de quel pays ? Pour ce qui nous concerne en côte d’ivoire, tous les ivoiriens savent qu’en 1993, la constitution prévoyait qu’en cas de décès du Président de la République, le Président de l’Assemblée Nationale lui succèderait aussitôt.

Puisqu’ils ne peuvent empêcher Madame la Présidente de se rendre à Odienné qui est sur le territoire ivoirien, l’ineffable Mamadou Ben Soumahoro et ses comparses ont tenté, par des formules alambiquées de faire échouer cette visite. Las ! La population d’Odienné est sortie massivement pour accueillir la Dame au grand cœur. Parce que cette population savait que Madame BEDIE était venue pou la servir, comme elle le fait à travers tout le pays. Même l’envoyé spécial d’un journal proche du RDR a dû, à son corps défendant, reconnaître que la visite de Madame La Présidente avait été un succès populaire. On ne peut pas cacher la forêt avec la main. Mais le Député-maire d’Odienné, sans craindre le ridicule a tenu à dire qu’il était là. C’est comme il lui plaît. La population d’Odienné, celle que Madame BEDIE était partie rencontrer était bien présente et c’est là l’essentiel.

Mais tout ceci nous amène à nous interroger sur les objectifs de ce parti appelé RDR. On se souvient tous des propos invitant à la haine tribale tenus par Djeni Kobina lors de sa récente tournée à travers notre pays. Des propos que l’on ne saurait tenir dans un autre pays, au Ghana par exemple, sans se retrouver en prison. On se souvient aussi des propos de Mamadou Ben Soumahoro qui demandait carrément que les Baoulé soient confinés dans leur terroir d’origine. C’est à peine s’il n’a pas demandé que l’on leur interdise de se déplacer sur le territoire ivoirien. On se souvient encore de tous les efforts du RDR pour faire croire à une partie des ivoiriens qu’ils étaient des martyrs. Que veut le RDR à la Côte d’Ivoire ? Au fond, le tort de la Côte d’Ivoire est d’avoir confié de hautes responsabilités à un travailleur immigré du nom d’Alassane Ouattara. Parce que feu Houphouët Boigny, vers la fin de sa vie a nommé Premier Ministre un homme dont la nationalité voltaïque a parfaitement été établie, certaines personnes veulent aujourd’hui que cet homme devienne le Président de la côte d’ivoire. Parce qu’il n’y a pas d’ivoiriens dignes de diriger la Côte d’Ivoire ? Nous voulons bien comprendre que certaines personnes qui ont bénéficié de substantiels avantages au temps d’Alassane Ouattara le regrettent aujourd’hui. Mais les ivoiriens ne peuvent accepter que ces personnes là tente de les diviser et mettent en péril leur pays.

Les Ivoiriens qui n’ont pas la mémoire si courte se souviennent encore des moments difficiles qu’ils ont vécus sous l’ère Alassane Ouattara. Ceux qui le suivent aveuglement aujourd’hui doivent se demander objectivement ce que cet homme a apporté à ce pays et ce qu’il pourrait lui apporter si nous le lui confions de nouveau. Monsieur Ben Soumahoro qui l’insultait dans les journaux savait bien ce qu’il lui reprochait. Aujourd’hui qu’il a retourné son boubou pour devenir son sofa, il pourrait peut-être nous expliquer son programme ?

Depuis 1994, la Côte d’Ivoire a renoué avec la croissance. Les populations en attendent légitimement les retombées. Elles ont commencé à les toucher à travers les routes, les écoles que l’on construit partout dans le pays, les village que l’on électrifie chaque jour, la valorisation du prix des matières premières, les enfant que l’on vaccine contre la polio, etc. les populations attentent plus. C’est légitime.

Mais, comme nous le répète inlassablement le Président Henri Konan BEDIE, pour avoir ce plus il nous faut faire preuve de rigueur, de persévérance dans le travail et il nous faut surtout maintenir la cohésion nationale. C’est pour cela que nous ne pouvons accepter les actions des dirigeants du RDR qui ne rêvent que de voir ce pays déchiré, ensanglanté. Parce qu’ils croient que leur « Bravetchê » pourrait profiter de ce chaos.

Aujourd’hui la Banque Mondiale et le FMI viennent de nous accorder 1200 milliard de francs. Quant de telles institutions débloquent une telle somme en faveur d’un pays, cela signifie qu’elles font confiance à ses dirigeants et à leur bonne gouvernance. Nous ivoiriens devons nous montrer digne de cette confiance en continuant dans l’effort et en refusant que des étrangers sabotent les actions menées par nos dirigeant pour notre bien-être.

Y a-t-il un ivoirien qui parcourt le Ghana ou le Burkina en insultant leurs dirigeant et en suscitant la haine tribale ?

Revenons à la réalité. On les a trop longtemps menés en bateau. Et beaucoup d’entre eux ont gâché leur vie pour rien. La réalité est que le RDR ne mène nulle part. Un petit groupe de personnes entretiennent des frustrations artificielles chez des milliers d’ivoiriens pour se faire une place au soleil. C’est tout. Djéni avait espéré entrer au gouvernement grâce au RDR. Il est furieux que ce soit Adama Coulibaly qui ait été choisi. Les tribulations de Djeni Kobina Jackson lors des dernières élections législatives montrent bien qu’il n’a aucune assise dans ce pays et que de ce fait, le suivre, c’est foncer dans le vide. N’avait-il pas promis aller à Korhogo pour « dire la vérité » aux populations sur l’entrée d’Adama Coulibaly au gouvernement ? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Parce qu’il a compris que la population de Korhogo préférait suivre un de ses fils, qui est enraciné dans sa culture plutôt qu’un aventurier qui a tout le mal du monde pour dire simplement le nom de son village. Pourquoi des ivoiriens qui aimaient leur pays et sont fiers d’être ivoiriens, suivraient-ils un autre aventurier qui ne peut indiquer le village de son père, qui change de nationalité au grès de ses intérêts et qui ne montre aucun intérêt pour les problèmes des ivoiriens ? Si ADO veut croire que l’on peut faire de la politique par procuration et si Djéni veut attendre qu’un messie vienne réaliser son destin, laissons-les à leurs illusions. Mais il est temps que les ivoiriens comprennent que eux, n’ont pas deux pays et que s’ils laissent quelqu’un d’autre venir détruire celui qu’ils ont en y semant la haine, en montant des populations contre d’autres, ils seront les seuls à s’en mordre les doigts.

Venance Konan Fraternité Matin/Vendredi 20 Mars 1998

« OU EST TON VILLAGE ? » (30 Avril 1999)

Il y a quelque chose de pathétique dans les constantes références de Djéni Kobina à Alassane Dramane Ouattara. Surtout après l’entrée de Monsieur Adama Coulibaly au gouvernement. A l’entendre, ce qui lui a le plus fait mal, ce n’est pas qu’il n’ait pas été informé mais qu’ADO ne l’ait pas été. ADO, le messie, pour l’arrivée duquel il faut nettoyer les écuries, rendre droits les chemins tortueux, aplanir les collines, boucher les trous. Djéni Kobina, leader politique, chef d’un parti représenté au Parlement ne fait donc de la politique que pour préparer la voie à un homme miraculeux qui viendra guérir tous les maux de la Côte d’Ivoire, avec bien entendu lui-même à sa droite et sans doute l’impayable Ben Soumahoro à sa gauche. Et ADO, en homme providentiel qu’il est, ne parle pas. Pourquoi se fatiguerait-il ? Djeni parle pour lui. ADO est le père spirituel du RDR, disent les militants de ce parti. Le dieu de ce parti. Et en bon dieu qu’il est, il ne saurait s’adresser directement aux hommes. A-t-il jamais tenu un meeting ? A-t-il jamais montré un quelconque intérêt à l’égard de ceux qui sont prêts à mourir pour lui ? A-t-il jamais montré un quelconque intérêt pour ce pays qu’i dit être le sien avent d’être parachuté Premier Ministre, et depuis qu’il ne l’est plus ? Quant il arrive dans ce pays qu’i prétend vouloir diriger serait probablement trop salissant pour le grand fonctionnaire international qu’il est.

Ou alors, la réalité est tout autre. Il ne se sent pas chez lui ici. En Côte d’Ivoire tous les hommes politiques ont un fief. Houphouët avait Yamoussoukro, Bédié à Daoukro, Fologo à Sinématiali, Adama Coulibaly à Korhogo, Gbagbo Laurent à Ouragahio, Zadi Zaourou à Soubré, etc. Aujourd’hui, chaque ivoirien, qu’il soit en côte d’Ivoire ou à l’étranger, est fier d’avoir son village, fût-il petit ou grand, d’y aller aussi souvent que possible, de participer à son développement. C’est l’une des caractéristiques de la Côte d’Ivoire et qui a assuré son développement par rapport aux autres pays d’Afrique. Le rêve de tout cadre ivoirien est d’avoir sa maison au village. Et l’homme politique qui n’a pas usé de ses moyens personnels ou de son influence pour développer son village ou sa région est critiquée. Quiconque veut se lancer dans la politique sans avoir une maison chez lui part avec un gros handicap.

Djeni Kobina est en train de découvrir cette réalité aujourd’hui, la réalité que pour faire de la politique, il faut avoir un fief. « Djeni, où est ton village ? » lui demandent aujourd’hui ceux qui hier étaient ses plus proches compagnons. Posons aussi la question à son mentor : « ADO, où est ton village ? Si tu en as, pourquoi tu n’y vas pas ? Pourquoi restes-tu toujours à Abidjan quand tu viens en Côte d’Ivoire ? ».

Il faut que les militants du RDR, s’ils aiment ce pays

Venance Konan Fraternité matin du 30 Avril 1999

POURQUOI S’AGITE T-ON? (Vendredi 05 Juin 1998)

Où et le débat ? Nos amis du RDR crient à tous vent que leur candidat se présentera coûte que coûte en 2000. Oui, et alors ? Le PDCI sait aussi que son candidat se présentera en 2000 ? Mais a-t-il besoin de crier sur tous les toits ? le RDR dit que ADO, son champion, sera candidat. Où est le problème ? Quel Ivoirien n’empêcher un autre ivoirien remplissant les conditions exigées par le code électoral de se présenter à présidentielle ? Il y avait un code électoral. Un nouveau est en chantier. Pourquoi s’exciter avant qu’on ne le connaisse ? Le RDR veut-il nous dire qu’il est prêt à présenter un candidat qui ne remplit pas toutes les conditions exigées par le code électoral ? Et bien qu’il le fasse donc ! Nous sommes dans un pays de droit. Les structures compétentes de l’Etat examineront les différentes candidatures et décideront de celle qui sont acceptables et de celles qui ne le sont pas au regard du droit ivoirien.

C’est tout. On ne voit aucun autre parti, à part le RDR qui ait un candidat dont la nationalité pose problème. ADO est-il ivoirien ou non ? On n’a pas à s’agiter parce qu’il existe tout de même dans ce pays des structures capables de nous dire si oui ou non. Franchement il n’y a pas de quoi s’exciter. Même le FPI pour une fois est calme. Parce que son candidat potentiel n’a aucun problème avec sa nationalité. Le porte-parole du FPI n’a pas besoin de se fendre de deux pages dans un journal pour prouver que son candidat potentiel est « ivoirien à 100% » Ni celui du PDCI, ni celui du PIT, ni celui de l’USD… c’est le RDR seul qui a un problème avec la nationalité de son candidat. La girouette Ben Soumahoro a voulu nous prouver que celui qui lui donne à manger en ce moment est « ivoirien à 100% ». Il nous explique que ADO était vice-gouverneur de la BCEAO avec un passeport voltaïque parce que Houphouët l’avait envoyé en mission, avec la complicité du Président voltaïque de l’époque qu’il ne nomme pas.

On suppose qu’ Houphouët qui était visionnaire avait aussi envoyé ADO en mission lorsque la Haute Volta de l’époque lui donnait une bourse pour aller étudier aux Etats-Unis. Ou bien la Haute Volta était si généreuse en 1962 qu’elle a préféré laisser un ivoirien bénéficier de la bourse que lui offraient les Etats-Unis. Ou bien la Haute Volta était. C’est toujours parce qu’il était en mission commandée qu’ADO a étudié et commencé à travailler aux Etats-Unis sous la nationalité voltaïque. Monsieur Ben Soumahoro qui sait tout peut-il nous certifier que celui qui le nourrit n’a pas été aux Etats-Unis sous la nationalité voltaïque ? Qu’il n’était pas vice gouverneur de la BCEAO sous la nationalité Burkinabé ? Qu’ADO se soit par la suite naturalisé ivoirien, où est le problème ? La loi le permet. Sa mère n’est-elle pas ivoirienne d’après ce qu’on nous dit ? Tout le monde sait pourquoi Ben Soumahoro qui hier insultait ADO est accroché aujourd’hui à ses basques. Le ventre a ses raisons que la raison ignore. Ben Soumahoro qui n’a certainement pas la mémoire courte doit se souvenir de tout ce qu’il nous a dit, à moi-même et à ma consœur Dominique Mobioh sur Alassane, au moment où il nous raccompagnait, sur le pas de sa porte, un jour où nous avions été l’interviewer pour notre rubrique « l’Actualité vue par… ». C’était avant la mort d’Houphouët. Quand nous voyons aujourd’hui sa duplicité, sa versatilité, son avidité, ses délires tribalistes et ses mensonges nous ne pouvons qu’être tristes nous autres jeunes journaliste qui l’avions tant admiré et qui avons embrassé ce métier en partie parce que nous voulions être comme lui.

Mais le ventre de Ben Soumahoro a ses raisons que la raison ignore. Le peuple qui n’a pas la mémoire courte se souvient tout de même de l’époque très récente où il faisait tapisserie chez le Président BEDIE parce qu’il attendait une nomination. Mais en tout état de cause, que Ben Soumahoro arrête de distraire le monde. Les représentants du peuple ivoirien décideront bientôt qui peut être candidat à l’élection présidentielle et qui ne le peut pas. Et chacun prendra alors ses responsabilités. Les gens du RDR menacent à mots à peine voilés de mettre le feu à ce pays. Normal. Bon nombre d’entre eux ne sont ici que par intérêt. On a vu les Sidya Touré, Directeur de Cabinet du Premier Ministre être Premier Ministre en Guinée. Son Ministre de la Justice était enseignant et avocat ici sous la nationalité ivoirienne. Les exemples sont multiples. La Côte d’Ivoire n’a-t-elle pas toujours été le pays qui donne plus aux autres qu’à ses propres fils ? Mais que ceux qui veulent sachent qu’ils trouveront en face d’eux ceux qui n’ont que ce pays, qui n’aiment que ce pays et dont le patriotisme ne fluctue pas en fonction des intérêts.

Venance KONAN Fraternité Matin duVendredi 05 Juin 1998

GAOUSSOU NOUS ECLAIRE ENFIN ! (12 juin 1998)

Nous avons tous lu avec intérêt l’interview de Monsieur Gaoussou Ouattara, le frère aîné de Monsieur Alassane Ouattara parue dans le « le jour » du 22 Mai. Et ses propos appellent de notre part un certain nombre d’observations. Monsieur Ouattara dit qu’il ne se sent pas concerné par la balkanisation coloniale qui a partagé le royaume de ses ancêtres entre plusieurs Etats, et qu’il et autant chef traditionnel en Côte d’Ivoire qu’au Burkina Faso. Le royaume de Kong n’est pas le seul à avoir subi cet avatar de l’histoire. C’est le cas partout en Afrique, et à l’Est comme à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, on trouve aussi des chefs traditionnels qui exercent de part et d’autre de la frontière. Niera-t-on pour autant l’existence de nos Etats actuels ?

Quoi que l’on puisse penser de la colonisation, de ses effets négatifs sur nos sociétés et leurs organisations originelles, elle nous a légué nos Etats actuels, dans les limites qu’elle nous a imposées. Et nous sommes en train de bâtir nos nations dans ces limites, en dépit des liens historiques, familiaux, tribaux ou tout autre qui lient des habitants de deux pays. C’est ainsi que le Lobi de Doropo appartient à la même nation que le Kroumen de Tabou, et n’a plus le même destin que le Lobi du Burkina ou du Ghana. Parce qu’ils vivent désormais dans des pays différents. C’est comme cela et l’on doit faire avec.

Pour l’instant, le principe que tous les pays membres de l’OUA ont adopté est celui de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Jusqu’à ce que, grâce à l’intégration que nous souhaitons tous, nous arrivions à réformer les grands ensembles d’antan, que par exemple, les pays de la CEDEAO forment un jour, un seul Etat.

Nous n’y sommes malheureusement pas encoure et aujourd’hui, malgré les liens familiaux, historiques, traditionnel, un Ouattara du Burkina Faso est Burkinabé et un Ouattara de Côte d’ivoire est Ivoirien. Monsieur Gaoussou Ouattara nous dit : « A Bobo-dioulasso il y aujourd’hui un quartier de Kombougou où il y a environ 40 à 50.000 individus qui sont en fait originaires de Kong et qui se considèrent comme tels. » Sont-ils ivoiriens pour autant ? Il y a bien en Côte d’Ivoire des millions de personnes dont l’origine se situe quelque part au Ghana ou à Djénné au Mali. Sont-ils pour autant Ghanéens ou Maliens ? Il y a bien des Baoulé en Côte d’ivoire et au Togo. Ont-ils encore le même destin national ?

La colonisation a posé les frontières sans tenir compte de nos réalités. Et de nombreuses familles se sont trouvées divisées. Les Ouattara ne sont pas les seuls. Beaucoup n’ont pas eu à choisir. Cela s’est imposé à eux avec son lot de déchirement, de drames familiaux. D’autres par contre ont eu le choix. Et c’est le cas du père de Messieurs Gaoussou Ouattara et Alassane Ouattara. Monsieur Gaoussou Ouattara nous dit de leur père : « Il avait le choix entre s’installer à Linguêkro (Côte d’Ivoire ou résider à Sindou au Burkina Faso. Il a préféré s’installer à Sindou, et en partant, il a emmené les plus jeunes d’entre nos frères, dont Alassane ». C’est clair. C’était en 1949. Deux ans auparavant, en 1947, les colonies de Haute-Volta et de Côte d’Ivoire qui formaient un même ensemble territorial s’étaient scindées en deux colonies bien distinctes. Le père Ouattara avait choisi en toute conscience entre deux territoires. Le petit Alassane n’a pas choisi. Mais nous sommes tous tributaires des choix que font nos parents à certains moments de notre existence.

En 1960, la Côte d’Ivoire et la Haute Volta sont devenus deux Etats indépendants. Alors, que l’on arrête de vouloir noyer le poisson dans beaucoup d’eau. A partir de 1960, le père Ouattara se trouvait-il en Haute Volta en tant que voltaïque ou en tant qu’émigré ivoirien ? Le petit Alassane se trouvait-il là bas en tant que petit voltaïque ou en tant que petit ivoirien ? Signalons que le code de la nationalité ivoirienne comme c’était le cas en France jusqu’aux nouvelles lois Pasqua. Puisque le grand frère Gaoussou veut éclairer notre lanterne, qu’il nous dise franchement si son père et son frère étaient en Haute-Volta en tant qu’ivoiriens ou tant que Voltaïques ? Le fait que lui soit ivoirien n’induit pas forcément que son frère soit aussi ivoirien. Surtout maintenant que l’on connaît l’histoire de la famille, tout s’éclaire.

On glose aussi beaucoup sur le fait qu’ADO ait été gouverneur de la BCEAO, un poste réservé à la Côte d’ Ivoire, puis premier Ministre de la Côte d’ Ivoire. Jusqu’à ce poste de gouverneur, il avait toujours étudié et travailler comme Voltaïque ou Burkinabé. Alors pourquoi occupe t-il le poste réservé aux ivoiriens. Son frère nous donne la réponse : c’était un geste de reconnaissance d’Houphouët envers leur père qui lui aurait rendu des services. Et cela ne saurait étonner de la part d’Houphouët.

Mais cela autorise t-il ADO à prétendre aujourd’hui être le Président des Ivoiriens ? En tout état de cause, que Monsieur ADO sache ceci : lorsqu’on veut diriger un peuple, on vit avec lui, on apprend à la connaître, à le comprendre, à l’aimer. On ne prend pas un peuple comme on va prendre une prostituée, simplement en payant. On ne prend pas par la force, comme on viole une femme. Un peuple, on l’aime, on le courtise. Autant que nous sachions, Monsieur ADO n’a commencé à vivre avec nous qu’à partir de 1990, quand Houphouët l’a nommé Premier Ministre. Trois ans après, n’étant plus à ce poste, il est parti chercher mieux ailleurs. Aujourd’hui il veut revenir pour être notre Président. En nous proposant quel programme ? Quel rêve ? Simplement parce qu’il a de l’argent et qu’il peut acheter certaines personnes ? N’est-ce pas se moquer un peu de ce pays où il n’est même pas capable d’indiquer son village ? Son frère nous dit que le village où leur père a choisi de vivre à partir de 1949 avec ADO, le village où leur père est mort et enterré, le village avec lequel ADO entretient des relations mystiques se trouve au Burkina Faso. Et il veut que les ivoiriens se reconnaissent en lui ! Soyons sérieux de temps en temps.

Mr Gaoussou Ouattara dit qu’il ne se sent pas concerné par la balkanisation de l’Afrique. Nous si. Et nous ne pouvons pas accepter que le village de notre président se trouve au Burkina Faso.

Venance KONAN Fraternité Matin du 12 Juin 1998

NOTRE BIEN A TOUS (03 Juillet 1998)

Le débat sur l’origine de Monsieur Alassane Ouattara est désormais clos, puisque son frère aîné nous a expliqué qu’en 1949, lorsque la Côte d’Ivoire et la haute volta sont devenues deux colonies bien distinctes, leur père a choisi de retourner chez lui à Sindou, dans l’actuel Burkina Faso pour ne plus revenir en Côte d’Ivoire. On ne voit pas pourquoi il serait retourné à Sindou pour y être chef si ce n’était pas chez lui.

Le choix du père Ouattara était clair. Jusqu’en 1947, la Côte d’Ivoire et la Haute-Volta formaient une seule colonie. Les fonctionnaires de l’époque étaient indistinctement affectés dans les localités de cette colonie. Nous connaissons beaucoup d’ivoiriens qui sont nés sur le territoire de l’actuel Burkina Faso parce que leur père y était fonctionnaire. Beaucoup de personnes sont descendues de la Haute-Volta pour travailler dans ce que l’on appelait la Basse côte. Lorsque le territoire a été scindé en deux colonies distinctes, et que l’indépendance n’apparaissait plus comme un simple rêve depuis le discours du Général De Gaulle de Brazzaville, chacun est retourné chez lui, pour aider à la construction du futur Etat. Certains d’entre eux ont activement participé à la lutte pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire, à la lutte pour le développement de la Côte d’Ivoire. Ils sont tous connus. Et il ne viendra à l’idée de personne de leur nier leur qualité d’ivoiriens. L’histoire de la Côte d’Ivoire indépendante est récente et il reste encore beaucoup de témoins de la lutte émancipatrice encore vivants.

Le père Ouattara a choisi dès 1949 de rentrer en Haute-Volta. Au moment de l’indépendance, il n’est pas revenu en Côte d’ivoire pour se réclamer ivoirien. D’où vient-il qu’aujourd’hui son fils qui a vécu avec lui en Haute-Volta prétende vouloir régner sur les ivoiriens,

De 1960 à 1980, la Côte d’ivoire a connu une période de croissance qui a attiré beaucoup de ressortissants de pays voisins ou lointains. Tous les acteurs de cette période faste aux divers échelons de notre administration ou sur l’échiquier politique sont tous connus. Et nulle part n’apparaît le nom d’un certain Alassane Dramane Ouattara.

De 1980 à 1990, ça a été ce que l’on appelait la « conjoncture ». Comme partout sur le continent. Les ivoiriens se sont battus pour sortir de cette crise. Ils ont fait des sacrifices. Et personne ne se souvient avoir vu un certain Alassane Dramane Ouattara à cette époque. En 1990, le vent d’Est crée une nouvelle crise. C’est à ce moment qu’apparaît Alassane Dramane Ouattara. Houphouët lui fait appel pour une mission ponctuelle. Parce que Houphouët reste toujours à la barre. Ne jugeons pas les trois années de Monsieur Alassane Ouattara. Mais les ivoiriens se souviennent que peu de temps avant le décès d’ Houphouët, tous les clignotants étaient au rouge et que la menace d’une réduction des salaires était réapparue.

Fin 93. Houphouët meurt. Monsieur Alassane Ouattara part monnayer ses talents ailleurs. L’histoire de la Côte d’Ivoire continue, avec ses débats, parfois houleux, avec ses problèmes comme par exemple ceux de l’école, du code foncier, de la reforme des Institutions, de la négociation de la dette, de l’insécurité etc. A aucun moment Monsieur Alassane Ouattara ne participe à ces débats. A aucun moment il ne participe à la vie de la Côte d’Ivoire. A aucun moment on ne voit de quelle façon il apporte une pierre si petite soit-elle à la construction de la Côte d’Ivoire. Se refugiant derrière le très commode « droit de réserve », il ne se donne même pas la peine de donner ne serait-ce qu’un conseil, lui que l’on dit si brillant, pour la bonne marche de ce pays qu’il dit être le sien. D’où vient-il donc qu’il prétende aujourd’hui vouloir diriger ce pays ? Trois années. Trois petites années qu’il a passées dans ce pays qu’il veut diriger. Peut-il objectivement dire qu’il connaît ce pays, ce peuple ? Peut-il dire objectivement qu’il aime ce peuple ?

Que des ivoiriens qui soutienne Monsieur Alassane Ouattara se ressaisissent et comprennent que leur pays n’est pas une entreprise sur laquelle on fait une OPA (Offre Publique d’Achat) comme cela se fait dans le monde des affaires, où l’on achète des entreprises où on n’a jamais mis les pieds. Que ces ivoiriens-là se ressaisissent et comprennent que malgré nos différends, malgré ce que l’on peut reprocher aux uns et aux autres, notre pays est notre bien à tous, nous ivoiriens.

Que Monsieur Alassane Ouattara vienne, deux ans avant les élections créé des associations caritatives, distribuer de l’argent, critiquer ce que les autres ont fait ou n’ont pas fait, ne doit pas nous faire perdre de vue d’essentiel : cet homme n’a jamais été avec nous.

Venance KONAN Fraternité Matin du 03 Juillet 1998

PRINCIPES REFONDATEURS (Vendredi 27 août 1999)

L’article 49 du Code électoral qui avait fait couler tant de salive, d’encre et de sang en 1995 ressurgit. Cette fois sous une autre forme. Il est désormais incorporé dans la Constitution. Que dit-il ? Il dit pour l’essentiel, que pour être candidat à la présidence la Côte d’Ivoire il faut être ivoirien de père et de mère. Le débat récent avait porté sur la nécessité ou non de ne retenir que la nationalité d’un seul parent, et lequel. Les députés ont décidé que ce soit les deux. Et déjà l’on entend les mêmes mots qu’en 1995 : exclusion, xénophobie, affrontement. Qui est exclu par cette disposition ? L’Ivoirien dont un parent n’est pas Ivoirien. Exclu de quoi ? Du seul poste de Président de la République.

