Vidéo-La face cachée du cacao ivoirien

Justice américaine contra ADM, Cargill et Nestlé Côte d’Ivoire : Comment dramane s’est fait prendre à son propre piège, M. Frindéthié (20 décembre 2016)

cacaoAu début des années 2000, à la veille de la rébellion de dramane et de soro, lorsque le désir de voir tomber le Président Gbagbo prit chez dramane une obsession maladive et que tout fut mis en œuvre pour souiller l’image de « la Côte d’Ivoire de Gbagbo » au plan international, un mystérieux article fut publié dans le New York Times, qui se révélera être une fiction bien concoctée.

En effet, un journaliste américain du nom de Michael Finkel, mandé par les « tombeurs de Gbagbo », inventa un « reportage » dans lequel un enfant fictif du nom de « Youssouf Malé » fut introduit à l’Amérique comme l’épitomé d’un commerce dégradable ayant cours sur les plantations ivoiriennes de café et de cacao : l’esclavage des enfants.

Quelques temps après, Michael Finkel fut démasqué par une ONG indépendante et finit par confesser que son reportage n’était en fait qu’un tissu de menteries. Michael Finkel fut chassé du New York Times et s’évanouit dans la disgrâce.

Pour la Côte d’Ivoire, cependant, la mal était fait.

Dans le contexte international, l’on parla de la Côte d’Ivoire comme le pays de l’esclavage des enfants, et du cacao ivoirien comme le « cacao de la honte ». dramane s’en frotta les mains. Son épouse et lui avaient investi d’énormes ressources pour attaquer « le cacao de Gbagbo » ; et ils avaient enfin atteint leur but. Gbagbo était devenu « infréquentable », et son cacao « immangeable ».

dramane s’était convaincu qu’une fois au pouvoir, il renverserait les tendances, réparerait ce qu’il avait gâté, et redonnerait au cacao ivoirien ses lettres de noblesse. Et comme tout ce que, mû par sa haine pour Gbagbo et pour tous ceux qui ne voulaient pas qu’il fût président parce qu’il était musulman et du Nord, dramane gâta, dramane ne put jamais refaire la réputation du cacao ivoirien.

dominique, son épouse, après avoir participé à véhiculer l’image d’une Côte d’Ivoire esclavagiste, s’époumona à remettre dans le seau l’eau versée, et finit par admettre son échec en décembre dernier, exhortant la communauté internationale à reconnaître qu’en Côte d’Ivoire, bien sûr il y a des cas isolés de trafic d’enfants, mais qu’en général, ces enfants que l’on nomme « esclaves » ne sont que des « écoliers » qui, après l’école, viennent observer leurs parents au travail, comme cela se fait dans toutes les sociétés humaines.

Ah ! Qu’il est facile de gâter, mais dur de réparer !

C’est en voulant salir ce qui n’était plus le cacao ivoirien, mais plutôt le « le cacao du Président Gbagbo » que dramane mit ADM, Cargill et Nestlé Côte d’Ivoire dans le pétrin. Pour les Américains, ces compagnies-là ont profité de l’esclavage des enfants en Côte d’Ivoire.

La mayonnaise dramane a pris, alors, allons jusqu’au bout. Et les contorsions de dramane pour faire accepter aux Américains une narrative contraire à celle qu’il s’évertua tant à leur vendre naguère n’y fit rien. Allons jusqu’au bout, semblent dire les Américains à dramane et à sa clique, et que les partisans de la thèse de l’esclavage des enfants dans les champs de cacao ivoiriens soient entendus à la barre.

Ivoiriennes du vivrier, n’acceptez pas les semences GN (génétiquement modifiées) que l’on vous distribue si « généreusement ». C’est le cadeau du « drug dealer » à ses victimes, M. Frindéthié (20 décembre 2014)

OGMIvoiriennes du vivriers, depuis des mois j’entends dire que « la bienfaitrice » d’Abidjan vous distribue gratuitement des semences. Cela peut paraître philanthropique, n’est-ce pas ? Mais un cœur qui a supporté l’embargo sur les médicaments, un cœur qui a soutenu, impassible, le massacre des Ivoiriens afin que son mari accède au pouvoir peut-il vraiment avoir des gestes désintéressés envers les Ivoiriens ? Un cœur qui a pillé et continue de piller les ressources ivoiriennes, et dont les aspirations les plus profondes ne sont motivées que par l’accumulation illégale de richesses peut-il vraiment être charitable ?

Ivoiriennes du vivrier, n’acceptez pas les semences génétiquement modifiées qui vous sont offertes par cette « démarcheuse de mort » sous le manteau de la charité. N’acceptez pas le premier cadeau du « dealer » de drogue. Ce qu’elle recherche vraiment, c’est de créer en vous une dépendance qui vous amarrera à jamais aux multinationales vendeuses de semences qui, à défaut d’avoir vos terres, ont juré d’avoir le contrôle entier de ce que vous y plantez et le contrôle du prix de ce que vous y plantez.

Ivoiriennes du vivrier, n’abandonnez pas vos semences biologiques que vous avez toujours replantées l’année d’après pour des semences qui ne se reproduisent pas. Les semences OGM (organismes génétiquement modifiés) ont ceci de particulier qu’elles ne se reproduisent pas et qu’il faut chaque année aller les acheter à la firme biotechnique qui les fabrique. Attention donc à ces distributions « généreuses » de la vendeuse de mort, qui en réalité ne sont que la dernière trouvaille pour vous dépouiller de vos terres.

Lorsque vous aurez abandonné vos semences biologiques qui ont ce grand avantage de se replanter chaque année, et lorsque vous vous serez accrochées à ces semences GN qui ne se reproduisent pas, lorsque vous aurez remplacé vos semences biologiques par ces semences qu’il faut acheter chaque année chez le spécialiste, et qui, en plus d’être génétiquement formulées, manipulées pour s’autodétruire après la première récolte, requièrent aussi une quantité immesurable d’engrais pour s’activer, alors vous serez à jamais intoxiquées. Vous serez, grâce à la « bienfaitrice » d’Abidjan, les junkies des compagnies semences pour lesquelles elle manœuvre.

Ivoiriennes du vivrier, méfiez-vous de ces semences que vous offre si « généreusement » la marchande de mort. Mais surtout, Ivoiriens et Ivoiriennes, éduquez-vous sur les OGM pour mieux éduquer vos parents planteurs sur les dangers de cette autre grande escroquerie.

La réconciliation, un nouveau virus? Deux hommes assoiffés de vertu? par Frederick Becket (2e partie)

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Dans ce second volet de notre trilogie, notre réflexion se focalise sur deux hommes : les présidents BÉDIÉ et GBAGBO.

Nous avons précédemment expliqué ce qu’il fallait entendre par RÉCONCILIATION, ce virus qui semble toucher tous les Ivoiriens, et particulièrement la classe politique. C’est trop souvent que la classe politique se sert de la réconciliation comme d’un cache-sexe, pour voiler l’insigne nudité (nullité ?) ou la vacuité de sa pensée et son absence de vision en ces heures pourtant décisives de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Par contre, si par RÉCONCILIATION, on entend la réconciliation de chaque Ivoirien avec lui-même, alors les présidents GBAGBO et BÉDIÉ, comptent au nombre des rares Ivoiriens qui ont la capacité de la favoriser, d’y contribuer, de la faciliter, et finalement de la rendre possible.

Sur ces 2 hommes, tout a été dit.

De leurs faiblesses, de leurs reniements, de leurs trahisons, de leurs mensonges, de leur lâcheté, de leur égoïsme, et de bien d’autres choses encore dont ils doivent avoir honte.

Mais aussi, de leur courage, de leur détermination, de leur lucidité, de leur engagement, de leur intégrité, de leur générosité, et de bien d’autres choses encore dont ils peuvent être fiers.

Ils ont déchaîné toutes les passions, des plus sincères aux plus malsaines.

Et, aujourd’hui, encore et toujours, ils continuent d’enflammer l’esprit de leurs contemporains. Il suffit de se rendre sur la toile, et de suivre ce qui se dit d’eux à travers les réseaux sociaux, pour s’en convaincre.

Par-delà les injures les plus obscènes que profèrent des milliers de malades mentaux qui ont (malheureusement) accès à certains médias, toutes les supputations convergent vers un point ultime : ces deux hommes sont-ils des « hommes du passé » que leurs turpitudes ont définitivement condamnés, appartiennent-ils à une génération incapable d’appréhender les enjeux actuels ? Faut-il les reléguer aux oubliettes de l’histoire ? Ou bien ont-ils encore un avenir ?

Alors que se précise, chaque jour davantage, une élection présidentielle dont l’enjeu est de jeter bas un pouvoir qui, 10 ans durant, s’est livré à la plus effroyable, la plus inhumaine de toutes les prédations sous la conduite d’un homme entré en politique par effraction, il faut s’interroger sur la santé morale de nos concitoyens.

Avec quels électeurs cette élection se fera-t-elle ?

Faute d’hommes de vertu pour porter leurs aspirations, les élections se tiendront avec une population qui n’a plus foi en rien.

Une population désemparée.

Une population abusée et désabusée. Désabusée parce que trop longtemps abusée.

Une population qui a ou baissé les bras, ou décidé, pour sa survie, de s’investir dans l’insincère apologie d’un régime auquel elle ne croit pas ; tel un Venance Konan, prototype du journaliste « démocrate » à l’africaine, qui aujourd’hui encense l’actuel locataire de la Présidence, dont hier seulement il disait ceci: « Pourquoi les Ivoiriens doivent-ils prendre le risque de confier leur destin à « mossi dramane », un homme dont le patriotisme n’est pas exclusivement ivoirien … un aventurier dont le patriotisme fluctue au gré de ses intérêts … un homme dont le nationalisme varie selon l’air du temps ? »

Pauvres ivoiriens ! Quels outrages, quelles mascarades n’ont-ils pas subis ?!

Et comme on comprend leurs désillusions et leur défaitisme…

Alors, que doivent faire les présidents BÉDIÉ et GBAGBO en cet instant précis ?

Faire preuve de courage et de vertu.

Pour être un homme vertueux, il faut :

– être convaincu qu’il n’existe pas d’homme providentiel ;
– être convaincu qu’une élection ne se remporte pas dans l’attachement hystérique à un homme mais par l’adhésion raisonnée aux valeurs qu’il défend ;
– être convaincu que les ivoiriens ne sont plus dupes et n’attendent plus de sauveurs ; ceux du passé leur ont laissé un goût bien trop amer.

Le Président Gbagbo, en particulier, doit être convaincu que son retour n’entraînera pas nécessairement de raz-de-marée susceptible de le porter au pouvoir, comme la lampe magique d’ALADIN transporte ce dernier sur des nuages blancs !

La violence du combat qui s’annonce ne doit plus laisser le moindre doute sur les comportements, les attitudes et les principes qui doivent prévaloir.

Chacun de ces deux hommes doit renoncer à lui-même.

L’heure n’est plus aux calculs d’états-majors, aux décomptes mesquins de ce que l’on perd et de ce que l’on gagne en s’alliant avec l’autre.

De toute façon, on perdra tout si on ne s’allie pas dans la transparence et la vérité.

L’heure n’est plus aux combines d’arrière-boutiques, à ces petits complots politiciens qui font les délices des militants à courte vue.

L’heure n’est pas à se demander lequel de BÉDIÉ ou de GABGO doit être la figure de proue, et à imaginer les stratégies pour imposer son champion.

L’heure n’est plus aux bases supputations, aux tactiques aussi tortueuses que perverses.

L’heure est à la transparence et à la vérité.

Voici venir l’heure des hommes vertueux, des hommes qui regardent leurs peuples dans les yeux, des hommes qui disent ce qu’ils font et font ce qu’ils disent.

L’heure est à la vertu.

Car de la vertu naît la confiance.

Les Ivoiriens ont soif de pouvoir accorder leur confiance à ces 2 hommes qui hier encore usaient de stratagèmes inavouables pour se duper l’un l’autre.

C’est justement parce qu’ils ont tant pêché, qu’ils se sont tant trompés, qu’un sursaut moral venant d’eux sera le premier indice, même s’il est faible et peut paraître dérisoire, d’une nation en train de se relever enfin, de se construire et de construire son identité nouvelle.

Les Ivoiriens doivent être convaincus que les motifs qui conduisent à l’alliance qu’on leur laisse entrevoir ont été murement réfléchis, soupesés, et finalement retenus.

La vertu dont ils feront preuve convaincra les ivoiriens que les « hommes du passé » se sont rachetés et qu’ils peuvent, dés lors, porter légitimement le combat collectif.

Il ne leur reste plus qu’à s’avancer, dés à présent, sous les projecteurs, et annoncer à la face du monde que, renonçant à toute manœuvre et à tout calcul, ils se portent garants de l’alliance nécessaire de leurs formations politiques, alliance fondée sur la vertu et la vérité.

Et que, pour cet ultime combat, l’ultime combat de leur vie, ils sauront se transcender.

Voici ce que disait KWAMÉ N’KRUMAH de l’africain vertueux, l’africain nouveau :

« L’Afrique a besoin d’un nouveau type de citoyen, dévoué, modeste, honnête et bien informé, qui renonce à lui-même pour servir la nation et l’humanité, qui ait la convoitise en horreur et déteste la vanité. Un homme nouveau, dont la force soit l’humilité, la grandeur, l’intégrité ».

Les Ivoiriens sont en quête d’hommes vertueux.

Puissent les Présidents BÉDIÉ et GBAGBO être des hommes assoiffés de vertu !

(à suivre)

La Réconciliation, un nouveau virus ? Réconciliation, Considération et Vérité, par Frederick Becket (1ère partie)

Gbagbo-BedieDepuis quelques temps, le même mot est sur toutes les lèvres. Dans la rue, les salons privés, les lieux publics ; il court d’un bout à l’autre de l’échiquier politique…
C’est le cas de le dire, tout le monde semble s’être donné le mot !!!
Et ce mot est : « réconciliation ».
La rapidité avec laquelle il se propage prend l’allure d’une épidémie.
Faudra-t-il bientôt que l’OMS déclare une nouvelle épidémie hémorragique en Afrique ? Et la Côte d’Ivoire épicentre de cette zone épidémique ?
Ainsi, les Ivoiriens auraient besoin de se réconcilier ?!
Chacun semble s’accorder sur ce constat.
Réconcilier dites-vous ?
Mais avec qui ?
Avec qui l’Ivoirien devrait-il se réconcilier ?
Si j’ai succombé, moi aussi, à cette épidémie, c’est non parce qu’elle est contagieuse, mais parce que je partage également la conviction que l’Ivoirien a besoin de se réconcilier.
Mais, se réconcilier d’abord avec lui-même.
Meurtris par 20 ans d’une tragédie politique qui n’en finit pas, les Ivoiriens ne croient plus en rien.
Déchirés, ils ont assisté à la partition de leur pays, et ont le sentiment que cette partition persiste de bien des manières.
Humiliés, ils ont dû courber l’échine devant l’invasion des hordes barbares qui ont déferlé de l’étranger.
Désemparés, ils ont cherché en vain les moyens de retrouver une unité politique, morale et culturelle qui les fuit depuis 20 ans… ou depuis toujours.
Désabusés, ils ont constaté l’incapacité de la classe politique à répondre aux attentes les plus élémentaires des citoyens.
Il se sentent déconsidérés.
Comment ne pas l’être lorsque l’on constate que les jeux politiciens tiennent lieu de projet politique ?
Comment ne pas l’être lorsque les combines prédatrices sont présentées comme des programmes économiques novateurs ?
Ils ont fini par se lasser des hommes politiques dont le discours, toujours le même, leur promet le paradis, pour finalement leur offrir la misère et le désespoir.
Ils se sentent trahis.
Tellement floués, bernés, déconsidérés, qu’ils sont aujourd’hui totalement démobilisés.
Croire que la providence est capable de produire un raz-de-marée populaire si puissant qu’il en sortira une société nouvelle est une illusion infantile.
C’est croire aux vertus bénéfiques d’un emplâtre sur une jambe de bois.
Aujourd’hui, rien ne peut remplacer la nécessité d’une vaste entreprise de ré-armement moral et politique. Rien n’est plus urgent que l’impératif de formation, d’éducation et de sensibilisation auquel nous faisons face.
Les Ivoiriens sont tellement démobilisés qu’ils renoncent à leurs droits les plus élémentaires.
La meilleure preuve est le taux d’abstention aux élections qui se sont tenues ces dernières années.
Les électeurs inscrits n’ont pas voté. Ils n’ont pas ressenti la nécessité d’un acte dont le sens et les fins ultimes leur échappaient.
Ils n’ont pas ressenti la nécessité d’accomplir un devoir, que par ailleurs l’on dit citoyen, pour désigner des représentants dont la qualité première est l’incivisme.
Des étrangers, payés à cette fin, l’ont fait à leur place.
À force donc d’avoir été floués, trahis, trompés, les Ivoiriens se sentent déconsidérés.
Une déconsidération dont la conséquence la plus malheureuse est la perte de confiance en soi.
Au moment où les présidents BÉDIÉ et GBAGBO prennent une nouvelle initiative politique, il est important qu’ils mesurent le formidable défi auquel ils font face : redonner à chaque Ivoirien une raison de croire d’abord en lui-même et en ses capacités personnelles d’influencer le cours de la vie.
La seule façon d’y parvenir est de le traiter avec considération, comme un citoyen adulte.
Un citoyen doué de raison devant lequel on est redevable des engagements que l’on prend.
Pas comme un électeur que l’on cherche à manipuler de mille et une façons, afin de lui extorquer un vote favorable.
De cette considération nouvelle naîtront la confiance et l’engagement. De cette considération naîtront des volontés et de fermes résolutions, faites pour durer, et que l’on entretiendra grâce à une saine pédagogie de l’action politique.
À ce moment précis de l’histoire de leur pays, les présidents BÉDIÉ et GBAGBO sont face à eux-mêmes.
Irrémédiablement seuls face à eux-mêmes et à leur vérité intime.
C’est d’eux notamment que dépend le ré-armement moral et politique, condition essentielle du succès des luttes politiques à venir.
Ils ont aujourd’hui le pouvoir de réconcilier chaque Ivoirien avec lui-même, créant ainsi la condition première d’une réconciliation nationale construite autour d’une identité commune, d’un dessein et destin communs.
S’ils saisissent cette formidable opportunité et sont capables de construire, dans la VÉRITÉ et la TRANSPARENCE , une alliance reposant sur des fondations forgées dans un esprit de sacrifices et de compromis mutuels, sur des bases mutuellement et sincèrement consenties, tous les succès sont possibles.

Enfin traités avec respect et considération, les Ivoiriens s’engageront et renonceront au défaitisme.
Une fois ce postulat rempli, le premier aspect à étudier est celui de la méthode, méthode à travers laquelle sera construite cette alliance afin d’en faire une alliance VRAIE et DURABLE, que les Ivoiriens regarderont avec CONSIDÉRATION, comme la preuve du respect dans lequel les hommes politiques les tiennent désormais.
Si, comme par le passé, l’initiative des 2 présidents se borne à un « coup politique », chacun cherchant secrètement à duper l’autre, un « coup politique » reposant sur de faux-semblants, de faux-calculs, et des arrière-pensées inavouables, le précipice s’ouvrira sous nos pieds.
Si ces deux hommes sombrent face au poids de l’histoire, nous sombrerons avec eux, et ce pays connaîtra le plus terrible de tous les naufrages.
De toutes nos forces, nous voulons croire qu’ils s’élèveront à la hauteur du destin qui est désormais le leur… à suivre

DJ ARAFAT EST MORT PARCE QU’ON NE LUI A PAS RETIRÉ SON PERMIS DE CONDUIRE ET SA MOTO ! (Franklin Nyamsi)

 

ICC Chief Prosecutor Accused of Crimes Against Humanity

 

Fatou Bensouda, ICC chief prosecutor, was minister of justice of Gambian dictator Yaya Jammeh of Gambia. Talk about credibility!

By Omar Bah
Criminal lawyer Carlos Ramirez Lopez and Walter Marquez, retired deputy to the National Assembly of Venezuela and president of El Amparo Foundation, have lodged a formal complaint against the prosecutor of the International Criminal Court (ICC) Fatou Bensouda.
The two submitted their complaints before the head of Independent Oversight Mechanism (IOM) of the ICC, Saklaine Hedaraly, seeking Bensouda’s suspension after they claim to have analyzed and consigned evidence that accuses the official as a serious human rights violator in The Gambia.
“In accordance with paragraph 1, article 46 of the Rome Statute, relating to the functioning of the ICC, in accordance with Rule 24 paragraph 1 section a.ii, of the Rules of Procedure and Evidence, we file this complaint against the Chief Prosecutor, for gross negligence in the exercise of her duties, for concealing information or circumstances of a sufficiently serious nature to have precluded her from holding office, and for having committed serious violations of human rights and crimes against humanity before her official functions, which are of a grave nature that causes damage to the standing of the Court,” Marquez explained.
The complainants Ramírez and Márquez said that Bensouda participated in personal and direct actions that violate human rights as well as crimes against humanity committed against citizens of The Gambia, during the military dictatorship of Yahya Jammeh, between 1994 and 2002, to whom she served in various positions of the judicial repression apparatus of the regime as Prosecutor, Minister of Justice and Attorney General.
They indicated that on July 11, 2019, the JusticeInfo.Net media of the Hirondelle Foundation published a report under the signature of journalists Thierry Cruvelier and Mustapha K. Darboe, a citizen of Gambia, who included a chapter entitled “Will Fatou Bensouda face the Truth Commission in Gambia?” , in which they certify that several citizens of that country, including Batch Samba Jallow and Sainey Faye declared before the Commission that Fatou Bensouda personally participated in the serious human rights violations committed by the military regime.
The report notes that Bensouda joined the cruel dictatorship of this country in 1994, where multiple and serious human rights violations were committed through systematic practices of acts of torture, fabrication of evidence, illegal detentions, enforced disappearances and deaths in custody, and adds that the current ICC prosecutor only stopped participating in those criminal acts when in 2002 she was hired to work in the International Criminal Court for Rwanda, and then in 2004 when she was appointed Deputy Prosecutor of the International Criminal Court .
Carlos Ramirez Lopez and Walter Marquez pointed out that the Rome Statute in its article 42.3 requires that the Prosecutor must have a “high moral consideration”, and the actions of Fatou Bensouda, are contrary to ethics and moral force that should guide this official position.
Read more on…https://standard.gm/lawyers-seek-icc-prosecutors-suspension/

Africa’s Biggest Challenge Today is to Grow out of its Slave Mentality, M. Frindéthié (12/29/2010)

Africa’s biggest challenge today is to grow out of its slave mentality, and to grow veritably, in spite of the sabotaging acts of the nostalgic former colonizers assisted by their swarm of self-destructive native informants. This challenge is significant, as it amounts to displacing the frame of reference that informs the judgments of the African elites. Colonization was not just about draining off wealth from Africa; it was also about physically beating the African in the fields and on the worksites, and mentally beating his brain to pulp in the colonial schools and churches in order to outfit him for the maintenance and perpetuation of the ideology of Western dominance. This enterprise of alienation worked so successfully that the first leaders of the newly independent African countries—many of whom are still in power today through their progeny—govern their nations in the interest of the former colonizers. Whenever the Western frame of reference has been challenged by a few farsighted nationalists, whenever these nationalists have rallied enough support to imperil the Western influence on their countries, they have been simply eliminated by native hit men on the payroll of the rapacious Western interests, when their programs have not been sabotaged and their countries literally sacked and set on fire to confirm the propagated notion by a racist and self-centered West of the inability of blacks to govern themselves. Despite the danger of obliteration, a few audacious African intellectuals have not hesitated to challenge the presumed natural center of savage capitalism with its implied hegemonic agenda.

An they are right, for in spite declarations to the contrary, the presumed center is not the necessary center. The presumed center is inherently contradictory insofar as it has failed to uphold the very values upon which rests its assumed centrality. On the matters of freedom, equality, good governance, accountability, and above all, on the matter of democracy, the presumed center has demonstrated its imposture.

            It is understandable that foreign investors should seek to draw maximum profits from their investments in Africa. On the other hand, it should also be expected that African states would demand the maximum earnings for the exploitation of their resources by foreign multinationals. These two positions are not irreconcilable, and they should constitute the foundations upon which foreign investors and African governments conduct their negotiations. However, when multinational corporations from Western countries operate in Africa, they tend to bully African states to submission through economic blackmailing and threats of military invasions; for indeed, whenever a powerful state intervenes to invade a weak state, one can be sure that some private investors from the powerful state, unhappy about their returns in the weak state, have directly or indirectly triggered the military intervention. Western multinational corporations have often blindfolded, gagged, and tortured African leaders in the dungeons of Western jouissance. Though, for some inexplicable reasons, most African leaders seem to have enjoyed their servitude, their unexpected proclivities have been depressing for the African masses. For the welfare of the people they are accountable to, African governments ought to get out of their losing rapport with the West.

This can only happen if African nations first place themselves in propitious conditions for rejecting Western countries’ poisoned gifts of aid and loans. African states have to develop their own investment funds and enfranchise themselves from the abusive and exploitative “friendship” that they have maintained with the core states. African states should make it their mid-term objective to leave the Bretton Woods institutions, these rapacious organizations that prosper by cultivating misery in Africa. To enfranchise themselves from the usurers that the World Bank and the IMF are, African states, along with other developing countries, should agree to apportion a small part of their annual commodity export revenues to a collective development account from which member states could be loaned money for their development projects. Such an account could also help member states establish strong credit for getting loans, no longer from the core states, which have given enough proof of their insincerity, but this time from such transitional states as China. This idea is not novel. President Gbagbo from Côte d’Ivoire is an indefatigable herald for the creation of what he calls Fonds de Garantie et de Souveraineté, which is essentially the same concept.

Ce que pense vraiment Venance Konan de dramane wattra: Morceaux choisis

Venance KonanVenance Konan, cet écrivaillon du ventre, a bien la plume bavarde ces derniers jours. Et si nous revisitions tel quel son gribouillage d’il y a quelques années ? Peut-être que cela nous aiderait un peu à pénétrer les effluves épais qui enfument sa cervelle pour découvrir l’essence de ce qu’il est vraiment.

IVOIRIENS ET LEUR IVOIRITE  (Vendredi 13 Février 1998 )

De nombreuses personnes, souvent très proches du PDCI disent que ce qui les gènes dans ce code électoral en discussion en ce moment est qu’il semble dirigé contre Monsieur Alassane Ouattara. Les gens du PDCI s’en défendent. Pour ma part, je pense que si ce code électoral était dirigé contre Monsieur Alassane Ouattara ce serait une très bonne chose.

Pourquoi ne dit-on pas que ce code électoral est dirigé contre Monsieur Gbagbo Laurent (qui lui a déjà déclaré qu’il sera candidat à a Présidence et affirme avoir le plus grand parti de Côte d’Ivoire) ou Monsieur WODIE, ou Monsieur Gueu Dro, ou moi ? Pourquoi seulement Alassane Ouattara alors qu’il n’a jamais dit qu’il briguera la présidence de la république de la Côte d’Ivoire, c’est parce que ceux qui le soutiennent et ceux qui le soutienne et ceux qui ne le soutiennent pas savent qu’il est celui qui a un problème de nationalité. Alassane Ouattara affirme être un ivoirien. C’est sans doute vrai. Mais il est un fait qu’à une certaine période de sa vie, il porta la nationalité du Burkina Faso actuel. Fut-il d’abord ivoirien, puis burkinabé avant de redevenir ivoiriens ? Est-ce parce que l’un de ses parents était burkinabè, si c’est le cas, nous constatons simplement qu’il eut des liens et des sentiments très forts avec ce pays pour s’en réclamer ressortissant. Pourquoi les ivoiriens doivent-ils prendre le risque de confier leur destin à un homme dont le patriotisme n’est pas exclusivement ivoirien ? Au nom de quel principe ?

A-t-il pris la nationalité burkinabé simplement parce que ça lui permettait d’entrer au FMI et à la BCEAO ?, si c’est le cas c’est un aventurier dont le patriotisme fluctue au gré de ses intérêts. Pourquoi les ivoiriens devraient-ils prendre le risque de confier leur destin à un homme dont le nationalisme varie selon l’air du temps ? Au nom de quel principe ?

Gbagbo Laurent et Djeny Kobina disent que cette loi est raciste, xénophobe etc que tous ceux qui ont la nationalité ivoirienne même s’ils ont été naturalisés hier doivent être candidats à la Présidence. Ignorons-nous que de nombreux ivoiriens vivant en France font tout aujourd’hui pour avoir la nationalité française afin d’échapper aux foudres de la police de Pasqua, ceux-là seront-ils fondés à briguer un jour la présidence française ? Ignorons-nous que de nombreux Guinéens, burkinabè, Maliens, Camerounais, Zaïrois, Nigérians font tout pour avoir la nationalité ivoirienne pour aller travailler dans des organismes internationaux, pour entrer en Europe (parce que s’ils disent leur vraie nationalité ils sont aussitôt suspects) ou pour venir vivre et travailler chez nous, combien de fois ivoir’soir n’a-t-il pas parlé des trafics de fausses pièces d’identité,

Est-ce d’être raciste et xénophobe que de prendre un minimum de précautions pour que notre pays ne tombe pas aux mains d’aventuriers, est-ce aller trop long que d’exiger que le père et la mère au moins soient ivoiriens pour être sûr que celui qui dirigera notre pays n’aura pas un coeur qui balance ailleurs, les ivoiriens savent-ils qu’ailleurs on exige que les parents eux-mêmes soient de père et mère nationaux pour briguer la présidence. On a aussi beaucoup commenté la disposition qui dit qu’il faut avoir résidé de façon continue en Côte d’Ivoire pendant les cinq années qui précèdent la date des élections, pour déduire qu’elle vise Alassane Ouattara. On a oublié de lire le paragraphe suivant qui dit que cette disposition ne s’applique pas aux ivoiriens choisis par l’Etat de Côte d’Ivoire pour servir dans des organisations internationales. Rappelons que lorsque Monsieur Alassane Ouattara allait au FMI, le gouvernement avait dit que c’était lui qui l’avait choisi. Et c’était ceux qui le supportent aujourd’hui, à savoir Gbagbo Laurent et Djeny Kobina, qui disaient que c’étaient faux, qu’il y était par ses propres mérites. Qui dit vrai aujourd’hui ? S’il y a été envoyé par la Côte d’Ivoire il est évident qu’il n’est pas visé par cette disposition. Donc où est le problème, s’il a décidé tout seul aller se mettre au service du FMI ? Pourquoi cela nous sera-t-il opposable aujourd’hui ?

Pourquoi le candidat doit-il avoir résidé au moins 5 ans dans le pays avant les élections, ceux qui ont suivi les dernières élections en Pologne ont la réponse. Vous vous en souvenez, un polonais qui avait vécu toute sa vie au canada a débarqué et s’est présenté à la candidature. Il a distribué des millions, promis la lune aux polonais et a mis Lech Walesa en ballotage après avoir battu le Premier Ministre Tadeuz Mazowiescki. Il s’en est fallu de peu qu’il ne devienne Président. Et l’on s’est rendu compte après qu’il n’était qu’un escroc. Il a disparu de la circulation après. La Côte d’Ivoire peut-elle se permettre de prendre un tel risque, Je pense que nous devons arrêter de voir Bédié, Alassane ou Gbagbo dans cette affaire de code électoral. Nous devons arrêter de voir nos ethnies, nos régions et nos religions dans cette affaire. Nous ne devons voir que la Côte d’Ivoire. La nôtre, celle de nos enfants, de nos petits-enfants, de nos arrière-petits-enfants. La Côte d’Ivoire éternelle. Si nous confions notre pays à des mains peu sûres et qu’il se brise, il n’y aura aucune ethnie ou religion qui sera épargnée. Et c’est aujourd’hui que nous devons poser les règles de cette Côte d’Ivoire que nous voulons solide. Et je crois que nous devons aujourd’hui remercier Alassane Ouattara de nous avoir permis d’ouvrir les yeux sur notre réalité, notre ivoirité. Pendant longtemps nous avons tous baigné dans un certain laxisme, nous avons tous fermé les yeux, et tout le monde a fait ce qu’il voulait dans notre pays. Aujourd’hui nous ouvrons les yeux et nous constatons que notre pays a au moins 40% d’étrangers, que notre économie ne nous appartient plus, que des assassins libériens font la loi dans l’Ouest de notre pays et que si nous n’y prenons garde nous confierons notre pays à quelqu’un qui n’est pas ivoirien ou pas suffisamment pour souffrir ou mourir avec lui. Et Messieurs Gbagbo et Kobina veulent que nous continuions dans cette voie dangereuse, au mon de quel principe ?

Nous sommes panafricanistes. Nous sommes fermement convaincus que l’intégration est notre voie de salut. Mais l’intégration suppose que nous marchions tous du même pas. Toutes nos boutiques sont tenues par des Mauritaniens. Allez essayer d’ouvrir une boutique en Mauritanie. Ou au Nigeria. Ou au Ghana. Essayer d’aller au Gabon sans visa. L’intégration suppose que tous les pays candidats à cette intégration se fixent des règles communes et des objectifs à atteindre et que tout le monde respecte ces règles. Mais on ne peut pas demander à l’un de perdre son identité au profit des autres.

Alors ce code électoral vise Alassane Ouattara, Oui, et alors, il n’est pas le seul. Mais il y a aussi des millions d’ivoiriens de souche, de père et de mère et arrière grands-parents ivoiriens, qui n’ont jamais renoncé à leur nationalité et qui ont consacré toute leur vie à bâtir ce pays. Pourquoi ne parle-t-on pas de ceux-là ?

On dit aussi qu’Alassane Ouattara fut Premier Ministre. Et que cela lui donne une légitimité pour briguer la présidence. D’abord il n’a pas été élu Premier Ministre. Et le débat actuel porte sur la présidence. Et, rappelons-le-encore, ceux qui le combattirent le plus violemment parce qu’il était Burkinabè. Mais tout ça c’était une autre époque. Celle où les ivoiriens toléraient beaucoup de choses. Il y en a une autre qui commence où les ivoiriens veulent conduire eux-mêmes leurs affaires.

Venance KONAN Fraternité Matin / Vendredi 13 Février 1998

QUE RECHERCHE LE RDR ? (Vendredi 20 Mars 1998)

A Odienné le RDR est chez lui. C’est « son territoire ». Ne dit-on pas que la mère de leur gourou vient de là-bas, dans un village qui est la frontière avec la Guinée, N’est-ce pas dans la région d’Odienné que le RDR a eu plus de voix ? Alors la région d’Odienné est son “territoire” Aussi lorsque la première dame de Côte d’Ivoire veut se rendre à Odienné, le RDR considère cela comme une violation de domicile, un casus belli ; Il ne peut l’accepter. Madame Henriette Konan BEDIE n’est-elle pas l’épouse de Monsieur Henri Konan BEDIE ? Leur ennemi, celui qui a ravi la place qui, selon eux, devait revenir à leur “Bravetchê” au nom d’on ne sait qu’elle constitution ou loi de quel pays ? Pour ce qui nous concerne en côte d’ivoire, tous les ivoiriens savent qu’en 1993, la constitution prévoyait qu’en cas de décès du Président de la République, le Président de l’Assemblée Nationale lui succèderait aussitôt.

Puisqu’ils ne peuvent empêcher Madame la Présidente de se rendre à Odienné qui est sur le territoire ivoirien, l’ineffable Mamadou Ben Soumahoro et ses comparses ont tenté, par des formules alambiquées de faire échouer cette visite. Las ! La population d’Odienné est sortie massivement pour accueillir la Dame au grand cœur. Parce que cette population savait que Madame BEDIE était venue pou la servir, comme elle le fait à travers tout le pays. Même l’envoyé spécial d’un journal proche du RDR a dû, à son corps défendant, reconnaître que la visite de Madame La Présidente avait été un succès populaire. On ne peut pas cacher la forêt avec la main. Mais le Député-maire d’Odienné, sans craindre le ridicule a tenu à dire qu’il était là. C’est comme il lui plaît. La population d’Odienné, celle que Madame BEDIE était partie rencontrer était bien présente et c’est là l’essentiel.

Mais tout ceci nous amène à nous interroger sur les objectifs de ce parti appelé RDR. On se souvient tous des propos invitant à la haine tribale tenus par Djeni Kobina lors de sa récente tournée à travers notre pays. Des propos que l’on ne saurait tenir dans un autre pays, au Ghana par exemple, sans se retrouver en prison. On se souvient aussi des propos de Mamadou Ben Soumahoro qui demandait carrément que les Baoulé soient confinés dans leur terroir d’origine. C’est à peine s’il n’a pas demandé que l’on leur interdise de se déplacer sur le territoire ivoirien. On se souvient encore de tous les efforts du RDR pour faire croire à une partie des ivoiriens qu’ils étaient des martyrs. Que veut le RDR à la Côte d’Ivoire ? Au fond, le tort de la Côte d’Ivoire est d’avoir confié de hautes responsabilités à un travailleur immigré du nom d’Alassane Ouattara. Parce que feu Houphouët Boigny, vers la fin de sa vie a nommé Premier Ministre un homme dont la nationalité voltaïque a parfaitement été établie, certaines personnes veulent aujourd’hui que cet homme devienne le Président de la côte d’ivoire. Parce qu’il n’y a pas d’ivoiriens dignes de diriger la Côte d’Ivoire ? Nous voulons bien comprendre que certaines personnes qui ont bénéficié de substantiels avantages au temps d’Alassane Ouattara le regrettent aujourd’hui. Mais les ivoiriens ne peuvent accepter que ces personnes là tente de les diviser et mettent en péril leur pays.

Les Ivoiriens qui n’ont pas la mémoire si courte se souviennent encore des moments difficiles qu’ils ont vécus sous l’ère Alassane Ouattara. Ceux qui le suivent aveuglement aujourd’hui doivent se demander objectivement ce que cet homme a apporté à ce pays et ce qu’il pourrait lui apporter si nous le lui confions de nouveau. Monsieur Ben Soumahoro qui l’insultait dans les journaux savait bien ce qu’il lui reprochait. Aujourd’hui qu’il a retourné son boubou pour devenir son sofa, il pourrait peut-être nous expliquer son programme ?

Depuis 1994, la Côte d’Ivoire a renoué avec la croissance. Les populations en attendent légitimement les retombées. Elles ont commencé à les toucher à travers les routes, les écoles que l’on construit partout dans le pays, les village que l’on électrifie chaque jour, la valorisation du prix des matières premières, les enfant que l’on vaccine contre la polio, etc. les populations attentent plus. C’est légitime.

Mais, comme nous le répète inlassablement le Président Henri Konan BEDIE, pour avoir ce plus il nous faut faire preuve de rigueur, de persévérance dans le travail et il nous faut surtout maintenir la cohésion nationale. C’est pour cela que nous ne pouvons accepter les actions des dirigeants du RDR qui ne rêvent que de voir ce pays déchiré, ensanglanté. Parce qu’ils croient que leur « Bravetchê » pourrait profiter de ce chaos.

Aujourd’hui la Banque Mondiale et le FMI viennent de nous accorder 1200 milliard de francs. Quant de telles institutions débloquent une telle somme en faveur d’un pays, cela signifie qu’elles font confiance à ses dirigeants et à leur bonne gouvernance. Nous ivoiriens devons nous montrer digne de cette confiance en continuant dans l’effort et en refusant que des étrangers sabotent les actions menées par nos dirigeant pour notre bien-être.

Y a-t-il un ivoirien qui parcourt le Ghana ou le Burkina en insultant leurs dirigeant et en suscitant la haine tribale ?

Revenons à la réalité. On les a trop longtemps menés en bateau. Et beaucoup d’entre eux ont gâché leur vie pour rien. La réalité est que le RDR ne mène nulle part. Un petit groupe de personnes entretiennent des frustrations artificielles chez des milliers d’ivoiriens pour se faire une place au soleil. C’est tout. Djéni avait espéré entrer au gouvernement grâce au RDR. Il est furieux que ce soit Adama Coulibaly qui ait été choisi. Les tribulations de Djeni Kobina Jackson lors des dernières élections législatives montrent bien qu’il n’a aucune assise dans ce pays et que de ce fait, le suivre, c’est foncer dans le vide. N’avait-il pas promis aller à Korhogo pour « dire la vérité » aux populations sur l’entrée d’Adama Coulibaly au gouvernement ? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Parce qu’il a compris que la population de Korhogo préférait suivre un de ses fils, qui est enraciné dans sa culture plutôt qu’un aventurier qui a tout le mal du monde pour dire simplement le nom de son village. Pourquoi des ivoiriens qui aimaient leur pays et sont fiers d’être ivoiriens, suivraient-ils un autre aventurier qui ne peut indiquer le village de son père, qui change de nationalité au grès de ses intérêts et qui ne montre aucun intérêt pour les problèmes des ivoiriens ? Si ADO veut croire que l’on peut faire de la politique par procuration et si Djéni veut attendre qu’un messie vienne réaliser son destin, laissons-les à leurs illusions. Mais il est temps que les ivoiriens comprennent que eux, n’ont pas deux pays et que s’ils laissent quelqu’un d’autre venir détruire celui qu’ils ont en y semant la haine, en montant des populations contre d’autres, ils seront les seuls à s’en mordre les doigts.

Venance Konan Fraternité Matin/Vendredi 20 Mars 1998

« OU EST TON VILLAGE ? » (30 Avril 1999)

Il y a quelque chose de pathétique dans les constantes références de Djéni Kobina à Alassane Dramane Ouattara. Surtout après l’entrée de Monsieur Adama Coulibaly au gouvernement. A l’entendre, ce qui lui a le plus fait mal, ce n’est pas qu’il n’ait pas été informé mais qu’ADO ne l’ait pas été. ADO, le messie, pour l’arrivée duquel il faut nettoyer les écuries, rendre droits les chemins tortueux, aplanir les collines, boucher les trous. Djéni Kobina, leader politique, chef d’un parti représenté au Parlement ne fait donc de la politique que pour préparer la voie à un homme miraculeux qui viendra guérir tous les maux de la Côte d’Ivoire, avec bien entendu lui-même à sa droite et sans doute l’impayable Ben Soumahoro à sa gauche. Et ADO, en homme providentiel qu’il est, ne parle pas. Pourquoi se fatiguerait-il ? Djeni parle pour lui. ADO est le père spirituel du RDR, disent les militants de ce parti. Le dieu de ce parti. Et en bon dieu qu’il est, il ne saurait s’adresser directement aux hommes. A-t-il jamais tenu un meeting ? A-t-il jamais montré un quelconque intérêt à l’égard de ceux qui sont prêts à mourir pour lui ? A-t-il jamais montré un quelconque intérêt pour ce pays qu’i dit être le sien avent d’être parachuté Premier Ministre, et depuis qu’il ne l’est plus ? Quant il arrive dans ce pays qu’i prétend vouloir diriger serait probablement trop salissant pour le grand fonctionnaire international qu’il est.

Ou alors, la réalité est tout autre. Il ne se sent pas chez lui ici. En Côte d’Ivoire tous les hommes politiques ont un fief. Houphouët avait Yamoussoukro, Bédié à Daoukro, Fologo à Sinématiali, Adama Coulibaly à Korhogo, Gbagbo Laurent à Ouragahio, Zadi Zaourou à Soubré, etc. Aujourd’hui, chaque ivoirien, qu’il soit en côte d’Ivoire ou à l’étranger, est fier d’avoir son village, fût-il petit ou grand, d’y aller aussi souvent que possible, de participer à son développement. C’est l’une des caractéristiques de la Côte d’Ivoire et qui a assuré son développement par rapport aux autres pays d’Afrique. Le rêve de tout cadre ivoirien est d’avoir sa maison au village. Et l’homme politique qui n’a pas usé de ses moyens personnels ou de son influence pour développer son village ou sa région est critiquée. Quiconque veut se lancer dans la politique sans avoir une maison chez lui part avec un gros handicap.

Djeni Kobina est en train de découvrir cette réalité aujourd’hui, la réalité que pour faire de la politique, il faut avoir un fief. « Djeni, où est ton village ? » lui demandent aujourd’hui ceux qui hier étaient ses plus proches compagnons. Posons aussi la question à son mentor : « ADO, où est ton village ? Si tu en as, pourquoi tu n’y vas pas ? Pourquoi restes-tu toujours à Abidjan quand tu viens en Côte d’Ivoire ? ».

Il faut que les militants du RDR, s’ils aiment ce pays

Venance Konan Fraternité matin du 30 Avril 1999

POURQUOI S’AGITE T-ON? (Vendredi 05 Juin 1998)

Où et le débat ? Nos amis du RDR crient à tous vent que leur candidat se présentera coûte que coûte en 2000. Oui, et alors ? Le PDCI sait aussi que son candidat se présentera en 2000 ? Mais a-t-il besoin de crier sur tous les toits ? le RDR dit que ADO, son champion, sera candidat. Où est le problème ? Quel Ivoirien n’empêcher un autre ivoirien remplissant les conditions exigées par le code électoral de se présenter à présidentielle ? Il y avait un code électoral. Un nouveau est en chantier. Pourquoi s’exciter avant qu’on ne le connaisse ? Le RDR veut-il nous dire qu’il est prêt à présenter un candidat qui ne remplit pas toutes les conditions exigées par le code électoral ? Et bien qu’il le fasse donc ! Nous sommes dans un pays de droit. Les structures compétentes de l’Etat examineront les différentes candidatures et décideront de celle qui sont acceptables et de celles qui ne le sont pas au regard du droit ivoirien.

C’est tout. On ne voit aucun autre parti, à part le RDR qui ait un candidat dont la nationalité pose problème. ADO est-il ivoirien ou non ? On n’a pas à s’agiter parce qu’il existe tout de même dans ce pays des structures capables de nous dire si oui ou non. Franchement il n’y a pas de quoi s’exciter. Même le FPI pour une fois est calme. Parce que son candidat potentiel n’a aucun problème avec sa nationalité. Le porte-parole du FPI n’a pas besoin de se fendre de deux pages dans un journal pour prouver que son candidat potentiel est « ivoirien à 100% » Ni celui du PDCI, ni celui du PIT, ni celui de l’USD… c’est le RDR seul qui a un problème avec la nationalité de son candidat. La girouette Ben Soumahoro a voulu nous prouver que celui qui lui donne à manger en ce moment est « ivoirien à 100% ». Il nous explique que ADO était vice-gouverneur de la BCEAO avec un passeport voltaïque parce que Houphouët l’avait envoyé en mission, avec la complicité du Président voltaïque de l’époque qu’il ne nomme pas.

On suppose qu’ Houphouët qui était visionnaire avait aussi envoyé ADO en mission lorsque la Haute Volta de l’époque lui donnait une bourse pour aller étudier aux Etats-Unis. Ou bien la Haute Volta était si généreuse en 1962 qu’elle a préféré laisser un ivoirien bénéficier de la bourse que lui offraient les Etats-Unis. Ou bien la Haute Volta était. C’est toujours parce qu’il était en mission commandée qu’ADO a étudié et commencé à travailler aux Etats-Unis sous la nationalité voltaïque. Monsieur Ben Soumahoro qui sait tout peut-il nous certifier que celui qui le nourrit n’a pas été aux Etats-Unis sous la nationalité voltaïque ? Qu’il n’était pas vice gouverneur de la BCEAO sous la nationalité Burkinabé ? Qu’ADO se soit par la suite naturalisé ivoirien, où est le problème ? La loi le permet. Sa mère n’est-elle pas ivoirienne d’après ce qu’on nous dit ? Tout le monde sait pourquoi Ben Soumahoro qui hier insultait ADO est accroché aujourd’hui à ses basques. Le ventre a ses raisons que la raison ignore. Ben Soumahoro qui n’a certainement pas la mémoire courte doit se souvenir de tout ce qu’il nous a dit, à moi-même et à ma consœur Dominique Mobioh sur Alassane, au moment où il nous raccompagnait, sur le pas de sa porte, un jour où nous avions été l’interviewer pour notre rubrique « l’Actualité vue par… ». C’était avant la mort d’Houphouët. Quand nous voyons aujourd’hui sa duplicité, sa versatilité, son avidité, ses délires tribalistes et ses mensonges nous ne pouvons qu’être tristes nous autres jeunes journaliste qui l’avions tant admiré et qui avons embrassé ce métier en partie parce que nous voulions être comme lui.

Mais le ventre de Ben Soumahoro a ses raisons que la raison ignore. Le peuple qui n’a pas la mémoire courte se souvient tout de même de l’époque très récente où il faisait tapisserie chez le Président BEDIE parce qu’il attendait une nomination. Mais en tout état de cause, que Ben Soumahoro arrête de distraire le monde. Les représentants du peuple ivoirien décideront bientôt qui peut être candidat à l’élection présidentielle et qui ne le peut pas. Et chacun prendra alors ses responsabilités. Les gens du RDR menacent à mots à peine voilés de mettre le feu à ce pays. Normal. Bon nombre d’entre eux ne sont ici que par intérêt. On a vu les Sidya Touré, Directeur de Cabinet du Premier Ministre être Premier Ministre en Guinée. Son Ministre de la Justice était enseignant et avocat ici sous la nationalité ivoirienne. Les exemples sont multiples. La Côte d’Ivoire n’a-t-elle pas toujours été le pays qui donne plus aux autres qu’à ses propres fils ? Mais que ceux qui veulent sachent qu’ils trouveront en face d’eux ceux qui n’ont que ce pays, qui n’aiment que ce pays et dont le patriotisme ne fluctue pas en fonction des intérêts.

Venance KONAN Fraternité Matin duVendredi 05 Juin 1998

GAOUSSOU NOUS ECLAIRE ENFIN ! (12 juin 1998)

Nous avons tous lu avec intérêt l’interview de Monsieur Gaoussou Ouattara, le frère aîné de Monsieur Alassane Ouattara parue dans le « le jour » du 22 Mai. Et ses propos appellent de notre part un certain nombre d’observations. Monsieur Ouattara dit qu’il ne se sent pas concerné par la balkanisation coloniale qui a partagé le royaume de ses ancêtres entre plusieurs Etats, et qu’il et autant chef traditionnel en Côte d’Ivoire qu’au Burkina Faso. Le royaume de Kong n’est pas le seul à avoir subi cet avatar de l’histoire. C’est le cas partout en Afrique, et à l’Est comme à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, on trouve aussi des chefs traditionnels qui exercent de part et d’autre de la frontière. Niera-t-on pour autant l’existence de nos Etats actuels ?

Quoi que l’on puisse penser de la colonisation, de ses effets négatifs sur nos sociétés et leurs organisations originelles, elle nous a légué nos Etats actuels, dans les limites qu’elle nous a imposées. Et nous sommes en train de bâtir nos nations dans ces limites, en dépit des liens historiques, familiaux, tribaux ou tout autre qui lient des habitants de deux pays. C’est ainsi que le Lobi de Doropo appartient à la même nation que le Kroumen de Tabou, et n’a plus le même destin que le Lobi du Burkina ou du Ghana. Parce qu’ils vivent désormais dans des pays différents. C’est comme cela et l’on doit faire avec.

Pour l’instant, le principe que tous les pays membres de l’OUA ont adopté est celui de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Jusqu’à ce que, grâce à l’intégration que nous souhaitons tous, nous arrivions à réformer les grands ensembles d’antan, que par exemple, les pays de la CEDEAO forment un jour, un seul Etat.

Nous n’y sommes malheureusement pas encoure et aujourd’hui, malgré les liens familiaux, historiques, traditionnel, un Ouattara du Burkina Faso est Burkinabé et un Ouattara de Côte d’ivoire est Ivoirien. Monsieur Gaoussou Ouattara nous dit : « A Bobo-dioulasso il y aujourd’hui un quartier de Kombougou où il y a environ 40 à 50.000 individus qui sont en fait originaires de Kong et qui se considèrent comme tels. » Sont-ils ivoiriens pour autant ? Il y a bien en Côte d’Ivoire des millions de personnes dont l’origine se situe quelque part au Ghana ou à Djénné au Mali. Sont-ils pour autant Ghanéens ou Maliens ? Il y a bien des Baoulé en Côte d’ivoire et au Togo. Ont-ils encore le même destin national ?

La colonisation a posé les frontières sans tenir compte de nos réalités. Et de nombreuses familles se sont trouvées divisées. Les Ouattara ne sont pas les seuls. Beaucoup n’ont pas eu à choisir. Cela s’est imposé à eux avec son lot de déchirement, de drames familiaux. D’autres par contre ont eu le choix. Et c’est le cas du père de Messieurs Gaoussou Ouattara et Alassane Ouattara. Monsieur Gaoussou Ouattara nous dit de leur père : « Il avait le choix entre s’installer à Linguêkro (Côte d’Ivoire ou résider à Sindou au Burkina Faso. Il a préféré s’installer à Sindou, et en partant, il a emmené les plus jeunes d’entre nos frères, dont Alassane ». C’est clair. C’était en 1949. Deux ans auparavant, en 1947, les colonies de Haute-Volta et de Côte d’Ivoire qui formaient un même ensemble territorial s’étaient scindées en deux colonies bien distinctes. Le père Ouattara avait choisi en toute conscience entre deux territoires. Le petit Alassane n’a pas choisi. Mais nous sommes tous tributaires des choix que font nos parents à certains moments de notre existence.

En 1960, la Côte d’Ivoire et la Haute Volta sont devenus deux Etats indépendants. Alors, que l’on arrête de vouloir noyer le poisson dans beaucoup d’eau. A partir de 1960, le père Ouattara se trouvait-il en Haute Volta en tant que voltaïque ou en tant qu’émigré ivoirien ? Le petit Alassane se trouvait-il là bas en tant que petit voltaïque ou en tant que petit ivoirien ? Signalons que le code de la nationalité ivoirienne comme c’était le cas en France jusqu’aux nouvelles lois Pasqua. Puisque le grand frère Gaoussou veut éclairer notre lanterne, qu’il nous dise franchement si son père et son frère étaient en Haute-Volta en tant qu’ivoiriens ou tant que Voltaïques ? Le fait que lui soit ivoirien n’induit pas forcément que son frère soit aussi ivoirien. Surtout maintenant que l’on connaît l’histoire de la famille, tout s’éclaire.

On glose aussi beaucoup sur le fait qu’ADO ait été gouverneur de la BCEAO, un poste réservé à la Côte d’ Ivoire, puis premier Ministre de la Côte d’ Ivoire. Jusqu’à ce poste de gouverneur, il avait toujours étudié et travailler comme Voltaïque ou Burkinabé. Alors pourquoi occupe t-il le poste réservé aux ivoiriens. Son frère nous donne la réponse : c’était un geste de reconnaissance d’Houphouët envers leur père qui lui aurait rendu des services. Et cela ne saurait étonner de la part d’Houphouët.

Mais cela autorise t-il ADO à prétendre aujourd’hui être le Président des Ivoiriens ? En tout état de cause, que Monsieur ADO sache ceci : lorsqu’on veut diriger un peuple, on vit avec lui, on apprend à la connaître, à le comprendre, à l’aimer. On ne prend pas un peuple comme on va prendre une prostituée, simplement en payant. On ne prend pas par la force, comme on viole une femme. Un peuple, on l’aime, on le courtise. Autant que nous sachions, Monsieur ADO n’a commencé à vivre avec nous qu’à partir de 1990, quand Houphouët l’a nommé Premier Ministre. Trois ans après, n’étant plus à ce poste, il est parti chercher mieux ailleurs. Aujourd’hui il veut revenir pour être notre Président. En nous proposant quel programme ? Quel rêve ? Simplement parce qu’il a de l’argent et qu’il peut acheter certaines personnes ? N’est-ce pas se moquer un peu de ce pays où il n’est même pas capable d’indiquer son village ? Son frère nous dit que le village où leur père a choisi de vivre à partir de 1949 avec ADO, le village où leur père est mort et enterré, le village avec lequel ADO entretient des relations mystiques se trouve au Burkina Faso. Et il veut que les ivoiriens se reconnaissent en lui ! Soyons sérieux de temps en temps.

Mr Gaoussou Ouattara dit qu’il ne se sent pas concerné par la balkanisation de l’Afrique. Nous si. Et nous ne pouvons pas accepter que le village de notre président se trouve au Burkina Faso.

Venance KONAN Fraternité Matin du 12 Juin 1998

NOTRE BIEN A TOUS (03 Juillet 1998)

Le débat sur l’origine de Monsieur Alassane Ouattara est désormais clos, puisque son frère aîné nous a expliqué qu’en 1949, lorsque la Côte d’Ivoire et la haute volta sont devenues deux colonies bien distinctes, leur père a choisi de retourner chez lui à Sindou, dans l’actuel Burkina Faso pour ne plus revenir en Côte d’Ivoire. On ne voit pas pourquoi il serait retourné à Sindou pour y être chef si ce n’était pas chez lui.

Le choix du père Ouattara était clair. Jusqu’en 1947, la Côte d’Ivoire et la Haute-Volta formaient une seule colonie. Les fonctionnaires de l’époque étaient indistinctement affectés dans les localités de cette colonie. Nous connaissons beaucoup d’ivoiriens qui sont nés sur le territoire de l’actuel Burkina Faso parce que leur père y était fonctionnaire. Beaucoup de personnes sont descendues de la Haute-Volta pour travailler dans ce que l’on appelait la Basse côte. Lorsque le territoire a été scindé en deux colonies distinctes, et que l’indépendance n’apparaissait plus comme un simple rêve depuis le discours du Général De Gaulle de Brazzaville, chacun est retourné chez lui, pour aider à la construction du futur Etat. Certains d’entre eux ont activement participé à la lutte pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire, à la lutte pour le développement de la Côte d’Ivoire. Ils sont tous connus. Et il ne viendra à l’idée de personne de leur nier leur qualité d’ivoiriens. L’histoire de la Côte d’Ivoire indépendante est récente et il reste encore beaucoup de témoins de la lutte émancipatrice encore vivants.

Le père Ouattara a choisi dès 1949 de rentrer en Haute-Volta. Au moment de l’indépendance, il n’est pas revenu en Côte d’ivoire pour se réclamer ivoirien. D’où vient-il qu’aujourd’hui son fils qui a vécu avec lui en Haute-Volta prétende vouloir régner sur les ivoiriens,

De 1960 à 1980, la Côte d’ivoire a connu une période de croissance qui a attiré beaucoup de ressortissants de pays voisins ou lointains. Tous les acteurs de cette période faste aux divers échelons de notre administration ou sur l’échiquier politique sont tous connus. Et nulle part n’apparaît le nom d’un certain Alassane Dramane Ouattara.

De 1980 à 1990, ça a été ce que l’on appelait la « conjoncture ». Comme partout sur le continent. Les ivoiriens se sont battus pour sortir de cette crise. Ils ont fait des sacrifices. Et personne ne se souvient avoir vu un certain Alassane Dramane Ouattara à cette époque. En 1990, le vent d’Est crée une nouvelle crise. C’est à ce moment qu’apparaît Alassane Dramane Ouattara. Houphouët lui fait appel pour une mission ponctuelle. Parce que Houphouët reste toujours à la barre. Ne jugeons pas les trois années de Monsieur Alassane Ouattara. Mais les ivoiriens se souviennent que peu de temps avant le décès d’ Houphouët, tous les clignotants étaient au rouge et que la menace d’une réduction des salaires était réapparue.

Fin 93. Houphouët meurt. Monsieur Alassane Ouattara part monnayer ses talents ailleurs. L’histoire de la Côte d’Ivoire continue, avec ses débats, parfois houleux, avec ses problèmes comme par exemple ceux de l’école, du code foncier, de la reforme des Institutions, de la négociation de la dette, de l’insécurité etc. A aucun moment Monsieur Alassane Ouattara ne participe à ces débats. A aucun moment il ne participe à la vie de la Côte d’Ivoire. A aucun moment on ne voit de quelle façon il apporte une pierre si petite soit-elle à la construction de la Côte d’Ivoire. Se refugiant derrière le très commode « droit de réserve », il ne se donne même pas la peine de donner ne serait-ce qu’un conseil, lui que l’on dit si brillant, pour la bonne marche de ce pays qu’il dit être le sien. D’où vient-il donc qu’il prétende aujourd’hui vouloir diriger ce pays ? Trois années. Trois petites années qu’il a passées dans ce pays qu’il veut diriger. Peut-il objectivement dire qu’il connaît ce pays, ce peuple ? Peut-il dire objectivement qu’il aime ce peuple ?

Que des ivoiriens qui soutienne Monsieur Alassane Ouattara se ressaisissent et comprennent que leur pays n’est pas une entreprise sur laquelle on fait une OPA (Offre Publique d’Achat) comme cela se fait dans le monde des affaires, où l’on achète des entreprises où on n’a jamais mis les pieds. Que ces ivoiriens-là se ressaisissent et comprennent que malgré nos différends, malgré ce que l’on peut reprocher aux uns et aux autres, notre pays est notre bien à tous, nous ivoiriens.

Que Monsieur Alassane Ouattara vienne, deux ans avant les élections créé des associations caritatives, distribuer de l’argent, critiquer ce que les autres ont fait ou n’ont pas fait, ne doit pas nous faire perdre de vue d’essentiel : cet homme n’a jamais été avec nous.

Venance KONAN Fraternité Matin du 03 Juillet 1998

PRINCIPES REFONDATEURS (Vendredi 27 août 1999)

L’article 49 du Code électoral qui avait fait couler tant de salive, d’encre et de sang en 1995 ressurgit. Cette fois sous une autre forme. Il est désormais incorporé dans la Constitution. Que dit-il ? Il dit pour l’essentiel, que pour être candidat à la présidence la Côte d’Ivoire il faut être ivoirien de père et de mère. Le débat récent avait porté sur la nécessité ou non de ne retenir que la nationalité d’un seul parent, et lequel. Les députés ont décidé que ce soit les deux. Et déjà l’on entend les mêmes mots qu’en 1995 : exclusion, xénophobie, affrontement. Qui est exclu par cette disposition ? L’Ivoirien dont un parent n’est pas Ivoirien. Exclu de quoi ? Du seul poste de Président de la République.

Certains en font un cheval de bataille, comme si la destinée normale de tout Ivoirien était de finir un jour Président de la République, Combien de Président y a-t-il à chaque fois dans un pays de plusieurs dizaines, voire de centaines de millions d’habitants ? Combien d’entre nous, Ivoiriens d’aujourd’hui, peuvent prétendre raisonnablement accéder au poste de Président de la République dans deux ans, dix ans, vingt ans, cinquante ans ?

Si c’est pour une question de principe que certains veulent affronter d’autres, eh bien parlons-en ! Qu’y a-t-il d’anormal à ce qu’un Ivoirien ayant un parent non Ivoirien ne puisse pas être Président des Ivoiriens ? Quel Ivoirien ne peut-il pas comprendre que celui qui a un parent ivoirien et un non-ivoirien a nécessairement une autre nationalité ou peut se prévaloir d’une autre nationalité ? Comment peut-on ne pas comprendre qu’un responsable ne peut se confier à un homme ou une femme qui a une autre nationalité, une autre allégeance, un autre patriotisme, d’autres obligations, sentimentales ou d’autres envers un autre pays ? Savez-vous qu’aux Etats-Unis, le simple fait de naître, même accidentellement dans un autre pays vous disqualifie automatiquement pour être Président de la République ? Quel que soit l’enracinement de votre famille dans le pays ? La raison est que les Etats-Unis ne veulent pas être dirigés par quelqu’un qui peut se réclamer d’une autre nationalité. Parce qu’il y a des pays, comme la France par exemple qui applique ce qu’on appelle le droit du sol c’est-à-dire que le simple fait de naître en France, même accidentellement, vous confère automatiquement la nationalité française. Ainsi de nombreux jeunes ivoiriens qui sont nés en France mais qui ont toujours vécu en Côte d’Ivoire ont-ils eu la désagréable surprise d’être convoqués pour le service militaire.

Je crois qu’au delà des passions, qui naissent parfois de la mauvaise compréhension des choses et des calculs politiciens, il faut regarder notre pays, et le situer dans son environnement. Pourquoi cette disposition soulève-t-elle tant de passions chez nous alors qu’elle existe dans tous les pays qui nous entourent sans que cela fasse l’objet d’un débat ? Lorsque nous discutons avec nos amis de ces pays, leur étonnement vient justement de l’absence d’une telle disposition dans notre constitution. Cela leur semble tellement surréaliste que nous nous affrontions sur une telle disposition !

On entend certains dire, « par le passé il y a eu ceci, ou cela, ils ont fait ceci, ou cela » si par le passé certaines erreurs ont été commises, sommes-nous tenus ad vitam aeternam de perpétuer ces erreurs ? Dans l’histoire de tout pays, de toute nation, il est des moments où il faut s’arrêter pour voir le chemin parcouru, celui qui reste à parcourir et se dire : « avons-nous raison de continuer sur cette voie ? ». N’est-il pas plus judicieux de changer de voie ? Aujourd’hui la France est en plein débat pour savoir s’il faut maintenir ou supprimer le droit de sol, ce droit vieux de plusieurs siècles. Dans les années soixante dix la même France importait par cargos des Maliens, des Sénégalais, des arabes. Aujourd’hui cette même France les renvoie par cargos entier et les Africains résidant illégalement en France vivent dans la terreur. L’ancien candidat à la présidence, Edouard Balladur, ancien Premier Ministre vient de proposer un débat sur la préférence nationale. Aux Etats Unis on construit des murs à la frontière pour empêcher les Mexicains d’entrer.

Pourquoi nous ivoiriens, au nom d’on ne sait quel principe nous voulons fermer les yeux sur nos réalités ? Pourquoi nous ivoiriens de naissance, ou d’adoption, pouvons-nous nos affronter sur la question de savoir si celui qui doit nous diriger doit être totalement de chez nous ? Certains partent du principe que ce pays n’appartient à personne et que par conséquent il appartient à tout le monde. Nous disons, nous que ce pays appartient aux ivoiriens. Et qu’il doit fonctionner sur un minimum de principes. Si ce pays s’est beaucoup donné aux autres, aujourd’hui il dit qu’il ne veut plus être la prostituée qui s’offre au plus offrant.

Si c’est aujourd’hui que les principes refondateurs doivent être arrêtés nous disons qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Pour peu que nous respections nous-mêmes nos principes, et que nous appliquions les lois et les décisions que nous prenons.

Par Venance Konan Fraternité Matin duVendredi 27 août 1999

C’EST QUEL IVOIRIEN CA ? (04 Septembre 1998)

Monsieur Alassane Ouattara est donc candidat à l’élection présidentielle de l’an 2000. Parce qu’il est ivoirien et éligible. Contrairement à 1995 où il avait reconnu ne pas être éligible. Qu’est-ce qui s’est donc passé ? Pour ce que nous savons, rien n’a changé au niveau des conditions d’éligibilité.

C’est donc au niveau de Monsieur Ouattara que quelque chose a changé. Lors du congrès de son parti, il a affirmé haut et fort qu’il est ivoirien. Et Balla Keïta l’a confirmé. Il a déclare dans « le jour » que Monsieur Ouattara est bien ivoirien, originaire de Kong. D’ailleurs, au moment ou Monsieur Ouattara devait être nommé Premier Ministre, le Président Félix Houphouët-Boigny l’avait envoyé, lui Balla Kéïta, annoncer aux habitants de Kong que Monsieur Ouattara était originaire de chez eux. Un bien drôle d’ivoirien que cet Ouattara, que Balla Keïta est obligé d’aller présenter aux gens de son village pour qu’ils sachent qu’il est effectivement de chez eux.

Et seulement au moment où, il va être nommé Premier Ministre. Il n’avait donc jamais mis les pieds dans son village auparavant ? Monsieur James Cenach, le grand journaliste que nous connaissons, est devenu grand enquêteur ès Ouattara. Il a annoncé sur RFI le 04 Août dernier qu’Alassane Ouattara était bien ivoirien puisque Kong était le foyer des Ouattara. Et il a précisé que les limites des royaumes traditionnels ne coïncident pas forcément avec les frontières, héritées de la colonisation. Mais Monsieur James Cenach, oublie sans doute que ce dont il est question actuellement n’est pas l’élection du roi ou de l’empereur ou du chef traditionnel de Kong, mais du Président de la République de Côte d’Ivoire. Et la Côte d’Ivoire ne va pas au-delà de Ouangolodougou.

Nous avons tous accepté les frontières héritées de la colonisation. Et c’est à partir de ce découpage que depuis l’indépendance le Ouatttara de Kong partage la même nationalité que le Ehui d’Adiaké, le Kipré de Gagnoa, le Tra Bi de Bouaflé, le Konan de Bocanda, le Kambiré de Bouna, le Beugré de Sassandra, mais pas avec le Ouattara de Bobo Dioulasso. C’est comme çà. Et nous l’avons accepté. Monsieur Gaoussou Ouattara, qui est depuis à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire sait que les lois qu’il vote ne concernent pas les Ouattara du Burkina Faso ou du Mali, même s’il est par ailleurs le chef traditionnel de tous les Ouattara. Le Kouamé dont le foyer originel se trouve quelque part vers Kumassi ne va pas pour autant avoir des prétentions au Ghana, même s’il y retrouve des parents.

Alors, arrêtons de jouer avec les mots, les formules, l’histoire. Monsieur Gaoussou Ouattara a bien déclaré dans « le jour » qu’en 1948 au moment où la Côte d’Ivoire et la Haute volta se séparaient pour devenir deux colonies distinctes, leur père est rentré en haute Volta avec les plus jeunes de ses frères, dont Alassane Ouattara, pour être chef traditionnel à Sindou ; c’est Sindou le village du père d’Alassane Ouattara et non Kong, si Kong était chez lui ? Pourquoi ne reconnaîtrions-nous pas simplement qu’en 1990, Houphouët-Boigny voulant le nommer Premier Ministre, il fallait absolument lui trouver une attache en Côte d’Ivoire ? Pourquoi ce « digne fils » de Kong, qui a exercé les plus hautes fonctions dans les institutions internationales, qui a été Premier Ministre de la Côte d’ivoire, n’a commencé que maintenant à construire une maison dans « son village » ? C’est quel ivoirien ça ? Lors du congrès de son parti, Monsieur Alassane Ouattara a exhibé sa carte d’identité ivoirienne et celle de sa mère. Et l’on s’est aperçu que la sienne n’a été établie qu’en 1982, alors qu’il avait déjà 40 ans. Sous quelle identité avait-il donc vécu jusque là ?

Que l’on ne dise pas qu’il s’agit d’un renouvellement. Parce que lorsque l’on renouvelle sa carte d’identité, elle garde toujours le numéro de l’année où elle a été établie pour la première fois. Et le numéro de la carte d’identité de Monsieur Alassane Ouattara indique bien qu’elle a été établie pour la première fois en 1982.

L’on s’est aperçu également que sur sa carte d’identité sa mère s’appelle Nabintou Ouattara. Et pourquoi, celle qu’il a présentée et dont il a montré les papiers s’appelle Nabintou cissé, née à Dabou. D’autre part, sur sa demande de carte d’identité formulée en 1990, il est précisé que son père est à Kong et sa mère à Odienné. Et pourtant sur leurs cartes d’identité ils sont nés respectivement à Dimbokro et Dabou. Que signifie tout cela ? Aujourd’hui, ce qui est en question est l’avenir de la Côte d’ivoire. Et cet avenir, personne n’a le droit de jouer avec. Surtout pas pour une question d’orgueil ou d’ambition personnelle. Puisque Monsieur Alassane Ouattara veut diriger les ivoiriens, dans la transparence, il leur doit des éclaircissements sur un certain nombre points.

A-t-il jamais porté la nationalité voltaïque ou Burkinabé ? Il a déclaré qu’il a servi la Haute Volta. A quel titre ? En tant que Voltaïque ou en tant que coopérant ivoirien. Après l’indépendance de la Haute Volta en 1960, est-il resté dans ce pays en tant que Voltaïque ou en tant qu’émigré ivoirien ?

Est-il vrai que sa vraie mère, Nabintou Ouattara, venue de sa Haute Volta natale rejoindre son mari est morte et qu’il a été élevé par la seconde épouse de son père, Nabintou Cissé ? Etait-il ou non le Président des cadres Burkinabé travaillant à Dakar, pourquoi est-ce seulement en 1982 qu’il a établi sa première carte d’identité ivoirienne ? Et pourquoi toutes ces confusions sur le nom de sa mère, sur les lieux de naissance de ses parents ?

Si Monsieur Alassane Ouattara veut vraiment être le Président des ivoiriens, il leur doit des réponses claires à toutes ces questions, et surtout à celle-ci : pourquoi, alors qu’il avait refusé de se présenter en 1995 à cause du code électoral, il décide de le faire maintenant sans que ce code n’ait changé ?

Aujourd’hui nous entendons ici et là des menaces à peine voilées du genre « si ADO n’est pas candidat on va voir ». « Nettoyez vos fusils, aiguisez vos machettes ». Certains se disent prêts à mettre ce pays à feu et à sang si la candidature d’ADO n’est pas retenue. C’est entendu. Ceux qui mourront, mourront. Et ceux qui doivent perdre leurs biens les perdront. Mais ce qui est sûr, ils se font peur à eux mêmes.

Il ne faut jamais forcer le destin. Et nous pensons que Monsieur Alassane Ouattara a eu un destin formidable. Il a été gouverneur de la BCEAO, Premier Ministre de la Côte d’Ivoire sous Houphouët-Boigny dont il assurait parfois l’intérim (comme il se plait à le répéter) et Directeur Général adjoint du FMI. Pourquoi veut-il à tout prix la seule chose qu’il sait qu’il ne peut obtenir ?

Par Venance KonanFraternité Matin /04 Septembre 1998

HOSPITALITE ET STUPIDITE

A propos du conflit Agnis-bozos à ayamé, un confrère du « Libéral » le journal qui soutient ADO, écrit ces lignes dans l’édition du Jeudi 3 Septembre : « pour nombre d’observateurs avertis et des moins privilégiés des dégâts causés, le conflit qui a opposé Agnis et Bozos à Ayamé trouve sa source dans la mauvaise interprétation par les autochtones de la nouvelle loi sur l’immigration et le projet de loi portant code foncier rural. L’un et l’autre de ces textes de loi soutiennent qu’une « certaine préférence » soit accordée aux seuls nationaux tout en préconisant que les ressources des terres et des eaux sur le territoire appartiennent en premier lieu aux nationaux. Mais à bien y réfléchir on en vient à déduire que le conflit Agnis-Bozo est la résultante directe des lois stupides et impopulaires aux conséquences imprévisibles votées récemment par la majorité parlementaire PDCI »

Plus loin notre confrère poursuit : « Il apparaît que les autochtones Agni ont délibérément voulu adopter une position d’auto-défense face au monopole de fait que détenaient les pêcheurs maliens sur les activités de pêche dans la région »

La première question qui nous vient en tête est de savoir si un Ivoirien peut écrire cela. Un ivoirien peut-il trouver stupides des lois ivoiriennes qui accordent une « certaine préférence » aux ivoiriens en Côte d’Ivoire ? Un ivoirien peut-il trouver stupides des lois ivoiriennes qui préconisent que les ressources des terres et des eaux sur le territoire ivoirien appartiennent en premier lieu aux Ivoiriens ?

Assurément non. Car l’Ivoirien, quelle que soit sa tendance politique, quelle que soit sa stupidité, aime son pays et veut s’y sentir chez lui. Dans quel autre pays l’Ivoirien peut-il jouir d’une « certaine préférence » ? Dans quel autre pays, l’Ivoirien pourra t-il posséder les ressources des terres et des eaux ?

L’hymne national ivoirien parle de « pays de l’hospitalité ». Et le comportement des Ivoiriens depuis l’indépendance a démontré que ces lignes de notre hymne national n’étaient pas que des mots, mais un comportement. Quel est le pays en Afrique, ou même dans le monde où le tiers de la population est composé d’étrangers, ou des étrangers ont le monopole sur les plus importants secteurs de l’économie. Dans quel pays d’Afrique des Ivoiriens pourront prétendre avoir le monopole sur les activités de pêche d’une région, au point de prétendre interdire cette activité aux natifs de la région ?

La Côte d’Ivoire est pionnière dans l’intégration de la sous-région. Elle est le pays qui offre le plus aux autres, quand ailleurs tout lui est refusé. Nous avons eu l’occasion de visiter tous les pays de la sous-région. De nombreux autres Ivoiriens également. Aussi nous savons de quoi nous parlons lorsque nous disons : « Allez essayer d’ouvrir un magasin ou un maquis au Ghana ou en Mauritanie et vous verrez ! » La première recommandation que nos diplomates donnent aux Ivoiriens en voyage dans les pays voisins est de se faire petits et d’éviter d’avoir des histoires avec les nationaux. Parce qu’ils en ressortiraient perdants.

Que se passe t-il en Côte d’Ivoire ? On traite nos lois (par conséquent ceux qui les ont votées) de stupides parce qu’elles accordent une « certaine préférence » aux Ivoiriens en Côte d’Ivoire. Dire que l’on est ivoirien et que ce pays appartient aux Ivoiriens c’est être xénophobe. Pendant combien de temps les ivoiriens vont assister passivement à leur spoliation accompagnée d’injures ? Pendant combien de temps les ivoiriens vont supporter que l’on insulte leurs institutions, leur chef d’Etat, leurs représentants et eux-mêmes au nom de la liberté d’expression, de la tolérance et de l’hospitalité ?

La Côte d’Ivoire a offert ce qu’elle pouvait à ses frères venus chercher le bonheur et la sécurité. Mais comme le disait feu Félix-Houphouët-Boigny : « la plus belle fille ne peut offrir que ce qu’elle a ». Nous avons donné ce que nous avons aux frères. Mais nous ne pouvons pas leur donner notre pays. Désolés ! Que l’on nous traite de xénophobes. Mais nous ne pouvons jouir d’une certaine préférence dans notre pays. La France, pays des droits de l’homme, de la fraternité et de l’égalité expulse chaque jour des centaines d’étrangers. Le Premier Ministre a dit récemment qu’il ne peut pas régulariser tous les étrangers en situation irrégulière dans son pays. Par conséquent, il faudra les expulser. C’est ce que la Côte d’ivoire indépendante n’a jamais fait. Et c’est probablement ce que l’on lui reproche.

Le Président BEDIE avait dit dans son premier discours de Chef d’Etat qu’il était intolérable que le commerce ivoirien soit entièrement aux mains des étrangers. Il nous appartient désormais, à nous ivoiriens de faire en sorte qu’il nous revienne.

Dimanche 8 Mai 2011
La Dépêche D’Abidjan

Comprendre les origines de la crise ivoirienne, M. Frindéthié (première partie)

crise

Crises et possibilités: la mondialisation à la française

Le général Charles de Gaulle, ce président aimé des Français, figure emblématique de la résistance et de la morale française, a formulé une pensée dont l’hideuse véracité n’a d’égale que l’ardeur avec laquelle la France l’a pratiquée à travers toute son histoire. « La France n’a pas d’ami ; elle n’a que des intérêts ». Cet idéal  gaulliste de désinformation philosophique, d’étranglement économique, de persécution militaire et de déstabilisation politique, qui a immensément enrichi la France au détriment de ses anciennes colonies, est aujourd’hui combattu par certains pays francophones. Il ne serait pas excessif d’affirmer qu’en ce nouveau millénaire, la résistance la plus farouche que connaît l’hégémonie française en Afrique est celle qui a lieu en Côte d’Ivoire depuis 2002, et que le cinéaste ivoirien Sidiki Bakaba a documentée dans son film La victoire aux mains nues. C’est une mobilisation des patriotes ivoiriens contre le néocolonialisme français déguisé sous les accoutrements de la mondialisation. L’objectif de la résistance ivoirienne est d’exposer et de tuer dans l’œuf la politique de génocide économique et politique de la France, qui, par un artifice séditieux perfectionné au cours des ans en Afrique, allume des feux multiples, les active, afin de s’inviter ensuite comme pompier par la manipulation des Nations Unies et des institutions financières internationales.

 La logique de l’intervention française en Afrique

Quel que soit le regard que l’on pose sur les interventions françaises en Afrique, l’on se rend compte que celles-ci n’ont jamais été motivées par un élan philanthropique. Les intrusions françaises en Afrique ont toujours été gouvernées par une logique du gain maximum par l’effort minimum. Historiquement, la France n’a jamais gagné de guerre. En fait la France a même perdu les guerres qu’elle a déclarées avec assurance à ses voisins. Et toutes les fois que la France se faisait humilier, c’était vers l’Afrique et les Caraïbes qu’elle se tournait, armée de projets destructeurs, pour restaurer son orgueil meurtri et renflouer son économie en désarroi. Afin d’appréhender la politique française en Côte d’Ivoire aujourd’hui, il convient de comprendre la politique de mondialisation à la française, cette exception française, qui prescrit la déstabilisation en Afrique comme remède à toute calamité politique et économique en Hexagone.

                En 1871, au soir de la guerre franco-allemande, une guerre que la France, certaine de sa victoire, avait déclarée au royaume de Prusse, la  France n’était plus qu’un pays physiquement diminué, moralement brisé, et financièrement asphyxié. L’alliance allemande avait donné une bonne raclée militaire à la France, lui avait arraché ses territoire d’Alsace et de Lorraine, et lui avait présenté une facture de réparation équivalente à un milliard de dollars de nos jours, que la France était sommée de payer dans un délai de trois mois. En dépit de ses réserves épuisées, la France ne perdit pas de temps pour payer à l’Allemagne cette facture honteuse, passant le plus clair de son temps à ruminer sa défaite et son humiliation. La promptitude avec laquelle la France a payé sa dette à l’Allemagne ne serait qu’une occurrence bien banale si, presque 50 ans auparavant, cette même France n’était allée en guerre contre un pays africain, l’Algérie, qui lui demandait de s’acquitter d’une dette restée trop longtemps due.

                En effet, les conséquences immédiates de la Révolution française de 1789 étaient catastrophiques. Au lendemain de la Révolution, les méthodes agricoles en France étaient demeurées archaïques, et, contrairement aux agriculteurs britanniques, les fermiers français n’arrivaient pas à développer des exploitations adéquates pour approvisionner les marchés locaux. Les prix des produits de première consommation étaient hors de portée pour la majorité des Français. Le pain, la nourriture quintessentielle des Français, se fit rare. La famine s’installa. Pire encore, en Italie et en Espagne, l’armée affamée de Napoléon grognait et menaçait de se révolter. Aussi, la France se tourna-t-elle vers deux maisons commerciales algériennes Bacri et Busnach, afin qu’elles lui prêtent de l’argent et des grains pour pallier sa catastrophe économique et sociale. Cependant, Bacri et Busnach devaient, eux aussi, de l’argent au souverain algérien, le Dey Kodja Hussein, qu’ils espéraient rembourser dès que la France leur aurait payé sa dette. En 1815, à la fin de la guerre perdue de Napoléon, la dette de la France envers l’Algérie s’élevait à 18 millions de francs, que Bacri et Busnach implorèrent le Dey Hussein de les aider à recouvrer. En 1827, au cours d’une conversation qu’il avait à ce propos avec M. Pierre Deval, le consul français en Algérie, le Dey fut excédé par l’insolence de celui-ci à son égard, et le souffla de son chasse-mouche. Le roi Charles X, qui n’était d’ailleurs pas disposé à régler la dette de la France, saisit cette belle occasion pour s’élever contre un geste qu’il interpréta comme un manque de respect à la couronne française. Et, malgré les explications du Dey Hussein, qu’il n’avait fait que répondre à une insolence personnelle faite à lui par M. Deval, 600 navires français débarquèrent 37.000 soldats en Algérie le 14 juin 1830, qui s’adonnèrent à des actes de vandalisme, de viols, de meurtres et d’exécutions sommaires. Le 5 juillet de la même année, le Dey fut destitué. Dès février 1831, l’Algérie devint une colonie française de peuplement. Les autorités françaises y invitèrent donc 4500 colons français à exploiter les terres fertiles des côtes algériennes. Cependant, l’occupation française de l’Algérie ne fut pas sans heurts. L’Algérie opposa à la France une résistance farouche, qui, en 1962, tendit à l’Hexagone l’une de ses défaites les plus humiliantes. L’Allemagne de 1870 n’était pas l’Algérie de 1830. C’est pourquoi la France paya rapidement sa dette à l’Allemagne et passa les années qui suivirent à ruminer sa revanche . . . ailleurs qu’en Europe. De nombreux ingénieurs sociaux en France suggérèrent que la France devrait penser à redorer son blason en se construisant un empire d’outre-mer, qui étendrait sa civilisation, ses idéaux et sa gloire chez les « races inférieures ».

                La France, il convient de le noter, avait été présente en Afrique depuis 1642 et avait participé au commerce triangulaire qui vendit plus de 28 millions de Noirs aux Amériques entre 1650 et 1800. En ce temps-là, les objectifs de l’Hexagone en Afrique étaient ouvertement pécuniaires, et personne ne parlait d’étendre aux races supposées inférieures la civilisation d’une prétendue race supérieure. Dès années 1804, cependant, un vent abolitionniste, initié par le Danemark, se mit à souffler sur l’Europe et l’Amérique. En 1848, la France abolit aussi la pratique officielle de l’esclavage. Parmi les personnes qui s’étaient opposées à l’esclavage, l’on notait aussi Olaudah Equiano, un ancien esclave, lui-même propriétaire d’esclaves, qui avait compris que la bonne foi seule ne pouvait pas arrêter la pratique de l’esclavage. Il fallait proposer aux esclavagistes une alternative économique. Aussi, Equiano suggéra-t-il aux esclavagistes que la pratique de l’esclavage les avait détournés des vraies richesses de l’Afrique ; qu’il y avait plus à gagner à exploiter les matières premières africaines et à transformer les Africains en civilisés consommateurs de produits manufacturés européens et  américains qu’à les maintenir en esclavage. La paire sémantique était ainsi lancée : commerce et civilisation. Suivant donc les conseils d’Equiano, les pays européens s’engagèrent à mondialiser autrement, se lançant dans une course effrénée vers les matières premières africaines. L’ivoire, l’or, le bois, le café, le cacao, le caoutchouc, l’huile de palme, les noix, les fruits tropicaux, et non plus les esclaves—bien que certains renégats continuèrent le commerce des esclaves 70 ans au-delà de l’abolition officielle de l’esclavage par les Danois en 1792—devinrent les nouvelles marchandises du commerce intercontinental. Vers la fin des années 1800, l’Afrique grouillait tellement de chercheurs de fortune que les conflits entre Européens devinrent monnaie courante. Afin de mieux réguler le commerce africain et d’éviter que n’éclate une guerre intereuropéenne, les puissances européennes tinrent une conférence à Berlin du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, sous la présidence du chancelier allemand Otto Von Bismarck. La conférence de Berlin qui fut présentée au monde comme un colloque pour discuter de questions relatives à l’humanité, la paix, la civilisation et le bien-être des populations africaines, était en fait une réunion des grandes puissances occidentales pour se partager l’Afrique. La conférence de Berlin résolut la question des conflits en stipulant que toute nation européenne qui la première préviendrait les autres nations de son occupation d’un territoire africain serait officiellement reconnue comme propriétaire de ce territoire. Ayant donc défini les règles du jeu, les nations européennes se ruèrent sur le gâteau Afrique pour en mordre le plus gros morceau possible.

                Cependant, toujours hantée du spectre de sa défaite cuisante de 1870, la France hésitait à se lancer dans un autre aventure internationale. Par ailleurs, les colonies algériennes n’avaient pas généré les gains escomptés comme l’avaient fait l’Inde pour la Grande Bretagne, et de nombreux politiciens français disaient ouvertement qu’ils préféraient servir à leurs électorats un bon pot au feu plutôt que le pain rassis auquel ils eurent droit pendant le siège allemand de Paris. D’autre part, cependant, les plaies de l’humiliation infligée par les Allemands devaient se cicatriser. Il était nécessaire que la France brillât de nouveau en Europe et sur l’échiquier mondial. Cinq mois après la conférence de Berlin, se tint à l’Assemblée Nationale française un débat entre les opposants et les partisans de l’expansion coloniale. Les deux protagonistes mémorables de ce débat étaient Jules Ferry et Georges Clémenceau. Le 28 juillet 1885, cinq mois après s’être fait destituer de son poste de premier ministre pour avoir lamentablement perdu la guerre sino-française, Jules Ferry prenait la parole à l’Assemblée en faveur du colonialisme.

                Pour Ferry, la France gagnerait à se construire un empire d’outre-mer pour trois raisons principales : économiquement, la France devait se trouver de nouveaux marchés en dehors de l’Europe et des Etats-Unis, précisément à un moment où l’Amérique et l’Allemagne se faisaient de plus en plus protectionnistes en même temps qu’elles inondaient les marchés européens de produits agricoles et industriels bon marché. Dans leur élan d’enthousiasme, des économistes comme Leroy-Beaulieu, estimaient que la France s’enrichirait autant de ses colonies que la Grande Bretagne s’est enrichie des siennes. D’un point de vue humanitaire, arguait Ferry, en tant que membre de la « race supérieure », la France avait le devoir divin de civiliser les « races inférieures », de les parfaire, en leur apportant sa moralité supérieure. Finalement, d’un point de vue politique et patriotique, la France devait s’assurer une place honorable dans le monde en posant des actes de grandeur. A l’instar de toutes les grandes nations, la France devait exporter son drapeau, sa langue, sa civilisation et son génie dans toutes les contrées du monde. Répondant à Ferry, Clemenceau s’insurgea contre la dichotomie race supérieure/race inférieure. Cette distinction avait été aussi faite par les scientifiques allemands lors de la guerre franco-allemande, qui avaient maintenu que les Allemands battraient les Français parce qu’ils leur étaient ontologiquement supérieurs. Pour Clémenceau, il fallait se garder de répéter cet axiome allemand, qui servait de prétexte aux sociétés scientifiquement et militairement avancées pour déguiser la violence sous l’appellation charmante de civilisation. Les excuses de devoir et de droit divins de civiliser n’étaient, selon Clémenceau, rien de plus qu’un droit à la brutalité. Clémenceau conclut que justifier la colonisation par la civilisation revenait à adjoindre l’hypocrisie à la violence. En tout état de cause le début des années 1890 vit se développer des groupes de pressions pour le colonialisme, tels que Comité de l’Afrique française, le Comité de l’Égypte, le Comité de l’Asie française, ou le Comité de Madagascar, tous derrière le parti colonial, et qui revendiquaient que soit redoré le blason de la France dans le monde. Dès 1890, un consensus colonial fut établi en France, qui entendait moins vendre une entreprise africaine à des hommes d’affaires qu’un empire africain à l’Etat, et qui recommandait plus la voie de l’occupation forcée des territoires africains que celle de signature de traités avec les chefs locaux.

                Contre toute appréhension, la mondialisation martiale de l’Afrique subsaharienne par la France s’avéra bien fructueuse. Quand la poussière de la ruée vers l’Afrique se fut enfin tassée, le continent était parcellé en 50 territoires répartis entre les puissances européennes. La France, l’Allemagne, la Grande Bretagne et le Portugal s’offrirent les plus gros morceaux. La France se saisit d’un grand territoire comprenant la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Benin, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Togo, le Gabon, la république démocratique du Congo, la Centrafrique, le Cameroun, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, les iles Maurice, la Réunion, les Seychelles, Madagascar, les Comores, et Mayotte ; des territoires qui n’avaient pas tous le même statut et étaient, selon leur statut, régis par des lois différentes. Les territoires des Caraïbes étaient principalement des colonies d’esclaves. En Afrique subsaharienne, ces territoires constituaient des colonies d’exploitation dont la France tirait le maximum de profit des matières premières générées. La Tunisie était un protectorat avec un souverain local, le Bey ; et l’Algérie était une colonie de peuplement avec un Dey. Quel que soit le statut de ces diverses colonies, leurs populations locales devaient se soumettre à la juridiction d’un consul ou d’un gouverneur nommé par la France. L’injustice française révolta les populations locales qui combattirent l’envahisseur jusqu’à l’obtention de leurs indépendances politique au début des années 1960.

                Cependant, l’impulsion hexagonale pour le gain était si impérative que la France devisa des schémas biaisés de « coopération » pour rester le spéculateur privilégié des nouvelles nations indépendantes de l’Afrique francophone. Dans le système colonial, dans un emportement protectionniste, la France avait décidé d’imposer des tarifs élevés aux produits coloniaux qui entaient en métropole ; une décision qui appauvrissait les colonies tout en enrichissant la France. Cependant, dans les années 1930, la grande récession obligea la France, pour sa survie économique, à transformer les colonies en des marchés de consommation pour la vente de produits manufacturés français. La France relâcha donc un peu son système tarifaire, permettant ainsi aux colonisés de vendre facilement leurs produits sur les marchés français, de gagner de l’argent pour acheter des produits français et pour aussi payer des intérêts sur leurs dettes. Mais en même temps, afin d’éviter la compétition des autres puissances, la France imposa des quotas sur certains produits étrangers entrant en France et dans les colonies françaises. La France interdit aussi à ses colonies d’exporter certains produits chez ses compétiteurs, les forçant ainsi à n’acheter qu’à l’Hexagone des produits qui étaient pourtant disponibles dans les colonies. En plus de ces mesures protectionnistes déjà excessives, la France imposa des taxes sur les produits des colonies non françaises entrant en France. Ces taxes allaient de 11% pour la banane à 110% pour le cacao, en passant par 34% pour l’arachide, les graines de palmier et 91% pour le café. Bien que certains observateurs aient voulu attribuer à ce système économique préférentiel la résistance de l’Afrique francophone à la crise économique des années 1930, et le miracle économique de la Côte d’Ivoire des années 1980, il n’en est rien. En fait, l’économie de marché qu’a générée ce système colonial a pourvu les colonies françaises de capitaux qu’elles ont été obligées de retourner à la France au centuple. En outre, cette économie de marché que la France s’activa à maintenir dans ses anciennes colonies longtemps après leurs indépendances fut la source de nombreux chocs économiques ; elle plaça les pays francophones à la merci des spéculateurs internationaux.