Certains en font un cheval de bataille, comme si la destinée normale de tout Ivoirien était de finir un jour Président de la République, Combien de Président y a-t-il à chaque fois dans un pays de plusieurs dizaines, voire de centaines de millions d’habitants ? Combien d’entre nous, Ivoiriens d’aujourd’hui, peuvent prétendre raisonnablement accéder au poste de Président de la République dans deux ans, dix ans, vingt ans, cinquante ans ?

Si c’est pour une question de principe que certains veulent affronter d’autres, eh bien parlons-en ! Qu’y a-t-il d’anormal à ce qu’un Ivoirien ayant un parent non Ivoirien ne puisse pas être Président des Ivoiriens ? Quel Ivoirien ne peut-il pas comprendre que celui qui a un parent ivoirien et un non-ivoirien a nécessairement une autre nationalité ou peut se prévaloir d’une autre nationalité ? Comment peut-on ne pas comprendre qu’un responsable ne peut se confier à un homme ou une femme qui a une autre nationalité, une autre allégeance, un autre patriotisme, d’autres obligations, sentimentales ou d’autres envers un autre pays ? Savez-vous qu’aux Etats-Unis, le simple fait de naître, même accidentellement dans un autre pays vous disqualifie automatiquement pour être Président de la République ? Quel que soit l’enracinement de votre famille dans le pays ? La raison est que les Etats-Unis ne veulent pas être dirigés par quelqu’un qui peut se réclamer d’une autre nationalité. Parce qu’il y a des pays, comme la France par exemple qui applique ce qu’on appelle le droit du sol c’est-à-dire que le simple fait de naître en France, même accidentellement, vous confère automatiquement la nationalité française. Ainsi de nombreux jeunes ivoiriens qui sont nés en France mais qui ont toujours vécu en Côte d’Ivoire ont-ils eu la désagréable surprise d’être convoqués pour le service militaire.

Je crois qu’au delà des passions, qui naissent parfois de la mauvaise compréhension des choses et des calculs politiciens, il faut regarder notre pays, et le situer dans son environnement. Pourquoi cette disposition soulève-t-elle tant de passions chez nous alors qu’elle existe dans tous les pays qui nous entourent sans que cela fasse l’objet d’un débat ? Lorsque nous discutons avec nos amis de ces pays, leur étonnement vient justement de l’absence d’une telle disposition dans notre constitution. Cela leur semble tellement surréaliste que nous nous affrontions sur une telle disposition !

On entend certains dire, « par le passé il y a eu ceci, ou cela, ils ont fait ceci, ou cela » si par le passé certaines erreurs ont été commises, sommes-nous tenus ad vitam aeternam de perpétuer ces erreurs ? Dans l’histoire de tout pays, de toute nation, il est des moments où il faut s’arrêter pour voir le chemin parcouru, celui qui reste à parcourir et se dire : « avons-nous raison de continuer sur cette voie ? ». N’est-il pas plus judicieux de changer de voie ? Aujourd’hui la France est en plein débat pour savoir s’il faut maintenir ou supprimer le droit de sol, ce droit vieux de plusieurs siècles. Dans les années soixante dix la même France importait par cargos des Maliens, des Sénégalais, des arabes. Aujourd’hui cette même France les renvoie par cargos entier et les Africains résidant illégalement en France vivent dans la terreur. L’ancien candidat à la présidence, Edouard Balladur, ancien Premier Ministre vient de proposer un débat sur la préférence nationale. Aux Etats Unis on construit des murs à la frontière pour empêcher les Mexicains d’entrer.

Pourquoi nous ivoiriens, au nom d’on ne sait quel principe nous voulons fermer les yeux sur nos réalités ? Pourquoi nous ivoiriens de naissance, ou d’adoption, pouvons-nous nos affronter sur la question de savoir si celui qui doit nous diriger doit être totalement de chez nous ? Certains partent du principe que ce pays n’appartient à personne et que par conséquent il appartient à tout le monde. Nous disons, nous que ce pays appartient aux ivoiriens. Et qu’il doit fonctionner sur un minimum de principes. Si ce pays s’est beaucoup donné aux autres, aujourd’hui il dit qu’il ne veut plus être la prostituée qui s’offre au plus offrant.

Si c’est aujourd’hui que les principes refondateurs doivent être arrêtés nous disons qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Pour peu que nous respections nous-mêmes nos principes, et que nous appliquions les lois et les décisions que nous prenons.

Par Venance Konan Fraternité Matin duVendredi 27 août 1999

C’EST QUEL IVOIRIEN CA ? (04 Septembre 1998)

Monsieur Alassane Ouattara est donc candidat à l’élection présidentielle de l’an 2000. Parce qu’il est ivoirien et éligible. Contrairement à 1995 où il avait reconnu ne pas être éligible. Qu’est-ce qui s’est donc passé ? Pour ce que nous savons, rien n’a changé au niveau des conditions d’éligibilité.

C’est donc au niveau de Monsieur Ouattara que quelque chose a changé. Lors du congrès de son parti, il a affirmé haut et fort qu’il est ivoirien. Et Balla Keïta l’a confirmé. Il a déclare dans « le jour » que Monsieur Ouattara est bien ivoirien, originaire de Kong. D’ailleurs, au moment ou Monsieur Ouattara devait être nommé Premier Ministre, le Président Félix Houphouët-Boigny l’avait envoyé, lui Balla Kéïta, annoncer aux habitants de Kong que Monsieur Ouattara était originaire de chez eux. Un bien drôle d’ivoirien que cet Ouattara, que Balla Keïta est obligé d’aller présenter aux gens de son village pour qu’ils sachent qu’il est effectivement de chez eux.

Et seulement au moment où, il va être nommé Premier Ministre. Il n’avait donc jamais mis les pieds dans son village auparavant ? Monsieur James Cenach, le grand journaliste que nous connaissons, est devenu grand enquêteur ès Ouattara. Il a annoncé sur RFI le 04 Août dernier qu’Alassane Ouattara était bien ivoirien puisque Kong était le foyer des Ouattara. Et il a précisé que les limites des royaumes traditionnels ne coïncident pas forcément avec les frontières, héritées de la colonisation. Mais Monsieur James Cenach, oublie sans doute que ce dont il est question actuellement n’est pas l’élection du roi ou de l’empereur ou du chef traditionnel de Kong, mais du Président de la République de Côte d’Ivoire. Et la Côte d’Ivoire ne va pas au-delà de Ouangolodougou.

Nous avons tous accepté les frontières héritées de la colonisation. Et c’est à partir de ce découpage que depuis l’indépendance le Ouatttara de Kong partage la même nationalité que le Ehui d’Adiaké, le Kipré de Gagnoa, le Tra Bi de Bouaflé, le Konan de Bocanda, le Kambiré de Bouna, le Beugré de Sassandra, mais pas avec le Ouattara de Bobo Dioulasso. C’est comme çà. Et nous l’avons accepté. Monsieur Gaoussou Ouattara, qui est depuis à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire sait que les lois qu’il vote ne concernent pas les Ouattara du Burkina Faso ou du Mali, même s’il est par ailleurs le chef traditionnel de tous les Ouattara. Le Kouamé dont le foyer originel se trouve quelque part vers Kumassi ne va pas pour autant avoir des prétentions au Ghana, même s’il y retrouve des parents.

Alors, arrêtons de jouer avec les mots, les formules, l’histoire. Monsieur Gaoussou Ouattara a bien déclaré dans « le jour » qu’en 1948 au moment où la Côte d’Ivoire et la Haute volta se séparaient pour devenir deux colonies distinctes, leur père est rentré en haute Volta avec les plus jeunes de ses frères, dont Alassane Ouattara, pour être chef traditionnel à Sindou ; c’est Sindou le village du père d’Alassane Ouattara et non Kong, si Kong était chez lui ? Pourquoi ne reconnaîtrions-nous pas simplement qu’en 1990, Houphouët-Boigny voulant le nommer Premier Ministre, il fallait absolument lui trouver une attache en Côte d’Ivoire ? Pourquoi ce « digne fils » de Kong, qui a exercé les plus hautes fonctions dans les institutions internationales, qui a été Premier Ministre de la Côte d’ivoire, n’a commencé que maintenant à construire une maison dans « son village » ? C’est quel ivoirien ça ? Lors du congrès de son parti, Monsieur Alassane Ouattara a exhibé sa carte d’identité ivoirienne et celle de sa mère. Et l’on s’est aperçu que la sienne n’a été établie qu’en 1982, alors qu’il avait déjà 40 ans. Sous quelle identité avait-il donc vécu jusque là ?

Que l’on ne dise pas qu’il s’agit d’un renouvellement. Parce que lorsque l’on renouvelle sa carte d’identité, elle garde toujours le numéro de l’année où elle a été établie pour la première fois. Et le numéro de la carte d’identité de Monsieur Alassane Ouattara indique bien qu’elle a été établie pour la première fois en 1982.

L’on s’est aperçu également que sur sa carte d’identité sa mère s’appelle Nabintou Ouattara. Et pourquoi, celle qu’il a présentée et dont il a montré les papiers s’appelle Nabintou cissé, née à Dabou. D’autre part, sur sa demande de carte d’identité formulée en 1990, il est précisé que son père est à Kong et sa mère à Odienné. Et pourtant sur leurs cartes d’identité ils sont nés respectivement à Dimbokro et Dabou. Que signifie tout cela ? Aujourd’hui, ce qui est en question est l’avenir de la Côte d’ivoire. Et cet avenir, personne n’a le droit de jouer avec. Surtout pas pour une question d’orgueil ou d’ambition personnelle. Puisque Monsieur Alassane Ouattara veut diriger les ivoiriens, dans la transparence, il leur doit des éclaircissements sur un certain nombre points.

A-t-il jamais porté la nationalité voltaïque ou Burkinabé ? Il a déclaré qu’il a servi la Haute Volta. A quel titre ? En tant que Voltaïque ou en tant que coopérant ivoirien. Après l’indépendance de la Haute Volta en 1960, est-il resté dans ce pays en tant que Voltaïque ou en tant qu’émigré ivoirien ?

Est-il vrai que sa vraie mère, Nabintou Ouattara, venue de sa Haute Volta natale rejoindre son mari est morte et qu’il a été élevé par la seconde épouse de son père, Nabintou Cissé ? Etait-il ou non le Président des cadres Burkinabé travaillant à Dakar, pourquoi est-ce seulement en 1982 qu’il a établi sa première carte d’identité ivoirienne ? Et pourquoi toutes ces confusions sur le nom de sa mère, sur les lieux de naissance de ses parents ?

Si Monsieur Alassane Ouattara veut vraiment être le Président des ivoiriens, il leur doit des réponses claires à toutes ces questions, et surtout à celle-ci : pourquoi, alors qu’il avait refusé de se présenter en 1995 à cause du code électoral, il décide de le faire maintenant sans que ce code n’ait changé ?

Aujourd’hui nous entendons ici et là des menaces à peine voilées du genre « si ADO n’est pas candidat on va voir ». « Nettoyez vos fusils, aiguisez vos machettes ». Certains se disent prêts à mettre ce pays à feu et à sang si la candidature d’ADO n’est pas retenue. C’est entendu. Ceux qui mourront, mourront. Et ceux qui doivent perdre leurs biens les perdront. Mais ce qui est sûr, ils se font peur à eux mêmes.

Il ne faut jamais forcer le destin. Et nous pensons que Monsieur Alassane Ouattara a eu un destin formidable. Il a été gouverneur de la BCEAO, Premier Ministre de la Côte d’Ivoire sous Houphouët-Boigny dont il assurait parfois l’intérim (comme il se plait à le répéter) et Directeur Général adjoint du FMI. Pourquoi veut-il à tout prix la seule chose qu’il sait qu’il ne peut obtenir ?

Par Venance KonanFraternité Matin /04 Septembre 1998

HOSPITALITE ET STUPIDITE

A propos du conflit Agnis-bozos à ayamé, un confrère du « Libéral » le journal qui soutient ADO, écrit ces lignes dans l’édition du Jeudi 3 Septembre : « pour nombre d’observateurs avertis et des moins privilégiés des dégâts causés, le conflit qui a opposé Agnis et Bozos à Ayamé trouve sa source dans la mauvaise interprétation par les autochtones de la nouvelle loi sur l’immigration et le projet de loi portant code foncier rural. L’un et l’autre de ces textes de loi soutiennent qu’une « certaine préférence » soit accordée aux seuls nationaux tout en préconisant que les ressources des terres et des eaux sur le territoire appartiennent en premier lieu aux nationaux. Mais à bien y réfléchir on en vient à déduire que le conflit Agnis-Bozo est la résultante directe des lois stupides et impopulaires aux conséquences imprévisibles votées récemment par la majorité parlementaire PDCI »

Plus loin notre confrère poursuit : « Il apparaît que les autochtones Agni ont délibérément voulu adopter une position d’auto-défense face au monopole de fait que détenaient les pêcheurs maliens sur les activités de pêche dans la région »

La première question qui nous vient en tête est de savoir si un Ivoirien peut écrire cela. Un ivoirien peut-il trouver stupides des lois ivoiriennes qui accordent une « certaine préférence » aux ivoiriens en Côte d’Ivoire ? Un ivoirien peut-il trouver stupides des lois ivoiriennes qui préconisent que les ressources des terres et des eaux sur le territoire ivoirien appartiennent en premier lieu aux Ivoiriens ?

Assurément non. Car l’Ivoirien, quelle que soit sa tendance politique, quelle que soit sa stupidité, aime son pays et veut s’y sentir chez lui. Dans quel autre pays l’Ivoirien peut-il jouir d’une « certaine préférence » ? Dans quel autre pays, l’Ivoirien pourra t-il posséder les ressources des terres et des eaux ?

L’hymne national ivoirien parle de « pays de l’hospitalité ». Et le comportement des Ivoiriens depuis l’indépendance a démontré que ces lignes de notre hymne national n’étaient pas que des mots, mais un comportement. Quel est le pays en Afrique, ou même dans le monde où le tiers de la population est composé d’étrangers, ou des étrangers ont le monopole sur les plus importants secteurs de l’économie. Dans quel pays d’Afrique des Ivoiriens pourront prétendre avoir le monopole sur les activités de pêche d’une région, au point de prétendre interdire cette activité aux natifs de la région ?

La Côte d’Ivoire est pionnière dans l’intégration de la sous-région. Elle est le pays qui offre le plus aux autres, quand ailleurs tout lui est refusé. Nous avons eu l’occasion de visiter tous les pays de la sous-région. De nombreux autres Ivoiriens également. Aussi nous savons de quoi nous parlons lorsque nous disons : « Allez essayer d’ouvrir un magasin ou un maquis au Ghana ou en Mauritanie et vous verrez ! » La première recommandation que nos diplomates donnent aux Ivoiriens en voyage dans les pays voisins est de se faire petits et d’éviter d’avoir des histoires avec les nationaux. Parce qu’ils en ressortiraient perdants.

Que se passe t-il en Côte d’Ivoire ? On traite nos lois (par conséquent ceux qui les ont votées) de stupides parce qu’elles accordent une « certaine préférence » aux Ivoiriens en Côte d’Ivoire. Dire que l’on est ivoirien et que ce pays appartient aux Ivoiriens c’est être xénophobe. Pendant combien de temps les ivoiriens vont assister passivement à leur spoliation accompagnée d’injures ? Pendant combien de temps les ivoiriens vont supporter que l’on insulte leurs institutions, leur chef d’Etat, leurs représentants et eux-mêmes au nom de la liberté d’expression, de la tolérance et de l’hospitalité ?

La Côte d’Ivoire a offert ce qu’elle pouvait à ses frères venus chercher le bonheur et la sécurité. Mais comme le disait feu Félix-Houphouët-Boigny : « la plus belle fille ne peut offrir que ce qu’elle a ». Nous avons donné ce que nous avons aux frères. Mais nous ne pouvons pas leur donner notre pays. Désolés ! Que l’on nous traite de xénophobes. Mais nous ne pouvons jouir d’une certaine préférence dans notre pays. La France, pays des droits de l’homme, de la fraternité et de l’égalité expulse chaque jour des centaines d’étrangers. Le Premier Ministre a dit récemment qu’il ne peut pas régulariser tous les étrangers en situation irrégulière dans son pays. Par conséquent, il faudra les expulser. C’est ce que la Côte d’ivoire indépendante n’a jamais fait. Et c’est probablement ce que l’on lui reproche.

Le Président BEDIE avait dit dans son premier discours de Chef d’Etat qu’il était intolérable que le commerce ivoirien soit entièrement aux mains des étrangers. Il nous appartient désormais, à nous ivoiriens de faire en sorte qu’il nous revienne.

Dimanche 8 Mai 2011
La Dépêche D’Abidjan

Pourquoi nous luttons, M. Frindéthié

V_logoUn ami, par peur ou pudeur, nous a demandé un jour pourquoi nous luttons alors le fouet craque si près des extrémités nerveuses. En effet, pourquoi luttons-nous, quand il nous serait plus aisé de nous terrer dans notre agrément lointain et feindre de ne rien voir du drame ivoirien?

Depuis avril 2011, cela nous peine de dire, dans un pleurer-rire, que la Côte d’Ivoire est devenue un Dozoland, une république bananière, un Etat sauvage dirigé par une meute inculte, cupide et violente.

Mais la Côte d’Ivoire n’est pas condamnée à cette kermesse de la stérilité démocratique. Nul Etat n’est condamné à une descente sans fin aux enfers. Nul Etat n’est condamné à être à jamais la foire des longs couteaux.

Il faut que la Côte d’Ivoire rentre dans le cercle des nations civilisées. Il faut que la Côte d’Ivoire se retrouve. Et dans la perspective de remettre la Côte d’Ivoire sur les rails de la démocratie qu’elle avait amorcée avant la prise du pouvoir par la force de la meute à dramane et soro, nous n’avons cessé d’interpeller l’opinion publique, les vrais democrats du monde, et les intellectuels internationaux sur la grande injustice que vivent les Ivoiriens, chaque jour persécutés, incarcérés, torturés, expropriés, forcés à l’exile, et exécutés.

Progressivement, les organisations internationales qui hier ont participé à la mise en place du désordre ivoirien aspirent à se dédouaner, et, après avoir léché leurs exécutants, aujourd’hui les lâchent pour les ensuite lyncher demain. Peu nous importe que « chiens mangent chiens ». Peu nous importe que les complices d’hier s’entre-dévorent.

Ce qui est en jeu pour nous, c’est le succès de notre combat pour la libération totale de la Côte d’Ivoire. Et notre combat commence à porter ses fruits, lentement, mais surement.

Nous n’aurons de cesse que lorsque la Côte d’Ivoire sera totalement débarrassée de la gangrène qui depuis un 19 septembre 2002 s’est installée en son corps ; nous n’aurons de cesse que lorsque les noms d’assassins comme soro, Fofié, Morou, Chérif, Ben Laden, Wattao, etc., seront connus du monde entier, et que ces criminels seront traqués à travers le monde comme l’est aujourd’hui Kony, qui hier encore se croyait sorti des cuisses de Jupiter. Nous y travaillons assidument.

Nous n’aurons de cesse que le jour où dramane et sa cour seront traînés devant les tribunaux comme l’est aujourd’hui Hissen Habré, qui lui aussi se crut un jour invincible. Nous y travaillons aussi. Le monde se réveille de sa longue léthargie. Le monde apprend, grâce aux efforts combinés des nombreux Ivoiriens qui ont pris sur eux d’éduquer les hommes et femmes épris de justice, que les noms de dramane, soro, wattao, fofié, jah gao, ben laden, chérif ousmane, zakaria et compagnie ne riment qu’avec crimes contre l’humanité.

Pourquoi nous luttons ? Nous voulons pouvoir dire un jour à nos enfants et à nos petits-enfants que lorsque la mère patrie fut violée, en dépit du claquement du fouet à nos oreilles, comme d’autres milliers d’Ivoiriens et d’Africains, nous ne restâmes pas les bras croisés d’effroi ; mais que nous parlâmes fort et que nous agîmes.

(Vidéo) Nahibly, après le passage de la meute meurtrière de Dramane Ouattara (publié en octobre 2012), M. Frindéthié

NahiblyLe 20 juillet 2012, la milice ethnique d’Alassane Dramane Ouattara, escortée par les FRCI et les chasseurs (dozos) convertis à l’épuration ethnologique de Dramane Ouattara, a fait irruption dans le camp de Nahibly, où 5000 Wê chassés de leurs terres avaient cru trouver refuge sous la « protection » des casques bleus. Là, sous le regard impassible des soldats de l’ONU, les miliciens de Ouattara ont détruit 90% des infrastructures du camp, massacré 13 réfugiés et blessé des dizaines d’autres. Dans la vidéo ci-dessous, deux femmes qui ont miraculeusement échappé au massacre des miliciens de Ouattara essaient de retrouver, l’une sa mère, et l’autre ses enfants dans les décombres encore fumantes du camp dévasté.

https://www.facebook.com/photo.php?v=132038450286753&set=vb.100004417961800&type=2&theater

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Après l’Ouest, la gangrène d’expropriation foncière gagne du terrain au Sud (publié le 14 avril 2013), M. Frindéthié

un dozo de l'armée tribale de Dramane menace un Guéré dans le village de Baheb près de Duékoué

un dozo de l’armée tribale de Dramane menace un Guéré dans le village de Baheb près de Duékoué

S’il y a un mal pernicieux qui gagne insidieusement du terrain depuis la prise du pouvoir sanglante de Dramane Ouattara, c’est l’expropriation des terres des Ivoiriens par la clique à Ouattara. Au lendemain du carnage perpétré par l’armée tribale de Dramane sur les populations ivoiriennes, ce sont des cars entiers de compatriotes de Blaise Compaoré, à qui Dramane a promis un butin en terres et en nationalité ivoirienne, qui ont déferlé sur l’Ouest ivoirien à la conquête des terres des Wê assassinés ou exilés de force. Cette gangrène, que de nombreux Ivoiriens refusent encore de percevoir pour ce qu’elle est, c’est-à-dire, la pièce maîtresse d’un programme d’expropriation systématique des Ivoiriens de leurs patrimoines fonciers, commence à s’étendre aussi au Sud de la Côte d’Ivoire.

Après de petits coups de dents sporadiques donnés à certaines propriétés terriennes ici et là, à Yopougon, à Cocody, à Bingerville, à Marcory, à Dabou, etc. et au vu de l’inaction générale coupable des Sudistes, qui ne dénoncent ni l’injustice subie par les milliers de Wê, ni  les intermittents maraudages terriens au Sud, parce que n’appréhendant pas encore le caractère endémique de la politique de dépossession de Dramane qui a commencé à l’Ouest, la clique à Dramane a poussé des ailes.

La systémique d’expropriation est désormais en marche au Sud aussi, et c’est dans la localité de Grand-Bassam, dans le village de Mafiblé, que s’est joué le 1er mars le tout dernier épisode de dépouillement méthodique des populations villageoises sudistes. A Mafiblé, comme le raconte une victime de la politique de dépossession de Dramane, les forces tribales du Boucher de Duékoué sont arrivées lourdement armées et déterminées à expulser des propriétaires terriens de leurs domaines : «Nous étions au village, lorsqu’on nous a informés qu’environ 300 éléments des FRCI et 50 loubards ont investi le site qui abrite nos plantations et nos biens. Ces derniers nous ont demandé de quitter le site, arguant qu’il est destiné à abriter le projet Abouabou dénommé ’’Djibo Kamon’’, suite à une décision ministérielle ». Cette décision ministérielle du 12 avril n’aurait pas paru insolite si ce même jour du 12 avril une décision antérieure de la Cour d’appel n’avait tranché en faveur des villageois de Mafiblé. Mais qu’est-ce qu’une décision de la Cour d’appel dans un pays où Amadé Ourmi et la clique à Dramane règnent en maître par la loi des kalachnikovs et s’approprient impunément les biens des populations civiles?

A Mafiblé, la détermination des populations à protéger leurs propriétés de la meute armée de Dramane a eu des conséquences désastreuses. Des civiles ont été tout bonnement trucidés par les FRCI (rebelles). D’évidence, les Ivoiriens ne devraient pas attendre que le mal arrive à leur porte pour se battre ; car à ce moment-là, il sera déjà trop tard. Les Ivoiriens gagneraient plutôt à comprendre que l’expropriation programmée de Dramane Ouattara ne vise pas que les Wê, mais qu’elle est censée s’étendre à tous ceux qui ne s’inscrivent pas dans sa politique ethnocentrique de rattrapage. Il est donc nécessaire que dans les hameaux, dans les villages, dans les villes, les Ivoiriens s’organisent pour des actions concertées contre la politique foncière anti ivoirienne de Dramane. Dans ce combat, il revient aux cadres, aux étudiants et à tous ceux qui ont une certaine compréhension des enjeux du monde moderne de sensibiliser les populations rurales afin qu’elles commencent dès aujourd’hui, au moins, le recensement effectif de leurs patrimoines fonciers familiaux et la reconnaissance légale par attestation écrite des autorités rurales de leurs droits sur ces patrimoines.

La clique à Dramane est en pleine campagne de dépossession de terres, et tout ce qui aura apparence de propriété terrienne non enregistrée risque de passer illégalement entre les mains des rattrapés véreux. Certes, il n’est pas évident qu’un document puisse arrêter la bourrasque d’illégalisme et d’expropriation qui souffle depuis l’avènement de la Rattrapocratie ; mais une attestation écrite de droit de propriété pourrait déjà constituer la semelle sur laquelle s’érigerait la digue de protection contre la vague de confiscation et de vols que Dramane a érigée en vertu en Rattrapocratie. Ivoiriens, recensez vos terres rurales et faites-vous-en  délivrer, à la rigueur, des attestations de propriétés signées de vos autorités coutumières. Mais surtout, n’hésitez pas à vous joindre aux protestations des victimes contre les abus de Dramane ; car sauce bonne pour l’oie est bonne pour le jars.