                Le système préférentiel établi unilatéralement par la France, et plus tard avec la collaboration de la Communauté Européenne (qui deviendra plus tard la Communauté économique européenne), entendait en réalité, maximiser les profits de la France en jugulant ses pertes dans les colonies. Déjà en 1959, le système commercial français forçait les colonies africaines de la France à consommer 28,2% des exportations françaises, alors que les exportations de ces colonies vers la France ne constituaient que 20% des produits exportés en France. Ces chiffres sont passés 7,8% contre 5,9%. Les différentes conventions (Lomé, Yaoundé, Lomé 2) renforçant la « coopération » entre la France et ses anciennes colonies, et qui inclurent plus tard les pays anglophones et les pays ACP, ne créèrent pas de vraies conditions de développement dans les pays non européens. En fait, la France manœuvra pour exclure les anciennes colonies asiatiques des ACP, sous prétexte qu’elles pourraient être des concurrentes dangereuses en ce qui concerne un certain nombre de produits, et le petit état de l’île Maurice fut exclu par la France pour être un compétiteur sérieux en produits textiles. Les états de la C.E., et la France particulièrement, ne firent aucun effort pour développer l’activité de production en Afrique. Pour la C.E., l’Afrique devait demeurer éternellement le fournisseur de matières premières de l’Europe. Vers la fin des années 1980, le Consensus de Washington, avec son long menu de dépolitisation unilatérale de l’Etat, hostile à l’investissement de l’Etat dans le secteur social, dans la création de l’emploi, dans la protection de l’environnement, dans l’éducation, dans la santé et dans la réduction de la pauvreté, donna à la France la bénédiction officielle des institutions de Bretton Woods afin qu’elle continue son exploitation de l’Afrique.

                La mondialisation économique, telle que conçue par le Consensus de Washington, présuppose une violence internationale. Elle assume, parfois sur le fondement d’un sixième sens bureaucratique et sur aucune base scientifique, qu’afin d’améliorer le sort de leurs populations, les pays du Tiers Monde doivent adapter leurs économies aux conditions dictées par les multinationales européennes et américaines en libéralisant leurs marchés. Le résultat de cet exercice philosophico-économique est que, comme cela fut le cas pendant la colonisation, les crises économiques sont déplacées des pays du nord vers les pays du sud.

L’insistance de la Banque mondiale et du Fonds que les pays en développement ouvrent leurs économies aux investissements directs étrangers a favorisé la recolonisation des pays qui cinquante ans plus tôt avaient lutté pour leurs indépendances. Dans la plupart des cas, la mondialisation a réussi à installer l’impérialisme euro-américain en permettant aux capitalistes des pays industrialisés de devenir les nouveaux propriétaires de compagnies d’Etat (eau, électricité, communication) des pays en développement. Ce plan fonctionne parfaitement lorsque l’état impérial ‘achète’ les banques et les spéculateurs et exerce des pressions sur les états pour  ouvrir les marchés, et envoie des expéditions mercenaires et militaires pour réprimer toute résistance.

Dans ce grand design de recolonisation déguisée en mondialisation, toute opposition est impitoyablement réprimée par une variété de méthodes coercitives : Pour les pays en développement dont les gouvernants, s’opposant à l’exploitation occidentale, mènent une politique populiste et préconisent le contrôle des ressources nationales et qui, attentifs aux besoins de leurs peuples, refusent la corruption et le style de vie promis par les pays industrialisés, les tireurs à gage économiques possèdent tout un menu de dissuasion : la subversion du processus politique, le corruption des administrateurs, des officiers de l’armée, des médias, des syndicats, des universitaires, l’incitation à la guerre ethnique et religieuse ; un menu tiré tout droit du guide de la colonisation, et qu’illustrent les cas du Congo, d’Haïti et de la Côte d’Ivoire, ces pays qui ont osé s’opposer à la coalition tripartite des pays du nord, des Nations Unies et des institutions financières internationales.

                En Côte d’Ivoire, cette conspiration tripartite fonctionne grâce à un ancien fonctionnaire du Fonds, Alassane Dramane Ouattara, dans ses oripeaux de collaborateur, et à ses associations avec le gouvernement français et les multinationales françaises, qui mettront en place une nouvelle marque de mondialisation que nous baptiserons ici la mondialisation à la française.

La Côte d’Ivoire : de la prospérité économique à l’austérité

                Les années 1970 étaient une période de prospérité pour la Côte d’Ivoire. La hausse des prix du café et du cacao sur le marché mondial avait positionné la Côte d’Ivoire comme la première puissance économique de l’Afrique de l’ouest dont les signes de croissance étaient visibles dans tous les secteurs. Les observateurs n’hésitaient pas à comparer le miracle ivoirien au miracle japonais –nous nous souvenons encore que notre sujet de géographie au baccalauréat était ainsi libellé : « comparez le miracle ivoirien au miracle japonais ». Cette comparaison n’était nullement pas exagérée. Le taux de croissance ivoirien était le deuxième du monde après celui du Japon. Cependant le boom économique ivoirien dépendait énormément de capitaux étrangers, étant donné qu’il était amarré aux caprices des spéculateurs internationaux qui décidaient du prix des matières premières. Dans sa volonté de diversifier l’économie et de lancer des programmes de développement, la Côte d’Ivoire emprunta de l’extérieur des capitaux qu’elle manqua souvent de gérer avec sagesse. En outre, la chute des prix du café et du cacao du début des années 80 amplifia la dette extérieure du pays ; ce qui emmena le président Houphouët à se tourner vers la Banque mondiale et le Fonds monétaire pour des prêts de stabilisation de l’économie de son pays.

                La période s’étendant des années 80 aux années 90 fut un temps économiquement mouvementé. L’exploitation de nouveaux gisements de pétrole offshore aida le pays à parer à certaines difficultés économiques. Cependant, l’incertitude économique persistait toujours et des rumeurs de compression des fonctionnaires mirent des manifestants dans la rue pour protester contre le contrôle absolu du pouvoir par le parti unique (le PDCI-RDA). Afin de sauver son pouvoir, Houphouët se plia aux exigences de ses créanciers (principalement la Banque et le Fonds) et nomma un économiste du FMI, Alassane Ouattara, en avril 1990 comme président du Comité Interministériel de Coordination du Programme de Stabilisation et de Relance Economique, un comité chargé de trouver des solution à la crise économique—mais entendez plutôt un comité chargé de trouver des moyens des rembourser à la Banque et au FMI ce que lui devait la Côte d’Ivoire, en dépit de la crise. 5 mois plus tard, un président Houphouët agonisant nommait Alassane Dramane Ouattara premier ministre de Côte d’Ivoire. Ce qui se passa à partir d’avril 1990 est une série d’événements dignes d’un roman.

Dominique Nouvian Folleroux : femme fatale

                Le fait d’être proche du président Houphouët permit aussi à Ouattara d’être très proche de Mlle Nouvian Folleroux, la femme qui devint plus tard son épouse et son associée la plus écoutée dans l’intrigue rocambolesque qui se tissa au détriment du peuple ivoirien. Les circonstances dans lesquelles Dominique fut introduite à l’épicentre du pouvoir ivoirien demeurent encore floues. Ce qui est clair, cependant, c’est qu’elle devint la maîtresse officielle du président Houphouët et la gestionnaire exclusive de son immense domaine personnel et d’une grande partie du patrimoine ivoirien. Son nouveau titre donna à Mlle. Folleroux d’immenses pouvoirs financiers, alors même que déclinaient la sante et la popularité du président Houphouët en Côte d’Ivoire. En effet, au début des années 1990, le président Houphouët fut confronté à une opposition politique farouche, qui l’obligea, pour la première fois, à desserrer son contrôle du pouvoir. Sous la pression des institutions de Bretton Woods, le président Houphouët nomma Ouattara premier ministre, légalisa les partis d’opposition et promis des élections législatives ouvertes à toutes les tendances. Les élections présidentielles d’Octobre confirmèrent la force des partis d’opposition, et principalement l’influence du parti du plus grand opposant d’Houphouët, le Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo. Les observateurs internationaux estimèrent à 30% les votes pour Gbagbo (seulement 18,3% contre 81% pour Houphouët selon les chiffres officiels). Le 26 novembre 1990, 18 partis d’opposition se présentèrent aux législatives contre le PDCI d’Houphouët. Le parti d’Houphouët retint 163 des 175 sièges parlementaires. Une histoire s’écrivait : le pouvoir du PDCI n’était plus absolu. Houphouët, le Vieux comme l’on l’appelait affectueusement, était désormais un homme physiquement et politiquement diminué.

                Qu’à cela ne tienne, les affaires de Mlle. Nouvian Folleroux, quant à elles, marchaient à merveille : Elle sépara le président Houphouët de quelques uns de ses domaines français pour un montant de 19 millions d’euros, une transaction qui, bien que trouble, lui ouvrit les portes du business international. Elle acquit les salons Desanges aux Etats-Unis. L’Agence Internationale de la Commercialisation Immobilière qu’elle s’offrit grâce à sa nouvelle fortune lui attirait de gros clients dont Martin Bouygues, roi du béton français, Vincent Bolloré (partenaire de Bouygues) et roi des médias français et du papier d’emballage de tabac—c’était bien Bolloré qui avait payé des vacances de félicitations à Sarkozy à l’Ile de Malte sur son luxueux yacht après les présidentielles françaises de 2006 ; c’était encore lui qui avait prêté son avion privé à M. Sarkozy pour qu’il impressionne sa nouvelle girlfriend d’alors, Carla Bruni, pour leurs vacances de décembre 2007 en Egypte—et Dominique Strauss-Khan, ex-ministre des finances de Mitterrand et président du Fonds monétaire international depuis 2007, le président Bongo du Gabon, qui lui aussi confia la gestion d’une partie de son patrimoine à la branche gabonaise d’AICI, dirigée par le frère Philippe Nouvian, le président Blaise Compaoré du Burkina Faso, et le président Kadhafi de la Lybie. Tel est le réseau que Mlle. Folleroux se tissa depuis le jour où elle atterrit dans la chambre du président Houphouët. Et cette femme-là, Dominique Nouvian Folleroux, est la femme dont Alassane Ouattara, le premier ministre d’Houphouët, s’enticha.

« Ouattara ! Ouattara! C’est notre homme! S’il ne peut le faire, alors nul autre ne peut le faire! »

                Tel semblait être le chant des institutions de Bretton Woods, créancières de la Côte d’Ivoire depuis la mort du président Houphouët en décembre 1993. Excellent élève du FMI où il travailla de 1968 à 1973 avant d’occuper divers postes à la BCEAO, Ouattara était très attentif à la politique d’ajustement structurel prônée par le FMI en Afrique, bien que cette politique ait des conséquences catastrophiques pour l’Afrique. En tant que premier ministre de Côte d’Ivoire, ses solutions pour le redressement de l’économie firent plus de mal que de bien. Comme le lui avait recommandé l’O.M.C., M. Ouattara élimina les subsides aux planteurs ivoiriens, alors que l’Amérique et l’Union Européenne subventionnaient généreusement leurs agriculteurs. Il mit à la retraite anticipée plus de 10.000 fonctionnaires ; ceux qui avaient encore la chance de conserver leur emploi virent leur salaire chuter de 40% ; M. Ouattara réduisit l’accès à l’éducation en réduisant de moitié le salaire des enseignants ; il élimina la subvention aux restaurants universitaires, le transport des bus universitaires, la couverture médicale universitaire, et il imposa aux populations des frais d’accès aux premiers soins ; il initia la dévaluation du CFA et institua la carte de résidence très controversée qui fut à la base du harcèlement des étrangers. Ces échecs, comme il fallait s’y attendre, frustrèrent les populations, qui manifestèrent leur mécontentement par des marches de protestation. M. Ouattara réprima ces marches dans le sang, la torture et la mort ; et malgré les appels répétés pour une enquête indépendante, M. Ouattara demeura inflexible. Ouattara était un bon ami des institutions financières internationales et des multinationales. Etait-il aussi un ami de la Côte d’Ivoire ? Pour la Banque mondiale et le Fonds Monétaire international, cette question-là importait peu.

                Aussi, les institutions financières insistèrent-elles davantage pour que le premier ministre eût plus d’autorité. M. Ouattara cumula donc les postes de premier ministre, ministre des finances et président par intérim pendant la longue hospitalisation du président Houphouët en Europe en 1993. Il ordonna que toutes les recettes publiques lui soient versées directement à la primature dans un compte spécial, plutôt qu’au trésor, comme cela était de coutume. Ce style de gestion atypique mélangea très vite les comptes personnels du premier ministre aux comptes de l’Etat, et des millions de dollars disparurent des caisses de l’Etat, alors que M. Ouattara, en raison de deux vols internationaux par semaine, mettaient des fortunes à l’abri dans des comptes étrangers, intégrant prématurément le club des hommes les plus riches du monde. La fortune subite de Ouattara n’émut aucun des moralisateurs de la Banque mondiale et du Fonds si prompts pourtant à sermonner les dirigeants africains sur la sainteté et la « bonne gouvernance ». Pourquoi devraient-ils s’émouvoir que Ouattara fût l’un des plus grands acteurs de la fuite des capitaux ? N’était-il pas seulement juste qu’il fût récompensé, ce bon agent du Fonds ?

                Et pourtant la fuite des capitaux dont Ouattara était l’un des principaux acteurs constituait l’une des plus grosses sources d’appauvrissement de l’Afrique. En effet, les capitaux africains maintenus légalement ou illégalement dans les banques en dehors de l’Afrique s’élèvent à 22 milliards de dollars américains. Cette somme à elle seule constitue plus de la moitié de la somme dont l’Afrique a besoin pour ses programmes de développement. Si cet argent était investi en Afrique, il constituerait 64% du stock de capitaux privés de l’Afrique. Il n’y a pas de doute que de par sa participation à la fuite de capitaux, et proportionnellement au peu de temps qu’il a passé au pouvoir (3 ans et 1 mois), Alassane Dramane Ouattara fut l’un des dirigeants qui ont le plus siphonné les richesses du continent africain.

                Pendant qu’Alassane Dramane Ouattara passait de ses fonctions de premier ministre à celles de businessman et vice versa, mélangeant ainsi ses comptes personnels à ceux de l’Etat de Côte d’Ivoire, Madame Dominique Folleroux—que M. Ouattara avait alors épousée au cours d’une cérémonie officiée par le maire de Neuilly d’alors, M. Nicholas Sarkozy—sans aucune décence éthique, faisait du lobbying afin qu’il soit vendu à Bouygues et Bolloré les compagnies d’état que son cher époux privatisait (EECI, SODECI, etc.). Ce qui fut fait. Ces compagnies d’état, stratégiques pour l’indépendance de tout pays, furent cédées parfois même au coût d’1 franc symbolique. En ce temps-là, même des leaders du parti de Ouattara (le PDCI) avait crié au scandale sans rien pouvoir faire. Henri Konan Bédié qui était président de l’Assemblée Nationale s’était farouchement opposé à la libéralisation sauvage et choquante de Ouattara. La libéralisation de Ouattara fit de la Côte d’Ivoire un pays économiquement assiégé par la France : 27% des actifs des entreprises ivoiriennes appartenaient à des français. 240 filiales et plus de 600 compagnies en Côte d’Ivoire étaient détenues par des Français. Les investissements louches que permirent monsieur et madame Ouattara firent couler beaucoup d’encre et de salive (à suivre)                                         

TV5 MONDE Afrique presse: Vers un 3ème mandat pour le Président OUATTARA?

http://www.ivoirebusiness.net/videos/tv5-monde-afrique-presse-vers-un-3%C3%A8me-mandat-pour-le-pr%C3%A9sident-ouattara

Arts of the Deal

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Obama Officials Spied on Trump Campaign Using at Least Five Methods, By Jasper Fakkert

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During the heat of the 2016 presidential elections, officials within the Obama administration, including cabinet-level officials who answered to Obama directly, extensively spied on the campaign of then-candidate Donald Trump.

Both the Department of Justice inspector general and the House intelligence committee are currently probing the actions of the Obama officials and their motivations.

So far, at least five different ways that the officials spied on the Trump campaign have been uncovered.

These include the use of national security letters, a FISA warrant, an undercover informant, the unmasking of identities in intelligence reports, and spying conducted by foreign intelligence agencies.

Each of these methods provided the officials with sensitive information on the Trump campaign that could have been used for political purposes.

Private communications between FBI officials involved in the agency’s investigation on the Trump campaign, reveal its links to the White House.

In one of the text messages obtained by the DOJ inspector general, and since released publicly, the lead FBI agent on the case, Peter Strzok, wrote in a Sept. 2, 2016, message to FBI lawyer Lisa Page that “potus [president of the United States] wants to know everything we’re doing.” Page was serving as counsel to then-Deputy FBI Director Andrew McCabe.

There have also been direct ties between the spying and the campaign of then-Democratic presidential candidate Hillary Clinton.

The FBI and DOJ relied heavily on unverified allegations contained in the so-called Trump dossier, paid for by the Clinton campaign and the Democratic National Committee (DNC), to obtain a FISA warrant to spy on Trump campaign volunteer Carter Page.

1. National Security Letters

The FBI, which at the time was headed by FBI Director James Comey and Deputy Director McCabe, used counterintelligence tools known as national security letters to spy on the Trump campaign.

Marc Ruskin, a 27-year veteran of the FBI, told The Epoch Times that the agency has strict guidelines regulating the use of different types of investigations, such as national security, criminal, and terrorism investigations. Launching a foreign counterintelligence investigation (FCI), which falls under the FBI’s national security guidelines, must meet a lower bar of probable cause than do criminal investigations.

Using an FCI to investigate the Trump campaign, the FBI was able to gather intelligence—not necessarily evidence—which it would likely not have been able to do using a criminal investigation, given the lack of probable cause.

However, the FBI appears to have used the FCI tools—potentially illegally—to launch a subsequent criminal investigation.

Comey told Congress under oath in June 2017 that the investigation did not target Trump, even though it had spied on his campaign.

Similarly, Deputy Attorney General Rod Rosenstein, who oversees the investigation by special counsel Robert Mueller, said in April that Trump is not a target of Mueller’s investigation.

2. FISA Warrant

The FBI and DOJ obtained a FISA spy warrant on Carter Page, a volunteer adviser to the Trump campaign, on Oct. 21, 2016. Under the so-called “two-hop” rule, the FISA warrant could have been used to spy on anyone with two layers of separation from Page himself. This means that both of the people Page was in contact with himself at the campaign could have had their communications surveilled, which is the first hop, as well as anyone who was in contact with the campaign officials, the second hop.

This means that even though Carter Page never talked to Trump himself, as said by Page in a Feb. 6 ABC News interview, Trump could still be spied on, because Page had contact with one of his campaign officials.

Because Page is a U.S. citizen, the application had to be certified by the FBI director or deputy director. Comey signed off on three of the applications, which include renewals, and McCabe signed one.

Deputy attorney generals Sally Yates, Dana Boente, and Rosenstein each signed one or more applications on behalf of the DOJ.

A FISA warrant is among the most intrusive ways to spy on an individual. It includes access to data collected under Section 702 of the Foreign Intelligence Surveillance Act.

This data includes all digital communications—such as internet browsing histories, phone conversations, emails, chat logs, personal images, and GPS locations—that are transferred over the internet and captured by the NSA using so-called upstream data, which is all internet data traveling through key internet backbone carriers.

The FBI itself has access to 702 collected data collected by the NSA. A declassified top-secret Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC) report released in April 2017 detailed numerous violations by the FBI in handling this data.

Among the violations were the FBI’s providing of access to raw FISA data to private contractors, in violation of policies intended to safeguard the data. The contractors were also found to have maintained access to the sensitive data, which includes communications of Americans, after the contractors’ work for the FBI was concluded.

The FBI also provided 702 data to a private entity that did not have the legal right to it. According to the FISC, the FBI also did not give oversight or supervision on how the data was used. It is unclear which private entity the FBI provided the information to.

It is unclear at this point in time whether the communications of Trump and his campaign were provided to outside private entities.

In addition to the FBI’s mishandling of Section 702-acquired data, the declassified FISC report shows numerous violations under the Obama administration of procedures intended to safeguard Americans’ personal data and communications. For example, the NSA had an 85 percent noncompliance rate with guidelines for when it came to searches involving American citizens.

3. Unmasking

Top Obama officials made hundreds of so-called unmasking requests for the identities of members of the Trump campaign in intelligence reports.

Unmasking refers to the practice of requesting that an intelligence agency, in most cases the NSA, unmask the name of an American citizen, which by default is concealed in intelligence reports to protect identities.

Obama’s national security adviser, Susan Rice, Ambassador to the U.N. Samantha Power, and CIA Director John Brennan have so far been identified by the House intelligence committee as having filed such requests.

Power testified before the House oversight committee in October last year that even though unmasking requests were made in her name, they were in fact made by another undisclosed official.

The communications obtained by Rice and Brennan could have been provided to Obama during the daily intelligence briefings he received from them.

4. Undercover Informant

The FBI used an undercover agent to infiltrate the Trump campaign.

Stefan Halper, a Cambridge professor with ties to the CIA and British intelligence agency MI6, reached out to Carter Page; George Papadopoulos, a volunteer foreign policy adviser to the Trump campaign; and Sam Clovis, a senior Trump campaign official.

Halper received over $1 million from a Defense Department think tank between 2012 and 2017.

In the same month that Halper reached out to Papadopoulos, in September 2016, the Office of Net Assessment—a strategy think thank that falls directly under the Defense Secretary, exercised an option to extend Halper’s contract for nearly $412,000. Government records show Halper’s work was marked as “special studies/analysis – foreign/national security policy.”

According to media reports, Halper met with Carter Page as early as July 2016, the same month the FBI opened its counterintelligence investigation into the Trump campaign.

On May 20, the DOJ, under the direction of Trump, ordered its inspector general to look into the actions of the FBI informant.

“If anyone did infiltrate or surveil participants in a presidential campaign for inappropriate purposes, we need to know about it and take appropriate action,” Deputy Attorney General Rod Rosenstein said in a statement.

It expands the scope of the investigation by Inspector General Michael Horowitz, whose office is already investigating the FBI’s use of a FISA warrant to spy on the Trump campaign.

5. Foreign Intelligence

British Intelligence agency GCHQ provided officials within the CIA, both members of the “Five Eyes” intelligence alliance, information on the Trump campaign as early as late 2015, The Guardian reported.

According to the publication, then-head of GCHQ Robert Hannigan provided then-CIA Director John Brennan with sensitive information on the Trump campaign on a “director level” in the summer of 2016.

Brennan subsequently prepared an “eyes only” report for Obama and three senior aides. Brennan also provided briefings to the members of the “Gang of Eight” (the House and Senate majority and minority leaders, as well as the chairmen and ranking members on the House and Senate intelligence committees).

That GCHQ’s Hannigan provided Brennan with the information on the Trump campaign is highly unusual, as the House Intelligence Committee has found that no official Five Eyes intelligence product exists.

“We are not supposed to spy on each other’s citizens, and it’s worked well. And it continues to work well. And we know it’s working well because there was no intelligence that passed through the Five Eyes channels to our government,” Chairman of the House intelligence committee Devin Nunes told Maria Bartiromo on Sunday Morning Futures on April 22.

The Five Eyes alliance uses strict guidelines to make sure that participating intelligence agencies in the United States, UK Canada, Australia, and New Zealand don’t spy on each other’s citizens. The guidelines aim to prevent, for example, the U.S. government from using intelligence obtained by the Five Eyes to gain communications of Americans­—which the government is not allowed to monitor without a warrant.

However, Hannigan and Brennan appear to have done exactly that by circumventing official channels, thus explaining why no official intelligence product exists.

The fact that no official intelligence exists that was used to open the investigation into the alleged collusion between the Trump campaign and Russia means that those involved went around the official system.

Hannigan unexpectedly announced he was resigning from his post just three days after Trump was inaugurated.

Source: https://www.theepochtimes.com/the-five-methods-obama-officials-used-to-spy-on-the-trump-campaign_2544292.html

 

Comment Dramane Ouattara peut-il tant voyager et demeurer paradoxalement sur place ?

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Au cours de conférences mondiales, dans les salles de classes internationales, sur les réseaux sociaux, dans leurs conversations privées, nombreux sont ceux qui s’étonnent de ce qu’Alassane Dramane Ouattara, ancien étudiant des universités américaines, ancien fonctionnaire des institutions financières internationales, mais surtout, témoin des divers systèmes démocratiques des pays qu’il a visités, se soit révélé un si piètre économiste, et essentiellement, un si piètre ingénieur social, voire même un despote indécrottable, une fois projeté à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire.

En effet, sous le régime dictatorial de Dramane Ouattara, et selon les chiffres avancés par la Banque africaine de développement par la voix de sa directrice générale adjointe chargée de l’Afrique de l’Ouest, madame Akin Olugbadé, « La part cumulée des emplois vulnérables et des chômeurs dans la population active en Côte d’Ivoire se situe entre 70 et 90% ». Voici qui résume de façon très lapidaire l’aptitude économique de Dramane Ouattara, « l’économiste » célébré par les clameurs griotiques. En d’autres termes, un gestionnaire de cabine téléphonique à Anoumambo administrerait mieux la Côte d’Ivoire et y produirait plus d’emplois que ne le fait Dramane Ouattara présentement.

De même, la politique querelleuse, fourbe, anémiante, et meurtrière de Dramane Ouattara, qui a transformé la Côte d’Ivoire en une prison à ciel ouvert et un champ de misère, cette politique dont les Ivoiriens font les frais depuis 7 ans, et que les « alliés » RHDP de Dramane Ouattara, d’abord la bouche trop pleine pour parler, dénoncent, enfin, au fil des jours, parce que la pitance s’amenuisant et borborygmes s’intensifiant, est loin d’être inspirée des pays qui fascinent tant Dramane Ouattara. Tout se passe comme si, de tous ses voyages, Dramane Ouattara erre mais ne bouge guère, regarde mais ne voit rien. D’où cette question : Comment un tel homme, qui a tant voyagé et probablement tant vu, peut-il être aussi obtus à toute intensité égalitariste et progressiste ? La réponse à cette interrogation est très simple : n’apprend pas nécessairement quiconque voyage.

En effet, Dramane Ouattara est l’évidence même qu’un simple voyage dans l’espace de l’autre ne nous ouvre pas nécessairement l’esprit, ne nous permet pas nécessairement de comprendre le monde autrement qu’à travers une perspective étroite. Le plus grand des voyageurs peut demeurer plus obtus que le plus endurci des sédentaires. Joseph Conrad, Albert Schweitzer et Léo Frobénius n’étaient-ils pas tous des voyageurs ? Mais Chinua Achebe ne nous rappelle-t-il pas que ces voyageurs-là ont plus de choses à nous révéler sur leur étroitesse d’esprit que sur les terres étrangères qu’ils ont visitées ? Dramane Ouattara, en dépit des nombreuses années passées dans les universités étrangères, semble être retourné en Afrique plus autoritaire et plus aveugle aux changements du monde qu’il ne l’était au moment où il décrochait son baccalauréat dans un lycée de Ouagadougou.

Il n’est pas suffisant de voyager, mais plutôt de s’enrichir de ses voyages, de se laisser pénétrer – que l’on soit physiquement sédentaire ou pas – d’intensités nouvelles, de vibrations étrangères ; le vrai voyage n’implique pas, comme nous le rappellent Deleuze et Guattari, « nécessairement de grands mouvements en extension, [il peut se faire] immobile dans une chambre et sur un corps sans organes ». Le voyage qui forme et qui enrichit est un mouvement de l’intelligence qui s’ouvre à des flux étrangers ; car l’intelligence peut, dans un corps sédentaire, s’ouvrir à des connexions nouvelles ; elle peut aussi, dans un corps nomade, se fermer sur elle-même. Alassane Dramane Ouattara est certainement un grand voyageur en extension ; mais ses voyages l’ont très peu enrichi d’intensités formatrices. Il a vu des pays et du monde, mais n’en a pas plus appris sur la compassion et la négociation que le sédentaire qui n’est jamais sorti de son hameau. Le président Abraham Lincoln disait ceci : « Si vous voulez tester la capacité d’une personne, donnez-lui le pouvoir ». Dramane Ouattara « prit » le pouvoir et se révéla un cruel incapable recroquevillé dans un solipsisme désespérant.

TV5: « Le risque pour la CI est de garder Gbagbo à La Haye en dépit du vide du dossier »

Vincent Bolloré, digne héritier de Jules Ferry, Martial Frindéthié

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Soupçonné de pratiques mafieuses en Afrique, Le milliardaire français Vincent Bolloré se défend en reproduisant un rabâchage hérité des premiers spéculateurs racistes venus d’Occident : « faut-il laisser l’Afrique à l’abandon ? » Telle est la parade de Bolloré ! En d’autres termes, L’Afrique n’a que deux choix : accepter les spéculateurs malhonnêtes ou périr. En d’autres termes, plutôt que de geindre, les Africains devraient dire « merci » au Grand Blanc dont les méthodes commerciales frauduleuses les ont sortis des ténèbres.

Cette rengaine, nous l’avons déjà entendue de Léopold II, qui après avoir réduit le Congo en un vaste champ d’esclaves travaillant à son compte, lorsque vint l’heure de rendre compte au monde de ses excès, se défendit que sans ses « investissements philanthropiques », le Congo serait demeuré sans civilisation. Et l’’on voit bien aujourd’hui l’héritage de civilisation que Léopold et ses héritiers ont légué au Congo.

Cette rengaine, nous l’avons aussi entendue de Jules Ferry, qui, le 28 juillet 1885, dans un plaidoyer pour l’expansion coloniale française, ânonnait devant les députés français que l’Afrique, le cœur des ténèbres habitée de « races inférieures », n’attendait que le messie français pour se civiliser : « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures … Je dis que les races supérieures ont des devoirs … Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu’un peut nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Est-ce qu’il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l’Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou de la nation anglaise ? ».

Ainsi donc, la question que posait Jules Ferry en 1885 est celle que pose en 2018 Vincent Bolloré : « faut-il laisser l’Afrique à l’abandon ? Les races supérieures ont-elles le droit de laisser les races inférieures à l’abandon ?». Certains de nos « grands penseurs » nous conseilleraient plutôt de dire merci au Grand Blanc qui vient nous soutenir lorsque nous refusons de nous tenir debout, et ces mêmes « penseurs », dégoutés de notre « ingratitude » envers le Grand Blanc, lui conseilleraient ceci : « si l’Afrique refuse de se tenir debout, laissez-la tomber ». Ce que ne diront jamais ces pseudo-penseurs qui émargent chez les dictateurs qu’ils servent, c’est qu’en réalité, l’Afrique n’a pas besoin de prédateurs de la trempe des Bolloré ; que l’Afrique peut se tenir debout sans ces nuisibles exterminateurs occidentaux ; et que ce sont les dictateurs qu’ils servent, ces esclaves mentaux qui ne se sont jamais consolés d’être faits à la couleur du diable, et qui ne voient leur salut que dans l’Occidental – fût-il un prédateur – qui minent les efforts d’honnêtes investisseurs africains, préférant livrer l’Afrique à des fossoyeurs comme Bolloré.

« Faut-il laisser l’Afrique à l’abandon ? » Quelle malhonnêteté ! Mais surtout, quel mépris pour les Africains dans cette question. Comme s’il n’y avait pas d’investisseurs en Afrique ! N’est-ce pas ce même Bolloré, qui de concert avec le pouvoir corrompu d’Abidjan, et dans les conditions les plus déloyales, se démena pour arracher à Jean-Louis Billon, un Africain, un Ivoirien, le deuxième terminal à conteneurs d’Abidjan ? Et lorsque cet Africain-là, décidé à ne pas « laisser l’Afrique à l’abandon », fit un procès à Bolloré, qui vint à la rescousse du Grand Blanc déplacer le débat sur la vente du sucre en Côte d’Ivoire ? Sinon qu’un autre Africain, en la personne d’Ahmed Bakayoko, qui s’employa de tout son magma pachydermique à humilier Billon, l’invitant à sortir du gouvernement de Dramane Ouattara ? Comme si la condition sine qua non pour servir dans un gouvernement de Dramane Ouattara était d’abandonner sa cervelle aux vestiaires et de se vêtir du boubou de corrupteur et de corrompu !

Les Africains complexés, disposés à rationaliser les pratiques mafieuses des prédateurs occidentaux en Afrique, il y en aura toujours. De même qu’il eut dans le passé d’indignes « dignitaires » africains qui vendirent leurs frères et sœurs en esclavage aux négriers pour quelques miroiteries, il y a encore aujourd’hui, d’indignes « gouvernants africains » disposés à vendre l’Afrique à des « hommes d’affaires » véreux pour quelques privilèges personnels. Et c’est grâce à ces Africains complexés-là que des Bolloré pourront continuer à s’improviser les messies de l’Afrique.

 

 

Côte d’Ivoire : Pourquoi cette dictature ment-elle tant ? M. Frindéthié

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Alassane Dramane Ouattara aurait « reçu mandat de la présidente Dagri pour signer l’accord politique de parti unifié ». Voici une nouvelle qui a causé chez les Ivoiriens une hilarité à les casser en deux. Et nous aussi aurions ri à gorge déployée si cette comédie ne reflétait un grave penchant de la dictature d’Abidjan pour le faux ; un penchant qui en définitive affecte négativement le vécu quotidien des Ivoiriens.

Il est en effet un fait – et certainement pas le seul – que nous trouvons très agaçant chez ceux qui gouvernent la Côte d’Ivoire depuis le coup d’Etat de 2011 : c’est leur propension à prendre des gants avec la vérité, à jouer à cache-cache avec le réel, à tricher avec les chiffres, à tromper, à – disons-le sans ambages ! – mentir sans vergogne ; c’est-à-dire, mentir bêtement, mentir lourdement, mentir gauchement, mentir inélégamment. Cette dictature ment jusqu’à croire à son propre mensonge. Cette façon de mentir n’est pas du tout ordinaire ; elle a quelque chose de pathologique.

Et je ne parle pas seulement de la mystification sans retenue de Sidi Tiémoko Touré, le ministre de la promotion de la jeunesse, de l’emploi des Jeunes et du service civique d’Alassane Dramane Ouattara, qui, confortablement installé sur le plateau du journal Afrique de TV5, ce jour de 4 avril 2018, déclarait, avec tout le calme d’un lac sans rides, que le taux de chômage en Côte d’Ivoire est de 2%. Et même lorsque, assommé par un tel attachement au faux de « notre » ministre, le journaliste de TV5 lui lança des « hum ! » et des « han ! » dubitatifs, Sidi Touré maintint sa fable : 2%, ce sont les vrais chiffres, si l’on considère que l’économie de la Côte d’Ivoire est principalement informelle et que ne sont pas pris en compte tous les travailleurs de l’informel dans les chiffres formellement divulgués.

Cet hyperbolique mensonge débité par Sidi Touré, il me revient que lorsqu’il fut pour la première fois énoncé à Abidjan en janvier 2017, avait aussitôt soulevé des protestations et d’impétueux appels au discernement, des cris d’orfraie du genre « prenez un peu les Ivoiriens au sérieux ! », que le porte-parole du gouvernement, Bruno Nagbané, se précipita d’apaiser, avançant, pour ce faire, un taux qui oscillerait entre 23% et 26%. La vérité vraie est que le taux de chômage en Côte d’Ivoire aujourd’hui n’est ni de 2% ni même de 23 ou 26%, mais pire.

La vérité vraie est que le taux de chômage le plus conservateur partagé par les observateurs sérieux, et qui prend en compte les emplois précaires, les emplois vulnérables, aussi bien que ces occupations dans le secteur informel que cite abondamment le régime d’Abidjan pour justifier ses chiffres, est de 42%. Pour que tiennent les chiffres avancés par Sidi Touré et Bruno Nagbané, il faudrait inclure sous la rubrique de « non chômeurs » du régime d’Abidjan les mendiants aux carrefours, les microbes écumant les nuits, les coupeurs de routes et les braqueurs qui ont désormais pignon sur rue et qui opèrent en toute impunité ; ah ! Ces microbes dont Sidi Touré, sur le même plateau de ce même jour, rationalise l’existence comme étant « un phénomène mondial » !

Et je ne parle pas seulement de cet autre gros mensonge de la dictature d’Abidjan sur cette autre chaîne internationale, un jour d’octobre 2014, où j’émergeais lentement aux nouvelles de CNN sur le déguerpissement des populations ivoiriennes installées dans les zones dites « à risques ». Alors que toute la Côte d’Ivoire savait que les déguerpis des zones à risques n’avaient, dans le meilleur des cas, perçu du gouvernement d’Alassane Dramane Ouattara qu’un dédommagement de 150.000 francs CFA (voir à ce sujet les articles suivants : http://www.imatin.net/article/societe/deguerpissement-des-zones-a-risques-150.000-f-par-famille_1496_1339706585.html http://www.koaci.com/cote-divoire-deguerpissement-quartier-tomber-mort-dattecoube-rase-94020.html?lang=1 ) ; et alors que dans la plupart des cas cette modique somme n’avait jamais été versée aux ayants droit, parce que détournée par certains fauves, quel ne fut mon étonnement, d’apprendre dans ce reportage de CNN que selon les autorités ivoiriennes les déplacés d’Abidjan percevaient pour chaque famille la somme de 2000 dollars (l’équivalent de 984.000 francs CFA). Quelle grosse tromperie !

Et je ne parle pas seulement de cet autre gros mensonge de Gon Coulibaly, qui, prenant les Ivoiriens pour des imbéciles coupés du monde extérieur, annonçait grossièrement que la Côte d’Ivoire était la 5e économie mondiale. Un mensonge que Dramane Ouattara, sur le parvis de l’Elysée, dans son style querelleur qui ne laisse à aucun journaliste l’occasion de finir une question avant de débiter son chapelet de mystifications, faillit réitérer, mais se satisfit de broder à la pénultième minute par la déclaration que la Côte d’Ivoire à « l’une des économies les plus enviables du monde ».

De quelle économie parle donc Ouattara ? Parle-t-il vraiment de cette économie de paupérisation qu’il a instituée en Côte d’Ivoire ? Car en vérité la politique coléreuse, tâtonnante, déficiente, et déshumanisante de Ouattara n’a jamais pu tenir les promesses qu’elle avait faites d’offrir à la jeunesse ivoirienne des milliers d’emplois ; tout comme elle a failli à sa promesse de construire 65000 nouvelles salles de classe et de bâtir 5 universités ultramodernes en 5 ans. La vérité vraie, c’est qu’après avoir pompeusement célébré son entrée dans le cercle des PPTE (le club des pays les plus pauvres et les plus endettés de la planète dont font partie l’Afghanistan, le Burundi, le Burkina Faso, la République Centrafricaine, l’Ethiopie, Haïti, la Guinée-Bissau, le Madagascar, le Malawi, le Mali, le Niger, le Rwanda, le Sénégal), une induction qui lui valut d’obtenir un allègement de la dette ivoirienne, le régime d’Abidjan, amoureux du clinquant, du scintillant, du lumineux, et du « m’as-tu vu ? », plutôt que de s’employer à l’amélioration des conditions de vie des Ivoiriens ployant sous le chômage, la pauvreté, et le mal-être moral et physique, se lança dans une vrille de galas, de soûleries, d’étalages de fortunes infondées, de voyages ruineux, et d’invites de stars (Delon, Rihanna, Deneuve, Carla Bruni, Kardashian, dont certains, comme Chris Brown, repartaient avec des enveloppes de 500 millions de nos francs).

Et lorsque l’argent fut gaspillé dans la satisfaction pulsionnelle du « regardez-moi », l’on se remit à tendre la main au monde comme de vulgaires mendiants, à s’endetter, à se rendetter et à se sur-rendetter sans la moindre vergogne auprès des « amis » de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, auprès des « amis » du Club de Paris et du Club de Londres, auprès des populations ivoiriennes par un déluge d’emprunts obligataires, et même auprès d’autres pays très, très pauvres et très, très endettés, comme le Congo de Sassou N’Guesso.

Les Ivoiriens commencent à se faire aux broderies éhontées du pouvoir, qui, d’un ricanement blasé, les écartent du revers de la main toutes les fois qu’elles sont débitées, en s’exclamant « encore une autre crise de mythomanie ! ». Mais aller les répéter sur des ondes internationales et en accuser, indifférent, les railleries du monde demande une audace et une amoralité exceptionnelles que très peu de personnes peuvent se permettre d’exhiber avec fierté. Ce n’est pas cette audace qui manque depuis 2011.

D’évidence, la politique est métier qui attire de nombreux fourbes et trompeurs ; cela est indéniable ! Mais tricher à s’oublier, tricher à exposer inélégamment les fils blancs de ses broderies ? Quelle goujaterie !

Il est temps de maitriser Bédié, le père sévère, qui persévère dans l’erreur ! M. Frindéthié

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L’allégorie la plus illustrative qu’inspire Bédié, timonier inamovible du PDCI en ces moments tempétueux de l’histoire de la Côte d’Ivoire, est celle d’un « Wali », un père sévère et transcendant qui, au gouvernail d’un bateau ivre livré aux caprices des vents naufrageurs, se refuse à entendre tout conseil, interdit même à ses matelots l’énonciation de la moindre recommandation susceptible de sauver l’équipage, alors qu’avance vers les cruels écueils l’esquif désorienté.

Bédié, ce « capitaine » qui a perdu le cap, mais qui, mû par un nombrilisme et une vanité exceptionnels, s’obstine, contre tout bon sens, à mener le bateau PDCI à sa perte, a des antécédents dans l’histoire. Comme lui, des capitaines des temps moyenâgeux, habités d’une logique antédiluvienne, faisant fi des avertissements de leurs « conseillers », s’étaient, dans un entêtement suicidaire, obstinés à jeter leurs navires sur les pointes acérées des récifs. Mais l’histoire nous enseigne aussi que n’eurent pas raison de la raison collective tous ces opiniâtres timoniers, et que souventes fois, leurs ardeurs destructrices furent arrêtées par des membres d’équipage révoltés, qui, prenant en main leur destin, les maîtrisèrent, les ligotèrent, les abandonnèrent sur un canot au milieu du grand bleu tumultueux, afin qu’ils réalisassent seuls leurs appétences autodestructrices.

Bédié, pareil à ces capitaines de l’antiquité, est dans une logique de sabordement dans laquelle nous l’aurions laissé volontiers accomplir son destin si ses coquetteries avec Ouattara alors qu’il est au gouvernail du PDCI ne risquaient pas de faire sombrer toute la Côte d’Ivoire, n’avaient pas déjà tant déchiré la Côte d’Ivoire ; car, après tout, de même que c’est son droit à Bédié d’aimer la vie, c’est aussi son droit de désirer sa propre mort. Or Bédié n’est pas seul sur cet océan rendu hasardeux depuis l’arrivée du dictateur Ouattara. Il y est avec les occupants du bateau PDCI, mais aussi avec tous les autres navires ivoiriens qui, se cherchant un passage assuré entre les innombrables périls antidémocratiques plantés çà et là par l’autocrate Ouattara, voyagent dans ces eaux incertaines. Le « driving while texting to Ouattara » est donc un danger pour tous.

Mais nous, observateurs externes de la vie ou de la mort du PDCI, pouvons-nous intervenir ? Devons-nous intervenir ? Oui et oui ! Car il serait criminel de notre part, d’abord, de ne point porter assistance à ce bateau en péril qu’est le PDCI, et ensuite, de le laisser causer notre mort à nous aussi. La conduite aventureuse et narcissique de Bédié, son flirt dangereux avec le plus grand dictateur depuis Idi Amin Dada, menace la survie de la mère patrie.

Bédié doit être maitrisé. Il est, au même titre que Ouattara, le bourreau des Ivoiriens. S’il est permis à Bédié d’offrir à Ouattara une troisième extension de sa dictature, ce qu’il restera aux Ivoiriens demain, ce sera rien ! Ce sera le couronnement de l’abus des droits humains et la consécration de l’expropriation.

C’est pourquoi ce débat sur le parti unifié nous interpelle tous. C’est pourquoi nous encourageons les militants du PDCI, aussi bien pour le salut de leur parti que pour la survie de la Côte d’Ivoire, à faire usage de la sagesse qui dicte aux enfants de retirer la clé de la voiture à un père sénile et déliquescent ou qui commande aux amis de ne point laisser conduire un ami sous influence, pour tenir Bédié, ce père sévère qui persévère dans l’erreur, loin du gouvernail du PDCI. Ce qu’il faut au PDCI à un moment où Bédié n’entend plus aucune autre voix que celle du dictateur Ouattara, c’est une mutinerie du genre qu’opéraient les marins contre les capitaines capricieux. Il est temps qu’au PDCI, les militants qui désirent vivre et voir vivre leur parti ainsi que la Côte d’Ivoire toute entière aient le courage de destituer Bédié et de l’isoler dans son petit royaume de Daoukro, afin que se fasse la politique autrement qu’en suivant les borborygmes inassouvis d’un « leader fondamental » aux ordres d’un dictateur impénitent.

L’église catholique de Côte d’Ivoire a-t-elle perdu sa voie/voix ? M. Frindéthié

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En 1883, lorsque Léopold II, roi des Belges envoya ses premiers prêtres catholiques en Afrique endormir la méfiance des Congolais avant que n’arrivent ses armées et ses intérimaires achever le travail d’assujettissement et d’exploitation des Africains, voici ce qu’il leur enjoignit :

Révérends Pères et mes Chers Compatriotes,

La tâche qui vous est confiée est très délicate à remplir et demande du tact. Prêtres, vous allez certes pour l’évangélisation, mais cette évangélisation doit s’inspirer avant tout des intérêts de la Belgique. Le but principal de votre mission au Congo n’est donc point d’apprendre aux Nègres à connaître Dieu, car ils le connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent à UN MUNDI, UN MUNGU, UN DIAKOMBA et que sais-je encore ; ils savent que tuer, voler, coucher avec la femme d’autrui, calomnier et injurier est mauvais. Ayons donc le courage de l’avouer. Vous n’irez donc pas leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle essentiel est de faciliter leur tâche aux Administratifs et aux Industriels. C’est dire donc que vous interpréterez l’Évangile d’une façon qui serve à mieux protéger nos intérêts dans cette partie du monde. Pour ce faire, vous veillerez entre autre à désintéresser nos sauvages des richesses dont regorgent leurs sols et sous-sols, pour éviter qu’ils s’y intéressent, qu’ils ne nous fassent pas une concurrence meurtrière et rêvent un jour de nous déloger. Votre connaissance de l’Évangile vous permettra de trouver facilement des textes recommandant aux fidèles d’aimer la pauvreté, tel par exemple : « HEUREUX LES PAUVRES CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX. IL EST DIFFICILE AU RICHE D’ENTRER AU CIEL » (…) Votre action doit se porter essentiellement sur les jeunes afin qu’ils ne se révoltent pas (…) Insistez particulièrement sur la soumission et l’obéissance. Évitez de développer l’esprit critique dans vos écoles. Apprenez aux élèves à croire et non à raisonner. Ce sont-là, Chers Compatriotes, quelques-uns des principes que vous appliquerez. Vous en trouverez beaucoup d’autres dans les livres qui vous seront remis à la fin de cette séance. Évangélisez les Nègres à la mode des Africains, qu’ils restent toujours soumis aux « colonialistes blancs ». Qu’ils ne se révoltent jamais contre les injustices que ceux-ci leur feront subir. Faites leurs méditer chaque jour : « HEUREUX CEUX QUI PLEURENT CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX ».

Que Léopold II ait vraiment prononcé ces mots ou pas importe peu. Ce qui importe ici, c’est la collusion observée entre l’église et le pouvoir politique dans l’exploitation de l’Afrique ; plus tragique encore, ce qui importe ici, c’est le fait qu’en Côte d’Ivoire l’église catholique semble s’être donné pour rôle d’influencer ses paroissiens dans le sens de l’indolence, d’abêtir ses ouailles pour la perpétuation de l’autocratie d’Alassane Dramane Ouattara. L’appel à l’action de la théologie de la libération, qui, des décennies plus tôt, dans les dictatures latino-américaines (Colombie, Brésil, Pérou, Nicaragua, Chili, Guatemala, etc.), défia les despotes pour, au nom du Christ, redresser les maux sociaux, alors qu’il retrouve un regain de détermination au Congo ou au Togo pour les nouveaux défis de l’Afrique, vient au contraire s’asphyxier sur les rives de la lagune ébrié, où se développe la plus grande dictature africaine depuis l’ère d’Amin Dada. Ici, à part le courage d’une poignée d’hommes en chasubles, dont Mgr Marcellin Kouadio et Mgr Jean-Pierre Kutwa, qui osèrent dénoncer la dictature de Ouattara, la plupart des prêtres catholiques se sont murés dans un silence coupable. Ici, il m’en souvient la verbosité labyrinthique de Mgr Lézoutié, qui, le 10 janvier 2011, après avoir mélangé analogies footballistiques à allégories théologiques et presque comparé Alassane Dramane Ouattara à Jésus, demandait à Gbagbo de démissionner pour alléger la souffrance des Ivoiriens. Notre Lezoutié qui, curieusement, à part quelques bafouillages, est resté brutalement silencieux aujourd’hui ! Ici, il m’en souvient les pyrotechnies de Mgr Ahouana dans la CONARIV, cette « connerie » qui n’a servi à rien d’autre qu’à donner bonne conscience au despote Ouattara, et qui, sa mission accomplie, fut fermée sans ménagement par Koné Mariatou. Notre Ahouana qui est demeuré brutalement silencieux aujourd’hui ! Tout porterait à croire que l’église catholique ivoirienne a perdu sa voie/voix, se faisant de plus en plus la voix du dictateur Ouattara. L’église catholique ivoirienne, plutôt que d’enseigner inlassablement aux Ivoiriens à tourner l’autre joue aux abus de Ouattara, gagnerait à s’inspirer de l’église catholique congolaise, une église à l’écoute des préoccupations du peuple, catéchisant une théologie de la délivrance.

Concertation sur le parti unifié : A Quel jeu de dames Ouattara a-t-il invité Bédié ? M. Frindéthié

Le damier

Le cinéaste congolais Balufu Bakupa Kanyinda a produit un film très réaliste, Le damier: Papa National oye, dans lequel Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga est représenté comme un despote qui aime à inviter ses critiques à un jeu de dames dont le résultat est connu d’avance : la victoire de Mobutu ou la potence. A la vue de Ouattara et Bédié attablés devant des « dossiers », engagés dans ce que l’on voudrait faire passer pour d’âpres et civiles discussions sur le processus du parti unifié, je ne pus m’empêcher un petit sourire et une évocation des bouffonneries de l’ex-dictateur de Kinshasa.

A quel jeu de dames Ouattara a-t-il invité Bédié ? Surtout lorsqu’à la révélation du communiqué final de cette « récréation » privée, qui se veut nécessairement publique, Ouattara et Bédié ne se sont « convaincus » que d’une tautologie : s’accorder en principe sur un accord de principe précédemment affirmé ?

Pour l’observateur lucide de la politique ivoirienne, Il y a quelque chose de fondamentalement dérangeant, d’absolument licencieux, de vraiment mobutuesque dans les rapports qu’entretient Ouattara avec son « aîné » Bédié, lorsqu’à la moindre incartade du PDCI ou au moindre écart d’une voix dissidente au PDCI, Bédié est sommé par Ouattara à une « partie de dames » au palais, et en revient tout discipliné, tout dompté, tout calme, comme sous l’effet de forte sédation. Quel est donc ce jeu de dames qu’impose Ouattara à Bédié, et dont le résultat est toujours déjà connu, et pour lequel Bédié ignore les stratégies et les recommandations que lui prodiguent ses jeunes conseillers au PDCI, pour lequel Bédié ignore tout, jusqu’à la survie du PDCI, acceptant de fondre ce vieux parti dans une structure, dans un surnom, le RHDP, qui pour les Ivoiriens, dans leur majorité, dénote désormais de l’autocratie, du clanisme, de l’injustice, de l’incompétence, de la corruption, de la mort ?

Assurément, le « damier » de Ouattara, comme celui de Mobutu, est régi par la violence. Le jeu de dame de Ouattara est dictatorial, codifié sur des règles rigides et imposées par Ouattara à Bédié, des règles censées contrôler toute idiosyncrasie qui viendrait à contredire le discours autocratique de Ouattara. Malheureusement pour Ouattara, un jeu de dames est une émulation d’invectives entre les joueurs, de railleries, de vérités dites sous le couvert de la distraction. Ouattara a beau museler Bédié dans son jeu imposé avec ses règles unilatérales, malheureusement pour lui, aucune volonté autocratique de contrôler le flux du discours ou de restreindre le mouvement des citoyens ne peut résister à la variabilité de directions dans le jeu de dames.

D’ailleurs, dans le film de Kanyinda, un acteur, un poète, un champion du peuple osa battre Mobutu à son propre jeu de dames, avec tout ce que suppose cette partie de railleries, d’invectives, de dévoilement des excès du dictateur. Et pendant que le trainaient les gardes de Mobutu vers la potence, il fit cette révélation prophétique : « Tu ne perds rien pour attendre ! Le changement viendra ! Tu ne perds rien pour attendre ! Le changement viendra coûte que coûte ! » Question : Mobutu fait-il toujours la pluie et le beau temps au Congo ?

L’avertissement de Méité Sindou à Ouattara : Soro pourrait réparer ce qu’il a gâté, M. Frindéthié

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La rébellion de 2002 – revendiquée par Guillaume Soro, mais en réalité commanditée, par Ouattara – a conduit, après moult transactions et tergiversations, à son but ultime en avril 2011, la déposition du président Laurent Gbagbo. Depuis la prise du pouvoir du RHDP, un constat crève les yeux : Le RHDP n’avait pas de programme de société. La seule cohérence organisatrice du RHDP était la haine viscérale de ses différentes composantes envers le président Gbagbo. Une fois Gbagbo déporté à la Haye, une fois l’ennemi commun mis « hors d’état de nuire », le RHDP se révéla être une « famille » dysfonctionnelle en dedans et, en dehors, une épouvantable machine d’oppression pour les Ivoiriens.

En dedans, une lutte fratricide a vu les partisans de Soro ainsi que les partis mineurs expulsés à la périphérie du pouvoir, alors que le PDCI, humilié, s’est retrouvé à grappiller de petits morceaux insolemment jetés par le RDR. En dehors, toutes les libertés civiles des Ivoiriens, jusqu’à leur simple droit de marcher et de protester, qui sont les voies les plus pacifiques qu’ont les sociétés civilisées d’évacuer leurs frustrations, leur ont été enlevées.

Pour Soro, la frustration est d’autant plus grande qu’en plus de subir l’ingratitude de Ouattara, c’est lui qui, pour avoir accepté d’être le visage de la rébellion par laquelle tout le déchirement de la Côte d’Ivoire a commencé, est le premier des victimaires montrés du doigt. Pour de nombreux Ivoiriens, Soro est le fils qui a trahi la mère et permis qu’elle soit violée par des hordes étrangères. En même temps qu’il est déterminé à régler des comptes avec Ouattara  Soro est conscient qu’il a une dette de réparation envers les Ivoiriens; celle d’abréger leurs peines, au moment où toutes les voies de négociation sont désespérément obstruées par Ouattara. Il l’a suggéré par ses récents appels à la réconciliation, qui peinent à trouver preneurs dans un peuple encore plein de ressentiments. Le régime Ouattara n’a l’intention de discuter avec personne sur aucun sujet, et est convaincu qu’il en sera ainsi dans les dix années à venir, grâce à une constitution qu’il s’est offerte, comme un cadeau empoisonné dont le donateur ignore lui-même les effets éventuels.

Aujourd’hui, Ouattara tient en main sa constitution lui donnant droit à un troisième mandat. Mais il hésite ; il atermoie ; il louvoie ; il ajourne ; il guette ; il menace ; il prie, il mendie ; il courtise. Ouattara fait toutes sortes de contorsions pour coopter le PDCI. Pourquoi ? Parce que cette constitution qu’il tient dans ses mains est nulle sans l’approbation du PDCI, de même que le RDR n’a jamais rien pesé sans le PDCI. Ouattara vise un troisième mandat. Mais il sait aussi qu’une telle approche sans l’acquiescement d’un PDCI de plus en plus frustré le mettrait dans une posture dangereuse par rapport à tout soulèvement populaire. KKB en est conscient, qui nargue joyeusement Ouattara d’oser faire usage de sa constitution votée à 88% avec tambours et balafons pour se présenter en 2020.

Et alors que Ouattara hésite, c’est encore Méité Sindou, ancien ministre éjecté de Ouattara, mais surtout, conseiller de Soro, qui, insinuant les effets de cette constitution-poison, offre à Ouattara cet avertissement : essayer de briguer un troisième mandat en brandissant cette fausse constitution serait pour Ouattara « une erreur très grave » à ne pas commettre. Cela est une claire mise en garde. Le message du conseiller de Soro à Ouattara est très limpide : Essayez ce forcing et vous nous trouverez sur votre chemin. Pour qui sait que Bouaké est une vraie poudrière à la disposition de Soro, et pour qui a entendu Soul de Soul déclarer pour sa défense qu’il n’est pas le seul détenteur de poudrières privées, cet avertissement de Sindou n’augure rien de bon pour la dictature en place.

Une tentative d’un troisième mandat pourrait constituer une erreur de la part de Ouattara qui conduirait Soro à croire que l’occasion est bonne pour lui de solder la faute que lui reprochent les Ivoiriens, tout en faisant payer à Ouattara son ingratitude. D’ailleurs, aujourd’hui, alors que le mépris de Ouattara pour l’opposition et la société civile a bloqué toutes les voies de négociation, et ue les Ivoiriens ne perçoivent pas d’issues de sortie de la fournaise dans laquelle ils se trouvent, Soro pourrait gagner en popularité – même parmi les « jamais Soro » – et se positionner, plus facilement qu’il y a seulement quelques mois, comme l’homme dont le coup de force « salvateur » rebattrait les cartes et donnerait une chance à la démocratie après un moment de transition. A moins que Ouattara ne mette de l’eau dans son vin – et l’image est intentionnée – et n’ouvre de franches discussions avec l’opposition, c’est ce scénario ou, comme au Burkina, un coup de balai de la rue, qui remettra la Côte d’Ivoire sur les rails de la démocratie.

De l’avenir des partis politiques ivoiriens, M. Frindéthié

Kandia-Camara

Les partis politiques dont les voix les plus stridentes et les plus passionnées partagent avec la nation une vision et un rêve limpides, exprimés intelligiblement et intelligemment, à travers des valeurs sociales affirmatives, survivront aux partis qui failliront à ces exigences. En Côte d’Ivoire, quelles sont les voix les plus stridentes dans chaque parti, que disent-elles, comment disent-elles ce qu’elles disent, et surtout, que présagent leurs postures sur l’avenir de leurs partis

Nul ne doute que le RDR regorge d’intelligences. Cependant, ce parti semble avoir arrêté ses grilles d’appréciation aux antipodes du bon sens. De ce fait, les vraies compétences, les vraies valeurs, y sont garrottées par les militants qui lèvent plus de poussière qu’ils ne besognent dans l’intérêt national. Une certaine « sagesse » au RDR semble associer l’efficience à la capacité de descendre dans la fange ; car de toute évidence, ce ne sont ni la compétence ni la probité qui ont valu à ceux qui passent pour les « grands communicateurs » du parti de la case leurs postes « respectables » dans le mouvement. A la lumière du débat sur le « parti unifié » au RHDP, Adama Bictogo et Kandia Camara se sont distingués comme, non seulement les grands communicateurs, mais aussi, et surtout, les « étoiles montantes » du parti de la case. Or, si l’on retire de leurs discours tout ce qu’ils contiennent de réverbérations bruyantes, d’idolâtrie, et de discourtoisies, il n’y a rien qui propose une vision, un rêve, un programme ; mais surtout, il n’y a rien qui éduque le citoyen au véritable exercice de la négociation, fondement de la vie en société.

   Si les jactances de ces communicateurs semblent calquer le style d’Amadou Soumahoro, surnommé « cimetière » pour sa propension à menacer de mort quiconque ose critiquer Ouattara, c’est précisément qu’il ne s’agit pas de piratage, mais plutôt du déploiement d’un style, le style « propre » du RDR ; un style puncheur, griffeur, agressif, belliciste, amoureux des batailles livrées dans la gadoue, qui ne laisse à l’interlocuteur aucune possibilité de placer un mot ni ne fait aucune concession. Les insuffisances de Kandia sont monumentales et ne se comptent plus. Ses carences sont parodiées, même par les écoliers. De nombreux Ivoiriens sont convaincus que sa nomination à l’éducation est censée exprimer tout le dédain du pouvoir Ouattara pour l’école ivoirienne. Quant à Bictogo, il est l’allégorie d’une certaine dégénérescence morale au sein du RDR. Que de forfaitures ne porte-t-il à ses épaulettes, du détournement des 4 milliards de francs Cfa destinés à l’indemnisation des victimes de déchets toxiques à sa transformation d’une mission de sortie de crise au compte de la CEDEAO au Mali en un voyage d’affaires personnelles sur des mines d’or contrôlées par la junte militaire qui a renversé le président ATT ! Impétueux, impatient, affairiste impénitent, prête-nom, selon certaines personnes, adepte du clinquant, du scintillant, du lumineux, et du « m’as-tu vu ? » des nouveaux riches surpris par une fortune infondée, il est, avec Kandia Camara, étonnamment, le visage du futur du RDR, là où d’autres militants, plus éduqués, moins marqués, mais malheureusement aussi pour eux, moins tapageurs – moins « nordistes », peut-être ? – auraient apporté plus de respectabilité. Si le style de Soumahoro, de Bictogo, de Kandia, peuvent haranguer des foules déjà conquises à la cause du RDR, avalant doux comme lait le moindre souffle de Ouattara, et qui ne demandent pas que leur soient précisés une vision, un rêve, un programme pour un futur national, devant l’électorat du futur, un électorat assurément plus sophistiqué, moins partisan du culte de la personnalité, et qui exigera plus de substance, plus de responsabilité, et plus d’intelligibilité, cette posture-là signera indubitablement l’acte de décès du RDR.

Le PDCI possède des atouts inestimables dans sa jeunesse. Le charisme d’un Koffi Konan Bertin (KKB) ou d’une Yasmine Ouegnin est marquant. Les compétences administratives d’une Véronique Aka, d’un Thierry Tanoh ou d’un Jean-Louis Billon sont mondialement exportables. Malheureusement cette jeunesse du PDCI est très rarement écoutée et trop vite cooptée. Le militantisme affirmé de la jeunesse du PDCI aux côtés des pourfendeurs de la république au moment où la Côte d’Ivoire avait besoin que soit défendue sa souveraineté, ainsi que sa cogestion d’une dictature de sept longues années, seront difficilement expiés. KKB, qui au sein de son parti eut trop vite raison (pour avoir, avant tout le monde au PDCI, perçu la duplicité de Ouattara) a aussi contribué au complot contre la république, s’est même félicité de la déportation de Gbagbo, avant de s’assagir. Quant à Billon, qui est annoncé à la Haye pour une visite à Gbagbo, il demeure l’architecte historique de la désobéissance fiscale qui, au sein du complot international contre la Côte d’Ivoire, visait à faire fléchir le gouvernement de Gbagbo ; une faute hautement capitale, étant donné le mutisme qui l’a si soudainement frappé durant toutes ces années de violations de droits humains de l’autocratie de Ouattara à laquelle il a participé. Mais que semblent dire aujourd’hui ces jeunes voix du PDCI ? Qu’est enfin arrivé – et mieux vaut tard que jamais – le temps du retour aux règles sacrées de la démocratie trop longtemps méprisées par le RDR. Et les Billon et les Ouegnin et les KKB le disent avec un langage qui tranche avec la balourdise du RDR, dans une gestuelle qui indique que point n’est besoin de vociférer pour convaincre. De ce fait, ici, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, sans lancer de boules de merde. Ici, descendre dans le purin est plus une anomalie que la norme. Adjoumani l’a appris à ses dépens, qui peut-être ira-t-il retirer sa carte de membre au RDR, tant il en a adopté le mode opératoire.

Cependant, l’un des grands défauts du PDCI, c’est d’osciller au gré des vents ; c’est de vouloir une place à toutes les soupes ; c’est de manquer de convictions politiques ; c’est d’être trop souvent réactionnaire ; c’est de réagir seulement lorsque ses intérêts mesquins sont menacés plutôt que d’agir pour la sauvegarde de la nation et de ses acquis démocratiques ; c’est de ne jamais percevoir la nécessité d’un travail de pédagogie auprès de ses militants, se contentant de suivre aveuglément le dictat d’un patriarche dont les décisions sont indiscutables et ont force de loi. Contrairement à la configuration sectaire et communautariste du RDR, le PDCI est un vieux parti, bien implanté dans l’inconscient collectif d’une frange importante et relativement diverse du (point de vue ethnique et religieux) de la population ivoirienne. Le PDCI est loin de disparaître. Cependant, à moins de se réformer et de se défaire de l’odeur œdipienne de ses dinosaures égocentriques, mais surtout, à moins de prendre ses distances du RDR et de dénoncer les dérives du RDR, le PDCI, qui est déjà tenu comptable de la politique nocive du RDR, risque de s’amenuiser au point de devenir insignifiant.

Lorsqu’il est évoqué, le nom du FPI renvoie inéluctablement à l’image de Laurent Gbagbo ; à l’image d’un géant africain incarcéré dans une prison blanche pour avoir, comme Louverture, comme Béhanzin, ou comme Mandela, défendu la souveraineté de son peuple. Aujourd’hui, alors que le nom de Gbagbo semble rimer avec celui d’un surhomme, il est important de noter que Gbagbo reste un homme ordinaire, qui s’est toujours conduit ordinairement, que la chose la plus ordinaire qu’il ait su offrir à la politique ivoirienne est de lui avoir insufflé une tradition démocratique de formation politique des masses et la formation d’une relève, incorruptible, forgée aux principes de la souveraineté nationale. Pour le FPI, un parti politique doit être d’abord un outil pédagogique pour inculquer aux masses leurs droits et leurs devoirs dans la perspective d’un bien-être social. Et c’est fort de cette conviction que Gbagbo consigna ses idées pour une nouvelle Côte d’Ivoire dans plusieurs livres, et que patiemment, méthodiquement, pendant de longues années, il parcourut des milliers d’agglomérations partager son programme de développement avec les populations, quelles que soient leurs appartenances ethniques et religieuses, et quelles que soient leurs classes sociales.

Si les légataires du FPI, Sangaré, Oulaï, Odette Lorougnon, Assoa Adou, Agnès Monnet, Akoun, Don Mello, Demba Traoré, etc. séduisent par leur engagement désintéressé et par leur attachement aux idéaux démocratiques du FPI, ceux qui forcent encore plus l’admiration et qui sont la preuve que le FPI a devant lui un avenir indestructible, ce sont les plus jeunes, les Justin Koua, les Koné Katinan, les Damana Picasse, les Nestor Dahi, les Marie-France Mariam Cissé, les Samba David, etc., qui, avec une intelligence démocratique et une persévérance exceptionnelle, continuent l’éducation des masses. Les efforts de cette relève paient, car le FPI possède aujourd’hui, non seulement la masse électorale la plus vaste et la plus hétérogène, mais aussi l’électorat le mieux formé sur les enjeux de la politique ivoirienne. C’est le travail de pédagogie de la jeune génération du FPI qui rend le FPI indestructible et qui mine toutes les tentatives de déstabilisation de ce parti, qu’elles soient endogènes ou exogènes.

L’électorat ivoirien est en pleine mutation. Les partis politiques qui ne l’ont pas encore compris et qui continuent de fonctionner comme des associations ethniques, des congrégations religieuses ou comme des loges d’idolâtrie d’un leader maximo seront emportés par les vagues de cette mutation.

Alassane Ouattara et le RDR – Une Thérapie de Choc pour les Ivoiriens, M. Frindéthié

casseurs

Avant la prise du pouvoir par le RDR et Co., l’on avait certainement cru avoir tout vu et tout entendu de ce qu’il pouvait y avoir d’empesté en rhétoriques et en pratiques politiciennes : Bédié était un « ivoiritaire » – comme s’il aurait été souhaitable qu’il fût, comme Senghor et Diouf, francitaire, vigile jaloux de l’identité de l’autre plutôt que de la sienne. Et pour l’en punir, la Côte d’Ivoire fut transpercée en son sein d’une épée qui causa le déchirement de son capital humain et figea son élan. Quand arriva Gueï, dont l’on s’attendait, après l’avoir précipité comme artifice à la magistrature suprême, qu’il continuât à jouer niaisement son rôle de leurre et qu’il passât le témoin au vrai commanditaire du coup de force de 1999, lui aussi fut combattu pour être un apôtre de l’ivoirité. Et vint Gbagbo. Que pouvait-on lui reprocher, sinon que d’être un empêcheur de tourner en rond qu’il fallait déchoir à tout prix en lui imputant, à lui aussi, le péché de l’ivoirité.

Et en substitution de tous ces méchants loups de la politique ivoirienne, Il était, à chaque occasion, proposé un homme, d’une voix faussement doucereuse, d’une mine mensongèrement angélique, d’une mise abandonniquement occidentale, d’une éducation trompeusement démocratique, parce qu’apparemment américaine : Alassane (Dramane) Ouattara (ADO pour ses louangeurs ; AO pour qui veut vivre un autre jour). Car, en définitive, n’était pas ivoiritaire toute personne ou idée qui ne s’accordait pas à l’évangile selon Alassane Dramane Ouattara et ses maîtres français? D’ailleurs, Ouattara n’était-il pas un bon écolier de la finance internationale et le protégé de Camdessus ? N’avait-il pas, en tant que premier ministre, fait la fortune de la France en vendant respectivement à Bouygues et Bolloré, et pour un franc symbolique, l’EECI (Energie Electrique de Côte d’Ivoire) et la SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire) ? N’avait-il pas vendu à vils prix aux amis français de son épouse de nombreuses sociétés d’Etat malgré les vives protestations de Bédié (alors président de l’Assemblée nationale) ? AO n’était-il pas un vigile des intérêts français, qui par son libéralisme économique béat et presque benêt, permit à la France de faire main basse sur les ressources ivoiriennes ? N’était-il donc pas normal que la France le préférât à toute autre personne à la présidence ivoirienne ? Une présidence qui somme toute tardait à lui arriver, tant étaient labyrinthiques les voies démocratiques ?

Lorsque las de l’attente que lui imposait le processus démocratique, AO décida enfin de mettre bas le masque, pour se saisir du pouvoir – bien qu’il ne sortit jamais de sa légendaire perfidie et laissa toujours aux autres le soin d’assumer ses méfaits ; et ce n’est pas Soro qui nous contredirait, qui a porté la croix d’AO pour lui -, le séraphin se mua en incubus ; car, s’était-il convaincu, il était important qu’il introduisît dans les Ivoiriens un effroi qui leur interdirait d’oser remettre en cause son autorité, une frayeur qui consoliderait son règne absolu. Il était important qu’il régnât par la peur. Aussi, les boulevards qui menèrent à son autocratie tapissa-t-il de souffrances et de morts : les sources des puits de Duékoué prirent une saveur de putréfaction ; d’entières familles à Nahibly dans les incendies criminels de ses milices succombèrent ; ses longs couteaux visitèrent les sommeils des habitants d’Anokoi Kouté. Bref ! Aucune contrée de la Côte d’Ivoire, semblait-il, ne fut épargnée des balafres, des pleurs et des deuils généreusement dispensés par AO.

Aucune ? Pas exactement ! Les contrées du nord ivoirien et la majorité de leurs ressortissants, eux, étaient à dessein épargnés des lamentations quotidiennes servies au reste des Ivoiriens par AO. Car, à peine installé au palais présidentiel, AO mit en place une politique d’épurement ethnique qu’il théorisa comme « politique de rattrapage ethnique » – et dont, dans un geste qui lui est propre, il nia la paternité quelques heures seulement après l’avoir énoncée sur une chaîne de télévision internationale. Une politique de purification qu’il justifia de ce que, de tous les temps, de l’administration d’Houphouët à la gouvernance de Gbagbo, en passant par celles de Bédié et de Gueï, les « Nordistes » auraient été mis en marge de la société ivoirienne, confinés dans des ghettos économiques, politiques, sociaux et culturels. Aussi, lui, le messie des Nordistes, serait venu mettre un terme à cette iniquité par le remède du rattrapage ethnique.

Dans son application la moins monstrueuse, la « politique de rattrapage ethnique » d’AO consiste à épurer aussi bien les entreprises d’Etat que les entreprises privées, les associations culturelles, les associations sportives et les organisations non gouvernementales des ressortissants des régions où le président Gbagbo a enregistré une majorité de votes pendant les élections présidentielles de 2010, afin de les remplacer par des ressortissants du Nord, où AO enregistra des scores suspicieusement immesurés. Ainsi, des milliers de travailleurs sudistes s’en allèrent-ils augmenter la pléthore de chômeurs occasionnée par la guerre d’AO, alors que des milliers de Nordistes les remplaçaient ou décrochaient des contrats publics sans en démontrer les compétences nécessaires.

La politique de « rattrapage ethnique » inaugurée par AO fit des émules au sein de la population ivoirienne. De nombreuses personnes originaires de certaines régions dites « historiquement lésées » n’hésitèrent plus à envoyer des lettres pour la plupart anonymes mais souvent signées à la cellule secrète aux questions ethniques d’AO pour se plaindre de telle ou telle personne qui leur aurait ravi une opportunité dans la vie ou qui aurait occupé un poste qui devrait ethniquement leur revenir. Ce poison de la délation se répandit d’autant plus que les demandes des délateurs furent très souvent comblées par le gouvernement. De ce fait, il se constitua en Côte d’Ivoire un réseau de rapporteurs auprès de certains ministères ivoiriens. La campagne de délation encouragée au sommet de l’Etat continue aujourd’hui encore d’édifier un climat de malaise profond et de paranoïa en Côte d’Ivoire dans la mesure où une simple jalousie, une convoitise ou une pulsion de règlement de comptes suffisent à jeter des fonctionnaires dans le tourbillon de la persécution. Dans certaines structures (RTI, SOTRA, PAA, SIR, éducation, etc.), de nombreux fonctionnaires furent licenciés alors même qu’on y embauchait d’autres aux mêmes postes sur les fondements du rattrapage ethnique

Dans son application la plus barbare, la « politique de rattrapage ethnique » consiste à laisser faire l’escadron de la mort et les milices armées de Ouattara, à tourner le dos de l’indifférence pendant qu’ils assassinent et commettent des horreurs de toutes sortes sur les populations du Sud. Ainsi, ne se passe-t-il pas un seul jour sans que des civils non armés ne soient criblés  de balles par des dozos illégalement armés ou par les militaires qui contribuèrent à installer Ouattara à la présidence ; et cela dans le silence de l’impunité. Et, tout comme pendant l’épuration nazie, alors que montaient des hauts fourneaux d’Auschwitz les fumées chargées d’effluves de souffrances, de nombreuses populations des villages environnants prétendaient ne rien sentir ni ne rien voir, dans l’autocratie de Ouattara aussi, nombreux sont ceux qui, bénéficiaires de la politique d’épuration, prétendent ne rien voir ni ne rien entendre des gémissements des suppliciés qui montent des chambres de torture et des incendies criminels.

Comment peuvent-ils entendre les geignements de leurs compatriotes lorsque ces Ivoiriens-rattrapés sont si occupés à « manger » et que les clappements de leurs laborieuses mandibules couvrent tout autre bruit ? Comment peuvent-ils parler de l’infortune de leurs frères et sœurs quand ils ont la bouche si pleine de la pitance du rattrapage ethnique ? Comment peuvent-ils entendre les plaintes de leurs semblables, quand assis à la table du butin, les bruissements des billets neufs des casses et des braquages agréés couvrent tout autre bruit ?

Le sale butin de la guerre faite aux Ivoiriens pour l’accession d’AO à la présidence n’est-il pas énorme ? Si énorme que ni les nombreuses fondations conçues à la va-vite, ni les hideux immeubles montés précipitamment et sans aucune conception architecturale sur des terrains arrachés de force à leurs propriétaires, ni les entreprises engendrées hâtivement dans l’anticipation d’un marché à venir dont l’on a eu vent avant la Côte d’Ivoire non-rattrapée n’ont pu le blanchir ? Mais voilà que les alchimistes de la rue Lepic ont la lumineuse idée de créer une banque spécifiquement RDR ; un établissement financier qui, puisant aux sources même de la logique clanique qui caractérise les actions du RDR, poursuivrait l’entreprise de blanchiment du butin des casses et des expropriations, tout en restant à l’écoute des humeurs bellicistes de ses militants (ex-cordonniers-mécanos-reconvertis-en-combattants-reconvertis-en-gnambros-reconvertis-microbes) qui grognent d’être délaissés par ceux qui les employaient hier et qui pour se payer tourmentent davantage les populations déjà meurtries. Que ne découvrîmes-nous pas à la lumière des ambitions politiques d’AO, pour qui fut détourné le parti de feu Djéni Kobinan pour en faire le temple des transes et des rituels ADOrateurs !

Il aura fallu qu’AO ait des ambitions présidentielles pour qu’un détrousseur de vieilles dames et un grand corrompu comme Sarkozy s’érige en donneur de leçons et en conquérant en Côte d’Ivoire. Il aura fallu qu’AO ait des ambitions présidentielles pour que les familles ivoiriennes soient punies d’un embargo sur les médicaments – AO leur rétorquera certainement que, qui aime bien châtiant bien, cet embargo n’était instauré que pour le bien des Ivoiriens que son épouse et lui portent dans leur grand cœur, au point de leur avoir construit un hôpital « privé » à financement occultes et suspicieusement publics, qui leur consacrera 25% de ses services. Quel cynisme ! Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’anti-intellectualisme ait droit de cité, et que des cancres soient promus ministres et officiers de l’armée. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le vol et la corruption soient érigés en valeurs. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’école ivoirienne tombe si bas, que les étudiants prennent des cours assis à même le sol, que les laboratoires soient vides de tout matériel, que les campus universitaires soient assiégés par des dozos. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que des ministres ivoiriens soient pris par Médiapart, la main dans le sac, à rançonner des opérateurs économiques. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le paysan ivoirien, premier acteur de notre essor économique, se voie spolié, appauvri, humilié et brutalisé. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que le chômage atteigne une proportion désespérée. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que l’UNICEF organise des soupes populaires à la rescousse d’enfants malnutris. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que s’installent en Côte d’Ivoire une indiscipline et une insalubrité délirantes, et qu’Ebola et la fièvre Lassa frappent à la porte des Ivoiriens. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que la Côte d’Ivoire soit le carrefour de prédilection de toute la pègre internationale. Il aura fallu qu’AO soit à la présidence pour que les Ivoiriens se barricadent dès 18 heures dans leurs maisons, de peur de se faire trucider par un « microbe » ou un coupeur de route. Il aura fallu qu’AO soit au pouvoir pour qu’un voyage à l’hôpital soit un billet aller-simple dans un mouroir. Il aura fallu qu’AO et le RDR soient à la présidence pour qu’en guise d’antithèses, les ingénieurs sociaux d’un parti au pouvoir en manque d’arguments n’offrent à leurs contradicteurs qu’insultes et grognements de porcherie.

Il aura vraiment fallu qu’Alassane (Dramane) Ouattara et son RDR accèdent au pouvoir pour qu’enfin l’Ivoirien réalise qui est cet homme, qui sont ces hommes qui le soutiennent et l’encouragent dans la balourdise, quelle est cette idéologie qui les inspire, et quel est ce parti qui leur sert de chambre de torture. Il aura fallu qu’AO et son RDR accèdent finalement au pouvoir – et par les méthodes que nous savons – pour que les valeurs de la Côte d’Ivoire soient mises sens dessus-dessous ; pour que l’Ivoirien réalise ce qu’il a perdu, pour qu’il réalise qu’AO est l’une des plus grosses falsifications qui aient jamais existé ; qu’AO, ses inspirateurs, leur idéologie, et le RDR sont extrêmement dangereux pour la démocratie.

Enfin de compte, Alassane Dramane Ouattara aura été une thérapie de choc pour les Ivoiriens ; car à cause de lui, grâce à lui peut-être, les Ivoiriens auront vécu le pire en lui, en son entourage, et en son parti le RDR ; et surtout, les Ivoiriens auront appris à les reconnaître et à les éviter. Alassane Dramane Ouattara nous aura montré le visage de ce qu’il peut y avoir de plus hideux dans le tissu social ivoirien. Et il y a gros à parier qu’après 2020, les Ivoiriens consciencieux, de quel bord politique et de quelles régions qu’ils soient, s’opposeront à la politique fasciste de Dramane Ouattara, et tel un seul corps national, s’exclameront « jamais, plus jamais ça ! », et qu’ils extirperont du paysage politique ivoirien, comme l’on extirpe d’un corps malade une tumeur cancérogène, le RDR et l’idéologie dont s’inspirent les ingénieurs sociaux de ce parti qui a à son fondement la négation même de la vie en société.

Le malfrat de Sarko est dans les cordes

 

 

 

 

From Bangui (Central African Republic) to Tripoli (Libya); what is Sarkozy’s military strike covering up? M. Frindéthié (first published on 3/11/2011)

Military interventions do have the tendency to expunge embarrassing evidences. Kofi Annan certainly knew it, as the former UN Secretary General took advantage of the American military strike on Bagdad to erase evidence of the $36-million-hole that he, his son Kojo, his friend Leo Mugabe (Robert Mugabe’s nephew) and his UN Dream Team dug in the $86 million oil-for-food fund at his disposal. Lately, Sarkozy’s agitations have gotten the “best” of him as Gaddafi Jr. threatened to reveal secrets that would knock him off the stool from which, augmented by a few extra inches, he has been taunting the world. Sarkozy’s agitations turned epileptic when Gaddafi’s son disclosed that his father had financed Sarkozy’s political campaign in a quid pro quo arrangement of which he detained written documentation. Upon the Libyan heir’s threat to release the evidence, the French president wasted no time to lobby his peers’ support at the UN in favor of an airstrike against Gaddafi. So, hardly has UN Resolution 1973 been voted than the French air force was out pounding Gaddafi’s positions, apparently to prevent the Libyan leader from massacring his own people. Since we know that France has really never given a hoot about Africans’ lives (is it not France that orchestrated the Rwandan genocide? Is it not France that orchestrated the Congolese and the Cameroonian massacres? Is it not the French army that shot 64 unarmed Ivorian youths in 2004?), since we know that France has always abided by de Gaulle’s dearest maxim that “France has no friends but only interests,” Sarkozy’s alacrity to “save African lives” by attacking Gaddafi under whose feet, jus a few months ago he unfurled the red carpet, rings suspect. Is it not the truth that through his precipitous airstrike, Sarkozy is actually trying to cover up some embarrassing evidence?  Just as has his predecessor Valerie Giscard d’Estaing in Central Africa?

Indeed, when Bokassa, the former Central African emperor, was still an angel and not yet a baby killer, a civilized man and not yet a beast or an anthropophagus in France’s eyes, when he was still a source of wealth for France and French politicians and not yet an embarrassing burden, Giscard signed the Bokassas’ golden guest book.  When on December 4, 1977, Bokassa decided to inaugurate himself emperor of Central Africa, Giscard went to great lengths to lend a hand and make the coronation of Bokassa I a success. The French navy marching band was flown to Bangui to play at the inauguration. The French defense office flew a battalion of French soldiers to ensure the protection of Bokassa, and the French government put 17 charter planes at the disposal of Bokassa’s guests. In gratitude for Giscard’s consideration, Bokassa offered Giscard numerous precious stones and granted the French president a private hunting ground in Central Africa, where the latter would go twice a year to shoot elephants and have their tails and ivory delivered to him on cargo planes. Giscard’s elephant tusks and tails were transformed into luxury items and sold for his profit in sumptuous European boutiques. Bokassa’s private villa in his village was Giscard’s frequent hideout, where he would show up often in the company of young women for drug revelry and sexual orgies. At one time, Giscard offered Bokassa that their relationship be more like a family bond. Giscard offered to be Bokassa’s “brother” instead of his mere “friend.” Here, one could easily imagine the black ego titillated to the core and stupidly nodding with enjoyment. At one time, said Bokassa, Giscard, who had his eyes on the empress of Central Africa, proposed to the emperor that they swap wives. Mrs. Giscard would spend some time in Bangui in the company of Bokassa, while the empress would stay in Paris with the French president. This exchange, Giscard explained, would signal to the French and Central Africans that the bilateral relations between Paris and Bangui were excellent. Bokassa foolishly accepted. Though Bokassa remained evasive as to whether he had any sexual relationship with Mrs. Giscard, he revealed during a filmed interview, on the other hand, that his wife became Giscard’s mistress, was even impregnated by the French president and underwent at least one abortion to get rid of a compromising child by Giscard. Bokassa was Giscard’s “brother” until the he became unpopular and Giscard saw the need to not only get rid of him, but also, get rid of the evidence of the numerous gifts he received from him.

So, in an extraordinarily precipitous move that is reminiscent of Sarkozy’s offensive onto Gaddafi today, Giscard’s 30,000-troop-strong Operation Barracuda occupied all the neuralgic sites of Central Africa, from the capital Bangui to the most remote rural areas while Bokassa was in Libya seeking financial help from Gaddafi. On his way back to Central Africa, Bokassa’s French pilots redirected his plane to France, at the military base of Evreux. Bokassa’s following was taken into custody and the emperor was ordered to remain on his plane. Under heavy guard, the Central African sovereign was stripped naked and searched down to his most intimate orifice. He was then ordered to put on his clothes, and he was kept on his private plane for four days and four nights, while negotiations were being conducted regarding a final landing place for him. Finally, on September 24, 1979, at 10 A.M., Bokassa was transferred from his private plane to a military DC-8 and flown to Houphouët in Abidjan, Cote d’Ivoire. In the meantime, the French army was ordered by President Giscard to strip Bokassa’s palaces of all their contents and store them in a military consignment in Orléans. Furthermore, every available document in the archives of the empire was removed and disposed of at an undisclosed location in France, as Giscard was bracing for a defense of denial and half-truths against Bokassa’s accusations that the French president received from him some quid pro quo gifts. Despite Giscard’s careful cover up, on October 10, 1979, the satirical French paper Le Canard Enchaîné published a signed correspondence by Bokassa, written on imperial letterhead, enjoining the Comptoir national du diamant to prepare a 30-carat diamond for Giscard. Days later, Le Monde gave weight to Le Canard Enchaîné’s scoop by dedicating a column to it. From then on, Giscard had no other choice but to mount a full, albeit failed, defense against Bokassa. The “diamond affair” was used by Giscard’s political opponents. The scandal contributed to Giscard’s defeat by François Mitterrand in 1982. France is obviously indefensible in its plunder of Africa. However, the greatest responsibility for Africa’s continuous poverty is ascribable to the black ego’s inferiority complex and his quest for assurance of white love. While Bokassa was dancing the waltz of love with Giscard, giving away millions of dollars in gifts to foreign officials, and indulging in excesses abroad and at home, the Central African people were living in utmost poverty, lacking even the basic necessities. What was Gaddafi really thinking when he was showering Sarkozy with Libyan money? Certainly, like Bokassa, he was thinking that the French president was his “brother”.

De Bangui (Centrafrique) à Tripoli (Libye): une intervention militaire pour effacer des traces? M.Frindéthié (publié le 20 mars 2011)

Les interventions militaires effacent très souvent des traces compromettantes, font disparaître des dossiers gênants. Kofi Annan le savait, qui a profité de la frappe américaine contre Saddam pour faire disparaître la grosse fosse de 36 milliards de dollars que son fils Kojo, son ami Leo Mugabe (le neveu de Robert Mugabe) et lui avaient creusée dans la gestion des 86 milliards de dollars du fonds pour « pétrole contre nourriture ». Ces derniers jours, l’on a vu Sarkozy s’agiter exceptionnellement au fur et à mesure que le leader libyen et son fils menaçaient de révéler au monde des secrets qui le feraient dégringoler de l’escabeau du haut duquel, augmenté de quelques centimètres, il aime à narguer le monde. L’agitation de Sarkozy a pris une apparence épileptique lorsque Kadhafi junior a révélé que son père avait financé la campagne de Sarkozy dans un contrat quid pro quo dont il détenait des attestations. Le président français est monté immédiatement au créneau dans l’espoir de convaincre ses pairs occidentaux pour une frappe militaire contre Kadhafi. A peine la résolution 1973 interdisant tout vol dans l’espace aérien libyen fut-elle adoptée par le Conseil de Sécurité que l’aviation française entra en action, visant et détruisant des cibles libyennes, apparemment pour sauver des vies humaines en Libye. Puisque nous savons tous que la France ne s’est vraiment jamais préoccupé du sort des Africains, puisque que la France a maintes fois prouvé que, fidèle à la maxime si chère à son général de Gaulle, elle n’a pas d’amis, mais seulement des intérêts,  la précipitation extraordinaire de Sarkozy paraît suspecte. Cette alacrité à attaquer Kadhafi à qui Sarkozy déroulait le tapis rouge il y a seulement quelques mois cacherait-elle un autre dessein inavoué ? Sarkozy essaierait-il de faire disparaître quelques dossiers compromettants . . . comme le fit son prédécesseur Valérie Giscard d’Estaing avant que n’éclate « l’affaire des diamants ».

En effet, quand Bokassa était encore un ange et non pas encore un tueur d’enfants, ni une bête ou un anthropophage aux yeux de la France, quand Bokassa était encore une source de revenus pour la France et pour les politiciens français et pas encore un fardeau embarrassant, Giscard avait signé le livre d’or des Bokassa. Et lorsque le 4 décembre 1977 Bokassa décida de se faire empereur, le ministère français de la défense convoya la fanfare de la marine française à Bangui ; Giscard affréta 17 avions pour le transport des invités de Bokassa ; et Giscard suggéra à Bokassa que leurs relations fussent plus familiales. Giscard voulait que Bokassa fût son frère et non pas seulement son ami. Et là, l’on pouvait entrevoir  l’orgueil titillé de Bokassa danser la soukous. « Je suis le frère du grand blanc », a-t-il dû s’écrier. Et Giscard, qui avait les yeux sur l’Impératrice Catherine, proposa même à Bokassa qu’ils échangeassent de femmes : l’Impératrice viendrait passer quelques semaines en France, et lui enverrait Madame Giscard à Bangui passer quelques semaines près de Bokassa ; histoire de prouver aux peuples français et centrafricain que le pont entre Paris et Bangui était en parfait état. Ô que ne fut titillé l’orgueil de notre empereur ! Giscard assouvit son fétichisme de la beauté noire : l’impératrice tomba enceinte de Giscard, sans que cela ne fasse tilt dans la tête de notre empereur noir. Au contraire, Bokassa continua d’offrir des diamants et des permis de chasse à Giscard … jusqu’à ce que l’impopularité de Bokassa en Centrafrique ne dicte à Giscard de se séparer de lui. Et lorsque Bokassa se sentit lâché par Giscard, il décida lui aussi de lâcher les preuves sur l’affaire les diamants centrafricains qui avaient enrichi les Giscard.

A ce moment-là, dans une précipitation rappelant celle de Sarkozy aujourd’hui, l’Opération Barracuda parachuta 30.000 soldats en Centrafrique, qui occupèrent le pays jusque dans ses contrées les plus reculées. Bokassa, qui retournait de Libye où il était allé demander une aide financière à Kadhafi, vit son avion détourné par ses pilotes français vers la base militaire d’Evreux. Là, il fut mis aux arrêts, complètement déshabillé, fouillé jusque dans ses parties les plus intimes, rhabillé, maintenu dans son avion pendant 4 jours et 4 nuits, avant qu’il ne lui soit trouvé une destination ivoirienne. Entretemps, Giscard ordonna à l’armée française de dépouiller le palais de Bokassa de tout son contenu et de l’entreposer en cachette à Orléans. C’est par un hasard des plus imprévus que, malgré les précautions prises par Giscard pour effacer toutes les traces de ses transactions illégales avec Bokassa,  Le Canard Enchaîné découvrit puis publia une ordonnance de Bokassa écrite sur une page avec signature impériale intimant au Comptoir National du Diamant  de la Centrafrique de préparer pour Giscard un diamant de 30 carats. De tous les scandales de Giscard, ce fut « l’affaire des diamants » qui eut raison de sa carrière politique. La France est indéfendable pour sa propension au mensonge et au pillage de l’Afrique. Mais les chefs d’état africains sont encore plus indéfendables pour leur imbécilité légendaire. Que croyait vraiment Kadhafi lorsqu’il douchait Sarkozy de l’argent du peuple libyen ?

La Côte d’Ivoire de dramane: on avance ou on recule? A vous de juger!

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dramane est « venu sauver le Nord »? Apparemment ces écoliers d’une circonscription du Nord attendent toujours.

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Université rénovée à 100 milliards? Allez le dire à ces étudiants qui prennent des cours à même le sol

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Non, vous ne rêvez pas! C’est bien une ambulance médicale moderne version dramane ouattara

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Dans les hôpitaux « ultra modernes » de dramane, si vous avez la chance d’avoir une place sur une natte, vous pouvez vous faire accrocher votre poche de transfusion sanguine sur la serrure de la porte.