Mont Péko: L’Effet Ourémi (publié le 27 juillet 2013), M. Frindéthié

peko4Amadé Ourémi, le chef de l’armée indisciplinée de Dramane Ouattara qui écumait l’Ouest de la Côte d’Ivoire, y semant mort et désolation au sein des populations autochtones We, a été « maitrisé » par son employeur d’antan pour taire les critiques persistantes des ONG de droits de l’homme comme Human Rights Watch. Cependant, les Ivoiriens découvrent peu à peu qu’Ourémi n’est que le symptôme d’une gangrène sociale, humanitaire et politique créée par Dramane Ouattara et qui conduit assurément à l’ultime pourrissement du tissu social ivoirien. Aujourd’hui, le Mont Péko n’est plus un territoire ivoirien. C’est un territoire burkinabé occupé par les contingents successifs de Burkinabè, qui, depuis la guerre de Dramane commencée en 2002 contre la Côte d’Ivoire, ont servi de supplétifs à l’armée de Dramane dans l’Ouest ivoirien, y ont massacré les autochtones, et, pour se récompenser du service rendu à Dramane, se sont d’abord installés sur les propriétés de leurs victimes, et plus tard, parce qu’en nombre impétueux, ont décidé tout bonnement de s’établir et d’exploiter avec leurs familles, qui ne cessent d’affluer du Burkina, les forêts classées de l’Ouest.

Aujourd’hui, l’expression « Mont Péko » résume tout le drame du tissu ivoirien, le drame d’un pays souverain dépiécé, démembré, réduit en lambeaux depuis 2002, que se partagent, comme dans le tableau de l’Espolio, des acharnements étrangers. Pendant que les autochtones de l’Ouest ivoirien se terrent de peur, ou sont sous terre ou en exile, et que les messagers de Dramane clament que la question de la nationalité des milliers de Burkinabè n’est point liée à celle du foncier, voici en quelques images les parents d’Ourémi, les nouveaux colons du Mont Péko, ceux qui remplaceront les autochtones We et seront désormais les propriétaires terriens de l’Ouest ivoirien si la nationalisation précipitée et forcée de Dramane prend effet et que le plan machiavélique de Dramane et de Compaoré de coloniser la Côte d’Ivoire n’est pas contrarié.

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Kagamé renoue avec la Françafrique … et est aussitôt innocenté par Paris (publié le 11 janvier 2012), M. Frindéthié

A l’occasion de la disculpation de Kagamé, il est peut-être de bon ton de revenir sur les circonstances du tour de main par lequel la France, indubitablement responsable du génocide ruandais, ramène Kagamé au bercail de la Françafrique et se blanchit par la même occasion.

C’est en juillet 1975 qu’arrivé au Ruanda pour une expédition de chasse organisée pour lui par le président ruandais Habyarimana, Giscard signe un accord d’assistance militaire très flou avec son hôte par lequel une aide militaire de 4 millions de francs est chaque année convoyée vers le Ruanda. Loin d’être un accord de défense du genre signé avec la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Sénégal en 1961, cet agreement n’empêche tout de même pas que le Ruanda pullule de militaires et d’aventuriers français de tous genres, qu’Habyarimana sollicite lorsqu’il se voit confronté à la rébellion du FPR (Front Patriotique Ruandais) de Kagamé, considérée comme une présence étrangère parce qu’anglophone. Le FPR, qui en 1990 avait envahi le Ruanda, était composé d’immigrants ruandais en Ouganda, qui, après 30 ans de sanctuaire en Ouganda (comme les Ivoiriens exilés aujourd’hui au Ghana), se voyaient forcés par leur pays hôte de rentrer chez eux.

 En effet, la communauté Tutsi, minoritaire du Ruanda, éduquée dans les écoles catholiques, était, depuis la colonisation belge, la classe instruite du pays. C’est principalement cette communauté qui la première revendiqua l’indépendance du Ruanda vers la fin des années 50, menaçant ainsi les intérêts capitalistes belges. Pour mettre à mal les Tutsi récalcitrants, les Belges introduisirent la notion de représentation de la majorité ethnique ; ce qui permit donc à un Hutu, l’ancien séminariste Grégoire Kayibanda, d’être le premier président ruandais en 1962. Une fois au pouvoir, les Hutu se livrèrent à une revanche sanguinaire contre la minorité Tutsi, forçant plus de 300.000 Tutsi à se refugier en Ouganda. Débarrassés de la plupart des Tutsi, les Hutu se combattirent entre eux, ce  qui finit en 1973 par un coup d’état du leader de l’armée hutu, Habyarimana, qui à son tour, persécuta non seulement les Tutsi, mais aussi les Hutu du sud, dont il purgea l’armée et l’administration ruandaises.

 En 1979, les exilés Tutsi formèrent l’Alliance Ruandaise pour l’Unité Nationale (ARUN), qui en 1987 devint le FPR. Lorsque le FPR attaqua l’armée d’Habyarimana en 1990, le président français Mitterrand amalgama accord d’assistance militaire et accord de défense, et il ordonna une intervention directe des troupes françaises au Ruanda. La Françafrique n’entendait pas perdre le Ruanda (un pays stratégiquement situé à la limite de l’influence anglo-saxonne) aux Anglophones. Pour Paris, Paul Kagamé, le chef militaire du FPR, fils d’un exilé Tutsi, élevé en Ouganda, partiellement éduqué aux Etats-Unis, et qui parlait un anglais parfait, ne pouvait être qu’un pion anglo-saxon, et surtout américain. Par ailleurs, hantée par les spectres de sa défaite en Indochine, la France n’hésita pas à assimiler la discipline militaire et l’intrépidité du FPR aux résistants algériens et aux Khmers rouges cambodgiens. Très vite, Paris surnomma l’armée de Kagamé les Khmers noirs, qu’il fallait à tout prix mater. Comme le notait Verschave, « la décision de former les forces armées rwandaises (FAR), clairement politique, fut prise personnellement par François Mitterrand …. Les rebelles venus d’Ouganda pouvaient-ils représenter autre chose que le produit d’une manipulation des Anglo-Saxons ? Il fallait aider Juvénal, lui procurer armes et munitions, former une armée qui lui permette d’en finir avec ces importuns. L’armée [française] s’exécuta sans réserve, dans le droit fil des institutions et de la pratique de la Ve République ».

L’Elysée arma donc Habyarimana à raison de 200 millions de francs par an, équipant les forces ruandaises de nouvelles armes à tester sur les Tutsi et le terrain inégal du Ruanda. 500 paras français et 150 conseillers militaires français aidèrent les Hutu à tester l’armement militaire français sur les Tutsi. Confession d’un gradé de l’armée française à Kigali : « c’est vrai qu’en février 1992 on y est allé très fort. On a profité de l’occasion pour tester du matériel expérimental, des blindés légers de montagne et des hélicoptères de combat dotés d’une douzaine de roquettes de chaque côté ». En fait, la France a officiellement participé aux côté d’Habyarimana à l’élimination programmée du peuple tutsi. En 1993, les Nations Unies publièrent un rapport qui accablait le gouvernement de Kigali de crimes contre l’humanité. En France, en Belgique, et au sein du monde occidental, ce rapport ne provoqua pas le moindre saisissement. Au contraire : Mitterrand, le roi Baudouin de Belgique, l’Eglise Catholique (les anglophones FPR étant considérés comme des Anglophones protestants), et le magazine Jeune Afrique contribuèrent à polir l’image d’Habyarimana et à disculper le gouvernement ruandais. A Paris, Mitterrand continuait de dérouler le tapis rouge à Habyarimana. Devrait-on s’en étonner ? Absolument pas. Aucun des chefs d’état français n’avait vraiment fait sien le crédo français de liberté, égalité, fraternité. Mitterrand n’a jamais été pire que ses prédécesseurs. Il n’était qu’un chef d’état français typique.

 Eventuellement les Ruandais surmontèrent leur tragédie à travers une réconciliation douloureuse. Le gouvernement de Kagamé accusa directement la France du génocide ruandais et s’éloigna de Paris, politiquement et culturellement. Kagamé constitua une commission d’enquête pour recenser les instances de participation de Paris au génocide des Tutsi. Pour contrer l’initiative de Kagamé, le juge français Bruguière publia un rapport d’accusation impliquant directement Kagamé du crash de l’avion d’Habyarimana. Le rapport du juge français contredisait toutes les évidences d’enquêtes très crédibles qui elles pointaient le doigt vers la France. Kagamé tourna définitivement le dos à la France. Le Ruanda coupa les ponts avec Paris et la langue française.

 Lorsque Sarkozy vint au pouvoir, l’une de ses préoccupations majeures fut de ramener Kagamé dans la Françafrique. Il s’y employa assidument. Après de longues années de coups de langue et de frétillements de la queue, Sarkozy y parvint. Et comme par magie, la France absout aujourd’hui Kagamé de tout péché. La Françafrique a encore de belles années devant elle.

(Dec. 1, 2010) The United Nations, the IMF, and the “Unholy Trinity of Waste, Fraud and Abuse”, M. Frindéthié

It is under kofi Annan, when he was Secretary General of the United Nations, that the split of Cote d’Ivoire between a rebel North and a constitutional South got sanctified. At the time, Kofi Annan was under pressure by the Bush administration to show patte blanche on the “oil for food” program and France needed to regain control of the richest French-speaking African country that was progressively distancing itself from Paris under President Gbagbo’s leadership. Chirac and Annan had something to give each other: Annan needed Paris’s support to fend the American onslaught and Chirac needed the United Nations to weaken Gbagbo. Annan’s/the UN’s sanctification of the Northern rebellion in Cote d’Ivoire tells a compelling story: While Africa should be proud of its sons of daughters who have “made it” on the global stage, on the other hand, Africa should remain extremely wary of the petite bourgeoisie that has been reared in the nurseries of such organizations as the United Nations, the World Bank, and the IMF, a petite bourgeoisie whose interests lie in the maintenance and continuance of Africa’s enslavement. In 1997 the world and Africa in particular greeted with much elation the appointment of the first sub–Saharan African, Ghanaian Kofi Annan, as head of the United Nations. Annan even received some praise and enthusiastic wishes of success from very unlikely supporters. Then senior vice president of the American Enterprise Institute, John R. Bolton, who would later become one of Annan’s fiercest critics, had this to say of Annan’s “win” over Tanzanian Salim A. Salim. “The winner, Kofi Annan, was certainly preferable to Salim. Virtually all Annan’s career has been within the UN system, frequently in management and personnel positions. Few know the “system” better than Annan. He is therefore in the best possible position to deliver on reform, for bureaucratic trials, jargon and obfuscation are not likely to distract him if he is engaged. From January 1, 1997, forward, the world can judge his performance.” Could it be that the “system” to which Bolton was referring was what Stefan Halper named the United Nations’ “unholy trinity of waste, fraud, and abuse,” for indeed the world got to judge Annan and the verdict was resoundingly depressing? Truly, “a kleptocratic culture of non-accountability at home was transferred to the world body.” Annan managed the United Nations as a traditional Ghanaian village chief would manage his family plantation, that is, with no regard to transparency and good governance, but rather with particular propensity for nepotism, dereliction, and corruption. Under Annan’s predecessor, Boutros Boutros-Ghali, corruption, which was rampant in the United Nations, was thought to have reached its peak. However, Annan, who had been waiting for years in the antechamber of power, in the shadow of Boutros-Ghali as under-secretary general of the United Nations, was going to prove the critics of his boss wrong even before he had his chance to preside over the destiny of this most money-hungry institution. In a feat of pathological perfectionism Annan was going to take corruption to its uppermost eruption and claim for himself the palm of the world’s shadiest official. For Annan, how better could he claim the center of capitalism than to accumulate capitalism’s most valued assets, that is, money? So, when under his auspices the United Nations had the opportunity to administer the Oil-for-Food program, a program with a capital five-fold the United Nations’ own budget, Annan sought illegal means to hoard as much as he could of these funds either directly or indirectly. Indeed, in the aftermath of the 1991 Gulf War, the United States had imposed a series of trade embargoes on the Saddam regime. However, as is well known, sanctions imposed on despots have generally been circumvented by the governing classes they are meant to squeeze and have usually brought hardships on the ordinary people. To prevent this pattern from repeating itself in Iraq, the sanctioning authority allowed Iraqi oil to be sold, provided that the takings of the sale should be managed by the United Nations and utilized to buy food and humanitarian supplies for the people of Iraq and to fix the destroyed infrastructures of the country. In 1996, Kofi Annan was charged by Boutros-Ghali to administer the Oil-for-Food program, which was spasmodic at the time. Among the expert brokers that Annan brought in to make the program effective were his own son Kojo Annan and infamous Robert Mugabe’s nephew Leo Mugabe. Within seven years, the Annan dream team for the management of the Oil-for-Food program was able to reorient and embezzle billions of dollars with the complicity of Saddam, and this grand theft “would have succeeded without a hitch had not Saddam Hussein’s regime been overthrown and the Oil-for-Food program been transferred in all its mysterious splendor to the U.S.-led coalition in Iraq.”Of the 67 billion dollars that the export of oil generated between 1996 and 2003, Annan’s head of humanitarian program, Benon Sevan, before retiring to his 1.5-million-dollar mansion in New York, was able to report “31 billion in supplies of food and medicine delivered to the Iraqi people, leaving $8.2 billion in humanitarian goods still to be delivered…. $3 billion had gone in development funds to rebuild Iraq.” What of the rest? Well, in this age of digitized information, the United Nations internal managers/investigators for the Oil-for-Food program were sorry to inform the world that with the bombing of Baghdad by the coalition troops, important documents pertaining to the program got lost—as if the headquarters of the United nations were located in Saddam’s personal palaces; as if the United Nations, this over-budgeted institution, were still keeping records on first-century scrolls. In fact, “[t]he Oil-for-Food scandal is a potent indictment of the way business is done at the UN Secretariat. It represents the ongoing impeachment of the UN system, a symbol of continuing massive corruption involving the theft of close to $11 billion in revenues…. In fact, this recent scandal is not an aberration at the UN. It forms part of a pattern that can be considered the norm.” Where else than at the United Nations, the World Bank, and the IMF, these cradles of world corruption, could the black slaver fulfill his dream of tending exponentially toward the glittering center of white bliss? Where else than there could he accumulate the fastest possible that which allows him to mark his difference from the bottom billion crouching in the rural poverties of Africa and Asia? Where else than there could he amass the necessary assets that would make him a modern man in the urban space, in the company of the white? Annan’s attitude is symptomatic of the black elites’ perfectionist superfluity. The African petite bourgeoisie reared within such world organizations as the UN or the IMF, affected by inferiority complex, and that “pander[s] to Western opinion.” is on a binge for praise. Alassane Ouattara belongs to that class of approval seekers, and he would do anything to please the West and to avoid the West’s reprimand. Laurent Gbagbo does not fit the mold of France’s black governors as represented by Bokassa, Bongo I, Compaoré, Biya, Nguesso or Ouattara. The latter has been exposed as a vile politician that is more concerned about protecting the interests of his imperialist masters than ensuring and safeguarding the welfare of the Ivorian people, a people that has vowed never to bend to the imperialist pressure. His multiple calls for a popular uprising since 2002 and his attempts at coups d’état have repeatedly failed. His Occidental masters, however, are resolute to put him on the throne in spite of the people’s resistance. This sets the stage for another African calamity.

Read more in K. Martial Frindéthié’s Globalization and the Seduction of Africa’s Ruling Class: An Argument for a New Philosophy of Philosophy (McFarland, 2010)

Ivory Coast parliament head used crisis to stockpile arms: U.N. experts

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By Joe Bavier

ABIDJAN (Reuters) – Ivory Coast rebel leader-turned-parliament speaker Guillaume Soro used a 2011 civil war and its aftermath to acquire hundreds of tonnes of weapons, many of which remain under the control of his loyalists in the army, according to U.N. investigators.

The accusation, in a report released on Monday by experts charged with monitoring a U.N.-imposed arms embargo, highlights lingering risk in the West African nation, which has emerged from the crisis as one of the continent’s rising economic stars.

Soro, often mentioned as a potential successor to President Alassane Ouattara, headed the New Forces rebels, who occupied the northern half of the world’s top cocoa grower for nearly a decade and backed Ouattara during the 2011 post-election conflict.

« The Group (Group of Experts on Côte d’Ivoire) documented the acquisition of relevant quantities of weapons and ammunition, estimated at 300 tonnes, by the (New Forces) in the aftermath of the post-electoral crisis, » the report said.

« Guillaume Soro directly handled the acquisition of the materiel. »

The stockpiles represent around 30 percent of Ivory Coast’s total arsenal, it said.

« The above-mentioned arsenal includes materiel brought into (Ivory Coast) in violation of the sanctions regime that is not yet under the full control of the military, » the report continued.

Soro, who under the Ivorian constitution would assume the presidency were Ouattara to die or become incapacitated while in office, denied the accusations.

« (The investigators) are mediocre jokers, » he wrote in a response to a Reuters request for comment. « All that’s left is for them to accuse us of having weapons of mass destruction. »

Government officials, including the defense minister and the government spokesman, were not immediately reachable.

Reuters last year documented the U.N.’s discovery of part of the arsenal, which had not been declared to government authorities and was being held at a military camp in the northern city of Korhogo by a former New Forces commander.

EX-PRESIDENT ON TRIAL

Other weapons stocks were found by the U.N. at a former military training school in Bouake – previously the New Forces’ de facto capital – and on the premises of Soro’s close protection unit in the commercial capital Abidjan.

Some 3,000 people died during the war in Ivory Coast, which erupted after then-president Laurent Gbagbo refused to accept his defeat by Ouattara in polls in late 2010. Gbagbo is currently on trial before the International Criminal Court, accused of crimes against humanity.

According to the investigators, the stockpiles include weapons seized by the rebels’ so-called Zone Commanders from Gbagbo loyalists as the rebels swept south with French and U.N. military backing to support Ouattara’s claim to the presidency.

« Although most of the former zone commanders have been integrated into the military, they continue to have independent political and financial influence, » the report said.

Other weapons discovered under the control of former rebels now integrated into the army as senior officers bore the serial and lot numbers of arms shipments imported by neighboring Burkina Faso between April and August 2011.

Gbagbo’s allies have long accused Burkina Faso and its ex-president Blaise Compaore of supporting Soro’s rebellion, which grew out of a failed coup against Gbagbo in 2002.

The weapons purchases were arranged by Compaore’s personal military chief of staff General Gilbert Diendere, the investigators wrote.

Compaore was forced to flee Burkina Faso amid violent unrest in 2014 and now lives in exile in Ivory Coast, which granted him citizenship. Diendere, who last year staged a failed coup against the transitional authorities that replaced Compaore, is in detention in Burkina Faso and was not immediately reachable.

Burkina Faso authorities issued an international arrest warrant for Soro earlier this year on charges related to his alleged support for the failed putsch in Burkina Faso.

(Editing by Andrew Roche)

Source: http://news.yahoo.com/ivory-coast-parliament-head-used-crisis-stockpile-arms-193948176.html

BCEAO: les dessous d’un hold-up, Francis Kpatindé – Source: Jeuneafrique.com

 

 beceaoQui est derrière le casse de l’agence de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest à Bouaké ? Quel est le montant du butin ? Que fait-on pour retrouver les auteurs et les sommes dérobées ?

Il est midi passé, ce mercredi 24 septembre 2003, lorsque, soudain, des rafales d’armes automatiques retentissent dans Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire et fief des Forces nouvelles (rébellion). Rixe entre bandes rivales après une beuverie ? Attaque surprise des FANCI, les forces armées nationales de Côte d’Ivoire, fidèles au président Laurent Gbagbo ? Les tirs semblent provenir du quartier résidentiel et commercial, à l’entrée sud d’une agglomération qui comptait, avant le déclenchement de la guerre civile, en septembre 2002, quelque 760 000 habitants. Autour de l’agence locale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), située dans ce périmètre, règne une grande confusion. Des hommes puissamment armés affrontent des individus repliés à l’intérieur de l’établissement. Pour se dégager, ces derniers n’hésitent pas à balancer en l’air plusieurs liasses de billets, des coupures neuves de 10 000 F CFA, qu’ils viennent juste de dérober. Alléchés par cette manne inespérée, badauds, combattants et même quelques icônes de la rébellion (plusieurs témoins affirment ainsi avoir aperçu sur les lieux le chef de guerre Issiaka Ouattara, alias « Wattao ») s’en donnent à cœur joie.

Les échanges de tirs, d’abord nourris, puis sporadiques, dureront trois jours. « Débordé », le chef d’état-major des « forces armées » des Forces nouvelles, le colonel Soumaïla Bakayoko, appelle à la rescousse les troupes ouest-africaines d’interposition et les soldats français de l’opération Licorne, « des forces neutres, que tout le monde respecte et que l’on peut facilement identifier ». Ces derniers réussissent rapidement à sécuriser la zone et à ramener le calme. Les mystérieux braqueurs, eux, s’évanouissent dans la nature avec un joli pactole estimé, selon les sources, entre 16 et 20 milliards de F CFA (entre 24 et 30 millions d’euros), pendant que Bouaké compte ses victimes et panse ses plaies : vingt-trois morts et une trentaine de blessés.

Une partie de l'argent des casses, retrouvée par les émeutiers chez Mamou Doukouré, amie de Chantal Compaoré

Une partie de l’argent des casses, retrouvée par les émeutiers chez Mamou Doukouré, amie de Chantal Compaoré

Lorsqu’ils pénètrent, quelques jours plus tard, dans l’immeuble de la BCEAO, les militaires français, sénégalais, béninois, nigériens, togolais et ghanéens, ainsi que leurs accompagnateurs des Forces nouvelles, n’en croient pas leurs yeux. L’agence a été carrément mise à sac, les murs éventrés, les meubles brisés, les archives brûlées ou répandues par terre. La porte blindée d’accès aux caveaux est grande ouverte, tout comme certains coffres, défoncés au chalumeau ou à la dynamite. « Sur place, on a retrouvé des morceaux de pain moisi, des boîtes de sardines vides, des assiettes avec des restes de repas, des bouteilles de Coca-Cola et de Fanta, raconte, au téléphone, le porte-parole des Forces nouvelles, Sidiki Konaté. Il y avait même des lits de camp. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les malfaiteurs ont pris tout leur temps avant d’agir. Ils bénéficiaient sans doute de solides complicités. Un vrai travail de professionnels ! » Voilà pour les faits. Restent les questions.

La première s’impose d’elle-même : Qui ? Au moment des faits, fin septembre, le même Sidiki Konaté indiquait, avec un accent de sincérité, que le casse était l’oeuvre « d’hommes armés venus de Korhogo », autre ville rebelle, située plus au nord. Accusations aussitôt balayées du revers de la main par son camarade Messemba Koné, chef militaire de la zone incriminée et ministre des Victimes de guerre dans le gouvernement de réconciliation nationale : « Dès que j’ai été informé des événements qui se déroulaient à Bouaké, j’ai fait boucler ma zone, assure ce dernier. Personne n’est donc parti de chez nous pour Bouaké. Et nous ne sommes impliqués ni de près ni de loin dans l’attaque. »

Alors, si ce ne sont pas ceux de Korhogo, qui donc a fait le coup ? « Vos collègues de l’Agence France Presse ont mal interprété mes propos, se défend aujourd’hui, sans convaincre, Sidiki Konaté. Compte tenu de la situation d’insécurité qui prévalait autour de la Banque, nous avions demandé l’appui de nos camarades de Korhogo, qui ne sont d’ailleurs pas venus. Nous étions en présence d’une situation inédite. Nos hommes, après tout, n’ont pas été formés pour protéger des banques, mais pour faire la guerre. »

« Le cambriolage a été commis par des gangsters, affirme pour sa part, de façon sibylline, le chef d’état-major des Forces nouvelles, le colonel Soumaïla Bakayoko. Je ne connais pas leur identité parce que cette affaire est confuse, mais je me refuse à dire que ce sont mes éléments. Cela dit, notre organisation n’est pas parfaite. Il y a des difficultés, d’autant plus que certains d’entre nous sont très jeunes et peuvent être tentés d’ignorer les ordres. Mais ils sont globalement disciplinés, sinon c’est tout Bouaké qu’on aurait retrouvé à l’intérieur ou aux alentours de la BCEAO. […] La présence de l’argent a pu attiser les convoitises de nos populations et de certains de nos éléments. C’est compliqué, parce que cela se passe entre nous… » Une déclaration prudente, certes, mais qui sonne comme un aveu.

Qui donc, dans une zone tenue depuis plus d’un an par une rébellion armée, a pu organiser et réussir le cambriolage d’une succursale de la « Banque des banques », la deuxième opération du genre en Côte d’Ivoire en un an, après le spectaculaire hold-up de l’agence nationale de la BCEAO, le 27 août 2002, à Abidjan ? Qui, sinon un de ceux qui affirment contrôler la région ? De fait, même si l’enquête, ouverte sur plainte de la BCEAO et de l’État ivoirien, n’en est encore qu’à ses débuts, beaucoup d’observateurs pointent déjà du doigt le secrétaire général du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), Guillaume Soro, fortement soupçonné d’être le cerveau de ce fric-frac. C’est, du moins, la conviction de certains responsables de la BCEAO proches du dossier. Celle des milieux de renseignement occidentaux, mais aussi, mezza voce, de la France officielle, qui maintient actuellement en Côte d’Ivoire quelque quatre mille soldats. « Tout laisse croire que cette opération a été montée de toutes pièces par Soro, indique-t-on ainsi de bonne source à Paris. On peut comprendre, dans ce cas, sa réticence, depuis plusieurs semaines, à aller à Abidjan. S’il se fait épingler dans le cadre de cette affaire, nous ne lèverons pas le petit doigt pour lui venir en aide. »

L’affaire de Bouaké intervient, il est vrai, alors qu’on note une criminalisation croissante de la rébellion ivoirienne et une recrudescence de l’insécurité dans le Nord, désormais qualifié par certains de « Far North ». Le monde entier est informé des exactions et autres violations des droits de l’homme commises dans le « Gbagboland ». Un voile opaque semble recouvrir celles qui le sont dans le « Soroland ». Rackets, intimidations, braquages se multiplient dans une zone de non-droit où toute manifestation de dissidence, même pacifique – le fait est insuffisamment signalé – est proscrite. Tout comme les agences de la BCEAO de Bouaké et de Korhogo, plusieurs établissements financiers et administrations de la deuxième ville de Côte d’Ivoire – la Caisse autonome d’amortissement et la Trésorerie publique, notamment – ont été attaqués ces dernières semaines. Idem pour la succursale de la BIAO, à Ferkessédougou, plus au nord. Des pillages, bien souvent, accompagnés de rixes entre les miliciens des Forces nouvelles, qui réclament chacun leur part du gâteau.