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shuuut! Défense de se plaindre de la saleté morale et physique que dramane sert chaque jour aux Ivoiriens

La muséumification politique du Tiers Monde, M. Frindéthié (publié le15 février 2011)

Washington, D.C, Etats-Unis

En plus de l’amour « certifié » qu’ont tous les présidents américains pour la « démocratie » et leur souhait que cette forme de gouvernance prenne pied partout dans le monde, la crise égyptienne, qui s’est, pour le moment, soldée par le départ du président Moubarak, m’apprend une autre chose du président Barak Obama : le président Obama adore les « révolutions » ; ou bien, peut-être, est-ce seulement que dans la pharmacie du président américain les expressions « révolution » et « démocratie » reviennent au même ?! L’Amérique, est-on donc en droit de se persuader, souhaite la « démocratie », ou son autre surnom la « révolution », pour tous les peuples du Tiers Monde de la même façon qu’elle le souhaiterait pour elle-même. Et j’en ris à me casser en deux. D’abord, la « révolution » égyptienne avait pour prétexte premier le coût du pain, un euphémisme heureux pour la pauvreté. Or, sans parler du chômage grimpant aux Etats-Unis, sans parler de la chute vertigineuse des salaires aux Etats-Unis, sans parler des millions de maisons perdues à la forclusion pendant la crise immobilière aux Etats-Unis, sans parler des millions d’épargnes de retraites perdues à la crise financière de Wall Street, les milliers de petites pauvretés en Alabama, au Texas, en Louisiane, à Washington, DC, en Virginie de l’Ouest, au Tennessee, au Mississippi, en Caroline du Sud, et j’en passe, pourraient aussi interpeller une foule de désabusés qui prendraient la rue pour demander sine die, sans attendre les prochaines élections, un changement à la tête du pays ? le président américain, si amoureux des « révolutions » se plierait-il à une telle exigence de la vox populi ; ou bien ce scénario n’est-il réservé qu’aux insignifiants, microscopiques, et menus « autres », c’est-à-dire, aux Tiers-mondistes ? Et même si cela l’était, pourquoi donc m’esclaffé-je tant à me plier à l’idée que l’Amérique souhaiterait la démocratie dans le Tiers Monde ? Est-ce parce que j’ai vu l’Amérique, si amoureuse de l’expression populaire, permettre à Moubarak de déférer son départ jusqu’à ce que l’armée soit persuadée de coopter la belle « révolution » populaire à relents islamistes pour lui donner enfin une saveur plus avenante – et tant pis si cette saveur est fortement relevée d’épices prétoriennes ? Est-ce aussi parce qu’en Palestine, j’ai vu l’Amérique si amoureuse de la « révolution » ou de son autre surnom, la « démocratie », refuser au Hamas une victoire, pourtant très démocratique, parce que cette démocratie-là n’était pas la « démocratie » que souhaitait l’Amérique ? Pourquoi donc ris-je à me casser en deux quand j’entends dire que le président Obama souhaite la démocratie dans le Tiers Monde ? est-ce parce qu’en Cote d’Ivoire, j’ai vu le président Obama proposer à un président démocratiquement élu un poste de professeur dans une université américaine pour que soit assis à sa place une marionnette de l’Amérique, tout simplement parce que la démocratie qui a élu ce président-là et la révolution populaire qui le soutient ne sont ni la « démocratie » ni la « révolution » que souhaite l’Amérique ? Enfin, je comprends. Je comprends pourquoi je ris à me casser en deux quand j’entends dire que l’Amérique souhaite pour le Tiers Monde un système démocratique : c’est parce que je sais que ce que souhaite vraiment l’Amérique pour le Tiers Monde, ce n’est pas la démocratie, mais plutôt la museumification politique : un réseau politique d’antiquité, dirigé par des chefs malléables à la mentalité d’esclave, qui feront toujours leurs génuflexions aux puissances occidentales boulimiques des ressources agricoles et géologiques du Tiers Monde.

C’est pas moi, c’est toi: Obama critique Sarkozy et Cameron pour leur rôle dans le «merdier» libyen (11 mars 2016)

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Le président américain reproche à son ancien homologue français d’avoir essentiellement utilisé l’intervention de 2011 à des fins d’autopromotion.

C’est «Obama sans filtre», prévient Foreign Policy: l’entretien qu’a accordé le 44e président des États-Unis à Jeffrey Goldberg de The Atlantic, à l’occasion d’un long article consacré à sa doctrine en matière de politique étrangère, regorge de déclarations peu flatteuses pour certains de ses alliés (et aussi de commentaires critiques de certains dirigeants, comme Manuel Valls, sur la politique étrangère américaine). Sur la Libye, terrain qu’il qualifie diplomatiquement de «pétrin» et moins diplomatiquement, en privé, de «merdier», Obama critique ainsi, en termes plus ou moins voilés, la stratégie à courte vue dont il estime qu’elle a prévalu chez ses alliés, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron, qui n’auraient pas suffisamment réfléchi à l’après-Kadhafi:

«“Quand je me replonge en arrière et que je me demande ce qui a raté, m’a expliqué Obama, il y a de quoi être critique, parce que j’avais alors confiance dans les Européens, étant donné leur proximité géographique avec la Libye, pour s’investir dans le suivi de l’opération. Il a noté que Nicolas Sarkozy, le président français, avait perdu son poste l’année suivante, et que le Premier ministre britannique David Cameron avait vite perdu intérêt dans le dossier, “distrait par un tas d’autres choses.

Concernant la France, il explique que “Sarkozy voulait claironner à propos des vols que la France assurait dans la campagne aérienne, en dépit du fait que nous avions détruit toutes les défenses aériennes et pour l’essentiel mis en place toute l’infrastructure. Ce genre de vantardises était acceptable, selon Obama, car cela permettait aux États-Unis “d’acheter l’implication de la France de façon à rendre le tout moins coûteux et moins dangereux pour nous. En d’autres mots, créditer la France de davantage qu’elle ne faisait, en échange de coûts et de risques moins élevés pour les États-Unis, était un marché utile –sauf que “du point de vue de beaucoup de types dans le petit monde de la politique étrangère, eh bien, c’était terrible. Si nous comptions faire quelque chose, évidemment nous devions être en première ligne, et personne d’autre ne devait prendre la lumière.»

On trouve là un des points centraux de la doctrine Obama en matière de politique étrangère, consistant à déléguer une partie des actions internationales à d’autres pays afin d’éviter qu’ils fonctionnent en «passagers clandestins» de l’action américaine –ce qui lui a valu d’être accusé par ses détracteurs de lead from behind, «commander de l’arrière».

Comme le note de manière acerbe David Frum, un autre éditorialiste de The Atlantic (et ancien speechwriter de George W. Bush), ces piques envers Sarkozy et Cameron s’inscrivent dans le ton général de l’article, où Obama se montre très critique envers quasiment tout le monde, hormis Angela Merkel… et lui-même. Comme si la principale autocritique à laquelle se livrait le président américain était «de ne pas avoir anticipé les insuffisances des autres».

Source: http://www.slate.fr/story/115297/obama-libye-sarkozy-cameron

Nicolas Sarkozy redevenu justiciable devrait aussi répondre de ses crimes en Côte d’Ivoire (publié le 17 juin 2012)

AFFAIRES – S’il n’a pas encore repris son métier d’avocat, Nicolas Sarkozy n’en a pas pour autant fini avec la justice. Un mois jour pour jour après son départ de l’Elysée et la passation de pouvoir avec son successeur, Nicolas Sarkozy redevient ce vendredi 15 juin un justiciable comme les autres avec la fin de son immunité présidentielle.

Cette immunité, définie par l’article 67 de la Constitution et que François Hollande s’est engagé à modifier, prévoit que le président de la République en exercice ne peut « être requis de témoigner » ni « faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ». La jurisprudence a étendu cette protection aux affaires antérieures à l’élection du chef de l’Etat, ce qui n’a pas manqué de semer la zizanie sous les mandats de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.

Cette interdiction est levée un mois après la cessation de ses fonctions, autorisant désormais les magistrats à interroger, voire poursuivre l’ancien président de 57 ans, comme n’importe quel autre Français.

La justice a d’ailleurs fait la preuve de sa capacité à sanctionner les délits des hommes politiques, même si elle y a mis le temps. Jacques Chirac avait été le premier chef d’Etat français rattrapé par ses démêlés judiciaires après la fin de sa présidence. Cité dans plusieurs affaires, il avait été entendu comme témoin dans quelques unes, la première fois deux mois après son départ de l’Elysée, le 19 juillet 2007. Mais c’est dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris qu’il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis, le 15 décembre 2011. Une première.

Cité dans quatre affaires distinctes, Nicolas Sarkozy connaîtra-t-il le même destin?

 

L’AFFAIRE WOERTH-BETTENCOURT
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CE DONT IL S’AGIT: A l’évidence, le dossier le plus chaud reste celui de l’affaire Woerth-Bettencourt, une tragédie familiale impliquant la première fortune de France aux multiples ramifications sur fond de financement illégal de la campagne présidentielle de 2007. Les premiers à vouloir entendre Nicolas Sarkozy pourraient donc être les juges bordelais en charge de l’affaire.

L’instruction a connu une brutale accélération ces derniers mois, qu’il s’agisse du volet familial, tranché en faveur de l’héritière de Liliane Bettencourt par la juge des tutelles, ou des soupçons de trafic d’influence, qui ont abouti à la mise en examen et l’incarcération le 23 mars dernier, de Patrice de Maistre, l’ex-conseiller financier de Liliane Bettencourt.

Reste le volet présidentiel de l’affaire, dans lequel Eric Woerth, alors trésorier du candidat Sarkozy, et le président lui-même ont été accusés d’avoir touché des enveloppes d’argent liquide pour financer la campagne de 2007. Ces enveloppes ont-elles réellement existé? Nicolas Sarkozy a-t-il réellement perçu de l’argent en liquide des mains du clan Bettencourt? Et si non, était-il au courant des activités présumées de son trésorier?

CE QU’IL EN DIT: L’intéressé a toujours tout démenti en bloc. « Sur les ragots, sur la médisance, sur la méchanceté, sur la volonté de détruire et de démolir, permettez-moi de vous opposer le mépris le plus cinglant », avait-il répondu à Eva Joly par médias interposés pendant la campagne présidentielle. Sur le fond de l’affaire, Nicolas Sarkozy a rappelé pendant la campagne de 2012 que ses comptes de 2007 ont été validés au lendemain de la présidentielle.

CE QU’IL RISQUE: Le code électoral prévoit une peine d’un an de prison et/ou une amende de 2 250 à 3 550 euros pour tout don (reçu ou donné) supérieur au 4 600 euros en période de campagne (et 7500€ hors campagne). Les dons en liquide ne peuvent excéder 150 euros.

Le délai de prescription pour financement illégal de campagne n’est que de 3 ans. Mais l’article 67 de la Constitution rappelle que l’immunité présidentielle, qui repousse toute procédure judiciaire visant le chef de l’Etat, prévoit également que « tout délai de prescription ou de forclusion est suspendu » le temps du mandat.

L’AFFAIRE KADHAFI
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CE DONT IL S’AGIT: L’affaire Kadhafi, portant sur des soupçons de financement illégal de la campagne de 2007 par la Libye, n’en est pas une en tant que telle, aucune enquête officielle n’étant actuellement en cours. Nicolas Sarkozy a donc peu de chance d’être entendu, du moins à brève échéance, sur les documents révélés par le site d’investigation Mediapart faisant état d’un « accord de principe » conclu en 2006 avec Tripoli pour apporter à la campagne du candidat Sarkozy 50 millions d’euros.

Des accusations du même acabit, mais sans grande précision, avaient été proférées par le clan Kadhafi lui-même, en pleine guerre contre la Libye, ce qui ne joue pas en faveur de la crédibilité de l’accusation.

CE QU’IL EN DIT: Nicolas Sarkozy a porté plainte pour « faux » et « publication de fausses nouvelles » contre Mediapart. Lequel a riposté en déposant une plainte en dénonciation calomnieuse contre le président sortant. « infamie ».

CE QU’IL RISQUE: Difficile d’évaluer les éventuelles charges qui pourraient peser sur le chef de l’Etat, dont la responsabilité devra être démontrée à plusieurs niveaux. Une chose est sûre, le versement de commissions était à l’époque légal. De là à démontrer l’implication de Nicolas Sarkozy dans l’organisation du versement des rétrocommissions…

L’AFFAIRE DES SONDAGES DE L’ELYSÉE
giacometti buisson

CE DONT IL S’AGIT: L’affaire dite des sondages de l’Elysée, visant une convention signée entre l’Elysée et le cabinet d’études Publifact, dirigé par Patrick Buisson, un proche de Nicolas Sarkozy, conseiller très spécial durant ses deux campagnes présidentielles, devrait rebondir après la levée de l’immunité présidentielle qui, en novembre 2011, avait fait barrage à l’enquête.

L’Elysée est soupçonné d’avoir commandé un pléthore d’études d’opinion à des sociétés dont les dirigeants sont des proches du chef de l’Etat sans être passé par un appel d’offre public. Après la publication d’un rapport de la Cour des comptes épinglant des cas de surfacturation, la cour d’appel de Paris s’était opposée, en novembre 2011, à ce qu’un juge d’instruction enquête sur le contrat, sans mise en concurrence, conclu en 2007 entre l’Elysée et Publifact pour la réalisation de sondages.

L’affaire a pris une nouvelle tournure en avril 2012 après les révélations du militant écologiste Raymond Avrillier, qui a obtenu du tribunal administratif copie d’une partie des très nombreux sondages commandés par l’Elysée. Or, « 264 sondages pour un montant de 6,35 millions d’euros ont été commandés par la présidence de la République entre juin 2007 et juillet 2009 dont certains ont été clairement utilisés par l’UMP notamment en vue de l’élection présidentielle de 2012 », a-t-il annoncé.

François Hollande a pour sa part annoncé que l’Elysée ne commanderait plus de sondages et s’appuierait sur ceux publiés dans la presse.

CE QU’IL EN DIT: Nicolas Sarkozy ne s’est jamais exprimé directement sur la question.

CE QU’IL RISQUE: Le délit de favoritisme est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende par l’article 432-14 du code pénal, rappelle l’association Anticor, qui a porté plainte. Mais si certains bons de commande pouvaient venir à manquer, Encore faut-il prouver la responsabilité du président dans l’affaire.

LE CAS DE L’APPARTEMENT DE L’ÎLE DE LA JATTE

Loin des soupçons de financement illégal, l’affaire dite de l’Île de la Jatte est un dossier purement privé. Fin mars 2012, le site d’investigation Mediapart a mis en doute la légalité de l’achat par Nicolas Sarkozy en 1996 d’un appartement de 216 m² en duplex sur l’île de la Jatte, quartier cossu de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).
Pour acquérir cet appartement, l’ex-maire de Neuilly affirme avoir contracté plusieurs emprunts, dont un de 3 millions de francs auprès de l’Assemblée nationale qui proposait alors des taux très avantageux (2% pendant cinq ans, puis 0%). Problème: Mediapart avait obtenu confirmation auprès de l’Assemblée nationale qu’un député ne pouvait emprunter plus de 196.000 euros (soit 1,183 million de francs). Où l’ancien président a-t-il trouvé les 2 millions de francs manquants? Interrogé pendant sa campagne de 2012, Nicolas Sarkozy avait botté en touche. Pour rappel, en 2007, une enquête préliminaire avait été ouverte à propos de l’appartement de Nicolas Sarkozy par le nouveau procureur des Hauts-de-Seine, Philippe Courroye, un proche du chef de l’Etat. Elle avait été classée sans suite.

Le titre est de nous

Source: http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/06/14/nicolas-sarkozy-redevient-justiciable_n_1598140.html

L’AFFAIRE IVOIRIENNE

La nuit du 11 avril 2011, pour installer son ami personnel, Dramane Ouattara, à la présidence de la République de Côte d’Ivoire, Nicolas Sarkozy ordonna aux troupes françaises de la Force Licorne de bombarder le palais de la présidence ivoirienne et de massacrer des milliers de civils qui y campaient en soutien au président Laurent Gbagbo. Pour Sarkozy, ces ivoiriens aux mains nues, hommes, femmes, et enfants, constituaient un accessoire dont il fallait se débarrasser pour une cause plus noble : celle de placer son ami Dramane Ouattara  à la tête de la Côte d’Ivoire.

These are the Ivorian Victims of Sarkozy’s Bombardment of Abidjan on April 11, 2011. These are the crimes that Ocampo and his Plantation Court would rather sweep under the rug, M. Frindéthié

On April 11, 2011, Sarkozy ordered French military helicopters to massacre protesters in Abidjan, Cote d’Ivoire

On the night of April 11, 2011, hundreds of Ivorian youths camped in front of the presidential palace in Abidjan to prevent France’s arrest of President Gbagbo. Sarkozy ordered the helicopters of the French army to shoot down at these unarmed civilians. Sarkozy’s massacre of hundreds of Ivorian youths did not cause the slightest shudder in the world of those who like to think of themselves as « the chosen people of God. » These massacred civilians were just collateral victims of Sarkozy’s quest for the Ivorian geological and agricultural resources (Cote d’Ivoire is the world’s major cocoa producer, the world’s 3rd coffee producer, a major producer of tropical timber, fruit cotton. the country is  rich with oil, natural gas, gold, diamond, manganese, bauxite, and many other resources). Two days after this slaughter, while the victims’ families were still mourning, French soldiers were busy loading French ships with Ivorian cocoa and coffee at the port of Abidjan. A few weeks later, Sarkozy’s puppet president, Alassane Dramane Ouattara, was being sworn in office in a display of insolent pageantry. Sarkozy’s carnage in Abidjan is just an epiphenomenon upon which the Plantation Court pompously named International Criminal Court can shed no tears. Sarkozy will never appear at any court for his crimes. He is a member of the « chosen people of God. »

Le génocidaire-détrousseur-de-vieilles-dames serait-il enfin épinglé? (ndlr)

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LE MONDE

L’ancien président de la République, poursuivi pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournements de fonds publics libyens, dénonce une « manipulation ». Il a été placé sous contrôle judiciaire.

A l’issue de deux jours de garde à vue, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a été mis en examen, mercredi 21 mars, des chefs de corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournements de fonds publics libyens, selon les informations du Monde. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

L’ancien chef de l’Etat avait été mis en garde à vue mardi en début de journée et entendu dans des locaux de la police judiciaire. Sa garde à vue s’est achevée en fin de journée mercredi. Alors qu’une information judiciaire avait été ouverte en avril 2013, M. Sarkozy était entendu pour la première fois dans cette enquête. L’un des juges d’instruction chargés du dossier, Serge Tournaire, l’avait déjà renvoyé devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion, qui concerne sa campagne de 2012.

Le député européen Les Républicains (LR) Brice Hortefeux, ancien ministre de l’intérieur de Nicolas Sarkozy (2007-2012), a également été interrogé mardi toute la journée sous le statut de suspect libre.

5 millions d’euros en liquide
L’affaire avait été révélée en mai 2012 par le site Mediapart, qui avait publié un document libyen faisant état d’un financement par la Libye de la campagne de 2007 de M. Sarkozy. Depuis, les investigations ont considérablement avancé, notamment grâce à certains témoins-clés. En novembre 2016, l’intermédiaire Ziad Takieddine avait ainsi affirmé avoir transporté 5 millions d’euros en liquide de Tripoli à Paris entre la fin de 2006 et le début de 2007 pour les remettre à Claude Guéant, puis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur.

Les propos de M. Takieddine venaient confirmer ceux tenus, le 20 septembre 2012, par Abdallah Senoussi, l’ancien directeur du renseignement militaire du régime Kadhafi devant le procureur général du Conseil national de transition libyen. Les carnets d’un ancien ministre du pétrole libyen – Choukri Ghanem, mort en 2012 dans des circonstances encore troubles – récupérés par la justice française, mentionnaient également l’existence de ces versements. M. Takieddine a, depuis, été mis en examen pour « complicité de corruption d’agent public étranger » et pour « complicité de détournements de fonds publics en Libye ».

Opérations suspectes
Mais le dossier est tentaculaire et les enquêteurs doivent remonter la piste de nombreux flux financiers impliquant plusieurs protagonistes. Pour l’heure, ils pensent avoir remonté une piste de l’argent libyen à travers l’intermédiaire Alexandre Djouhri, alors proche de Bechir Saleh – ancien grand argentier de Kadhafi et homme des relations avec la France, récemment blessé par balle lors d’une agression à Johannesburg (Afrique du Sud) –, et de Claude Guéant. Ancien secrétaire général de l’Elysée de Nicolas Sarkozy, ce dernier a été mis en examen pour « faux et usage de faux » et pour « blanchiment de fraude fiscale ».

De nouvelles preuves ont-elles été rassemblées pas les enquêteurs qui permettraient une mise en cause directe de M. Sarkozy ? Selon les informations du Monde, plusieurs anciens dignitaires du régime Kadhafi auraient livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicites. Depuis plusieurs semaines, la justice française dispose, en outre, de nombreux documents saisis lors d’une perquisition menée en 2015 au domicile suisse d’Alexandre Djouhri. Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy a toujours contesté les accusations de financement illicite de sa campagne de 2007.

Nicolas Sarkozy : « Je vis l’enfer de cette calomnie »

The Sarkozy-Obama Epic African Adventure: Killing Gaddafi and Arresting Africa’s élan vital, M. Frindéthié

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Rendezvous with History

 

In their common quest for exceptionalism, Sarkozy and Obama had a rendezvous with History. They both needed to perform political acts of grandeur; the former to recapture a lost Napoleonic paradise, and the latter to belong, to acquire approval by the American electors after years of marginalization as unfit for the American presidency characterized by hubris and jingoism. They both needed to perform acts of exceptionality. Tunisia was a warm-up session, a prelude to Sarkozy and Obama’s epic African adventure. An event had started in Tunisia that was quickly termed the “Arab Spring,” and to which leaders of the so-called “free world” needed to quickly anchor themselves; an event that they even needed to recuperate. For, indeed, at the beginning, Sarkozy was not onboard with the so-called “Arab Spring.” Nevertheless, by some remarkable acrobatics, the French president succeeded in inaugurating himself the champion of “democracy” in the Arab world, and, dans la foulée, dragged the exceptionalism-lacking-American-president-in-need-of-recognition into some of the world’s biggest international frauds.

On December 17, 2010, after trying unsuccessfully to recover his confiscated fruit cart from the Tunisian police, Tarek Bouzizi, a young Tunisian fruits vendor, set himself on fire and died two weeks later. Tarek’s hopelessness and anger, symptomatic of the condition of so many Tunisian youths living in poverty and under the repressive system of President Zine El Abidine Ben Ali, spontaneously ignited a protest that grew larger the more brutally the Tunisian authorities tried to squash it. Seeing his good friend Ben Ali in difficulty, Sarkozy offered to send him a force to crush the protest. The President of the “country of human rights” had found no other solution to the Tunisian crisis than to offer more repression to the Tunisian people. At the French Assemblée Nationale, the members of the French Socialist and Communist Parties displayed a feigned vexation at Sarkozy’s “lack of good judgment”. They knew however that it was the rule of the game to openly protest the policy of the opposing party; which in reality they would rehearse as soon as they would be in position to govern.

French politicians are groomed to wallow in war, violence and corruption. In recent memory, no French President has left office without some sort of international scandal. It is one measure of French exceptionalism. In 1979, President Giscard d’Estaing had gone to war against Central African Emperor Jean-Bedel Bokassa to hide a personal diamond deal gone public. François Mitterrand had his moment of affirmation of French exceptionalism in Rwanda. Mitterrand sent the Hutu army 500 French paratroopers and 150 military advisers. In 1992, Mitterrand directly helped the Hutus slaughter the Tutsis in Rwanda. And it was a French military authority that confessed it: “It is true that in February 1992 we were very hard. We use the occasion to test some experimental weapons, some light mountain tanks and some combat helicopters equipped with a dozen rockets on each side.”1 After Mitterrand, Jacques Chirac had two moments of exceptionalism; the first when in 1997, in his effort to help oil giant Elf (now Total) recapture some lost dividends from the fiscally hostile Congolese government of Lissouba, he decided to return Dictator Sassou Nguesso to power, sending the latter scores of military advisers with 25 tons of military materials to help him massacre Lissouba’s supporters and finally take over power. Chirac’s second moment of exceptionality came when in 2004 he ordered French soldiers in Abidjan, Côte d’Ivoire, to shoot and kill unarmed Ivorians protesting French political interference in their country.2 Sarkozy had hardly started. He would be exceptional, too, like all his predecessors. He had been carrying on Chirac’s war in Côte d’Ivoire, but thus far, Chirac’s Ivorian heritage had not brought him moments of grandeur yet. Sarkozy needed to diversify; he needed to distribute his eggs in several baskets.

For the time being, Sarkozy’s open support to Ben Ali looked a lot like a big gaffe. By all indications, Ben Ali was about to fall; and Sarkozy needed to perform some winning acrobatic to save face and re-position the “country of human rights” on the right side of history. So, when on January 14, 2011 Ben Ali finally fled Tunisia, Sarkozy, who three weeks earlier had offered to help him repress the Tunisian revolution, had this to say: « France’s policy is based on two unbroken principles: Non-interference in the internal affairs of a sovereign state and the support of democracy and freedom …. For several weeks now the Tunisian people have been expressing their aspiration for democracy. France, which has enduring ties of friendship with Tunisia, is determined to be by its sides.” Sarkozy’s Tunisia policy was a failure. But if carried on, the “Arab Spring” could still help restore France’s exceptionalism. The most important thing was to learn one’s lesson and to be henceforth positioned to “the right side”; to know when to drop one’s friends and make new ones.

In France, the center-right government of Sarkozy, aided by a “philosopher of war,” Bernard Henry Levy, was fanning the flames of confrontation in the Arab world. Sarkozy had philosophical support to go to war; even against a president that months earlier he had called his “brother”.3 Duplicity, which is one of the organizing principles of French exceptionalism, was actuated by Sarkozy when, in order to save himself from a brewing scandal, the French President launched into a war against Gaddafi; a war which Obama, too eager to shed the label of “weak president”, perhaps not-so-naively, supported and heavily partook in.4 After Tunisia, a rendezvous with the “Arab Spring” was in the making for all “democracy lovers” in the world; which Obama would rather not miss. Sarko, who was now an expert in detecting the direction of the wind, was going to help Obama perform acts of exceptionalism.

To Kill Gaddafi and, with Him, Africa’s élan vital

On October 19, 2011, Gaddafi was captured alive by a frenzied Allah-vociferating mob of Libyan “revolutionaries” a few minutes after NATO fighter jets had shelled his 50-car convoy and cut short his escape from his home town of Sirte. Found hidden in a sewage culvert, Gaddafi was dragged out, then shot and killed execution style by the throng. One of his executioners, a bearded-man in full combat apparel, admitted that Gaddafi was captured alive and killed moments later. Right on the scene of the murder, he animatedly said to a TV reporter: “We caught him and we shot him … one guy shot him.” That mysterious “one guy” that shot Gaddafi, a report by French weekly Le Canard Enchaîné and several investigations will later reveal, was an infiltrated French secret service assassin, who had taken advantage of the tumult created by Gaddafi’s capture to approach the Libyan leader close enough to shoot him on orders of NATO, and Nicolas Sarkozy particularly. According to Le Canard Enchaîné, neither Obama nor Sarkozy wanted Gaddafi to emerge alive from the bombings of Libya. Gaddafi knew too much, and given a chance to speak, he could reveal some very damaging facts about his relations with some Western leaders. The weekly’s version refutes NATO’s account that “Gaddafi was trying to escape Sirte in a convoy, when French and American drones fired on his convoy, leaving him wounded. NTC [Libyan National Transitional Council] forces later captured and killed Gaddafi.” Le Canard Enchaîné reported, instead, that on October 19, 2011, few hours before Gaddafi’s convoy was shelled in Sirte, a colonel at the Pentagon had called a leader of the French Military Intelligence, which was tasked with chasing after the Libyan leader, and had told him that “Gaddafi has fallen into the trap, the US drones have located him in a district of Sirte and it became impossible for him to escape the grip of his chasers.” The US Chief told the French Leader: “Leaving Gaddafi alive will turn him into a nuclear bomb.”5

This story was substantiated in 2012 by Mahmoud Jibril, interim Prime Minister of Libya after the fall of Gaddafi, who told Egyptian TV that “it was a foreign agent who mixed with the revolutionary brigades to kill Gaddafi.” Rami El Obeidi, the former head of foreign relations for the Libyan transitional council, admitted that he was aware that Gaddafi was being stalked through his satellite communication system as he spoke with President Bashar Al-Assad of Syria. The NATO assassin knew where Gaddafi was at all times and chose the right moment to eliminate him.6 The United Nations’ call for an investigation to elucidate the circumstances of the Libyan leader’s death was merely a melodramatic contortion, especially when it is demonstrated that the UN have never been able to lead any investigation to fair conclusion; especially when everything indicates that the UN, this outpost of the Euro-American imperial power, were in on the kill. Why was Gaddafi such a threat to the Euro-American imperial power, and what is the origin of Sarkozy’s vendetta against Gaddafi?

In 1988, Gaddafi was accused of sponsoring the bombing of Pan Am Flight 103 over Lockerbie, Scotland, that caused the deaths of 270 passengers and crewmembers. As a punishment, the Libyan Guide was shunned by the Euro-American coalition. However, on May 15, 2007, US Secretary of State Condoleezza Rice announced the removal of Colonel Gaddafi from the US terror list and the resumption of regular diplomatic relations with Libya for, said she, “the excellent cooperation Libya has provided to the United States and other members of the international community in response to common global threats faced by the civilized world since September 11, 2001.”7 Even before the U.S.’s decision, European leaders were busy courting Gaddafi, who, according to a British diplomat in Libya, had “way more cash than he knew what to do with it.” On March 25, 2004, Tony Blair had tea under a tent in the Libyan Desert with Gaddafi. There, as he was negotiating a $1.2 billion gas exploitation contract for BP as well as important sales of British missiles and air defense systems, Blair expressed a deep-felt relief in the Euro-American leadership: “It’s good to be here at last after so many months.”8 Soon after Rice’s announcement, relieved Euro-American leaders were in Libya wooing Gaddafi. The Libyan Guide’s huge cash reserve had no black powder scent on it, and Europe was in dire need of economic resurgence. Between 2008 and 2010, Tony Blair visited Libya four times, doing business with Gaddafi’s son Saif el-Islam Gaddafi and with Mohammed Layas, Head of the LIA (Libyan Investment Authority) on behalf of JP Morgan.9 Gaddafi had supposedly made amends in the form of surrendering two suspected Libyans to be tried at The Hague for their role in the bombing of Pan Am 103, surrendering his Weapons of Mass Destruction Program, severing ties with terrorists organizations, accepting responsibility for the Pan Am 103 bombing, and paying $2.7 billion in compensation to the victims of the bombing. Having been hailed back into the “Concert of Nations,” Gaddafi undertook to tour world capitals.

In December 2007, Gaddafi was greeted in Paris by Sarkozy with the highest honors. Nothing was refused him. He was even allowed to set up tent at the Elysée. On that occasion, high level exclusive discussions were had between France and Libya for a deal that would guarantee France the supply of military equipment to Libya. In July 2010, an important French delegation in Tripoli had been negotiating the signature of several lucrative military armament contracts with Libyan authorities for two weeks. Gaddafi was poised to purchase from Dassault Aviation, Thales, MBDA, and CMN 14 Rafale fighter jets, important communication materials, some radars, and a modern naval fleet. This was potentially a 4.5 billion-euro market, a huge oxygen tank for the struggling French economy hit by the global economic crisis.

Built in the mid-1980s, the French Rafale, a fighter jet with dubious performance, had never been sold outside of France before Gaddafi’s prospective purchase. If Gaddafi’s acquisitions materialized, it could be a confidence booster for the Rafale, and other markets could open up for France’s military aviation industry, especially as Brazil and India were waiting to see how Libya would rate its new acquisitions. The deal with Gaddafi went bust and, in a domino effect, Brazil acquired Gripen jets from Swedish Saab, instead, and India gave itself more time to shop around.10 Sarkozy, who had hoped to be the French president that would finally sell a Rafale, was disheartened and humiliated, especially after so much drumbeat around a possible first sale of the Rafale in more than 23 years, and the ensuing scorns and ridicules he harvested at home. Gaddafi was going to pay for making a fool of Sarkozy’s Napoleonic ego. In a twinkling of an eye, the good client of a few weeks earlier turned out to be a dictator. On March 13, 2011, at the Elysée, Sarkozy greeted the first Libyan opposition government in exile and pledged his country’s support to Gaddafi’s opposition.

A month earlier, social protests by Libyans demanding better living conditions and a more democratic system had put Colonel Gaddafi at odds with the opposition in Libya. The protesters had become armed militias attacking Libyan army outposts, and Gaddafi ordered his police to respond with disproportionate force. This was opportune: by violently cracking down on the protests, Gaddafi had handed the West a priceless occasion to rehash its worn-out sentence–“killing his own people,” as opposed to killing other peoples, as is customary for Western powers—and an invaluable pretext to do away with him. On February 26, 2011, a French-sponsored resolution (Resolution 1970-2011) was voted by the United Nations Security Council to refer Gaddafi to the International Criminal Court, to impose an arm embargo on Libya, to inflict a travel ban on Gaddafi, his relatives and his associates, and to freeze Libya’s economic assets on member states’ territories to be purportedly used at a later time for the Libyan people or to be used by member states for “justified extraordinary expenses”. Resolution 1970-2011 also set up a committee to monitor the sanctions imposed on the Libyan government. The sanctions did little to inhibit Gaddafi’s crackdown on the protests, and France, through its Foreign Minister Alain Juppé, introduced another resolution (Resolution 1973-2011) on March 17, 2011, which was successfully voted on by the UN Security Council to establish a no-fly-zone over Libyan territory. Following Sarkozy’s previous call for Gaddafi to resign, with Resolution 1973-2011, the Security Council officially affirmed the illegitimacy of Gaddafi’s government.11

Upon the adoption of Resolution 1973-2011, Juppé sententiously spoke of the right of the Libyan people to “breathe the fresh air of democracy” and of the international community’s responsibility to “help the people of [Libya] build a new future.” Mark Lyall Grant, the United Kingdom’s Permanent Representative to the United Nations, urged NATO and the Arab League on behalf of the United Kingdom to act fast in order to free the Libyan people from a government that has “lost legitimacy.” For Peter Witting of Germany, it was important to send Gaddafi and his associates the message that “their time [was] over and that they must relinquish power immediately.” For U.S Ambassador to the United Nations Suzan Rice, the saintly Security Council had “responded to the Libyan people’s cry for help.”12 On March 16, 2011, when Euronews asked Gaddafi’s eldest son about his response to France’s, and especially Sarkozy’s ardor to intervene in Libya, Saif-al-Islam Gaddafi accused Sarkozy of hypocrisy and asked that the French President return $50 million of Libyan money allegedly given him by his father to finance his 2007 presidential campaign. Saif threatened to publish proof of the not-so-legal transaction.

First of all, Sarkozy must return the money he received from Libya to finance his electoral campaign. We did finance his campaign, and we do have proofs of that. We are ready to reveal everything. The first thing we want this clown to do is to return this money to the Libyan people. We gave him this money because we expected him to work in favor of the Libyan people, but he has deceived us. Return our money. We have all the details, the bank accounts, the documents, the transfer operations. We will reveal everything soon.13

First, denied by Sarkozy and dismissed by the French as a desperate move by the son of a cornered dictator, Saif’s allegations were confirmed on October 25, 2011, by former Libyan Prime Minister Baghdadi Ali-al Mamoudi in a Tunisian court. Subsequent investigations by French judges revealed a few disturbing elements, but no smoking gun; and key Libyan witnesses that had much to lose by confirming Saif’s story, took the safe road and refuted it. The story of Gaddafi’s money into Sarkozy’s campaign gained traction again when in a documentary aired in 2013 and in 2014 by France Télévisions Gaddafi’s former interpreter, Moftah Missouri, confirmed that the Libyan leader told him personally that Sarkozy had received from him $20 million; a revelation that in April 2013 prompted a French judge to order that Sarkozy’s personal phone, along with those of two of his former ministers, Brice Hortefeux and Claude Gueant, be tapped. The surveillance of Sarkozy’s phone conversations did reveal at least that he was concerned enough to try to obstruct the investigations against him, when, on the very days of the two incriminating broadcasts, he phoned Patrick Calvar, the Director of Internal Intelligence Office to inquire whether Calvar was still loyal to him and whether he intended to subpoena Gaddafi’s interpreter. Gaddafi used to tape all his communications and archive them. Coincidentally, all records of Gaddafi’s conversations have disappeared with the NATO bombing of Tripoli. A French investigation team still hopes to recover them as they seem to be at this point the only material evidences likely to explain the former French President’s relations with the fallen Libyan Leader.14

In any case, after March 16, 2011, Sarkozy’s enthusiasm to go to war against Gaddafi became obsessional. It all took a personal coloration. It was no longer “for humanitarian purpose” that Sarkozy was going to war; it was more for the purpose of saving his political career. If proven—and Sarkozy’s attempts at obstructing justice indicated that he was not as clean as he had claimed to be—Saif’s allegations could sink his public and personal lives. A French president before him had fallen upon evidence of corruption, and Sarkozy would not be another disgraced French president. Upon the Saif’s threat to release the evidence that his father had financed Sarkozy’s political campaign in a quid pro quo arrangement, Sarkozy’s agitations turned epileptic. The French president wasted no time to lobby his peers’ support at the UN in favor of an airstrike against Gaddafi. So, hardly had UN Resolution 1973-2011 been voted when the French air force was out pounding Gaddafi’s positions, apparently to prevent the Libyan leader from massacring his own people. Since we know that France has really never cared about Africans’ lives, since we know that France has always abided by de Gaulle’s dearest maxim that “France has no friends but only interests,” Sarkozy’s alacrity to “save African lives” by attacking Gaddafi under whose feet, just a few months ago he unfurled the red carpet, rang suspect.15

Could it be that through his precipitous airstrike, Sarkozy was, among other hidden motives, trying to cover up some embarrassing evidence? Just like his predecessor Valerie Giscard d’Estaing in Central Africa? The Euro-American power’s purported intention to save lives and insure the pursuit of democracy in Libya was a fallacy. The West’s true impulses for wanting the Libyan leader out of the picture resided elsewhere. The motivations were personal, economic, and geopolitical. Gaddafi was working for the betterment of the African continent, and as such, against the continuation of the Euro-American dominance in Africa. As noted Russian Foreign Minister Sergei Lavrov, “at the center of the US philosophy is only one thing: ‘We are number one and everybody else has to respect that’ … the United States wants all the same to dominate the world and cannot merely be a first among equals.”16 As we shall see, in Africa, Gaddafi was the only head of state who, not only could undermine this American hegemonic proclivity, but also had the political will and the social and economic program as well as the financial means to shift the world center of influence from North to South.

Africa is one of the most resourceful continents in terms of geological and agricultural riches. However, the elites of Africa are also the most impressionable. Elsewhere, we have treated of the African elites’ seduction with an idea of globalization whose principal theorem is to make the black continent the perpetual camel of the world and the transporter—as opposed to transformer—of Africa’s riches to the “First world”.17 Gaddafi had understood that in order to emerge as a political and economic power to be contended with, Africa would have to dis-alienate itself, mentally and materially. The elites of post-colonial Africa—most of whom are direct products or progeny of the yields of the colonial school and of the colonial church of mental estrangement that taught them to hate themselves and love everything Occidental—will need to come out of their stupor and break the spell of maintenance and perpetuation of the ideology of Western dominance. Gaddafi’s proud posture, his proposed re-articulation of Africa’s social lives around African values, was meant to outfit the African elites with a sense of worth and reverse their mental dependence on the West. Materially, Gaddafi was placing African nations in the necessary conditions for them to reject Western countries’ poisoned gifts of aid and loans. Gaddafi’s active Pan-Africanism was outfitting several Sub-Saharan African countries with economic infrastructures that could free them from their abusive rapports with the West, and especially France. Nearly all the Sub-Saharan African countries benefited from Gaddafi’s generous Community of Sahel-Saharan States Investment Bank lodged in Tripoli. In every African country, Gaddafi’s financial footprints were noticeable at every level of development, from tourism to heavy industry.

Of course, while leading African nations to develop their own investment systems and emancipate themselves from their manipulative “friendship” with the Euro-American world, Gaddafi had his own dream of becoming the Fundamental Leader in Africa. On August 28, 2008, in Benghazi, Gaddafi was inaugurated “King of kings” at a ceremony that he orchestrated, and which gathered more than 200 African traditional kings and chiefs as well as some African mayors. Another accolade for Gaddafi, who just a year earlier was a pariah on world stage! This was all it took for French newspapers to turn apoplectic and belittle all those who took part in the crowning ceremony. Gaddafi, L’Express wrote, “was accompanied by seven African ‘kings’ in traditional costume covered in shiny metal.”18 Notice the disdainful quotations around “kings”. Notice the contemptible mention of, not gold, but “shining metal”. In other words, These African kings were not kings in the real sense of the term. They were not kings like would be the King of Spain, the Queen of Denmark, or the Queen of England. And these pseudo-kings, who wanted to pass for “real” kings, were bedecked in “shining metal”. In other words, Africa, the continent of gold and diamonds, which for the last 600 years has been pillaged by the Euro-American swashbucklers, could only afford “shining metals” for its not-so-kings. Perhaps L’Express is right, in that Africa’s precious metals are to be found in the coffers of the Euro-American banks. Still, what baseness! What a discharge of uncontrolled abhorrence!

It was not just the Euro-American imperialist power that was afraid of Gaddafi’s geopolitical positioning. In Africa, too, a certain African elite infected with the poison of self-hatred saw Gaddafi as a threat to its power; a power that it has held thanks to its allegiance to rapacious Occident’s neo-colonial program. Many of Gaddafi’s African peers, though they did glean from his bountiful reserve of petrodollars, secretly loathed him. It is even remarkable that it was the African heads of state whose countries benefited the most from Gaddafi’s not-so-disinterested kindness—lets us admit it—that failed to come to his defense when he needed them most. It is remarkable that they even supported the West’s assault on Libya. And yet, they had more to gain with Gaddafi’s presence than with his absence. Gaddafi, at least, was investing in Africa, which could not be said of most of his African peers nor of the Euro-American powers that usually give with one hand and take back ten-fold with the other. The African leaders who have benefited from Gaddafi’s generous donations to later turn on him were simply still under the spell of the slave mentality that caused the house Negro to prefer the comfortable bondage in the Master’s House to the uncertain future in liberty. The mentally enslaved African leaders enjoyed little dictatorial powers the Euro-American coalition afforded them under bondage and secretly loathed Gaddafi, whom they perceived as a threat to their privileges. The West, in its assassination of Gaddafi, was going to make use of this brotherly suspicion.

The imperial powers of Europe and America cannot stomach the idea of a unified and competitive Africa. The Euro-American powers cannot envision, with serenity, an Africa that emerges to become a serious alternative to them on world stage. China had placed them on unstable grounds. India was threatening to shove them to the margin of indispensability. Should Africa rise undisturbed, they could become totally irrelevant. Of all the African leaders capable of putting Greedy West out of business in Africa, Gaddafi’s was the most formidable. Gaddafi believed that African states should make it their mid-term objective to leave the Bretton Woods institutions, these insatiable organizations that have thriven by cultivating misery in Africa. Gaddafi was on his way to enfranchising Africa from the international usurers that the World Bank and the International Monetary Fund are in reality.

In “Les vraies raisons de la guerre en Libye,” Jean-Paul Pougala enumerates some of the grievances that the West had against Gaddafi, which are some of the real motives of the Euro-American war against the Libyan President. The West had never forgiven Gaddafi for freeing Africa from its stifling information tutelage by offering the continent its first Regional African Satellite Communication Organization (RASCOM) in 2006. Before RASCOM, as notes so perceptibly Pougala, calling from and to Africa was the costlier communication in the world. For this service, Europe would bill Africa $500 million per year. If Africa wanted its own satellite in order to circumvent this hefty annual tab from Europe, the continent would have to come up with $400 million. Gaddafi disbursed ¾ of the money needed so that Africa would not have to borrow it from the gluttonous lenders of international finance, the rest coming from the African Development Bank and the West African Development Bank. Another one of Gaddafi’s ventures was to contribute to the creation of three African banks, precisely a $42 billion African Monetary Fund to correct the rapacious activities of the IMF in Africa, and which would be headquartered in Yaoundé, Cameroun, an African Central Bank, headquartered in Abuja, Nigeria, and an African Investments Bank, headquartered in Sirte, Libya.19 These were Gaddafi’s biggest projects for Africa. His militant economic Pan-Africanism was a threat to the West’s hegemonic intentions in Africa. The development of these financial institutions, as Celestin Bedzigui pointed out, would have accelerated African countries’ enfranchisement from the World Bank and the International Monetary Fund, both instruments of the Euro-American maintenance of Africa into debts and in a perpetual state of backwardness, and would have brought the end of the CFA franc, the currency that 14 former French colonies are forced to use. Furthermore, Gaddafi’s economic influence on the world stage was growing at a proportion that could not be to the liking of the Euro-American imperial power: “The combination of water and oil has given Libya a sound economic platform. Ideally placed as the ‘Gateway to Africa’, Libya [was] in good position to play an increasingly influential role in the global economy.”20

In fact, in the 1950s, oil exploration in the Libyan southern desert had unexpectedly uncovered a huge basin of fresh water about 40,000 years old. If exploited, the aquifer could supply Libyans with fresh water for the next 200 years. Furthermore, its exploitation could be considerably less expensive than desalinating seawater or importing overpriced water from Europe as was the case. With the technical know-how of South Korea, Turkey, Germany, Japan, the Philippines, and the United Kingdom, in 1984, Gaddafi injected $25 billion of Libyan oil money in what his fellow countrymen proudly coined “the eighth wonder of the world,” a system of underground pipelines to bring much needed fossil water from the desert to the Libyan people. Gaddafi’s Pharaonic “Great Man-Made River Project”, as Libyans noted was a turning point: “The water changed lives. For the first time in our history there was water in the tap for washing, shaving, showering … the quality of life is better now, and it’s impacting the whole country;”21 and, indeed, it was. Thanks to the GMMRP, 130,000 hectares of land were irrigated to make new farms; lands were distributed to small farmer to grow produce and supply the local markets, large farms were established to produce export crops, such as wheat, oat, and barley. For Europe, the GMMRP not only meant that Libya would no longer rely on its costly water market, but it also meant that Libya was henceforth targeting the European markets and becoming a formidable economic force to reckon with. This was more than the Euro-American imperial power could stomach. Gaddafi, the arrogant leader from Africa who could dared to dictate his economic rules to the Euro-American power, had to be stopped.

Besides killing any hope of Africa’s economic independence by eliminating Gaddafi, the West, like a throng of predatory Vikings, had its eyes on the huge riches to loot in the ensuing chaos of a war against Gaddafi. Libya was a huge reservoir of oil and gas, for which Europe also has a voracious appetite. Furthermore, the estimated $150 billion Libyan foreign investment portfolio, which was managed by the Libyan Investment Authority (LIA) had cash-stricken West green with envy. Just before the military raid on Libya, the Euro-American ruling circles looted these funds in the greatest act of piracy. They were helped by Mohamed Layas, the representative of the Libyan Investment Authority, who, in a January 20 diplomatic correspondence published by WikiLeaks, informed the US Ambassador in Tripoli that LIA had deposited $32 billion in US banks. Five weeks later, on 28 February, the US Treasury reportedly « froze » these assets. This money which, according to US official constituted the « the largest sum of money ever blocked in the United States, » Washington declared, would be safeguarded « in trust for the future of Libya. » In reality, the money was used to revitalize the debt-stricken sinking US economy. A few days later, the European Union, too, “froze” 45 billion euros of Libyan funds, apparently for the same purpose.22

For Sarkozy, besides looting Gaddafi’s country, would it not be even better to resuscitate France’s economy by selling a few of the country’s unwanted Rafale fighter jets? For, after all, one of the main reasons why the Rafale has remained unsold is that, contrary to the Mirages fighter jets that became popular after Israel tested them during the six-day war, the Rafale’s trumpeted technological prowess had never been verified on the battle field. So, Libya was also to be the testing ground for the clientless French jets. Thoughtless French troops had spilled the beans of Sarkozy’s macabre plans in Libya. Indeed, whoever had seen the news on French TF1 on March 25, 2011, and had decided to go back to the same site the following day to review the coverage of the war in Libya would notice one thing: The news video reportage on French airplane carrier Charles de Gaulle has been shortened. The embarrassing portion of the reporting, where a careless French soldier stated as-a-matter-factually that the airstrike on Gaddafi’s army offered great opportunities to test new military equipment and to train new pilots was edited out of the tape. The order to amend the news footage came certainly from the Elysée, as it is a fact that the French media is one of the most policed media in the world despite statements to the contrary. The French military sorties against Gaddafi were hoped to make France’s target weapon buyers, India and Brazil, take notice of the Rafale’s firing power. Testing new weapons in Africa in order to recruit new buyers has long been part of France’s marketing campaign. Mitterrand had done it in Rwanda. Creating havoc in Africa as a means to augment the French economy is a fashionable strategy among France’s social engineers.

In its exceptional barbarism, the Euro-American imperial power has in fact destroyed the countries it purportedly came to save. As James Petras and Robin Eastman-Abaya note, like in Iraq where the West’s intervention has resulted in “well over a million civilian deaths, four million refugees and the systematic destruction of a complex society and its infrastructure, including its water supplies and sewage treatment, irrigation, electricity grid, factories, not to mention research centers, schools, historical archives, museums and Iraq’s extensive social welfare system,” in Libya, in the early days of the raid, the bombing had caused the total destruction of civilian infrastructures, of airports and roads and seaports, of communication centers, the flight of scores of multinational corporations, and the mass migration of hundreds of thousands of people from Asia, the Middle East, and Sub-Saharan Africa.23 The most lasting damage done to Libya by the Euro-American power has been the foreclosure of the country’s prospects for democracy and development. The Euro-American power has killed the future of Libya; the Euro-American power has ensured that Libya should never again be a threat to its hegemony in Africa; the Euro-American power has made sure that Libya should never get back onto

the rails of democracy, by transforming into a thousand tiny chaotic spaces, each controlled by a warlord and his army of thugs, a country that, despite some political imperfections, invested oil money into one of the largest civil engineering venture in the world, in order to bring to his people, from miles underneath the scorching desert sand, through a 4000-kilometer network of pipelines, potable water, a most fundamental human right.

In July 2011, [the Euro-American power] not only bombed the Great Man-Made River water supply pipeline near Brega, but also destroyed the factory that produces the pipes to repair it, claiming in justification that it was used as “a military storage facility” and that “rockets were launched from there”. Six of the facility’s security guards were killed in the NATO attack, and the water supply for the 70 percent of the population who depend on the piped supply for personal use and for irrigation has been compromised with this damage to Libya’s vital infrastructure.24

The Euro-American power’s attack on Libya was a grave breach of the Libyans’ human rights, if only for the destruction of Gaddafi’s water project. But there was more than that. Schools, hospitals, personal properties acquired by thousands of Libyans over many years, jobs vital to families’ subsistence, and the serenity of the Libyans were destroyed.

Gaddafi’s execution after his capture and the fact that his body was put on display in a circus-like carnival in Misurata for old and very young to taunt were indications of the true genealogical spirit of the Libyan new found “democracy” under the saintly aegis of Europe and America. The signatories of the Libyan “democracy” had just revealed the measure of their “independence”. It was couched in human rights abuse and lawlessness. Intellectual honesty demands that we ask ourselves whether a democracy that has lynching at its very core is a sustainable democracy. Is it not rather the fact that the moral urgency of such a democracy is already thwarted by its very performativity? After wishing for and ordering the assassination of Gaddafi, the Euro-American operatives came out exhibiting their sense of exceptional ethics. Yes, they do kill. But theirs are clean killings, sanitized killings, and not the indecorous and undignified butchery offered the world by “these Arabs”, one could read in their declarations of outrage. For Andrew Mitchell, the International Development Secretary,

[the circumstance of Gaddafi’s murder] was clearly a very confusing moment and I would have preferred that he had faced justice either in a Libyan court or in the International Criminal Court in The Hague, but it is difficult for us in Britain to put ourselves into the position of the soldiers and those who were involved in the capture of Gaddafi and I think the best accounts were those that have come from the Libyans themselves.25

For Phillip Hammond, the British Defense Secretary, “it’s certainly not the way we [civilized people] do things, it’s not the way we would have liked it to have happened … The fledgling Libyan government will understand that its reputation in the international community is a little bit stained by what happened.” To which one is tempted to ask: What of the reputation of the Euro-American power that has commissioned the total destruction of Libya, the murdering of thousands of innocent Libyans, and the assassination of Gaddafi, all under the false pretense of saving Libyan lives and building a democratic society in Libya?

Today, Libya is burning; Iraq is burning; Egypt is burning; Syria is burning. Imperialist West is scurrying away from the crime scenes. The United States, Great Britain, and France have packed their belongings, closed their embassies, and fled from the furnace they have helped ignite. The Occidental proclivity to rush into a foreign country, take it to the brink of collapse and backwardness, and then, when things become unbearable, run away and blame the autochthonous populations for not being up to the principles of “democracy and civilization” will always amaze decency. All the social engineers in the West who had theorized the erection of superlative societies with the fall of Saddam, Gaddafi, Mubarak, and Bashar are spinning a new story, erasing and rewriting pages of the “History Book” which they have become expert at falsifying. Will imperialist West once, just once, concede that being endowed with a high degree of gluttony and destructive drive does not necessarily give one the primacy of human intelligence? Will imperialist West admit its responsibility in this long, distressing Arab tragedy at play before our eyes, which, hitherto, in its precipitous self-congratulatory gesture, it had baptized “the Arab Spring” and which has turned out to be a very long winter?

A Most Profitable Partnership

Obama was right to be elated and proud when he declared that “all of this was done without putting a single US troop on the ground.” Of course, the operation had cost America at least $2 billion according to Vice-President Joe Biden; but this was small change compared to what was spent in other wars. Furthermore, America had gained at least $32 billion of Libyan money. This was a profitable war for the Euro-American coalition. Indeed, on this April 3, 2011, exactly seventeen days after France has battled at the United Nations to have UN Resolution 1973-2011 authorizing war on Gaddafi adopted, a letter signed by the Libyan National Transitional Council and destined to the Emir of Qatar, and a copy of which was obtained by French paper Libération, indicated that French oil exploration companies, of which Total is the leader, had played an important role in effecting the Euro-American war in Libya: The Libyan CNT had guaranteed France an additional 542,000 barrels of oil per day in Libya for its support to topple Gaddafi, on top of the 1,550,000 barrels it was exploiting before the beginning of the West’s offensive on the Libyan people. As the leadership of the CNT promised, “Regarding the agreement on oil signed with France in exchange for recognition of our Council,” the letter stated, “… as the legitimate representative of Libya, we have delegated the brother Mahmoud [Shammam, Minister in charge of media at the CNT] to sign this agreement assigning 35 percent of total crude oil to the French in exchange for full and ongoing support to our Council.”26 The chaos that ensued the Euro-American shelling of Libya and the assassination of Gaddafi, the fact that Libya is now a lawless state divided into four unruly zones (Benghazi, Sirte, Tripoli, and Pheasant) does not inconvenience Total the least. Despite the chaos—and some critics would suggest that it is precisely thanks to the chaos—Total continues to thrive in Libya, undisturbed.27 In fact, as remarks Ivorian economist Tiémélé,

In spite of the official clamors and agitations cynically advocating defense of democratic values and respect for human rights worldwide, the presence and activities of TOTAL and other major Western oil companies in Libya eventually convince us of the hypocrisy of the Western leaders, for whom, in fact, only their petty interests matter … Here lies the answer to all these wars conveniently promoted over the recent decade in countries with the largest oil reserves (Iraq, Libya, Syria, threats against Iran, and Sudan then South Sudan, Ivory Coast, Mali, Central African Republic, Chechnya and Asian countries of the former USSR, the threat of war against Russia itself, instability in Nigeria with the sect Boko Haram, etc.).28

Faut-il juger Sarkozy pour abus de faiblesse ? M. Frindéthié (publié le 3/23/2013)

detrousseur2Je ris de douleur à voir la justice française s’exciter autour de l’ex-agité de l’Elysée pour, le mettre en examen pour « abus de faiblesse » sur la personne de Liliane Bettencourt. Sarkozy aurait profité de la sénescence de la milliardaire octogénaire pour lui soutirer d’importantes sommes.  Sarkozy ne serait en fin de compte qu’un piètre dépouilleur de vieilles dames ayant moins de scrupules qu’un détrousseur de métro.

Mais pourquoi s’excite-t-on tant autour des frasques de Sarkozy ? Sarkozy n’a-t-il pas tout simplement reproduit un paradigme si cher aux politiciens français, l’abus de faiblesse ou de confiance, et qui, depuis des décennies, se trouve ennobli sur la plus grande marche de l’échelle des vertus françaises ? N’est-ce pas en abusant des faiblesses qu’elle a bien pris soin de créer auparavant dans les Etats africains que la France arrive en pompier pour les ensuite détrousser ? Juger Sarkozy pour abus de faiblesse serait fort comique, à moins que l’on ne juge tous les présidents français qui l’ont précédé, qui ont perfectionné et lui ont légué cet outil très français qu’est l’abus de faiblesse et de confiance. Sarkozy n’est que le fier enfant de sa mère abusive, la France. Faut-il juger l’enfant d’être une si belle réplique de sa génitrice ?

Le directeur de l’Hôpital mère-enfant de Bingerville est un rejet du corps médical français.

Scand

Dans son complexe d’infériorité et son mépris pour les Ivoiriens, dominique n’a trouvé, pour gérer l’hôpital mère-enfant, cet édifice privé construit avec l’argent du contribuable ivoirien, personne d’autre qu’un médecin français en disgrâce, un toubib limogé en France pour « faute grave ».

Le propre du parlêtre, est d’avoir le regard toujours tourné vers les autres, implorant, la tête entre les mains, « y a-t-il au moins quelqu’un là-bas qui m’aime ? » dramane ouattara, nous le savons, est un grand névrosé-abandonnique, un complexé, qui ne rêve que de jouir dans le lit de l’autre, dans la maison de l’autre, dans le royaume de l’autre, reniant jusqu’à sa propre personne pour atteindre ce « paradis jouissif» que représente la place de l’autre. Or, voilà que pour le malheur des Ivoiriens, ce parlêtre-là s’est associé à une femme, elle aussi complexée à en pleurer, animant ses soirées mondaines d’acteurs dépassés, de chanteurs en perte de vitesse, de médiocres « stars » de télé-réalités américaines (on se souviendra ici de l’invitation faite à Kardashian, à Chris Brown, à Delon, etc.), pourvu qu’ils viennent d’ailleurs, évitant les Africains comme une mauvaise peste.

Et c’est dans cette même logique dictée par le complexe de l’infériorité chronique qui l’habite que, dame dominique, après avoir fait financer « son hôpital » par l’argent public de l’Ivoirien, n’a trouvé aucun médecin ivoirien capable de gérer cette structure. Et dame complexée de se tourner vers un rejet de la médecine française, un médecin français viré de son poste pour « faute grave », pour la gestion de l’hôpital mère-enfant de Bingerville. Quel mépris envers les Ivoiriens ! Mais surtout, quel gros complexe d’infériorité !

Scandale: Le directeur de l’Hôpital mère-enfant de Bingerville, Fréderic du Sart, licencié en France pour faute grave

Le nouveau directeur de l’Hôpital mère-enfant de Bingerville, Frédéric Du Sart, a été licencié en France pour faute grave, a appris IvoireBusiness de source proche de la clinique St-Joseph de Combourg, dans la province française. En effet, M. Frédéric Du Sart a été licencié en novembre 2016 pour faute lourde, indique la clinique St-Joseph de Combourg. Le président de la clinique de Combourg, Bernard Boquet, dans un courrier daté du 23 novembre confirme son licenciement: « M. Frédéric du Sart, directeur général de l’Association Clinique Saint-Joseph, n’a pas démissionné. Il a été licencié le 21 novembre 2016 pour faute grave. Cette situation ne compromet pas la continuité du fonctionnement des établissements gérés par l’association : Centre Local Hospitalier et EHPAD de Combourg et l’EHPAD de Pleine Fougères. Dans ce contexte particulier, le Conseil d’Administration exprime son entière confiance aux équipes soignantes et administratives et les remercie pour la qualité et le sérieux de leur engagement auprès des patients et des résidents ». « Ce licenciement est illégitime » Quant au directeur Frédéric du Sart, il allègue qu’« au départ, nous avions évoqué une démission. Mais les choses ont changé en cours de route. » Le directeur, qui affirmait dans nos colonnes « avoir beaucoup d’estime pour le président Bernard Boquet », concède qu’il vient « effectivement de faire l’objet d’un licenciement pour faute grave ». Avant de déclarer : « Ce licenciement est illégitime et je ne manquerai pas de saisir la juridiction compétente, aux fins de le contester. À noter par ailleurs que je suis le 2ème directeur général en 3 ans, ainsi qu’une directrice générale adjointe et un médecin coordinateur, licenciés par Monsieur Boquet. » https://actu.fr/bretagne/combourg_35085/clinique-st-joseph-a-combourg-le… En février 2017, le président Bernard Boquet, a dû lui aussi démissionner car au mois d’octobre 2016, des salariés de la clinique de Combourg, en poste ou partis, ont dénoncé publiquement des conditions de travail difficiles, depuis plusieurs années. Trois autres membres du conseil d’administration ont suivi. Joël Le Besco, le maire de Combourg, discret sur le sujet, a pris sa succession.

Mireille (Mimi) Kouamé

Source : http://www.ivoirebusiness.net/articles/scandale-le-directeur-de-h%C3%B4pital-m%C3%A8re-enfant-de-bingerville-fr%C3%A9deric-du-sart-licenci%C3%A9-en

Hôpital mère-enfant de Bingerville : Quel mépris ! Quelle malhonnêteté !, M. Frindéthié

HME

Après six longues années de raffuts, de levées d’argents opaques et de financement ténébreux par le contribuable ivoirien, l’hôpital mère-enfant de Bingerville, cet édifice de 25 milliards de francs CFA, a enfin été ouvert pour commerce ce vendredi 16 mars, en présence de sa conceptrice, madame dominique nouvian ouattara, de son époux, dramane ouattara,et des membres du gouvernement. A cette occasion, les élèves de Bingerville ont été sortis des classes pour aller applaudir la « philanthrope » dame nouvian.

Mais en réalité, la prétention de cet hôpital de garantir l’égalité de soins pour toutes les couches sociales n’est qu’un mythe. En fait, comme l’a si bien souligné le Pr Sega Sangaré, président du conseil d’administration de la structure, cet hôpital est d’abord un établissement sanitaire privé, qui accueillera 75% d’assurés et de patients directs et seulement 25% de personnes économiquement faibles. En un mot, cet hôpital dont le contribuable a concouru à l’édification à un coefficient certainement élevé – car l’on ne saura jamais combien des 342,6 milliards F CFA de budget annuel de souveraineté que s’attribue ouattara, encore moins combien des ponctions faites sur les bénéfices des compagnies d’Etat ont été directement injectés dans cet hôpital — ne consacrera que 25% de ses services aux économiquement faibles.

Dans un pays où 80% de la population croule sous le poids de la pauvreté, n’est-on pas tous ou presque tous « économiquement faibles » ? Combien d’Ivoiriens pourront-ils s’offrir les services d’un tel hôpital? Est-il normal que les populations ivoiriennes contribuent à la construction d’un hôpital qui ne leur offre que 25% de ses services. Et encore … et encore, quelle garantie avons-nous, dans un système aussi opaque que celui mis en place par ouattara et son clan, dans un système où les chiffres s’inventent au gré des humeurs du despote, que cet hôpital construit en grande partie grâce à l’argent du contribuable offrira effectivement 25% de ses services à ce contribuable ? Le contribuable ivoirien ne gagnerait-il pas que les hôpitaux publics soient équipés en matériels de base et en médicaments, plutôt que d’attendre les problématiques 25% de services de l’entreprise privée de madame nouvian ?

Libre à dame nouvian ou à tout autre homme/femme d’affaires de se monter des entreprises privées ; mais il est très malhonnête de le faire avec les finances de l’Etat, les muscles de l’Etat, et le temps de l’Etat. Et surtout, il est malsain, très malsain, que pour son inauguration, les élèves de Côte d’Ivoire soient forcés de sortir des cours. Ces enfants-là ont besoin d’être en classe, ont besoin de leur nourriture intellectuelle, afin que demain ni eux, ni leurs familles ne s’alignent devant les structures de prise en charge, attendant ces sulfureux 25% d’aumône qu’offre l’hôpital mère-enfant de dame dominique. Quel mépris ! Quelle malhonnêteté !

Comprendre le supplice du PDCI, M. Frindéthié (publié le 30 avril 2013)

schizoidC’est vers les premiers schizoanalystes que nous dûmes nous tourner, dans notre désir de comprendre le supplice du PDCI, ce grand enfant de soixante ans, qui se fait entuber, se fait violer, se fait  fouetter par ce tout jeune führer du RDR, et qui toujours, tel un mouton de panurge, suit tout bonnement le RDR, et continuera à suivre niaisement jusqu’en 20… Et ce qu’il nous fut donné de voir, ce fut le programme bien élaboré de l’esclave et de sa dominatrice, lorsqu’immobilisé sur l’autel de son supplice, le PDCI en redemandait encore et encore :

« Maîtresse, 1) tu peux me ligoter sur la table, solidement serré, dix à quinze minutes, le temps de préparer les instruments ;

2) Cent coups de fouet au moins, quelques minutes d’arrêt ;

3) tu commences la couture, tu couds le trou du gland, la peau autour de celui-ci au gland l’empêchant de décalotter, tu couds la bourse des couilles à la peau des cuisses. Tu couds les seins, mais un bouton à quatre trous solidement sur chaque téton. Tu peux les réunir avec un élastique à boutonnière. Tu passes à la deuxième phase :

4) tu as le choix soit de me retourner sur la table, sur le ventre ligoté, mais les jambes réunies, soit de m’attacher au poteau seul, les poignets réunis, les jambes aussi, tout le corps solidement attaché ;

5) tu me fouettes le dos les fesses les cuisses, cent coups de fouets au moins ;

6) tu me couds les fesses ensemble, toute la raie du cul. Solidement avec du fil double en arrêtant chaque point. Si je suis sur la table, tu m’attaches alors au poteau ;

7) tu me cravaches les fesses cinquante coups ;

8) si tu veux corser la torture et exécuter la menace de la dernière fois, tu enfonces dans les fesses les épingles à fond ;

9) tu peux alors m’attacher sur la chaise, tu me cravaches les seins trente coups et tu enfonces les épingles plus petites, si tu veux tu peux les faire rougir au réchaud avant, toutes ou quelques-unes. Le ligotage sur la chaise devrait être solide, et les poignets dans le dos pour faire ressortir la poitrine. Si je n’ai pas parlé des brûlures, c’est que je dois passer d’ici quelque temps une visite et que c’est long à guérir – et 2020 n’est pas bien loin »

Peur, sadisme inversé, ou tout simplement « lo péi avanche » ?

Griotisme et mélanisme : De Soukeina à Isabelle ou comment la femme noire devint « blanche », M. Frindéthié

Affoussi 2

Il a toujours persisté dans le discours griotique une ligne de fuite phallocratique, qui continue de générer de nouveaux parangons de vertu au fur et à mesure qu’elle se meut. Du fait de sa versatilité et de sa caractéristique insidieuse, ce dispositif, qui gouverne l’essentiel de la pratique discursive en Afrique occidentale, rend problématique toute opération d’individuation véritablement fémino-centrique. En effet, à peine est-elle entamée, que la démarche féminine qui concourt à subvertir ce mécanisme se compromet dans la re-production et dans la légitimation de conditions sociales constituées par l’homme, au profit de l’homme. Je suggère que le phénomène de la dépigmentation de l’épiderme dans lequel de nombreuses africaines investissent considérablement d’argent et d’expectatives, tout comme le fait de l’oscillation ininterrompue de la femme entre la perte et le gain de poids, s’inscrit, étrangement, dans une économie de perturbation de la volonté structurante de l’homme et dans un raisonnement d’effondrement des enceintes sociales que l’homme a érigées sur la base de responsabilités spécifiques conférées aux sexes masculin et féminin. Néanmoins, cette mutinerie féminine préfigure toujours déjà une jouissance en reste. C’est une rébellion qui s’agence trop souvent comme une posture réactive au sein de la machinerie masculine, et qui, en définitive, conduit la femme à réitérer un geste qu’elle s’évertue à exorciser.Goudou 1Goudou 2

D’abord annoncé par les aèdes et généalogistes traditionnels, puis récupéré et reformulé  par des néophytes moins consciencieux, le griotisme–car tel sera le nom propre de la ligne de fuite, de la machinerie phallocratique, que je signalais tantôt–a fossilisé en Afrique noire un habitus politique, économique, social et culturel. Le griotisme, c’est le côté tragique de l’esprit d’identification de l’Africain. C’est une obstination presque toujours en veilleuse dans les discours africains francophones, et qui tente de faire obstacle à tout devenir-moléculaire, qui s’oppose à toute performativité haeccéitique, rappelant inlassablement au sujet postcolonial qu’il a une mémoire collective à préserver, des préférences culturelles communes à reproduire, des archétypes authentiques à mimer, des mythes ancestraux à renouveler, un censeur et un Grand-Narrateur–le griot ou tout ce qui revient à son nom–à émuler.

Ce que je qualifie ici de griotisme est une posture attentiste qui n’est pas à confondre, bien qu’elle s’en soit inspirée, à la pratique du griot authentique, qui elle était plutôt célébrée pour son éthique de couture d’expériences individuelles en un point de capiton collectif. Le griotisme, c’est l’abâtardissement de l’art du griot à des fins propagandistes, idéologiques, et souvent mercantiles. C’est un processus hypocrite, d’abord, d’appropriation, ensuite, de complication, de l’image et des thèmes du griot traditionnel par des directeurs de conscience (hommes et femmes de culture) africains, de sorte que le précurseur lui-même est subtilement écarté, mis au rebut à la périphérie du pouvoir linguistique, économique, et culturel, alors que demeure la force génératrice–la puissance d’interpellation, d’unification, et de totalisation–que crée la simple évocation de son nom. Qui donc est cet historiographe traditionnel dont l’invocation du nom invite à la génuflexion ?kaba 1kaba2

Avant l’adoption de l’alphabet par le continent africain, tout savoir se transmettait oralement aux générations à venir. Les histoires particulières des individus, des familles, des clans et des tribus étaient préservées grâce aux narrations répétées du griot. Le griot, appelé aussi Djeliba en Côte d’Ivoire, Diali au Soudan, Guewel au Sénégal, Belen Tigui ou Mabo en Guinée, quimboiseur ou oraliturain aux Antilles, était en général aussi bien un poète-chanteur qu’un historien et généalogiste qui, selon certains témoignages, possédait des pouvoirs mystiques[i]. Bien que le griot ne fît pas nécessairement partie de la noblesse africaine, sa fonction dans la communauté était indéniablement essentielle, et l’on le consultait souvent avant que ne soient prises des décisions importantes.

            Lorsque dans l’entre deux-guerres un souffle antirationnel, initié par les adeptes du surréalisme, se mit à balayer la toute-puissante téléologie eurocentrique, c’est en invoquant l’éthique du griot, en se proclamant les fidèles disciples de l’historien africain, que les hommes de culture noirs revendiquèrent leur différence spécifique. Aussi, dans leur effusion de gratitude au griot, certains n’hésitèrent-ils pas à lui attribuer l’essentiel de leur talent. Ainsi, par exemple, Djibril Tamsir Niane affirmait qu’en écrivant son Soundjata ou l’épopée mandingue (1960), il n’avait fait que traduire verbatim les paroles de Djeli Mamoudou Kouyaté, un griot authentique d’un petit village de Guinée. De même, le romancier et poète dramaturge camerounais, Francis Bebey, attribuait aux griots traditionnels de son pays sa technique de narration caractéristique pour ses digressions et ses répétitions[ii] ; et Senghor, arguant que l’un des buts idéologiques du système colonial français était de supprimer en l’étudiant noir toute trace de l’héritage du griot, base de son “Africanité”, se proclamait volontiers le griot de l’Afrique des indépendances, un titre que lui convoitèrent de nombreux autres hommes et femmes de culture[iii]. Aussi les nouveaux griots auto-proclamés s’érigèrent-ils en directeurs des consciences, définissant pour l’homme noir, et surtout pour la femme noire, une façon d’être, de penser et de vivre sa condition de noir, c’est-à-dire, sa négritude.kandia 1

            Ce fut alors la littérature de la Négritude qui la première consacra les vertus de la femme noire idéale. Ce furent les premiers griots modernes qui, par un contrecoup sublimatoire, nous la révélèrent dans une dichotomie insolite : Celle de la Noire et de son antithèse. Noire, comme la terre africaine farouche et indomptable qu’elle incarnait, elle était énigmatique, pure, fertile, robuste, prépondérante . . . et menaçante à la fois. Et le mystère exotique qui l’entourait éveillait en l’homme une volonté de pénétration et de possession inexplicable. Ne fallait-il pas qu’elle fût grande, obscure et irréductible, celle par qui naissait le surhomme noir? Toutefois, ne fallait-il pas non plus qu’elle fût disciplinée par l’homme noir, afin que dans son giron s’ancre la semence de la vie? La mère de Soundjata, nous dit la légende, ne fut ensemencée que lorsque sous menace de mort, elle perdit connaissance et devint plus soumise, moins combative.[iv] Aujourd’hui encore, les filles de Sogolon se font soumettre  avant de porter l’enfant de l’homme. Cependant, le rituel phallocratique, qui par une stratégie de connivence, est délégué par l’homme à la femme, afin qu’elle occulte l’appareil qui dans la fille donnerait à celle-ci des appétences d’homme, prend la forme plus matérielle et plus tragique d’une clitoridectomie.  Et alors que la femme noire se fait contusionner, ses bourreaux—que dis-je, ses griots–lui déclament des panégyriques, rehaussant sa meurtrissure à un état de grâce ; car le griot n’est pas un signifiant neutre, mais plutôt le phallus, le nom-du-père, en déguisement avenant, et qui enjoint ceci à la femme :

Gratte-toi ici.

Bonne fille !

Maintenant gratte-toi là.

Comme tu es sage !

Répète après moi : « j’aime moi »

Dis : « oh ! que j’aime ce moi qui n’est pas toi,

mais qui demeure le moi de ma culture particulière,

une culture dont je suis très fière,

et qui est fixée dans le temps par koras et balafons ».

Et au moment même où elle a fini de réitérer les injonctions du griot, la femme noire est plus idéologiquement structurée que le griot lui-même en aurait rêvé, disposée qu’elle est à pérenniser sa propre servitude, même en l’absence de son geôlier.

Une scène du film Finzan du cinéaste malien Cissoko est symptomatique de ce fait : Dans la société traditionnelle bambara où il est impérieux que les femmes soient excisées, Fili, une jeune fille qui a grandi en ville, a pu échapper à la clitoridectomie. Fili souffre de l’hémophilie, et pour son père, il n’est pas question qu’elle soit soumise à la lame de l’exciseuse. Cependant, pour punir Fili de son indocilité, son père l’envoie au village, loin de la ville qui dénaturalise, afin qu’il lui soit trouvé un mari bambara respectable. C’est au village que le secret de Fili est découvert par les femmes, qui, scandalisées par la monstruosité sexuelle de la jeune fille, la dénoncent au conseil des hommes. Fili est le monstre qui met en péril le socius bambara. Elle est la graine anti-généalogique qui veut miner l’autorité du Grand-Narrateur. Aussi les hommes ordonnent-ils aux de femmes de rectifier l’anomalie de Fili. Les femmes du village tendent une embuscade à Fili et excisent de force la jeune fille qui se met à saigner profusément. Lorsque son père averti arrive précipitamment sur les lieux du drame, il n’est que trop tard. La tragédie de Fili illustre le caractère insidieux de la patriarchie, qui peut dormir en paix, laissant à la femme noire le soin d’arroser et de défricher le jardin qu’il a si bien entamé, occupé qu’il est désormais à poursuivre d’autres objectifs, n’intervenant que pour corriger les écarts ou inaugurer de nouveaux critères d’appréciation, que récupérera la femme dès qu’il les aura établis.

Babani Koné, chanteuse malienne et grande annonceuse des produits de dépigmentation

Babani Koné, chanteuse malienne et grande annonceuse des produits de dépigmentation

Dans sa quête d’épreuves nouvelles, c’est vers Isabelle–ou tout ce qui tend vers elle—c’est vers cette Négresse blanche que se tourne le griot, car en vérité, il nous l’avoue, pris entre deux eaux, d’Isabelle et de Soukeïna, il ne peut dire exactement qui est sa sœur et qui est sa sœur de lait.[v] Isabelle, l’antithèse de Soukeïna, sensuelle, tendre, vulnérable et préservée dans toute sa féminité, est pourtant celle qui éveille ses plus grandes avidités et vers qui il tendra des bras implorants, alors qu’à peine s’achève l’éloge qu’il écrit à Soukeïna et l’interdiction qu’il lui profère de chercher lactification.[vi] Cependant, la supercherie ne durera que quatre longues décennies. Voici que de nouveaux griots, d’un verbe moins académique mais non moins hermétique pourtant, nous révèlent la supercherie de leurs pères : Soukeïna, l’on a beau chanter ton éclat et ta grâce, ce qui compte désormais, c’est d’être « une go chawarma . . . mince, mince . . . teint clair . . . fille à papa . . . toujours sexy »[vii] Cela est d’autant plus vrai que d’éminentes griottes—Ö oxymoron monumental que ce néologisme ! Y a-t-il jamais eu une langue maternelle ? Le langage de la griotte n’est-il pas toujours déjà investi de l’autorité du phallus ? —cela est d’autant plus vrai, disais-je donc, que des griottes défilent sur les petits écrans africains faire la réclame de lotions de dépigmentation. Quiconque n’a passé que quelques heures à regarder la télévision malienne se souviendra de cette publicité : La scène se passe dans un restaurant huppé de Bamako. Des clients y sont attablés, qui mangent et discutent discrètement. Entre alors Babani Koné, une diva de la chanson malienne, et assurément la griotte la plus célébrée du pays. Elle est éblouissante. Une véritable go chawarma, dirait Tévécinq. Elle est mince, mince, teint clair, le maquillage éclatant, la coiffure parachevée par de longues mèches, la mise sexy.  Tous les regards se tournent vers ce délice des yeux. Un homme assis à une table en face d’une femme ne peut s’empêcher de hasarder une question à l’endroit de cette apparition paradisiaque. Il se retourne et la hèle en Bambara : « Madame ! Quel est le secret de votre beauté ? » Et la pétitionnée de lui déballer toute une gamme de toilettes aux effets de dépigmentation, et les clientes du restaurant de boire à petits laits, avec des hochements de tête, le discours de la griotte bienfaitrice  qui livre à ses sœurs le secret du bonheur absolu. A présent que la griotte a pris le relais du griot, King, mon ami et homme d’affaires Africain-américain éprouve du remord, qui me confie : « Je me suis fait tellement d’argent à vendre aux Africaines des lotions, des comprimés et des sérums de dépigmentation que j’en ai honte aujourd’hui ». Il est évidemment trop tard pour rectifier le tir. Les multinationales de produits cosmétiques ont compris qu’il y a du profit à se faire dans la réplique des femmes noires à la politique de la reconnaissance à relents aquarellistes du griotisme, et elles ne sont pas près de lâcher prise.

            En effet, le phénomène de la dépigmentation doit s’entendre à la lumière d’un colorisme social. En dépit des slogans fier d’être noir, les médias sont envahis de discours à peine voilés qui valorisent à l’excès le teint clair. Les petits africains apprennent par leurs dessins animés favoris que les méchants ont la peau plus foncée que les bons (le roi lion et Alladin en sont des références symptomatiques), et ils observent leurs parents accorder plus de concessions aux peaux moins foncées qu’aux peaux foncées dans les espaces professionnels et domestiques. Si être noir participe d’une malédiction, n’est-ce pas qu’être femme et noire équivaut à une double infortune ? La psychologie de la dépigmentation est qu’elle est une volonté-de-passage de la condition d’invisibilité à la situation de visibilité; elle est une stratégie d’effacement des limites traumatiques de compartimentation de la société en zones de fortunés et de moins fortunés, pour que se joue, enfin, sur un terrain impartial, un rapport en miroir, une reconnaissance réciproque. Que nous dit-on des gos (filles) qui ont la couleur et la minceur du chawarma—car il est vrai que depuis la crise ivoirienne, ce sandwich libanais s’est bien amenuisé et se cuit moins longtemps, bien que son prix ait doublé–sinon que leur condition leur confère un état de grâce, qu’elles sont d’ores et déjà perçues comme appartenant à la haute classe sociale (filles à papa) et donc prédisposées à un meilleur traitement social ?

La dépigmentation est un engagement pour la survie. C’est une lutte pour atteindre ce nouvel état de grâce édifié par les griots de l’ère moderne.  La femme africaine qui est quotidiennement exposée au colorisme, cette discrimination sociale fondée sur son niveau élevé de mélanine, lorsqu’elle s’arme des seuls moyens dont elle dispose (les produits de dépigmentation), et qu’elle décide de redresser le préjudice qui lui est journellement fait, ne peut s’embarrasser des discours cliniques qui tentent de la psychanalyser. La plupart des femmes, même si elles ignorent les dangers sur la santé qu’elles courent en utilisant ces produits abrasifs, sont conscientes des regards curieux qui se posent sur elles et des commentaires malicieux qui fusent lorsqu’elles passent, exhibant leurs épidermes tigrés, mouchetés, zébrés ou tout simplement peinturlurés, tels des aquarelles d’amateurs. Cependant, de ces indispositions éphémères, la Noire en passe de devenir teint clair n’en a cure, car son combat, elle le perçoit comme une lutte d’affranchissement qui en vaut la peine et pour lequel elle est déterminée à subir quelques désagréments. C’est une cause pour laquelle elle mettrait même sa vie en danger. N’est-ce d’ailleurs pas au péril de la vie que s’acquiert la vraie liberté ?          

Nonobstant la légitimité de l’engagement de la femme noire qui tente de se sortir des confins de ce discours griotique qui l’a si tragiquement marquée du sceau de l’amoindrissement, peut-on rester insensible à la prédestination de sa lutte ? La femme noire disposera-t-elle d’assez de ressources et d’énergie pour mener un combat pour lequel ses zones d’engagement, ses armes et ses dénouements lui sont imposés par ceux-là même dont elle cherche à s’émanciper ? Jusque là, les arguments dont se sert la femme pour combattre l’objectification griotique sont estampillés de la signature du griot, et les issues qu’elle devine comme des écarts ne sont que des tracés griotiques qui la ramènent au cœur même de son avilissement. Peut-être faudrait-il que la femme se trouve une autre  carte hors de nébuleuse phallogriocentrique, un autre langage, une expression différente, qui lui soit propre, c’est à dire qui se déterritorialise du discours et de l’odeur du père-griot. C’est seulement lorsqu’elle se sera inventé une langue propre qui définisse pour elle une façon d’être et de se sentir, plutôt qu’une langue qui, prétendant être une langue maternelle, ne fait que reproduire des aspirations paternelles, que la femme noire saura entre-voir l’issue de sa lutte. Si donc, femmes, je vous avise que c’est en tant qu’homme que je paraphe cet article, est-ce là aussi une astuce que je vous inflige et qui ne cache qu’une volonté-de-pouvoir masculiniste ? Et cet avertissement ne cache-t-il qu’une autre astuce . . . ad infinitum.  voir reportage : http://www.youtube.com/watch?v=tIL98fKsZic&feature=player_embedded


Notes

[i] Consulter, entre autres,  Camara Laye, Le Maître de la parole (Paris: Plon, 1978); Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, Lettres créoles: tracées antillaises et continentales de la littérature (Paris: Hatier, 1991).

                [ii] Voir Norman Stockles, “Toward an Africanization of the Novel: Francis Bebey’s Narrative Technique”, New West African Literature, ed. Kalawole Ogungbesan (London: Heinmann, 1979), p. 109-10.

[iii] Voir Ce que je crois, p. 158

[iv] Voir à ce propos le beau film de Cheick Oumar Cissoko, Keita : l’héritage du griot

[v] Une allusion à Senghor, le grand chantre de la beauté de la femme noire. Dans son poème intitulé que m’accompagnent Koras et balafon, Senghor révèle sa schizophrénie culturelle, qui est aussi la contradiction de tout sujet postcolonial Isabelle (la Blanche) et Soukeïna (la Noire) sont les deux personnages entre qui se joue la dialectique senghorienne.

[vi] Une allusion à la critique hypocrite de Mayotte Capécia faite par Frantz Fanon dans Peau noire masques blancs (Paris : Editions du Seuil, 1952). Il est évident que Fanon, qui était lui-même marié à une Blanche, ne voyait le désir de lactification que chez les autres.

[vii] Les Gos chawarma, Tévécinq, artiste chanteur ivoirien.

BCEAO: les dessous d’un hold-up, Francis Kpatindé – Source: Jeuneafrique.com

 

 casseursQui est derrière le casse de l’agence de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest à Bouaké ? Quel est le montant du butin ? Que fait-on pour retrouver les auteurs et les sommes dérobées ?

Il est midi passé, ce mercredi 24 septembre 2003, lorsque, soudain, des rafales d’armes automatiques retentissent dans Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire et fief des Forces nouvelles (rébellion). Rixe entre bandes rivales après une beuverie ? Attaque surprise des FANCI, les forces armées nationales de Côte d’Ivoire, fidèles au président Laurent Gbagbo ? Les tirs semblent provenir du quartier résidentiel et commercial, à l’entrée sud d’une agglomération qui comptait, avant le déclenchement de la guerre civile, en septembre 2002, quelque 760 000 habitants. Autour de l’agence locale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), située dans ce périmètre, règne une grande confusion. Des hommes puissamment armés affrontent des individus repliés à l’intérieur de l’établissement. Pour se dégager, ces derniers n’hésitent pas à balancer en l’air plusieurs liasses de billets, des coupures neuves de 10 000 F CFA, qu’ils viennent juste de dérober. Alléchés par cette manne inespérée, badauds, combattants et même quelques icônes de la rébellion (plusieurs témoins affirment ainsi avoir aperçu sur les lieux le chef de guerre Issiaka Ouattara, alias « Wattao ») s’en donnent à cœur joie.

Les échanges de tirs, d’abord nourris, puis sporadiques, dureront trois jours. « Débordé », le chef d’état-major des « forces armées » des Forces nouvelles, le colonel Soumaïla Bakayoko, appelle à la rescousse les troupes ouest-africaines d’interposition et les soldats français de l’opération Licorne, « des forces neutres, que tout le monde respecte et que l’on peut facilement identifier ». Ces derniers réussissent rapidement à sécuriser la zone et à ramener le calme. Les mystérieux braqueurs, eux, s’évanouissent dans la nature avec un joli pactole estimé, selon les sources, entre 16 et 20 milliards de F CFA (entre 24 et 30 millions d’euros), pendant que Bouaké compte ses victimes et panse ses plaies : vingt-trois morts et une trentaine de blessés.

Une partie de l'argent des casses, retrouvée par les émeutiers chez Mamou Doukouré, amie de Chantal Compaoré

Une partie de l’argent des casses, retrouvée par les émeutiers chez Mamou Doukouré, amie de Chantal Compaoré

Lorsqu’ils pénètrent, quelques jours plus tard, dans l’immeuble de la BCEAO, les militaires français, sénégalais, béninois, nigériens, togolais et ghanéens, ainsi que leurs accompagnateurs des Forces nouvelles, n’en croient pas leurs yeux. L’agence a été carrément mise à sac, les murs éventrés, les meubles brisés, les archives brûlées ou répandues par terre. La porte blindée d’accès aux caveaux est grande ouverte, tout comme certains coffres, défoncés au chalumeau ou à la dynamite. « Sur place, on a retrouvé des morceaux de pain moisi, des boîtes de sardines vides, des assiettes avec des restes de repas, des bouteilles de Coca-Cola et de Fanta, raconte, au téléphone, le porte-parole des Forces nouvelles, Sidiki Konaté. Il y avait même des lits de camp. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les malfaiteurs ont pris tout leur temps avant d’agir. Ils bénéficiaient sans doute de solides complicités. Un vrai travail de professionnels ! » Voilà pour les faits. Restent les questions.

La première s’impose d’elle-même : Qui ? Au moment des faits, fin septembre, le même Sidiki Konaté indiquait, avec un accent de sincérité, que le casse était l’oeuvre « d’hommes armés venus de Korhogo », autre ville rebelle, située plus au nord. Accusations aussitôt balayées du revers de la main par son camarade Messemba Koné, chef militaire de la zone incriminée et ministre des Victimes de guerre dans le gouvernement de réconciliation nationale : « Dès que j’ai été informé des événements qui se déroulaient à Bouaké, j’ai fait boucler ma zone, assure ce dernier. Personne n’est donc parti de chez nous pour Bouaké. Et nous ne sommes impliqués ni de près ni de loin dans l’attaque. »

Alors, si ce ne sont pas ceux de Korhogo, qui donc a fait le coup ? « Vos collègues de l’Agence France Presse ont mal interprété mes propos, se défend aujourd’hui, sans convaincre, Sidiki Konaté. Compte tenu de la situation d’insécurité qui prévalait autour de la Banque, nous avions demandé l’appui de nos camarades de Korhogo, qui ne sont d’ailleurs pas venus. Nous étions en présence d’une situation inédite. Nos hommes, après tout, n’ont pas été formés pour protéger des banques, mais pour faire la guerre. »

« Le cambriolage a été commis par des gangsters, affirme pour sa part, de façon sibylline, le chef d’état-major des Forces nouvelles, le colonel Soumaïla Bakayoko. Je ne connais pas leur identité parce que cette affaire est confuse, mais je me refuse à dire que ce sont mes éléments. Cela dit, notre organisation n’est pas parfaite. Il y a des difficultés, d’autant plus que certains d’entre nous sont très jeunes et peuvent être tentés d’ignorer les ordres. Mais ils sont globalement disciplinés, sinon c’est tout Bouaké qu’on aurait retrouvé à l’intérieur ou aux alentours de la BCEAO. […] La présence de l’argent a pu attiser les convoitises de nos populations et de certains de nos éléments. C’est compliqué, parce que cela se passe entre nous… » Une déclaration prudente, certes, mais qui sonne comme un aveu.

Qui donc, dans une zone tenue depuis plus d’un an par une rébellion armée, a pu organiser et réussir le cambriolage d’une succursale de la « Banque des banques », la deuxième opération du genre en Côte d’Ivoire en un an, après le spectaculaire hold-up de l’agence nationale de la BCEAO, le 27 août 2002, à Abidjan ? Qui, sinon un de ceux qui affirment contrôler la région ? De fait, même si l’enquête, ouverte sur plainte de la BCEAO et de l’État ivoirien, n’en est encore qu’à ses débuts, beaucoup d’observateurs pointent déjà du doigt le secrétaire général du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), Guillaume Soro, fortement soupçonné d’être le cerveau de ce fric-frac. C’est, du moins, la conviction de certains responsables de la BCEAO proches du dossier. Celle des milieux de renseignement occidentaux, mais aussi, mezza voce, de la France officielle, qui maintient actuellement en Côte d’Ivoire quelque quatre mille soldats. « Tout laisse croire que cette opération a été montée de toutes pièces par Soro, indique-t-on ainsi de bonne source à Paris. On peut comprendre, dans ce cas, sa réticence, depuis plusieurs semaines, à aller à Abidjan. S’il se fait épingler dans le cadre de cette affaire, nous ne lèverons pas le petit doigt pour lui venir en aide. »

L’affaire de Bouaké intervient, il est vrai, alors qu’on note une criminalisation croissante de la rébellion ivoirienne et une recrudescence de l’insécurité dans le Nord, désormais qualifié par certains de « Far North ». Le monde entier est informé des exactions et autres violations des droits de l’homme commises dans le « Gbagboland ». Un voile opaque semble recouvrir celles qui le sont dans le « Soroland ». Rackets, intimidations, braquages se multiplient dans une zone de non-droit où toute manifestation de dissidence, même pacifique – le fait est insuffisamment signalé – est proscrite. Tout comme les agences de la BCEAO de Bouaké et de Korhogo, plusieurs établissements financiers et administrations de la deuxième ville de Côte d’Ivoire – la Caisse autonome d’amortissement et la Trésorerie publique, notamment – ont été attaqués ces dernières semaines. Idem pour la succursale de la BIAO, à Ferkessédougou, plus au nord. Des pillages, bien souvent, accompagnés de rixes entre les miliciens des Forces nouvelles, qui réclament chacun leur part du gâteau.

Il arrive même parfois à ces derniers de s’en prendre aux observateurs de l’ONU. Ainsi, le 24 octobre dernier, certains d’entre eux ont poursuivi en voiture un avion des Nations unies qui s’apprêtait à prendre son envol sur la piste de l’aéroport de Bouaké, et l’ont contraint à s’arrêter. L’un des soldats a alors tiré un coup de feu sur le tarmac, près de l’appareil. Dans le cadre d’un autre incident très grave, le 25 octobre, des éléments des Forces nouvelles ont détenu et menacé de tuer sept officiers de liaison de la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Minuci) qui étaient en mission de reconnaissance à Man. L’équipe a heureusement été délivrée par un autre groupe de miliciens, qui l’a escortée en dehors de la ville…

Une partie du butin du casse de Bouaké aurait ainsi servi pour la solde des combattants de plus en plus indisciplinés et furieux de ne pas être payés en retour des sacrifices qu’ils affirment avoir consentis dans la lutte contre le pouvoir d’Abidjan, alors même que certains de leurs chefs roulent désormais carrosse, fréquentent les palaces et sont reçus avec les honneurs par les chefs d’État africains. Le reste de l’argent dérobé aurait été placé en lieu sûr, notamment au Mali voisin. Une accusation rejetée avec force à Bamako : « Les gens ne savent pas de quoi ils parlent, s’insurge Ousmane Thiam, le ministre malien de la Promotion des investissements et du Secteur privé, lui-même banquier de profession. Il est impossible de recycler du franc CFA sale dans le circuit bancaire de l’un des pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine, pour la simple raison que ce type d’opération n’échappera pas au contrôle des fins limiers de la BCEAO. »

« Le secrétaire général a autre chose à faire que d’organiser des hold-up, souligne, pour sa part, Sidiki Konaté, en prenant la défense de Guillaume Soro. Dans cette affaire, on nous fait un mauvais procès. Il ne faut pas oublier que nous avons perdu plusieurs de nos hommes, une vingtaine, alors qu’ils cherchaient à protéger de l’argent qui n’est pas à nous ! Nous avons dû tirer sur nos propres hommes et sur la population parce que nous étions débordés. Même à Paris, si vous braquez une banque et que vous jetez une partie de l’argent dans la rue, les gens accourront pour se servir. Je vous le rappelle, nous n’avons pas pris les armes pour surveiller des banques, qui ne sont, après tout, qu’un détail dans notre combat pour la justice en Côte d’Ivoire. » La rébellion, dont les supposés parrains libyen et burkinabè sont devenus parcimonieux, a-t-elle braqué l’agence de la BCEAO à Bouaké pour payer ses troupes ? « Nos combattants ne sont pas payés, poursuit Konaté. Ils se débrouillent comme ils peuvent. Et nous n’avons pas de nouvelles recrues. Cet argument ne tient donc pas. Par ailleurs, nous avons nos fonds propres. Nous levons des taxes auprès des sociétés opérant dans les zones sous notre contrôle… »

Deuxième question d’importance : Le montant du casse. Seize milliards de F CFA ? Vingt ? Un peu plus ? Un peu moins ? Motus et bouche cousue, comme de tradition, au siège régional de la BCEAO, à Dakar. Joint au téléphone à Bissau, où il était en mission, le gouverneur (ivoirien) Charles Konan Banny fait dans l’esquive : « Quand bien même on n’aurait volé qu’un centime, je ne puis l’accepter. Cet argent appartient aux huit pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Je ferai tout mon possible pour faire arrêter les responsables et les envoyer devant les tribunaux. » Mais quel est donc le montant de la somme que les malfaiteurs ont subtilisée ? « Tout ce qui touche à une Banque centrale est extrêmement sensible. Je ne suis tenu de rendre compte qu’aux seuls chefs d’État membres, et, sauf erreur de ma part, vous n’en êtes pas un. »

Et pourquoi la BCEAO a-t-elle laissé, depuis un an, des fonds aussi importants dans des agences installées dans une zone tombée aux mains d’une rébellion armée ? « Dès septembre 2002, nous avons entrepris des démarches aussi bien auprès des autorités de l’UMOA que du gouvernement ivoirien pour sécuriser nos agences dans une région devenue inaccessible aux forces de défense et de sécurité de la République de Côte d’Ivoire. » On n’en saura pas davantage. « Depuis novembre 2002, nous avons écrit à plusieurs reprises à la BCEAO pour qu’elle renvoie dans notre zone ceux de ses agents qui ont abandonné leurs postes depuis un an et pour lui demander de rouvrir les agences, affirme Sidiki Konaté. On ne nous a pas répondu. Faut-il, dans ces conditions, s’étonner de ce qui s’est passé ? Après tout, il n’y a pas de statut particulier pour une banque en zone de guerre. »

Il n’empêche ! Aussitôt informé du braquage de l’agence « auxiliaire » de Bouaké, Charles Konan Banny prend une série de décisions. Le 27 septembre 2003, il envoie sur place, grâce à l’appui des forces d’interposition françaises et ouest-africaines, une « mission exploratoire ». Trois jours plus tard, c’est au tour d’une « mission pluridisciplinaire » composée d’experts de faire le déplacement. Leur rapport est transmis, le 8 octobre, au président Laurent Gbagbo. Qui, tout comme la Banque, dépose une plainte contre X devant les tribunaux ivoiriens.