Il arrive même parfois à ces derniers de s’en prendre aux observateurs de l’ONU. Ainsi, le 24 octobre dernier, certains d’entre eux ont poursuivi en voiture un avion des Nations unies qui s’apprêtait à prendre son envol sur la piste de l’aéroport de Bouaké, et l’ont contraint à s’arrêter. L’un des soldats a alors tiré un coup de feu sur le tarmac, près de l’appareil. Dans le cadre d’un autre incident très grave, le 25 octobre, des éléments des Forces nouvelles ont détenu et menacé de tuer sept officiers de liaison de la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Minuci) qui étaient en mission de reconnaissance à Man. L’équipe a heureusement été délivrée par un autre groupe de miliciens, qui l’a escortée en dehors de la ville…

Une partie du butin du casse de Bouaké aurait ainsi servi pour la solde des combattants de plus en plus indisciplinés et furieux de ne pas être payés en retour des sacrifices qu’ils affirment avoir consentis dans la lutte contre le pouvoir d’Abidjan, alors même que certains de leurs chefs roulent désormais carrosse, fréquentent les palaces et sont reçus avec les honneurs par les chefs d’État africains. Le reste de l’argent dérobé aurait été placé en lieu sûr, notamment au Mali voisin. Une accusation rejetée avec force à Bamako : « Les gens ne savent pas de quoi ils parlent, s’insurge Ousmane Thiam, le ministre malien de la Promotion des investissements et du Secteur privé, lui-même banquier de profession. Il est impossible de recycler du franc CFA sale dans le circuit bancaire de l’un des pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine, pour la simple raison que ce type d’opération n’échappera pas au contrôle des fins limiers de la BCEAO. »

« Le secrétaire général a autre chose à faire que d’organiser des hold-up, souligne, pour sa part, Sidiki Konaté, en prenant la défense de Guillaume Soro. Dans cette affaire, on nous fait un mauvais procès. Il ne faut pas oublier que nous avons perdu plusieurs de nos hommes, une vingtaine, alors qu’ils cherchaient à protéger de l’argent qui n’est pas à nous ! Nous avons dû tirer sur nos propres hommes et sur la population parce que nous étions débordés. Même à Paris, si vous braquez une banque et que vous jetez une partie de l’argent dans la rue, les gens accourront pour se servir. Je vous le rappelle, nous n’avons pas pris les armes pour surveiller des banques, qui ne sont, après tout, qu’un détail dans notre combat pour la justice en Côte d’Ivoire. » La rébellion, dont les supposés parrains libyen et burkinabè sont devenus parcimonieux, a-t-elle braqué l’agence de la BCEAO à Bouaké pour payer ses troupes ? « Nos combattants ne sont pas payés, poursuit Konaté. Ils se débrouillent comme ils peuvent. Et nous n’avons pas de nouvelles recrues. Cet argument ne tient donc pas. Par ailleurs, nous avons nos fonds propres. Nous levons des taxes auprès des sociétés opérant dans les zones sous notre contrôle… »

Deuxième question d’importance : Le montant du casse. Seize milliards de F CFA ? Vingt ? Un peu plus ? Un peu moins ? Motus et bouche cousue, comme de tradition, au siège régional de la BCEAO, à Dakar. Joint au téléphone à Bissau, où il était en mission, le gouverneur (ivoirien) Charles Konan Banny fait dans l’esquive : « Quand bien même on n’aurait volé qu’un centime, je ne puis l’accepter. Cet argent appartient aux huit pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Je ferai tout mon possible pour faire arrêter les responsables et les envoyer devant les tribunaux. » Mais quel est donc le montant de la somme que les malfaiteurs ont subtilisée ? « Tout ce qui touche à une Banque centrale est extrêmement sensible. Je ne suis tenu de rendre compte qu’aux seuls chefs d’État membres, et, sauf erreur de ma part, vous n’en êtes pas un. »

Et pourquoi la BCEAO a-t-elle laissé, depuis un an, des fonds aussi importants dans des agences installées dans une zone tombée aux mains d’une rébellion armée ? « Dès septembre 2002, nous avons entrepris des démarches aussi bien auprès des autorités de l’UMOA que du gouvernement ivoirien pour sécuriser nos agences dans une région devenue inaccessible aux forces de défense et de sécurité de la République de Côte d’Ivoire. » On n’en saura pas davantage. « Depuis novembre 2002, nous avons écrit à plusieurs reprises à la BCEAO pour qu’elle renvoie dans notre zone ceux de ses agents qui ont abandonné leurs postes depuis un an et pour lui demander de rouvrir les agences, affirme Sidiki Konaté. On ne nous a pas répondu. Faut-il, dans ces conditions, s’étonner de ce qui s’est passé ? Après tout, il n’y a pas de statut particulier pour une banque en zone de guerre. »

Il n’empêche ! Aussitôt informé du braquage de l’agence « auxiliaire » de Bouaké, Charles Konan Banny prend une série de décisions. Le 27 septembre 2003, il envoie sur place, grâce à l’appui des forces d’interposition françaises et ouest-africaines, une « mission exploratoire ». Trois jours plus tard, c’est au tour d’une « mission pluridisciplinaire » composée d’experts de faire le déplacement. Leur rapport est transmis, le 8 octobre, au président Laurent Gbagbo. Qui, tout comme la Banque, dépose une plainte contre X devant les tribunaux ivoiriens.

Dans une lettre adressée, le 14 octobre, aux huit chefs d’État membres de l’UMOA, et dont Jeune Afrique/l’intelligent a obtenu copie (voir fac-similé), le gouverneur affirme par ailleurs avoir « pris les mesures requises pour prévenir le risque de recyclage des fonds dérobés dans les circuits économiques et financiers normaux ». « J’ai en outre sollicité et obtenu des autorités ivoiriennes la mise à contribution, dans ce cadre, des polices économiques et des frontières, des services des douanes ainsi que des importantes sociétés commerciales et de commercialisation des produits agricoles. […] J’ai également invité les ministres des Finances des autres États membres à prendre des dispositions similaires… »

Cela suffira-t-il pour recouvrer les fonds dévalisés ? Plusieurs personnes ont été arrêtées, ces dernières semaines, du côté de Korhogo et de Ferkessédougou en possession de billets provenant du pillage. À la mi-novembre, un ressortissant béninois installé de longue date en Côte d’Ivoire a même été interpellé au Mali pour « recel de billets de banque frauduleusement soustraits », alors qu’il venait déposer dans une banque de Sikasso quelques millions de francs CFA, fruit de la vente de sa maison de Bouaké à un quidam qui l’a payé avec de l’argent volé. Maigre consolation pour l’UMOA, dont la BCEAO est l’institut d’émission ! Pour l’instant, le joli « matelas » de plusieurs milliards de F CFA reste introuvable.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : BCEAO : les dessous d’un hold-up | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

Blanchiment de l’argent des casses de la BCEAO: Un ministre d’Etat sénégalais révèle comment Wade a procédé

Amath Dansokho, leader historique de la gauche sénégalaise, aujourd’hui ministre d’Etat dans le gouvernement Macky Sall, confirme ses accusations anciennes sur les collusions financières entre Wade et les ex-rebelles ivoiriens qui ont pillé les agences de la BCEAO à Bouaké et à Korhogo. Il récidive en disposant aujourd’hui des moyens de renseignement de l’Etat. Dans une interview accordée au site Seneweb, il évoque des mécanismes de blanchiment et promet une liste de «hautes autorités» sénégalaise impliquées. Il parle également de relations financières douteuses entre Karim Wade et des figures de la Sarkozie. Extraits.

Parlant d’argent sale, vous avez une fois soutenu que l’argent issu de la casse des banques de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) de Bouaké et de Korhogo a été blanchi à Dakar. Est-ce que maintenez vos propos ?

Je maintiens que l’argent a été blanchi ici à Dakar. Le ministre des Finances ivoirien de l’époque l’a dit ici, et personne n’a protesté. Il (N.d.l.r. : Wade) s’acharnait contre Banny (N.d.l.r. : ancien directeur de la banque) (…). Lors d’une conférence de presse à Dakar, Banny a dit qu’il ne sait pas si demain il sera encore vivant, évoquant une menace de mort, mais nous savons que de hautes autorités ont blanchi l’argent de Bouaké et Korhogo et nous rendrons la liste publique dans quelques jours. Dès le lendemain, Abdoulaye Wade est allé s’agenouiller devant lui pour le supplier de ne pas le faire.

Depuis ce jour, il ne parle plus de la banque centrale avec laquelle il avait toujours des difficultés. Pourquoi le procès qu’il avait intenté contre moi n’est pas allé loin ?

Me Diop, l’avocat de ma défense, avait mis dans le dossier un procès-verbal dans lequel un homme avouait avoir blanchi cet argent avec l’aide de hautes autorités de l’Etat sénégalais. Un agent secret italien est venu dans mon salon me raconter que Wade a été découvert parce que lorsqu’il voyageait, il amenait dans les soutes de l’avion présidentiel des milliards d’euros, de devises qu’il prenait à la Société générale qu’il échangeait avec des francs CFA qu’on reversait à la Banque centrale.

Les gens se sont rendus compte qu’il y avait des billets issus de casse des banques de la Côte d’Ivoire (N.d.l.r. : de Bouaké et Korhogo). Ils échangeaient 1 franc ivoirien, qui a la même valeur ici, avec 50 centimes sénégalais. Il a fait tellement de scandales financiers, et c’est d’ailleurs pourquoi il dit que son fils est un génie en ingénierie financière. C’est pour l’habillage…

Comment expliquez-vous l’attitude du président sortant qui, après avoir annoncé un voyage à l’extérieur, est tout de même resté au pays, et ne manque pas de faire preuve d’une certaine agitation de sa retraite des Almadies ?

(rires) Tout ce que Wade fait, c’est parce qu’il sait que le Sénégal est en mesure de faire rapatrier ses ressources. L’instrument existe, c’est un instrument de la Banque mondiale et de l’Onu qui s’appelle Star. Il suffit juste que l’on dépose les dossiers, que les enquêtes soient faites…On l’a fait pour Mobutu, et actuellement pour Nguema et son fils, pour Abacha, Babaginda. Il faut certes faire vite. Mais on sait où est l’argent. Depuis le 11 septembre, tout argent qui circule dans les banques, sauf cette partie que contrôlent les mafias, tous les dépôts ordinaires dans les banques, on sait d’où ça vient et où ça va. Quelqu’un m’a confié, alors que j’étais malade à Saly, le montant de la fortune de Karim (je me garde bien de vous le dire). (…) Madické Niang (N.d.l.r. : ancien ministre des Affaires étrangères sous Wade), on sait qu’il a des milliards dans sa maison, ce sont ses enfants qui l’ont révélé. On l’a pris en train de vouloir changer un milliard. L’argent est là. Ils ont construit des trous, des salles réfrigérées, parce qu’ils ne peuvent pas amener cet argent dans les banques. Une opération aux Almadies nous aurait permis de récupérer des milliards.

Et vous dites que l’Etat sénégalais a les moyens de cet argent mal acquis ?

Par des mesures de police, des mesures légales, l’Etat sénégalais est bien en mesure de récupérer cet argent. (…) Je ne sais pas jusqu’à quand on peut laisser l’argent des Sénégalais s’évaporer comme ça. On ne peut pas faire autrement, il faut ramener l’argent ici. C’est une question de réalisme. (…) Ils ont certes des alliés en Occident, comme l’a révélé Péan dans son livre. Ruffin (N.d.l.r. : ancien ambassadeur de la France au Sénégal) lui-même a dit publiquement que Karim a remis de l’argent à des gens de l’entourage de Sarkozy. Mais les opinions publiques occidentales, de plus en plus à droite, ne permettront pas qu’on leur demande de payer des impôts pour venir en aide aux pays pauvres, pendant que les dirigeants de ces pays financent les campagnes électorales de leurs politiciens.

French Peacekeepers in Central Africa Allegedly Tied Up Girls and Forced Them Into Bestiality

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By Samuel Oakford

March 31, 2016 | 12:25 pm

The United Nations is investigating more than 90 cases of peacekeeper sexual abuse in the Central African Republic, including an incident in which a French military commander allegedly had four girls tied up and forced them to have sex with a dog, according to a new report by an activist group.

AIDS Free World, the same group that last year leaked initial reports of sexual abuse carried out by French and African forces in the country, said that the most recent incident occurred this Monday, when a Congolese peacekeeper allegedly raped a 16-year-old girl in a hotel.

The evidence published by AIDS Free World comes from internal UN sources. VICE News was unable to independently confirm the information, but the UN has not contested the accounts. Shortly after the group issued a statement on late Wednesday, the UN confirmed that it had widened the scope of its investigations in the Central African Republic, and said « the exact number and nature of these extremely troubling allegations are still being determined. » In a statement, the office of the spokesperson of the Secretary General said that the allegations centered on troops from Burundi and Gabon, as well as French forces deployed as part of a separate « Sangaris » intervention. All three countries, said the UN, had been informed of the allegations.

In December, a panel appointed by Secretary General Ban Ki Moon found that the UN’s responses to initial reports of sexual abuse carried out by French soldiers against children should be considered « gross institutional failures. » This week, it appears those early cases, which centered around Bangui’s airport and began shortly after the French arrived in the Central African Republic in late 2013, were only a drop in the bucket.

Related: The Saudi Coalition Killed More Than 100 Civilians in a Yemeni Market, Says the UN

According to AIDS Free World, the UN’s children agency, UNICEF, this month interviewed 98 girls in just one province, who all said they had been sexually abused by international peacekeepers — a description that appears to encompass both the UN mission itself, as well as the separate French deployment.

Three girls told a MINUSCA human rights officer that in 2014 « they and a fourth girl were tied up and undressed inside a camp by a military commander from the Sangaris force. » All four, they said, were « forced to have sex with a dog, » then were given the equivalent of around nine dollars.

« The fourth girl later died of an unknown disease, » said AIDS Free World in a press release. « One of the survivors said that she was called ‘the Sangaris’ dog’ by people in her community. »

The sheer toll of abuse uncovered by UNICEF staff has sent shockwaves through the UN. The incident attributed to French forces is also particularly alarming, as it suggests senior officials were involved in sexual abuse, which may have taken place in a central location with many witnesses.

On Monday, UN spokesperson Stephane Dujarric said that the organization had sent a delegation to Kemo prefecture to investigate alleged incidents dating from 2014 and 2015. The latest incidents, said Dujarric, involved peacekeepers from Burundi and Morocco.

Dujarric said that in just the first three months of this year, MINUSCA has fielded 25 separate allegations. The findings of the UNICEF team suggest the mission may now face more than one hundred open sexual abuse cases — a staggering toll for the UN, which until last year had trumpeted what it called progress in diminishing the prevalence of sexual abuse and exploitation.

In a statement released on Thursday, the UN’s human rights chief Zeid Ra’ad al-Hussein called the latest allegations « sickening. » Zeid’s office was heavily implicated in the panel report from December, which said his office failed to escalate the initial reports of sexual abuse and to notify national authorities.

« We are taking these allegations — some of which are particularly odious — extremely seriously, » said Zeid. « It is vital that the victims are protected and receive all necessary care. »

Related: UN Peacekeepers Accused of Rape Yet Again In The Central African Republic

The scandal in the Central African Republic has already seen the resignation of Ban’s former Special Representative and Head of the MINUSCA, Babacar Gaye, and the expulsion of an entire 800 strong contingent from the Democratic Republic of the Congo. The Congolese forces, which were already implicated in human rights abuses prior to their deployment under MINUSCA, were sent packing by Ban after multiple sexual abuse allegations. The latest allegations appear to involve other troops.

On Wednesday, France said it would finish its military intervention in the country by the end of this year. Initially deployed during a period of intense fighting between predominantly Muslim Seleka rebels and Christian anti-balaka militias, the Sangaris force has since become — like MINUSCA — synonymous with sexual abuse. French authorities say they are investigating the initial cases from late 2013 and early 2014, but have provided few details and have not announced any charges against soldiers. The French mission to the UN had not responded to a request for comment as of publication time.

Source: https://news.vice.com/article/french-peacekeepers-allegedly-tied-up-girls-and-forced-them-to-have-sex-with-dogs

Topics: central african republic, car, united nations, ban ki-moon, sangaris, aids free world, minusca, zeid raad al-hussein, unicef, africa, war & conflict

Ivoiriens, dormez en paix! Ahmed Bakayoko assure votre « Sékrité »

microbes

S’il est vrai que le poisson pourrit toujours par la tête, alors ce que nous avons actuellement à la tête de notre Dozoland est un vrai adjovan ; un vrai djekewra. Le Dozoland est un vrai pourrissement; et sa pourriture, il faut le reconnaître, découle du pourrissement moral de ceux-là même qui prétendent le diriger. Mais que pouvait-on attendre d’une cohorte de faiseurs de coups d’état, de braqueurs de banques, de génocidaires ? Ne serait-il pas normal qu’elle persévérât dans sa propension au désordre, au meurtre, à la frappe antidémocratique ? Aussi, d’Assuéfry à Bouna, en passant par Ferké, Dabakala, Duékoué, Nahibly, Dabou, Abobo, etc. les « microbes » de Dramane, grands comme petits, s’en donnent à cœur joie. La démocratie, nous ne cessons de le dire, est comme la charité bien ordonnée ; elle commence par soi-même. Il est tout à fait absurde d’attendre d’une personne qui n’a de vertus que celles de la pègre mafieuse qu’elle infuse une morale considérée à son entourage. Un pouvoir assis dans le désordre ne peut qu’engendrer le désordre! Heureusement, tout ça n’est qu’un temps: le temps des fous!

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Sous la dictature de dramane-Les Ivoiriens n’ont plus de pays

Réfugiés Lobis au Burkina Faso

Réfugiés Lobis au Burkina Faso

La politique dramanienne du « vivre ensemble chez les autres, mais sans eux » est en marche depuis le 11 avril 2011 et en passe de réussir. A tous les points cardinaux, les Ivoiriens sont persécutés, chassés et remplacés par des aventuriers venus d’ailleurs. A l’est, les Akans de Côte d’Ivoire fuyant les hordes meurtrières de dramane sont chaque jour humiliés dans des camps de réfugiés au Ghana et au Togo. A l’ouest, ceux des Wê qui ont pu échapper à l’armée ethnocide de dramane languissent dans des conditions avilissantes au Libéria. Au sud, les rares poches de sérénité qui ont résisté à la tempête génocidaire de dramane se dégradent chaque jour sous les violences islamistes et dozotiques. Et au nord-est, les Lobis, expurgés et expropriés par les Peuhls étrangers qui hier constituaient l’armée de dramane, s’exhilent par milliers vers le Burkina Faso. Jamais de mémoire d’hommes les Ivoiriens ne furent aussi retournés que le jour où la France leur imposa un apatride comme président. Jamais de mémoire d’hommes la Côte d’Ivoire n’appartint à tout le monde sauf aux Ivoiriens que le jour où dramane décida d’y poser ses valises. La politique dramanienne du « vivre ensemble chez les autres mais sans eux » est en voie d’achèvement pour le grand malheur des Ivoiriens. La Côte d’Ivoire se dépeuple de ses enfants par la persuasion des armes ; et le monde observe tout cela impassible.

Forgotten Victims of Terror

By DAN RUETENIK and MARGARET CHEATHAM WILLIAMS | Mar. 26, 2016 | 2:39

Before Brussels, a wave of terror attacks whipped through Turkey, the Ivory Coast, Yemen and elsewhere. But these events appeared to garner less international attention. We went there, and asked why.

http://nyti.ms/1Rs9491

Why are most African leaders always looking to the West? M. Frindéthié

slave mentalityWhy are African leaders always looking to the West to solve Africa’s internal problems when overwhelming evidence shows that Africa’s problems are first and foremost the consequences of the West’s will-to-domination?  This is simply because many African countries are still ruled by elites that have received most or part of their education from the debilitating colonial school system, either in the colonies, in the metropolis or through their progenitors. As such, they have been formed for the production and maintenance of European domination. Though some of them have managed to free themselves from the mental entrapment of colonialism, many still remain trapped in the stultifying psychological dependence on the West. Their Occidentalism is sometimes stomach-turning. They have internalized the negative discourses on blackness that have been the essential constituents of colonial secular as well as religious curricula, and which they now mirror in their daily dealings with Western economic and political operatives. Their allegiance is not to Africa. All they want is to please the West. They are seeking assurance from the West that they belong, that they are passable, acceptable. They would do anything to please the West. Their allegiance to the metropolis is pathological, because they have been ingrained with a slave mentality that causes them to identify their salvation in the West or anything that amounts to the West. Their neurotic condition carries deeply depressing effects for the development of the African continent. While they should be working at ways to pull Africa out of its misery, misery to which they have greatly contributed by their indolence and sick heroization of the West, instead, the black elites have their gaze turned toward the Occident, to which they holler: “Does anyone out there (in the West)  love me?”

Self-Flagellation or Why (some) Africans Hate African Nationalists, M. Frindéthié (first published in November 2012)

For centuries, Western Europe and its offspring, America, have organized the various scientific, political, economic, bureaucratic and ethical-religious disciplines that govern the lives of their peoples around a central order of discourse, a fundamental ideology that subsumes the primacy of individual interests over collective welfare: capitalism. Overvalued as the essential organizing principle in Western societies, capitalism successfully established the tyranny of the few that birthed it over the majority that endured it, mythologizing the rise to power of these few as epic and grandiloquent and mystifying their callous authority, their voracious appetite for profit accumulation and their take-no-prisoner moral code as measures of accomplishment. The greedier the progenitors of capitalism got, the more capitalism itself became a state of grace to be arrived at, and the more its principles were propagated in all ideological institutions—family, school and church being the preponderant ones—as honorable principles.

As the seventeenth-century slave traders grew prosperous in Europe and America from their dishonorable commerce, their sullied views and morals progressively became the standards to uphold, and it did not take long for their distorted sense of ethics to become the object of desire for most Europeans. The first capitalists of Western European and American societies established a center lodging a prominent minority, a center to which the marginalized majority could hope to belong someday only by surrendering its principles to the values of capitalism. For many on the periphery of capitalism, the way to reach out to the center of Euro-American capitalism was to voluntarily marginalize themselves geographically. Thus, in the aftermath of the Berlin 1885 Conference, many of them joined the crews of commercial ships toward the colonies; many enrolled in the foreign legions that would crush indigenous resistances in the colonies; many joined the colonial administrations that were to organize the power structure of the metropole in the colonies; and many others just packed their few belongings and left for the colonies, betting everything on good fortune. All, however, were resolute to strike gold and return in a few years to the center as nouveaux riches.

In the colonies, this heteroclite body of Euro-American adventurers, outfitted with the distorted moral principles of the rapacious center, rehearsed the center. The center’s attitudes became their attitudes, its values their values, and its suppositions their suppositions; but worst of all, the other, the colonized, became the object on which these mystified fortune-hunters would test their efficiency. The colonies became the site of evident racism, a racism whose preponderant organizing principle was profit accumulation. In the European scramble for unbridled wealth accumulation, racism was merely a means to the end. Racism allowed elimination of the dark other in the capitalist quest for profit; but above all, in that quest, racism allowed and rationalized commoditization of the other. A racist ideology developed in Europe and in America by a center eager to confuse the marginalized European and American masses on the real source of its economic and political power was transferred in the colony by the bamboozled adventurers and applied with expert efficiency. In the metropole, it was convenient for the center that the masses should believe that political and economic powers were attainable by any constituent of “God’s chosen race,” provided this constituent would abide by the center’s order of discourse as a natural ideology come down from the divine authority. A crooked clergy fattened by rapacious capitalists rationalized the supposed link between the gospel and the capitalist discourse of uncontrolled wealth accumulation. While the milky skin of the European was a virtual authorization to paradise, the colonized’s dark complexion was the divine declaration of his eternal damnation; but above all, it was the sign of the colonized’s divine assignation: He was to slave for the white. The black colonized became the other’s other, the other of the Euro-American capitalistic center’s other.

The various independence struggles in the colonies had profound meaning for the colonized as well as for the colonizer. Colonization, be it direct as the one instituted by the French or indirect as the English model, intended to deprive the native both materially and mentally. The primary aim of colonization was to siphon resources from the colonies toward the metropole; however, for this dispossession to take place without any hitch, the native had to be placed in a frame of mind to accept the ideology of domination. In the colonies, the colonial school—usually run by the colonial clergy—the colonial administration, and the colonial armies either persuasively or repressively produced and maintained the subaltern conditions of the native and even went so far as to teach the native to reproduce these conditions in the absence of supervision. In this context, the independence movement, sought to restore the native to himself by demythologizing the white and by demystifying his power. These movements were considered subversive by the colonizers, who resisted them and went to great length to undermine them with the help of some native informants trained in the art of self-mortification. Africa’s biggest challenge today is to grow in spite of the sabotaging acts of the nostalgic former colonizers assisted by their swarm of self-destructive native informants.

This challenge is significant, as it amounts to displacing the frame of reference that informs the judgments of the African elites. Colonization was not just about draining off wealth from Africa; it was also about physically beating the African in the fields and on the worksites, and mentally beating his brain to pulp in the colonial schools and churches in order to outfit him for the maintenance and perpetuation of the ideology of Western dominance. This enterprise of alienation worked so successfully that the first leaders of the newly independent African countries—many of whom are still in power today—govern their nations in the interest of the former colonizers. Whenever the Western frame of reference has been challenged by a few farsighted nationalists, whenever these nationalists have rallied enough support to imperil the Western influence on their countries, they have been simply eliminated by native hit men on the payroll of the rapacious Western interests, when their programs have not been sabotaged and their countries literally sacked and set on fire to confirm the propagated notion by a racist and self-centered West of the inability of blacks to govern themselves.

Despite the danger of obliteration, a few audacious African intellectuals have not hesitated to challenge the presumed natural center of globalization with its implied hegemonic agenda. Their task is daunting, as they face opposition both from within as well as from without. From within, they are targeted by the petite bourgeoisie that has prospered through destructive collaboration with the West. From without, they face opposition with a greedy West resolute to maintain its exploitation of Africa. In the daunting task that faces them every single day, the African nationalists deserve our admiration and utmost support

Suite aux violences terroristes de Grand Bassam, Ahmed Bakayoko a décidé de se faire … xénophobe, M. Frindéthié

bakayoko

Au lendemain de l’attaque islamiste sur le peuple de Côte d’Ivoire, Ahmed Bakayoko, notre Sherlock Holmes local, dont la superbe force de sécurité, plus habituée à casser de l’opposition et à piller qu’à protéger les Ivoiriens, est arrivée une heure après que les terroristes ont fermé boutique, occupée qu’elle était à finir un match de football sur cette RTI qui abrutit plus qu’elle n’informe, déclare péremptoire : «Mais ce que je veux dire, comme annonce importante, c’est que nous n’admettrons plus sur notre territoire, des personnes qui n’ont pas une pièce d’identité fiable et sécurisée. »

Eh oui ! Le mot est sorti : la Côte d’Ivoire, cet Etat CEDEAO qui n’a ni propriétaire, ni frontières, ni lois, mais qui est le moulin de tous les aventuriers du monde, telle une prostituée sans scrupules, s’ouvre, depuis septembre 2002, date du jihad de soro et dramane, à tout le monde et à n’importe qui. On y entre et en sort sans papiers, comme dans un marché.