Dans une lettre adressée, le 14 octobre, aux huit chefs d’État membres de l’UMOA, et dont Jeune Afrique/l’intelligent a obtenu copie (voir fac-similé), le gouverneur affirme par ailleurs avoir « pris les mesures requises pour prévenir le risque de recyclage des fonds dérobés dans les circuits économiques et financiers normaux ». « J’ai en outre sollicité et obtenu des autorités ivoiriennes la mise à contribution, dans ce cadre, des polices économiques et des frontières, des services des douanes ainsi que des importantes sociétés commerciales et de commercialisation des produits agricoles. […] J’ai également invité les ministres des Finances des autres États membres à prendre des dispositions similaires… »

Cela suffira-t-il pour recouvrer les fonds dévalisés ? Plusieurs personnes ont été arrêtées, ces dernières semaines, du côté de Korhogo et de Ferkessédougou en possession de billets provenant du pillage. À la mi-novembre, un ressortissant béninois installé de longue date en Côte d’Ivoire a même été interpellé au Mali pour « recel de billets de banque frauduleusement soustraits », alors qu’il venait déposer dans une banque de Sikasso quelques millions de francs CFA, fruit de la vente de sa maison de Bouaké à un quidam qui l’a payé avec de l’argent volé. Maigre consolation pour l’UMOA, dont la BCEAO est l’institut d’émission ! Pour l’instant, le joli « matelas » de plusieurs milliards de F CFA reste introuvable.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : BCEAO : les dessous d’un hold-up | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

Blanchiment de l’argent des casses de la BCEAO: Un ministre d’Etat sénégalais révèle comment Wade a procédé

Amath Dansokho, leader historique de la gauche sénégalaise, aujourd’hui ministre d’Etat dans le gouvernement Macky Sall, confirme ses accusations anciennes sur les collusions financières entre Wade et les ex-rebelles ivoiriens qui ont pillé les agences de la BCEAO à Bouaké et à Korhogo. Il récidive en disposant aujourd’hui des moyens de renseignement de l’Etat. Dans une interview accordée au site Seneweb, il évoque des mécanismes de blanchiment et promet une liste de «hautes autorités» sénégalaise impliquées. Il parle également de relations financières douteuses entre Karim Wade et des figures de la Sarkozie. Extraits.

Parlant d’argent sale, vous avez une fois soutenu que l’argent issu de la casse des banques de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) de Bouaké et de Korhogo a été blanchi à Dakar. Est-ce que maintenez vos propos ?

Je maintiens que l’argent a été blanchi ici à Dakar. Le ministre des Finances ivoirien de l’époque l’a dit ici, et personne n’a protesté. Il (N.d.l.r. : Wade) s’acharnait contre Banny (N.d.l.r. : ancien directeur de la banque) (…). Lors d’une conférence de presse à Dakar, Banny a dit qu’il ne sait pas si demain il sera encore vivant, évoquant une menace de mort, mais nous savons que de hautes autorités ont blanchi l’argent de Bouaké et Korhogo et nous rendrons la liste publique dans quelques jours. Dès le lendemain, Abdoulaye Wade est allé s’agenouiller devant lui pour le supplier de ne pas le faire.

Depuis ce jour, il ne parle plus de la banque centrale avec laquelle il avait toujours des difficultés. Pourquoi le procès qu’il avait intenté contre moi n’est pas allé loin ?

Me Diop, l’avocat de ma défense, avait mis dans le dossier un procès-verbal dans lequel un homme avouait avoir blanchi cet argent avec l’aide de hautes autorités de l’Etat sénégalais. Un agent secret italien est venu dans mon salon me raconter que Wade a été découvert parce que lorsqu’il voyageait, il amenait dans les soutes de l’avion présidentiel des milliards d’euros, de devises qu’il prenait à la Société générale qu’il échangeait avec des francs CFA qu’on reversait à la Banque centrale.

Les gens se sont rendus compte qu’il y avait des billets issus de casse des banques de la Côte d’Ivoire (N.d.l.r. : de Bouaké et Korhogo). Ils échangeaient 1 franc ivoirien, qui a la même valeur ici, avec 50 centimes sénégalais. Il a fait tellement de scandales financiers, et c’est d’ailleurs pourquoi il dit que son fils est un génie en ingénierie financière. C’est pour l’habillage…

Comment expliquez-vous l’attitude du président sortant qui, après avoir annoncé un voyage à l’extérieur, est tout de même resté au pays, et ne manque pas de faire preuve d’une certaine agitation de sa retraite des Almadies ?

(rires) Tout ce que Wade fait, c’est parce qu’il sait que le Sénégal est en mesure de faire rapatrier ses ressources. L’instrument existe, c’est un instrument de la Banque mondiale et de l’Onu qui s’appelle Star. Il suffit juste que l’on dépose les dossiers, que les enquêtes soient faites…On l’a fait pour Mobutu, et actuellement pour Nguema et son fils, pour Abacha, Babaginda. Il faut certes faire vite. Mais on sait où est l’argent. Depuis le 11 septembre, tout argent qui circule dans les banques, sauf cette partie que contrôlent les mafias, tous les dépôts ordinaires dans les banques, on sait d’où ça vient et où ça va. Quelqu’un m’a confié, alors que j’étais malade à Saly, le montant de la fortune de Karim (je me garde bien de vous le dire). (…) Madické Niang (N.d.l.r. : ancien ministre des Affaires étrangères sous Wade), on sait qu’il a des milliards dans sa maison, ce sont ses enfants qui l’ont révélé. On l’a pris en train de vouloir changer un milliard. L’argent est là. Ils ont construit des trous, des salles réfrigérées, parce qu’ils ne peuvent pas amener cet argent dans les banques. Une opération aux Almadies nous aurait permis de récupérer des milliards.

Et vous dites que l’Etat sénégalais a les moyens de cet argent mal acquis ?

Par des mesures de police, des mesures légales, l’Etat sénégalais est bien en mesure de récupérer cet argent. (…) Je ne sais pas jusqu’à quand on peut laisser l’argent des Sénégalais s’évaporer comme ça. On ne peut pas faire autrement, il faut ramener l’argent ici. C’est une question de réalisme. (…) Ils ont certes des alliés en Occident, comme l’a révélé Péan dans son livre. Ruffin (N.d.l.r. : ancien ambassadeur de la France au Sénégal) lui-même a dit publiquement que Karim a remis de l’argent à des gens de l’entourage de Sarkozy. Mais les opinions publiques occidentales, de plus en plus à droite, ne permettront pas qu’on leur demande de payer des impôts pour venir en aide aux pays pauvres, pendant que les dirigeants de ces pays financent les campagnes électorales de leurs politiciens.

France-Ghana: La leçon de Nana Akufo Addo, Par François Soudan

Les médias francophones, dont on connaît la propension au nombrilisme, y ont à peine prêté attention, quand ils ne l’ont pas tout simplement passé à la trappe.

Une indifférence équivalente au peu d’intérêt manifesté par les Ghanéens lors de la visite éclair chez eux, le 30 novembre, d’un chef d’État français quasi inconnu à Accra et qui tranche avec l’engouement démesuré suscité par les apparitions charismatiques de « Jupiter » à Ouagadougou et à Abidjan. Pourtant, le discours de neuf minutes chrono qu’a improvisé en anglais le président du Ghana, Nana Akufo-Addo (voir ci-dessous, à 10′ et à 20′), devant son hôte de quelques heures valait le détour et mérite qu’on y revienne. Cet avocat formé à l’université d’Oxford, fils d’un ancien président renversé par un coup d’État, trois fois candidat et deux fois battu, au pouvoir depuis onze mois, a profité de l’occasion pour délivrer à ses pairs africains une implacable leçon de choses et à un Emmanuel Macron visiblement admiratif la démonstration qu’il existe encore un fossé culturel entre le parler-vrai des chefs d’État anglophones et le parler déférent, pour ne pas dire obséquieux, de beaucoup de leurs homologues francophones.

Que dit Akufo-Addo ? Un : « Il est temps que les Africains cessent de conduire leur politique sur la base de ce que soutiennent ou souhaitent les Occidentaux, l’Union européenne ou la France. Ça ne marche pas, ça n’a jamais marché, ça ne marchera jamais. Arrêtons de nous demander ce que la France peut faire pour nous. La France fait de son mieux pour elle-même d’abord. Il est anormal que, soixante ans après l’indépendance, la moitié du budget ghanéen en matière d’éducation dépende de la charité des contribuables européens. Il est temps que les Africains financent eux-mêmes leurs dépenses de santé et d’éducation. Il est urgent de rompre avec notre mentalité d’assistés et de mendiants éternels. »

Deux : « L’émigration des Africains, c’est d’abord notre responsabilité à nous, gouvernants africains. Partout et toujours, en Italie et en Irlande au XIXe siècle comme en Afrique aujourd’hui, ce qui impulse les migrations, c’est l’incapacité à offrir aux jeunes la possibilité de travailler chez eux. Nos jeunes ne vont pas en Europe par plaisir, ils y vont à cause de nos échecs. L’énergie, l’ingéniosité, la résilience dont font preuve ces migrants pour traverser le désert et la Méditerranée doivent être investies ici, en Afrique. Oui, nous voulons que notre jeunesse reste ici. »

Alors inversons les choses, soyons autosuffisants, sortons de l’aide. We can do it ! Trois : « Mais, pour cela, il faut de la bonne gouvernance, il faut des dirigeants qui utilisent l’argent public non pas pour eux-mêmes mais pour le peuple, il faut des dirigeants qui rendent des comptes, il faut des institutions fortes. Je me pose souvent la question : pourquoi la Corée du Sud, la Malaisie et Singapour, qui ont acquis leur indépendance en même temps que nous et qui, en 1960, avaient un revenu par tête inférieur à celui du Ghana, appartiennent-ils aujourd’hui au premier monde et nous au troisième ? Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Je ne vois pas d’autre réponse que celle-ci : c’est notre responsabilité, pas celle des autres. En réalité, quand nous prenons en compte les immenses richesses de notre continent, c’est nous, Africains, qui devrions être en mesure d’aider le monde. Alors inversons les choses, soyons autosuffisants, sortons de l’aide. We can do it ! »

Neuf minutes pour tout dire, ou presque. « Si vous aviez besoin d’avoir la preuve qu’une nouvelle génération de leaders en Afrique croit dans une nouvelle histoire pour l’avenir et la jeunesse, vous l’avez », a conclu Emmanuel Macron. Nouvelle génération ? Pas vraiment : Nana Akufo-Addo a 73 ans, un long passé de politicien et de ministre derrière lui. Langage différent : assurément. Le président ghanéen parle comme un Kagame, un Desalegn ou un Magufuli. Il y a chez lui un peu du Dambisa Moyo de Dead Aid (« l’aide fatale ») et une très grande «décomplexion» par rapport à l’héritage colonial. Bien rares encore sont les chefs d’État francophones à oser emprunter ce chemin. Quand on pense qu’il y a quelques mois à peine le Guinéen Alpha Condé faisait trembler ses pairs en les appelant à « couper le cordon ombilical avec la France »… par François Soudan François Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

J’accuse

Régina Yaou: grande écrivaine du compromis, M. Frindéthié

Penser l’unique dans le système, l’y inscrire, tel est le geste de l’archi-écriture : archi-violence, perte du propre, de la proximité absolue, de la présence à soi, perte en vérité de ce qui n’a jamais eu lieu, d’une présence à soi qui n’a jamais été donnée mais rêvée et toujours déjà dédoublée, répétée, incapable de s’apparaître autrement que dans sa propre disparition–DERRIDA, De la grammatologie, 164-65.

 

LA SIGNATURE DU GRIOT – qui, comme nous l’avons maintes fois écrit, n’est plus la signature du Djeli ou du 51816MRDVYL__SX298_BO1,204,203,200_Quimboiseur, mais plutôt ce qui apparaît comme le résultat d’un coup de force, d’un acte de déception, d’une falsification, d’un faux et usage de faux – semble avoir déterminé le champ de l’écriture francophone. Cependant, cette fausse signature, qui veut se faire le signe d’une hétérogénéité unifiée, cette signature griotique par laquelle se maintient un ordre du discours dit authentique, sera mise à l’épreuve dans une autre colonne de l’écriture féminine francophone ; une colonne que, pour la convenance de la désignation, je nommerai ici l’écriture du compromis.

Une lecture patiente de Le Prix de la révolte (1997) de Régina Yaou, y révélera cette sorte d’ironie par laquelle le pur est toujours déjà empreint de l’impur ; par laquelle – pour emprunter ces termes derridiens – « à l’intérieur de la clôture, par un mouvement oblique et périlleux […] se laisse entrevoir, encore innommable, la lueur de l’outre-clôture » (Grammatologie, 25). L’on retrouve, en effet, chez Yaou un geste blasphématoire envers le sacré, un joyeux engagement avec l’interdit, qui fait se mouvoir l’immobilité fondatrice du socius, jusqu’à étendre ad infinitum le champ de l’admissible, mettant par-là même en péril l’autorité rigide de la patriarchie, qui, à défaut d’une ambition transcendantale naguère caressée, désormais, se contente volontiers d’un rêve quasi-transcendantal.

Les notions de transcendantalité et de quasi-transcendantalité telles que je les utilise dans le contexte de l’analyse du roman de Yaou évoquent, respectivement, la volonté de domination de la patriarchie qui ne règne qu’en éliminant toute dissension, qu’en préservant l’édifice de l’intériorité pure de toute extériorité contaminatrice et le fait inévitable que dans l’édifice de l’intériorité même sont toujours déjà présents les signes de l’extérieur ; que le désir du sujet de rester pur est toujours déjà la reconnaissance de son impureté. La contradiction du pur comme étant déjà impur, de l’intérieur comme étant déjà à l’extérieur et vice versa, émaille, sous diverses appellations, les projets déconstructionistes de Derrida et schizo-analytiques de Deleuze et de Guattari. Chez Derrida, ce paradoxe apparaît parfois sous le nom de l’opposition de l’originaire et du dérivé, du propre/ authentique et de l’impropre/ inauthentique, de l’énoncé prescriptif et de l’énoncé descriptif[i] ; parfois aussi, cette énigme se dissimule sous la désignation du contraste (emprunté à Nietzsche) entre l’homme supérieur “abandonné à sa détresse avec un dernier moment de pitié” et le surhomme qui “s’éveille et part sans se retourner sur ce qu’il laisse derrière lui . . . brûle le texte et efface les traces de ses pas” (Marges de la philosophie, 163). Chez Deleuze et chez Guattari, cette incongruité est l’antagonisme entre le régime de la reproduction, de la représentation, de la castration et l’ordre de la production de production du désir[ii] ; c’est l’opposition entre l’arbre qui est généalogie et le rhizome qui est anti-généalogie[iii]. A travers le désir intense de leurs protagonistes de s’ouvrir, au-delà des injonctions d’un socius masculiniste rigide, à la multiplicité, Rebelle de Keïta et Le Prix de la révolte de Yaou illustrent, de façon tangible, cette tension de l’intérieur et de l’extérieur, du généalogique et de l’anti-généalogique.

Le Prix de la révolte est, comme l’indique le titre du roman, l’histoire d’une rébellion et ce qui en découle. En effet, après le décès de son époux Koffi Mensah, Affiba (l’héroïne du roman) s’oppose à la tradition akan (un groupe ethnique du sud de la Côte d’Ivoire) qui exige que la veuve soit dépouillée des biens de son mari et rendue à ses parents, afin que les neveux et les nièces du défunt (précisément les enfants de sa sœur, car il s’agit ici d’une société matriarcale), plutôt que ses propres enfants, héritent de tout ce qu’il a laissé.

Cette tradition est censée assurer, sinon l’intégrité du nom du père, du moins, la continuité de son autorité à travers l’héritage qu’il laisse à ceux qui sont indéniablement le sang de son sang (les enfant de sa sœur, c’est-à-dire de la fille de sa mère) plutôt qu’à ceux qui pourraient être liés à lui par l’effet d’une déception (par exemple la progéniture d’une femme infidèle). L’ambiguïté de cette tradition vient de ce que, pour persister, le Nom-du-Père a besoin de la présence-de-la-mère ; or, c’est cette présence-là même que le père doit minimiser, effacer, et éliminer, afin que soit préservé son nom. C’est la présence-de-la-mère qui donne au Nom-du-Père son autorité et sa suffisance. Paradoxalement, la femme qui donne au nom du père sa raison d’être n’est perçue (instituée) par celui-ci qu’en tant qu’elle est à la périphérie de l’institution, c’est-à-dire, hors de ce qui donne au nom sa signification sociale.

Plusieurs analogies peuvent évidemment se dégager de ce paradoxe : au sein du système de représentation où la nécessité de préserver sa trace prend chez l’homme une mesure excessive, où l’homme se trouve hanté par la trace de son passage dans l’histoire, où l’homme est terrifié par la simple idée que son passage pourrait ne pas être remarqué, pourrait ne pas laisser de trace du tout, la femme à l‘écart devient l’un des surnoms de cette trace ; elle devient l’archi-trace, le nom de ce qui, dans le système de représentation même qui veut la mettre au rebut de ce système, qui veut l’y inscrire seulement en tant qu’elle y est absente, l’y marque comme un rébus, l’y inscrit comme une énigme, marque la place de sa présence, d’une absence-présence, d’une présence qui n’est qu’en vertu de son absence, et donc qui fait de son absence un acte performatif – lorsque la femme dit “je m’efface” l’homme est.

Mais pour que l’homme soit, il faudrait que la femme fût d’abord, qui s’efface ensuite. En s’annonçant comme signe occulté, en dissimulant sa présence, la femme, comme archi-trace, permet tout rapport de l’un à l’autre, toute relation de la présence à l’absence, et partant, toute possibilité d’une présence de l’un contingente à sa propre absence (comme absence d’une présence qu’elle n’a rendue possible que par son occultation de soi)[iv].

L’archi-trace est donc le surnom d’une fausse trace, le nom d’un faux nom propre, d’un nom propre qui ne peut être propre, qu’en effaçant la condition même de sa possibilité comme nom propre et unique, ou qui, en retenant la condition de son apparition, admet son impropriété, sa non-unicité, c’est-à-dire, la multiplicité qui réside en lui. L’archi-trace, la femme, est le symptôme d’un malaise – d’un mal être -, le malaise du Nom-du-Père, de la possibilité de son improbabilité, de l’éventualité d’être toujours déjà contaminé, habité d’une multiplicité[v].

Pour Yaou, dévoiler le caractère impropre du nom propre du père, montrer comment il est d’ores et déjà pénétré et structuré par mille intensités autant féminines, infantiles que masculines, revient, non seulement à révéler l’importance de la féminité dans la société qui est régie par ce nom, mais aussi et surtout, à exiger de cette société une justice de droits égaux pour la femme. Tout au long de Le Prix de la révolte l’objectif de Yaou est de raviver les cendres anti-absolutistes qui couvent au sein de toute flamme absolutiste, qui sont peut-être, non pas seulement les vestiges du feu, mais le feu même qui nourrit cette ambition transcendantale. En d’autres termes, il s’agit de montrer que ce qui dans toute société permet à la tradition de se propager au fil des générations ouvre aussi cette tradition à une dissémination de valeurs qui menacent de court-circuiter la transmission de valeurs dites authentiques.

Le geste de la femme qui dégonfle l’ambition absolutiste de l’homme n’est jamais exécuté de façon malicieuse, c’est-à-dire dans la simple intention de ridiculiser l’homme, mais plutôt en désespoir de cause, après maintes concessions par la femme, après que l’homme a manqué de saisir la volonté de réconciliation de la femme et sa recherche du compromis. La recherche du compromis demeure le cri de bataille premier d’Affiba; et c’est seulement lorsque l’homme, aveuglé par sa volonté de domination, refuse toute négociation, que la femme décide d’exposer les faiblesses de celui-ci. Cela se voit au début de Le Prix de la révolte lorsqu’Affiba dérange le protocole traditionnel et organise les obsèques funéraires de Koffi. C’est après s’être pliée en vain aux exigences de la tradition Akan – qui demande que les funérailles du défunt mari soit prises en charge par les parents de celui-ci – que la veuve de Koffi, après que les parents de Koffi ont refusé toute communication avec elle, décide enfin, “de prendre les choses en main” :

Elle avait attendu deux, trois, quatre jours, une semaine. Le vieil Ezan [son père] avait alors conseillé à Affiba de songer à ce qu’il y avait lieu de faire. Une délégation avait été envoyée chez les parents du défunt, en pure perte. Affiba, quoique peinée, avait choisi de prendre les choses en main […] En l’espace de quarante-huit heures tout avait été réglé. (7)

En prenant l’initiative d’organiser les funérailles de Koffi, Affiba investit un champ de performativité dit masculin. Elle s’arroge un droit supposé mâle ; rappelant par-là même à tous ceux qui feignent de croire que ce droit est une prérogative divine, que c’est un fait de culture, et que la soumission de la femme à l’ordre du discours qui lui demande de s’effacer au profit de l’homme est contingente à la situation économique et sociale de la femme traditionnelle maintenue dépendante de l’homme par un régime phallocentrique qui lui a historiquement fermé les portes d’accès à l’éducation et à la propriété privée.

Tout au long du conflit qui l’oppose à ses beaux-parents qui ne demandent qu’à la déposséder, Affiba essaie de leur faire comprendre que, bien qu’elle ne l’ait jamais laissé paraître, les richesses de Koffi ne lui appartenaient pas à lui tout seul ; qu’ensemble son défunt mari et elle les avaient gagnées au prix d’un dur labeur, de beaucoup de sacrifices et de nombreuses privations ; qu’elle avait travaillé dur, d’abord en France, entre ses cours, et ensuite en Côte d’Ivoire, après ses études, pour que Koffi Mensah, ses enfants et elle vivent dans le confort et la sécurité financière. Elle était plus qu’une femme sans ressources qui attendait que tout lui vienne de son mari. Elle était la partenaire de Koffi ; et son éducation lui garantissait un emploi bien rémunéré qui lui permettait d’être pour son mari aussi bien une compagne qu’une alliée sur qui il pouvait compter en temps de vaches maigres. Femme éduquée et financièrement indépendante, elle estime que les coutumes révolues qui jettent la veuve à la rue une fois le mari mort sont sans rapport à sa situation. Aussi est-elle résolue à ne pas fléchir à la demande rigide de son beau-père, le vieux Mensah.

Participer à la lutte de libération de la femme noire est le combat d’Affiba, l’héroïne de Le Prix de la révolte, qui a jonglé études et travaux manuels pour aider son mari, seulement pour se retrouver, une fois celui-ci mort, sur le point d’être dépouillée par ses beaux-parents au nom d’une loi ancestrale. Au-delà de ses apparences subjectives, la lutte de l’héroïne est une super-lutte. Elle est le combat contre l’oppression généralisée des femmes fondée sur une opposition binaire, précisément sur la distinction des sexes masculin et féminin.

Cependant, la victoire de la femme n’implique pas nécessairement un renversement de la situation par laquelle, les derniers deviennent les premiers. Il est moins question pour la femme de répéter l’injustice de l’homme que de faire éclater les termes de la différence sur laquelle est fondée cette injustice. Il s’agit de démontrer que l’opposition fondatrice qui garantit la loi de la supériorité de l’homme étant une fausse opposition, cette loi elle-même perd toute légitimité.

Dire que la femme se trouve toujours déjà dans l’homme et vice versa ne revient pas à dire que les différences sexuelles sont inexistantes ou encore moins qu’à la place des sexes féminin et masculin, il faudrait réifier un troisième sexe neutre. Il s’agit ici plutôt d’un paradoxe fondamental par lequel dans toute opposition binaire, le terme privilégié, par un effet d’hypocrisie métaphysique, ne tire sa prédominance que du terme dit inférieur. L’adage presqu’universel qui dit que derrière tout homme à succès se trouve une femme forte ne résume-t-il pas ce paradoxe ? Or l’homme n’a-t-il pas fait de cet adage sa devise seulement pour s’en servir malicieusement contre la femme ? Seulement pour l’arrêter à jamais dans l’ombre de son succès ? Pour légitimer la périphérie comme sa place à elle, et le centre sa place à lui ? Pour refuser tout compromis avec elle ?

La métaphore de la femme/ mère comme déjà, trace, écart, archi-trace, anti-généalogie, est aussi l’analogie d’une plus grande réalité ; la duplicité génératrice, qui, au sein de la distinction homme/ père versus femme/ mère, nomme la femme seulement pour la dévaloriser est l’allusion d’injustices sociales et idéologiques omniprésentes dans les communautés humaines en générale, et dans la communauté de Yaou en particulier. La restauration de la femme dans une économie du compromis est une allusion à l’équité générale. Chez Yaou le site de la lutte pour la reconnaissance des droits de la femme est la société traditionnelle akan.

Le livre de Yaou est aussi un appel à l’union. En effet, dans la dialectique du pur et de l’impur qui divise les Ivoiriens depuis des décennies et que les manipulateurs idéologiques ne ratent aucune occasion d’exacerber, Les Malinké, qui sont arrivés par le Nord de l’actuelle Côte d’Ivoire, poussés par l’invasion marocaine du seizième siècle, sont l’antithèse des Akan du sud et du centre, qui eux ont immigré en vagues successives de l’actuel Ghana entre le quinzième et le dix-huitième siècle.

Dans sa résistance contre le Vieux Mensah, gardien de la tradition qui l’assujettit, symbole du pouvoir de la patriarchie, Affiba a besoin d’alliés forts qui soient eux-mêmes les produits de synthèses disjonctives socioculturelles et transnationales. Cette synthèse, Affiba/ Yaou la forge à plusieurs niveaux. Au niveau national, Yaou reconsidère les rapports entre les Nordistes (Malinké) et les Sudistes (Akan) en faisant d’Ismaël Koulibaly, le Malinké, non seulement l’allié le plus sûr d’Affiba, mais aussi et surtout l’un des architectes de la réconciliation entre Affiba et ses beaux-parents. Une oreille sage à l’écoute des deux familles protagonistes, une passerelle entre le clan du Vieux Mensah et celui d’Affiba, Le commissaire Ismaël Koulibaly lui-même en arrivait à se demander “si ces dernières années, il avait vécu pour autre chose que pour aider à résoudre les problèmes qui se posaient à la famille de son ami décédé” (Le Prix, 205). Monsieur N’cho, celui qui permet à Affiba d’acquérir son indépendance économique, le directeur général de la West Africa Insurance Company, est le produit d’une synthèse transnationale. Éduqué aux États-Unis, où il passa douze ans, “il avait ramené une femme très belle, et des manières on ne peut plus […] cordiales” (68-69), qui tranchaient avec la raideur et la froideur de la bureaucratie ivoirienne, produit de l’administration française. Par ailleurs, Monsieur N’cho n’hésitait pas à déterritorialiser la langue française à un coefficient à donner l’apoplexie aux puristes de l’Académie, la greffant d’inflexions américaines, en faisant une langue nomade, comme s’il se réjouissait de voir la tête qu’en feraient les inspecteurs de la culture française qui croyaient avoir transformé cet Akan en bon agent de la France :

Bonjour monsieur N’cho.

– Bonjour, ma petite madame […] By the way, comment va le jeune Mensah ?

– Beaucoup mieux, Monsieur N’cho. Et votre Voyage à San Francisco ?

– Wonderful, marvellous!

– Je suis venue vous demander de faire préparer mes papiers, je pars en congé.

– En congé ? My goodness! Mais il y a des mois que je vous suppliais d’y aller, en vain. Maintenant que j’ai besoin de vous […]. (68-69)

Bien qu’il “appelait ses collaborateurs par leur prénom, les tutoyait […] et exigeait […] qu’on l’appelât Jérôme”, Monsieur N’cho était en réalité “un homme d’affaires très avisé et très féroce”, qui avait monté sa compagnie d’assurance au cours de plusieurs années de dur labeur. Il savait reconnaître le travail bien fait et n’hésitait pas à en promouvoir l’auteur. Il avait placé toute sa confiance en Affiba et lui confiait, plutôt qu’à Konan, les tâches les plus précieuses.

Cependant, en dépit de toute sa bonne foi, Monsieur N’cho lui-même est obligé de composer avec une société ivoirienne dont le code du travail manque de provisions strictes pour la protection de la femme. Affiba doit faire mains et pieds pour obtenir ce qui devrait automatiquement lui revenir de droit, ses congés annuels et de maternité : “Affiba se souvient qu’au moment de la naissance de Loïc, il avait fallu la colère de son mari pour qu’enfin N’cho consentît à lui donner son congé de maternité” (70). Yaou pose, de ce fait, un regard critique sur les conditions de la femme ivoirienne en particulier, et africaine en général, qui à l’aube du vingt-et-unième siècle, doit encore évoluer dans un espace professionnel pris dans les mailles d’un état d’esprit masculiniste moyenâgeux. Konan, le collègue et ex-amant d’Affiba, qui a du mal à concevoir les limites entre les rapports professionnels amicaux et le harcèlement sexuel, est sans doute une belle métaphore de cette déficience morale :

Bonjour ma colombe dit [Konan], en voyant Affiba.

– Bonjour Konan, répondit Sèchement Affiba. Sa colombe!

– Alors te revoilà, fit-t-il en la prenant par la taille.

– Bas les pattes, Konan, ordonnant Affiba en le repoussant avec violence. Tu m’agaces. Tu sais ce que cela veut dire au moins ? (70)

La position de Yaou ne doit pas être méprise comme une adoption simpliste du voyage.

L’auteur de Le Prix de la révolte n’insinue pas qu’un simple voyage dans l’espace de l’autre nous ouvre l’esprit et nous permet de comprendre le monde autrement qu’à travers une perspective étroite. En effet, le plus grand des voyageurs peut demeurer plus aveugle que le plus endurci des sédentaires. Conrad, Albert Schweitzer et Frobénius n’étaient-ils pas tous des voyageurs ? Mais Achebe ne nous rappelle-t-il pas que ces voyageurs-là ont beaucoup plus à nous apprendre sur leur étroitesse d’esprit que sur les terres étrangères qu’ils ont visitées[vi] ? D’ailleurs, le Konan de Yaou n’est-il pas iconographique ? N’est-il pas

illustratif d’un certain Konan, l’ex-président ivoirien, qui en dépit de nombreuses années passées dans les universités étrangères, revint à son peuple plus aveugle aux changements du monde qu’il ne l’était auparavant ?

Ce que suggère Yaou, c’est que ce n’est pas tout de voyager, mais plutôt de s’enrichir de ses voyages, de se laisser pénétrer – que l’on soit physiquement sédentaire ou pas – d’intensités nouvelles, de vibrations étrangères ; le voyage dont parle Yaou n’implique pas, comme nous le rappellent Deleuze et Guattari, “nécessairement de grands mouvements en extension, [il peut se faire] immobile dans une chambre et sur un corps sans organes” (L’Anti-Oedipe, 381). Le voyage dont il s’agit est un mouvement de l’intelligence qui s’ouvre à des flux étrangers ; car l’intelligence peut, dans un corps sédentaire, s’ouvrir à des connexions nouvelles ; elle peut aussi, dans un corps nomade, se fermer sur elle-même.

L’Occident et L’Afrique de Yaou ont nécessairement quelque chose à s’offrir mutuellement, des leçons à se donner réciproquement, des stéréotypes à désapprendre ; ce qui n’est possible, comme je l’ai indiqué plus haut, que dans une vraie économie de réciprocité, qui expose les perspectives particulières des sujets et les met en confrontation afin de trouver un champ de compromis.

Dans cette perspective, et de façon habile, Yaou tente une réconciliation entre le mysticisme africain et la science européenne. Mais cette recherche du compromis est moins une dialectique qui permet à des perspectives pures et indépendantes, d’abord de s’affronter, puis de se diluer à un point idéalisé comme point de capiton ou locus du suprascientifique, qu’un exercice de révélation, de mise en lumière de l’inévitable imbrication de l’un dans l’autre et de l’autre dans l’un.

Ce tour de mains, Yaou le réussit dans Le Prix de la révolte par des allusions savantes. Lorsque Loïc Mensah, le fils d’Affiba, surprend, par l’arrière-cour, une conversation de sa tante Effoua qui accuse Affiba d’avoir tué son mari pour faire mains basses sur ses biens, l’enfant tombe dans un état traumatique. Il est frappé d’aphasie. Pour lui faire retrouver l’usage de la parole, c’est Ismaël Koulibaly qui, imitant la voix du défunt père de Loïc à la demande des médecins, encourage l’enfant, encore dans un état de demi-conscience, à lui révéler la source de son choc. Cet étrange dialogue entre Ismaël/Koffi et Loïc, qui rétablit l’enfant, et plus tard, les allusions de Diane (la sœur de Loïc) à la présence spirituelle protectrice de Koffi dans la maison familiale, sont là autant de signes de l’admission voilée de l’auteur quant à la possibilité d’une interaction entre le monde des morts et celui des vivants.

Yaou, tout comme la plupart des Akan, ne semble pas rejeter tout de go l’hypothèse de l’existence du paranormal. La croyance akan est un syncrétisme du christianisme et d’un animisme psychanalytique longtemps représenté par des figures saintes comme les prophètes Albert Atcho et Papa Nouveau, renommés pour leur capacité de guérir à l’aide de plantes locales, d’invocations des dieux chrétiens et ancestraux, de séances de confessions. On note cependant dans Le Prix de la révolte un effort à rechercher une explication rationnelle aux phénomènes apparemment irrationnels. Comme si pour appliquer une couche de scientificité au mystérieux, c’est sous la direction du Docteur Mounier (un Français) et de son assistant le Docteur Trazié (un Ivoirien) qu’a lieu l’expérience qui redonne à Loïc l’usage de la parole. Les signes de cette imbrication nécessaire du mythique et du scientifique, du rationnel et de l’irrationnel, du national et du transnational, du connu et de l’inconnu, apparaissent fréquemment dans le roman de Yaou.

En effet, à la suite d’un grave accident de la route, Affiba, Diane et Loïc sont hospitalisés. Ezan (le père d’Affiba) essaie de convaincre Julien (docteur et mari de sa fille Manzan) qu’Affiba a été donnée aux mânes par le vieux Mensah qui lui en veut à cause de l’héritage de Koffi ; Julien a ses doutes. Ezan le prie quand même d’utiliser toute sa science occidentale pour sauver sa fille, se promettant, quant à lui, de s’en remettre aux méthodes traditionnelles :

Tu sais, Julien, il ne faut pas badiner avec l’esprit des morts! Pour un médecin, évidemment, le mort c’est le corps réfrigéré […] mais un mort ce n’est pas seulement cela. De ton côté, julien, ne lésine sur aucun moyen pour sauver Affiba. Du nôtre, nous tenterons aussi quelque chose. (121)

Pendant qu’on appliquait sur le corps d’Affiba la science des Blancs, on essaierait de sauver son âme par la mystique des Noirs. Bien qu’infirmier, Ezan n’avait pas un esprit cartésien ; pour lui, l’homme n’était pas seulement un corps ; il avait aussi une âme sur laquelle on pouvait agir. (125)

Entre-temps, Gnamké, la mère d’Affiba, va brûler un cierge à la Vierge Marie ; et le Vieux Mensah a été mis en garde par une délégation de la famille d’Ezan contre toute malice envers Affiba[vii]. Bientôt, la veuve de Koffi Mensah et ses enfants sortent de l’hôpital ; et il est d’autant plus difficile de dire avec certitude si c’est la science du Blanc ou le mysticisme du Noir qui les a sauvés qu’il est impossible de percevoir la ligne de démarcation entre le rationnel et l’irrationnel, entre le naturel et le culturel, entre soi et l’autre, entre la mascarade inconsciente et le mimétisme conscient, entre la victime et l’oppresseur. Telle est la belle ironie au centre du roman de Yaou : l’érection tombe ; mais elle tombe d’être trop lourde du sang de son propre désir, lourde de désir au point de se demander si elle se relèvera jamais. Elle doute de sa propre plénitude. N’est-ce pas déjà le petit Loïc Mensah, le nom propre du nom propre (Koffi Mensah) du Nom-Propre-du-Père (Vieux Mensah), qui doit être rejeté pour que se maintienne la généalogie, pour que le nom demeure propre ; et qui, dès qu’expulsé (par la grande porte), revient par l’arrière-cour, telle une graine anti-généalogique, mettre à l’épreuve la continuité de la loi du père ?

Grand-père, pourquoi toi et la famille ne voulez pas partager avec nous ce que papa a laissé ?

– Loïc, ne me dis pas que je ne t’aime pas. Comment peut-on ne pas aimer la chair de sa chair, le sang de son sang ? répondit le grand-père. Si, je vous aime, Diane, votre maman et toi! Surtout toi qui ressembles tant à ton père.

– Tu nous aimes, mais alors pourquoi veux-tu nous jeter dehors et tout nous prendre ? Insista l’enfant.

– Ce n’est pas moi qui le veux, mais la coutume, mon enfant. (170)

C’est paradoxalement cette obstination des gardiens des coutumes à faire prévaloir la tradition masculiniste qui expose les carences de cette tradition. La résistance d’Affiba contre l’intransigeance du Vieux Mensah commence à semer des doutes chez certaines personnes qui naguère auraient approuvé la coutume. C’est d’abord Ezan, le père d’Affiba, qui, de voir sa fille souffrir, est dégoûté des pratiques anciennes au nom desquelles les parents de Koffi veulent démunir leur belle-fille. Ezan est un ancien qui parle aux anciens, mais seulement pour mettre en péril la loi dont ils sont censés être les dépositaires : “A quel siècle vous croyez-vous ? Est-ce que vous vous rendez compte que les temps ont changé et que ce qui se faisait hier ne peut pas forcément se faire aujourd’hui” (27) ? A ceux qui l’accusent d’être victime de la loi des Blancs, Ezan relève leurs propres contradictions : “Non, la loi des Blancs, vous ne vous en moquez pas. La preuve, vous payez vos impôts, vous circulez avec une carte d’identité et vous évitez de faire certaine chose qui vous mettraient en porte-à-faux vis à vis de cette loi-là” (27).

Acculée par l’incompréhension du Vieux Mensah, et mue par un instinct de conservation légitime, la nécessité de se défendre et de protéger ses enfants, Affiba se voit dans l’obligation de lever le voile sur le mythe de la supériorité de l’homme dans l’espace domestique et d’exposer les faiblesses sociales et politiques des hommes en l’absence des femmes. Affiba part de son cas particulier, dévoilant à son beau-père la vulnérabilité économique de Koffi qu’elle s’était interdit d’étaler au monde : “[…] Koffi a eu des problèmes d’argent […] Et n’eût été mon aide, cela aurait tourné au drame […] jamais je n’ai cherché à savoir où était passé cet argent. J’ai juste travaillé pour rembourser […] je me suis privée de l’essentiel pour que cela puisse se faire” (158-59). Elle montre ensuite comment sa condition particulière n’est qu’une synecdoque de la condition générale de la femme. Prenant pour exemple un événement historique, la marche des Ivoiriennes sur Grand Bassam (la première capitale ivoirienne) pour libérer leurs époux arrêtés par l’administration coloniale, Affiba met le doigt sur l’ingratitude des hommes : “[…] nous les femmes, nous serons toujours celles qui travaillent dans l’anonymat et pour rien. Que la femme sue sang et eau pour aider l’homme à réaliser ce qu’il veut, jamais elle n’en sera remerciée comme il se doit” (159). Pour la veuve de Koffi, il n’est plus question que la femme se résigne à une loi ancestrale qui refuse de reconnaître son importante participation dans la construction de la société. Elle n’est pas prête à se laisser dépouiller par la famille de son mari. Au Vieux Mensah qui insiste que la tradition est ce qu’elle est et qu’elle ne changera pas pour accommoder Affiba, la jeune femme répond que ce sera le compromis ou rien d’autre. Alors que la mère d’Affiba trouve sa fille trop obstinée et lui conseille de se plier à la tradition, la conviction de la veuve commence déjà à changer l’opinion de certains hommes, surtout ceux qui identifient dans l’injustice faite à Affiba le mal qui pourrait un jour être commis contre leurs propres filles :

Non, intervint Kouaho, l’autre frère de Gnamkè [la mère d’Affiba], je ne suis pas de ton avis. Peut-être par pur égoïsme. Je pense à mes filles […] Est-ce que tu crois que l’attitude d’Affiba constitue une exception pour longtemps ? […] Regarde Eba, ta belle-fille. Une fille dynamique qui brasse mille et une affaires à la fois […] Je ne le souhaite pas mais si ton fils mourait […] je ne serais certainement pas parmi ceux qui iraient réclamer l’héritage. (30)

C’est peut-être en Ama, la petite fille du Vieux Mensah, qu’Affiba trouve son alliée la plus efficace. La fille d’Effoua, jeune étudiante en droit avec qui son grand-père aime à débattre, tourne en ridicule la position de son aïeul :

Regarde autour de toi, pépé. Vois tante Affiba. N’est-elle pas le type même de celle qui s’est fait piéger ? […] lorsque j’y pense, j’ai honte, honte pour ma famille, mon clan, mon nom et ma condition de femme […] Vous avez traité Affiba de tous les noms, vous lui avez porté mille coups bas, elle a résisté. Pourquoi ? La réponse est simple : parce qu’elle sait que c’est elle qui est dans le vrai et qu’un jour, si Dieu le veut, vous le comprendrez […] Sa petite fille partie, Mensah s’abîma dans de sombre réflexions. Tout ce monde qui lui disait qu’il était injuste, avait-il raison ? […] Il se sentait comme un homme debout dans une barque où l’eau s’était infiltrée sans qu’il l’eût su. (189, 192)

L’aisance avec laquelle le Vieux Mensah accepte les critiques de ses petits enfants, Ama et Loïc, et de sa belle-fille, Affiba, ne laisse-t-elle pas augurer de ce qu’il est prêt pour le changement, qu’il n’a jamais été contre le changement, mais attendait plutôt que soit renforcée son inclination vers la révision des coutumes ? D’ailleurs, n’est-ce pas la disponibilité du Vieux Mensah, son enthousiasme à discuter avec les jeunes, sa capacité de prêter une oreille compréhensive à la nouvelle génération, qui permet à cette génération de le discréditer ? Le Vieux Mensah n’est-il pas toujours déjà le sacristain qui dans le clocher de l’édifice traditionnel sonne aussi bien le tocsin que le glas de la tradition ? C’est pourtant ce que semble dire Affiba à ceux qui s’étonnent sur la tournure inattendue de la situation quelques mois plus tard : “Je n’ai rien fait de spécial [pour obtenir la paix]. Je me suis juste entretenue avec le Vieux Mensah. Rien ne nous dit qu’il n’avait pas songé à enterrer la hache de guerre avant notre discussion” (222).

Cette ambivalence constitue l’un des points centraux de la littérature féminine ivoirienne, que le lecteur désinvolte risque de méprendre pour une simple dialectique dans le sens hégélien du terme, plus précisément pour ce que La Phénoménologie de l’esprit conçoit comme “la conscience de soi doublée”. La différence entre la conception hégélienne de l’expérience et ce que je perçois chez une Yaou ou Fatou Keïta, par exemple, plutôt comme une conscience nomade de l’expérience est, bien que de taille, très subtile, et mérite d’être explicitée. Pour ce faire, je me permettrai de citer longuement ces lignes de Hegel :

Pour la conscience de soi, il y a une autre conscience de soi. Elle se présente à elle comme venant de l’extérieur. La conscience de soi s’est perdue elle-même, car elle se trouve comme étant une autre essence ; elle a par là même supprimé l’Autre, car elle ne voit pas l’Autre comme essence, mais c’est elle-même qu’elle voit dans l’Autre. Elle doit supprimer cet autre sien. C’est la suppression du premier double sens, et, par là même, un second double sens : elle doit se mettre à supprimer l’autre essence indépendante pour acquérir ainsi la certitude de soi-même comme essence ; elle se met par là à se supprimer soi-même, car cet autre est elle-même. Cette suppression à double sens de son être-autre à double sens est aussi un retour à double sens en soi-même, car elle se recouvre elle-même par cette suppression, elle devient à nouveau égale à soi-même par la suppression de son être-autre ; mais elle restitue aussi à elle-même l’autre conscience de soi, car elle était certaine de soi dans l’autre ; elle supprime son propre être dans l’autre, et ainsi, rend de nouveau l’autre libre. (Phénoménologie, 155-56)

Que nous dit le phénoménologue allemand ? Que le processus de reconnaissance implique toujours une relation intersubjective, d’abord inconsciente, par laquelle toute conscience de soi est contingente à une autre conscience de soi en même temps qu’elle demeure distincte de cette autre conscience de soi. C’est ce rapport entre les consciences de soi – le fait qu’elles soient distinctes et interdépendantes à la fois – que Hegel caractérise de complexe, et qui persistera tout au long du processus de la reconnaissance. En dépit de leur indivisibilité, les différentes consciences de soi sont d’abord “enfoncées dans l’être de la vie”, inconscientes de leur réciprocité nécessaire, restant chacune certaine de soi-même mais non de l’autre. La certitude de ces deux consciences de soi, qui n’est qu’une certitude subjective (donc trompeuse), ne deviendra objective, c’est-à-dire, vraie, qu’au moyen de la lutte pour la vie et la mort, car “[c’est] seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté, qu’on prouve que l’essence de la conscience de soi n’est pas l’être, n’est pas le mode immédiat dans lequel la conscience de soi surgit d’abord, n’est pas son enfoncement dans l’expansion de la vie […]” (Hegel, 159). Cependant, insiste Hegel, l’arène de la lutte à mort par laquelle la vérité subjective de la conscience de soi devient vérité objective, doit être purement métaphysique, car, “comme la vie est la position naturelle de la conscience, l’indépendance sans l’absolue négativité, ainsi la mort est la négation naturelle de cette même conscience, la négation sans l’indépendance, négation qui demeure donc privée de la signification cherchée de la reconnaissance” (Hegel, 160).