Le Sénégal a ses lois, mais pas la Côte d’Ivoire. Le Burkina Faso a ses lois, mais pas la Côte d’Ivoire. Le Mali a ses lois, mais pas La Côte d’Ivoire. Le Gabon a ses lois, mais pas la Côte d’Ivoire. En Côte d’Ivoire c’est la loi du plus indiscipliné, du fort, du plus sale, du plus abject, du plus corrompu, du plus armé, du plus violent.

En Côte d’Ivoire, quiconque essaie de parler de sécurisation des frontières et d’une loi sur l’immigration est traité de xénophobe. C’est ainsi que le Président Gbagbo fut mis au pilori par nos « rattrapés » et que les Ivoiriens subirent les déflagrations des bombes françaises pour avoir exigé pour leur pays un minimum de respect pour la souveraineté nationale.

Aujourd’hui, voilà que les théoriciens de « la Côte d’Ivoire n’appartient à personne » exhortent à la sécurisation des « chimériques » frontières ivoiriennes. Nos théoriciens du « vivre ensemble chez les autres sans eux » seraient-ils soudain devenus, eux aussi, xénophobes ?

Nous avions prévenu depuis août 2015-La Côte d’Ivoire à la merci de la violence d’un islamisme radical? M. Frindéthié

SrikiePartout où les interventions militaires euro-américaines entreprises « au nom de la démocratie » ont eu lieu, elles ont favorisé la montée d’un islamisme extrémiste. Aujourd’hui, l’Irak, la Libye, l’Egypte, la Syrie, etc. sont devenus l’aire de jeu des fous de Dieu qui ont décidé de soumettre le monde à leur confession.

La Côte d’Ivoire aussi a connu la longue kermesse d’un islamisme intolérant, qui avait fait de certaines mosquées ivoiriennes les caches d’armes de la rébellion de Dramane, et qui, avec l’intervention de la France pour l’intronisation de Dramane, s’était arrogé le droit de casser du Chrétien et du non Musulman.

A l’heure où—osons le dire !—la branche islamiste la plus violente et la plus explosive de par le monde—la congrégation sunnite—traverse une guerre interne de positionnement en Côte d’Ivoire (http://www.connectionivoirienne.net/107529/cote-divoire-rififfi-man-les-sunnites-divises-entre-mahoukas-et-guineens), il ne manquerait plus, comme l’ont si bien remarqué des observateurs, que Boko Haram, dont certains leaders religieux glorifient déjà silencieusement la cruauté, propose à l’une de ces factions sa légendaire méthode de « résolution des conflits par la politique de la terre brûlée » pour que la gangrène islamiste radicale s’infecte pour de bon en Côte d’Ivoire.

Oui ! La Côte d’Ivoire n’a jamais été plus à la merci de l’extrémisme musulman qu’aujourd’hui, que depuis la prise armée du pouvoir par Dramane.

Ahmed Bakayoko … en coupé décalé

The « Saviors » of the Libyan People Just Can’t Agree on Anything these Days: Barack Obama says David Cameron and Sarkozy allowed Libya to become a ‘s*** show’

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Barack Obama has sharply criticised David Cameron for the UK’s role in allowing Libya to become a “shit show” after the fall of the dictator Muammar Gaddafi, in an unprecedented attack on a British leader by a serving US President.  

Mr Obama said that following a successful military intervention to aid rebels during the 2011 Arab Spring revolt, Libya was left to spiral out of control – due largely to the inaction of America’s European allies.

In a candid US magazine interview, Mr Obama said: “When I go back and I ask myself what went wrong… there’s room for criticism, because I had more faith in the Europeans, given Libya’s proximity, being invested in the follow-up.”

Singling out the British Prime Minister, he suggested that Mr Cameron had taken his eye off Libya after being “distracted by a range of other things”.

Mr Cameron and Nicolas Sarkozy, then the French President, pushed hard for the bombing raids on Colonel Gaddafi’s forces that led to his fall, but since 2011 Libya has sunk further into violence and civil war, and latterly has become a focal point for Isis in North Africa.

Mr Obama went on: “We actually executed this plan as well as I could have expected: We got a UN mandate, we built a coalition, it cost us $1bn – which, when it comes to military operations, is very cheap. We averted large-scale civilian casualties, we prevented what almost surely would have been a prolonged and bloody civil conflict. And despite all that, Libya is a mess.”

Referring to that mess in private, Mr Obama reportedly uses the more colourful term, “shit show”.

The comments will be a severe embarrassment to Mr Cameron, who has often been forced to defend British involvement in Libya on the grounds that Western intervention helped to avert a bloodbath. They will also place strain on the transatlantic alliance as coalition forces target Isis positions in Syria and Iraq.

Mr Cameron’s spokeswoman said he had frequently made clear that he still believed military action in Libya was “absolutely the right thing to do” and stressed that the Government had put support for the country on the agenda when the UK hosted a meeting of G8 leaders in 2013.

Speaking at length to The Atlantic, Mr Obama revealed that the Prime Minister had risked damaging the countries’ “special relationship” by delaying an increase in defence spending to meet a Nato target of 2 per cent of GDP. Alluding to Mr Cameron’s foot-dragging, Mr Obama said: “Free riders aggravate me.”

When the two came face to face at the G7 summit in June 2015, Mr Obama told Mr Cameron: “You have to pay your fair share.” The next month, Chancellor George Osborne’s summer Budget included a defence spending rise.

Mr Obama also said Mr Cameron’s failures had affected his decision not to enforce a “red line” over President Bashar al-Assad’s use of chemical weapons during the Syrian civil war. The President had planned a strike against Assad’s forces in August 2013, following a deadly sarin gas attack by the regime on civilians in a Damascus suburb. The strike was called off at the 11th hour. One “major factor” in the decision, the President said, “was the failure of Cameron to obtain the consent of his Parliament” for military action.

During his White House tenure, Mr Obama explained, he has tried to encourage other nations to act in international matters without always waiting for the US to take the lead.

“It was precisely to prevent the Europeans and the Arab states from holding our coats while we did all the fighting that we, by design, insisted” that they spearhead the Libyan intervention, he said, describing the strategy as “part of the anti-free rider campaign”.

Mr Obama also said Mr Sarkozy, who left office the year after the Libyan intervention, had been keen to “trumpet” France’s involvement. The White House allowed him to take disproportionate credit for the air strikes, thus “[purchasing] France’s involvement in a way that made it less expensive and less risky for us,” Mr Obama said.

Source: http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/barack-obama-says-david-cameron-allowed-libya-to-become-a-s-show-a6923976.html

C’est pas moi, c’est toi: Obama critique Sarkozy et Cameron pour leur rôle dans le «merdier» libyen

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Le président américain reproche à son ancien homologue français d’avoir essentiellement utilisé l’intervention de 2011 à des fins d’autopromotion.

C’est «Obama sans filtre», prévient Foreign Policy: l’entretien qu’a accordé le 44e président des États-Unis à Jeffrey Goldberg de The Atlantic, à l’occasion d’un long article consacré à sa doctrine en matière de politique étrangère, regorge de déclarations peu flatteuses pour certains de ses alliés (et aussi de commentaires critiques de certains dirigeants, comme Manuel Valls, sur la politique étrangère américaine). Sur la Libye, terrain qu’il qualifie diplomatiquement de «pétrin» et moins diplomatiquement, en privé, de «merdier», Obama critique ainsi, en termes plus ou moins voilés, la stratégie à courte vue dont il estime qu’elle a prévalu chez ses alliés, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron, qui n’auraient pas suffisamment réfléchi à l’après-Kadhafi:

«“Quand je me replonge en arrière et que je me demande ce qui a raté, m’a expliqué Obama, il y a de quoi être critique, parce que j’avais alors confiance dans les Européens, étant donné leur proximité géographique avec la Libye, pour s’investir dans le suivi de l’opération. Il a noté que Nicolas Sarkozy, le président français, avait perdu son poste l’année suivante, et que le Premier ministre britannique David Cameron avait vite perdu intérêt dans le dossier, “distrait par un tas d’autres choses.

Concernant la France, il explique que “Sarkozy voulait claironner à propos des vols que la France assurait dans la campagne aérienne, en dépit du fait que nous avions détruit toutes les défenses aériennes et pour l’essentiel mis en place toute l’infrastructure. Ce genre de vantardises était acceptable, selon Obama, car cela permettait aux États-Unis “d’acheter l’implication de la France de façon à rendre le tout moins coûteux et moins dangereux pour nous. En d’autres mots, créditer la France de davantage qu’elle ne faisait, en échange de coûts et de risques moins élevés pour les États-Unis, était un marché utile –sauf que “du point de vue de beaucoup de types dans le petit monde de la politique étrangère, eh bien, c’était terrible. Si nous comptions faire quelque chose, évidemment nous devions être en première ligne, et personne d’autre ne devait prendre la lumière.»

On trouve là un des points centraux de la doctrine Obama en matière de politique étrangère, consistant à déléguer une partie des actions internationales à d’autres pays afin d’éviter qu’ils fonctionnent en «passagers clandestins» de l’action américaine –ce qui lui a valu d’être accusé par ses détracteurs de lead from behind, «commander de l’arrière».

Comme le note de manière acerbe David Frum, un autre éditorialiste de The Atlantic (et ancien speechwriter de George W. Bush), ces piques envers Sarkozy et Cameron s’inscrivent dans le ton général de l’article, où Obama se montre très critique envers quasiment tout le monde, hormis Angela Merkel… et lui-même. Comme si la principale autocritique à laquelle se livrait le président américain était «de ne pas avoir anticipé les insuffisances des autres».

Source: http://www.slate.fr/story/115297/obama-libye-sarkozy-cameron

(Vidéos) CPI contra le Président Gbagbo et Blé Goudé (9 mars 2016)

Pour Simone Ehivet Gbagbo, Première Dame de Côte d’Ivoire

simone1Simone Ehivet Gbagbo

Bravo

Bien qu’en ce jour auguste de la femme libre

Un régisseur colonial de haine ivre

Derrière ses barreaux à t’astreindre aspire

Afin d’annihiler le combat que tu inspires

Bien frêles sont les murs de ta geôle

Que le souffle de ton serment fore

Et mille autres compagnes d’ardeur arme

Pour que s’estompent un jour les larmes

Simone Ehivet

Femme à la raison affutée

Au sourire fidèle

Au parler honnête

As-tu écho des clameurs de la rue

Tes geôliers démoralisés s’entretuent

En ce jour auguste de la femme libre

Ton ardeur dans mille cœurs vibre

Simone

Chapeau

(Vidéos) CPI contra Président Gbagbo et Charles Blé Goudé, 7 février 2016

 

The history of the Ivory Coast on trial at The Hague: Continuities in the opposition between the Houphouet’s and Gbagbo’s political thoughts, by Minister Justin Kone Katinan

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By Minister Justin Kone Katinan

               Barely a week after the beginning of the trial of President Laurent Gbagbo and Minister Charles Blé Goudé, the distinctive features of the history of the Ivory Coast are truly standing out. As it appears, this trial is actually the trial of the history of Ivory Coast since 1959. Three systems of governance are on trial at the ICC: Gaullism, Houphouetism and Gbagboism. They are the defendants and they are respectively represented by three individuals: Nicolas Sarkozy for Gaullism; Alassane Ouattara for Houphouetism; and Laurent Gbagbo for Gbagboism.

               In order to make this analysis easier to understand, we will only focus on two of the three systems of governance: Houphouetism and Gbagboism inasmuch as Houphouetism is the Ivorian copy of Gaullism.

               We should not forget that General de Gaulle, who was the great winner, on his own right, of WWII, was above all a great colonialist, who toiled to maintain the French colonial empire. As an army officer, he was also pragmatic. The Brazzaville Conference that he convened in 1944, way before the official end of WWII, exemplifies his pragmatism. This Conference allowed the continuation of colonialism by adjusting it to the post-WWII era. All the institutional and policy changes that De Gaulle introduced in the colonial system, first in 1946 with the la loi cadre, then in 1958, with the referendum on the creation of the Franco-African Community, and finally in 1960, with token political independences, were meant to keep the colonial system in place. Since then, Gaullism has been the backbone of Franco-African relations nicely called “FrançAfrique.” In reality, the Ivorian presidential palace is controlled remotely by Paris. A host of French advisers are dispatched to attend to African presidents and make sure they stick to the master plan drawn up since De Gaulle. Yet, this master plan is essentially based on two main tenets: state violence and the corruption of the African elite

               From this angle, the period 2011-2016 under the Ouattara regime replicates the 1959-1970 era under the Houphouet regime. The characteristics of the two periods are: repression of all dissent through imprisonments and murders of opposition leaders. Twice, in 1959 and 1963, Houphouët suppressed all forms of opposition within his own party by jailing or assassinating all those who dared disagree with his rule. The purge was achieved with the help of his French advisors. The goal thereof was to stifle any voice that called into question the French colonial order. The use of violence was coupled with the tactics of assuaging the conscience of the weakest link among the Ivorian elite through a system of corruption established and nurtured under the supervision of French experts, the perpetrators. Thus “pacification” by violence was accompanied by “pacification” by bribing the Ivorian political and intellectual class. Ultimately, from 1959 to 1993, the Ivory Coast produced many generations of elites, who were corrupt and fed on the illusion of material welfare that Houphouetism offered them. The corrupt elite were recruited from all the sectors of the Ivorian society. None was spared to the point that the sectors, which, by nature, were considered beacons of morality were in fact deeply corrupt. Within the army, the uniforms camouflaged an institution, which became unethical at an early stage. The intellectuals, especially the academics followed suit.

               Against this gloomy background, a man has tried to bring changes. Laurent Gbagbo, this is the name of that man, initiated a policy of change at various levels to end Houphouetism that he has been fighting since the 1970s. The opinions that his struggle crystallized grew larger over time. But they were not homogeneous. While the hardcore partisans sought to break completely away from Houphouetism, they admitted in their ranks individuals with diverse motivations. As a result, Houphouetism has been present in the attitude of a very large portion of the Ivorian population, who was indoctrinated over for half a century. When the FPI got in power, all the companions of Laurent Gbagbo did not have the same motivations. Some dreamed that they would take over the corrupt elite in power and become the new financial elites, obviously by carrying the same corruption. Soon, the hardcore leaders, who founded the FPI on the basis of a common ideal, were reduced to a minority. Having come to power in difficult conditions, President Laurent Gbagbo implemented a politics of openness, which attracted some of the dregs of the Ivorian society corrupted by Houphouetism. Taking advantage of a decade-long war situation, they became important elements of the Gbagbo administration. Yet all corrupt elites are always versatile; they cannot stand difficulties and they are avid of luxury and filthy wealth. They are willing to do anything to maintain this fake lifestyle. They have neither honor nor dignity. They sing with the rooster to praise the beauty of the starting day, and at night, they whistle like owls to praise the darkness of their conscience. They do not fit in the day and they do not fit in the night. They fit in all at the same time.

               When they were seriously challenged, the Houphouetist dregs inside the Gbagbo administration regrouped, consolidated their bases, according to their nature, to pledge allegiance to the new master and keep up with the fate of dregs, which are nothing but the residue of a liquid and are undrinkable. These dregs include youths, the elderly, women, men, civilians, soldiers, in fact all the components of decades-long disorganized, unethical and corrupt society. Ouattara has understood this reality, and no one can blame him for leaning on these dregs to entrench his rule on the Ivory Coast. As the saying goes, there is a buyer because somebody is selling.

In 1990, when Ouattara arrived in Ivory Coast, after he was hired by the Françafrique network to prepare the next generation of Houphouetism, he discovered that the political spectrum was sufficiently favorable to his political ascension. He took advantage of a solid training from those who conceived, designed and shaped the Ivorian society according to their will and against the will of the Ivorian people. Soon, Ouattara, with the support of his commissioners, saw that he could thrive in the Ivory Coast through corruption. The Ivorian society lent itself to such corrupt endeavor. So Ouattara took advantage of his privileged position as Head of the Ivorian government at full gear at the time when the Head of State himself was dying. In the Houphouetist system, the clients selling their conscience are numerous. The key people, who compose the regime in power currently in Ivory Coast were recruited, during this period in the 1990s from among the armed forces, academic circles, senior civil servants. They were candidates to easiness. In the process, the stronger supporters of houphouetism pledged allegiance to Ouattara because of the money he could access due to his privileged position in the government. In short period of time, Ouattara was able to bribe to his side a great deal of the PDCI and of the Ivorian society. From this point of view, Ouattara is the mirror of our Ivorian society modelled on houphouetism. This is the reason why Ouattara does not bother changing his governance. He just replicates Houphouet’s governance. Ouattara is building an illusory economy based on huge loans as Houphouet did during his reign. We are in the realm of delusive politics enhanced by French propaganda aimed at making the pseudo Ivorian economic success the reflection of a successful French foreign policy. As it glamorized there was an Ivorian miracle in the 1970s, the same French propaganda, using the techniques of cosmetics, seeks to make people accept the idea that Ouattara has made the Ivorian economy a success story. Because they were influenced by Houphouetism, a significant portion of Ivorians fall easily for this propaganda. Yet, ineffectiveness uses beauty to create an illusion.

               At the political level, the violent repression that the FPI has undergone reflects Ouattara’s desires to pacify the Ivorian political society as Houphouet did in the past. The imprisonments and assassinations of opponents just remind us of Houphouetism. Those who cannot endure the political violence that they are challenged with, choose to collaborate with the oppressors or yield to bribery.

               Therefore, should we be stunned that some generals of our army, which is itself the image of houphouetism-fed Ivorian society, are ready to testify against the man, who was their Commander in chief? Why do we think it is unfair that opportunistic and aimless young Ivorians will testify against President Laurent Gbagbo, after they swore to remain faithful to him, just to enjoy lunch or dinner with him? This is really what houphouetism is all about. The issue is not an individual matter. It is a collective matter of the entire Ivorian society.

The Team of Translators

Silence, on désapprend fièrement au Dozoland!

 

on désapprend!

L’an passé, en Côte d’Ivoire les étudiants en pharmacie et biologie de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan avaient dû manifester pour protester contre l’absence de matériel, ce qui empêche la validation de leurs cursus. Si leur situation s’est un peu améliorée, ce sont à présent les étudiants en médecine qui manquent de simples équipements de travaux pratiques pour obtenir leur diplôme, ce qui bloque la progression d’environ 1 500 jeunes.

Amphithéâtre VI, les 300 à 400 étudiants en médecine présents ne sont pas contents. Leur année d’étude ne peut être validée faute de matériel technique pour appliquer la théorie enseignée par les professeurs. Kouadjo Brin, secrétaire général national du Syndicat des étudiants en sciences de la santé (Syness) s’alarme : « C’est à peu près 1 500 étudiants que je vois bloqués, des étudiants qui sont tous paralysés par cette situation. »

A deux pas de l’amphi, Ismaël Diomande, étudiant en sixième année, nous fait visiter l’un des laboratoires de médecine, aussi neuf que vide : « On n’a pas de verrerie, encore moins de produits de dosage. Vous constatez de vous-même que ce laboratoire-là est vide. Il n’y a que des robinets. Je me demande même s’il y a de l’eau. » L’étudiant ouvre alors le robinet : « Voilà, il y a au moins de l’eau. »

La nouvelle ministre attendue sur cette question

Béatrice Mencé Nandjui, la doyenne de la faculté de médecine, a bien conscience du problème qui existe depuis la réhabilitation de la faculté, il y a maintenant quatre ans : « Dans l’urgence, nous avons besoin que deux laboratoires soient équipés. C’est le laboratoire d’anatomie et le laboratoire de biochimie. Nous avons besoin que ces équipements viennent pour pouvoir faire fonctionner les laboratoires. »

Les autorités ivoiriennes seront-elles capables d’équiper deux laboratoires pour que 2 000 étudiants de médecine valident enfin leurs travaux pratiques et puissent sortir diplômés ? C’est à cette question que la nouvelle ministre de l’Enseignement, ancienne présidente de l’université Félix Houphouët-Boigny, Ramata Ly Bakayoko, va devoir répondre dans les prochains jours.

RFI

(Vidéo) Bombardement du camp militaire français à Bouaké: L’ordre est venu de Chirac

Cynicism at the Head of the State: Jacques Chirac Deliberately Had French Soldiers and American Aid Worker Killed in Order to Activate “Regime Change” in Côte d’Ivoire

waddle

On February 23, French investigative judge Sabine Kheris requested from the public prosecutor of Paris that former French president Jacques Chirac’s ministers of interior, defense, and Justice be heard by the Court of Justice of the Republic. Michel Barnier, Alliot-Marie, and Dominique de Villepin are suspected of having participated in a macabre scheme where 9 French soldiers and 1 American aid worker were deliberately killed by order of Chirac to stir international outrage against President Laurent Gbagbo’s government and justify “regime change” in Cote d’Ivoire … French politicians are groomed to wallow in war, violence and corruption. This is one measure of French exceptionalism. France’s cynicism, indeed, can be of disconcerting morbidity.

Indeed, one of the events that precipitated America’s hostility against President Gbagbo’s government and helped consolidate France’s coalition against the elected Ivorian President in 2010 took place in the rebels’ stronghold of Bouaké. In effect, a year after the Marcoussis Agreements that had seen the composition of a “government of national reconciliation” in which France insisted that the rebels that attacked Gbagbo’s legitimate government in 2002 be fully integrated, little progress had been achieved in disarming the rebellion, reunifying the country, and restoring full civilian administration on the entire Ivorian territory as had been agreed upon.

In spite of enormous sacrifices consented to by the authorities of Abidjan, the rebel leaders (Guillaume Soro and Dramane Ouattara) continued to taunt the legal authorities. In fact, the rebels had established a parallel administration in the northern and western regions of the country, with their own taxation system networks, and were siphoning the agricultural and geological resources as well as racketeering in the population through a plethora of occult passage fees on the northern roads. So, in early November 2004, President Gbagbo decided the time had come to end the partition of his country and halt the bleeding of the Ivorian economy by taking decisive military action. He set about weakening the rebels’ positions with airstrikes and had the infantry move in next. He called on President Chirac to inform him of his intention. According to former French Ambassador Gildas Le Lidec, a furious Chirac scolded Gbagbo like a master would a schoolchild. In an audition he gave in his jail cell at The Hague, Gbagbo described his conversation with Chirac as being very hard: [Chirac] asks me what I am thinking. He is shocked that my army wants to attack the rebels. I say “don’t you think it’s normal? These people stifle us, do not respect the agreements.” I add that he did nothing to disarm them. Our conversation was very hard. I do not know who hung up first but it was very hard. I learned later that Barnier [French Foreign Minister] told Chirac that he had gone too far; that he did not have to talk to me like that.9

Chirac’s paternalistic posture and his evident bias in favor of the rebels reinforced Gbagbo’s resolve to take his responsibilities as the leader of a sovereign country. On November 6, 2004, two Ivorian Sukhoi 25’s flown by two Byelorussians pilots, Barys Smahine and Yuri Sukhos, assisted by Ivorian Lieutenant Colonel Ange Gnanduillet and Lieutenant Patrice Oueï, took off for Bouaké and heavily bombarded the rebels’ positions, weakening their military infrastructures. Around 1:30 p.m. the planes made a second round in Bouaké, then one of them circled the French military camp established on the ground of Lycée Descartes once. On its second pass, it dropped its rockets on the camps, killing nine French soldiers and one American humanitarian worker and wounding 39 other people.

Immediately, and quite understandably, all fingers pointed at President Gbagbo as having ordered the killings. After all, it was his plane and his army, and it was now no secret that he had launched Opération Dignité, whose objective was to end the protracted rebel occupation of the north and reunify the country. Nevertheless, did Gbagbo actually order the attack on the French camp? What would he gain by making such a move? When passions quieted down and cool headedness returned, the facts started to tell another story. It became increasingly clear that the victims of the Bouaké bombing were all the collateral damages of a sinister ploy by the French authorities to indict and attack Gbagbo and operate a regime change.

The Bouaké attack was supposed to be a controlled blunder attributable to Gbagbo. Unfortunately, the plot did not work as planned, and the controlled gaffe eluded its planners. Years after the attack on the French camp, those who really sought to understand how it happened, such as Jean Balan, a lawyer representing 22 of the victims in the bombing, were unambiguous in charging the French authorities with orchestrating the airstrike. Mr. Balan’s difficulty in getting the French authorities to cooperate in resolving the issue, crossed with his own findings, led him to conclude that the Bouaké attack was a conspiracy by the Elysée to use French soldiers as pawns in a macabre game to justify a war against Gbagbo: “I accuse the political authorities of the time of sabotaging the investigation by all means possible. The victims are nothing but the collateral damages of a very dangerous and ill- managed game by the French President [Jacques Chirac] to set his scores with Laurent Gbagbo.”10 After having questioned hundreds of witnesses ranging from low-ranking soldiers to generals who had been subpoenaed by two judges of the Military Court of Paris and later by Judge Sabine Kheris of the District Court of Paris, Balan confidently stated, “The facts are established today. The attack against the French camp was deliberate, but the deaths were not intentional. The objective was to find a reason to get rid of Gbagbo…. Today, no one denies the evidence. They just try to avoid the question or obstruct justice.”11 Like Balan, French General Henri Poncet, who was in charge of the French operations in Côte d’Ivoire at the time of the event, stated unambiguously that the deaths of the French soldiers were an orchestrated bungle by the French authorities which did not go as planned. The expression General Poncet used before a judge of the army court was that it was “a manipulated blunder.” For French pilot Jean-Jacques Fuentes, the Byelorussian pilot of the Sukhoi that fired the rockets on the French camp had received contradictory orders directly from the Elysée asking him to shift targets and hit the French camp instead.12 The French authorities, as the investigations revealed, were closely informed of the itinerary and objectives of the operation. Gbagbo’s army Chief-of-Staff, General Mathias Doué, kept the French authorities au fait of the details of Opération Dignité to ensure that the airstrikes would not cause any French casualties.

On November 6, 2004, at the time of the strike the officers’ mess was supposed to be empty, and the French authorities bet on a strike without casualties, which would be good enough pretext, all the same, to pin down Gbagbo. Unfortunately for them, nine French soldiers and one American humanitarian worker, unaware of the deadly game of chess being played by the French authorities, had unexpectedly taken refuge under the porch of the mess. The French authorities’ attempt to obstruct the emergence of truth on the matter started in the very hours that followed the attack. Upon their landing in Yamoussoukro, rather than being arrested by the French soldiers that guarded the airport, the Byelorussians were instead surreptitiously put on a bus with 15 other of their compatriots working as mechanics for Gbagbo’s army—whom General Poncet had arrested and was hoping to question—and exfiltrated out of the country towards Togo. In Abidjan, General Poncet was ordered by his superiors in Paris to let them go free. In Togo, the mysterious travelers’ suspicious behavior alarmed the Togolese Interior Minister, who ordered their arrest and immediately contacted the French intelligence services representative in Togo. For ten days the Togolese Interior Minister had the suspects in custody. He understood that Paris wanted nothing to do with them. So, he too let them leave and never heard from them again.

When the French Foreign Affairs Minister-become-Interior Minister, Dominique de Villepin, was questioned by the judges on the issue he simply acted dumb and explained that he knew nothing about the affair, absolutely nothing. For Balan, it is as if de Villepin had suddenly never heard of Côte d’Ivoire: “He knows nothing, nothing at all. Listening to him, it is as if he had never heard of Côte d’Ivoire.” French Defense Minister Michèle Alliot-Marie justified the release of the suspects by the fact that there existed no international warrant allowing France to question them, to which the victims’ lawyer retorted as follows: “Michèle Alliot-Marie lied deliberately … [and] the case would have been quickly resolved if from the beginning the French authorities had allowed justice to run its course. The juridical context existed.” And, indeed, the context for questioning the suspects existed. French law had three arsenals for bringing them to justice:

First, the Pelchat law of April 14, 2003, which represses the activity of mercenaries. Secondly, Article 65 of the Code of Military Justice provides that are amenable to the Army Court all perpetrators or accomplices of an offense against the French armed forces. Finally, Article 113-7 of the Criminal Code states that French criminal law is applicable to any crime committed by a foreigner outside the territory of the Republic when the victim is a French national.13

Were the French authorities really interested in finding the truth, they could have activated any one of these juridical arsenals available to them and retained the suspects for questioning. Instead, they put the suspects on a bus and maneuvered to get them out of Africa.

The fact that the original plans went terribly wrong did little to curb the French authorities’ intention to remove President Gbagbo from office. Au contraire, in the hours following the manufactured attack, in a sinister turn of events the bungled controlled bungle gave the French authorities even greater justification to carry on their seditious endeavor. In Yamoussoukro and in Abidjan, French soldiers executed Chirac’s order to destroy Côte d’Ivoire entire army’s planes on the ground, a decision that undermined the Ivorian Defense Force’s ability to defend its territory from the rebellion and strengthened the latter’s position.

On the night of November 6, a human tide of angry young patriots decided to walk to the French army camp in Port- Bouët to protest the French army’s destruction of the Ivorian defense infrastructures. Over the two bridges that link the northern suburbs of Abidjan to the southern suburbs, French helicopters were positioned, waiting for them. As the first wave of the crowd reached the middle of the bridges, they were greeted with live rocket fire. Many died of bullet wounds. Many panicked and jumped to their deaths. To this day, it is difficult to know how many people perished in the savage attack. On November 8, in the heat of the popular protests against the French army’s carnage on the young patriots, a convoy of French tanks coming from Bouaké was supposedly sent to Abidjan to secure the Hôtel Ivoire, a location where French citizens were said to be gathering for imminent evacuation. The Hôtel Ivoire is the tallest and most unmistakable building in Abidjan. It is located on Boulevard Latrille, one of the largest boulevards of the Ivorian capital, in the affluent suburb of Cocody. Allegedly the tank convoy “got lost” and, coincidentally, ended up in a much smaller street, right in front of the gates of President Gbagbo’s official residence. The fable of the “lost regiment” was another manufactured blunder by the Chirac regime, whose aim was to remove President Gbagbo and find a “convenient” substitute, the international community’s poster boy, that is, Dramane Ouattara. While Ouattara was patiently waiting for the plot to be fully cooked up, Gbagbo’s prospective temporary replacement, army Chief-o f-Staff Mathias Doué, was said to be in one of the lost tanks, ready to take over. Doué, it was expected, would briefly take power after the coup, put in place a transitional government and within six months organize a presidential election that would result in Ouattara’s landslide victory. It was to be a repeat of Gueï’s regency, but this time with a tightly guarded result by the French authorities. Doué was going to do what Gueï refused to do. He was going to put Ouattara in the Presidential Palace. This nth plan to topple Gbagbo failed. On November 8, 2004, thousands of young patriots, who had been alerted of the rolling tanks from Bouaké, had sensed the coup in preparation and had formed a human barrier to protect the Presidential Palace. Evidently their suspicion was right, given the final destination of the regiment. However, the French army would not retreat without satisfying its thirst for Ivorian blood as, once again, at the Hôtel Ivoire, the French army shot and killed scores of young Ivorians without the international community’s uttering a peep.

Years later, the explanation to cover the attempt to remove President Gbagbo would be a rosary of incongruities. In May 2010, Michèle AlliotMarie stated under oath to Judge Sabine Kheris that the column of tanks that “lost its way” and ended up in front of the Presidential Palace was going to secure the residence of the French Ambassador, which was contiguous to Gbagbo’s residence. Her statement was contradicted by General Poncet and the officer whose mission was to guide the column. While General Poncet explained that the French guide panicked and got lost on his way to Hôtel Ivoire, the French guide stated that, indeed, he got lost on his way to Hôtel Ivoire, but not because he panicked. His GPS instruments panicked and gave him false information. It was General Poncet’s deputy, General Renaud Malaussène, who finally stopped the runaround and told the truth about the events of November 6–8, from the attack on the Bouaké French military camp to the story of the “lost tanks”: There was a political project in place to install Ouattara and get rid of Gbagbo, who was an intelligent, cultured, and refined man, who had weathered many crises, and who, deep in his heart, loves France…. I am convinced that it was not Gbagbo’s intention to kill any French soldier. Someone in his entourage took that initiative without his knowing…. I believe that the presidential camp fell in a trap.14

The political project to put Ouattara in Gbagbo’s place finally succeeded on April 11, 2011, because a spineless Ban Ki-Moon and a weak Obama in search of gumption blindly followed Sarkozy in his illegal Ivorian adventure. Today, Gbagbo is sitting at the International Criminal Court under false accusations while in Côte d’Ivoire a dictatorship propped up by the international community is festering in the Ivorian social fabric.

Régina Yaou: grande écrivaine du compromis, M. Frindéthié

Penser l’unique dans le système, l’y inscrire, tel est le geste de l’archi-écriture : archi-violence, perte du propre, de la proximité absolue, de la présence à soi, perte en vérité de ce qui n’a jamais eu lieu, d’une présence à soi qui n’a jamais été donnée mais rêvée et toujours déjà dédoublée, répétée, incapable de s’apparaître autrement que dans sa propre disparition–DERRIDA, De la grammatologie, 164-65.

 

LA SIGNATURE DU GRIOT – qui, comme nous l’avons maintes fois écrit, n’est plus la signature du Djeli ou du 51816MRDVYL__SX298_BO1,204,203,200_Quimboiseur, mais plutôt ce qui apparaît comme le résultat d’un coup de force, d’un acte de déception, d’une falsification, d’un faux et usage de faux – semble avoir déterminé le champ de l’écriture francophone. Cependant, cette fausse signature, qui veut se faire le signe d’une hétérogénéité unifiée, cette signature griotique par laquelle se maintient un ordre du discours dit authentique, sera mise à l’épreuve dans une autre colonne de l’écriture féminine francophone ; une colonne que, pour la convenance de la désignation, je nommerai ici l’écriture du compromis.

Une lecture patiente de Le Prix de la révolte (1997) de Régina Yaou, y révélera cette sorte d’ironie par laquelle le pur est toujours déjà empreint de l’impur ; par laquelle – pour emprunter ces termes derridiens – « à l’intérieur de la clôture, par un mouvement oblique et périlleux […] se laisse entrevoir, encore innommable, la lueur de l’outre-clôture » (Grammatologie, 25). L’on retrouve, en effet, chez Yaou un geste blasphématoire envers le sacré, un joyeux engagement avec l’interdit, qui fait se mouvoir l’immobilité fondatrice du socius, jusqu’à étendre ad infinitum le champ de l’admissible, mettant par-là même en péril l’autorité rigide de la patriarchie, qui, à défaut d’une ambition transcendantale naguère caressée, désormais, se contente volontiers d’un rêve quasi-transcendantal.

Les notions de transcendantalité et de quasi-transcendantalité telles que je les utilise dans le contexte de l’analyse du roman de Yaou évoquent, respectivement, la volonté de domination de la patriarchie qui ne règne qu’en éliminant toute dissension, qu’en préservant l’édifice de l’intériorité pure de toute extériorité contaminatrice et le fait inévitable que dans l’édifice de l’intériorité même sont toujours déjà présents les signes de l’extérieur ; que le désir du sujet de rester pur est toujours déjà la reconnaissance de son impureté. La contradiction du pur comme étant déjà impur, de l’intérieur comme étant déjà à l’extérieur et vice versa, émaille, sous diverses appellations, les projets déconstructionistes de Derrida et schizo-analytiques de Deleuze et de Guattari. Chez Derrida, ce paradoxe apparaît parfois sous le nom de l’opposition de l’originaire et du dérivé, du propre/ authentique et de l’impropre/ inauthentique, de l’énoncé prescriptif et de l’énoncé descriptif[i] ; parfois aussi, cette énigme se dissimule sous la désignation du contraste (emprunté à Nietzsche) entre l’homme supérieur “abandonné à sa détresse avec un dernier moment de pitié” et le surhomme qui “s’éveille et part sans se retourner sur ce qu’il laisse derrière lui . . . brûle le texte et efface les traces de ses pas” (Marges de la philosophie, 163). Chez Deleuze et chez Guattari, cette incongruité est l’antagonisme entre le régime de la reproduction, de la représentation, de la castration et l’ordre de la production de production du désir[ii] ; c’est l’opposition entre l’arbre qui est généalogie et le rhizome qui est anti-généalogie[iii]. A travers le désir intense de leurs protagonistes de s’ouvrir, au-delà des injonctions d’un socius masculiniste rigide, à la multiplicité, Rebelle de Keïta et Le Prix de la révolte de Yaou illustrent, de façon tangible, cette tension de l’intérieur et de l’extérieur, du généalogique et de l’anti-généalogique.

Le Prix de la révolte est, comme l’indique le titre du roman, l’histoire d’une rébellion et ce qui en découle. En effet, après le décès de son époux Koffi Mensah, Affiba (l’héroïne du roman) s’oppose à la tradition akan (un groupe ethnique du sud de la Côte d’Ivoire) qui exige que la veuve soit dépouillée des biens de son mari et rendue à ses parents, afin que les neveux et les nièces du défunt (précisément les enfants de sa sœur, car il s’agit ici d’une société matriarcale), plutôt que ses propres enfants, héritent de tout ce qu’il a laissé.

Cette tradition est censée assurer, sinon l’intégrité du nom du père, du moins, la continuité de son autorité à travers l’héritage qu’il laisse à ceux qui sont indéniablement le sang de son sang (les enfant de sa sœur, c’est-à-dire de la fille de sa mère) plutôt qu’à ceux qui pourraient être liés à lui par l’effet d’une déception (par exemple la progéniture d’une femme infidèle). L’ambiguïté de cette tradition vient de ce que, pour persister, le Nom-du-Père a besoin de la présence-de-la-mère ; or, c’est cette présence-là même que le père doit minimiser, effacer, et éliminer, afin que soit préservé son nom. C’est la présence-de-la-mère qui donne au Nom-du-Père son autorité et sa suffisance. Paradoxalement, la femme qui donne au nom du père sa raison d’être n’est perçue (instituée) par celui-ci qu’en tant qu’elle est à la périphérie de l’institution, c’est-à-dire, hors de ce qui donne au nom sa signification sociale.

Plusieurs analogies peuvent évidemment se dégager de ce paradoxe : au sein du système de représentation où la nécessité de préserver sa trace prend chez l’homme une mesure excessive, où l’homme se trouve hanté par la trace de son passage dans l’histoire, où l’homme est terrifié par la simple idée que son passage pourrait ne pas être remarqué, pourrait ne pas laisser de trace du tout, la femme à l‘écart devient l’un des surnoms de cette trace ; elle devient l’archi-trace, le nom de ce qui, dans le système de représentation même qui veut la mettre au rebut de ce système, qui veut l’y inscrire seulement en tant qu’elle y est absente, l’y marque comme un rébus, l’y inscrit comme une énigme, marque la place de sa présence, d’une absence-présence, d’une présence qui n’est qu’en vertu de son absence, et donc qui fait de son absence un acte performatif – lorsque la femme dit “je m’efface” l’homme est.

Mais pour que l’homme soit, il faudrait que la femme fût d’abord, qui s’efface ensuite. En s’annonçant comme signe occulté, en dissimulant sa présence, la femme, comme archi-trace, permet tout rapport de l’un à l’autre, toute relation de la présence à l’absence, et partant, toute possibilité d’une présence de l’un contingente à sa propre absence (comme absence d’une présence qu’elle n’a rendue possible que par son occultation de soi)[iv].

L’archi-trace est donc le surnom d’une fausse trace, le nom d’un faux nom propre, d’un nom propre qui ne peut être propre, qu’en effaçant la condition même de sa possibilité comme nom propre et unique, ou qui, en retenant la condition de son apparition, admet son impropriété, sa non-unicité, c’est-à-dire, la multiplicité qui réside en lui. L’archi-trace, la femme, est le symptôme d’un malaise – d’un mal être -, le malaise du Nom-du-Père, de la possibilité de son improbabilité, de l’éventualité d’être toujours déjà contaminé, habité d’une multiplicité[v].

Pour Yaou, dévoiler le caractère impropre du nom propre du père, montrer comment il est d’ores et déjà pénétré et structuré par mille intensités autant féminines, infantiles que masculines, revient, non seulement à révéler l’importance de la féminité dans la société qui est régie par ce nom, mais aussi et surtout, à exiger de cette société une justice de droits égaux pour la femme. Tout au long de Le Prix de la révolte l’objectif de Yaou est de raviver les cendres anti-absolutistes qui couvent au sein de toute flamme absolutiste, qui sont peut-être, non pas seulement les vestiges du feu, mais le feu même qui nourrit cette ambition transcendantale. En d’autres termes, il s’agit de montrer que ce qui dans toute société permet à la tradition de se propager au fil des générations ouvre aussi cette tradition à une dissémination de valeurs qui menacent de court-circuiter la transmission de valeurs dites authentiques.

Le geste de la femme qui dégonfle l’ambition absolutiste de l’homme n’est jamais exécuté de façon malicieuse, c’est-à-dire dans la simple intention de ridiculiser l’homme, mais plutôt en désespoir de cause, après maintes concessions par la femme, après que l’homme a manqué de saisir la volonté de réconciliation de la femme et sa recherche du compromis. La recherche du compromis demeure le cri de bataille premier d’Affiba; et c’est seulement lorsque l’homme, aveuglé par sa volonté de domination, refuse toute négociation, que la femme décide d’exposer les faiblesses de celui-ci. Cela se voit au début de Le Prix de la révolte lorsqu’Affiba dérange le protocole traditionnel et organise les obsèques funéraires de Koffi. C’est après s’être pliée en vain aux exigences de la tradition Akan – qui demande que les funérailles du défunt mari soit prises en charge par les parents de celui-ci – que la veuve de Koffi, après que les parents de Koffi ont refusé toute communication avec elle, décide enfin, “de prendre les choses en main” :

Elle avait attendu deux, trois, quatre jours, une semaine. Le vieil Ezan [son père] avait alors conseillé à Affiba de songer à ce qu’il y avait lieu de faire. Une délégation avait été envoyée chez les parents du défunt, en pure perte. Affiba, quoique peinée, avait choisi de prendre les choses en main […] En l’espace de quarante-huit heures tout avait été réglé. (7)

En prenant l’initiative d’organiser les funérailles de Koffi, Affiba investit un champ de performativité dit masculin. Elle s’arroge un droit supposé mâle ; rappelant par-là même à tous ceux qui feignent de croire que ce droit est une prérogative divine, que c’est un fait de culture, et que la soumission de la femme à l’ordre du discours qui lui demande de s’effacer au profit de l’homme est contingente à la situation économique et sociale de la femme traditionnelle maintenue dépendante de l’homme par un régime phallocentrique qui lui a historiquement fermé les portes d’accès à l’éducation et à la propriété privée.

Tout au long du conflit qui l’oppose à ses beaux-parents qui ne demandent qu’à la déposséder, Affiba essaie de leur faire comprendre que, bien qu’elle ne l’ait jamais laissé paraître, les richesses de Koffi ne lui appartenaient pas à lui tout seul ; qu’ensemble son défunt mari et elle les avaient gagnées au prix d’un dur labeur, de beaucoup de sacrifices et de nombreuses privations ; qu’elle avait travaillé dur, d’abord en France, entre ses cours, et ensuite en Côte d’Ivoire, après ses études, pour que Koffi Mensah, ses enfants et elle vivent dans le confort et la sécurité financière. Elle était plus qu’une femme sans ressources qui attendait que tout lui vienne de son mari. Elle était la partenaire de Koffi ; et son éducation lui garantissait un emploi bien rémunéré qui lui permettait d’être pour son mari aussi bien une compagne qu’une alliée sur qui il pouvait compter en temps de vaches maigres. Femme éduquée et financièrement indépendante, elle estime que les coutumes révolues qui jettent la veuve à la rue une fois le mari mort sont sans rapport à sa situation. Aussi est-elle résolue à ne pas fléchir à la demande rigide de son beau-père, le vieux Mensah.

Participer à la lutte de libération de la femme noire est le combat d’Affiba, l’héroïne de Le Prix de la révolte, qui a jonglé études et travaux manuels pour aider son mari, seulement pour se retrouver, une fois celui-ci mort, sur le point d’être dépouillée par ses beaux-parents au nom d’une loi ancestrale. Au-delà de ses apparences subjectives, la lutte de l’héroïne est une super-lutte. Elle est le combat contre l’oppression généralisée des femmes fondée sur une opposition binaire, précisément sur la distinction des sexes masculin et féminin.

Cependant, la victoire de la femme n’implique pas nécessairement un renversement de la situation par laquelle, les derniers deviennent les premiers. Il est moins question pour la femme de répéter l’injustice de l’homme que de faire éclater les termes de la différence sur laquelle est fondée cette injustice. Il s’agit de démontrer que l’opposition fondatrice qui garantit la loi de la supériorité de l’homme étant une fausse opposition, cette loi elle-même perd toute légitimité.

Dire que la femme se trouve toujours déjà dans l’homme et vice versa ne revient pas à dire que les différences sexuelles sont inexistantes ou encore moins qu’à la place des sexes féminin et masculin, il faudrait réifier un troisième sexe neutre. Il s’agit ici plutôt d’un paradoxe fondamental par lequel dans toute opposition binaire, le terme privilégié, par un effet d’hypocrisie métaphysique, ne tire sa prédominance que du terme dit inférieur. L’adage presqu’universel qui dit que derrière tout homme à succès se trouve une femme forte ne résume-t-il pas ce paradoxe ? Or l’homme n’a-t-il pas fait de cet adage sa devise seulement pour s’en servir malicieusement contre la femme ? Seulement pour l’arrêter à jamais dans l’ombre de son succès ? Pour légitimer la périphérie comme sa place à elle, et le centre sa place à lui ? Pour refuser tout compromis avec elle ?

La métaphore de la femme/ mère comme déjà, trace, écart, archi-trace, anti-généalogie, est aussi l’analogie d’une plus grande réalité ; la duplicité génératrice, qui, au sein de la distinction homme/ père versus femme/ mère, nomme la femme seulement pour la dévaloriser est l’allusion d’injustices sociales et idéologiques omniprésentes dans les communautés humaines en générale, et dans la communauté de Yaou en particulier. La restauration de la femme dans une économie du compromis est une allusion à l’équité générale. Chez Yaou le site de la lutte pour la reconnaissance des droits de la femme est la société traditionnelle akan.

Le livre de Yaou est aussi un appel à l’union. En effet, dans la dialectique du pur et de l’impur qui divise les Ivoiriens depuis des décennies et que les manipulateurs idéologiques ne ratent aucune occasion d’exacerber, Les Malinké, qui sont arrivés par le Nord de l’actuelle Côte d’Ivoire, poussés par l’invasion marocaine du seizième siècle, sont l’antithèse des Akan du sud et du centre, qui eux ont immigré en vagues successives de l’actuel Ghana entre le quinzième et le dix-huitième siècle.

Dans sa résistance contre le Vieux Mensah, gardien de la tradition qui l’assujettit, symbole du pouvoir de la patriarchie, Affiba a besoin d’alliés forts qui soient eux-mêmes les produits de synthèses disjonctives socioculturelles et transnationales. Cette synthèse, Affiba/ Yaou la forge à plusieurs niveaux. Au niveau national, Yaou reconsidère les rapports entre les Nordistes (Malinké) et les Sudistes (Akan) en faisant d’Ismaël Koulibaly, le Malinké, non seulement l’allié le plus sûr d’Affiba, mais aussi et surtout l’un des architectes de la réconciliation entre Affiba et ses beaux-parents. Une oreille sage à l’écoute des deux familles protagonistes, une passerelle entre le clan du Vieux Mensah et celui d’Affiba, Le commissaire Ismaël Koulibaly lui-même en arrivait à se demander “si ces dernières années, il avait vécu pour autre chose que pour aider à résoudre les problèmes qui se posaient à la famille de son ami décédé” (Le Prix, 205). Monsieur N’cho, celui qui permet à Affiba d’acquérir son indépendance économique, le directeur général de la West Africa Insurance Company, est le produit d’une synthèse transnationale. Éduqué aux États-Unis, où il passa douze ans, “il avait ramené une femme très belle, et des manières on ne peut plus […] cordiales” (68-69), qui tranchaient avec la raideur et la froideur de la bureaucratie ivoirienne, produit de l’administration française. Par ailleurs, Monsieur N’cho n’hésitait pas à déterritorialiser la langue française à un coefficient à donner l’apoplexie aux puristes de l’Académie, la greffant d’inflexions américaines, en faisant une langue nomade, comme s’il se réjouissait de voir la tête qu’en feraient les inspecteurs de la culture française qui croyaient avoir transformé cet Akan en bon agent de la France :

Bonjour monsieur N’cho.

– Bonjour, ma petite madame […] By the way, comment va le jeune Mensah ?

– Beaucoup mieux, Monsieur N’cho. Et votre Voyage à San Francisco ?

– Wonderful, marvellous!

– Je suis venue vous demander de faire préparer mes papiers, je pars en congé.

– En congé ? My goodness! Mais il y a des mois que je vous suppliais d’y aller, en vain. Maintenant que j’ai besoin de vous […]. (68-69)

Bien qu’il “appelait ses collaborateurs par leur prénom, les tutoyait […] et exigeait […] qu’on l’appelât Jérôme”, Monsieur N’cho était en réalité “un homme d’affaires très avisé et très féroce”, qui avait monté sa compagnie d’assurance au cours de plusieurs années de dur labeur. Il savait reconnaître le travail bien fait et n’hésitait pas à en promouvoir l’auteur. Il avait placé toute sa confiance en Affiba et lui confiait, plutôt qu’à Konan, les tâches les plus précieuses.

Cependant, en dépit de toute sa bonne foi, Monsieur N’cho lui-même est obligé de composer avec une société ivoirienne dont le code du travail manque de provisions strictes pour la protection de la femme. Affiba doit faire mains et pieds pour obtenir ce qui devrait automatiquement lui revenir de droit, ses congés annuels et de maternité : “Affiba se souvient qu’au moment de la naissance de Loïc, il avait fallu la colère de son mari pour qu’enfin N’cho consentît à lui donner son congé de maternité” (70). Yaou pose, de ce fait, un regard critique sur les conditions de la femme ivoirienne en particulier, et africaine en général, qui à l’aube du vingt-et-unième siècle, doit encore évoluer dans un espace professionnel pris dans les mailles d’un état d’esprit masculiniste moyenâgeux. Konan, le collègue et ex-amant d’Affiba, qui a du mal à concevoir les limites entre les rapports professionnels amicaux et le harcèlement sexuel, est sans doute une belle métaphore de cette déficience morale :

Bonjour ma colombe dit [Konan], en voyant Affiba.

– Bonjour Konan, répondit Sèchement Affiba. Sa colombe!

– Alors te revoilà, fit-t-il en la prenant par la taille.

– Bas les pattes, Konan, ordonnant Affiba en le repoussant avec violence. Tu m’agaces. Tu sais ce que cela veut dire au moins ? (70)

La position de Yaou ne doit pas être méprise comme une adoption simpliste du voyage.

L’auteur de Le Prix de la révolte n’insinue pas qu’un simple voyage dans l’espace de l’autre nous ouvre l’esprit et nous permet de comprendre le monde autrement qu’à travers une perspective étroite. En effet, le plus grand des voyageurs peut demeurer plus aveugle que le plus endurci des sédentaires. Conrad, Albert Schweitzer et Frobénius n’étaient-ils pas tous des voyageurs ? Mais Achebe ne nous rappelle-t-il pas que ces voyageurs-là ont beaucoup plus à nous apprendre sur leur étroitesse d’esprit que sur les terres étrangères qu’ils ont visitées[vi] ? D’ailleurs, le Konan de Yaou n’est-il pas iconographique ? N’est-il pas

illustratif d’un certain Konan, l’ex-président ivoirien, qui en dépit de nombreuses années passées dans les universités étrangères, revint à son peuple plus aveugle aux changements du monde qu’il ne l’était auparavant ?

Ce que suggère Yaou, c’est que ce n’est pas tout de voyager, mais plutôt de s’enrichir de ses voyages, de se laisser pénétrer – que l’on soit physiquement sédentaire ou pas – d’intensités nouvelles, de vibrations étrangères ; le voyage dont parle Yaou n’implique pas, comme nous le rappellent Deleuze et Guattari, “nécessairement de grands mouvements en extension, [il peut se faire] immobile dans une chambre et sur un corps sans organes” (L’Anti-Oedipe, 381). Le voyage dont il s’agit est un mouvement de l’intelligence qui s’ouvre à des flux étrangers ; car l’intelligence peut, dans un corps sédentaire, s’ouvrir à des connexions nouvelles ; elle peut aussi, dans un corps nomade, se fermer sur elle-même.

L’Occident et L’Afrique de Yaou ont nécessairement quelque chose à s’offrir mutuellement, des leçons à se donner réciproquement, des stéréotypes à désapprendre ; ce qui n’est possible, comme je l’ai indiqué plus haut, que dans une vraie économie de réciprocité, qui expose les perspectives particulières des sujets et les met en confrontation afin de trouver un champ de compromis.

Dans cette perspective, et de façon habile, Yaou tente une réconciliation entre le mysticisme africain et la science européenne. Mais cette recherche du compromis est moins une dialectique qui permet à des perspectives pures et indépendantes, d’abord de s’affronter, puis de se diluer à un point idéalisé comme point de capiton ou locus du suprascientifique, qu’un exercice de révélation, de mise en lumière de l’inévitable imbrication de l’un dans l’autre et de l’autre dans l’un.