Il serait donc compréhensible qu’une analyse hâtive du roman de Yaou identifie dans les divers rapports intersubjectifs qui s’y jouent la signature de Hegel. La rencontre de Mireille (la maîtresse de Koffi) et d’Affiba (la veuve de Koffi), précipitée par la fugue de leurs enfants respectifs (Frank et Loïc Mensah), pourrait être placée sous le signe de la phénoménalité. La méthode de l’auteur de Le Prix de la révolte consiste d’abord à permettre au lecteur de percevoir les points de vue singuliers d’Affiba (la femme trompée) et de Mireille (la cause du chagrin d’Affiba). Cette présentation des deux perspectives qui ne se contrarient, pas parce que ne se rencontrant pas encore, donne au lecteur l’occasion d’appréhender les sentiments de Mireille et d’Affiba, qui toutes les deux se croient victimes.

Ainsi, l’on apprend que Mireille et Affiba ont toutes les deux souffert l’angoisse dans l’attente vaine de Koffi, la solitude, la culpabilité. Chacune d’elles est enfermée dans le monde de ses idées, dans ses propres vérités. Mais ces vérités ne sont que subjectives. Les mondes dans lesquels ces deux femmes se représentent comme victimes de leur amour respectif pour Koffi Mensah sont des mondes qui existent indépendamment l’un de l’autre, et qui dans l’acception leibnizienne, ne se rencontreront jamais à moins de se convertir à l’ordre de l’univers le plus parfait[viii]. Yaou ne s’arrête pas à cette conception leibnizienne de l’expérience. Elle permet, dans un geste qu’on qualifierait, à raison, de hégélien, aux positions particulières de Mireille et d’Affiba de se croiser, de s’affronter :

Koffi, jouissant de l’impunité sociale, pouvait se permettre de jouer les infidèles en toute quiétude. Mais vous [Mireille] ? Au nom de quoi agissiez-vous de la sorte ? Vous était-il jamais venu à l’esprit que j’en souffrais ?

– Je sais que vous avez souffert puisqu’en pareille circonstance, il ne peut en être autrement […] Vous disiez que je vous avais volé l’amour de votre mari ; sans vouloir vous offenser, je vous demande si vous étiez sûre qu’il vous aimait.

– Voudriez-vous insinuer que Koffi m’a épousée sans amour ?

– Je n’irais pas jusqu’à l’affirmer, mais c’est un point de vue à envisager. (97)

La confrontation entre ces deux perspectives singulières qui se sont trouvées impliquées dans la vie intime de Koffi est, pour rester dans une optique hégélienne, une lutte à mort dans le monde des idées, où aucun mot n’est mâché, aucune vérité n’est embellie. Mais ici doit s’arrêter l’analogie avec Hegel ; car retenons tout de même que dans la phénoménologie, la singularité dont il s’agit est toujours “singularité absolue”, une totalité singulière opposée à son autre, elle aussi une autre singularité totale ; deux absolues engagées dans une contradiction absolue, inévitable ; une lutte à mort pour la reconnaissance qui selon Derrida, “oppose des consciences, mais des consciences que le procès familial a constituées en totalités. L’individu qui s’engage dans la guerre est un individu-famille” (Glas 2 : 190). Or, les individus dont nous observons l’évolution dans Le Prix de la révolte de Yaou sont déjà anti-famille, anti-généalogie. Ce ne sont pas des consciences totalisées par la norme familiale, mais plutôt des consciences nomades en devenir constant, des consciences deleuziennes.

Notes

  1. “Il [Hegel] décrit une norme, une prescription. Mais qu’est-ce que décrire une norme, une prescription ? Un simple jeu de guillemets peut transformer un énoncé prescriptif en énoncé descriptif ; et la simple textualité rend possible une mise en guillemets” (Derrida, Glas 2 [Paris : Editions Denoël/Gonthier, 1981] 276).
  2. “Le désir est machine, synthèse de machines, agencement machinique – machines désirantes. Le désir est de l’ordre de la production, toute production est à la fois désirante et sociale. Nous [Deleuze et Guattari] reprochons donc à la psychanalyse d’avoir écrasé cet ordre de la production, de l’avoir reversé dans la représentation”(L’Anti-Oedipe, 352). Cependant, ce renversement du désir n’est qu’un coup de force provisoire sur la production, car comme nous l’apprennent Deleuze et Guattari, la production est le moteur même du regime de représentation, qui tôt ou tard devra la libérer, même si ce n’est que pour la renverser la minute qui suit (L’Anti-Oedipe, 382).
  3. Comme nous le disent Deleuze et Guattari :

A l’opposé de l’arbre, le rhizome n’est pas objet de reproduction : ni reproduction externe comme l’arbre-image, ni reproduction interne comme la structure-arbre. Le rhizome est une anti-généalogie. C’est une mémoire courte, une antimémoire. Le rhizome procède par variation, expansion, conquête, capture, piqûre […] le rhizome se rapporte à une carte qui doit être produite, construite, toujours démontable, connectable, renversable, modifiable, à entrées et sorties multiples, avec ses lignes de fuite. (Mille plateaux, 32)

  1. De l’archi-trace, Derrida écrit :

On ne peut penser la trace instituée sans penser la rétention de la différence dans une structure de renvoi où la différence apparaît comme telle et permet ainsi une certaine liberté de variation entre les termes pleins […] La trace, où se marque le rapport à l’autre, articule sa possibilité sur tout le champ de l’étant […] déterminé comme étant présent à partir du mouvement occulté de la trace. Il faut penser la trace avant l’étant. Mais le mouvement de la trace est nécessairement occulté, il se produit comme occultation de soi. Quand l’autre s’annonce comme tel, il se présente dans la dissimulation de soi […] Le champ de l’étant, avant d’être déterminé comme champ de présence, se structure selon les diverses possibilités – génétiques et structurales – de la trace. (grammatologie, 68-69)

  1. A la suite de Derrida, et à l’encontre de la psychanalyse freudienne et lacanienne qui voudrait réifier le Nom-du-Père comme signifiant transcendantal autour duquel se structure le développement du sujet, Deleuze et Guattari nous disent ceci :

[…] le nom propre ne désigne pas un individu : c’est au contraire quand l’individu s’ouvre aux multiplicités qui le traversent de part en part, à l’issue du plus sévère exercice de dépersonnalisation, qu’il acquiert son véritable nom propre. Le nom propre est l’appréhension instantanée d’une multiplicité. Le nom propre est le sujet d’un pur infinitif compris comme tel dans un champ d’intensité. (Mille Plateaux, 51)

  1. Voir Achebe, “An Image of Africa: Racism in Conrad’s Heart of Darkness”, Postcolonial Criticism, éd. Bart Moore-Gilbert et al. New York, Longman, 1997, p. 122.
  2. Dans l’univers des croyances akan, aucune mort n’est jamais naturelle jusqu’à preuve du contraire. On dit souvent du mort que son âme a été consommée par les sorciers, qui à tour de rôle doivent offrir une personne qui leur est proche à l’assemblée des mangeurs d’âmes. Mais seul le père, ses héritiers (qui sont ses neveux) ou une personne de la famille paternelle peuvent proposer l’enfant au festin des sorciers. Si le jeu du sorcier est découvert et qu’il est mis en garde par la famille du sujet à sacrifier avant que ne soit consommée l’âme qu’il propose, le sorcier a l’obligation de délivrer, de “détacher” le sujet, et de s’offrir lui-même en remplacement.
  3. Voir Leibniz, Principes de la nature et de la grâce fondés en raison, trad., André Robinet, Paris, PUF, 1954, p. 53.

Même le chat (un animal) gère mieux ses déchets que les Ivoiriens.

degueulasse!

Depuis l’arrivée au pouvoir de la cancraille armée, tout se passe comme si les Ivoiriens étaient pires que des animaux. On mange, on dort, on baise, on nait, on roule carrosse on « farote » dans les ordures les plus nauséabondes. Et le plus intriguant, c’est que la saleté vient de la tête de l’Etat. Ne dit-on pas que le poisson pourrit de la tête ? Ce dicton trouve toute sa véracité en Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est dirigé par un vrai djekéwra, un vrai adjovan, qui peine à trouver solution à la décomposition morale et matérielle du pays. Si cette vérité vous blesse, alors agissez!

Corruption at the International Criminal Court: Former ICC Prosecutor Luis Moreno Blames Corruption on Insufficient Salary/Corruption à la CPI

Côte d’Ivoire – la pourriture de l’adjovan commence toujours par la tête (publié le 23 janvier 2016)

Pas question de répondre à la justice burkinabè

Pas question de répondre à la justice burkinabè

S’il est vrai que le poisson pourrit toujours par la tête, alors ce que nous avons actuellement à la tête de notre Dozoland est un vrai adjovan ; un vrai djekewra. Le Dozoland est un vrai pourrissement; et sa pourriture, il faut le reconnaître, découle du pourrissement moral de ceux-là même qui prétendent le diriger. Mais que pouvait-on attendre d’une cohorte de faiseurs de coups d’état, de braqueurs de banques, de génocidaires ? Ne serait-il pas normal qu’elle persévérât dans sa propension au désordre, au meurtre, à la frappe antidémocratique ?

Ainsi, toute la racaille qui, avec l’aide du Burkina de Blaise, participa à mettre la Côte d’Ivoire à genoux a décidé de remettre en selle le boucher de Ouaga. Et du le jugement diminutif qui fait figure de président de l’assemblée nationale au volubile négrillon de la grande muette, tout en passant par les analphabètes commandants de zones, la cancraille se fit gaiement conseillère militaire en sciences de la déstabilisation, convaincue que ses thurayas made in Ferkessédougou étaient impénétrables. Les thurayas faillirent et les djekewras se mirent à puer de mille exhalaisons putrides.

Mais n’est-ce pas par la tête que commence la pourriture de l’adjovan ? N’est-ce pas par la tête que débute la putréfaction du djekewra ? S’attendrait-on donc à ce que la tête de la pestilentielle pègre mafieuse qui sévit en Côte d’Ivoire depuis avril 2011 livrât ou protégeât ses semblables ? Ne nous faisons pas d’illusions.

La démocratie, nous ne cessons de le dire, est comme la charité bien ordonnée ; elle commence par soi-même. Il est tout à fait absurde d’attendre d’une personne qui n’a de vertus que celles de la pègre mafieuse qu’elle infuse une morale considérée à son entourage. La Côte d’Ivoire et le Burkina-post Compaoré auront leur justice ; mais pas avant que les djekewras qui polluent la sous-région n’en soient débarrassés.

Médias et universitaires français accusés de porter « une lourde responsabilité » dans les 10 ans de crise en Côte-d’Ivoire

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«Manipulations grossières»

Une équipe de Canal +, qui a subi de fortes pressions des autorités françaises, et Le Canard enchaîné ont été les seuls, à ce moment-là, à démonter une partie du récit dominant. Ce n’est que récemment qu’une autre version de ces événements de Bouaké et de l’hôtel Ivoire a commencé à émerger plus largement, grâce à une enquête judiciaire laissant penser que les responsabilités se situaient plutôt du côté de Paris que d’Abidjan. Au cours de cette période très mouvementée de novembre 2004, des informations accablantes pour le pouvoir de Laurent Gbagbo, mais inexactes, ont été publiées. Le Monde a par exemple parlé de « corps blancs décapités à la machette » dans les rues d’Abidjan, alors que 8 000 Français quittaient précipitamment la Côte d’Ivoire en raison de manifestations antifrançaises. En réalité, aucun « Blanc » n’est mort ou même n’a été blessé à coups de machette. Tout au long de ses dix années de présidence, Laurent Gbagbo a été présenté par les médias occidentaux « comme un homme à la fois brutal et roublard, voire un illuminé », a observé l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop. Cela correspondait là aussi au discours des officiels français. « Je ne connais pas Gbagbo, je ne l’ai jamais rencontré, mais parce que je posais des questions, j’ai été décrété “pro- Gbagbo” par des collègues du Quai d’Orsay », témoigne Laurent Bigot. Les qualificatifs « pro-Gbagbo » et « gbagbiste » sont alors devenus les synonymes de « mauvais », « membres du camp du mal ». Laurent Bigot se souvient que c’est surtout après le bombardement de Bouaké que « c’est devenu l’hystérie » anti-Gbagbo, y compris au sein du Parti socialiste français, dont le président ivoirien était idéologiquement proche. La disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en 2004 a aussi aidé à faire l’unanimité contre Laurent Gbagbo : pouvoir et médias français l’ont considéré comme responsable de cette affaire, bien qu’elle n’ait jamais été élucidée.

Aujourd’hui, beaucoup d’éléments montrent que c’est de manière intentionnelle qu’au moins une partie des journalistes se sont écartés de la réalité des événements, en lien avec des autorités politiques et/ou militaires françaises. «
Il y a eu beaucoup de manipulations, beaucoup plus qu’à propos du Rwanda », affirme une ancienne journaliste. Une autre dit : « Tout était délibéré et bien pensé. » L’objectif : « Se débarrasser de Gbagbo pour protéger les intérêts des multinationales françaises installées en Côte d’Ivoire, comme Bolloré, Bouygues, Canal +, etc. », selon Georges Peillon. «Gbagbo était un empêcheur de tourner en rond, il était différent des autres présidents [d’Afrique francophone], il pensait sérieusement rendre à son pays son intégrité, lui redonner le rôle de puissance africaine. Et ne voulait pas être juste un valet de l’Élysée », poursuit-il. Le chef de l’État ivoirien menaçait en effet, au moins dans ses propos, l’équilibre néocolonial en place. Son parti prônait de nouveaux rapports avec la France, voulait la fermeture de la base militaire française installée à Abidjan, souhaitait revoir les monopoles établis au profit d’entreprises françaises, remettait en cause l’existence du franc CFA, pièce maîtresse du dispositif qui permet à la France de contrôler ses anciennes colonies africaines. Gbagbo « portait clairement les valeurs socialistes, comme en témoignent les premières mesures qu’il a prises, en rupture avec ses prédécesseurs, dans le domaine de la santé, de l’éducation (…). Cette approche de la politique lui a sans doute compliqué la vie dans les milieux d’affaires », a décrypté le ministre socialiste Charles Josselin, en novembre 2004.

Des faits ont été à l’évidence dissimulés, inventés, transformés pour suivre la logique des autorités françaises. Le fait que certains médias dépendent de l’État, comme RFI ou France 24, a bien sûr joué un rôle. Un ancien salarié de RFI se souvient de collègues de la radio et d’autres médias se rendant régulièrement à l’Élysée ou ayant des contacts étroits avec des diplomates.

Un autre élément a eu une influence sur l’attitude d’une partie des journalistes : la communication très efficace d’Alassane Ouattara. « Sa femme, Dominique, d’origine française, a su construire des ponts entre les journalistes français et son mari », dit un reporter. Le parti politique de Ouattara, le Rassemblement des républicains (RDR), a su établir des liens étroits avec des journalistes pour orienter leur travail. L’AFP a d’ailleurs souvent repris à son compte des termes utilisés par les adversaires de Laurent Gbagbo. Les agences de presse, censées être neutres, ont de manière générale « joué un rôle de pyromanes : elles ont été à l’origine de tous les éléments de langage utilisés
contre Gbagbo », déplore un journaliste.

Des membres de la profession étaient bien sûr conscients de ce qui se passait. En 2010/2011, le « parti pris était patent à RFI, le traitement était à sens unique, il y avait une empathie totale pour Ouattara, un problème de déontologie et des dysfonctionnements évidents », dit un ancien de la radio. Mais les tenants de la ligne anti-Gbagbo ont empêché un traitement plus équilibré, allant jusqu’à « agonir d’injures », « harceler », « traiter d’incompétents devant les autres », « broyer, écraser » ceux qui ne respectaient pas leurs « consignes », selon plusieurs témoignages. « Ceux qui ont dit la vérité se comptent sur les doigts d’une main » Journaliste à RFI et ancien envoyé spécial en Côte d’Ivoire, Norbert Navarro résume la situation en parlant de « trois groupes de journalistes ». Le premier, « qui représentait l’immense majorité, était celui des journalistes tenus à l’écart de la vérité ». Le second était celui de « ceux qui savaient » la réalité mais ont préféré se taire, sachant que « c’était peine perdue et qu’il n’y a que des coups à prendre quand on va contre la raison d’État ». Enfin, il y a eu une dernière catégorie : « Ceux qui ont été courageux et ont dit la vérité, mais qui se comptent sur les doigts d’une main. »

Les journalistes n’ont pas été les seuls à avoir un regard biaisé, et c’est important de le souligner. L’anthropologue italien Fabio Viti a observé chez les universitaires et chercheurs français travaillant sur la Côte d’Ivoire des « formes passionnelles de militantisme partisan », une « partialité ahurissante » en faveur d’Alassane Ouattara. Dans un livre publié en 2014 (La Côte d’Ivoire, d’une crise à l’autre, L’Harmattan), il s’interroge : « Qu’est-ce qui a changé pour que

l’attitude auparavant extrêmement prudente des chercheurs par rapport au pouvoir en place change si radicalement à partir de l’an 2000 et de la présidence Gbagbo ? » L’anthropologue poursuit : « Une réponse possible serait que c’est justement le pouvoir en place qui a changé. (…) Le fait est que la Présidence Gbagbo (…) a bousculé les repères familiaux. Le pacte néocolonial, à tort ou à raison, s’est trouvé remis en cause, du moins verbalement, de la part d’une de ses parties. Ce pacte a failli sauter et avec lui, parfois, le self-control de certains de nos collègues un peu trop “patriotes”. »

Fabio Viti remarque, entre autres, que la tentative de putsch de 2002 n’a fait « l’objet d’aucune enquête historique, ethnographique, sociologique, politiste ou d’autre nature », alors qu’elle présentait pourtant « tous les traits et les implications d’un objet de recherche et de réflexion critique ». Comme certains journalistes, des universitaires français sont en outre devenus très proches du couple Ouattara. Alassane Ouattara a d’ailleurs décoré à Paris plusieurs d’entre eux en 2012, en même temps que Nicolas Sarkozy, des militaires et des hommes d’affaires français qui l’ont soutenu contre Laurent Gbagbo. « Les médias ont fait beaucoup de mal à la Côte d’Ivoire », commente, amer, un ancien du métier. Depuis 2011, la situation n’a guère évolué, à l’image de la politique française vis-à-vis de la Côte d’Ivoire. « Peu de journalistes français ont fait leur travail correctement à propos de la Côte d’Ivoire, peu ont travaillé suffisamment sur les faits. C’est toujours le cas : personne ne parle, par exemple, de ce qui se passe au procès CPI de Gbagbo et de l’amateurisme général qui s’en dégage », relève Laurent Bigot.

Il faut dire que la version officielle sur la crise ivoirienne relayée par les médias y est mise à mal : le procureur qui s’est appuyé sur elle pour faire inculper Gbagbo et le faire juger pour crimes contre l’humanité ne parvient pas à produire de preuves pour l’étayer. « Personne ne s’intéresse non plus de près au fait qu’une juge d’instruction ait demandé le renvoi de trois anciens ministres devant la Cour de justice [pour le bombardement de Bouaké]. Pourtant, c’est une affaire énorme », dit aussi Laurent Bigot, qui parle de « manipulations grossières » et de la « lourde responsabilité » de la France.

Par Fanny Pigeaud
Samedi 10 juin 2017

A ma ville (Bouaké), Frindéthié

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En août 2008 j’écrivais ce poème pour Bouaké (la ville où de j’ai enseigné de 86 à 88 au Lycée St. Viateur), Bouaké qui est aujourd’hui méconnaissable.

Ma Ville

Ma ville jadis m’irritaient tes sifflements de train infects à me couper le sommeil

Ma ville naguère me tourmentaient tes émanations piquantes de tchapalo frais

de foufou d’igname et d’agouti faisandé

et tes relents de bandji si accablants dans l’air

ah cet air si douloureux

Ma ville autrefois de la gorge étroite des minarets et des clochers

que n’ai-je dit de ton rosaire irréligieux de Mapouka

et de Zouglou quoique si bien accordé

Ma ville aujourd’hui éreintée ramassée dans l’engeance de l’abaissement

Ma ville tes rondeurs de poudre ocre violées d’échardes métalliques

Ma ville ton ravissement de pomelo précoce transpercé de mille fractions de corrosivité

Ma ville tes sanglots détournés

Ma ville tes nébulosités de frayeur à écouter les ardeurs emportées

qui s’agitent en ton giron

Ma Ville ta gésine interrompue

Ma ville l’engourdissement qui te gagne

ta somnolence que tu exorcises dans les maquis couvre-feu

Ma ville que sont donc devenus C* et  G* et Gigi ma lapine blanche

Ma ville ton envol de tourterelle rompu

Ma ville tes conjurations que nul ne semble percevoir

Ma ville ta délivrance figée

Ma ville comme demain j’aimerais me laisser bercer par tes sifflements de train infects à me couper le sommeil

et me laisser reconquérir par tes fragrances poivrées de tchapalo frais

de foufou d’igname et d’agouti faisandé

et tes parfums de bandji si lénifiants  dans l’air

hum cet air si suave

Ma ville comme j’aimerais retrouver demain ton rire de grande dévergondée

et me trémousser à la cadence débauchée de ton Mapouka

de ton Mapouka le plus serré

Qu’est-ce que le franc CFA ? (publié sur ce site le 26 novembre 2011)

22 novembre 2011

 Gary K. Busch, traduction de Martial Frindéthié

 

 Qu’est-ce que le franc CFA ?

Il y a en réalité deux sortes de franc CFA en circulation. Le premier CFA est celui de l’Union économique et monétaire ouest africaine, l’UEMOA, qui regroupe 8 pays d’Afrique de l’ouest (le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo). Le deuxième CFA est celui de la Communauté économique et monétaire des états d’Afrique centrale, le CEMAC, qui regroupe le Cameroun, le Centrafrique, le Tchad, le Congo-Brazza, la Guinée équatoriale, et le Gabon). Cette division correspond à la division coloniale de l’Afrique francophone en une AOF (Afrique occidentale française) et une  AEF (Afrique occidentale française), à l’exception de la Guinée-Bissau initialement portugaise, et de la Guinée équatoriale espagnole.

 Chacun de ces deux groupes émet son propre franc CFA. Le Franc de l’UEMOA est issu de la  BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et celui de la CEMAC CFA est émis par la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale). Ces monnaies étaient cotées à 100 francs CFA pour 1 franc français; et lorsque la France adopta l’euro au taux fixe de 6,65957, le CFA fut arrimé à l’euro à raison de 665,957 francs CFA pour 1 euro, afin de garder le taux de 100 pour 1. Le projet en cours est de coter le CFA à l’euro au taux de change de 1000 francs CFA pour 1 euro ; ce qui revient à une réduction d’environ 50% de la valeur du franc CFA.

Qui est responsable du CFA ?

La politique monétaire qui gouverne cette diversité de pays n’est en fait pas très compliquée, car elle est formulée par le Trésor français, sans l’avis des autorités des banques centrales de l’UEMOA et de la CEMAC. Selon les clauses de l’accord qui a établi ces banques et le CFA, la banque centrale de chaque pays membre  a obligation de déposer au moins 65% de sa réserve de change dans un « compte d’opérations » logé au Trésor français, plus 20%  pour couvrir d’éventuels passifs.

 Les banques centrales de la zone CFA imposent aussi à chaque pays membre un plafond sur le crédit, l’équivalent de 20% des recettes de l’Etat de l’année précédente. Bien que la BEAC et la BCEAO aient des découverts au Trésor français, tout retrait sur ces fonds doit être obligatoirement approuvé par le Trésor français. La décision finale revient au Trésor français, qui investit ces réserves à la Bourse de Paris à son propre compte.

 En un mot, plus de 85%  des réserves de change de ces pays africains sont déposés dans des « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques de la zone CFA ne sont africaines qu’en théorie. Elles ne formulent aucune politique monétaire. Les pays de la zone CFA ne savent ni ne sont informés du montant de ces réserves déposées au Trésor français qui leur appartient collectivement ou individuellement. Les bénéfices rapportés par l’investissement des réserves africaines devraient en principe être reversés dans ces réserves en tant que propriétés des pays de la zone franc. Ce n’est pas le cas. Aucun rapport comptable n’est fourni ni aux banques centrales ni aux pays membres de la zone CFA sur les investissements de leurs réserves. Le club restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français qui connaissent le montant des réserves et savent ce qu’elles rapportent en investissements est tenu au strict secret professionnel. Ces fonctionnaires ne peuvent en parler ni aux autorités des banques centrales ni à celles des pays membres de la zone CFA.

 De ce fait, les pays africains membres de la zone CFA ne peuvent pas formuler leurs propres politiques monétaires. Ce qui fait que les pays les plus inefficients et gaspilleurs peuvent utiliser à loisir les réserves de change des pays les plus efficients et fiscalement prudents sans que ces derniers ne puissent intervenir de façon significative. La convertibilité du franc CFA en franc français se fait par des agents intermédiaires certifiés rémunérés par les découverts des banques centrales.

 Généralement, trois artifices principaux on été utilisés par les deux banques centrales opérant sur instruction du Trésor français pour contrôler la croissance monétaire dans la zone CFA :

1)      Les banques centrales font payer des intérêts sur les opérations de découverts bancaires aussi bien que sur les avoirs en compte.

2)      Lorsque le solde des comptes d’opération d’une banque centrale tombe en deçà d’un seuil donné, la banque doit réduire l’expansion du crédit en augmentant généralement le coût de réactualisation ou d’émission de billets de trésorerie ou en limitant l’accès des pays membres aux services de réactualisation.

3)      Les crédits accordés au secteur public de chaque Etat membre ne peuvent excéder 20%  de ses recettes fiscales de l’année précédente.         

         Cependant, ce contrôle strict opéré par le Trésor français sur les liquidités et les réserves des états d’Afrique francophone n’est qu’un aspect du problème. La création et le maintien de la domination française sur les économies des états francophones d’Afrique est le produit de la longue colonisation française et l’apprentissage de la dépendance des états francophones africains.

 Les banques centrales des pays d’Afrique francophone ont un pouvoir très limité. Ce sont des économies vulnérables aux caprices du marché  mondial. Il ne peut y avoir de commerce sans monnaie ; il ne peut y avoir d’investissements sans réserves. Les politiciens et les partis élus pour promouvoir le développement, la réforme, les changements de politiques commerciales et fiscales ne sont opérants qu’avec le consentement du Trésor français, qui rationne leurs fonds. Certains Africains s’opposent à la perpétuation de ce système. Le président Abdoulaye Wade du Sénégal l’a fait savoir en ces termes : « l’argent du peuple africain bloqué en France doit être retourné à l’Afrique pour  permettre l’essor des économies des états de la BCEAO. Nous ne pouvons pas avoir des milliards dans les marchés boursiers étrangers et être traités comme des mendiants qui doivent faire la manche ».

 Comment en est-on arrivé là ?

La colonisation au sud du Sahara ne s’est pas opérée comme le souhaitait de Gaulle. De Gaulle voulait d’une communauté franco-africaine plutôt que l’indépendance totale pour l’Afrique. Cependant, lorsqu’au référendum de 1958 Sékou Touré lui opposa un « non », le projet de de Gaulle se brisa. La France dut se résigner à accorder l’indépendance à ses ex-colonies en 1960 après une punition exemplaire à la Guinée. Cependant, cette indépendance se gagnerait au prix d’un contrôle strict et continu sur les économies des anciennes colonies. Cet accord, c’était le Pacte Coloniale.

 Par cet accord, les colonies amarraient leur sort économique et militaire à la France. Le pacte créa le CFA et des mécanismes légaux pour assurer à la France une place privilégiée dans la vie politique et économique de ses ex-colonies. Jacques Foccart, le conseiller aux affaires africaines de de Gaulle et co-fondateur, avec Charles Pasqua, du Service d’Action Civique gaulliste, en était le concepteur.

 Le Pacte Colonial assurait une place préférentielle à la France dans la vie politique, économique et militaire des anciennes colonies françaises. Au plan militaire, deux types de contacts furent conçus : la coopération militaire et l’aide technique militaire pour lesquelles personne n’était tenu par la loi, et qui pouvaient être suspendues selon les circonstances. Cette coopération couvrait l’éducation et l’entrainement de soldats et de forces de sécurité africains. Le second type de coopération, plus secret, et qui avait force de loi, était un ensemble d’accords de défense supervisés et mis en place par le ministère français de la défense ; cette coopération offrait une base légale à l’intervention française. Ces accords permirent à la France de positionner des  troupes permanentes et rotatives  dans des bases militaires gérées entièrement par la France en Afrique ; Foccart fit signer aux chefs d’état africains des lettres non datées demandant l’intervention de la France à tout moment.

 Selon l’annexe 2 de l’accord de défense, la France a la priorité sur tout autre acquéreur dans l’acquisition de matières premières africaines dites « stratégiques ». En fait, selon l’annexe 2, le gouvernement français informe régulièrement les Africains de sa politique concernant les matières premières stratégiques selon les besoin de la défense, de l’évolution des ressources et de la situation du marché mondial.

 Selon l’article 3, les gouvernements africains sont tenus d’informer la France sur les mesures qu’ils entendent prendre concernant les produits et matières premières stratégiques. Pour conclure, l’article 5 relatif à ces produits statue que les pays africains doivent les vendre à la France d’abord, après avoir satisfait les besoins de la consommation locale, et que les pays africains doivent importer les produits dont ils ont besoin de la France en premier lieu. La réciprocité entre les signataires n’impliquait pas un accord d’égaux. Elle reflétait la dominance du pouvoir colonial qui avait organisé les indépendances des pays africains quelques mois auparavant. Tout était réservé à la France d’abord. La France était le premier choix pour l’importation, et des conseillers français étaient placés dans les ministères aux côtés de ministres africains.

 En résumé, le Pacte Colonial maintint la domination de la France sur les économies de ses ex-colonies ; la France s’octroya les réserves de change de l’Afrique francophone. Elle prit le contrôle de ses matières premières ; elle positionna ses troupes dans les pays francophones pour s’assurer un passage libre ; elle ordonna que tous les équipements militaires soient acquis en France ; elle s’accapara de l’entrainement de la police et de l’armée ; elle insista que les entreprises françaises aient le monopole en Afrique francophone dans les secteurs clés (eau, électricité, ports, transport, énergie). La France imposa des limites sur l’importation d’une variété de produits en dehors de la zone-franc ; mais elle imposa aussi un minimum d’importation de la France. Ces traités sont encore opérationnels aujourd’hui.

 L’impact du Pacte Coloniale

Les conséquences de la continuation de la politique de dépendance de l’Afrique sont tangibles. Ce sont le manque d’option de compétitivité, la dépendance de l’Afrique par rapport à  l’économie française, la dépendance à l’armée française, et la grande ouverture faite aux entreprises françaises privées. Certaines différences sont beaucoup plus subtiles.

 Les compagnies françaises opérant en Afrique francophone, en fonction de leur pouvoir sécurisé de monopole et d’oligarchie, ont un apport substantiel dans le PIB des pays africains. Elles sont souvent les seules grandes pourvoyeuses de recettes fiscales. Dans de nombreux pays, les compagnies françaises paient 50% des taxes ; ce qui leur donne un statut unique. Ainsi il n’est pas rare d’entendre les Français déclarer que sans les compagnies françaises, les économies des pays africains s’écrouleraient. Lorsqu’en plus de ce fait les pays africains ont du mal à accéder à leurs réserves, l’évidence de la dépendance de l’Afrique devient alarmante. Cependant, cela n’exclut pas la participation d’autres opérateurs économiques tels la Chine, ou les Etats-Unis. C’est l’éventualité de cette compétition qui rend la France si fébrile.

 50 ans après les indépendances africaines, la France continue de contrôler la plupart des infrastructures africaines, et continue de mélanger ses réserves de change à celles des 14 pays africains de la zone CFA. Les compagnies aériennes, la téléphonie, l’électricité, l’eau et les grandes banques sont contrôlées par la France. Les accords de coopération signés après les indépendances par le président Houphouët et le premier ministre français d’alors, Michel Debré, sont toujours théoriquement applicables. La France maintient une poigne de fer sur la monnaie et le commerce ivoiriens ; ce qui tue toute initiative nationale d’indépendance.

 Cette position privilégiée de la France est documentée dans un rapport de la Commission des Nations Unies : « Les témoignages recueillis montrent que la loi de 1998 sur le foncier rural est liée à la position dominante que la France et les intérêts français occupent en Côte d’Ivoire.

Selon ces sources, les Français possèdent 45% des terres ; curieusement, les immeubles de la Présidence de la République et de l’Assemblée nationale sont loués de la France. Les intérêts français contrôlent les secteurs de l’eau et de l’électricité ». Le rapport n’effleure que très superficiellement l’influence de la France en Côte d’Ivoire. Voici ci-dessous quelques uns des opérateurs français influents dans le pays :

 Bolloré, leader du transport maritime français et opérateur principal du transport maritime en Côte d’Ivoire, en compagnie de Saga, SDV et Delmas, contrôle le port d’Abidjan, le pus grand port maritime en Afrique de l’ouest. Bolloré contrôle la régie ferroviaire Abidjan-Burkina (Sitarail). Bien qu’il se soit retiré récemment du commerce du cacao, il conserve toujours sa position de leader dans le tabac et le caoutchouc. Bouygues, leader dans les travaux publics a le monopole des grands travaux ; sans oublier Colas, troisième compagnie française de travaux publics. A travers la privatisation, Bouygues a aussi obtenu des concessions supplémentaires dans l’eau et l’électricité. Il est aussi présent dans l’exploitation du pétrole ivoirien. Total, la plus grande compagnie pétrolière française, détient un quart des actions de la Société ivoirienne de raffinage (première compagnie ivoirienne). Total est propriétaire de 160 stations d’essence et contrôle la provision de bitume. France Telecom, la 7e compagnie française et leader de l’industrie des télécommunications, est la principale actionnaire de Côte d’Ivoire Telecom avec 85% du capital. Ce secteur lui fut offert dans le cadre de la privatisation des entreprises. Dans le secteur des banques et des assurances, on note les activités de la Société Générale, 6e banque en France, regroupant 55 branches en Côte d’Ivoire, aussi bien que celles du Crédit Lyonnais et de BNP-Paribas. AXA, la 2e compagnie française et leader de l’assurance est présente en Côte d’Ivoire depuis l’ère coloniale. La compagnie française la plus vieille en Cote d’Ivoire est la CFAO-CI. Elle opère dans de nombreux secteurs (automobiles, pharmacie, nouvelles technologies, etc.). Pendant très longtemps, la CFAO avait le monopole des exportations et de la vente au détail. La CFAO n’a jamais connu une année déficitaire depuis sa création en 1887. Elle fut acquise récemment par le groupe Pinault-Printemps-La Redoute. Il y a aussi à signaler la présence du « boss des boss français d’antan », le baron Ernest Seilleres, à travers Technip (usine du secteur pétrolier) et Bivac (qui a récemment installé un nouveau scanner au port d’Abidjan).

 La grande  présence du capital français est l’évidence de la profitabilité de la Côte d’Ivoire. Bien que les investissements directs français ne constituent que de 3,5 milliards d’euros, les compagnies d’état acquises par la France leur ont été offertes à des prix imbattables. Les bénéfices que génèrent ces compagnies à la France sont d’une immensité vertigineuse. En dépit de la fuite de certaines compagnies françaises au cours de l’attaque rebelle contre la Côte d’Ivoire, le Business français est vite revenu dans le pays, et a même recouvré son importance d’antan. En fait, l’un des premiers gestes de Ouattara après que la France l’a imposé comme président fut de payer des millions d’euros de compensation aux entreprises françaises qui avaient fui la Côte d’Ivoire par peur de représailles après le massacre des civils ivoiriens par l’armée française le 20 novembre 2004.

 Le vrai challenge du business français vint avec l’élection de Laurent Gbagbo comme président de Côte d’Ivoire. Sa décision de revoir les termes du Pacte Colonial et son intention de faire partir les troupes françaises et onusiennes de son pays sont les raisons pour lesquelles la France causa sa chute et son incarcération.

 Pourquoi la dévaluation du CFA ?

La France n’a plus d’argent. Elle n’a que d’énormes dettes publiques et bancaires. Elle est la plus exposée aux faillites grecques et italiennes, entre autres, et vient de s’embarquer sur un nouveau plan d’austérité. Elle est sur le point de perdre son Triple A, ce qui va conduire les banques privées à accepter de pardonner une partie de la dette européenne. Les grandes dépenses occasionnées dans la poursuite de la guerre contre la Libye ont ruiné la France. La seule raison pour laquelle la France a encore la tête hors de l’eau est la présence des vastes réserves africaines dans les caisses du Trésor français depuis 1960. La grande partie de cette somme est détenue sous forme d’actions au nom du Trésor français ; ce qui a permis de compenser de façon très substantielle la perte de crédibilité des finances françaises.

 Les pays francophone d’Afrique se sont progressivement habitués à l’idée qu’ils ne reverront plus jamais leurs avoirs accumulés depuis des années, que la France entend utiliser comme sa contribution à l’effort de sauvetage de l’euro. Le président Wade du Sénégal a encore demandé qu’une comptabilité soit faite sur les réserves africaines. Jusque là aucune réponse ne lui est venue. Ouattara de la Côte d’Ivoire et Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville ont été informés qu’une dévaluation sera nécessaire, et ils ont été délégués pour relayer l’information à leurs homologues. Les économistes sont unanimes que si cette dévaluation a lieu, 40% des ressources africaines seront utilisées comme bouée de sauvetage pour le Trésor français.

 Cela aura des conséquences désastreuses pour l’Afrique. La dernière fois qu’une mesure de dévaluation fut prise, l’Afrique francophone en souffrit énormément. Bien sûr, les présidents africains et leurs proches ne connurent pas la galère du peuple. La dévaluation est avantageuse lorsque l’on a des produits à exporter, car les produits bon marché attirent les acheteurs. Cependant, la plupart des produits que l’Afrique exporte sont des matières premières et du pétrole. Leurs produits manufacturés, leurs services, tous leurs produits invisibles leur viennent pratiquement de la France ou par le biais de la France. Les denrées alimentaires sont en grande partie importées d’ailleurs, et leurs coûts de transport ne cessent de grimper chaque jour. Cette année, des signes d’inflation ce sont fait voir. La zone monétaire oust africaine a connu une inflation accélérée de 3,9% à 4,1% de décembre à janvier. Cette inflation dans la zone CFA était due principalement au coût élevé de la nourriture, du transport, du logement et de la communication. L’augmentation des coûts était en moyenne de 1,4% en 2010, alors qu’elle n’était que de 0,4% l’année précédente. Les coûts élevés du carburant et de la nourriture ont conduit à cette augmentation des prix.

 L’un des pays qui fut le plus frappé par la dévaluation était la Côte d’Ivoire. La dévaluation impliquait la signature d’un accord d’ajustement structurel avec le FMI et la Banque mondiale, un accord qui imposait des mesures draconiennes au gouvernement afin de redresser l’économie. Ce redressement n’eut jamais lieu. Au contraire.

 La pluie de milliards (le volume exceptionnel de crédits) encouragea la mauvaise gouvernance dans le pays. L’homme aux commandes de ce désastre était Alassane Ouattara. Pendant que Ouattara s’attelait à enrichir les finances des pays étrangers, la Côte d’Ivoire elle s’enfonçait de plus en plus profondément dans la pauvreté. C’est la mise en œuvre des projets financés par l’Union Européenne et la pesanteur des crédits liés à la suspension des dettes contractées au nom des institutions internationales qui ont poussé ces institutions à se désolidariser de la Côte d’Ivoire en 1998.

 Non seulement les projets d’Alassane Ouattara jetèrent la majorité des Ivoiriens dans la pauvreté, mais ils contribuèrent aussi à délocaliser les avoirs des Ivoiriens juste avant la dévaluation, à travers des banques ghanéennes, exercées dans la convertibilité du franc CFA en dollar, doublant ainsi les mises. Entre le 10 janvier et le 11 janvier seulement, 1 milliard de francs CFA furent convertis en dollars. Le taux de dévaluation qui prit effet le 12 janvier permit aux spéculateurs de racheter 2 milliards de francs CFA le 13 janvier. L’explosion de la pauvreté et l’expansion considérable d’une économie occulte sont les plaies ouvertes à la désétatisation, la caducité du rôle du gouvernement. L’irresponsabilité gouvernementale de Ouattara conduisit à une politique ultra libérale qui fit du gouvernement ivoirien un grand absent. Cette situation pesante sur l’économie du pays fut aggravée par le coup d’état militaire de décembre 1999 (alors que Ouattara finissait son mandat au FMI en novembre 1999). Le coup d’état le conduisit finalement au pouvoir, mais il avait sous-loué le leadership, se contentant de faire des transactions dans le diamant et le cacao, ressources naturelles de la Côte d’Ivoire, qu’il menait de sa base retirée du Burkina Faso, via Genève pour le diamant, et via les bateaux de Lomé pour le cacao.

 Le pays sombra. Le taux de croissance battit les records les plus bas. En 2000 les chiffres étaient pour la première fois dans l’histoire du pays négatifs : -2%. La crise de 2002 aggrava davantage la situation. Elle fut préparée à Paris, instiguée par Ouattara et ses amis, Dominique de Villepin et Jacques Chirac. La rébellion qu’ils instrumentalisèrent fut néanmoins contenue par Gbagbo; mais ils ne baissèrent jamais les bras, et finirent par avoir raison de Gbagbo avec le tout dernier bombardement d’Abidjan par les hélicos et les tanks français. A l’approche militaire, il y avait aussi une approche politique parallèle avec l’organisation d’élections truquées à l’avantage de Ouattara. Henri Konan Bédié, le successeur du président Houphouët, se fit finalement complice de la manipulation.

 Alassane Ouattara est incontestablement responsable de la crise économique et financière de la Côte d’Ivoire. La question est de savoir si pendant la dévaluation Ouattara se conduira comme un citoyen ivoirien soucieux du devenir de la Côte d’Ivoire ou s’il continuera à être un sous-préfet noir de la France, soucieux des intérêts de ses maîtres.  

 Le prix de la dévaluation sera la stagnation et l’augmentation du chômage. Ce qui pèsera de tout son poids sur la stabilité nationale et la croissance. S’il est vrai que les personnes au chômage sont prêtes à accepter les emplois les plus abjects, il n’en est pas moins vrai que les conséquences économiques de la dévaluation seront épouvantables. En économie, la loi d’Okun stipule que pour chaque 1% d’augmentation du taux de chômage, le PIB du pays concerné sera d’environ -2% de son potentiel. Les pays africains fragiles auront du mal à formuler des politiques économiques pour compenser leurs pertes.

Bien que le problème soit plus sérieux pour la Côte d’Ivoire, qui pendant la dernière dévaluation contribuait pour 60%  des réserves de change de la zone CFA déposées au Trésor français, il n’en est pas moins sérieux pour les autres états. En dépit de la pauvreté que la dévaluation apportera indubitablement dans la région, très peu de présidents africains sont prêts à renoncer au Pacte Colonial et mettre fin à l’emprise néocoloniale de la France sur les états africains. La France a mordu plus gros qu’elle ne pouvait avaler et a occasionné sa propre faillite. Pourquoi revient-il aux pays africains de la sortir du pétrin dans lequel elle se trouve par sa propre stupidité ?

Pour Simone Ehivet Gbagbo, Première Dame de Côte d’Ivoire

simone1Simone Ehivet Gbagbo

Bravo

Bien qu’en ce jour auguste de la femme libre

Un régisseur colonial de haine ivre

Derrière ses barreaux à t’astreindre aspire

Afin d’annihiler le combat que tu inspires

Bien frêles sont les murs de ta geôle

Que le souffle de ton serment fore

Et mille autres compagnes d’ardeur arme

Pour que s’estompent un jour les larmes

Simone Ehivet

Femme à la raison affutée

Au sourire fidèle

Au parler honnête

As-tu écho des clameurs de la rue

Tes geôliers démoralisés s’entretuent

En ce jour auguste de la femme libre

Ton ardeur dans mille cœurs vibre

Simone

Chapeau

Ivoiriennes du vivrier, n’acceptez pas les semences GN (génétiquement modifiées) que l’on vous distribue si « généreusement ». C’est le cadeau du « drug dealer » à ses victimes, M. Frindéthié (20 décembre 2014)

OGMIvoiriennes du vivriers, depuis des mois j’entends dire que « la bienfaitrice » d’Abidjan vous distribue gratuitement des semences. Cela peut paraître philanthropique, n’est-ce pas ? Mais un cœur qui a supporté l’embargo sur les médicaments, un cœur qui a soutenu, impassible, le massacre des Ivoiriens afin que son mari accède au pouvoir peut-il vraiment avoir des gestes désintéressés envers les Ivoiriens ? Un cœur qui a pillé et continue de piller les ressources ivoiriennes, et dont les aspirations les plus profondes ne sont motivées que par l’accumulation illégale de richesses peut-il vraiment être charitable ?

Ivoiriennes du vivrier, n’acceptez pas les semences génétiquement modifiées qui vous sont offertes par cette « démarcheuse de mort » sous le manteau de la charité. N’acceptez pas le premier cadeau du « dealer » de drogue. Ce qu’elle recherche vraiment, c’est de créer en vous une dépendance qui vous amarrera à jamais aux multinationales vendeuses de semences qui, à défaut d’avoir vos terres, ont juré d’avoir le contrôle entier de ce que vous y plantez et le contrôle du prix de ce que vous y plantez.

Ivoiriennes du vivrier, n’abandonnez pas vos semences biologiques que vous avez toujours replantées l’année d’après pour des semences qui ne se reproduisent pas. Les semences OGM (organismes génétiquement modifiés) ont ceci de particulier qu’elles ne se reproduisent pas et qu’il faut chaque année aller les acheter à la firme biotechnique qui les fabrique. Attention donc à ces distributions « généreuses » de la vendeuse de mort, qui en réalité ne sont que la dernière trouvaille pour vous dépouiller de vos terres.

Lorsque vous aurez abandonné vos semences biologiques qui ont ce grand avantage de se replanter chaque année, et lorsque vous vous serez accrochées à ces semences GN qui ne se reproduisent pas, lorsque vous aurez remplacé vos semences biologiques par ces semences qu’il faut acheter chaque année chez le spécialiste, et qui, en plus d’être génétiquement formulées, manipulées pour s’autodétruire après la première récolte, requièrent aussi une quantité immesurable d’engrais pour s’activer, alors vous serez à jamais intoxiquées. Vous serez, grâce à la « bienfaitrice » d’Abidjan, les junkies des compagnies semences pour lesquelles elle manœuvre.

Ivoiriennes du vivrier, méfiez-vous de ces semences que vous offre si « généreusement » la marchande de mort. Mais surtout, Ivoiriens et Ivoiriennes, éduquez-vous sur les OGM pour mieux éduquer vos parents planteurs sur les dangers de cette autre grande escroquerie.