Ce tour de mains, Yaou le réussit dans Le Prix de la révolte par des allusions savantes. Lorsque Loïc Mensah, le fils d’Affiba, surprend, par l’arrière-cour, une conversation de sa tante Effoua qui accuse Affiba d’avoir tué son mari pour faire mains basses sur ses biens, l’enfant tombe dans un état traumatique. Il est frappé d’aphasie. Pour lui faire retrouver l’usage de la parole, c’est Ismaël Koulibaly qui, imitant la voix du défunt père de Loïc à la demande des médecins, encourage l’enfant, encore dans un état de demi-conscience, à lui révéler la source de son choc. Cet étrange dialogue entre Ismaël/Koffi et Loïc, qui rétablit l’enfant, et plus tard, les allusions de Diane (la sœur de Loïc) à la présence spirituelle protectrice de Koffi dans la maison familiale, sont là autant de signes de l’admission voilée de l’auteur quant à la possibilité d’une interaction entre le monde des morts et celui des vivants.

Yaou, tout comme la plupart des Akan, ne semble pas rejeter tout de go l’hypothèse de l’existence du paranormal. La croyance akan est un syncrétisme du christianisme et d’un animisme psychanalytique longtemps représenté par des figures saintes comme les prophètes Albert Atcho et Papa Nouveau, renommés pour leur capacité de guérir à l’aide de plantes locales, d’invocations des dieux chrétiens et ancestraux, de séances de confessions. On note cependant dans Le Prix de la révolte un effort à rechercher une explication rationnelle aux phénomènes apparemment irrationnels. Comme si pour appliquer une couche de scientificité au mystérieux, c’est sous la direction du Docteur Mounier (un Français) et de son assistant le Docteur Trazié (un Ivoirien) qu’a lieu l’expérience qui redonne à Loïc l’usage de la parole. Les signes de cette imbrication nécessaire du mythique et du scientifique, du rationnel et de l’irrationnel, du national et du transnational, du connu et de l’inconnu, apparaissent fréquemment dans le roman de Yaou.

En effet, à la suite d’un grave accident de la route, Affiba, Diane et Loïc sont hospitalisés. Ezan (le père d’Affiba) essaie de convaincre Julien (docteur et mari de sa fille Manzan) qu’Affiba a été donnée aux mânes par le vieux Mensah qui lui en veut à cause de l’héritage de Koffi ; Julien a ses doutes. Ezan le prie quand même d’utiliser toute sa science occidentale pour sauver sa fille, se promettant, quant à lui, de s’en remettre aux méthodes traditionnelles :

Tu sais, Julien, il ne faut pas badiner avec l’esprit des morts! Pour un médecin, évidemment, le mort c’est le corps réfrigéré […] mais un mort ce n’est pas seulement cela. De ton côté, julien, ne lésine sur aucun moyen pour sauver Affiba. Du nôtre, nous tenterons aussi quelque chose. (121)

Pendant qu’on appliquait sur le corps d’Affiba la science des Blancs, on essaierait de sauver son âme par la mystique des Noirs. Bien qu’infirmier, Ezan n’avait pas un esprit cartésien ; pour lui, l’homme n’était pas seulement un corps ; il avait aussi une âme sur laquelle on pouvait agir. (125)

Entre-temps, Gnamké, la mère d’Affiba, va brûler un cierge à la Vierge Marie ; et le Vieux Mensah a été mis en garde par une délégation de la famille d’Ezan contre toute malice envers Affiba[vii]. Bientôt, la veuve de Koffi Mensah et ses enfants sortent de l’hôpital ; et il est d’autant plus difficile de dire avec certitude si c’est la science du Blanc ou le mysticisme du Noir qui les a sauvés qu’il est impossible de percevoir la ligne de démarcation entre le rationnel et l’irrationnel, entre le naturel et le culturel, entre soi et l’autre, entre la mascarade inconsciente et le mimétisme conscient, entre la victime et l’oppresseur. Telle est la belle ironie au centre du roman de Yaou : l’érection tombe ; mais elle tombe d’être trop lourde du sang de son propre désir, lourde de désir au point de se demander si elle se relèvera jamais. Elle doute de sa propre plénitude. N’est-ce pas déjà le petit Loïc Mensah, le nom propre du nom propre (Koffi Mensah) du Nom-Propre-du-Père (Vieux Mensah), qui doit être rejeté pour que se maintienne la généalogie, pour que le nom demeure propre ; et qui, dès qu’expulsé (par la grande porte), revient par l’arrière-cour, telle une graine anti-généalogique, mettre à l’épreuve la continuité de la loi du père ?

Grand-père, pourquoi toi et la famille ne voulez pas partager avec nous ce que papa a laissé ?

– Loïc, ne me dis pas que je ne t’aime pas. Comment peut-on ne pas aimer la chair de sa chair, le sang de son sang ? répondit le grand-père. Si, je vous aime, Diane, votre maman et toi! Surtout toi qui ressembles tant à ton père.

– Tu nous aimes, mais alors pourquoi veux-tu nous jeter dehors et tout nous prendre ? Insista l’enfant.

– Ce n’est pas moi qui le veux, mais la coutume, mon enfant. (170)

C’est paradoxalement cette obstination des gardiens des coutumes à faire prévaloir la tradition masculiniste qui expose les carences de cette tradition. La résistance d’Affiba contre l’intransigeance du Vieux Mensah commence à semer des doutes chez certaines personnes qui naguère auraient approuvé la coutume. C’est d’abord Ezan, le père d’Affiba, qui, de voir sa fille souffrir, est dégoûté des pratiques anciennes au nom desquelles les parents de Koffi veulent démunir leur belle-fille. Ezan est un ancien qui parle aux anciens, mais seulement pour mettre en péril la loi dont ils sont censés être les dépositaires : “A quel siècle vous croyez-vous ? Est-ce que vous vous rendez compte que les temps ont changé et que ce qui se faisait hier ne peut pas forcément se faire aujourd’hui” (27) ? A ceux qui l’accusent d’être victime de la loi des Blancs, Ezan relève leurs propres contradictions : “Non, la loi des Blancs, vous ne vous en moquez pas. La preuve, vous payez vos impôts, vous circulez avec une carte d’identité et vous évitez de faire certaine chose qui vous mettraient en porte-à-faux vis à vis de cette loi-là” (27).

Acculée par l’incompréhension du Vieux Mensah, et mue par un instinct de conservation légitime, la nécessité de se défendre et de protéger ses enfants, Affiba se voit dans l’obligation de lever le voile sur le mythe de la supériorité de l’homme dans l’espace domestique et d’exposer les faiblesses sociales et politiques des hommes en l’absence des femmes. Affiba part de son cas particulier, dévoilant à son beau-père la vulnérabilité économique de Koffi qu’elle s’était interdit d’étaler au monde : “[…] Koffi a eu des problèmes d’argent […] Et n’eût été mon aide, cela aurait tourné au drame […] jamais je n’ai cherché à savoir où était passé cet argent. J’ai juste travaillé pour rembourser […] je me suis privée de l’essentiel pour que cela puisse se faire” (158-59). Elle montre ensuite comment sa condition particulière n’est qu’une synecdoque de la condition générale de la femme. Prenant pour exemple un événement historique, la marche des Ivoiriennes sur Grand Bassam (la première capitale ivoirienne) pour libérer leurs époux arrêtés par l’administration coloniale, Affiba met le doigt sur l’ingratitude des hommes : “[…] nous les femmes, nous serons toujours celles qui travaillent dans l’anonymat et pour rien. Que la femme sue sang et eau pour aider l’homme à réaliser ce qu’il veut, jamais elle n’en sera remerciée comme il se doit” (159). Pour la veuve de Koffi, il n’est plus question que la femme se résigne à une loi ancestrale qui refuse de reconnaître son importante participation dans la construction de la société. Elle n’est pas prête à se laisser dépouiller par la famille de son mari. Au Vieux Mensah qui insiste que la tradition est ce qu’elle est et qu’elle ne changera pas pour accommoder Affiba, la jeune femme répond que ce sera le compromis ou rien d’autre. Alors que la mère d’Affiba trouve sa fille trop obstinée et lui conseille de se plier à la tradition, la conviction de la veuve commence déjà à changer l’opinion de certains hommes, surtout ceux qui identifient dans l’injustice faite à Affiba le mal qui pourrait un jour être commis contre leurs propres filles :

Non, intervint Kouaho, l’autre frère de Gnamkè [la mère d’Affiba], je ne suis pas de ton avis. Peut-être par pur égoïsme. Je pense à mes filles […] Est-ce que tu crois que l’attitude d’Affiba constitue une exception pour longtemps ? […] Regarde Eba, ta belle-fille. Une fille dynamique qui brasse mille et une affaires à la fois […] Je ne le souhaite pas mais si ton fils mourait […] je ne serais certainement pas parmi ceux qui iraient réclamer l’héritage. (30)

C’est peut-être en Ama, la petite fille du Vieux Mensah, qu’Affiba trouve son alliée la plus efficace. La fille d’Effoua, jeune étudiante en droit avec qui son grand-père aime à débattre, tourne en ridicule la position de son aïeul :

Regarde autour de toi, pépé. Vois tante Affiba. N’est-elle pas le type même de celle qui s’est fait piéger ? […] lorsque j’y pense, j’ai honte, honte pour ma famille, mon clan, mon nom et ma condition de femme […] Vous avez traité Affiba de tous les noms, vous lui avez porté mille coups bas, elle a résisté. Pourquoi ? La réponse est simple : parce qu’elle sait que c’est elle qui est dans le vrai et qu’un jour, si Dieu le veut, vous le comprendrez […] Sa petite fille partie, Mensah s’abîma dans de sombre réflexions. Tout ce monde qui lui disait qu’il était injuste, avait-il raison ? […] Il se sentait comme un homme debout dans une barque où l’eau s’était infiltrée sans qu’il l’eût su. (189, 192)

L’aisance avec laquelle le Vieux Mensah accepte les critiques de ses petits enfants, Ama et Loïc, et de sa belle-fille, Affiba, ne laisse-t-elle pas augurer de ce qu’il est prêt pour le changement, qu’il n’a jamais été contre le changement, mais attendait plutôt que soit renforcée son inclination vers la révision des coutumes ? D’ailleurs, n’est-ce pas la disponibilité du Vieux Mensah, son enthousiasme à discuter avec les jeunes, sa capacité de prêter une oreille compréhensive à la nouvelle génération, qui permet à cette génération de le discréditer ? Le Vieux Mensah n’est-il pas toujours déjà le sacristain qui dans le clocher de l’édifice traditionnel sonne aussi bien le tocsin que le glas de la tradition ? C’est pourtant ce que semble dire Affiba à ceux qui s’étonnent sur la tournure inattendue de la situation quelques mois plus tard : “Je n’ai rien fait de spécial [pour obtenir la paix]. Je me suis juste entretenue avec le Vieux Mensah. Rien ne nous dit qu’il n’avait pas songé à enterrer la hache de guerre avant notre discussion” (222).

Cette ambivalence constitue l’un des points centraux de la littérature féminine ivoirienne, que le lecteur désinvolte risque de méprendre pour une simple dialectique dans le sens hégélien du terme, plus précisément pour ce que La Phénoménologie de l’esprit conçoit comme “la conscience de soi doublée”. La différence entre la conception hégélienne de l’expérience et ce que je perçois chez une Yaou ou Fatou Keïta, par exemple, plutôt comme une conscience nomade de l’expérience est, bien que de taille, très subtile, et mérite d’être explicitée. Pour ce faire, je me permettrai de citer longuement ces lignes de Hegel :

Pour la conscience de soi, il y a une autre conscience de soi. Elle se présente à elle comme venant de l’extérieur. La conscience de soi s’est perdue elle-même, car elle se trouve comme étant une autre essence ; elle a par là même supprimé l’Autre, car elle ne voit pas l’Autre comme essence, mais c’est elle-même qu’elle voit dans l’Autre. Elle doit supprimer cet autre sien. C’est la suppression du premier double sens, et, par là même, un second double sens : elle doit se mettre à supprimer l’autre essence indépendante pour acquérir ainsi la certitude de soi-même comme essence ; elle se met par là à se supprimer soi-même, car cet autre est elle-même. Cette suppression à double sens de son être-autre à double sens est aussi un retour à double sens en soi-même, car elle se recouvre elle-même par cette suppression, elle devient à nouveau égale à soi-même par la suppression de son être-autre ; mais elle restitue aussi à elle-même l’autre conscience de soi, car elle était certaine de soi dans l’autre ; elle supprime son propre être dans l’autre, et ainsi, rend de nouveau l’autre libre. (Phénoménologie, 155-56)

Que nous dit le phénoménologue allemand ? Que le processus de reconnaissance implique toujours une relation intersubjective, d’abord inconsciente, par laquelle toute conscience de soi est contingente à une autre conscience de soi en même temps qu’elle demeure distincte de cette autre conscience de soi. C’est ce rapport entre les consciences de soi – le fait qu’elles soient distinctes et interdépendantes à la fois – que Hegel caractérise de complexe, et qui persistera tout au long du processus de la reconnaissance. En dépit de leur indivisibilité, les différentes consciences de soi sont d’abord “enfoncées dans l’être de la vie”, inconscientes de leur réciprocité nécessaire, restant chacune certaine de soi-même mais non de l’autre. La certitude de ces deux consciences de soi, qui n’est qu’une certitude subjective (donc trompeuse), ne deviendra objective, c’est-à-dire, vraie, qu’au moyen de la lutte pour la vie et la mort, car “[c’est] seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté, qu’on prouve que l’essence de la conscience de soi n’est pas l’être, n’est pas le mode immédiat dans lequel la conscience de soi surgit d’abord, n’est pas son enfoncement dans l’expansion de la vie […]” (Hegel, 159). Cependant, insiste Hegel, l’arène de la lutte à mort par laquelle la vérité subjective de la conscience de soi devient vérité objective, doit être purement métaphysique, car, “comme la vie est la position naturelle de la conscience, l’indépendance sans l’absolue négativité, ainsi la mort est la négation naturelle de cette même conscience, la négation sans l’indépendance, négation qui demeure donc privée de la signification cherchée de la reconnaissance” (Hegel, 160).

Il serait donc compréhensible qu’une analyse hâtive du roman de Yaou identifie dans les divers rapports intersubjectifs qui s’y jouent la signature de Hegel. La rencontre de Mireille (la maîtresse de Koffi) et d’Affiba (la veuve de Koffi), précipitée par la fugue de leurs enfants respectifs (Frank et Loïc Mensah), pourrait être placée sous le signe de la phénoménalité. La méthode de l’auteur de Le Prix de la révolte consiste d’abord à permettre au lecteur de percevoir les points de vue singuliers d’Affiba (la femme trompée) et de Mireille (la cause du chagrin d’Affiba). Cette présentation des deux perspectives qui ne se contrarient, pas parce que ne se rencontrant pas encore, donne au lecteur l’occasion d’appréhender les sentiments de Mireille et d’Affiba, qui toutes les deux se croient victimes.

Ainsi, l’on apprend que Mireille et Affiba ont toutes les deux souffert l’angoisse dans l’attente vaine de Koffi, la solitude, la culpabilité. Chacune d’elles est enfermée dans le monde de ses idées, dans ses propres vérités. Mais ces vérités ne sont que subjectives. Les mondes dans lesquels ces deux femmes se représentent comme victimes de leur amour respectif pour Koffi Mensah sont des mondes qui existent indépendamment l’un de l’autre, et qui dans l’acception leibnizienne, ne se rencontreront jamais à moins de se convertir à l’ordre de l’univers le plus parfait[viii]. Yaou ne s’arrête pas à cette conception leibnizienne de l’expérience. Elle permet, dans un geste qu’on qualifierait, à raison, de hégélien, aux positions particulières de Mireille et d’Affiba de se croiser, de s’affronter :

Koffi, jouissant de l’impunité sociale, pouvait se permettre de jouer les infidèles en toute quiétude. Mais vous [Mireille] ? Au nom de quoi agissiez-vous de la sorte ? Vous était-il jamais venu à l’esprit que j’en souffrais ?

– Je sais que vous avez souffert puisqu’en pareille circonstance, il ne peut en être autrement […] Vous disiez que je vous avais volé l’amour de votre mari ; sans vouloir vous offenser, je vous demande si vous étiez sûre qu’il vous aimait.

– Voudriez-vous insinuer que Koffi m’a épousée sans amour ?

– Je n’irais pas jusqu’à l’affirmer, mais c’est un point de vue à envisager. (97)

La confrontation entre ces deux perspectives singulières qui se sont trouvées impliquées dans la vie intime de Koffi est, pour rester dans une optique hégélienne, une lutte à mort dans le monde des idées, où aucun mot n’est mâché, aucune vérité n’est embellie. Mais ici doit s’arrêter l’analogie avec Hegel ; car retenons tout de même que dans la phénoménologie, la singularité dont il s’agit est toujours “singularité absolue”, une totalité singulière opposée à son autre, elle aussi une autre singularité totale ; deux absolues engagées dans une contradiction absolue, inévitable ; une lutte à mort pour la reconnaissance qui selon Derrida, “oppose des consciences, mais des consciences que le procès familial a constituées en totalités. L’individu qui s’engage dans la guerre est un individu-famille” (Glas 2 : 190). Or, les individus dont nous observons l’évolution dans Le Prix de la révolte de Yaou sont déjà anti-famille, anti-généalogie. Ce ne sont pas des consciences totalisées par la norme familiale, mais plutôt des consciences nomades en devenir constant, des consciences deleuziennes.

Notes

  1. “Il [Hegel] décrit une norme, une prescription. Mais qu’est-ce que décrire une norme, une prescription ? Un simple jeu de guillemets peut transformer un énoncé prescriptif en énoncé descriptif ; et la simple textualité rend possible une mise en guillemets” (Derrida, Glas 2 [Paris : Editions Denoël/Gonthier, 1981] 276).
  2. “Le désir est machine, synthèse de machines, agencement machinique – machines désirantes. Le désir est de l’ordre de la production, toute production est à la fois désirante et sociale. Nous [Deleuze et Guattari] reprochons donc à la psychanalyse d’avoir écrasé cet ordre de la production, de l’avoir reversé dans la représentation”(L’Anti-Oedipe, 352). Cependant, ce renversement du désir n’est qu’un coup de force provisoire sur la production, car comme nous l’apprennent Deleuze et Guattari, la production est le moteur même du regime de représentation, qui tôt ou tard devra la libérer, même si ce n’est que pour la renverser la minute qui suit (L’Anti-Oedipe, 382).
  3. Comme nous le disent Deleuze et Guattari :

A l’opposé de l’arbre, le rhizome n’est pas objet de reproduction : ni reproduction externe comme l’arbre-image, ni reproduction interne comme la structure-arbre. Le rhizome est une anti-généalogie. C’est une mémoire courte, une antimémoire. Le rhizome procède par variation, expansion, conquête, capture, piqûre […] le rhizome se rapporte à une carte qui doit être produite, construite, toujours démontable, connectable, renversable, modifiable, à entrées et sorties multiples, avec ses lignes de fuite. (Mille plateaux, 32)

  1. De l’archi-trace, Derrida écrit :

On ne peut penser la trace instituée sans penser la rétention de la différence dans une structure de renvoi où la différence apparaît comme telle et permet ainsi une certaine liberté de variation entre les termes pleins […] La trace, où se marque le rapport à l’autre, articule sa possibilité sur tout le champ de l’étant […] déterminé comme étant présent à partir du mouvement occulté de la trace. Il faut penser la trace avant l’étant. Mais le mouvement de la trace est nécessairement occulté, il se produit comme occultation de soi. Quand l’autre s’annonce comme tel, il se présente dans la dissimulation de soi […] Le champ de l’étant, avant d’être déterminé comme champ de présence, se structure selon les diverses possibilités – génétiques et structurales – de la trace. (grammatologie, 68-69)

  1. A la suite de Derrida, et à l’encontre de la psychanalyse freudienne et lacanienne qui voudrait réifier le Nom-du-Père comme signifiant transcendantal autour duquel se structure le développement du sujet, Deleuze et Guattari nous disent ceci :

[…] le nom propre ne désigne pas un individu : c’est au contraire quand l’individu s’ouvre aux multiplicités qui le traversent de part en part, à l’issue du plus sévère exercice de dépersonnalisation, qu’il acquiert son véritable nom propre. Le nom propre est l’appréhension instantanée d’une multiplicité. Le nom propre est le sujet d’un pur infinitif compris comme tel dans un champ d’intensité. (Mille Plateaux, 51)

  1. Voir Achebe, “An Image of Africa: Racism in Conrad’s Heart of Darkness”, Postcolonial Criticism, éd. Bart Moore-Gilbert et al. New York, Longman, 1997, p. 122.
  2. Dans l’univers des croyances akan, aucune mort n’est jamais naturelle jusqu’à preuve du contraire. On dit souvent du mort que son âme a été consommée par les sorciers, qui à tour de rôle doivent offrir une personne qui leur est proche à l’assemblée des mangeurs d’âmes. Mais seul le père, ses héritiers (qui sont ses neveux) ou une personne de la famille paternelle peuvent proposer l’enfant au festin des sorciers. Si le jeu du sorcier est découvert et qu’il est mis en garde par la famille du sujet à sacrifier avant que ne soit consommée l’âme qu’il propose, le sorcier a l’obligation de délivrer, de “détacher” le sujet, et de s’offrir lui-même en remplacement.
  3. Voir Leibniz, Principes de la nature et de la grâce fondés en raison, trad., André Robinet, Paris, PUF, 1954, p. 53.

Côte d’Ivoire CPI Témoin, t’es moins faux qu’un vrai proc: c’est pis

Corbillard-1

«Vous allez entendre des chercheurs, des cinéastes. Vous allez entendre des témoins de l’entourage immédiat des accusés, notamment des hommes politiques, des membres des Fds, des membres des jeunes pro-Gbagbo, des milices et des groupes de mercenaires ».

Non ce n’est pas le discours inaugural d’un festival du cinéma, d’un gala de bienfaisance. C’est notre procureure gambienne qui dévoilait, lors de la reprise du procès à la Haye, la diversité des 138 témoins à charge attendus à la barre. Nous en aurons eu quatre, en « perpétuel danger de mort », avec leur voix totalement déformée, au point que l’on ne distingue pas un homme d’une femme. Mesure de protection supplémentaire : ils pourront s’exprimer en dioula, un interprète se chargeant de traduire leurs propos. Mille précautions donc, visant à préserver l’anonymat des témoins : mille précautions plus que suffisantes, mais virant manifestement au superflu lorsque certains, de dioula, se mettent, – ô miracle – à parler français, alors qu’ils sont censés ignorer la langue des troubadours et des fous du roi de France !

Témoignages, contre-interrogatoires, le temps s’étire, l’écoute s’avère fastidieuse… Et là, coup de théâtre, les membres de la Cour sont invités à ramasser leurs cartables deux jours plus tôt que prévu, non pour cause de défection de tel ou tel juriste, mais parce qu’il n’y a plus rien à tirer de ces témoins, selon maître Altit. La défense de Blé Goudé a même préféré s’abstenir de se fatiguer à les fatiguer davantage, en renonçant à les interroger plus avant.

Nous savions déjà que les dossiers d’inscription des victimes voulant témoigner à la Haye se retiraient au siège du RDR; mieux, que les dossiers étaient remplis avec l’aide d’assistants-sociaux un peu particuliers, ayant en réalité pour tâche de « peaufiner » le témoignage en fonction du but recherché : noircir le Président Gbagbo par tous les moyens, fût-ce au prix de scénarios peu crédibles et mal ficelés. Selon un ami, ces témoins auraient été recrutés pour la plupart dans le quartier Wassakara, un nom qui ne m’a pas frappée lors de la période de la dite crise post-électorale.

Au départ, les travailleurs sociaux étaient français, leur cabinet se trouvant à l’ambassade de France. Quoi de plus normal que de vérifier si les personnes candidates à l’obtention de ce précieux visa-sésame pour la France de Hollande et la Hollande de la CPI, étaient des personnes dignes de foi : celle qui consiste à être doté de l’aplomb nécessaire à enfoncer LG ! Par la suite, c’est le siège du RDR, via le téléphone dioula, qui est devenu une sorte de « pôle-emploi » spécialisé pour l’étranger, une agence de recrutement provisoire pour intérimaires disposés à convoler en justes émigrations. Les témoins qui ont eu la chance d’arriver à La Haye avant la reprise du procès, après avoir goûté aux joies des musées et canaux hollandais, ont appelé leurs proches à Paris, lesquels leur ont conseillé de voir plus grand – la mère patrie de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ! –, et de ne viser désormais rien moins que le Louvre, et les bateaux mouche sur la Seine! Et ceux qui avaient entendu parler du conseiller franco-bété de Ouattara avec rang de ministre, Ser(e)y-Eiffel, ont bien entendu tenu à voir l’ouvrage de son aïeul !

De gratuit au départ, pour quelques élus dorlotés par la France, les élus du RDR ont imaginé un témoignage/permis de sortie payant – qu’est-ce que 1,5 million de francs CFA quand un visa normal peut coûter, au bas mot, entre 2 et 4 millions pour un séjour prolongé à l’étranger ! – « Officiellement, tu témoignes; officieusement, tu te fais la malle! » C’est la consigne que les faux travailleurs sociaux-fonctionnaires véreux ont vendue à leur clientèle RDR, certifiant même aux candidats à l’immigration qu’ils avaient la bénédiction de la CPI ! Aux dires de certains, on a même pu voir des agents de l’Onuci apporter leur concours au fonctionnement de cette filière de (faux)-témoins, perpétuant quant à eux la lignée des braconniers chercheurs d’ivoire ou de bois précieux, des soldats braqueurs d’agences de la BCAO. Ici, leur mission consistait à favoriser la candidature de non Ivoiriens : Maliens, Guinéens Burkinabés, étrangers comme eux, et de prouver que ces étrangers naturalisés aux vies multiples – vie passée dans un pays de la sous-région, vie présente en Côte d’Ivoire –, peuvent sereinement envisager leur troisième vie à venir en Europe, grâce à leurs noms et prénoms à consonances « nordiques ».

Déjà, lors de l’ouverture du procès, quelques témoins avaient disparu dans la nature. Partis plus tôt en « permission », juste pour embrasser la famille, ils n’ont pas pu s’arracher à de si douces retrouvailles ! Fatou Ben Souda aurait bien aimé un réaménagement du temps de passage de ses protégés restant, le temps de retrouver les premiers, mais le juge austro-italien avait dit niet. Le premier lot servi – quatre témoins – a été surveillé de près, afin que, malgré la proximité de la mer, nos témoins restent sourds à l’appel du large, et s’abstiennent d’aller grossir le nombre des témoins déjà en cavale. Après leur prestation, et leur supplice devant les questions du contre interrogatoire, ce voyage, qui devait être l’aventure de leur vie, s’est terminé à l’aéroport, direction Abidjan, encadré par la police. Brandissant leur contrat de séjour signé avec les cadres RDR, ils ont dû déchanter et comprendre qu’une fois de plus la parole d’un RDR ne vaut de loin pas la parole d’un scout ! Que vont-ils faire, une fois rentrés au pays ? Certaines oreilles indiscrètes qui ont pu entendre l’avis de la belle sœur du voisin de l’oncle de l’un de ces témoins aigris affirmer qu’ils ne vont pas se gêner et déballer sur la place publique et dans les médias la manière dont le RDR les a grugés ! Ceux qui sont encore en liberté, auraient menacé de témoigner pour Gbagbo si on voulait leur réserver le même sort que celui des rapatriés de force.

Il semblerait en bref que la CPI, avec son appareil à couper les têtes de dirigeants africains encombrants, soit prise au piège de sa façon trop carrée d’analyser la situation. Comment concilier bâton et carotte dans cette affaire de témoin ? Comment maintenir la crédibilité d’une cour occidentale visiblement aux prises avec les subtilités de la culture dioula et la corruption endémique prévalant aujourd’hui en Côte d’Ivoire ? Notre gambienne, spécialiste du droit maritime, ne risque pas de trouver dans ses livres et corrigés de cours la solution à ces problèmes. Maître Altit, quant à lui, viendrait aussi d’entrer en résistance, en refusant d’abandonner le titre de Président conféré de droit à SEM Laurent Gbagbo. Voilà l’honneur du juge mis à mal, mais ne fallait-il pas s’y attendre ? A force de déclarer noir ce qui est blanc et vice-versa, comment cette Cour n’en viendrait-elle pas à perdre tous ses repères ?

Merci donc aux témoins – corrompus, certes – mais pas au point d’endosser une fois de plus le rôle de dindons d’une farce françafricaine à bout de souffle. Merci à l’équipe de la défense, qui, en dépit de son impuissance à faire prévaloir le droit du faible innocent sur la loi du plus fort – ce Moloch insatiable dévoreur de justice –, ridiculise brillamment la « cour », et en balaye soigneusement les dernières traces de fausse dignité.

Shlomit Abel, le 24 février 2016

Ivory Coast: What the world should expect from ICC trial, Eric Edi

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2016-02-17, Issue 762
http://pambazuka.org/en/category/features/96631

The ICC Chief Prosecutor will attempt to establish the existence and execution of a secret plan to keep President Gbagbo in power. But the defendants will tell the world how global political actors, some African countries and some multinational companies destroyed Ivory Coast. They will emphasize that the “Ivorian crisis” is a crisis of globalization, sparked by Gbagbo’s plan to end the 1961 France-Ivorian treaty of cooperation.

At last, on January 28, 2016, the International Criminal Court (ICC) opened the combined trials of President Laurent Gbagbo and Mr. Charles Blé Goudé after the defendants spent respectively four and three years in the ICC detention center, something that has never happened in the history of the Court. President Laurent Gbagbo and his co-defendant Mr. Blé Goudé are charged with crimes against humanity that they allegedly committed or instigated during the post-2010 presidential election violence in Côte d’Ivoire.

Although the trial started tardily, it is followed assiduously by millions of people in the world. Media and social networks report that hundreds of Ivorians and Africans travelled to The Hague to attend the opening session or hold rallies and press conferences in the vicinity of the ICC’s headquarters. The ICC’s authorities rightfully gave many of them accreditation to witness the trial, while countless followers in Côte d’Ivoire and elsewhere in Africa have been glued to television and/or radio sets, computers and cellphones to have the latest news about the trial. Since January 28, 2016, television and radio channels and programs of all ranges and fame have highlighted the trial in their daily programs. They are challenged by millions of twitterers, Facebookers, and bloggers, who post instantly comments and news about the trial.

If there is anything that can be ascertained it is that the Laurent Gbagbo/Blé Goudé trial is an issue of global politics. It is not exaggerated to view the case through the lenses of global politics because it is the best way to understand the intricacies of what is unfolding under our eyes at The Hague. The parties that are involved in the trial and the questions they raise are located both in the Ivorian and international political spectra. The globalization of the trial is not just the result of attention given to it by the media, but also the results of concerns relating to how the ICC has handled the case. Thus, the questions about the Court’s fairness and ability to give way to the rule of law and ban political gimmicks from the bench are discussed everywhere.

Two weeks within the trial, which may last months if not years, there are three basic sets of concerns that stand out. The first concern is the implications of the trial for the ICC as an emerging institution. In other words, is the ICC going to be the “sanctuary” of global justice that it purports to be after it was established in 2002? The Court’s advocates believe that the trial is the opportunity to assert the validity of the ICC and therefore the idea that a global justice system is the utmost means to end crimes against humanity. Political liberals and advocates of global governance have repeated that the ICC is the best response to the vilest crimes against humanity that became recurrent in developing countries in the 1990s, with the Rwandese genocide and the Liberian crisis as points of reference. They also claim that the ICC is the best place to hold African heads of states accountable for the crimes they commit while in power. We will deal with this question in another reflection. But for now, we shall limit our comments to contending that the above are futile and that the trial epitomizes global injustice, neocolonialism and the negation of Africa’s agency in global affairs. If Africa’s agency really mattered, the ICC would have considered with diligence the letter that former heads of states of Africa wrote to demand the annulment of the trial and the release of the defendants. The letter was released just days before the trial opened. It echoes the call made to African countries to withdraw their ICC membership on the basis of the sacrosanct principle of sovereignty.

The second issue is the impacts of the trial on the process of national reconciliation and peace in Côte d’Ivoire. Since 2011, after the illegal ousting of President Laurent Gbagbo and the violent seizure of power by Alassane Ouattara, reconciliation has been more a matter of words than it has been factual. The calm that prevails currently in Côte d’Ivoire exists only because the regime of Alassane Ouattara severely represses all dissent. The trial is definitely counter-productive for national reconciliation because it has reopened the strong resentments, wounds, and pains that are deeply seated in Ivorian political behaviors for the past ten years. Will the trial boost reconciliation or stir more hatred and fresh violence? We will address this interrogation in another article. For now, too, let us just say that the trial is harmful.

It is the third issue – what the world should expect to see or hear from the trial, especially from the defendants – which is the focus of this paper. Whereas the prosecutor’s job will be to prove that Laurent Gbagbo and Blé Goudé are responsible for the crimes they are accused of, the defendants and their counsels are poised to demonstrate that there has never been an Ivorian crisis, but a global crisis. This is exactly what makes the trial historic. In fact, and the first interventions of the defense teams prove it, the trial actually brings to the bar the forces of Africa’s Renaissance against the forces Africa’s inertia, the Western countries’ interference in Africa’s affairs, the sovereignty of Africa’s 54 nation-states, the significance of France for those who wish to live a comfortable, peaceful, and autonomous life. The trial also brings to the bar the relations between France and Côte d’Ivoire and how global governance undermines Africa’s political institutions. The trial brings to the stand the United Nations peace-keeping mission in Côte d’Ivoire. The list may not be exhaustive but these concerns are fundamental to the trial.

It is true that if the trial is put off and that President Laurent Gbagbo and Mr. Blé Goudé are released, it will be, according to some, a huge relief for their biological and political families and an enhancement to national reconciliation. But it may also anger their foes including the regime of Alassane Ouattara and his cronies. Yet, regardless of where they stand on this spectrum, both supporters and detractors of the defendants have one thing in common. They all claim that they want to know the Truth about how their country got to a point of unprecedented societal and sociological fragmentation. Are these wants sincere? Do Ivorians want the truth that satisfies their interests or are they seeking after the Truth (note the capital T here).

If everybody wants to know the Truth, they must agree that Truth exist regardless of numbers. Mahatma Gandhi says it eloquently that “even if you are a minority of one, the truth is the truth.” Therefore, Truth is unique because it stands alone and because it consolidates national cohesion and nation-building. W.E.B. Du Bois[1] confirms the centrality of Truth by saying that that history should be written to “establish the TRUTH on which Right in the future may be built.”

At this very moment, what is Right for the future of Côte d’Ivoire is, first the country’s sovereignty and, second, the rule of law. More than just President Laurent Gbagbo and Mr. Blé Goudé and more than just their supporters and their detractors, it is the entire country, its neighbors, friends and partners all over the world, who need to know what happened between 2002 and 2011, if we do not want to kiss goodbye to the desires and efforts to rebuild the social fabric of the country.

Based on their philosophy and past experience, we can comfortably say that the defendants are not at The Hague to talk about their modest personalities. They will shift the attention from them to all the factors, which contributed to the chaos in Côte d’Ivoire. On December 5, 2011, President Laurent Gbagbo already set the tone of what the world should expect of this trial. When he told the judges of the Preliminary Chamber 1 that “he was ready and willing to get to the bottom of this affair,” he simply meant that he was ready to tell the world how France and its allies plotted against his regime and how they are the real culprits of the Ivorian cauldron. Mr. Blé Goudé also vowed to go in the same direction.

Thus, on one hand, the ICC prosecutor will be busy establishing the existence and execution of a secret plan to keep President Gbagbo in power. On the other hand, the defendants will tell the world how global political actors here France, the United States, the European Union, the United Nations (Mr. Ban Ki Moon and Young Choi Kim), some African countries, some multinational companies (Bouygues, Bolloré) destroyed Côte d’Ivoire. President Laurent Gbagbo and Mr. Blé Goudé will emphasize the fact that the “Ivorian crisis” is, indeed, a crisis of globalization or the crisis of the relations between France and Côte d’Ivoire in the 21st century. Evidently, the crisis was sparked by Laurent Gbagbo’s proposal to reconsider the 1961 France-Côte d’Ivoire treaty of cooperation.

The world should expect to hear President Laurent Gbagbo speak of his intriguing rapports with the Elysée. What did he mean when he said that he slept better when President Jacques Chirac[2] left power and was succeeded by President N. Sarkozy? President Gbagbo will explain why he said that President Sarkozy was impudent. He will explain why he warned on December 4, 2010[3] that he would never compromise the sovereignty of Côte d’Ivoire, and why he refused to speak with President Obama in the heat of the post-election 2010 violence. Mr. Ble Goudé will talk about why he asked young people to prevent the French and UN troops from circulating in Abidjan and the role they played in the November 04, 2004 massacre at Hotel Ivoire.

Though the Prosecutor refuses to talk about the 2010 presidential election, President Laurent Gbagbo and Mr. Blé Goudé will not elude it because the Representative of the UN Secretary General, the European Union, French and US ambassadors, and the ECOWAS clearly tampered with its results, creating in such a way, the biggest confusion ever witnessed in the country’s electoral history. Finally, the world should expect the defendants to speak about their visions and works for democratization, social justice, and sovereignty. Can it be otherwise? Will the question of Côte d’Ivoire’s sovereignty be tossed away?

Assuredly, the answer to this question is no. It is no because well-known analysts claim that the Ivorian crisis is a crisis of international political economy[4] , a crisis of geopolitics related to the future control and distribution of the oil and gas fields located along the Gulf of Guinea[5] , or a crisis born of the Euro-American quest for exceptionalism[6] .

* Eric Edi, PhD, is Executive Secretary of the US-based COMITÉ D’ACTIONS POUR LA CÔTE D’IVOIRE ETATS-UNIS – (C.A.C.I-USA). Email: caci.usa2012@gmail.com Blog:http://lecomitedactionusa.blogspot.com

END NOTES

[1] Du Bois (1935), Black Reconstruction in America 1860-1880. USA: The Free press, p. 725.
[2] French President Jacques Chirac ruled from 1995 to 2007. He was known for his aversion of President Gbagbo that he might have plotted to oust from power.
[3] On December 4, 2010 President Gbagbo was sworn into office for a second term. During his inaugural speech, he accused foreign forces for interfering into matters of national interests and said he would not yield to any force that attempted to deny Ivorians the rights to choose their own leaders.
[4] Nicholas Agbohou, professor of Economy in France has spoken extensively about how the Franc CFA has been used to maintain Africa under the yoke of neocolonial France. He cautioned African countries that still use the currency to abandon it.
[5] Pierre Peant addressed the question in his book: Gbagbo in the in the whirlwind of the Gulf of Guinea. Malian activist Aminata Traoré has been a leading voice in denouncing the role of Western power, especially France in the Ivorian debacle.
[6] Martial Fredenthie, a professor of Francophone studies at Appalachian State University recently published, From Lumumba to Gbagbo: Africa in the Eddy of the Euro-American Quest for Exceptionalism, 2016.

Quelle pitrerie ! (2 octobre 2012) M. Frindéthié

Alassane Dramane Ouattara doit vraiment croire que les Ivoiriens ont tous le cerveau imbibé de bissap et qu’ils bêlent tous à la mesure de sa darbouka.

Autrement, comment expliquer la pitrerie que les dépêchés du génocidaire ne cessent de servir aux Ivoiriens depuis avril 2011 ? Après les singeries d’Ahmed Bakayoko, le sérénissime ministre de l’intérieur, qui perçoit des coups d’état et des faiseurs de coups dans le moindre souffle de vent, qui dans chaque citoyen discerne un délateur potentiel à enrégimenter pour le compte de la Rattrapocratie génocidaire, qui à chaque opposant politique semble imputer l’assassinat d’un « soudeur de 81 ans à Port-Bouët », c’est maintenant le « procureur » de Génocidoland, Ange Kessi, qui a trouvé bon d’amuser la galerie en découvrant à la moutonnerie la primeur du dernier tour de bouffonnerie qu’il a mis au point : l’aboutissement d’une enquête record qu’il a menée, et qui, en moins d’une semaine lui a permis de faire la lumière sur l’assassinat du général Gueï, avec à l’appui – quoi de mieux ! – l’aveu de « l’assassin ».

Pathétique ! Comme si toute cette épaisse pyrotechnie de chapiteau pouvait faire perdre de vue l’évidence logique que la nuit où l’armée rebelle de Dramane Ouattara attaqua la Côte d’Ivoire, plus que toute autre personne, c’était Dramane qui avait intérêt à ce que le général Gueï disparût. Heureusement que tout ça n’est qu’un temps … le temps des fous et des rattrapés !

Développement sans conscience n’est que perte de l’âme, M. Frindéthié

Deguerpis
J’ai vu avec accablement les images de milliers de familles jetées à la rue par le ministère de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme (MCLAU). J’ai vu des mères, enfants au dos, chercher dans les décombres de leurs demeures détruites par l’ouragan du « développement » quelque dérisoire richesse à laquelle s’accrocher. J’ai vu des pères, le regard perdu, interroger quelque hypothétique providence sur ce qu’il adviendra, pour eux, de cette émergence qui leur est si souvent contée. J’ai vu de coquettes petites écolières, dans leurs uniformes à carreaux bleus et blancs hésiter à prendre le chemin de l’école, de peur qu’à la fin de la journée, en rentrant, elles ne retrouvent plus le chemin qui naguère les menait à Maman, Papa et à tous leurs petits camarades du « quartier ».

Moi aussi, je suis pour le développement mais pas pour ce développement qui marche sur la tête plutôt que de se tenir sur les pieds. Je suis pour le développement, mais pour un développement de l’homme plutôt que pour un développement du gros (comme ces gigantesques airbus que l’on vient nous parader à Abidjan pendant que les langues sont trop propres de n’avoir rien mangé). Je suis pour le développement de l’homme et non pas pour le développement du clinquant et du rutilant (comme ces GMC blindées et ces grosses cylindrées que l’on nous exhibe sur les voies pourtant marécageuses d’Abidjan). Je suis pour le développement de l’homme et non pas pour ce développent de l’étincelant (comme ces feux d’artifice dont on veut nourrir un peuple qui dort encore à la lampe tempête). Je suis pour l’assainissement et l’urbanisme, mais un assainissement et un urbanisme au service de l’homme ; qui trouvent de vraies solutions avant de jeter des familles à la rue. Que l’on veuille me pardonner ma naïveté si ma vision humaniste du développement est embrumée par mon passé d’enfant « pauvre » des ghettos de Port-Bouët.

Comprendre le supplice du PDCI, M. Frindéthié (publié le 30 avril 2013)

schizoidC’est vers les premiers schizoanalystes que nous dûmes nous tourner, dans notre désir de comprendre le supplice du PDCI, ce grand enfant de soixante ans, qui se fait entuber, se fait violer, se fait  fouetter par ce tout jeune führer du RDR, et qui toujours, tel un mouton de panurge, suit tout bonnement le RDR, et continuera à suivre niaisement jusqu’en 2015. Et ce qu’il nous fut donné de voir, ce fut le programme bien élaboré de l’esclave et de sa dominatrice, lorsqu’immobilisé sur l’autel de son supplice, le PDCI en redemandait encore et encore :

« Maîtresse, 1) tu peux me ligoter sur la table, solidement serré, dix à quinze minutes, le temps de préparer les instruments ;

2) Cent coups de fouet au moins, quelques minutes d’arrêt ;

3) tu commences la couture, tu couds le trou du gland, la peau autour de celui-ci au gland l’empêchant de décalotter, tu couds la bourse des couilles à la peau des cuisses. Tu couds les seins, mais un bouton à quatre trous solidement sur chaque téton. Tu peux les réunir avec un élastique à boutonnière. Tu passes à la deuxième phase :

4) tu as le choix soit de me retourner sur la table, sur le ventre ligoté, mais les jambes réunies, soit de m’attacher au poteau seul, les poignets réunis, les jambes aussi, tout le corps solidement attaché ;

5) tu me fouettes le dos les fesses les cuisses, cent coups de fouets au moins ;

6) tu me couds les fesses ensemble, toute la raie du cul. Solidement avec du fil double en arrêtant chaque point. Si je suis sur la table, tu m’attaches alors au poteau ;

7) tu me cravaches les fesses cinquante coups ;

8) si tu veux corser la torture et exécuter la menace de la dernière fois, tu enfonces dans les fesses les épingles à fond ;

9) tu peux alors m’attacher sur la chaise, tu me cravaches les seins trente coups et tu enfonces les épingles plus petites, si tu veux tu peux les faire rougir au réchaud avant, toutes ou quelques-unes. Le ligotage sur la chaise devrait être solide, et les poignets dans le dos pour faire ressortir la poitrine. Si je n’ai pas parlé des brûlures, c’est que je dois passer d’ici quelque temps une visite et que c’est long à guérir – et 2015 n’est pas bien loin »

Peur, sadisme inversé, ou tout simplement « lo péi avanche » ?

Ils ont tout simplement fraya!

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Ils ont bori, ils ont fraya, ils ont woundi, ils ont srè, ils ont fui, ils ont fled, ils ont pris la poudre d’escampette, ils ont pris la clé des champs, ils se sont cherchés, ils se sont tirés sans demander leur reste !

Quatre témoins de Phatou Bensouda introuvables. Leurs bagages étaient faits depuis Abidjan et leurs intentions bien dissimulées à notre procureure. Ce n’était pas en témoins qu’ils venaient, mais en « caleurs ». Quatre témoins fuyant la fulgurante « émerzance » et la « croissance-à-deux-chiffres » de dramane pour le froid de la Haye où ne sont déportés que les « co-auteurs-indirects-de-crimes-contre-l’humanité » de Phatou. Quatre témoins qui plutôt de se mettre au service de la « justice » pour condamner « le monstre » Gbagbo ont préféré trouver une utilisation plus intelligente aux billets d’avion offerts par Phatou et fuir l’abattoir ouattariste. Quatre témoins qui seront bientôt sur la liste des demandeurs d’asile sous prétexte que l’air du Dozoland, parfumé des émanations cadavéreuses de dramane et de ses « Ivoiriens nouveaux », est toxique. Quatre témoins qui ont préféré rejoindre le Président Gbagbo à la Haye.

Gbagbo est-il si kafissa ?

Les témoins ayant pris la poudre d’escampette, le juge italien connu pour sa propension obsessive à la « célérité » de la procédure au risque même de faire entorse aux droits des accusés, n’avait plus d’autre alternative que d’ajourner le procès jusqu’au 17 février. Oh honte!

French hand in Gbagbo’s fall

Former Ivory Coast president Laurent Gbagbo arrives for the start of his trial at the ICC last month. His prosecution, says the writer, is an example of the abuse of the international court. File picture: Peter Dejong/EPA

Former Ivory Coast president Laurent Gbagbo arrives for the start of his trial at the ICC last month. His prosecution, says the writer, is an example of the abuse of the international court. File picture: Peter Dejong/EPA

The ICC is discredited when countries like France, fearing they’re losing their grip on West African economies, manipulate it, writes Shannon Ebrahim.

By: Shannon Ebrahim

Recently I found myself sitting in an outdoor café in Rwanda’s capital Kigali, sipping South African wine and mulling over the continent’s problems.

My lunch companion was a senior official with Monusco, the UN’s peacekeeping force in the Eastern DRC, who has spent the better part of his career trying to keep the peace in Central Africa. Having fought the daily rape of women in the Kivus for years, with the knowledge the UN was largely powerless to stop it, my UN colleague was all for holding the perpetrators of human rights abuses on the continent to account for their crimes.

But we both knew that within days the AU Summit would rally its member states to take tangible steps to extricate themselves from the International Criminal Court (ICC). This is exactly what happened on January 30, with Kenyan President Uhuru Kenyatta, who is wanted by the ICC, leading the charge. While my UN colleague and I lamented the circumvention of international justice, we remain convinced the ICC has become so discredited Africans cannot possibly have faith in its ability to dispense justice impartially.

It is not just the targeting of African perpetrators, but the fact that the big powers – France in particular – have largely succeeded in manipulating the ICC to pursue its own strategic interests on the continent. The commencement of the trial of former Ivory Coast president Laurent Gbagbo in the Hague last month, after five years of incarceration, has brought the manipulation by France of the ICC to the fore. My UN colleague and I discussed how France had tried every trick in the book to neutralise Gbagbo, who came to power through democratic elections in 2000, and had sought to loosen France’s control over its former colony. Gbagbo had become the greatest threat to France’s domination not only of the Ivory Coast, but of the region, as his untying of the stranglehold of French corporations over the nation’s economy could be replicated across West Africa.

France allegedly planned five coups against Gbagbo, all of which failed, and France eventually dropped heavy ordinance on his presidential residence, using French special forces to capture him and his wife and hand them over to “their man”, Alassane Ouattara, backed by rebels assembled and armed by France.

It was former French president Nicholas Sarkozy who allegedly pushed for Gbagbo to be deported from the Ivory Coast and held by the ICC in the Hague in 2011. For five years ICC prosecutors investigated claims against him. Certain evidence brought against him by the prosecution in the pre-trial hearings was proven to be fabricated, with one video of his followers allegedly carrying out massacres having actually been shot in Kenya.

My lunch companion shared with me that it is no secret that George Soros, a major funder of the ICC, is a close friend of Ouattara and that France had funded most of the ICC’s investigations of Gbagbo.

In October last year, a presidential candidate in the Central African Republic, Pascal Bida Koyagbele, told me he had met chief ICC prosecutor Fatou Bensouda at an awards dinner in the Netherlands, where he was receiving the African Leadership Award. He asked her about Gbagbo and, according to Koyagbele, she had said: “There is nothing serious against Gbagbo, it’s political pressure coming from France and I can do nothing.” Koyagbele contends that Bensouda had lobbied France to be appointed ICC chief prosecutor.

The key to understanding France’s need to neutralise Gbagbo as a political force is that he was determined to relax France’s control over banking, insurance, transport, cocoa trading and energy policy in the Ivory Coast. In his short time in office he had invited companies from other countries to tender for government projects. Gbagbo was appalled by the gross overspending on French projects, such as the bridge France was to build in the capital Abidjan for 200 billion CFA francs, a contract he cancelled when the Chinese said they could build the bridge for 60bn CFA francs in 2002.

More importantly, up to today, France maintains its colonial pact with its former colonies whereby the French treasury controls their currencies, capital reserves, and trade and investment policies. Under the agreement between France and its former colonies on the creation of the CFA franc, the central banks of its former colonies are obliged to keep 80 percent of its foreign exchange reserves in an operations account held at the French treasury. This has made it impossible for countries to regulate their own monetary policies.

The challenge Gbagbo presented to the status quo was in fact the most serious challenge that has emerged to French domination of the region in the post-colonial period. His incarceration at the Hague was a solution of last resort, when all other means to neutralise him had failed.

Such is the agenda driving the ICC’s dispensation of justice, at least as far as Gbagbo is concerned.

* Ebrahim is the foreign editor of Independent Media.

The Star

désillusion des démocrates en drap de lit: Combattants de Dramane, retournez planter du mil, du maïs, et du riz, car Dramane n’a pas de solution de réinsertion pour vous, M. Frindéthié

dozoCombattants de Dramane, chers dozos, mécanos, coxers, et agriculteurs du Nord : je comprends votre désillusion. Vous vaquiez calmement aux activités qui depuis des décennies vous permettaient de subvenir aux besoins de vos familles, lorsqu’arrivèrent les recruteurs démagogues de Dramane Ouattara (Guillaume Soro, Chérif Ousmane, Ibrahim Bakayoko, Issiaka Ouattara, etc.). Ils vous promirent une république d’opulence si vous les débarrassiez des « Boussoumanis », et en premier de Laurent Gbagbo, qui, disaient-ils,  « affamait les Nordistes ».

 Et vos houes et vos faucilles vous troquâtes pour des kalaches. Et vos graines et vos semences vous échangeâtes contre des balles. Et quand vint la saison des pluies, plutôt que de d’ensemencer et de mettre en bouture, la chasse aux « Boussous » vous fîtes. Et quand vint le temps de la récolte, plutôt que de moissonner, à pillages, razzias et maraudages vous vous adonnèrent. Et la terre abandonnée sécha et vous tourna le dos. Et l’argent facile du butin se volatilisa très vite. Et vous vous retrouvâtes démunis et plus économiquement amenuisés que vous ne le fûtes jamais. Et votre « Pissanci Amangni », naguère si prolixe en promesses, au pied du mur, tâtonne, balbutie, radote, divague, cafouille, tripatouille, s’embrouille, bricole, mais n’a aucune solution. Et vous, entortillés, déçus, désillusionnés, désappointés, trompés, tels des orphelins lâchés dans un Sud trop grand pour eux, vivez de petits larcins, de petites maraudes, indignes des paysans qui autrefois nourrissaient les villes.

« Tout ça pour ça ! Avoir tué pour ça ! Avoir violé pour ça ! », vous entends-je soupirer. Combattants de Dramane, pendant qu’il est encore temps, retournez planter du mil, du maïs, et du riz. La terre, qui n’est pas ingrate et qui pardonne toujours, vous reprendra dans sa poitrine. Les démocrates en draps de lit et en rideaux de fenêtres n’ont aucune solution pour vous: Reprenez vos houes et vos faucilles, et retrouvez le chemin de vos champs. Retournez travailler la terre, car Dramane n’a pas de solution de réinsertion pour vous. Le voile est tombé. Il n’y a pas d’avenir à suivre Dramane. Dramane c’est l’arnaque à l’échelle monumentale.

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